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jeudi, septembre 08, 2016


En mon enfance jurassienne, le MacDo n'est arrivé en mon réel qu'un ou deux ans avant mon immigration québécoise. À la même époque où j'ai bu un Coca pour la première fois, vers 12/13 ans...

Puis à 14 ans, j'ai déserté ma patrie natale pour Montréal. J'y ai non seulement expérimenté le McDo, la malbouffe et les burgers mais le Coca est devenu du Coke Diet. Et j'en ai bu des litres en ma vingtaine. Sans remord ni regret. Sans même prendre de poids!

Des années plus tard, alors que j'aimais le Québec comme le bienveillant parent adoptif qu'il s'est révélé en ma vie, je suis devenue maman. Prête à rélever le défi de la "parentitude".

Nous sommes ce que nous mangeons dit la sagesse populaire...


Avec un mari diabétique de type 1 depuis ses 15 ans, nous en connaissons un bon rayon sur la diététique en notre maison. On en pratique pas mal autant qu'on en connait. Même si imparfaitement puisque humains!

Ceci dit, on est pas mal bons sur le sujet. Et notre fille nous le démontre régulièrement. En fait, c'est en la regardant grandir que l'on s'est rendus compte de nos bonnes habitudes alimentaires. Ou alors notre fille est une extraterrestre...

Ainsi les enfants reflètent cet environnement dans lequel on les élèvent?


À 10 ans, bien tassé, Miss Soleil mange de tout. C'est une fan de soupe. Gastronome à ses heures, ses pêchés mignons sont les sushis de chez Nagano et les guimauves au chocolat de chez Anna Pierrot.

En ce qui me concerne, je ne résiste point aux chouquettes de la Mère Michelle. Surtout après une bonne torture de physio!

Y'a rien comme croquer en un nuage d'air sucré et moelleux après s'être bien fait écarteler les os crâniens. Difficile d'y résister!


Mais revenons à notre "moutonne". J'ai, en ma maison, un enfant conscient de la nutrition. D'ailleurs en ses futuristes ambitions, entre éducatrice et styliste, il y a nutritionniste!

Bref, si on peut lui faire manger autant de légumes et de fruits que l'on veut, il est très difficile de lui faire manger des bonbons ou des pâtisseries!

C'est aussi compliqué qu'elle est difficile sur le sujet. Elle a ses desserts de predilection et s'en contente amplement. Ultra raisonnable, jamais elle n'abuse de sucreries. Alors, on ne se bat pas avec elle. On se contente de suivre son flow, avec le sourire, pour celui là!

En ce flow d'enfance saine et consciente, il y a la hantise du McDo. C'est une punition en son opinion. Elle possède toutes sortes de discours sur le sujet...


Après avoir passé la matinée à l'IRDPQ (pour son suivi de commo) puis être allés chez le physio (pour mon entretien de visage endommagé), je la force à me suivre au McDo!

Elle manque de s'étouffer toute seule alors qu'elle grogne de mécontentement.

Noooon, maman! Pas le McDo!

Mais je suis si maganée en cette grise journée qu'elle ne peut le refuser. Elle a pitié de sa mère. À la base, je veux juste un smoothie. Malgré sa réticence,  je la traîne en mon sillon. Selon elle, le McDo, c'est juste nécessaire pour se nourrir en road trip.

Je tombe sur la nouvelle borne numérique qui permet de créer son propre burger. Selon son goût personnel, je ne résiste pas à en tester le truc. En bonne geekette américaine/hybride franco que je suis, je me lance à l'aventure du futur.

À l'horreur de ma fille qui manque de faire une crise cardiaque lorsque je choisis du fromage bleu et de l'aïoli. Quand on arrive au choix du combo, enfin elle se déride un peu.

On fait alors un deal. Son père et moi partageons le burger original et elle prend la salade. Elle accepte ma proposition et me laisse vivre mon demi burger...

Devant sa salade, alors qu'elle y melange sa sauce balsamique, elle affirme avec conviction que c'est vraiment la seule chose de bon au McDo et je ne résiste pas à la croquer sur le vif.

Qui a dit les enfants ne comprenaient rien à la vie? Depuis qu'elle a atterri en mon ventre, je nourris ses neurones. D'abord avec du saumon et de la saine alimentation puis en ne jamais sous-estimant son intelligence propre. Je respecte toute intelligence, qu'importe le sexe, la race ou la jeunesse du corps.

Et maintenant qu'elle a atteint les deux chiffres, Miss Soleil n'en finit toujours pas de me fasciner et de me stimuler les neurones...

 


Vive les salades du McDo!

mercredi, octobre 30, 2013

Parfois, quand la puce est couchée, je m'amuse à animer les trucs qui trainent sur la table...

Halloween Vibes

jeudi, octobre 22, 2009

Première bordée...

Ce matin, l'on a eu droit à notre premier réveil blanc. Il n'y avait alors que quelques centimètres qui recouvraient d'un léger manteau tout le paysage. Assez pour contenter M'zelle Soleil en route vers la garderie...

Et puis le matin s'est affirmé et il a continué de neiger. J'en ai profité pour immortaliser l'ambiance entre deux textes. Une petite pause du ciel gris sur le coup de midi, avant que cela ne recommence de plus belle. L'ambiance se feutre tandis que tombent les flocons...

C'est un peu tôt à mon goût mais qu'y peut-on? Il faut bien accepter ce sur quoi l'on ne possède aucun contrôle! Alors, entre deux concentrations, je regarde la neige tomber. Immaculée. Les flocons se font de plus en plus dodus. Au fil du jour, les arbres ploient sous l'épais manteau qui recouvre toute la forêt qui se déguise en Père Noël pour Halloween. Subtilement effrayant.

Le jour s'apprête à disparaitre et il neige encore et toujours. Dix centimètres sont tombés. Aucun signe extérieur que ralentissement hivernal! Soupir intérieur. Dire qu'hier la journée ensoleillée était si douce. Tant bien que mal, je me résigne à l'inévitable hiver qui est si proche que l'on peut le toucher...

Première bordée...

lundi, août 24, 2009

Poser ses pas sur un chemin invisible...

La semaine dernière, en bonne compagnie, nous avons enfin réussi à suivre les chemins invisibles de la ville...

Picnik collage

J'ai adoré ce spectacle gratuit et en plein air du Cirque du Soleil. Atmosphère surréaliste et poésie urbaine enrobées de musique aérienne. Une combinaison idéale pour nourrir l'imaginaire fertile de mon brin de fille. Sans compter les adultes charmés par cet étonnant spectacle qui se déroule de façon unique...

Tout d'abord, l'on choisit une tribu (au hasard, nous avons pris les rouges). Puis, sur quelques centaines de mètres l'on suit à pieds un étrange cortège. Les yeux rivés sur des acrobates, l'on se déplace jusqu'à l'endroit de rassemblement central (sous les bretelles de l'autoroute Dufferin-Montmorency). C'est là que l'on assiste à la présentation commune des trois tribus (celles des Brumes, des Brasiers et des Sables). Ces trois tribus urbaines se retrouvent chacune de leur coté et se rencontrent ensuite sur la grande scène principale. L'idée est que pour voir toutes les facettes du spectacle, il faut y aller plusieurs fois afin de suivre les différentes tribus et de se trouver à différents points de vues...

C'était notre première fois et M'zelle Soleil, bien réveillée dans la nuit noire, s'en ai mis plein les yeux. Bien installée sur les épaules de son père, sur les miennes ou celles de nos amis, elle a frissonné de mille sensations. Elle a surmonté avec bravoure ses peurs enfantines et a fondu comme un glaçon devant une ballerine bleue. À son niveau d'enfance où l'imaginaire et le réel se conjuguent sans peine, un tel spectacle est époustouflant. Complètement subjuguée par cette acrobate qu'elle a d'abord qualifiée de "fée bleue", M'zelle Soleil s'est laissée inspirée les idées. Des jours durant elle m'a parlée de cette danseuse tout en voulant revoir ce petit vidéo de l'instant. Et, à chaque fois qu'elle le regarde, elle s'exclame: " Whaoo, elle est trop bonne, t'as vu Maman!?! Moi aussi ze veux danser comme ça!"

Durant les cinq prochaines années, ce spectacle aura lieu tous les étés dans la ville de Québec. Je ne peux m'empêcher de réaliser que lors de la dernière édition, M'zelle Soleil aura presque neuf ans! Avoir un enfant a définitivement changé ma perception du temps. Celui-ci semble s'accélérer pour mieux m'attraper. Mais avant de me noyer le cœur en des idées ridées, je chasse cette pensée déconcertante et je profite avec émotion de cette petite enfance qui m'enchante...


Les chemins invisibles

lundi, juillet 20, 2009

En quelques mots...

Je n'ai pas encore eu le temps de faire mon bilan de festival. Mais disons quand même que Nicola Sirkis et sa cinquantaine alternative m'a quelque peu éberluée. Même silhouette, même coupe, même look. La voix qui s'éraille un peu. Une énergie contagieuse qui ne pouvait que faire vibrer mes racines atrophiées. Et comment ne pas mentionner le bonheur d'un Sting sous les étoiles. Cent vingt mille personnes sur les plaines et notre poussette! Des souvenirs d'antan qui remontent à la surface du présent et quelques frissons de foule...


Roxanne (Sting au festival d'été)

Brève de festival

jeudi, juillet 02, 2009

De Soleil et d'Évian!

M'zelle Soleil se fait des films. Parfois son imagination s'emballe et elle s'envole en d'autres dimensions. Qui a dit que le fruit ne tombe jamais loin de l'arbre?

Ainsi à chaque fois que l'on part en "rollers ballade", il vient toujours un moment où M'zelle Soleil nous explique comment elle est bonne en rollers. Elle nous explique en long et large que lorsqu'elle aura ses rollers, elle nous montrera combien elle est bonne! Dans ces temps là, l'on oscille entre arrogance et extrême confiance en soi! Pour ne pas briser la confiance et ne pas alimenter l'arrogance, je reste souvent dubitative devant ce fait. J'essaie de lui expliquer qu'il lui faudra quand même apprendre à rouler avant de faire toutes sortes d'acrobaties. Et c'est alors qu'elle peut tenir mordicus à son point (et me sortir le film tout bien réalisé), elle m'explique avec passion comment elle en faisait bébé et combien elle était bonne! Si je lui montre le vidéo ci-dessous, je suis finie!!! Attention: ceci est une vidéo potentiellement virale...

En y repensant, cependant, c'est vrai, qu'enceinte, j'ai bu beaucoup d'Évian! J'avais lu quelque part qu'elle contenait tous les bons minéraux pour faire de magnifiques bébés. Ayant pris ce concept à coeur, je me suis un peu ruinée pour quelques bonnes bouteilles d'eau magique (faisant grogner l'homme à l'occasion, pas vraiment convaincu de mon point, mais qui capitula devant ma logique maternelle)! D'ailleurs, j'ai mis au monde un superbe bébé, bien minéralisé, une vraie petite bête de cirque, une jolie petite fille en parfaite santé qui pète le feu! Ce qui fait souvent dire à mon homme (lorsqu'il veut gentiment me niaiser) que finalement toutes ces bouteilles d'Evian achetées durant ma grossesse étaient un bon investissement! Depuis que j'ai accouché, je ne bois plus d'Evian, trop cher, trop de luxe en un verre d'eau. Mais si je retombe enceinte, c'est un luxe dont je ne me priverai plus!!! Même si ce n'est qu'un film qui se joue dans le creux de ma tête...


Rollers bébés version Évian

De Soleil et d'Évian!

vendredi, mai 08, 2009

Fête et grimaces entre deux bourrasques...

Par grands vents

Dimanche prochain c'est la fête des mères et il faut avouer que cette semaine c'est bien ma fête! Depuis dimanche dernier, M'zelle Soleil fait de la résistance avec insistance. Elle collectionne les bêtises et les rebellions en tout genre. Dire que dimanche dernier, je m'étais justement dit que la semaine venait de se passer comme un charme. Pas une seule punition à donner! C'était trop beau pour durer. Comme le calme avant la tempête....

Si tout le monde parle avec terreur de l'étape des deux ans, de mon coté je trouve les trois ans bien plus effrayant. Maintenant qu'elle maitrise sa langue, la demoiselle commence à comprendre qu'elle peut nous envoyer paitre. Ce qui donne généralement une sauce à la "Vous z'étes pas mes parents! Arrête de me parler. Ze suis tannée de toi!" dès que l'on essaie de sensibiliser sa petite personne à certaines bases de la vie. L'insolence pointe le bout de son nez et son père se fait quelques cheveux gris. S'adapter aux rythmes de sa croissance n'est pas toujours évident...

Du haut de ses trois, elle se sent maintenant assez autonome pour nous tenir tête avec conviction. Elle sait batailler, résister, contester, provoquer. "Les chiens ne font pas des chats" disait ma Mère-Grand! En tant que parents, c'est dans ces petits ouragans qu'il faut aller chercher en soi des trésors de patiences. Des trésors de patiences cachés au fond d'océans de calme et de contrôle mental. Alors que l'enfance fait sa révolution, coté parental, il ne faut pas flancher, ne pas s'énerver, ne pas crier, ne pas perdre son calme. S'accrocher dans la tempête du jour et tenir fermement la barre. "Il faut bien qu'enfance se passe" disait aussi ma grand-mère...

MIni Miss

Se retrouver de ce coté là du miroir met en perspectives bien des horizons. Cela vient remuer les profondeurs de l'être humain. Il faut puiser dans toutes ses ressources d'adulte pour ne pas grimper aux rideaux. Alors que nous discutons de notre position parentale dans la vie de cette Mini Miss que nous avons mis au monde (enfin surtout moi parce-que bon! La gestation n'est pas une mince affaire et n'est définitivement pas masculine!), Juan me dit: "Elle est maintenant assez grande pour nous défier. Depuis qu'elle est née, nous la regardons comme une petite merveille mais maintenant qu'elle grandit il faut accepter que notre petite merveille n'est pas tous les jours merveilleuse!"

Je crois que c'est ce qui me plait le moins dans tout cela. Il a raison. Je le sais. Elle est humaine, comme nous tous, plus elle grandit et plus elle devra exploiter ses qualités et soigner ses défauts. Cependant la mère que je suis aimerait bien souvent ignorer ses défauts et ne plus voir que ses qualités. Cela n'est pas la solution. Alors j'accepte cette vérité. J'accepte l'idée que certaines semaines couleront comme de l'eau de source tandis que d'autres ressembleront à une rivière en furie. Ainsi va la vie...

Je prends les moyens nécessaires pour confronter cette réalité. Entre temps, j'essaie de lui expliquer le principe du mensonge qu'elle a découvert récemment (pour se sortir de situations désagréables). Avec une certaine nostalgique je repense à l'innocence du bambin qu'elle était il y a encore quelques mois. Mon Dieu! C'est vrai que passe vite. Coté conneries quotidiennes, je lui laisse une certaine marge de manœuvre. Ma sévérité a aussi ses limites. Je ne veux pas être qu'une maman gendarme (fais pas ci, fais pas ça, fais comme ci, fais comme ça. Ouf! À grosse dose je me sature moi-même !) Il faut aussi qu'elle apprenne de ses expériences. Qu'elle comprenne les conséquences de ses choix. Malgré tout, je recherche un certain équilibre entre sévérité et liberté. Pas facile à trouver. Aussi lorsqu'elle me dit: "Maman, tournes toi, tu me regardes pas hein?" alors que le reste du temps c'est plutôt "Maman, maman, regarde, regarde maman!", je sais que c'est bien louche. Si ce qui trame n'est pas bien grave, je me détourne en lui répondant :

- C'est pas parce-que je ne te vois pas, que je ne sais pas que tu fais une bêtise! Si cela dégénère...
- Oui, ze sais maman, cela m'emmènera au piquet!

Ces moments là se déroulent sur une fine frontière entre sévir et laisser faire. Ah! les joies de la parentitude! Heureusement que les moments d'affection rappellent à la douceur. Et si elle me raconte un bobard gros comme la lune pour ne pas se faire punir d'une bêtise quelconque, je lui réponds " Tu sais que les mamans, cela finit toujours par savoir la vérité!". Et je finis toujours par lui tirer les vers du nez. Trois ans, toutes ses dents de lait, plus si innocente mais encore bien naïve...

J'utilise parfois certains subterfuges pas trop catholiques pour enrayer quelques dérives. Pour ce faire, il m'arrive de tracer une frontière subtile entre le mensonge et le développement de l'imaginaire. Je n'aime pas le mensonge mais je crois au pouvoir de l'imagination. Alors pour enrayer la mode des grimaces en tout genre, j'ai eu une illumination. Après des semaines à supporter des grimaces de bouche écartelée (et blagues de caca-prout), je commençais à sérieusement voir le bout de mes patiences. J'étais à bout de réserves. Et puis, un matin, tandis qu'elle se déforme le visage avec une dextérité qui me décourage, je m'exclame:

- Oh! Attention, je crois que je viens de voir passer la sorcière à grimaces!!!

Elle laisse tomber la grimace pour écarquiller les yeux.

- Où ça une sorcière!!!

- Par la fenêtre. Et je crois bien que c'était la sorcière à grimaces!!!!
- La sorcière à grimaces????
- Oui, faut faire attention parce-que elle gèle les grimaces sur le visage des enfants!
- ????!!!! Comment elle fait?
- Quand elle voit un enfant faire une grimace, elle lui gèle fa face! Et après l'enfant est pogné avec sa grimace! Il ne peut plus l'enlever. Alors il doit manger avec sa grimace, aller à l'école avec sa grimace, parler avec sa grimace, la vie devient très difficile...

L'homme embarque dans mon train et ajoute du grain à mon moulin. Il fait une grimace affreuse. Il mime le fait de manger ou de parler ainsi. J'avoue qu'il fait peur! M'zelle Soleil est rendue bien impressionnée. J'ai dans l'idée que l'on va connaitre des vacances de grimaces pour quelques temps! Après tout, il y a bien le Père-Noël, les lapins de pâques, la fée des dents, et j'en passe, il peut bien aussi y avoir une sorcière à geler les grimaces sur place! Et c'est terrible comment cela marche...




Être parent est toute une aventure humaine. Je réalise que le fait d'avoir un partenaire sur lequel je peux compter est une chance. Ensemble l'on affronte notre petit monstre au sourire angélique. L'on se soutient l'un l'autre, l'on communique nos joies et nos craintes. L'on en discute et l'on en devient plus fort. L'on forme une équipe. J'ai bien conscience que cela serait beaucoup plus difficile si j'étais seule dans ma barque maternelle.

Pendant ce temps M'zelle Soleil s'éveille à notre monde humain. Elle en comprend de plus en plus de choses. Elle se positionne. Elle se transforme en la personne qu'elle deviendra. Même si nous avons fondu en elle nos gènes, même si nous reconnaissons notre humanité en la sienne, elle n'est pas nous. Elle vient juste de nous. Mais nous avons sur sa vie une grande influence morale. Nous avons le devoir de la guider tout le long de ce sentier ardu qui la mènera à sa maturité...

Souvent Juan me dit: " C'est quand même cruel ce truc d'élever nos enfants, de les aimer pour qu'ensuite ils nous quittent! Tout ça pour ça." Tout ça aussi pour cultiver l'espoir intime d'avoir un jour une bonne relation avec la femme qu'elle sera. Même si je sais que la route est longue, je lui souhaite tous les jours de devenir une adulte bien dans sa peau et sa tête. Une adulte qui aidera le futur à mener notre humanité vers son accomplissement plutôt que vers sa destruction. Tout un défi! Mais n'est-ce pas là l'envie de toutes les mères que l'on célébrera ce dimanche?

Alors que je médite sur notre cas. M'zelle Soleil, chantonne des comptines sans queue ni tête, elle me demande:

- Mais maman, c'est où la fête de mères?

Je prends quelques secondes de réflexion alors que mon cerveau tourne à cent à l'heure à la recherche d'une réponse.

- Heu, c'est dans le coeur ma puce... Et c'est dimanche...

Fête et grimaces entre deux bourrasques...

mercredi, mai 06, 2009

Terre Mère

"Plus qu'un film, HOME, un film de Yann Arthus Bertrand et Luc Besson sur la la Terre vue du Ciel sera un événement mondial: pour la première fois dans l'histoire, ce long-métrage sortira en même temps dans plus de 50 pays et sur tous les supports : cinéma, TV, DVD et Internet. C'est la date symbolique du 5 juin 2009 qui a été choisie pour cette sortie internationale...

"(source AFP) Le message, traduit en 23 langues à ce jour: "Il est trop tard pour être pessimiste. A chacun d'agir", résumait mardi, lors d'une conférence de presse, le cinéaste qui présente un état des lieux planétaire vu d'en haut, selon la formule qui fait depuis près de dix ans son succès. Vu du ciel, tout est relativement beau, mais ce qu'on dit derrière remet les choses en perspective", poursuit-il en rappelant qu'en 50 ans, la planète a subi davantage de transformation que sur l'ensemble de son histoire. Un constat pas toujours bienvenu: l'Inde a ainsi confisqué la moitié des images filmées sur son territoire, et Dubai a renvoyé les équipes..."


Terre Mère

vendredi, mai 01, 2009

Chanson de la plante

Cette semaine M'zelle Soleil a fait mon bonheur de maman avec cette petite chanson de printemps apprise à la garderie...

Chanson de la semaine

vendredi, mars 27, 2009

...

Ce matin, j'ouvre les yeux sur un paysage teinté de neige fraiche. La forêt est de nouveau de blanc vêtue. Les bancs de neige devenus blocs de glace pilée retrouvent un petit air d'hiver. Les flocons virevoltent dans l'atmosphère qui tiédit subtilement avec les espoirs de printemps. Cette semaine, les obstacles divers ont parsemé le cours des jours. Problème de santé pour mon homme adoré, problème de voiture, problème d'ordi, problème de téléphone, problème de rédaction. Il y a de ces semaines où l'on a l'impression de ne faire que de la gestion de problèmes. Ceci semble pourtant faire partie intégrante de la vie adulte. Tant qu'il y a des solutions, c'est la preuve que le quotidien continue son bout de chemin....

Dans ces moments là, je crois qu'il est important de regarder la forêt plutôt que l'arbre. Car à trop regarder l'arbre l'on prend le risque de s'y pendre! Enfin tant que l'enfance continue son petit bout de chemin tranquillement c'est le principal (le bonheur) à mes yeux de maman...



EXPRESSION via expressio.fr
« L'arbre qui cache la forêt »

SIGNIFICATION
Le détail qui empêche de voir l'ensemble

ORIGINE
Voilà une belle métaphore sylvestre dont l'apparition semble dater du XXe siècle. Pour la comprendre, il vous suffit de vous livrer chez vous à une expérience très simple : prenez un étui de trombone à coulisse et posez-le à une extrémité de votre table de salle à manger ; prenez ensuite un éléphant et placez-le à l'autre extrémité[1] ; maintenant, approchez-vous très près de l'étui et ouvrez grand les yeux ; vous ne verrez que la surface de l'étui, et pas l'éléphant situé derrière malgré sa nettement plus grande taille. Dans la forêt, l'expérience est la même : mettez vous trop près d'un arbre quelconque (le détail) et vous ne verrez plus les autres arbres de la forêt (l'ensemble). Notre expression est donc une métaphore qui rappelle que, dans la vie, il arrive parfois qu'un détail capte notre attention et nous empêche de voir quelque chose de plus ample, de plus global (ce détail ayant pu être volontairement mis en avant par quelqu'un ayant intérêt à ce qu'on n'en perçoive pas plus).

[1] Notez que si vous avez des difficultés à trouver les ingrédients nécessaires à cette expérience, vous pouvez remplacer l'étui par une boîte de biscottes et l'éléphant par un baobab ou bien une grue. Le résultat sera identique.

EXEMPLE
« Et souvent la créatine est l'arbre qui cache la forêt. Car derrière la créatine, on se charge en testostérone ou autre hormone de croissance. » Jean-Pierre de Mondenard - Dictionnaire du dopage

L'arbre qui cache la forêt

vendredi, février 06, 2009

Résonance poétique corporelle

La traduction comme j'aime la pratiquer est une gymnastique mentale qui m'élastifie l'esprit. Parfois j'oublie combien j'aime pratiquer cet exercice particulier. Cette semaine les chemins de la traduction m'ont emmenée faire un tour de danse contemporaine. Sous le charme de ce danseur hors pair je suis tombée...


Solo dance by Russell Maliphant

Résonance poétique corporelle

lundi, décembre 01, 2008

Humeur vidéo...

En ce premier jour de décembre, l'hiver s'est bien installé en nos pénates. Arrivé sans crier gare durant la semaine dernière, il fait désormais partie intégrante de la texture quotidienne. Une vingtaine de centimètres au sol, une bonne couche de givre et un petit vent glacé qui fait rougir les joues. Encore un peu traumatisée par la puissance de l'hiver passé (celui qui a battu tous les records, cinq mètres de neige et 25 tempêtes), j'ai du mal à apprivoiser le retour de celui-ci sans ressentir une certaine mélancolie. Mais comme il faut bien accrocher cette nouvelle semaine à mes tâches journalières, je me plonge dans ce petit contrat de révision sous ma main tout en me noyant les oreilles de musique. D'où l'idée virtuelle de cette humeur vidéo qui prend forme ici en ce lundi tout gris...


Morcheeba - Gained The World

Humeur Vidéo

mardi, octobre 21, 2008

Vidéo matinée

En passant par chez Patrick, j'accroche cette humeur vidéo (Une collaboration musicale entre Patrick Watson et le Cinematic Orchestra) qui reflète bien la saveur de ce jour de pluie. Grise Atmosphère. Larmes d'automne. En musique je fuis...


To build a home,
Vidéo dirigée par Judith Holzer et Rainer Kohlberger
en soumission pour le Radar Music Video Festival 2008.

Humeur Vidéo

samedi, septembre 13, 2008

Humeurs de lionne

Trois semaines de passées et une cheville toujours nickée. Prisonnière de cet état douloureux que j'apprends à accepter. Un début de physio qui m'a retourné le ventre. Juan, patient, accompagne mon mal. M'zelle Soleil s'ennuie de mes limitations ( ce que je comprends parfaitement). Elle pétille et m'enivre. Mon enfant effervescente me fait la leçon:

- Mais maman, pourpoi t'es tombée? Faut faire attention. Pourpoi t'as pas fait attention? Pourpoi tu t'es fait mal à la zambe?
- C'était un accident ma puce...
- Mais pourpoi t'as pas faire attention. Faut faire attention dans la rue...


Évidement avec toutes les précautions que je lui rabâche pas étonnant qu'elle cherche à comprendre mon cas! Le pire c'est que je me suis fait cette méchante blessure (ligaments arrachés des deux cotés de la cheville) en ratant une pu... de marche de jardin! Accident stupide par excellence! Si encore je m'étais mise en danger, je pourrais raisonner ma situation, je pourrais peut-être trouver cela normal. Mais là, c'est si con qu'il n'y a rien à dire. Je ne peux qu'assumer et souffrir pour que cela passe. Apprivoiser la lionne en cage. Accepter l'épreuve et passer au travers. D'ici l'hiver je serai complètement guérie m'a dit la physiothérapeute (c'est bon à savoir même si cela fout le blues). Ainsi au bout du tunnel m'attend le Père Noël!

J'ai trente cinq ans bien tassés et ces jours-ci, je les sens me passer sur la peau. Mes humeurs bourdonnent. Je bataille. Juste une chanson pour m'immortaliser l'humeur du jour. Tori canalise Kurt, elle m'entraine les entrailles en une lente symphonie qui m'apaise l'esprit. Même si je suis éclopée, vivante je suis. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort dit le dicton...


Tori Amos - Smells like teen spirit

Humeurs de lionne

dimanche, juillet 20, 2008

En coup de brise marine


M'zelle Soleil s'éclate en ces vacances acadiennes qui la stimulent et qui nous dépaysent agréablement les idées amoureuses. À suivre en pointillé d'images sur Flickr. Plus de détails à venir durant notre prochaine pause à Caraquet (où j'essaierai de répondre à mes courriels et commentaires si le temps me le permet) ...

En coup de brise marine

lundi, juillet 07, 2008

Parenthèse Festival d'été

Leslie Feist au festival s'est dégustée comme une délicieuse crème glacée par une chaude nuit d'été...


Feist sous les étoiles de Québec.

Parenthèse festival d'été

mardi, juin 10, 2008

Paroles et sensations partagées…


"Bavardises"

M'zelle Soleil
s’exclame “c’est plate” lorsque cela l’ennuie. Cela me m'attendrit. Alors que l'on revient d'une ballade dominicale avec des copains, elle nous dit:“Cé craiment cool!”. Cela nous fait tous rire. Mademoiselle charme mes jours en une sérénade enfantine qui m'hypnotise l'esprit. Depuis quelques semaines, elle est fascinée par tout ce qui est "bébé" et par les images de lorsqu'elle était bébé. Elle s’amuse à les classer dans son album avec une grande concentration. Alors qu’elle est occupée à cette tâche, elle vient me voir :

- Tu va fère un aut bébé maman?
- Heu…
- Un tout petit bébé Lily? Tu va en fère un aut tu croi?
- Heu…

Autre jour, même quotidien. Je désire la voir écouter mes consignes, elle répond à mon insistance avec un air coriace :

- Tannante maman!!!

Un regard noir je lui lance sur le champ. Moue piteuse et petite voix :

- Ze t’ème maman, ze t’ème! Toi aussi?

Comment puis-je ne pas fondre instantanément? Bien-sur que je l'aime. Plus que moi-même. Je l'aime tant que parfois je sais que je me noie dans un océan aux abysses maternelles. Je deviens amphibie. Je fais des bulles de Lily. Je me consacre à sa petite enfance avec une vocation digne d'un moine qui entre au cloitre. Fière je suis d'entrer dans son petit monde d'innocence pour y déposer mes repères plutôt que de la balancer dans un univers d'adultes aux cadences pressées. Tannée il m'arrive d'être lorsque je réalise à quel point mon espace personnel est rendu mince. Mon espace personnel tient sur un fil de liberté...

Under-the-storm Green-Vibes

Moments de discipline lorsque j'exige qu'elle aille faire pipi, elle se rebelle, je la "sermonasse". Ce n'est pas comme si elle ne s'était pas échappée la veille lorsque je lui avais donné une autre chance de bien faire. Ferme, je tiens mon point. Je m'approche. Elle me dit:

- Non, c'est moua obéir à moua!

Je tourne la tête et avale un sourire furtif qu'elle ne remarque point tandis que je l'embarque dans mes bras pour la déposer boudeuse sur la toilette. Comme une poupée qui dit "non" elle fait pipi quand on la met en position. Un point pour moi.

Ce matin alors que je « somnambule » un peu, elle sautille autour de moi, elle remue l'air en quelques cabrioles et me dit à quelques reprises : « Moi, z’aimerai bien une sœur!!! ». Elle lâche pas le morceau la bougresse! Je l'attrape et la chatouille dans tous les sens. Elle rit aux éclat. Je la laisse respirer entre deux rigolades. Quelques minutes plus tard, je la câline contre moi, j’hume son odeur de bébé qui persiste malgré le fait qu’elle soit devenue fillette. Tendresse et pureté. Je caresse sa peau veloutée. Elle se love contre moi et je lui chuchote au creux de l’oreille :

- Tsé, maman elle a un peu peur de faire un autre bébé.
- Pourpoi maman?
- Parce maman elle a été très malade quand elle a fait Lily…


Elle me serre le cou de ses petits bras potelés. Carpe Diem. Le temps se fond en un instant de communion silencieuse. Nos âmes et nos cœurs s’entrelient. Sérénité et fusion. Je remarque au passage de cet écrit que dans cette dynamique d'enfance qui nous unit, j'ai pris l'habitude de parler de ma pomme à la troisième personne. Je pratique beaucoup moins le "je" par les temps qui courent. À mesure que mon "je" s'efface, le sien s'épanouit, mon enfant soleil se définit de mieux en mieux à la première personne. Et me voilà devenue une sorte d'entité, je suis "maman". Complètement maman je suis. Je la serre contre mon coeur battant et je tais le film de mes angoisses féminines : Comment arriverai-je à donner autant à un autre enfant sans m'y perdre entièrement?

Paroles envolées…

mercredi, mai 14, 2008

Quelques gouttes de bien-être.

L'hiver fut rude. Par-ci par-là des petits tas de neige résistent encore à la nouvelle saison. L'été arrive enfin pour me sortir de mon cloître hivernal. J'utilise le soleil comme médecine. Je prends du soleil comme d'autres prennent des pilules. Je baume mes peines à coups de nature...

Premières journées à saveur d'été. La chaleur, étrangère à mes immédiats souvenirs, caresse mes jambes nues. Le soleil me brule délicatement la peau des bras et j'aime cela. Ici l'on ne connait que trois véritables saisons. Il n'y a que trois saisons qui ressemblent à quelque chose, l'hiver, l'été et l'automne. Ici le printemps ne ressemble à rien. C'est juste une transition entre deux extrêmes.

Tout comme la neige a fondu, ma silhouette reprend forme, mes efforts portent fruits. Je le remarque dans les regards masculins. Je constate l'intérêt de ces hommes qui tournent la tête et me regardent de nouveau. Je ne suis plus invisible. J'ai considérablement maigris. Je ne le vois pas par moi-même (j'ai toujours la même maladie moderne qui sévit chez tant de femmes à différents degrés). Ce que je n'arrive pas à discerner dans le miroir, je le perçois dans les yeux de Juan qui pétillent de désir. Je le sens dans la fluidité de mes mouvements. Mes muscles portent mon corps de plus en plus souple. Je me sens de plus en plus à l'aise dans ma peau raffermie. Je ne suis toujours pas satisfaite de mon cas mais peu à peu, les dégâts de ma grossesse s'estompent dans le temps. Je demande à Juan:

- Ça y est, j'ai retrouvé une taille normale? On peut-tu dire que c'est une réussite?
- Oui, d'où tu reviens je dirais même que c'est un exploit!!!

Je ronchonne, un exploit, cela le sera lorsque je pourrai me regarder dans une glace sans grimacer. Ceci un processus complexe. Au moins, maintenant, je peux me regarder dans un miroir et reconnaitre celle que je vois (admettre celle que je suis). Il est vrai que si j'en crois les magazines féminins ma perte de poids est exceptionnelle mais vu comment ma prise de poids fut phénoménale, je n'en vois pas l'incroyable. Je n'arrive pas à m'en féliciter sans me rappeler la honte initiale que j'ai ressentie une fois prisonnière de ma chair de gélatine. Un jour, alors que je parlai avec une amie de cette prise de poids débile qui me permit d'enfanter ma fille, elle s'est innocemment exclamée:

- Whaou, je savais même pas qu'on pouvait prendre autant!
- Yep, parait que c'est rare, en plus j'ai même pas mangé pour quatre, ni pour deux! Si au moins je m'étais goinfrée, cela aurait fait du sens! Y'aurait une justice! Dire que j'ai appris à manger équilibré en tombant enceinte! Mais mon corps habitué aux privations est devenu comme une éponge, l'horreur! Je mangeais une pomme et je prenais une livre!!!! Enfin, j'ai quand même pondu un joli bébé en santé même si j'ai failli y passer...

Je ne veux plus combattre mon corps. Je me suis battue avec lui durant toute ma vingtaine, il s'est vengé sur ma trentaine. Il a su tirer profit de ma grossesse pour m'abattre à plate couture. J'en comprends les leçons. Même si je bataille encore, nous ne sommes plus en guerre. Désormais je respecte mon corps, petit à petit il devient un ami. Je commence même à lui pardonner les tortures qu'il m'a fait subir. Je muris. Je veux juste retrouver un confort personnel, retrouver ma séduction et un bien-être physique. Pour cela, il me faut accepter les dommages irréversibles de ma peau déformée. Et pour arriver à l'accepter, il me faudra suer encore un peu. Je ne fais pas de régime. Dans mon cas, c'est inutile. Cela irait plus vite si je me privais mais cela ne ferait que recommencer le même cycle destructif. J'ai appris ma leçon de vie. Tout est question de métabolisme, être sensée et raisonnable suffit. Je n'aime toujours pas faire de l'excercice mais je m'y plie de bon gré, mon corps aime tant cela qu'il m'en remercie et je l'apprécie. Au moins, tout n'est pas perdu, après dix-huit mois à travailler mes pectoraux, j'ai les seins qui se raffermissent et remontent, un petit miracle en soi...

Premier bateau posé sur l'eau, c'est le début de l'invasion. Bientôt la pureté de ce paysage sera dénaturée par des dizaines de coques à moteur. Le plaisir des hommes prendra, comme à son habitude, la nature en otage. Tous ces bateaux à essence feront un bruit d'enfer sans se préoccuper du paradis des autres. M'zelle Soleil me dit avec joie:

- Oh! Maman, regarde, y'a un bateau!
- Oui, ma puce, je vois...
- Poupoi y'a un bateau?
- Parce-ce que c'est l'été qui revient. Tu sais, maman, elle aime pas beaucoup les bateaux sur le lac...
- Moi, z'aime bien les bateaux...
- Oui, je sais...

Un instant solitaire. À l'horizon, l'activité humaine emplit la quiétude de la nature, une scie, des coups de marteau, une voiture, un avion. Un Canadair au dessus de ma tête fait des allers et retours entre l'azur du ciel et le bleu de l'eau. Je l'observe transvaser des masses liquides d'un coin à l'autre. Le lac étoilé de reflets d'argent respire le calme et la paix. L'air cristallin comme le son de l'eau qui frémit sous mes pas transporte mes émotions. L'eau douce rafraichit et soulage ma peau. Au loin, Kahlua, chien de son état, se baigne à grand coups d'éclaboussures qui sortent Chanelle de sa torpeur divine. Je lève la tête. J'accroche du regard une colonie de têtards qui fait des bulles à la surface du lac. Je médite en silence. Sur le quai oublié, en toute solitude, je fais quelques abdos. Je respire la beauté qui m'entoure. Je récite des mantras dans la ligne du soleil qui m'éclaire. La vie est jolie...

Chaque existence possède sa propre poésie. Pour oublier la présence de ces maux qui m'aspirent les heures, je pars à la recherche de la mienne. Ma poésie, je la découvre en ce petit coin de lac déserté. Je l'inspire. Elle scintille. Je l'apprivoise en ces quelques pas qui font bruisser l'eau limpide...



Poésie humaine

mardi, mai 06, 2008

Airs et rengaines

Je fais des compilation de musique pour la petite. Ces compilations se retrouvent dans l'auto et accompagnent notre route. Je réfléchis à ces compilations en essayant d'y mettre un zeste de racines, une goutte d'apprentissage et un souffle de fun.

Ces chansons et rengaines d'enfance forment la langue et l'imagination de ma puce. Mais parfois, j'ai des idées saugrenues comme celle d'insérer cette petite comptine « J'fais pipi sur le gazon pour arroser les coccinelles, j'fais pipi sur le gazon pour embêter les papillons! ». Sur le coup, je suis dit que c'était marrant, après tout il faut bien rigoler dans la vie! Alors j'ai inséré, entre Henri Dès et Pomme d'Api, ce petit air de rien. Un petit air qui n'est tombé pas dans l'oreille d'une sourde. Un petit air malin qui vient s'incruster dans la cervelle avec la force du morpion. Un petit air enfantin qui ravit ma demoiselle de maison. Une demoiselle qui se fait un plaisir de la chanter en boucle et d'en inventer des variantes: « J'fais pipi sur papa, lalalala, j'fais pipi sur le chat, gnagnagnagna. ».

Mais le pire de cette histoire est que, maintenant, dès que j'entends cette rengaine, elle me rentre si profondément dans la tête que je mets à la fredonner malgré moi! Et ceci peut durer des heures. Le seul moyen de l'enrayer et de la faire dérailler sur une autre comptine parallèle: « Une petite coccinelle s'est posé dessus mon doigt et elle monte, monte, monte sans me demander rien, et elle monte monte monte... » Aiaiaille, à ce train là, je ne donne plus cher de mes neurones!


J'fais pipi sur le gazon...

mardi, avril 22, 2008

La nature à l'honneur du jour

Ce matin, gazouillent par centaines les oiseaux dans la forêt. Doucement le village se réveille de sa catatonie hivernale. Les oiseaux déclarent l’arrivée du printemps et le village se refait une beauté. Tout cela a débuté la semaine dernière, avec les premières belles journées qui ont flirté avec les vingt degrés et qui ont fait chanter les oiseaux par milliers. La forêt a repris vie par la cime des arbres. Lundi dernier, c’était véritable une cacophonie. Mes oreilles n'en revenaient pas! Depuis les oiseaux se sont calmés mais ils continuent d’animer la forêt de leur gazouillis multiples.

Durant nos ballades de la semaine dernière dans le village, nous avons rencontré quelques machines de nettoyage dont ce camion balai. Jamais je n'avais vu telle bête mécanique. M’zelle Soleil fut hypnotisée et Chanelle en est restée la gueule ouverte, plantée sur place. C’était la seule activité du village. J’aime cette transition paisible, ce calme avant l’invasion. Il règne au village une tranquillité qui me ressource l’âme. Je savoure cette ambiance particulière qui s'effacera l'été venu...



En ce moment, chaque personne que l’on croise devient une rencontre. L'occasion d'échanger après un rude hiver. Comme je vis en ce coin de brousse depuis presque une décennie, que je suis relativement active dans la communauté par le biais de mes photos et de mon implication dans l’association pour la préservation du lac, je jouis d’une petite célébrité locale qui m’étonne toujours un peu. Il est vrai que depuis deux ans, mes photos font quasiment tout le temps la page couverture du journal municipal et que je milite régulièrement pour le lac, je ne suis plus anonyme. D’ailleurs il va me falloir reprendre du service écologique avec les beaux jours. C'est un travail à longue haleine que d'essayer de préserver notre environnent.

Aussi, il n’est pas rare que lorsque je me ballade sur la rue principale je rencontre des gens qui me reconnaissent mais que je ne situe pas. Ils me connaissent à leur façon mais je ne les connais pas du tout, ce sont des visages dans la foule. Des conversations naissent, je me laisse porter par la vague et je les quitte en ne les connaissant pas davantage. L'on parle de photos et de lac, de trucs et de machins, je reçois souvent des louanges qui me gênent et la vie continue son train train quotidien. Lorsque passe en voiture le maire sur la rue principale, il me salue d'un signe de la main, je lui renvoie un sourire alors que j’ai les dix doigts sur la poussette qui trimballe ma fillette. Le village s'éveille, c'en est fini de l'hibernation glacée...

J’appelle le village cette "communauté de lac" parce-que je ne trouve pas de meilleur terme pour désigner l'endroit mais ce n’est pas tant un village qu’un lieu de villégiature. C’est, d'après moi, une bulle privilégiée qui profite des bienfaits de la nature. Pour la municipalité, nous sommes une ville mais là je trouve que c’est un peu exagéré! Cela tient un peu de la folie des grandeurs qui caractérise le genre humain. Le lieu situé en bordure du plus grand lac de la région est entouré de la forêt qui tapisse les hauteurs des petits monts environnants. Environ 300 âmes à l’année, une majorité de résidences secondaires et 5000 âmes lorsque bat le plein de l’été.

Le village a plusieurs cadences, il change de rythme selon les saisons. Autant j’aime ce calme d’avant la tempête humaine, autant lorsque commence les débuts de l’invasion citadine, je grince des dents en silence. Plus je m’enracine en ce petit coin d’exil, plus je grince des dents lorsque reviennent les « autres ». Ceux qui sont habitués à vivre en milieu urbain, au gré des moteurs, ne se rendent pas compte du bruit qu'ils génèrent, de la pollution qu'ils amènent dans leurs bagages. Les premières années, c’est à peine si j’y faisais attention. Maintenant je ressens cela presque comme une intrusion. J'ai besoin d'au moins deux semaines pour m'y résigner. Depuis deux ou trois ans, Juan commence lui aussi à ressentir cette désagréable sensation, nous sommes assimilés à la faune locale.

Le lac est loin d'avoir calé, on n'y voit encore rien d'autre que de la glace. Comme à mon habitude, je m'y suis approchée, tant et si bien que comme à chaque année, j'ai fini par m'y mouiller les pieds! Je me suis encore une fois avancée assez loin pour m'enfoncer les pas dans une "sloche" de lac. Mon petit bout de fille accrochée à ma main (légére comme une plume, elle n'a pas eu conscience du minuscule danger), je me suis vite sentie coupable de mon inconscience et j'ai reculé si vite que Lily-Soleil n'a même pas eu le temps de réaliser mon erreur. Être mère responsabilise les pieds! Cela dit, une fois les beaux jours arrivés, c'est toujours un plaisir que de m'y tremper les souliers. C'est plus fort que moi et pas si dangereux que cela puisque je ne m'aventure qu'en bordure d'une eau que je sais peu profonde.

HDR-LakeStepping-into-the-lake

La neige fond subtilement, ce n’est pas fulgurant même si le temps doux a fait fondre presque deux mètres en deux semaines. Il reste cependant, parsemés dans le paysage, bien des monts de neige qui ont une texture de glace pilée. M'zelle Soleil s'amuse à jouer dans les flaques. Je la laisse faire sans m'en formaliser (tant qu'elle ne s'y trempe pas la tête). Je profite du ciel bleu et de la douceur printanière. C'est assez surréaliste de sentir la chaleur du soleil sur sa peau nue, de se sentir griller alors que le regard ne rencontre encore que le blanc de la neige. Il reste un peu plus d’un mètre à fondre pour que je puisse voir ma pelouse sauvage.

Derrière la maison, je commence à voir des bouts de mon terrain. La terrasse est quasi libérée. M’zelle Soleil m'a fait sortir sa glissade et ses chaises de jardin. Durant la fin de semaine, Juan a aidé à déglacer la place tandis que je me suis acharnée sur un tas de neige qui recouvrait mes futures plates bandes. Lily- Soleil apprend à maitriser son vélo. Elle en a rêvé tout l'hiver. Son père lui apprend à pédaler. Son bonheur m'inonde le coeur gonfle qui vibre d'amour à leurs cotés. Je les suis en appréciant chaque instant. Nous avons commencé le grand ménage de printemps. L’été est définitivement en chemin.

Nature et vie