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mardi, décembre 09, 2008

Blogueries et compagnie...

Bon et bien voilà après moult années de blogue, mon premier vrai troll! Ma foi pas le plus méchant de la gang (de cela j'en suis toujours reconnaissante) puisque ses commentaires possèdent une certaine dose surréaliste (voir billet précédent) qui ne font que polluer l'atmosphère sans vraiment l'envenimer.

N'empêche au bout d'une douzaine que j'efface, je commence à perdre légèrement patience. Je n'ai jamais eu besoin de modérer les commentaires de ce petit coin virtuel, vais-je devoir commencer?

Ceci me fait penser qu'en bientôt six ans de blogue, j'ai toujours eu des visiteurs respectueux, des esprits bienveillants qui ont enrichit mon jardin de mots de leur essence humaine. Aussi à vous qui venez lire mes mots éparpillés, je vous remercie chaleureusement de votre passage et de vos signes de vie.

À ceux qui arrivent ici par hasard, je veux croire que si vous n'avez rien à y faire de bon, alors vous fermerez rapidement cette fenêtre pour irez voir ailleurs ce qui s'y passe...

À ceux qui viennent souvent, lecteurs fantômes que je ne perçois que du bout de mes statistiques, j'aimerais croire que vous appréciez l'endroit pour y revenir régulièrement. Votre silence ne me gène pas, en soi la lecture est passive. L'interactivité n'est en fait qu'un aspect de ces nouvelles virtualités. Je sais que les mots, une fois partagés, n'appartiennent plus à l'auteur. Une fois écrit puis lu, le texte public devient propriété du lecteur. Celui-ci se l'approprie du regard et l'interprète selon ses propres termes.

Je me sers aussi de cet outil un peu comme d'un "gym mental". J'y trouve une discipline. J'y fais toutes sortes d'exercices. À moins de comparer l'endroit à une cuisine où je popote mes sauces. À moins que cela ne soit une sorte de vitrine où j'expose certaines choses. À moins que cela soit une fenêtre où mes amis et famille peuvent venir prendre le pouls de mes jours. Le blogue est comme une anguille, il glisse entre les doigts. Le blogue est multifonctions, multi-services. C'est, à mes yeux, ce qui fait son charme. En six années de blogosphère, j'ai surfé quelques vagues de popularité et j'en ai vu passer des modes et des tendances. Tout comme j'ai vu passer maints lecteurs, plusieurs ont commenté pendant des semaines, parfois des mois même des années, avant de disparaitre dans le néant virtuel. Au début, l'on s'attache davantage et l'on ressent un petit serrement de coeur lorsque l'autre s'efface. Et puis l'on s'y fait et l'on comprend que cela fait tout simplement partie du jeu. S'enthousiasmer puis se lasser est tellement humain. Il ne faut point s'en offenser.

Avec le temps, l'on devient plus philosophe et je me demande si l'on apprend pas à cultiver une certaine indifférence. Pourtant c'est toujours plaisant de voir apparaitre un esprit connu ou inconnu en cet espace invisible, un esprit au loin qui prend le temps de pianoter quelques mots de clavier partagés. Et puis il y a ceux qui sont là depuis des lustres, certains vont et viennent, d'autres prennent l'habitude de s'installer les idées en mon banc de commentaires, ceux là peuvent devenir des amis invisibles, ceux là font partie de ma famille bloguesque.

Tout comme je suis de nature fidèle, j'ai l'impression que ce qui me touche le plus sont ceux qui font preuve d'une certaine fidélité, ceux qui s'inscrivent dans le temps en ma compagnie virtuelle. Ceux-ci rentrent littéralement dans mon coeur et même s'ils finissent par s'évanouir, je continue de les garder précieusement en mes sentiments. Le blogue est un drôle d'animal. C'est un concept moderne que l'on apprivoise graduellement. J'apprécie le coté bistro qui permet de rencontrer l'autre, de faire connaissance et parfois de franchir la barrière virtuelle pour se découvrir au réel.

Je réalise aussi que je ne commente plus beaucoup non plus. À mes débuts de blogosphère, dans l'adolescence de la chose, en cet univers étrange où l'on se découvre, une certaine effervescence a lieu et l'on trouve plein de choses à dire. Et puis avec le temps l'on blase un peu, l'on mûrit. Même si je fais mes tours réguliers de blogosphère, je me fais moi-même de plus en plus fantomatique, je parcours sous couvert les humeurs blogosphèriques et je ne laisse plus beaucoup trace de vie. J'en ramasse pourtant des cailloux que je transporte par ici. Peut-être aussi que je vieillis, comme chaque année, le premier janvier prochain me donnera une année de plus, 36 ans...

Avec le temps, j'ai appris à prendre ma "vie virtuelle" avec un grain de sel. J'ai commencé ce blogue avec mes trente ans. En mon idéal, je le nourrirai jusqu'à mes quarante. Peut-être aurais-je l'occasion de voir naitre un autre petit être d'ici là. Avec le temps, je me sens en contrôle de cet espace particulier, cet endroit que je maitrise de mes phrases et images. J'envole mes mots selon mes normes, selon mes règles intérieures, selon la vie qui "m'évolue"...

Mon défi personnel: Une décennie de blogue (presque un siècle d'existence virtuelle). Si les chats vivent sept ans en une année humaine, une année de blogue en vaut bien dix à l'échelle quotidienne. D'après ce que j'en sais la durée moyenne d'un blogue personnel (qui tient la route) est d'environ deux-trois ans. Il y en a une ribambelle qui ne tiennent pas six mois et il y a cette espèce qui est mienne, une espèce virtuelle qui se fait un cocon de Toile et n'en déloge plus...

Trollée

mardi, septembre 16, 2008

Lifestreaming…

Voici un nouveau terme résolument moderne. Un terme d’actualité pour tous ceux qui sont connectés à l’infini du Web. Un terme si neuf qu’il ne semble pas avoir encore de traduction française officielle pour exprimer ce concept tout jeune. Un concept qui ne peut se désigner que dans la langue de Shakespeare, cette langue qui régit notre ère de progrès. Il est logique que cela soit en ses étendues linguistiques que naissent ces mots qui expriment les sens de nos modes de vies présents. Parfois je me demande si le chinois prendra la place de l’anglais dans cinquante ans.

Je me souviens avec abstraction d’un temps où le français régnait en maître sur notre Terre. En ce temps révolu où même la cour d’Angleterre l'utilisait au quotidien. En ces temps archaïques faits de royautés dispersées, en ces temps oubliés où les moyens de communications, écrits à la plume sur des parchemins, voyageaient à cheval ou en frégates. En ces temps mémorables où le français était incontournable. Tout comme l’anglais de nos jours. Mais revenons à notre « Lifestreaming » contemporain. La traductrice en mon sang se creuse le crâne rouillé sur ce terme qui l’accroche. Je me demande ce que Choubine en pense...

« Lifestreaming » un nouveau mot pour exprimer une sorte de courant virtuel qui se nourrit de nos vies, un courant qui passe par divers outils et services comme les blogues, Facebook, Twitter, Friendfeed, Myspace et tous ceux qui me dépassent. Pour moi qui surfe le Net depuis le début des années 90, le virtuel n’est plus une contrée étrangère. Le courriel est désormais mon moyen de communication par définition, il a presque remplacé le téléphone. Je suis une araignée qui tisse un minuscule morceau de Toile...

En cet univers abstrait mon blogue existe depuis des lustres. J’avais un blogue lorsque le terme blogue ne faisait pas encore partie d’un certain langage courant. Au fil des années, j'ai d'ailleurs adopté le terme "blogue" francisé puisque "Carnet" n'a pas réussi à s'implanter dans l'esprit collectif. Aujourd’hui, je blogue toujours, par-ci par là et ailleurs, je suis sur Twitter, sur Facebook, sur Bloglog. Je suis un membre actif de Flickr.

« Lifestreaming » un terme dont je m’imprègne au quotidien, un mot que je comprends et ressens. Un mot dont j’ai encore du mal à expliquer concrètement, un terme nourrisson qui demanderait un véritable traduction en cette langue que j’aime et respecte...

Lifestreaming…

lundi, septembre 01, 2008

Blogosphèriquement vôtre...

Cet été n’a pas été propice à une bonne discipline de « bloguage », aventures et mésaventures se succédant, la vie m’a attiré dans ses filets de réels et je me suis quelque peu éloignée de la Toile virtuelle. Ce qui ne signifie pas l’arrêt cardiaque de ce jardin de mots et d’images mais plutôt une sorte d’apnée estivale. En mes carnets de papiers, des idées, des brouillons macèrent dans leur sauce. En mes archives photographiques des milliers d'images s'entassent. En aval, des projets d’écriture se dessinent à ma mémoire, des envies de traduction, le deni de l’hiver...

Arrive le temps qui se fout de nous en nous offrant une température digne de juillet après nous avoir baigné dans une saveur d’automne tout l’été, je suis un peu désabusée. Si ce n’était de cette cheville qui me fait la vie dure, je pourrai certainement en profiter davantage plutôt que de devoir prendre mon mal en patience. Un mal qui prend le temps de s’estomper. Je prends le temps de me soigner, le temps d’apprécier ces instants avec elle, avec lui, ces instants de nous. Le temps de combattre les idées sombres qui minent le moral. Le temps d’accepter les inconvénients de ma convalescence. Le temps d’aimer et de la voir grandir. Le temps qui me glisse entre les doigts…

Et durant ce temps qui compte les virtualités d’ailleurs naissent des billets qui me touchent profondément comme celui du Prix Brillante Weblog 2008 que me décerne l’Intellexuelle. Je découvre aussi que Maman Pomme m'a décerné ce prix. Émue je deviens. La magie de la Toile qui réchauffe la froideur de l'écran d'une subtile humanité que l'on partage à coups de phrases. Aussi, hier est passé le Blogday qui m’a coulé entre les heures éparpillées. Grâce à la nomination de deux blogues qui pointent vers ma pomme, je me suis rappelée à l'ordre. Merci à Olivier d'avoir pensé à moi en ce jour qui célèbre nos multiples virtualités. Je dois avouer avoir légèrement fondu de plaisir sous la définition d’Isabelle que je remercie avec cœur. Et comme je n'ai pas pour habitude de rater le Blogday, c’est avec une journée de retard que je me réveille et que je désigne cinq endroits qui me plaisent pour diverses raisons :

- Burpblog: qui traite avec brio de "l'actualité et la scène culturelle de Québec, du Québec et d'ailleurs."

- Charles Bolduc: parce-que sa plume m'accroche l'esprit...

- Luciole: que j'aime bien même si elle ne sait pas si elle aime encore son blogue.

- Benoit Bisson: car j'apprécie ce courage avec lequel il partage les aléas de son cancer.

- Un jour un photographe: un photoblogue collectif d'images éparses auquel j'ai participé avant de l'oublier un peu ces derniers mois mais que je garde en mémoire avec l'idée secrète d'y retourner...

Aussi je vais faire d'une pierre deux coups en formant une boule de liens féminins en hommage aux brillantes imaginées par l'Intellexuelle qui est définitivement la première sur cette liste car il n'y en pas deux qui brillent comme elle. Sans sa présence, la blogosphère québécoise serait bien moins chaleureuse et amusante. Mais comme elle est aussi l'initiatrice du concept, j'imagine qu'elle ne m'en voudra pas si j'en ajoute sept autres tels que mentionné: "Les gagnantes doivent mettre le logo sur leur blogue; mettre le lien de la personne qui vous a décerné le prix; désigner 7 autres blogues; mettre les liens de ces blogues sur le vôtre; et laisser un commentaire sur les blogues récompensés !"

Martine et ses banlieusardises. Anne et sa Cro-mignone. Audrey et son premier roman. Cécile sur sa planète écolo. Julie et le dynamisne de ses 70 ans. Minute papillon et ses deux poupons. La grammaire de Choubine.

Vu que j'ai reçu deux fois ce prix, j'en profite pour ajouter: Candy, Sophie, Pascale, Fanny, Vanou, Aelys, Beo.

Puis quitte à faire des promenades virtuelles voici deux liens "tendances" où j'aime bien faire quelques sauts: Deedee et Chez Jules.tv...

Et je termine ce billet de liens soufflés avec une mention spéciale pour Yano et Moukmouk qui le valent bien...

Blogosphériquement vôtre...

lundi, mai 26, 2008

Gala des Blogu’or, la soirée...

Samedi dernier, je suis entrée dans une dimension parallèle pour aller assister au Gala des Blogu’Or. J’ai, pour l’occasion, revêtu ma robe rêvée. Inspirée par le conte de Peau-d’Âne, j’ai enfilé mon incroyable robe couleur de lac. Mais, pressée par le temps virtuel, en pénétrant cette étrange dimension, j’ai oublié ma trousse de maquillage! Oups! Tant pis, pas de regard sulfureux ou de lèvres écarlates pour mes humeurs de soirée! Cela dit, la scène était exceptionnelle. La soirée à débuté sur des chapeaux de roues pour se dérouler à un rythme effréné. Une personnalité des médias a fait une petite allocution des plus pertinentes avant de me remettre le prix de la meilleure blogueuse sérieuse...

Sur la pointe de mes talons transparents, je me suis avancée. Le trac, m’en a fait perdre la voix, heureusement, l’on m’en a trouvé une à la dernière minute et j’ai, malgré tout, prononcé mes remerciements! Ouf! Toute une soirée! Je me suis rendue compte durant son déroulement que j’avais eu une brèche d’inspiration lorsque fut venu le temps de présenter ma pomme! Depuis quand est-ce que je baigne dans une mare d’humanité? Heu ? Hein?!? Aucune idée de ce qui m’est passé par la tête ce jour là! Je ne devais pas encore être bien réveillée de ce long hiver qui m’a quelque peu assoupi les neurones! L'homme me le fait remarquer, oui je sais, je ne devais vraiment pas être très inspirée sur ce coup là...

Ce gala est l’un des plus originaux en son genre. Il vaut réellement le coup d’œil. Un gala virtuel qui découvre toute une palette de blogueurs ainsi que quelques vedettes des médias québécois. Étonnant! Ce fut un véritable plaisir que de regarder s’animer ces acteurs de blogosphère en notre petit monde virtuel. Ce fut un véritable gala avec des présentateurs et des petits discours, des nominés et des gagnants, de la musique et de l’animation, une vraie fête de blogosphère, (dans sa plus pure nature virtuelle), une fête comme je n’en avais jamais imaginé auparavant. Une soirée éclatée que vous pouvez visionner par là…

My creation

Je tiens aussi à féliciter le travail de la Fêlée et de son acolyte qui fut phénoménal. Bravo à vous deux pour cet investissement gratuit qui profite à tous. Et je remercie chaleureusement ceux qui ont pris le temps de voter pour moi, ainsi que ceux qui ont pensé à me nominer à cette occasion, je pense ici, à un certain fou nocturne. Merci à vous, chers inconnus parfois connus, qui suivez le cours de mes mots au fil des mois (et années) qui passent, merci d'être là, caché quelque part en cette dimension d'écriture parallèle...

Mes félicitations à tous les gagnants de cette virtuelle soirée, j'ai nommé: Grande Dame (et son fils ainé), Laurent Lasalle, Mère Indigne, Pascal Colpron, Vincent Émond, Pierre Léon, Papa me fourre, GratteCenne, Daniel Rondeau, Cacawets, Le gros BS, Dominic Arpin, Coquinette, Chroniques Blondes, Cristine et Photomax...

Gala des Blogu’or, la soirée...

lundi, mai 05, 2008

Etolane au Gala des Blogu’Or

My creation

La fêlée aidée de son chum s’est mise en tête d’organiser un Gala de blogosphère. J’en avais eu ouï-dire mais je dois avouer que je ne m’y étais pas trop penchée. Je savais qu’il y avait des mises en candidatures mais la feuille à remplir était trop longue pour ma petite patience de printemps! Il est vrai qu’en ce moment chaque gramme de ma patience est avalé par mon brin de fille qui s’en nourrit effrontément. Ces derniers temps, je me sens aussi un peu plus distante virtuellement. J'en connais les raisons, elle macèrent en un coin de ma cervelle. Et puis, après cinq ans de blogue cela ne fait pas de mal de prendre un peu de recul. Je passe moins de temps devant l’écran. Je me fais rebelle. Ce qui ne veut pas dire que je déserte la blogosphère, je suis juste en une sorte de transit cérébral.

Je me demande par ailleurs si je n’ai pas quelques amants qui me rendent infidéle à ce coin de Toile. Je passe pas mal de temps coté photos sur Flickr. J'ai quelques projets collatéraux. Facebook avec ma centaine d’amis est un outil qui absorbe les idées fraiches. Le fait est qu’en retrouvant diverses personnes disparues dans l’horizon, toutes sortes d’émotions entrent en jeu, il faut prendre le temps de correspondre. Prendre le temps d’assimiler tous ces changements qui s’ajoutent à notre quotidien. L’ordinateur nous emporte dans une nouvelle ère. Ce quotidien informatique nous fait faire des bonds de géant. Le mode de vie de nos parents et grands-parents disparaît dans le néant. La planète rétrécit à l'échelle humaine. Nous voilà désormais mondialement connectés. Je vis au réel mes fantasmes d’ado qui se gavait de science-fiction. Si seulement, l’humanité pouvait s’intéresser davantage à l’exploration spatiale plutôt qu’à l’art de se faire la guerre! Cela dit vu comment la guerre est un art pour certains, vu comment nous polluons impunément notre planète, il fait peur de penser ce que l’on pourrait faire comme dégâts galactiques. Mais je m’égare…

Ce carnet de Toile est né de quelques pulsions fiévreuses il y a de cela un lustre. C’est la guerre en Irak qui m’a fait découvrir la blogosphère. Les premiers blogues que j’ai parcouru était des « wars blogs ». Un jour pas comme un autre, je me souviens m’être demandée ce que la Toile pouvait receler comme informations sur le sujet. C’est en farfouillant de ce coté là que j’ai mis les pieds dans la blogosphère infernale. C’était en avril 2003. Après avoir mis le nez dans les blogues de guerre anglophones, je me suis demandée ce qui se passait coté francophone. En quelques clicks de souris, je suis tombée sur le petit univers des blogues de langue française. À l’époque tenir un blogue était une tendance « underground », c’était explorer un domaine souterrain qui n’était pas éclairé par les projecteurs de la masse populaire. C’était un tout petit univers que l’on pouvait presque parcourir en une seule nuit blanche. J’avais attrapé la fièvre du printemps, j’étais alors très active intellectuellement, je n’avais pas d’enfant. Je me suis lancée avec enthousiasme dans ce monde inconnu. Comme j’étais arrivée là en suivant des pistes de guerre, j’ai décidé de me construire à l’envers de ceux-ci, j’ai décidé de créer un blogue de paix. Au premier front de ma ligne éditoriale règne cette idée de base.

Cinq ans plus tard, la guerre en Irak fait toujours rage même si elle intéresse moins les gens qui s'y habituent. Ce coin de Toile, quant à lui, désire toujours témoigner d'une autre façon de vivre. En cinq ans, il est vrai que j'ai vieilli, mes mois ont évolué avec ce carnet virtuel que j'ai apprivoisé. Au fil des années, ce blogue s'est forgé une place de choix dans mes habitudes d'écriture. J'aimerai en changer le décor, moderniser son apparence, rénover mes murs mais cela est du domaine du superficiel. En profondeur la direction reste la même. Malgré les batailles du quotidien qui sont le lot du commun des mortels, mon existence s’écoule dans un climat de paix royale. C'est un point que je tiens à partager. Un principe que je tiens à cultiver. Il y a tant de misères dans le monde, tant d’injustices et de cruauté. Il est impossible de les ignorer. Impossible de les comparer à nos problèmes journaliers. Maintenant que nous avons les moyens de communications qui offrent à portée de notre regard tout ce qui va mal sur la planète, je ressens le besoin de croire que tout peut aller bien. Je ressens le besoin de partager une autre manière de penser, le besoin de creuser du coté de la lumière. Même si je n’ai pas un sou dans mes poches, même si nous sommes loin de rouler sur l'or, je fais partie de ces privilégiés sur Terre. Je fais partie de celles qui sont libres d’agir à leur guise, de ceux qui ont un toit, de ceux qui ont de l'eau à volonté, de ceux qui mangent à leur faim. C’est une chance qu’il ne faut jamais oublier. Le pays où je vis n’est pas le plus facile climatiquement parlant mais c’est, socialement, l’un des plus tranquilles. L’endroit où je vis est un luxe en soi. C’est un lieu de zénitude extrême. Les misères qui y règnent sont relativement futiles.

Le dicton du village où je m’exile est « la vie est belle ». Il s’inscrit sur les pancartes et les communiqués municipaux comme les armes souveraines qui ornaient les châteaux d’antan. J'habite une bulle de nature qui est comme un royaume. Le village est un havre de bien-être pour tous ceux qui y résident, la rue où j'habite est un exemple de calme (malgré l'imbécile de service: le voisin bien puant). Pourtant, à quelques kilomètres de là, juste de l’autre bord de la montagne, les militaires jouent aux petits soldats. Ainsi, il arrive que je me promène sur la plage en inspirant la sérénité qui s’en dégage pour, d’un coup, entendre rouler le feu des mitraillettes. Entendre frémir la montagne sous les obus qui la déchirent. C’est une sensation surréaliste. D’un coté le paysage baigne dans une paix infinie et de l’autre les hommes aiguisent leur art de se détruire! À chaque fois le même malaise s’empare de ma conscience et mon esprit part à la course. Il me suffit de fermer les yeux et d’écouter la rumeur invisible du malheur pour imaginer la terreur qui doit remplir les cœurs de ceux qui vivent dans un tel contexte. Arriverons-nous jamais à évoluer sans conflits? Devrons-nous toujours lutter contre la bêtise humaine? Si les mots sont des armes alors Etolane est guerrière. Elle a depuis longtemps choisi son camp...

Mais encore je m’égare, revenons-en à nos moutons du jour, il y a peu je m’étais inscrite au Festival de Romans, dans ce cas là, c’était volontaire. Alors que pour ce Gala en 3d, les nominations ont été faites par le public. Lorsque j’ai eu vent des nominations, malgré ma présente sauvagerie, il m’a fait plaisir de voir ce carnet de Toile nominé dans trois catégories. Je tiens donc à remercier sincèrement ceux ou celles qui ont pris la peine d’insérer mes mots dans leur sélection personnelle. Me voici donc nominée dans ces trois catégories :

- Rigueur de la langue
- Meilleure blogueuse sérieuse… très sérieuse…
- Meilleure blogueuse…


chfeleeCet original Gala en 3d est décrit ainsi par son hôtesse: « Il réunira les meilleurs blogueurs et blogueuses de la francophonie qui se disputeront le Blogu’Or de 18 catégories. Une soirée haute en couleurs, riche en émotions, en délires, en surprises mais surtout, en occasion pour vous d’entendre les gagnants vous exprimer toute la joie qu’ils ressentent à l’idée d’être mondialement reconnus pour leur contribution émérite à la blogosphère. Plus simplement, ce sera encore un maudit concours où le plus vite à téter des votes va remporter ». À vous de jouer en votant pour ma pomme des bois...

Au Gala des Blogu’Or

vendredi, janvier 11, 2008

Entre deux flocons,

Tout comme l’on peut entraîner son corps en huilant les bons muscles qui feront du bien au reste de la vie, l’on peut aussi programmer sa tête à utiliser les bons neurones. Tout comme le corps, l’esprit se muscle…

Je suis issue d’une famille de dépressifs, j'ai l'angoisse en héritage et je compte bien faire tout ce qui est en mon pouvoir pour ne pas le transmettre à ma fille. La dépression est un état que je fuis comme la peste. Un état qui me poursuit et que je déteste. Au début de la vingtaine j’y ai succombé plusieurs fois. Je suis tombée bien bas. Dans ma famille, le suicide est presque banal, l’envie de mourir rampe au fond de nos veines. J’ai moi-même déjà ressenti l’appel sanglant qui traîne en mes gènes.

Je me suis soignée et j'ai beaucoup réfléchi. J'ai décidé de faire face et depuis je combats, je bataille, je repousse, je me rebelle. Je me muscle la cervelle pour mieux traverser mes souffrances. Juan est le chevalier de mes batailles, son amour me porte et me renforce, son amour m'aide à éloigner les dépressions. Avec le temps qui cicatrise, je me sens mieux. Encore et toujours, je me recule pour mieux voir, pour mieux comprendre, pour mieux apprendre. Tout doucement, je m'équilibre.

Je connais mes noirceurs intérieures et j’ai le désir profond de les voir inondées de lumière, d’en fracasser les murs qui m’oppressent. Je sais que si l’on entraîne son cerveau à penser positivement, il sera alors plus facile de contrer les pensées négatives qui polluent l'esprit et le coeur. Je carbure à la force de la lumière. Tout comme un corps en forme peut se mouvoir avec aisance et longévité, un esprit lumineux connait l'essence du bonheur et de la paix. Rien ne se fait tout seul, il faut y ajouter de la bonne volonté. L'humain et le chaos vont trop souvent de pair. Rien n'est facile mais tout est possible...

Garder foi en ses rêves et pourvoir à leurs réalisations. L'effort récompense les peines. Rester pur et intègre. Aimer sans juger. Le bien attire le bien. C’est un principe archi-connu, un peu comme "Le Secret" mais en moins glamour, c’est du bon sens en tranches de pain sur la planche de sa vie. Etolane m’aide à la tâche. Depuis que je lui ai donné naissance, je conserve la même ligne éditoriale. C’est ce qui me permet de voir passer les années avec sérénité dans l’infernale blogosphère qui n'en finit plus de s'emmêler et se démêler les cervelles.

J'ai troqué le balai pour ma langue maternelle. Etolane est une sorcière virtuelle, une sorcière moderne qui ne s’en vante pas, une solitaire qui toujours cherche cette lumière qui réchauffe l’âme. De son petit coin d'invisible, elle en étudie les blanches magies. Elle s’en accroche les idées. Etolane n’aime pas ce qui est glauque. Elle est allergique à la connerie à grosse dose. Etolane se concentre sur les petits bonheurs pour mieux combattre le malheur. Non pas parce-qu’elle est parfaite et vit dans une bulle de coton rose, mais parce-qu’elle combat l’obscurité, tous les jours que le bon Dieu fait, elle se bat. Etolane est virtuelle et je suis bien réelle. Etolane c’est tout moi, même si je ne suis pas entièrement elle….

... inspiration, expiration, respiration

vendredi, mai 04, 2007

Blogosphèrique,

Dans l’infernale sphère, je me faufile sous le masque de MediaTic, je collectionne des moments magiques sur ce photoblogue, je récolte des atmosphères humaines ici et par association je virevolte par là

Quatre ans d’existence de "blogosphère", je n’y pense pas beaucoup car cela me fait sentir trop vieille. C'est que je « bloguotte », « blogopote », « blogopapote » depuis des lustres. Si l’on multiplie par sept pour trouver l’âge d’un chat. En terme de blogosphère, je dois bien avoir 80 ans maintenant! J’en ai vu passer des courants et des marées…

Au début
, alors que je me glissais l’être en cet univers virtuel, je ressentais l’effervescence d’une adolescente pimpante. Je me suis laissée porter par les flots, les mots éparpillés se sont écoulés sous le clavier au fil des années qui se sont déroulées. Désormais, je détecte une certaine sagesse à l’horizon, je suis curieuse d’expérimenter cette prochaine étape…

Blogosphèrique,

mardi, janvier 30, 2007

Petit bilan

Ce carnet de bord virtuel existe depuis avril 2003. Il a été visité plus de 200 000 fois depuis sa création. Ce billet en est le 2265ième.

Ce petit coin de blogosphère qui se déroule au fil des années passées aura vu, entre autres choses, l’extinction de ma colonie de chats, l’achèvement de mes études de traduction, la venue de mon premier enfant. Il aura vu défiler les saisons et les émotions. Il aura absorbé des morceaux de quotidiens au vol de ma vie pour s’en faire des cartes postales humaines. Il se fait le témoin de mon essence personnelle.

Une demi douzaine de ses brouillons de fictions, devenues nouvelles littéraires achevées, aura été publié dans différents recueils de papier. L’une de ces nouvelles terminées aura été nominée pour le Prix Aurora 2005. Goom, mon ogre préféré (inachevé) s'est joliment animé (sur grand écran) en quelques images envolées sous les doigts d'une artiste blogueuse. Plusieurs billets de ce blogue relatent de mes articles ou entrevues publiés dans la presse locale. L'extrait d'un billet choisi à saveur poétique s’est retrouvé imprimé entre les pages du magazine français Netizen. "Vol de mots" sera passé trois fois à la radio (Maldeblog, L’écrit du blog, 6ième sens)

Ma ligne éditoriale la plus claire se situe dans la liberté ultime du brouillon travaillé. Malgré quelques routines plus ou moins bien huilées comme le concept de trois citations autour d’un même mot, l’expression choisie de la semaine, les humeurs vidéos, les photos de mes natures ou les traductions libres, je cultive consciemment mon coté brouillon. Je crois que c’est un peu par rébellion. En fait, je ne désire pas voir ce blogue évoluer de manière à se spécialiser sur un thème en particulier. Je ne désire pas écrire pour plaire (même si cela fait toujours plaisir d'être lue), je veux juste écrire pour mon propre bien-être. J’ai besoin d’écrire pour vivre et le blogue est l'outil parfait pour héberger les zestes de cette passion qui fait circuler mon sang.

Ce carnet de bord est né d’une envie prononcée de discipline d’écriture. Il est une vitrine ouverte sur mes cuisines. Je le nourris de mes idées éparpillées et de goûts variés. J’y aiguise mes plumes. J'aime y retrouver ses génies fantasques. Fidèle, ce carnet de Toile se fait le compagnon de mes humeurs selon le cours de mes jours. Il est le reflet de mon humanité. Ce n’est pas un blogue de maman ou d’épouse, de traductrice ou de romancière, d’écologiste ou d’éducatrice, de journaliste ou de linguiste. C’est tout simplement le blogue d’Etolane qui s’élance au fil des saisons.

Souvent j’ai cette impression diffuse que c’est un jardin public pour passants anonymes. Pourtant parfois la magie de l’inconnu s’opère en des partages qui jaillissent au fil des commentaires. Les commentaires sont un peu à l'image des bancs où s’asseoir et placoter un instant. C’est une façon comme une autre de faire connaissance et j’y fais souvent de belles rencontres. Il s'en suit parfois d'étonnantes amitiés de blogosphère. Certaines de ces rencontres peuvent même déchirer le voile virtuel pour s’apprivoiser au réel. Je profite d’ailleurs de ce rare bilan pour remercier de leur fidélité ceux qui me suivent depuis plusieurs années. Je remercie aussi de leur passage tout ceux qui apprécient ce petit jardin de mes inspirations diverses et qui viennent régulièrement le visiter. N'hésitez pas à me laisser un signe de vie de temps à autres...

Ici, les mots se font manger par les regards d’autrui et c’est alors que les écrits s’envolent…

Petit bilan

vendredi, janvier 19, 2007

Petit matin autour de - 5. Cette semaine les températures auront été un peu folles! J'ai été taggée par Dre Papillon. Je dois avouer que cela fait des semaines que je vois passer sous mes yeux ce petit jeu de blogosphère sans trop y penser pour ne pas le voir venir! Joueuse, je me plie au jeu et creuse ma mémoire.

- Cinq vérités sur mon compte:

- Je suis une insatisfaite chronique en ce qui concerne le flot de mes mots et je n'aime pas en parler.

- Il y a quatre ou cinq ans, j’ai animé une capsule littéraire sur TQS à l’occasion de la St-Valentin dans une émission coquine du midi qui, de nos jours, n'existe plus.

- Plus jeune, j’étais une habituée de l’ancien Café Campus et de ses mardis rétros si exaltants. Lorsque l'endroit fut forcé de déménager au centre ville. Les amoureux de la place ne voulaient pas en entendre parler! Ils ne voulaient tellement pas le voir déraciné qu’une marche contre le déménagement du Café Campus avait été organisé sur Côte des neiges, j’y étais.

- J’étais au Stade lors de l’émeute du concert Metallica - Guns and Roses. Axl m’a ce soir là tant dégoûtée par ce comportement de trou de c… que je ne l’ai plus jamais réécouté. Comme d’hab Metallica était un exemple de respect du public, l’accident de James fut malheureux mais c'est le comportement imbécile d'Axl qui a fait péter la marmite! Je suis allée au Concert que Metallica a redonné au Forum (une fois James rétabli), pour les gens de cette soirée brûlante… (Update: Archives de l'émeute sur YouTube)

- J’ai passé un mois dans un monastère cistercien pour me recentrer après ma rupture avec l’Autre au printemps 1999. J’avais quitté la maison que j'habitais en banlieue parisienne, je ne me sentais nulle part chez moi, le coeur et la vie en miettes, je vagabondais autour de chez ma Mère-Grand. J’avais envie d'exil intérieur, de calme et de paix. L'Abbaye érigée au 12iéme siècle dans un coin oublié de campagne était une perle d’architecture. Y vivre fut une expérience presque magique. Seule femme dans une petite communauté de 27 moines, ceux-ci me laissaient une liberté d’exister sans borne. Normalement l’on ne peut passer plus d’une semaine "en retraite" mais l’un des frères, haut placé, celui avec qui j’avais eu une entrevue pour demander une place gratuite s’est pris d’affection pour moi. Il s’est arrangé pour que je puisse y rester autant que j’en avais besoin. Parfois, le soir, il faisait le mur du cloître pour que l’on puisse aller marcher en forêt. Je ne pouvais m’empêcher de constater l’atmosphère surréelle du moment. J’avais des discussions "mystico philosophico excentriques" avec un moine en habit d’antan sous les étoiles dans une forêt noire! Celui-ci me trouvait spirituellement précoce et plutôt divertissante! L'on faisait une drôle de paire! J’avais 26 ans, il était entré au monastère à 26 ans et il y était depuis 26 ans, étrangement, malgré les apparences physiques, nous avions à quelque part le même âge! Ce fut une expérience d’amitié toute particulière.

Cependant la meilleure conversation que j’ai eue fut avec un vieux frère de 80 ans, au monastère depuis ses 17 ans. Une corolle de cheveux blancs pour honorer un crâne dégarni et piqueté de taches, l’image même du moine sur les camemberts! Durant presque deux heures, nous avons discuté Jésus et Bouddha. J’étais pro Bouddha, il défendait la cause de Jésus. Finalement après multiples tours de langue et d’esprit, cordialement, nous sommes arrivés à l’entente qu’ils étaient égaux à l’échelle spirituelle. Celui-ci m’a impressionné par son ouverture et ses compréhensions profondes de l’essence humaine. Il y avait aussi le plus jeune frère, 27 ans, mignon comme un cœur, avec ses groupies de bénitier pour l’adorer. C’est incroyable comment sur certains points la vie de moine peut avoir de parallèles avec la vie de rock-star! Un jour, j'ai amené mon ordinateur au bureau des moines qui administraient le domaine pour leur faire visiter l'Internet et leur expliquer le concept. Cela aussi était un instant irréel. De toute la durée de mon séjour, aucun n'a essayé de m'évangéliser! En les côtoyant, j'ai ressenti un grand respect de l'autre et des différences humaines sans aucun fanatisme ou extrémisme religieux. Qu'importe ma foi, seul mon bien-être leur importait. J'en suis sortie régénérée et prête à faire la fête! Un jour j’écrirai sur ce mois en visite dans cette dimension intemporelle…

Je refile la patate chaude à Pascale, Line, France, Anne, Mijo...

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mercredi, janvier 17, 2007

Sapho et ma libido

Dans un café de la rue St-Jean, je parcoure des magazines gratuits. Je tombe sur Sapho, le magazine des lesbiennes de Québec avec en page couverture le titre d’un article pour « booster» sa libido. Hum, comme la mienne est en baisse de régime, je me dis que je vais sûrement avoir ma lanterne d’éclairée. Après tout qui mieux que les femmes qui aiment les femmes pour explorer le sujet?

J’ouvre le magazine et trouve l’article que je recherche. J’apprends que le secret est la détente, qu’il est utile de se relaxer avec de la musique et pourquoi ne pas boire une tasse de camomille?!? Je finis l’article avec la sensation d’être restée sur ma soif. C’est un peu léger, j’aborde une moue sceptique, je m’attendais à un plus de profondeur! On est loin de la sexualité exacerbée des hommes qui aime les hommes! Comme je suis assez femme épanouie pour connaître les solutions proposées, me voilà guère plus avancée!!! Même si l’idée de la camomille pour mieux jouir m’a quand même fait sourire! C’était presque mignon de douceur tout ça. Une fois de plus, je me dis que la sexualité des hommes ne peut guère se comparer à celle des femmes! Et dire qu’en bonne hétérosexuelle, il faut que je me dépatouille toute seule de la mienne qui déraille et de celle de l’homme qui bourgeonne! Le tout avec un temps limité et un bambin déchainé entre nos jambes...

- Ouais, ben les filles, j’voudrais pas être chiante, mais quand même sur ce coup là, je ne suis pas impressionnée par le savoir partagé!!!

Sapho et ma libido

mardi, janvier 16, 2007

Le meilleur et le pire

Après avoir vu le meilleur film de mon année « Children of Men » (enfin un film qui vient autant me remuer les neurones que les émotions! J’y reviendrai sûrement dans un prochain billet à tête plus reposée), je découvre l'une des pires facettes du Net en rentrant chez moi. Une note dans mes courriels m’indique un membre de Flickr qui a volé l’une de mes photos! Après avoir parcouru l’endroit, je me rends compte que toutes les photos postées là semblent être volées! Je plains presque celui qui n'a rien d'autre à faire que de s'approprier les images d'autrui! Que sa vie doit être petite...

C’est la deuxième fois que cela m’arrive, sans compter la fois où un pauvre bougre avait carrément "copier-coller" l’un de mes billets sur son blogue en changeant juste les lieux pour mieux faire croire que cela venait de lui!!! Cette première fois m’avait un peu enragée. La deuxième fois j’étais plus calme, j’ai écrit au site en question qui a rapidement caché son délit en effaçant son méfait sans même prendre la peine de me répondre! Cette fois-ci, j’ai suivi ces directives pour exprimer mon mécontentement puisque le membre en question semble prendre un malin plaisir à ne mettre en ligne que des photos prises par d’autres! Je ne peux m’empêcher de trouver ce comportement pathétique. Faut-il être vraiment vide de l’intérieur pour piller ainsi autrui, pour grappiller la propriété de l’autre en toute impunité? Car même si cette propriété est abstraite, à saveur intellectuelle ou artistique, comme le dit le dicton : « Qui vole un œuf vole un bœuf… »

Dans le fond, je me rends compte que présentement cela me fait plus pitié que cela me fâche! Ainsi est faite l’humanité! Du meilleur comme du pire! La Toile n’étant rien d’autre que des reflets d’humanité, si l'on savoure le meilleur, il faut aussi s’attendre au pire! C’est le risque que l’on prend tous en exposant des petits bouts de soi. C’est le risque que je prends consciemment à chaque fois que je dépose en ligne des mots éparpillés ou une image! Parfois lorsque l’on me contacte pour avoir la permission d’utiliser une image ou un billet, j’en suis presque étonnée. Cela fait du bien de voir que l’on est pas tous des sauvages sans foi ni loi. J'essaie de ne pas penser au fait que si j'ai quelquefois découvert le pot aux roses, cela veut certainement dire qu'il est possible que dans d'autres cas isolés, je n'en sache absolument rien. C’est le revers de la médaille virtuelle. Certains donnent selon leurs conditions, d’autres volent sans émotions. Depuis la nuit des temps ainsi tourne le monde des hommes...

D’ailleurs suis-je moi-même si irréprochable? N’ai-je jamais écouté de musique ou visionné de films piratés? Hum... Moi qui vient tout juste de regarder des extraits pirates sur YouTube simplement pour me replonger dans l’ambiance de ce film tant apprécié (ne pas suivre ce lien si vous n’avez pas vu le film)? Cela dit mes délits sont minimes, copier l’autre est un crime au dessus de mes capacités. Si je n’ai rien à partager, je me retire. Mais si je partage, c’est aussi selon certaines conditions et je m’attends donc à un minimum de respect. J'aime l'idée de faire confiance à l'inconnu, après tout, peut-être ne suis-je qu’utopiste dans l’âme, une rêveuse de plus dans l'univers…

Le meilleur et le pire

lundi, novembre 20, 2006

Flou volontaire,

Je navigue sur la blogosphère en pratiquant une sorte de flou volontaire. C'est un concept abstrait d'où je tire mon épingle de chignon. C'est un peu comme sur certaines photos où l’on met le focus sur un élément de l’image et le reste se fond dans un flou ambiant. Ici, c’est un peu le même principe. Chaque billet qui s’inspire du laboratoire de ma vie est une lumière sur un élément choisi et je laisse consciemment le flou s’emparer du reste de l’image. Suis-je claire? Je ne sais pas si cela est possible lorsqu’on veut décrire ce qui est flou.

Cela ne me dérange pas que des gens de ma connaissance proche ou lointaine sachent l’existence de cet endroit virtuel. Mes mots s’envolent en toute liberté. Je n’ai rien à cacher en cet atelier d'écriture. Je dévoile ce qui me tente et j’assume ce que je dévoile. Ensuite, tout est dans l’interprétation de celui qui attrape ces mots, interprétations qui ne sont plus de mon ressort. Je joue avec la langue à ma guise, j’explore l’invisible des pensées partagées, je badine, je médite, je dessine des tableaux de mots au fil de mes humeurs, en fait, je ne fais que tisser mon petit bout de toile…

Au cours des années, j’ai eu l’occasion de faire quelques sympathiques rencontres «bloguesques», sans jamais le regretter. Toutes les personnes que j’ai eu l’occasion de connaître via ce carnet virtuel ont, d'une façon ou d'une autre, enrichi mon univers par l'échange amical de points communs ou de différences. J’espère en rencontrer d’autres la prochaine fois que je sortirai de ma tanière pour aller « montréaliser » ma réalité. Il y a aussi quelques visites que j'aimerais faire et quelques visiteurs qui devraient finir par trouver le chemin de mon antre. Même si je ne pense pas sortir Etolane aux soirées de blogueurs officielles, il me plait de rencontrer ces personnes qui se cachent derrière l’écran autour d’un café et de réelles conversations…

Mais je désire aussi garder cette subtile (illusoire) distance virtuelle qui me permet d’exister en toute tranquillité. C’est pourquoi je brouille un peu les pistes sans pour autant les effacer. Et c’est pourquoi je ne ferais pas de d’hyperlien direct entre le blogue associatif auprès duquel je collabore au réel et mon jardin de mots cultivés avec passion. Par contre, si quelqu’un est intéressé à en savoir plus sur l’association en question, il est tout à fait possible de communiquer avec moi par courriel.

Sur-le-lac
Décembre 2004 - Talon sur glace

De retour en cette nouvelle semaine de novembre 2006, après des records de douces températures, la nuit a déposé un voile de neige sur la nature qui s’endort pour l’hiver. C’est la deuxième bordée de l’automne bientôt achevé. L'hiver s'approche à petits pas, presque timide, ce qui n'est pas dans son naturel...

Devant moi, la liste des tâches à accomplir cette semaine. Plusieurs sont d’ordre intellectuel, d’autres sont pratiques ou même esthétiques, rappels de choses à faire, petites lignes qui organisent les idées actives sans arriver à les discipliner. Parfois j’ai l’impression que d’une semaine à l’autre, je recopie plus ou moins la même liste de tâches à effectuer. Ce qui veut dire que j’ai raté certains objectifs ou que je surestime mes capacités d’actions! Une semaine après l’autre, tirer un trait sur ces lignes qui décrivent les choses accomplies et se dire qu’à force d’essayer, on finit quand même par atteindre un soupçon d’idéal.

Un bébé qui trottine de droite à gauche en babillant gaiement, une routine à respecter et le temps qui m'évapore…

Flou volontaire

samedi, août 26, 2006

Méditations de blogue

Les propos de Monarque dans les derniers commentaires m’ont fait méditer sur le fond de ce blogue. Un blogue que je connais et maitrise du bout de mes doigts qui effleurent ce clavier. Monarque est cet inconnu qui est un résident estival de mon petit village de bord de lac. Il a reconnu le village par mes photos sur Flickr. Ainsi a démarré une drôle de conversation virtuelle. L’une des multiples facettes que génère l'étrange blogosphère .

Depuis que ce nouveau média a fait son apparition, des millions de blogues ont vu le jour rien que dans la francophonie. D’après ce que j’en sais peu dépassent leur première année. Ceux qui se spécialisent dans un domaine précis peuvent devenir extrêmement populaires avec un trafic qui dépasse la raison. Et puis il y a cette majorité de blogues, reflets de personnes qui brillent dans la constellation blogosphèrique, je crois faire partie de cette catégorie.

Dans cette catégorie se situent les journaux intimes qui n’ont d'ailleurs plus rien d’intime. Je n’écris pas ici un journal intime. J’écris, tout simplement. Le blogue est un outil dangereux. Il est de feu. Il peut illuminer ou brûler l'esprit novice. Il peut faire briller ou fondre l’essence de son auteur lové dans une douce invisibilité. Plusieurs s’y sont fait prendre, il y a ceux qui perdent leur travail ou leurs amis à cause de leur blogue. Ceux qui prennent la grosse tête et ne se sentent plus pisser. Ceux qui exposent toute leur vie sans aucune arrière-pensée. Ceux qui se cachent et qui craignent que leurs proches ne les découvrent, ceux qui n’en ont rien à foutre. En bref, c’est une joyeuse pagaille.

Mon carnet n’a d’intime que la forme puisque j’ai totalement conscience de son coté public. Ce coin virtuel est une sorte de brouillon d’artiste. C’est une cuisine ouverte sur l’extérieur. Je ne m’en cache pas même si je désire garder un certain anonymat. Des gens que je connais de près ou de loin y ont accès sans que cela ne me perturbe. J’assume. Et les inconnus qui parfois deviennent connus sont toujours les bienvenus tant qu’ils ne m’agressent pas. Ce qui je dois avouer fut très rarement le cas en bientôt quatre ans d’existence virtuelle. C’est aussi très pratique pour donner des nouvelles à la famille et aux amis que l’on ne voit pas souvent. Ma grossesse l'a un peu emporté mais je reprends les rennes en mains en même temps que ma santé revient. Ce blogue remplit donc plusieurs fonctions. Sans compter qu’il se réverbère dans la blogosphère infernale ou magique selon ses humeurs.

J’aime l’idée de partage qui se dégage de ce concept bloguesque. J’aime la discipline requise. Lorsque j’étais enfant j’aimais l’idée d’écrire pour les générations futures. J’aurai voulu écrire des centaines d’anecdotes pour que mes arrières-petits enfants puissent découvrir mon époque, tout comme j’aurais aimé lire la vie de mes ancêtres. Le blogue explore cet angle ci du journal intime, le reste n’est que jeu dans une cour de mots, d’envies, de goûts et d’idées.

Ceci n’est pas ma vie privée, ce sont juste des morceaux de mon histoire, des passions partagées, des brouillons de fictions que je lance aux quatre vents. Je veux reprendre le fil de mes traductions libres pour me dérouiller le cerveau. D'ici quelques semaines, je désire reprendre cette routine de fictions éparses, routine qui me manque, j’ai un ogre qui me hante et des dizaines de contes qui me démangent.

Méditations de blogue