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mercredi, avril 09, 2014

Se lever une autre journée sous la neige et soupirer de ce printemps sournois qui se moque de moi. Prendre la route pour fuguer mes bancs de neige et rejoindre le quotidien d'une amie urbaine.

Mère de deux enfants et pigiste, comme moi, on profite que son homme travaille à New-York pour se changer les idées entre filles.

Savourer le bien-être de rouler par ciel bleu. Absorber les kilomètres qui défilent. J'avale la distance que je parcours avec gourmandise. Accro aux road-trips, je ne résiste jamais à cette sensation de liberté que je ressens sur la route.

J'arrive en ville juste avant que le trafic ne devienne trop intense. Ah! Le bonheur de retrouver une amie qu'on a pas vu depuis trop longtemps!

Cela fait tellement de bien de passer du temps entre filles. De se comprendre. De s'entraider. De se plonger dans la douceur de l'amitié pour éclairer ce printemps tardif.

Je redécouvre NDG, un quartier où je n'ai pas mis les pieds depuis longtemps. Depuis mon adolescence urbaine. Toutes sortes de souvenirs remontent à la surface de mes heures. Je les accueille en mon cœur.

Alors qu'Isa vaque à sa routine quotidienne, je laisse la montréalaise en moi reprendre vie. Sa maison lumineuse est accueillante. Je tombe sous le charme de son petit homme. Je repose mes spleens de brousse enneigée. Étouffée par mes bancs de neige, je respire l'air pollué de la ville avec un sourire en coin.

Montréal se fait douce à mes humeurs, elle brille de soleil et dévoile même des parcelles d'herbe brunie.

L'occasion d'une marche printanière pour rejoindre mon amie. Après un tel hiver on a toutes les deux bien besoin d'un facial. Comme le temps nous presse on y va pour la version express, mieux vaut ça que rien!

Montréal sent le printemps. Je me délecte du plaisir de marcher au soleil. Je suis presque arrivée à destination. Je ne prends pas au sérieux une fine plaque de glace qui luit à l'ombre du trottoir où je marche.

Avant même que je ne réalise ce qui m'arrive, mes talons prennent une débarque et je me retrouve à terre. Traîtresse de glace!

Premier réflexe, s'assurer que j'ai pas cassé mon Samsung Galaxy avant d'examiner mon genou qui brûle. Soulagée de voir l'objet intact et de ne sentir aucune blessure majeure, je respire. Et je me relève d'un coup. Leggings troués et genou éraflé comme quand j'avais 7 ans. Oh! Well! L'occasion parfaite pour déambuler en ville avec un petit coté punk i guess...

Ce petit Spa urbain que me fait découvrir Isa est une enclave zen au cœur d'un quartier animé.On laisse nos soucis sur le pas de la porte pour mieux profiter de l'instant présent. A l'étage, l'ambiance est calme et sereine. L'esthéticienne assignée à mon soin est une belle surprise. Tout comme moi, elle a des problèmes de trijumeau. Rares sont ceux qui savent combien un trijumeau blessé est pénible à vivre. En parler avec quelqu'un qui en comprend les émotions que je partage est précieux. Je me sens choyée.

Pour la bonne cause, elle m'offre un massage de visage en bonus qui est un véritable cadeau du ciel. Entre le traitement et le massage, mon visage se détend comme cela faisait longtemps que cela ne lui était pas arrivé.  Mon esprit et ma peau se ressourcent. Je retrouve Isa, tout aussi détendue, avec un teint éclairci qui la rend d'autant plus jolie. Mon amie est fine prête pour sa nouvelle saison télé. Elle ne manquera pas de faire rêver les spectateurs avec ses chroniques voyage!

Après ce rare moment de détente féminin, on file en l'un de ses cafés où Isa a l'habitude de travailler. Comme je suis en visite, elle me laisse même sa place préférée, devant la fenêtre, tranquille. Je l'adore!

Les pigistes que nous sommes turbinons quelques heures. Alors que je me concentre, je suis reconnaissante à mon homme de prendre soin de ma puce tandis que je prends le temps de reconnecter quelques parcelles de féminité.

Isa retourne chercher les enfants. J'en profite pour faire une autre marche ensoleillée. Je rentre chez elle sans me presser. En foulant le pavé, j'absorbe les vibrations du quartier.

Je réalise à quel point il est multiculturel. L'on y entend une variété de langues qui divertissent ma cervelle. Mes oreilles voyagent à mesure que mes idées se renouvellent. Qu'il est est bon de marcher sur un trottoir sec avec un soleil qui réchauffe l'âme et la peau...

Fugue urbaine...

mardi, janvier 17, 2012

Lorsque la femme russe me met sur les fesses!

Jeudi dernier, une journée à Montréal pour luncher au réel avec mes collègues virtuels m'a donné l'occasion  de faire d'une pierre deux coups! Et c'est ainsi que je suis allée faire un tour au lancement de la deuxième saison de l'émission Sexe autour du monde.

Montréal était belle sous la neige et l'ambiance à la Sala Rossa était plus cool que coquine...

Alors que j'essaie d'inciter ma petite soeur de 19 ans à venir m'y rejoindre (via Twitter), celle-ci me rit un peu au nez! Elle préfère aller clubber. C'est plus sa tasse de thé m'explique-t-elle en 140 caractères!

Bon d'accord, le titre de l'émission peut porter à confusion. Mais attention c'est une émission plus intello que porno. Après tout l'animateur charmant est aussi professeur à ses heures! Enfin dans les deux cas ma soeurette n'est pas plus inspirée, elle décline gentiment l'invitation...

Enfin comme j'ai la chance d'y retrouver des copines et que je suis de fort bonne humeur, je n'insiste pas et je laisse jeunesse se faire.

J'en profite pour papoter et siroter un cocktail tout en grignotant des hors d'œuvres au saumon et des pommes de terre fourrées aux betteraves. Une spécialité russe la patate à la betterave? Bizarre mais mangeable, on ne s'en plaindra pas, surtout lorsque l'on est affamée!

Comme je suis arrivée à temps pour sécuriser deux chaises en fond de salle, je finis par m'y asseoir juste avant que la salle ne tombe dans pénombre. Le silence s'installe.

J'ignore les regards inquisiteurs sur ma chaise vide voisine (que je garde de mon sac) en recevant le tweet que mon amie qui est en chemin. Jamais je n'ai été si contente de la voir s’asseoir! L'émission commence et j'avoue que je suis vite fascinée par ce que j'y vois et ce que j'y apprend.

Au fil des images qui défilent sur l'écran, mon voyage scolaire en Russie (alors que j'avais à peine 14 ans) me revient en mémoire avec clarté. Encore je garde la beauté élégante de Saint-Peterbourg en mes sens. L'envie furieuse d'y retourner me titille la fibre voyageuse...

Alors que l'animateur s'attarde à Moscou, je me souviens d'une amourette moscovite d'une nuit. Un joli garçon rencontré au détour d'un square avec les copines. L'aventure de l'inviter à notre hôtel, de le voir apparaître...

À l'époque (il y a plus de 20 ans) les locaux n'avaient pas le droit d'être sur les étages des étrangers. Le faire monter en nos pénates n'en fut que plus amusant. Braver l'interdit avec la complicité de sa meilleure amie pour entendre ce joli garçon me parler russe toute la nuit.

Une nuit blanche nourrie de baisers langoureux où les langues adolescentes n'en finissent plus de s'entremêler. Plus romanesque qu'autre chose avec ces discussions (pour reprendre son souffle) où je n'y comprenais rien. Mais où l'entendre me conter fleurette en russe suffisait tellement à mon bonheur!

Bref, une amourette que j'avais oubliée mais qui ressurgit vivement lors du visionnement de cette émission.

Divertie je suis! Les rires fusent dans la salle. Manifestement je ne suis pas la seule à m'amuser! Preuve en est de ma copine sur la chaise voisine qui rit aux éclats...

Cela dit, au fil de l'émission, j'en apprends des vertes et des pas mûres sur la femme russe (qui est définitivement à des années-lumières de nos habitudes canadiennes!). Assez d'informations pour m'éberluer et me rappeler combien l'on est bien ici!

J'apprécie l'angle particulier de cette émission qui nous fait voyager avec le sourire tout un creusant un sujet chaud sans jamais tomber dans la vulgarité.

En fait, je suis assez inspirée pour livetwitter avec passion! Comment résister? C'est trop bon!

La suite via Twitter:

- Début du visionnement en avant première de l'émission sexe autour du monde en Russie...

- La Russie a l'un des taux d'avortements les plus hauts au monde... #sexeautourdumonde

- 75% des hommes russes trompent leurs femmes!!! Ayoye...

- Les femmes russes sont moins exigeantes au lit que les femmes canadiennes, elles pardonnent ses incompétences s'il est fortuné... #sadm

- À regarder l'émission sexe autour du monde en russie a un flash d'une amourette moscovite d'une nuit il y a de cela bien longtemps...

- La femme donne de l'énergie sexuelle à l'homme pour qu'il la transformé en énergie financière! #sadm

- Certaine de faire une mauvaise épouse russe! Trop insoumise et pas assez matérialiste! #sadm

- Exercices pour étirer son point G... Flabergastée par la femme russe je suis... #sadm

- En Russie l'homophobie est encore très présente... pas facile d'être gay à Saint-Petersbourg! #sadm

- Une petite shot de vodka pour clôturer une émission super sympa! #sadm

- Fun noir sur fond de musique russe avec @technomade @Karichar @nadmercure

- Faire durer le plaisir entre filles en allant se dévergonder sur St-Laurent...

Épisode de l'émission Sexe autour du monde sur la Russie à visionner ce soir, dès 21h sur TV5.

Sur le même thème :

- Pourquoi je n'irai jamais en Russie sur EnTransit.ca
- «La femme donne à l’homme de l’énergie sexuelle pour qu’il la transforme en énergie financière» sur le blogue de TV5

Lorsque la femme russe me met sur les fesses!

vendredi, décembre 10, 2010

Belles à bloguer, chapitre 1

Depuis des jours, je cogite, médite, macère, digère. Je tourne mes phrases en rond lorsqu'il est question de mes impressions bloguesque sur mon escapade urbaine.

Il est rare que mes mots m'échappent autant, qu'ils ne se disciplinent pas sous les ordres de ma cervelle. Mais sur ce sujet là, c'est chargés d'émotions qu'ils frétillent et se sauvent...

Je me noie les neurones dans mes articles technocentrés. Je prends le temps d'organiser mes idées et sentiments.

Je sais qu'avec cette aventure de Belles a bloguer, j'ai accepté d'être numériquement démasquée. J'étais prête à l'être. Ce n'était pas vraiment un problème en soi. Même si j'aime cultiver un certain flou virtuel, je savais bien que l'espace que j'avais pour le faire était en train de se rétrécir.

Aussi, en discutant avec une journaliste de la Presse au sujet de l’évènement le jour précédent, j'ai réalisé que si je ne me cachais pas au réel sur ma condition bloguesque, il était surement temps que je me me cache moins virtuellement. Son article est sorti le jour même où je suis arrivée à Montréal. Ce jour là, pour la première fois en bientôt huit ans, Etolane s'est accroché un nom de famille. J'imagine que cela fait partie du processus qui numérise nos vies.

En effet, au fil des années, le Web s'est intégré à ma vie quotidienne de multiples façons. Aucune n'est réellement négative. Tout est question de contrôle et d’équilibre. Le Web me permet de travailler, d'exposer, de m'exprimer, de créer, de partager, de "relationner" et finalement de rencontrer des personnes intéressantes. Il agrandit ma dimension mentale, artistique, professionnelle et je lui en sais gré.

Il me permet aussi de vivre cette expérience de brousse que je pratique au présent. Car si je n'étais pas ainsi connectée, je voudrais certainement retourner plus souvent à la "civilisation". Pour pouvoir vivre tranquillement au fond de ma brousse, à l'ancienne, j'ai aussi besoin d’apprécier ce futur qui façonne nos nouvelles habitudes de communication.

Durant cette fin de semaine, j'ai aussi réalisé combien cela me faisait du bien de sortir. En restant avec mon enfant à la maison si longtemps, j'ai pris un chemin de vie qui m'a beaucoup fait voyager de l'intérieur mais qui m'a enraciné de l'extérieur. Maintenant que Miss Soleil a 5 ans, je ressens une plus grande de liberté de mouvements.

Depuis sa naissance, j'adapte mon autonomie féminine à celle de son enfance. Aujourd'hui, je peux tout à fait raisonner mes culpabilités et profiter de cette vie individuelle que je retrouve. Même si la quitter m'a été difficile. Même si ce fut comme arracher un velcro et souffrir un peu, je suis partie le coeur léger pour Belles à bloguer...

Comme d'habitude lorsque l'on vient en ville, j'ai joué à Hotwire pour me trouver une chambre d'hôtel. J'aime bien Hotwire. Il me permet de dormir dans des 4 étoiles à des prix tout à fait raisonnables. D'ailleurs depuis des mois je me dis que je devrais écrire sur le sujet que cela soit ici ou là-bas. Mais ce sujet végète encore au coin de deux neurones! Un jour viendra puisque tout vient à point à qui sait attendre...

Bref, à la roulette de Hotwire, je me suis retrouvée en plein centre-ville, comme je le désirais, mais dans un quartier qui n'est pas mon favori. Un quartier rude qui fait la transition entre le quartier gay et downtown. Un quartier avec une faune urbaine à la dérive. Une faune humaine qui dérive. Une misère remplie de souffrances qui me peine.

Mais bon, revenons à mon confortable hôtel d'où la vue est imprenable. Une vue 5 étoiles sur la ville à mes pieds. Située au 25ième étage, ma chambre surplombe Montréal qui n'en finit pas de remplir l'horizon.

Souper dans un coin branché du quartier gay

Arrivée en fin d’après-midi, j'ai retrouvé Ves dans le lobby de l’hôtel pour aller souper avec elle. Mon amie Ves que je connais depuis bientôt 24 ans...

La première fille à coté de laquelle je me suis assise, un lundi matin dans un cours de français, alors que je venais de débarquer à Montréal.

Ves est un être unique, d'une bonté humaine qui m'a touchée dès le premier instant où je l'ai rencontrée. À mon sens, Ves est aussi un symbole de l'aspect multiculturel montréalais. Son père, irakien, et sa mère venue d'Honduras se sont rencontrés et aimés à Montréal. De cet amour Ves est née, moitié arabe-moitié latino, 100% montréalaise. Polyglotte, elle parle 3 langues couramment (anglais/français/espagnol), elle se débrouille très bien en japonnais et comprend un peu l'arabe. Ves, marraine de ma fille, fait partie de ma famille de coeur...

Et si cela fait 5 ans que je n'ai pas quitté homme et enfant, cela fait encore plus longtemps que l'on ne s'est pas retrouvées toutes les deux à courir les rues montréalaises! C'est agréable de fouler le pavé en sa compagnie. L'on décide d'aller manger dans le quartier gay qui est rendu "mainstream" selon mon amie. L'on s'accorde sur un resto branché à souhait. Juste ce dont j'ai besoin pour l'occasion.

L'on se trouve une table "cosy" en haut de la mezannine. Être avec Ves est si bon qu'il m'est facile de déculpabiliser comme il se doit. Je muselle la maman louve qui grogne en mon sang. L'on papote, échange, rit. L'on partage en dessert un délicieux tiramisu maison qui fait le délice de nos papilles. Je réalise combien je ne suis jamais dépaysée à Montréal. Je dis à Ves:

- C'est bizarre, à chaque fois que je suis à Montréal, tout est normal..
- Et c'est tellement normal de te voir à Montréal! Je suis vraiment contente que tu sois là.

L'on glousse de concert! En rentrant à l’hôtel, je m’arrête à un dépanneur pour acheter le Journal où est publié l'article papier Belles et blogues. Puis je rentre sagement à mon hôtel pour y travailler.

Je veux finir de préparer mon atelier photo du lendemain. Après maintes tergiversations, j'ai décidé de laisser faire le Powerpoint. Sachant que c'est un atelier pratique mais ne sachant point qui sera présent, le défi de préparation est complexe. Je prépare sept pages dans un document Word et je me dis que je devrai, de toutes façons, prendre le pouls de l'instant et trouver le "flow" qui conviendra.

Je connais bien ma matière et je veux aussi apporter une dimension Web en y incorporant certains outils offerts en ligne. Je gère stress et pression en une même concentration. Je me perd les idées dans la vue qui s'étale sous mes yeux. Je me perds le regard dans Montréal qui illumine la nuit. Tard passé minuit, je m'endors les rideaux grands ouverts.


Samedi, six heures du matin, sonne le téléphone. C'est mon réveil. Se doucher, se maquiller, s'habiller, respirer, expirer, inspirer. Le jour se lève. J'emprisonne le stress sous ma peau. Je suis prête. J'enfile mon manteau. Je prends l’ascenseur. Hèle un taxi. Celui-ci prend les traits d'un chauffeur haïtien au sourire lumineux. Un chauffeur qui se révélera un véritable ange urbain!

Pour résumer une histoire longue de 45 minutes. Le CRIM (centre de recherches informatique de Montréal) a déménagé il y a peu. Deux adresses se retrouvent sur le Web. Et ce matin là, en gestion de stress, je me suis trompée d'adresse! Bref, Dieu merci, le chauffeur de taxi fut un ange tombé du ciel et 45 minutes plus tard, j'étais au bon endroit sans être ruinée!

J'arrive juste avant que ne commencent les conférences, un peu stressée je dois l'avouer. Mais là, un autre ange m'attend. Vicky, blogueuse et édimeste du site de Coup de Pouce (que j'avais rencontrée à Jasette et Plaisirs), m’accueille avec tant de chaleur humaine que je me peux que décompresser et relaxer. Super gentille, elle me prête même son iPhone pour que je puisse tweeter en direct (vu que j'alimente et cogite le Twitter de l’évènement). J'entre dans la salle ma Flip dans une main et son iPhone dans l'autre, je m'assois dans un petit coin alors que Mélanie Thivierge commence son allocution...

La matinée Belles à bloguer...

J'essaie d'apprivoiser l'iPhone que j'ai entre les mains. Vicky est retournée vaquer à ses occupations et même si j'en connais un rayon sur les téléphones intelligents (j'écris parfois à ce propos en mes chroniques technos), je suis pas mal plus novice en pratique qu'en théorie! J'en ai bien demandé un au Père-Noël mais je crains tout de même de ne pas le recevoir sous le sapin le 25 décembre...

Carl Charest débute sa présentation, je décide de le flipper plutôt que de tweeter "drette live". Du coin de l'oeil, j'aperçois Karine que je connais virtuellement. En quelques pas de sioux je m'assois à ses cotés. L'on se reconnait en un sourire partagé puis complice...

Martine Gingras est prête à commencer sa présentation. Karine me démèle les pinceaux avec le iPhone de Vicky et je commence à tweeter la présentation de Martine. Je suis aux anges! J'adore être là. Ma bonne humeur explose le stress. Je remarque que le hasthtag de l’évènement semble bien rouler. En ma condition de gestionnaire Twitter, j'en suis presque fière. Et je tweete encore...

J'écoute Martine sans la regarder puisque j'ai les yeux rivés sur mon écran. J’absorbe tous ces mots. J'apprécie sa présentation. J'y retrouve tous ces éléments que je connais mais qui sont si bien organisés et exprimés que c'est un plaisir à entendre. La matinée va bon train. Après la conférence de Martine, embarquent les ateliers. Je décide d'aller faire un tour de celui de Catherine Morissette, ma copine des GirlGeeks de Québec mais je réalise vite que tweeter juridique est ardu. Je me faufile alors dans l'atelier de Martin Lessard. La salle est bondée de femmes qui écoutent avec attention l'expert en pleine forme. Je tweete un peu avant de filer.

D'ici une petite heure ce sera mon tour d'être mise en scène. Je prends le temps de m'équilibrer les nerfs. Je discute au coin d'un Perrier avec des webcopines qui traînent dans les parages. Incapable de manger, je rôde autour de la machine à café...

Je rejoins Vicky dans la salle où se retrouvent médias et conférenciers. Je lui rends son iPhone, sachant mes limites, dans les heures qui viendront j'aurais d'autres chats à fouetter que celui de tweeter. Arrive Nadine Deschenaux qui fait partie de notre trio débat du midi. Je la connais et l'apprécie virtuellement. L'on se côtoie au numérique depuis quelques temps déjà. Je la trouve charmante sous son blouson de cuir, gentille, enrhummée aussi. L'on papote un peu de ces extrêmes maternels que l'on représentera bientôt devant une salle pleine de blogueuses. L'on se respecte mutuellement en notre condition de mère. Je suis contente qu'elle soit là, à mes cotés, en cette aventure particulière.

Midi arrive bientôt, les ateliers achèvent, les participantes découvrent le brunch. L'on attend Marie-Claude Lortie pour pouvoir commencer le débat. J'en profite pour papoter avec ces connaissances Web que je suis heureuse de voir "en vrai". Des connaissances qui, pour certaines, sont déjà des amies...

J'adore ce feeling d'avoir le luxe de se connaitre mentalement avant de se rencontrer physiquement. Et dans cette dynamique semi-télépathique, je ne suis jamais déçue. Au contraire, je suis toujours ravie. Traverser la frontière du réel ne fait que prolonger le plaisir d'une relation virtuelle. Souvent elle l’approfondit et c'est encore meilleur lorsque l'on se retrouve ensuite sur le Web.

À suivre...

Belles à bloguer, chapitre 1

mardi, novembre 16, 2010

24 heures en solitaire dans l'agitation urbaine

Montréal Vibes

La semaine dernière, je suis partie 24 heures à Montréal. C'est la première fois que je partais seule depuis des années. Depuis que je suis maman, depuis que je suis mariée. C'était une étape nécessaire en ma peau de maman, en ma peau de femme. J'en savoure le cheminement. En mon coeur, je m'étais mis comme balise les cinq ans de M'zelle Soleil. À ses cinq ans, je me donnais le droit d'être plus femme que maman...

Ainsi lorsque j'ai reçu une invitation pour aller à une soirée citadine ayant pour thèmes Bien dans mon coeur, Bien dans ma tête, Bien dans mon corps, j'ai pris le train en marche sans une hésitation. Cette conférence tombait le lendemain du jour du cinquième anniversaire de ma puce. L'occasion était trop belle et l'occasion fait le larron!

Dans le bus, je rencontre une enseignante retraitée qui vit aux Îles de la Madeleine. J'apprécie la sympathique compagnie. L'on parle des femmes, d'avant et de maintenant. Les sujets de conversations s'écoulent au fil de la route qui se déroule. Je ne vois pas le trajet passer. J'arrive en ville alors que le soleil se couche. La lumière de fin de jour caresse les buildings qui scintillent. Montréal se fait belle. Elle se rappelle à ma mémoire. Il fait doux. Je remarque que toutes les feuilles ne sont pas tombées, on dirait presque le Sud. Je prends un taxi.

J'arrive à mon hôtel. Le plus Feng Shui de la ville selon mon amie Marie-Julie. Ma chambre est confortable et douillette. Je me montréalise les idées au coeur du quartier chinois. J'ouvre mes chakras. Hissée sur mes talons hauts, je cours les rues pour y chercher ces petites choses que j'ai oubliées. Un collant et des shampoings plus tard, je suis sous la douche. Je me recentre. Me voilà prête pour cette soirée qui me fait troquer mes collines paisibles pour le skyline de Montréal.

Picnik collage

Cette soirée particulière se déroule dans le Centre des Sciences du Vieux Port. Je vais me tremper les neurones dans des eaux toutes féminines. Légère. Je souris. Je sais aussi que j'y rencontrerai surement ces filles que je copine en ligne. C'est aussi pour elles que je suis venue...

Aussi, même si je n'ai pas encore eu le temps d'en parler amplement en ce jardin de Toile, je serai de la conférence "Belles à bloguer" qui se déroulera à Montréal le 4 décembre prochain. Je peux même dévoiler que j'animerai l'atelier photo et qu'il se concocte aussi une autre activité intéressante pour ma pomme des bois ce jour là. Et pour finir les confidences; je suis celle qui gazouille pour la cause sous la bannière Twitter de "Belles à bloguer"...

Mais revenons à cette soirée un peu glam et très femmes. Je retrouve mes copines blogueuses sans trop de difficulté. Je commence à connaitre l'équipe de Coup de Pouce (qui me dirige facilement dans la bonne direction), dernièrement, j'ai eu le bonheur de travailler avec ce magazine pour un article papier lié au Web. L'équipe est aussi cool que je m'y attendais.

Je retrouve la gang de blogueuses, mes copines Web et d'autres connaissances virtuelles. Après quelques papotages, l'on se dirige ensemble vers la grande salle. Mélanie Thivierge anime la soirée, élégante et articulée, elle enrobe le tout d'une belle énergie. C'est une soirée féminine sur fond de magazine...

La vulnérabilité de l'amour

Dans le volet Bien dans son coeur l'on parle couple avec Francesca Sicuro, une psychologue qui s'intéresse au mieux-vivre sous toutes les formes. J'en retire plusieurs points pertinents. Je les absorbe pour mieux les digérer. J'en retiens que l'amour du couple est une sensation privilégiée que beaucoup recherchent. C'est une expérience riche et complexe et certainement l'une des réalisations les plus significatives d'une vie. Évidement tout le défi est dans la durée!

Francesca Sicuro parle très bien de la vulnérabilité de l'amour. Mes neurones s'enflamment. Il est vrai que l'amour est plein de dangers. C'est une aventure risquée que de se laisser aimer. Accepter et assumer ses peurs est la première étape à franchir. Et puis, il y a plusieurs formes d'amour. Ainsi l'amour pour ses enfants est souvent plus profond que l'amour en couple. Mais tout comme les bébés ont besoin d'amour pour vivre et grandir, l'adulte est dans le même cas. Sans amour, l'humain s'étiole...

À cet effet, il est prouvé qu'un bébé que l'on aime pas, que l'on ne touche pas, peut se laisser mourir (même s'il est nourri et a un toit sur la tête). Aussi, il parait que les personnes âgées qui aiment et sont aimées ont beaucoup plus envie de vivre que les autres. Et si on ne le savait pas encore et bien il est dit, ce soir là, que quatre câlins par jour augmente le système immunitaire. La tendresse est bonne pour la santé! Tant d'autres points sont partagés mais je les macère en moi pour mieux les cuisiner plus tard.

Les bienfaits de la créativité

Vient ensuite le volet Bien dans ma tête présentée par ma copine virtuelle Manon Lavoie. Comme je m'y attendais, elle est excellente. Elle parle créativité avec passion et honnêteté. Elle explique que la création fait surface lorsque le rationnel s'apaise. Je me rends compte que beaucoup de femmes ont du mal à gérer leur créativité qui est étouffée par le poids du quotidien. Ce n'est pas mon cas. L'artiste que je suis vit un peu à contre-courant. En ce qui me concerne, ma zone de confort n'est que création. Accrocher le rationnel est mon défi personnel. Mais j'adore l'énergie de Manon et je sais qu'elle aide plusieurs femmes à capter leurs élans créatifs. Pour en savoir plus n'hésitez pas à suivre les petits pas de ses muses créatives...

J'en retiens l'idée d'être douce avec soi. Je médite aussi sur le fait que je ne sais jamais vraiment comment je touche les gens. De plus en plus souvent, au fil de mes sorties, je rencontre des gens touchés par mes mots et cela me bouleverse intérieurement. Et puis je réalise que cela fait un moment que je n'ai pas cultivé la créativité de ma puce. Je me promets d'y remédier en nous organisant une activité découpage-collage avec mes vieux magazines!

Ralentir le rythme et inspirer profondément

Ensuite la soirée se termine avec le volet Bien dans mon corps. J'ouvre grand mon esprit, je sais que j'ai beaucoup de travail sur cette planche là. Nicole Bordeleau prend le devant de la scène. Immédiatement je tombe sous le charme de ses vibrations. J'inspire ses paroles. Je m'en imprègne tout en l'écoutant. Je m'en imprègne tant que j'oublie même de sortir ma Flip! Je m'en imprègne tant que je suis encore dedans. J'apprécie sa perception de l'Être Humain. En effet, en ce terme précis qui nous définit, il y a être et non avoir...

Sous sa direction experte, je vais tant à l'intérieur de moi-même que des larmes coulent en silence sur mes joues. Et puis d'un coup, j'ai envie de faire du yoga comme jamais auparavant! Enfin, même si novice, je bats quand même tous mes amis au Yoga version Wii Fit! Bref, cette présentation m'a tant touchée qu'elle reste ancrée en moi. D'ailleurs, hier, j'ai même poussé le travail personnel en effectuant une méditation de la compassion via son site Web...


La soirée se termine. La salle se vide. Je suis la gang de filles qui m'entoure. J'avoue que j'ai un peu de mal à remonter des profondeurs de moi-même pour socialiser comme du monde. Je réalise combien socialiser demande une certaine superficialité. Une superficialité que l'on ne possède point en ses tréfonds.

Un macaron et quelques bouchées plus tard, je suis de retour à la surface des choses. Et je suis des dernières à partir. Pour une fois que je sors, je ne vais certainement pas me coucher tôt! J'accroche un lift avec mes deux copines Web. Mon hôtel n'est qu'à quelques minutes du Vieux Port. Dans la voiture garée au coin de la rue où je descends, l'on papote encore et encore. Avec La Belle et Karo, l'on profite au réel de cette subtile amitié virtuelle qui nous lie. En conclusion ce fut une bonne soirée qui valait le déplacement. Une soirée riche en réflexions et agréables rencontres...

Le lendemain midi, j'ai aussi eu le bonheur de dîner avec une amie que j'estime beaucoup. Puis juste avant de repartir, je me suis enchinoisée sous le soleil de Montréal. À suivre en mots et photos en un futur billet...

Montreal Vibes

24 heures en solitaire dans l'agitation urbaine

lundi, avril 26, 2010

Montréalisée...

Downtown Montreal

De retour de Montréal. Montréal où le plateau fourmillait de vie, où les feuilles verdissaient les arbres des rues et où la vue depuis notre chambre d'hôtel était superbe. Cette fin de semaine dernière, il faisait un temps magnifique à Montréal. Les terrasses étaient pleines, le soleil plombait la ville qui se donnait des airs d'été. Et M'zelle Soleil, les yeux grands ouverts, assimilait toute cette vie urbaine qui grouillait autour d'elle...

Poser nos sacs au coeur de la ville

Par la magie d'Hotwire, je nous dégote l'un de ces hôtels qui fait du bien au moral. Il n'y a rien comme un quatre étoiles à petit prix pour retrouver le sourire! Se lover dans une bulle de confort luxueux. Une bulle ouatée qui fait s'estomper les soucis de sa vie. S'alléger l'esprit. Apprécier la vie. Trois jours d'urbanité pour passer ensemble du temps de qualité. L'on savoure. M'zelle Soleil adore la piscine, l'ascenseur et son grand lit moelleux. Elle sautille comme une puce. Sa joie pure me nourrit de l'intérieur. Elle me rappelle à ces sensations d'enfance que j'oublie au coin de mon adultitude.

De notre chambre, au 33ième étage, la vue est géniale. Le centre-ville s'étale à nos pieds, à l'horizon se perdent des montagnes, le fleuve nous fait de l'oeil et le Mont-Royal bourgeonne. Debout sur le rebord de la fenêtre, les mains contre la vitre, M'zelle Soleil examine la ville à ses pieds. Elle s'exclame gaiement: "Maman, regarde y'a des personnages en bas!". Je souris. Petits comme des fourmis, les "personnages citadins" vaquent à leur vie entre deux sirènes et une multitude de lumières...

......

L'on retrouve Ves, mon amie depuis l'adolescence, marraine de ma puce. Elle gardera notre mini Miss lors de notre sortie de couple. Spécialement pour l'occasion, elle a organisé une soirée avec l'une de ses amies et sa fillette du même âge que la mienne. Au programme: maquillage, vernis à ongles et film de princesses. M'zelle Soleil est plus ou moins satisfaite de cet état de fait mais comme elle adore Ves (qui la traite comme une petite reine), je ne suis guère inquiète. Je suis en confiance et me sens bien chanceuse de pouvoir autant l'être.

Comme à chaque fois que je retourne en ville, il ne me faut guère de temps pour me "remontréaliser". Ves aidant, les repères urbains reviennent vite. Mais je garde ma zénitude de lac au coin de mes idées calmes. Je n'ai pas vraiment le goût de revivre ici mais je suis contente d'y retrouver une partie de ma peau. Me promener sur Mont-Royal en compagnie de ma puce me met le temps qui passe dans la face. M'zelle Soleil adore l'expérience nouvelle. Et il fait si bon que l'on ne peut qu'être heureux! Je réalise que la douceur du présent efface les douleurs du passé...

Arrive le temps de laisser M'zelle Soleil entre bonnes mains pour s'octroyer l'un de ces rares moments de couple. L'un de ces moments précieux que l'on compte sur les doigts d'une main depuis que l'on est parents. Lorsque l'on se retrouve seuls pour profiter de l'air du temps, il y a toujours cet étrange instant où l'on se regarde un peu perdus sans elle. Et puis l'on se sourit. L'on se prend la main. L'on se retrouve. Et l'on prend le temps de nous. L'on s'arrête un moment sur la montagne qui vibre d'humanité. Juan aime découvrir Montréal. Quant à moi, c'est toujours un peu comme revenir à la maison.

"S'encharlotter" une soirée

L'on se gare à quelques pas de la salle de concert. L'on est en avance. L'on se promène avant de rentrer dans la salle. En première partie se produit un groupe californien inconnu à mon bataillon. L'atmosphère musicale est agréable. L'on se bécote. Amoureux. Dix ans de mariage et la flamme brule encore...

Arrive Charlotte. C'est son deuxième soir à Montréal et j'ai tendance à croire qu'elle n'en sera que moins gênée. Alors qu'elle entame sa première chanson, je ne peux m'empêcher de la trouver de pareille qu'à la télé! Elle dégage cette même vibration si particulière. Forte et fragile à la fois. Timide et fonceuse. Je lui trouve plus d'assurance que je ne l'avais imaginé. Juan m'en fait aussi la remarque. Il faut dire que je l'ai un peu trainé dans mon sillon de Charlotte. Mais finalement il est content d'être là. Il s'attendait au pire. Il est surpris. De mon coté, je la trouve parfaite, éthérée, intemporelle. Je l'absorbe.

Je fredonne et je danse. Sympathique même si toujours timide, elle remercie les gens d'être là. Elle partage quelques gouttes de sa vie. Lorsqu'elle interprète une chanson de son père, quelques frissons me parcourent l'échine. L'espace de quelques minutes, j'ai l'impression que Serge l'habite toute entière. Elle le canalise d'une manière si intime qu'elle me bouleverse. Ma carte mémoire est vite pleine et c'est en ma mémoire organique que je capte ces instants émouvants.



À l'écouter prendre possession des mots de son père, j'ai envie d'en entendre davantage. L'envie subite de la voir faire un album de chansons tirées du répertoire de son paternel me traverse les idées musicales. Le concert s'achève. Charlotte s'éclipse mais revient vite sous la clameur du public. Elle enchaine avec le chat du café des artistes de Ferland. J'adore cette version live qu'elle présente. Je m'éclate au milieu de personnes immobiles. Et, lorsque pour clore le tout, avec une étonnante énergie, elle embarque sur "couleur café", je me laisse complètement emporter. Résultat, je sors de la salle complètement encharlottée...

Heureuse d'avoir assisté à sa deuxième représentation montréalaise. J'apprends que le premier soir fut plus timide, accompagné de quelques blancs de mémoire. Elle était hyper gênée semble-t-il. Pour ma part, je retiens de ce concert la sensation d'avoir eu le meilleur de Charlotte. Juan est aussi sous le charme. Lui qui venait à reculons a apprécié sa soirée...

Charlotte à Montreal

Mais il est bientôt temps de rentrer se coucher. L'on récupère M'zelle Soleil qui a aussi passé une bonne soirée. De retour dans notre chambre en hauteur, la puce tombe de sommeil. L'on attend qu'elle s'endorme pour mieux se coller. Les draps sont soyeux. La nuit est sensuelle. Les lumières urbaines illuminent l'horizon nocturne qui s'étire par la fenêtre. M'zelle Soleil ronfle doucement.

Reprendre le chemin du lac

Une dernière excursion à la piscine pour M'zelle Soleil suivi d'une petite balade dans le Mile-End en compagnie de nos amis. Un détour par Laurier coté Outremont pour trouver des macarons du Point G. Gourmande, je salive devant les choix colorés. La température nous fait la fête. Les rues sont envahies par la fourmilière humaine qui s'active. Montréal se dore la pilule au soleil.

L'on termine notre escapade urbaine avec la visite d'une copine virtuelle qui se révèle tout aussi charmante au réel. Et puis l'on reprend la route. Un coucher de soleil romantique accompagne nos kilomètres qui défilent. En chemin, M'zelle Soleil décide de pratiquer son écriture. Elle écrit son nom avec fierté. Une fierté que je partage en mon sang de maman. Elle s'amuse à écrire des" texxes" et s'imagine à l'école. Je souris au coin de ma fenêtre. Pas tout à fait "décharlotée", je regarde les arbres se dénuder. Plus l'on se rapproche de la maison et moins les arbres verdissent. Je sais bien qu'il n'y aura pas de feuilles aux branches de ma brousse! La nuit tombe sur la route qui nous ramène chez nous.

Reposés et régénérés, l'on retrouve nos pénates silencieuses. Prêts pour continuer la construction de cette micro famille que nous formons. Au coin de mon bureau virtuel, une pile invisible m'attend. Concentrée, je passerai les prochains jours à pianoter, les yeux rivés sur l'écran et le nez dans la Toile.

Montréalisée...

mardi, juin 30, 2009

Dé-cubée



La semaine dernière, nous sommes allés au dévoilement des gagnants du concours "hypercube". La soirée se tenait au Club Soda à Montréal. Peu sure de gagner mais avec quand même avec de l'espoir au coeur, je me laisse emporter par l'entrain de Juan pour aller faire un tour de ville. J'accepte de jouer le jeu jusqu'au bout! Mais tout d'abord, il nous faut trouver un hôtel digne de ce nom...

Vu l'incertitude de la soirée, j'ai pensé qu'un bel hôtel était de circonstance. Que cela soit pour consoler sa peine ou exprimer sa joie, dans tous les cas de figure, autant le faire "in style". Alors que je parcourais la toile à la recherche d'aubaines, Marie-Julie me conseilla d'aller faire un tour du coté de Hotwire. J'en avais entendu parler mais je n'avais jamais exploré la chose. Épatée, je découvre que je peux nous trouver une chambre quatre étoiles au prix de deux! Cela semble presque trop beau pour être vrai. Quatre vingt dollars pour un hôtel de luxe? Elle est où l'arnaque?

L'arnaque se situe dans l'inconnu. Si l'on sait que l'on atterrira dans un quatre étoiles, l'on ne sait absolument pas lequel! Pour le savoir, il faut réserver et une fois que l'on a réservé, impossible de faire marche arrière (sans y perdre ses sous)! Enfin dans le pire des cas, l'on finit quand même dans un quatre étoiles au centre ville! Je me lance. Je réserve la chambre. J'apprends alors que l'on sera logés au Hyatt Regency. Coïncidence ou signe de chance, l'hôtel se situe à cinq cent mètres du Club Soda. Si l'on avait voulu choisir, l'on n'aurait pas pu trouver plus proche...

L'on arrive à Montréal sous une chaleur caniculaire. Inutile de dire que le confort de l'hôtel est apprécié. L'on profite de cette escapade sans enfant. L'on réalise vite que c'est la deuxième fois que cela nous arrive depuis qu'elle est née! C'est presque étrange de se retrouver ensemble, seuls, ailleurs, sans elle. Il faut nous réhabituer à cette dynamique de couple qui fut la nôtre. L'on a juste le temps de se préparer avant que nos amis Alex et Kay nous rejoignent.

Nous partons donc pour la fameuse soirée. Quand même stressée je suis. Il faut avouer qu'à force de jouer le jeu de la course au cube, j'ai fini par vraiment la désirer! Je me suis inscrite plus par besoin que par amour de la voiture. Au début je la trouvais même plutôt laide. Et puis, à force d'y penser et de rêver à ces ailes qu'elle pourrait me donner, j'ai fini par avoir un petit "crush"...



L'on arrive au Club Soda en trois pas. Sur scène, un DJ met de l'ambiance. Deux voitures trônent dans la place. Deux bars à bonbons attirent les regards. Alex et Juan s'amusent à observer le moteur, toucher la carrosserie, s'assoir à l'intérieur. Moi je préfère rester à l'écart. Je la toucherai si je la gagne. Sinon cela ne pourra que me faire plus mal! J'avale deux "rhums and Coke" d'affilée. Cela calme mes nerfs aiguisés. J'ai de l'espoir même si j'ai quand même du mal à y croire...



La soirée commence à se réchauffer. Le DJ est bon mais l'animateur est à pleurer (tellement il est mauvais!)! Heureusement que l'on est pas là pour ses beaux yeux! Arrive bientôt le paroxysme du moment tant attendu. Le dévoilement des gagnants. Dans les premiers noms je découvre celui de ma twitter copine. Je suis super contente pour elle. Cela me fait sourire. Les noms continuent de défiler. Lorsque je vois que le p'tit cul de Québec (mon seul concurrent réel) a gagné. Je doute plus que jamais. Arrive le dernier nom de la liste. Ce n'est pas le mien. La balloune se dégonfle. Pfffff.... Le rêve s'est envolé. Ainsi va la vie qui passe. Juan m'embrasse. Mes amis me sourient.

L'on a rien gagné et l'on a rien perdu. Enfin si, l'on a gagné une soirée en ville avec nos amis et l'on a perdu un peu d'espoir! L'on a aussi trouvé l'occasion de changer d'air. C'est pas si souvent que l'on se retrouve le soir sur St-Laurent! Alex me fait remarquer que c'est la région de Montréal qui a tout ramassé! Sur 13 voitures, 10 se retrouvent dans Montréal et ses banlieues. Disons que les régions sont bien lésées! L'on sent bien la tendance marketing qui se dessine! Je pense à certains qui n'ont pas gagnés et qui se sont vraiment donnés à fond pour l'avoir. Je me dis qu' il doit y en avoir des encore plus déçus que moi dans l'assemblée.

Je me souviens de la réaction étonnée d'une amie (qui pensait que le fait que certains en avaient plus besoin que d'autres devait aussi entrer en ligne de compte) lorsque je lui avais expliqué que j'avais peu de chance devant le p'tit jeune de Québec. Il était en plein dans le public cible, il s'était démené comme un petit diable et il correspondait certainement davantage au truc recherché que ma pomme (mûre) des bois. Car il ne faut pas se leurrer si l'on fait miroiter la carotte de la créativité (et de la chance), c'est bien le Dieu marketing qui fait les règles du jeu. Mon amie Kay s'exclame:

- Oh c'est pas juste! Je suis sure que t'en avais plus besoin que lui!
- Oui, bien possible...

Mais Nissan ne fait pas dans le social. Nissan fait dans le marketing. Si la tendance mondiale penchait plus du coté social que du coté marketing, la planète tournerait autrement! Enfin si l'on avait une chance sur dix de gagner, l'on en avait aussi neuf de perdre! J'avale ma déception et laisse quelques vagues d'amertume me lessiver la face! Dépitée mais pas dévastée.

Je sais bien que j'aurai pu mettre plus d'énergie à courir après la carotte (mais je n'en avais pas la force). Plus mulet que mouton je n'ai certainement pas mis toutes les chances de mon coté. Si j'ai misé sur le coté artistico-littéraire du canevas, je n'ai pas trop plongé dans le coté marketing du truc. J'y suis surement allée un peu trop intello... Je savais que selon la logique marketing, la vieille capitale s'en mériterait surement une. Et de ce coté là de la province, nous étions deux. Ma pomme et le p'tit jeune. Peut-être que si Montréal n'avait pas tout raflé, j'aurai eu plus de chance. En tout cas, je remercie chaleureusement tout ceux qui m'ont soutenue dans cette aventure...

Alors que je suis assaillie par un flot de pensées tumultueuses, Alex nous fait remarquer que l'atmosphère de la soirée vient de tomber comme un soufflé raté. C'est vrai que sur deux cent personnes, cent cinquante déceptions, cela plombe l'ambiance! L'on sort pour aller respirer l'air nocturne de la ville. Juste avant de partir les hommes dévalisent le bar à bonbons (encouragés par les serveuses toutes sourires)! L'on repart les poches plein de sucreries. Alex et Kay (qui ont aussi laissé leur bébé chez ses grands-parents) profitent avec nous de ces instants de liberté. L'on est tous contents de se retrouver en couple. Les hommes un peu plus que les mères qui finissent toujours par ressentir une petite mélancolie à la pensée de leur rejeton. Quelques souvenirs urbains remontent à la surface de mes humeurs...



Je regarde les buildings qui grimpent au ciel. J'aspire l'air urbain, plus dense, plus pollué que celui auquel je me suis habituée cette dernière décennie. Je perçois des soupçons de ma montréalité atrophiée. L'on s'assoit sur un coin de trottoir. Les garçons trippent sur les Bixis que l'on voit partout. Kay se sucre le bec. Un itinérant s'approche clopin-clopant. Il me parle de je ne sais quoi. Je lui réponds que je ne sais pas. Un étrange fil de conversation se tisse. Cela me rappelle ce temps révolu où je conversais avec des junkies (perdus en une impasse du centre-ville), aux petites heures de la nuit. L'homme me dit qu'il est originaire de l'île d'Orléans. Cela m'étonne un peu. Sans préjugés ni frayeur je lui donne deux minutes d'attention. Il passe son chemin sans heurts ni fracas (avec un sourire édenté en bonus).

La nuit est douce. L'on retrouve bientôt notre hôtel ultra confortable. L'on discute encore un peu avant de se séparer. Des hordes de finissants en habits de bal font la fête dans le hall d'entrée. Cela aussi rappelle des souvenirs d'antan! Il est presque trois heures du matin. Exténués, l'on tombe dans des draps qui sentent bon le propre et le frais. Le lit qui nous accueille est encore plus douillet que le nôtre. Un vrai délice de Morphée. C'est déjà cela de gagné...


Dé-cubée

jeudi, janvier 01, 2009

En vrac de fête...

J'avale mes 36 ans sous les -30 dans le vent. De retour de la grande ville. Petites vacances virtuelles. Bouffées urbaines. Visites et rencontres amicales. Chaleurs humaines. Deux nuits au coeur du Plateau. Quelques jours passés à Montréal pour expérimenter pluie, températures douces, trottoirs patinoires, bourrasques infernales et fourmilière moderne. L'aventure est de la partie...

Un soir, alors que Juan fait prendre le bain à la petite, je descends chercher des trucs dans l'auto garée sur la rue. Le vent est si puissant qu'il absorbe les bruits de la ville. J'entends un crack-boum étouffé. Je me retourne et reste bouche bée. La façade temporaire d'un magasin en rénovation vient d'être arrachée. Emportée par une rafale elle s'est disloquée sur deux autos. Je suis à dix mètres du fracas. J'écarquille les yeux. Un passant, lève à peine la tête. Il parle au téléphone collé à son oreille. Je l'entends dire:

- Ouais, j'ai des champignons. Non, l'acide c'est impossible, on peut plus en trouver...

Il se penche et enjambe les trucs qui encombrent le trottoir sans même se poser de questions. Deux habitants de l'immeuble au dessus du magasin éventré sortent explorer les dégâts. Je reste clouée su place. Je regarde le trottoir en face et constate que notre voiture est juste de l'autre coté. Si le vent se décidait de soulever ce qu'il reste de la façade, c'est sur notre voiture qu'il atterrirait. J'ouvre de nouveau la bouche. La referme. M'approche. Sort mon objectif de ma poche et mitraille l'action. Au loin le hurlement des sirènes de police se fait entendre. Les pompiers arrivent aussi. J'observe la scène. Rassurée, les pompiers sont déjà à l'œuvre, mon "char" ne se fera pas écrabouiller ce soir. Ni moi d’ailleurs…

Je ne peux m'empêcher de sourire lorsque je remarque que les policiers sur place sont deux grandes blondes, bien jolies ma foi et un grand black aux fesses bien fermes! Durant quelques secondes folles un scénario "porno police" se glisse entre mes pensées. Me voilà amusée! L'une des blondes m'accoste et sur un ton de doberman me demande de reculer. La rue est bloquée, l'urgence est sous contrôle...

Picnik collage

Dire que quelques heures auparavant, alors que nous mangions tranquillement une crêpe dans un petit resto sympa. Notre voisine de table mit le feu à son journal. Juan se leva d'un coup pour l'aider à étouffer les flammes. Et la pauvre madame fut secouée par son expérience. Montréal me fait la fête. Plein d'action pour animer ma calme soirée de maman...

Le soir d'avant, nous avions mangé dans une petite boite de jazz qui avait ravit note petit soleil. Depuis des jours, nous la couchions trop tard pour son propre bien et ce soir là nous avions décidé de lui donner l'occasion de se reposer en rentrant sagement à l'hôtel. Je remonte retrouver mes amours. Par la fenêtre qui surplombe la scène, l’on peut voir se dérouler l’opération de rescousse. M’zelle Soleil se couche et l’on se plonge dans la pénombre pour l'aider à trouver le sommeil…

En cette nouvelle année, aprés une escapade urbaine pour nous changer les idées quotidiennes, nous voilà de retour en notre brousse congelée. Comme tous les « premier janvier » depuis ma naissance, la nouvelle année dénombre mon existence. Juan me choie aujourd’hui, petit déjeuner au lit, amour d’après-midi, puis après la sieste de l’enfant qui retrouve son rythme de croisière, gâteau, bougies et cadeau…

En vrac de fête...

vendredi, janvier 18, 2008

Montréal 24 heures Chronos

Nous devions passer trois jours à Montréal, Juan devait faire plusieurs formations durant le jour. Nous nous serions retrouvés les soirs pour voir des amis ou en amoureux. Il avait tout organisé. Quelques jours avant la date de départ deux journées de formation sont annulées. Nos trois jours se transforme alors en 24 heures chronos. Malgré tout, nous décidons d’apprécier chacun de ces moments passés ensemble, en couple, sans devoirs parentaux, ni taches ménagères. Mardi soir nous déposons la petite chez sa grand-mère. Elle y est si heureuse que c’est à peine si elle ne nous pousse pas vers la porte. La nuit est belle, la route est sèche, en deux heures et demie nous sommes arrivés à bon port.

Montreal-by-night-bisMinuit-

Dans un hôtel au coin du quartier chinois, une chambre nous attend. La vue est intéressante. La ville s’étale à l’infini. Au loin se dessine le pont Jacques Cartier. L’air est glacial. L’on s’installe. Je l’aguiche du coin de l’œil. Il ne flotte pas un seul nuage dans le ciel urbain. Nous deux. Ensemble. Seuls. Collés l’un contre l’autre dans un lit immense, l’on réchauffe sensuellement la nuit qui se glace. On laisse les rideaux ouverts pour mieux voir les lumières nocturnes.

24 hres à Montreal Hotel in Chinatown

Le téléphone sonne avec le lever du jour. Durant quelques secondes, j’erre entre deux états sans plus trop savoir où je suis. J’ouvre un œil pour apercevoir les lueurs de Montréal assoupie. Ma mémoire s’éclaircit. La ville est encore immobile. Elle oscille elle aussi entre deux états. Elle s’extirpe de son sommeil citadin à mesure que le jour se lève. En quelques caresses expertes, j’aide le réveil de mon homme qui grogne et me colle. Je file prendre une douche rapide tandis qu’il s’étire de tout son long. L’on déjeune au milieu des chinoiseries qui nous dépaysent. Il part. J’ai la ville pour moi toute seule. Je n’ai plus le temps de voir les personnes que je voulais voir, alors du coup, je décide de faire ma touriste. La journée est magnifique, le soleil brille de pleins feux et l’air est presque doux. Je décide de partir en safari photos. Je ne connais pas du tout le quartier chinois, je profite donc de l’occasion pour l’explorer de fond en comble…

City vibes Quartier chinois

Dans un petit magasin, un commerçant très courtois me libère de la prison de la fermeture éclair de mon manteau sans que j’ai besoin de la casser. Étrange anecdote. Étonnant échange humain. Un bel exemple de service gratuit. En sortant de cette boutique, un mendiant me tend la main, je rends la pareille en me délestant d’une pièce. Plongée au cœur de ce quartier aux étranges odeurs j’ai l’impression de m’être téléportée en une autre dimension. Cela grouille de toutes parts. L’anglais est aussi rare que haché, le français est presque inexistant et les sonorités asiatiques font bourdonner mes oreilles qui s’y perdent. Et puis il y a toutes ces saveurs bizarres qui me chatouillent les narines sans rien évoquer à ma mémoire. Je m'imprègne des atmosphères que je capte de tous mes sens. Je me fonds dans le décor. Durant quelques secondes, par ci par là, j’oublie presque que je suis à Montréal. Je voyage dans ma tête.

Tout en parcourant cette rue bondée, je regarde vivre les passants aux yeux bridés. J’observe avec attention toutes ces boutiques remplies à ras bord de toutes sortes de cochonneries inutiles. Au bout de trois magasins, je n’en peux plus de toutes ces bebelles sans âme. C’est vraiment le royaume de la cochonnerie! Produits grossièrement fabriqués qui se vendent en gros, la quantité qui prime sur la qualité, le raffinement quasi inexistant. Je n’y trouve pas grand chose qui me plait. Je déniche d’adorables petits chaussons de bébé pour une amie qui est enceinte et un habit joli pour ma Lily. Je sature.

Fortune-TellerFortune-Teller-II

Je m’arrête pour manger. Je me fais griller le visage au soleil de midi. Je goûte, bien installée sur une terrasse à un truc pas vraiment bon. Non loin de moi, un vieil homme fait bruisser une étrange boite de fer. À ses pieds, un carton explique qu’il découvrira votre futur. Il m’intrigue mais je doute fort qu’il puisse me parler de mon avenir. Et puis je n’ai pas vraiment envie de connaître mon futur. Le vivre me suffira. L’on se sourit de loin. Tandis qu’il attend je ne sais quoi en faisant bruisser son étrange boite, je fais le test de la pâtisserie chinoise avec ses gâteaux au lotus. Tout est dans le fourrage. C’est bizarre et très sucré. Mes papilles ne sont pas renversées par la subtilité des saveurs. Le soleil guide mes pas. Je m’habille de mon silence. Il y a des sourires dans l’air. Je découvre ces thés qui consistent en une fleur séchée qui éclot durant l’infusion. Je m’en procure quelques unes. Ma curiosité continue de pousser mes pieds et je me tourne vers les épiceries. Là je suis tellement dépaysée que j’oublie carrément où je suis! Tout est si différent que je me croirais presque en Chine!

J’effleure l’atmosphère citadine sans m’en imprégner. Il me reste deux heures à perdre avant de retrouver Juan. Je quitte le quartier chinois pour retrouver Montréal qui se fait toute belle au soleil. La journée est superbe. Je décide de marcher là où les trottoirs me guideront. Je fais une escapade dans le vieux mais je n’y trouve pas l’inspiration. Trop de souvenirs m’assaillent. Je rebrousse chemin pour monter St-Laurent, bifurquer sur Ontario, retrouver St-Denis. Je passe devant cette bâtisse où j’eus mon premier appartement. Cela n’a pas beaucoup changé malgré les années accumulées sur ma peau. Je continue mon périple vers Berri, je bifurque sur Sainte Catherine, une jeune fille oubliée attire mon regard. Je me déleste d’une autre pièce. Je marche, je flâne devant quelques vitrines, je marche, j’entre dans un magasin, je flâne, je marche. Mes bottes pseudo galactiques avalent le bitume qui défile sous mes pas. Les heures passent. Je sens mes muscles chauffer, je sens mes jambes travailler, je suis heureuse de ressentir ces sensations physiques qui m’ont tant échappées durant les longs mois qui suivirent ma grossesse. Je profite de ma forme revenue. Solitaire, le cœur léger, je parcoure la ville gargantuesque sans me joindre à ses courants urbains (que je ne fais qu'effleurer en coup de vent)...

Montrealité

Le soleil commence à descendre le long des buildings qui ombragent l'horizon. Je regarde le ciel et reprends la direction du quartier chinois. Mon homme m’y attend devant un gros building. Nos yeux pétillent lorsqu'ils se croisent. L’on flâne encore un peu, main dans la main, avant d’aller manger dans un petit resto local que j’avais repéré durant mes explorations. L’on est bien, tout les deux, en amoureux. Je savoure ces moments devenus rares depuis que nous sommes parents. L’on reprendra bientôt la route. Notre maison plongée dans la nuit étoilée nous attend. Comme toujours, il fait bon rentrer chez soi, là où le silence est roi…

Montréal 24 heures Chronos

jeudi, janvier 03, 2008

En vrac de Montréalités

Montreal-sous-la-neige

Alors que l’homme se dépayse les idées en ce quartier urbain à la jonction d’un autre, je retrouve ces repères d’antan. Au fil des jours qui passent je me rends compte que j’apprécie ce quartier que je trouvais si « plate » lorsque j’étais ado. Je vieillis, c’est indiscutable. Mon ado de Clo profite d'une visite chez son père pour venir nous visiter, elle confirme mes impressions. M'zelle Soleil adore son ado de tante. C'est toujours un plaisir que de les voir ensemble, si complices. Cela débute bien un séjour urbain. L’appartement de Ro est un délice « cosy and design ». Nous y installons nos pénates sans peine, la petite y fait le party! Sa routine prend le bord, elle se couche plus tard, se lève plus tard, ses siestes partent dans tous les sens, on mange n’importe quoi n’importe quand. L’on profite de la ville et de ses multiples services, l'on se la coule douce.

Ves pense que je suis un « solo act with a big heart ». En vingt ans d’amitié, elle aura toujours su me cerner avec une étonnante justesse. Ves de mon adolescence est devenue une superbe femme qui se délie comme une liane. Sa carrière prend son envol et je suis fière de la voir si épanouie. Les années nous lient et le temps passe. Toujours la neige finit par tomber. Poudrerie ou gros flocons, on n'échappe pas à aux humeurs de l'hiver qui règne en maître. Mais la neige en ville, c’est horrible, surtout si l’on a une voiture accotée au trottoir! C’est joli quand cela tombe, mais c’est le bordel lorsque revient le soleil! J'en avais oublié les nuisances...

Nous sommes en un petit quartier tranquille, dans une vielle bâtisse qui engloutit le bruit des voisins. Les murs étouffent l'existence des autres. L’on se love en ce petit nid douillet. L’on fait notre devoir parental en passant une demie journée au biodôme rempli à craquer de familles multicolores. Ouf! C’est une leçon à plusieurs angles pour M’zelle Soleil souvent perchée sur les épaules de son père. Au fil des jours qui défilent, l’on s’installe une sorte de routine citadine.

Escapade urbaine City nights

Ves accompagne mon escapade urbaine. L’on retrouve une copine d’antan devenue maman pour un brunch du dimanche. Les femmes que nous sommes bavardent à bâtons rompus. Les enfants s’amusent entre nos jambes. J'ai le coeur qui se gonfle. Tout ceci est bien étrange. Ves devient gardienne d’un soir pour que l’on puisse passer une soirée en couple, l’on en profite pour se faire un cinéma au cœur de la ville. Rares sont ces moments pour les parents que nous sommes maintenant. Je lèche les vitrines sous le regard amusé de mon homme. Le film est divertissant à souhait, juste comme je les aime: science-fiction apocalyptique avec spécimen mâle à déguster! Juan se divertit de mes angoisses de fin du monde et les innombrables lumières de la ville réchauffent la nuit glaciale. Vite, l'on rejoint Ves et notre enfant sagement endormie. Je la retrouve le lendemain, au coin de la rue non loin, pour aller à ce YMCA aux vitres givrées, ce YMCA qui lança toutes sortes de polémiques politiques à saveurs d'accommodements raisonnables. Nous sommes là en contrée Hassidin. C'est presque exotique. La première journée l'homme s'exclame:

- Ouf! Y'en a tellement que je regardais mes pieds pour ne pas fixer les boucles!

De mon coté je les observe sans gêne. Ils m'intriguent. Nous allons au YMCA pour un cours de pilates qui m'oxygène le corps tout entier. Cela fait trois ans que je n'ai pas fait de "pilates". J'en redécouvre les bienfaits, j'en reconnais les poses. Je vais m'y remettre par chez moi (si j'arrive par remettre la main sur ces vieilles cassettes que j'aimais tant, c'est là mon plus grand défi), cette décision n'est même pas une résolution de nouvelle année, juste une constatation physique. Je me sens enfin prête. J'habite de nouveau ce corps qui me malmène, et plus je l'habite, plus je le contrôle....

Je retrouve mon amie au coin de la rue, non loin de l'appart où l'on réside. Lorsque je l'aperçois au loin je ressens cette subtile sensation d'habiter la ville de nouveau, comme avant, durant quelques secondes s'effacent les années comme si rien n'avait changé. Montréal me rattrape les pensées. Le jour de mon anniversaire (qui comme à son habitude tombe avec la nouvelle année), nous passons voir Caro et son sympathique barbu de mari. Jasette improvisée autour de quelques tasses de thé et M'zelle Soleil qui papote, je suis heureuse de découvrir leur nouveau nid urbain, ils y sont bien. Je n'arrive pas à trouver le temps de voir tous ceux que j'aurais aimé saluer. Je profite en premier lieu de mon homme, de ma fille, de nous, ensemble, en vacances pour la première fois.

My creation

La nouvelle année est au coin du jour. Nous la passons d'abord en trio de famille en allant manger dans un petit resto indien aux atmosphères locales et aux saveurs succulentes. L'on se ballade à pied entre deux quartiers. Nous sommes dans une fourmilière juive, les "Hassidin" me fascinent (mais c'est le sujet d'un autre billet). M'zelle Soleil apprivoise la ville de ses petits pas bambins. Elle nous fascine et c'est le sujet de plusieurs de mes billets bloguesques. Le petit resto est sympa, la bouffe y est succulente. L'on revient coucher notre brin de fille et nos amis citadins nous retrouvent en nos confortables pénates pour quelques verres de champagne. L'humeur est belle. Minuit se passe.

À l'ombre de deux heures du matin, un soupçon d'aventure prend forme, la chose sombre nommée diabète, cette maudite qui habite le sang de mon homme se réveille. Alors qu'elle se manifeste, il prend subitement conscience qu'il a oublié sa tête au restaurant en y laissant son sac et "son kit de piques"! Le sucre monte dans son sang tandis qu'il déniche une pharmacie de garde de l'autre coté de la montagne. Nous avons tous trop bu de champagne pour conduire, sauf Ké qui ne boit plus. Ce qui tombe à pic. Si ce n'est que Ké, japonnais de son état, n'a conduit qu'une fois depuis les sept ans qu'il habite la grande ville! Au Japon, c'est comme en Angleterre, tout est de l'autre coté. Ah bon! J'oublie toujours ce détail. Ké frisonne et ce n'est ni le froid ni le champagne qui lui font cet effet là! Je trépigne un peu devant l'aventure qui se dessine. Juan doit être présent pour expliquer son probléme de diabétique, quelqu'un doit rester à l'appart pour garder la petite au royaume des songes. Et je suis la seule qui connait le chemin! Ves a toute sa vie parcouru la ville en bus, métro ou taxi. Je suis toujours étonnée par son manque d'orientation une fois en voiture. Alors que nous allons retrouver notre amie Liz, je prends un chemin qui mène à ce quartier qui s'étale du sommet de la montagne à ses pieds baignés d'anglophones. Alors que nous arrivons d'un coté de la montagne, elle me dit:

- Heu en fait, c'est genre pas trop loin de Sherbrooke, vers chez Leila....
- Mais tu m'as dit que c'était à Wesmount, pis là on est rendu à l'oratoire!
- Ben, on est loin de Sherbrooke?
- Ves... On est genre de l'autre coté!!! Bon ben on a plus qu'à traverser la montagne...

Je tourne en ce coin de rue qui me ramène à une autre époque. Je dépasse sa rue, celle de l'Autre qui habita mon coeur durant dix ans. Un fond de nausée se fait sentir. Je l'avale. Je ne peux m'empêcher de constater.

- Tiens on vient de passer la rue des parents de l'Autre...

Je traverse la montagne guidée par ce radar d'un autre temps. Ves admire les magnifiques demeures que je regarde à peine, trop concentrée à me rappeler pour mieux oublier. En quelques minutes, nous voilà sur le bon chemin. Je m'amuse un peu du manque d'orientation de mon amie urbaine jusqu'à la moelle. Elle m'indique la rue et le numéro. Voilà plus de dix ans que je n'ai pas vue Liz. Facebook nous a reconnectées et du virtuel approuvé, le réel prend le relais. Elle n'a guère changé, juste évolué en beauté intérieure. Elle trouve que je suis pareille même si je me trouve quand même bien plus vieille que la dernière fois que l'on s'est parlées. Zoé, la plus jeune de ses deux petites filles n'a que quelques mois de différence avec M'zelle Soleil. Les enfants s'harmonisent et l'on sympathisent de nouveau...

Mais j'en reviens à mon mouton de Nouvel An. Ves garde le fort, l'homme est sur le coté passager, Ké est au volant et je me fais petite souris à l'arrière. Il est presque trois heures du matin et la ville est déserte (ce qui rassure considérablement notre conducteur en herbe). La route n'est pas trop enneigée et l'on grimpe facilement la montagne qui nous offre cette magnifique vue sur la ville qui s'étale à l'infini. L'on dépasse le cimetière ancré sur l'un des flancs de cette montagne qui domine l'ile de Montréal et l'on arrive à bon port sans trouble aucun. Ké reprend confiance en lui, l'homme coure se chercher une "pique" et encore une fois les souvenirs m'assaillent. Encore une fois, je suis en territoire vécu. Les souvenirs m'effleurent sans altérer la saveur du présent, ils se font glissements de peau. J'en apprécie l'aspect indolore. Juan revient avec un nouveau stylo à insuline dans sa paume, il soupire. Il dégrise. L'on reprend la route qui se déroule devant nous. L'on retrouve Ves à l'appartement. L'homme est soulagé. L'on récupèrera son sac le lendemain. En une expédition nocturne sous la neige folle, nous récupèrerons son testeur et ce kit qui lui permet de vivre comme tout le monde...

La ville me rematérialise subtilement, je me laisse faire tout en sachant que c'est temporaire. Je réalise que je me préoccupe davantage de mon apparence. Je sors le mascara quotidiennement. L'homme remarque mon léger maquillage. Il approuve. Je grimace un peu. La ville est un royaume de tentations. La ville nous éloigne subtilement de la nature. Je ne peux en apprécier les délires sans me sentir un peu coupable. D'ailleurs sans l'épanouissement grandiose des villes, est-ce que la nature serait si piteuse à grande échelle? Et c'est sans entrer dans le débat du réchauffement de la planète. En ville règne le superficiel et les tentations matérielles sont légion. Je sens l'influence urbaine sur mes perceptions internes. Je cherche l'équilibre dans l'abstraction de ces sensations qui m'envahissent. J'ai les idées qui fusionnent.

city light

Le trente décembre au soir, je sors faire quelque courses à l'épicerie cossue à quelques patés de rues d'où nous nous situons. Arrivée à la caisse, j'y découvre un superbe spécimen de femelle qui me fait poireauter derrière elle. Une femme que je reconnais sans savoir qui c'est si ce n'est que je l'ai déjà vu sur quelques couvertures de magazines. J'admire sa plastique qui affiche quand même une trentaine bien sonnée. J'examine ses courses exposées devant moi. Un mâle bien mâle l'accompagne, spécimen masculin ténébreux à la gourmette dorée au coin du poignet. Des légumes, du poisson, tout pour cuisiner un savoureux festin équilibré santé. Je note les plaquettes de chocolat noir qui laisse soupçonner une fondue en dessert. Le caissier est peu habile, maladroit avec sa caisse, il se trompe toutes les trois secondes! Je poireaute et j'observe l'air de rien. Je les entends parler de leur diner de réveillon. 250$ d'épicerie pour réveillonner avec classe. Je souris en mon giron, espionne de mon état, je me fais souris de ville. Ils s'effacent de mon horizon. Je dépose enfin ces quelques aliments qui serviront à nourir Ves et ma fille durant notre escapade en amoureux. Je "placotte" avec la jeune fille qui emballe mes minces victuailles. Je retrouve les pénates apprivoisées de mon amie exilée à New-York pour ce temps de réveillon que beaucoup fêteront d'une façon ou d'un autre...

Je fêterai le mien de façon urbaine, calme et tranquille, sans excès (si ce n'est de gourmandise), en bonne compagnie, je fêterai ce passage d'une autre année humaine. En ce milieu citadin, je me sens évoluer à contre courant de la norme. Je vis à l'année longue en un lieu où les gens viennent principalement en vacances et je vais en vacances là où les gens vivent à l'année longue, si j'étais un poisson, sûr, je serai un saumon...

Voilà, mes trente cinq ans ont sonné avec la nouvelle année qui me découvre sereine et philosophe. Il est bientôt temps de quitter la grande ville pour retrouver mon coin de forêt congelée. Les jours auront joliment défiler. Nous aurons mangé plus de pâtisseries en quelques jours qu'en plusieurs mois. Nous avons fêté sucré, les tentations étaient irrésistibles, nous avons péché! Nous avons gouté à des pâtisseries de plusieurs cultures, notre gourmandise n'en peut plus! Pas plus malin l'un que l'autre, nous nous sommes lâchés! Je suis prête pour une semaine de soupe et légumes et beaucoup de cardio. Je suis prête à expier mes faiblesses. Nous retrouvons nos équilibres. Juan est reposé, la petite est déréglée mais en pleine forme et je suis plus vieille d'une année. Mais je m'en fous un peu même si je regarde de près ces rides qui se dessinent. L'important est ailleurs. L'important est dans les battements de nos coeurs qui se conjuguent à l'unisson...

Vrac de Montréalités

vendredi, décembre 28, 2007

Location,location,location... (à prononcer à l'anglaise)

Montreal vibes Montreal vibes

Nichée quelque part dans un quartier chic de Montréal, je retrouve la ville que mon enfant découvre. Il ne m'aura pas fallu plus de dix minutes pour ressentir cette essence urbaine qui est mienne. Cette urbanité que j'étouffe à coups de brousse mais qui rejaillit au cœur de cette ville qui a enrobé toute une décennie de ma vie. Il ne me faudra pas plus de trois jours pour ressentir l'appel de la forêt que j'aime...

Je me ballade sur l'une des veines de ce quartier que je connais sans y avoir jamais habité. Je sens la forêt m'irradier le sang, je ne possède pas la même vibration que ces passants que je croise sur la rue. Je soupèse les regards que j'accroche, je me retiens de sourire le plus possible même si je ne peux retenir ceux qui m'effleurent les lèvres. Je ne baisse jamais la tête devant l'inconnu qui s'efface.

Ro (à prononcer à l'anglaise) nous a prêté son appartement coquet. Ro vit avec Chico, ce petit chien pourri gâté qui est comme son enfant. Ro est partie quelques jours chez son amie Chris. Ro travaille dans le milieu de la télévision. D'origine italienne, elle vit en anglais même si ce n'est pas sa langue maternelle et parle couramment le français. Elle le parle rarement et "relationne" peu en cette langue. Je dois être l'une de ses rares amies francophones, parfois elle cherche ses mots lorsque nos discussions s'enflamment et l'anglais n'est jamais bien loin pour récupérer une idée qui se perd. Chris est journaliste à Manhattan. Elle vit avec son chat Charlotte quelque part dans l'East Village. Ro et Chris cultivent leur affection entre deux frontières. Toutes deux pigistes, elle alternent leurs moments passés ensemble d'une ville à l'autre. Ro va régulièrement à N.Y et Chris passe souvent du temps à Montréal, en couple depuis plusieurs années, elles s'aiment tout simplement. Passionnées de culture et de télévisuel, elles savourent leurs intérêts de citadines en cette harmonie qui est la leur.

Ro m'a gentiment prêté son joli appartement pour que nous puissions profiter de la ville à son meilleur. C'est un geste qui me touche, qui reflète cette humanité qui est sienne. Cette humanité que j'apprécie depuis nos vingt ans. Elle nous accueille avec cette chaleur latine que j'adore. Elle offre à M'zelle Soleil une petite poupée et des biscuits. Lily tombe sous le charme. Elle observe avec curiosité ce nouvel environnement. Ves ne tarde pas à arriver, Ro doit bientôt prendre son bus, nous échangeons des sourires, l'on se serre fort avant de se quitter. Mister K vient rejoindre sa dulcinée. Notre petite comité d'accueil est à l'image de la grande ville multicuturelle. Cela fait du bien de les revoir. Grâce à Montréal, j'ai pu apprendre et comprendre les richesses qui se cachent dans les différences humaines. Montréal m'a grandit l'esprit. J'apprécie ce mélange de cultures que je ne côtoie plus. Désormais je vis en une enclave québécoise qui porte le français sur ses épaules. Une enclave québécoise à l'image du village d'irréductibles gaulois des bandes dessinées de mon enfance...

L'on couche notre petite puce qui sautille. L'on s'assoit au salon et l'on discute comme à nos habitudes. Nos amis partent autour de minuit. Nous errons une petite heure sur le câble. L'un contre l'autre, écrasés sur le confortable sofa, nous nous retrouvons. Vient le temps de se glisser dans la douceur fraîche des draps de Ro. Juan se sent presque gêné. Il faut dire que l'appartement respire la féminité épanouie et rares sont les mâles qui se profilent en ce décor. Chico, le chien de maison, prend ses aises sur le lit. Je me colle contre mon homme qui me serre. L'on s'endort au rythme de la respiration de l'enfant qui rêve.

Je vogue entre deux états. J'écoute la ville qui ronronne en bruit de fond. Je me sens étrangère même si l'ambiance m'est familière. Je rumine. La douceur des draps m'entraînent dans des songes sans images. La petite se réveille la première, elle passe la tête par dessus la barrière de son lit de voyage, elle éclate de rire. Nous sommes vendredi matin. Notre programme des jours à venir est bien rempli. M'zelle Soleil s'adapte à cette atmosphère urbaine avec toute sa joyeuse innocence. L'homme est heureux de sentir vibrer la ville. Je me love en cette petite famille qui est mienne. Ainsi débutent nos vacances citadines qui viendront enrober le passage de la nouvelle année et de mes trente cinq ans conjugués...

Location,location,location...