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jeudi, octobre 26, 2017

Alors que les soucis du quotidien se conjuguent aux douleurs postopératoires, mon cerveau saturé se ressource en se repliant sur lui même.

Trop de déceptions à surmonter en ces deux dernières années. Ayant trop perdu confiance en ce monde, je me replie en ma bulle intime.

Avec homme, enfant, chats et shihtzu. Une bulle de coeur qui se fait imperméable aux dérisions humaines.

Leur amour me soutient les heures plus rudes. J'y puise la force de m'accrocher, de surmonter...

Je m'attendais à être saturée par les douleurs physiques de cette autre chirurgie, aussi je n'en suis pas vraiment étonnée. J'avale. J'encaisse. Je persévère.

C'est la troisième fois que je me relève de dessous les pâquerettes en un an. La énième fois en ma vie qui dure. Je ne suis, après tout qu'une humaine, parmi tant d'autres. Une humaine fatiguée d'avoir la mort aux trousses.

J'ai bien appris en cette dernière année combien le corps peut prendre tout le contrôle sans que l'esprit n'y puisse plus rien. Sinon en surfer la vague tout en y résistant le moins possible. En attendant des heures meilleures. Plus je tombe, mieux je me relève?


Vu que je n'ai pas juste les douleurs postop à gérer, j'ai aussi un dos à redresser et un visage coupé en deux par des neuropathies qui évoluent en continu. Ces autres douleurs physiques viennent saturer ma bonne volonté.

J'en accepte le tout. Je gère une collection de maux divers pour persévérer. Pour espérer retrouver un possible futur où me réaliser. Un minimum...

Je médite mes fatigues. Je repose mes idées. Je nourris mes neurones. J'aime ceux qui sont en mon coeur. Je guide l'enfance en ma maison. Je persévére.

Mon homme trouve que ma convalescence est exemplaire. Je me trouve rodée à ce type d'épreuve. Depuis trois semaines à voir mon état de santé régresser de nouveau, plus que jamais, le manque de pouvoir me réaliser me serre les entrailles.


La mort de mon LGG5 ajoute à l'ennui de l'heure. C'est une fenêtre créative qui se ferme. Ce qui m'attriste un coup. Je dois en abandonner "mes storiessur Instagram.

En attendant de trouver une solution pour résoudre cet autre problème, je continue de "convalescer". Un de ces troubles de monde moderne. Persévérer, malgré l'esprit saturé, est une évidence qui n'en finit plus de se dessiner en mes pensées.

Dieu merci pour eux deux. Dieu merci pour les quelques virées de kayak sur le lac. Dieu merci pour la nature qui m'entoure. Dieu merci pour les amis qui restent.

Depuis plus d'un an maintenant, je vis cloîtrée en ma chambre. De graves raisons de santé m'enferment en une invisible prison. J'en ressens des sérieuses vagues de "cabin fever". Je ne rêve que de pouvoir reprendre la route pour de nouvelles aventures en trio familial.

L'aventurière en mon sang est en manque de sensations fortes. De ces sensations fortes qui élèvent l'âme meurtrie. De ces sensations fortes que l'ailleurs me procure.

Chaque jour difficile, essayer d'en (sou)rire pour ne point en pleurer. Me concentrer sur ce qu'il me reste plutôt que sur ce que je perds. Me soigner avec diligence. Faire preuve d'indulgences tout en cultivant mes patiences. Et persévérer...

Être entière pour ma fille m'aide à me sentir utile. Entière même si physiquement diminuée. Écouter. Encadrer. Conseiller. Guider. Aimer. Être pour elle ce que l'on a jamais été pour moi.

Être une mère présente (et aimante) qui prend sur elle pour le bien de l'enfance. Sans jamais en faire un plat ou une comédie. Apprécier ce qu'il me reste. Et persévérer...


Trois semaines plus tard...

samedi, octobre 21, 2017

En février 2011, j'ai eu une paralysie de Bell atypique.

Atypique de par ses violentes neuropathies. Qui se sont ensuite installées en ma vie. Et sont devenues une invisible maladie chronique. 

Depuis l'été 2015, une collection de problèmes de santé aspirent mes jours, de la tumeur de bras à l'hystérectomie. 

En passant par ces neuropathies permanentes et une colonne vertébrale bien tordue. Un tout enrobé de puissantes douleurs physiques en tout genre.

Assez pour y perdre la tête... et une multitude "d'amis". Heureusement, j'arrive à garder ma tête mais malheureusement pas tous mes "amis"...

Enfin, je me dis aussi que cela en devient un filtre social naturel. Il finit par n'en rester que les meilleurs. Cela blesse un coup et puis cela cicatrise avec la leçon apprise.

Le défi étant de ne pas y perdre la foi en ma race...


Un tout d'ennuis de santé complexe qui, si je dois en expliquer tous les détails en profondeur, fait souvent fuir les gens ou les fait s'exclamer "Pauvre toi!". À répétition. Avant de les voir prendre leurs jambes à leur cou. Je génère l'impuissance parait-il...

Je ne suis toujours pas sûre de ce qui est pire à supporter, les maux physiques ou les réactions humaines face à ceux-ci. Comme si le fait d'être si malade faisait de moi une sorte de lépreuse. Qui ne mérite plus aucun respect...

Je ne suis pas "pauvre" d'avoir un corps qui me trahit la vie. Je ne suis pas non plus contagieuse! Je suis juste humaine. Une simple humaine qui essaie de survivre à son corps. Un jour à la fois.

Fatigues et déceptions...

Je choisis d'affronter chaque épreuve avec l'idée que cela puisse m'enrichir l'esprit. Rien n'est facile en la vie mais tout reste possible right?

Tant que l'on s'accroche a ses valeurs intérieures, à l'amour des siens et aux doux moments de la vie. Tout est possible à celui qui est patient?

Choisir de s'enrichir l'esprit en l'épreuve me parait la seule façon d'en ressortir plus forte. Moralement, je ne suis pas plus pauvre qu'un bien portant mais que je suis fatiguée!

Financièrement par exemple, je suis en effet fauchée comme les blés. Mais j'essaie de ne pas m'identifier l'être à mon compte en banque, cela me permet de garder mon moral à flot. 

Il n'est pas vraiment nécessaire de me souhaiter du courage en mes malheurs de santé. Je crois que le courage n'est que l'effet secondaire de la volonté et je possède une volonté de fer. Butée comme une mule! Qui apprécie les prières et cultive sa foi pour estomper ses peurs.

Depuis le temps que je rame, si j'avais dû couler, ou capituler, ce serait déjà fait cent fois! Du courage, j'en possède en un nombre infini qui me dépasse. De la patience serait plus d'actualité.

Patienter des jours meilleurs

Je dois maintenant cultiver bien des patiences. Avec l'espoir de retrouver, un jour meilleur, assez de forces vitales pour me réaliser de nouveau.

La patience de persévérer envers et contre tout. Mon tempérament guerrier refuse de se laisser victimiser par ses circonstances corporelles. Car je suis plus que mon corps...

Même lorsque bien fatiguée de lutter, je me rebelle en refusant toute pitié. Je pense que la pitié est nuisible. Elle dégrade l'être en son entier.

J'apprécie énormément la compréhension, la compassion ou la bienveillance mais de la pitié, non merci, je m'en passe!


Pas de pitié pour mes croissants! 

En chemin, je m'attire les foudres de ces âmes bien pensantes qui m'expliquent que je dois me cacher pour souffrir, me plaindre davantage de mon sort ou encore faire semblant d'être en forme. Heu. Non! 

J'en réalise, dans la foulée, que ce n'est pas parce-que je suis malade comme une chienne que l'on doit me traiter comme une chienne! Et pourtant, en l'année que je viens de passer, jamais je n'ai été aussi jugée, vilipendée, désertée.

En 2017, il ne fait pas bon être malade. Et pire encore si l'on est pas malade en des normes établies C'est ce que j'en apprends de ma dernière année. Être malade fait rejaillir les lâchetés modernes.

Égoïsme versus empathie. De quel côté penche la balance humaine? 

Est-ce les conséquences de l'individualisme moderne ou les effets pervers d'une société de loisirs?

Est-ce les conséquences invisibles de cette révolution numérique qui invente l'ego portrait?

Une révolution numérique qui centre l'ego individuel et décentre l'humanité en son entier?

L'égoïsme semble prendre le pas sur l'empathie. La norme se conforte en ses impuissances tout en cultivant ses petits plaisirs. Un monde bien froid s'en dégage. Un monde sans coeur? 

Égoïsme versus empathie. Où est-ce que la balance penche? C'est une question que je me suis souvent posée en ces temps si pressés pour la norme humaine.

Une norme privilégiée, qui n'a jamais vécu de façon aussi confortable, de toute son histoire humaine, mais qui n'en finit plus de se pleurnicher. Dérisoire ou pathétique?

Alors que le monde se presse, je fatigue. C'est le temps de reprendre mes disciplines de méditation...

Fatigues à méditer...

vendredi, octobre 20, 2017

Deux semaines après mon retour à la maison, je poursuis mon petit bonhomme de convalescence. Ça fait mal. Mon corps s'adapte à sa vie sans utérus. Un jour après l'autre.


Ramer de l'avant sous un ciel sombre

Sans peur des nuages menaçants à l'horizon (ou du lac tourmenté qui fait des vagues), l'on prend l'eau douce pour une immersion nature à deux.

Le soleil se cache. Le ciel, empli d'ombres, assombrit la surface de l'eau en tourmente. J'en apprécie le son des vagues qui s'écrasent sur le sable. Qu'importe le temps laid, l'on prend le large, sans trop s'éloigner du rivage...

L'homme rame avec brio tandis tandis que j'inspire ce fugace instant de liberté. Ma tignasse s'éclate aux quatre vents. À pleines narines, je respire l'air d'octobre, qui se fait tout doux.

Maintenant qu'il a gelé au sol, les promesses d'été indien voguent à l'horizon. En kayak, sur le lac ombrageux, je me force à trouver de quoi sourire.

Sourire m'aide à lutter contre ce malheur qui cherche à m'attraper les idées assombries de douleurs. Au final mes humeurs s'harmonisent avec les cieux nuageux!


Sourire, avec coeur, même quand ça fait bien mal!

Sincèrement sourire par dessus les douleurs et les malaises physiques, c'est d'abord refuser le contrôle de ces maux sur sa peau.

C'est choisir de ne pas être la victime de son sort. C'est transformer les difficultés en forces intérieures. Sourire dans l'épreuve, c'est choisir d'apprécier le meilleur tout en supportant le pire.

De plus, il est reconnu que l'action de sourire est, en soi, une façon pour le cerveau de développer les bonnes enzymes, de celles qui aident au moral en lutte.

Alors je choisis de sourire, même si je me sens bien mal en mon corps. Je souris pour mieux cultiver les gratitudes en mon coeur. Pour ne pas les oublier.

Je souris malgré les malaises physiques et les soucis financiers. Je souris car c'est meilleur pour ma santé. Surtout sachant que pleurer empire les symptômes physiques de mon nerf facial dégradé!

Sourire ne veut pas dire que je vais bien comme l'entendent les "bien-portants" de ce monde. Cela ne veut pas non plus dire que je fais semblant d'être ce que je ne ressens pas. Cela veut juste dire que je choisis d'assumer le bien plutôt que d'en geindre le mal...




Choisir d'en sourire plutôt que d'en pleurer....

jeudi, octobre 19, 2017

Lorsque Miss Soleil est née, elle tenait debout sur ses deux jambes.

Au sortir du ventre, capable de se tenir sur ses deux jambettes. À mon grand étonnement. Musclée dès sa naissance.

Pour m'en expliquer le phénomène, le docteur l'a qualifiée de bébé tonique.

J'étais aussi maganée qu'elle pétait le feu. Ensuite, même si bien affaiblie, j'étais si heureuse de la voir grandir en parfaite santé.

Si heureuse de la voir traverser ses étapes d'enfance sans heurt. Reconnaissante de la voir grandir en ses potentiels humains.

Au fil des jours qui ont suivi sa naissance, j'ai cependant eu l'impression d'avoir cloné mon mari. En fille! Comme si ce bébé avait été moulé avec le moule paternel... en mon ventre.

Pas besoin de test ADN pour en reconnaître la paternité. Il était certain que ce n'était pas le facteur qui était passé par là! Physiquement, ils ont le même type de corps athlétique. Les mêmes abilités sportives. Moi le sport, c'est pas mon fort...

Rappelons que j'ai réussi à me fracasser la tête au gymnase de mon école, à 12 ans, durant un cours de saut en hauteur. Pour ensuite m'en retrouver paraplégique. Un tout qui n'a pas aidé mes piètres abilités sportives.

L'intellect semble plus être ma voie à suivre pour m'épanouir en cette vie.

D'ailleurs, je me muscle la cervelle avec discipline. J'ai aussi le droit de faire du yoga ou du pilates.

Mais on me conseille d'éviter toutes sortes de sports. Pour mon bien...

Enfin présentement, même le yoga m'est interdit. D'ici Noël cela sera possible. Et je compte m'y bien plier.

Présentement, je peux marcher. Un peu. C'est ma victoire personnelle en ce corps qui me trahit trop souvent pour me point rager.

Marcher, c'est du sport en mon corps prématurément usé.  Un corps qui a quand même le mérite de s'être sorti de sa chaise roulante à 13 ans. Ou est-ce grâce aux volontés de son esprit?

Souvent, lorsque l'humeur de l'heure se vide d'espoir, je me rappelle le privilège de pouvoir marcher. Je me rappelle le bonheur de les avoir en ma vie. Je me rappelle que le confort existentiel est une illusion humaine.

Présentement, marcher, c'est déjà beaucoup pour moi. Mais pour eux deux, c'est une autre game.


Lui est sur un projet de course afin de lever quelques fonds pour ssoutenir ma cause en cours. Elle retrouve ses capacités physiques après une lourde et longue commotion cérébrale. Il lutte à mes côtés. Elle reprend ses cours de ballet et ses acrobaties quotidiennes. Je marche. Un peu. Quelques mètres à la fois. Par ci, par là.

Eux deux, ils roulent comme ils courent. Bien souvent, je les encourage à continuer sur leur lancée, pour mieux les croquer sur le vif. Parfois, j'en dirige même l'énergie en des inspirations photographiques.

Les voir bouger, courir, sauter, rouler me fait toujours du bien au coeur. Étrangement, cela le nourrit, cela l'allège et cela le renforce à la fois. Ceci doit être intimement relié aux sentiments que je ressens pour eux deux.

Tout futur se construit au présent. Tant qu'il y a un présent, il y a un futur. Apprécier le présent avec eux deux, c'est aussi essayer de me reconstruire au futur, pas à pas.

En cette convalescence d'hystérectomie, un petit setback fait remonter quelques douleurs bien féminines. Un médicament vient aider aider la cause. plus tannant que grave en soi. Mais à force de gérer diverses douleurs physiques, le cerveau sature. Le corps se fait bourreau. Le cerveau subit. La clé est certainement dans la tolérance qui grandit et la patience qui s'approfondit. M'alléger les idées en jouant avec ces #vidéos #boomerang qui me font sourire. Créer ce collage pour un billet de blogue. Utiliser le blogue pour garder un fil d'écriture, pour persévérer dans l'épreuve. En me rappelant que je suis aimée par eux deux et que l'amour que je ressens pour eux deux me renforce le coeur... #souffrirenbeauté #strenghcomesfromwithin #liveauthenthic #soisforteetgrandit #PainIsLifeLifeIsPain #lifewarrior #NeuropathicWarrior #hysterectomyrecovery #postop #posthystérectomie #sufferinginbeauty #collage #videography #lifeissimplebuthard #instalove
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Eux deux...

jeudi, octobre 12, 2017


Hier, j'ai enfin eu assez de forces pour sortir de ma chambre et aller, avec lui, faire quelques pas sur le sable. Avec efforts et volontés. Pour le bien de mon âme.

Hier, J+7, plus capable d'être enfermée entre quatre murs. Forcer la chair fatiguée. En voiture, il m'emmène au lac. Si proche et si loin. Pour que j'inspire ce paysage qui me détend tant. Avec chignon et frisottis aux quatre vents...

Marcher cinq minutes sur la plage. En sept jours sans utérus, les couleurs ont bien tourné. L'automne bat son plein. Attristée. Inspirer. Expirer. Respirer. Les odeurs d'automne me glissent dans les narines qui frétillent. J'inspire. J'expire. Je respire. L'on accorde nos pas sur la sable mouillé.

L'automne rafraichit l'air du temps, que je croque en quelques images numériques. J'inspire. J'expire. Je respire. À grandes bouffées. À plein poumons. Mon endurance est minime. Trente minutes plus tard, de retour au cloître, je suis brûlée... à payer le prix demandé par mon corps fraîchement mutilé.

La bonne nouvelle étant que ma convalescence d'hystérectomie se déroule correctement. Chaque jour est un peu moins pire que le précédent. Ceci rassure mon homme en grand souci.

Chaque jour reste difficile à vivre. En l'adversité, je choisis de garder la tête froide (et haute). En chignon et frisottis. Chaque jour est un défi pour revenir au monde. Pour retrouver un zeste de confiance, envers ce monde humain, qui m'a bien déçue (par ces temps modernes qui courent après l'ego superficiel).

Utiliser tous les outils en mon invisible sac de gestion pour avancer. Pour espérer. Pour supporter les douleurs vives et les émotions étranges qui accompagnent cette opération/mutilation.

La convalescence est une dimension existentielle entre deux états physiques. Inspirer. Expirer. Respirer. Inlassablement. Une semaine de passée. À subir et souffrir. Sans pouvoir aspirer la vie en les jours qui passent.

Accrocher des bribes de moments présents. Bribes d'instants passés avec eux deux, accents de nature en couleurs et, toujours, persévèrer. Jour après jour. En coin de lac.


Une semaine plus tard...

samedi, octobre 07, 2017

Trois jours en trois minutes vidéo. Trois minutes vidéo pour exorciser trois jours de bataille plutôt infernale.

Horrible expérience en soi. Brutal réveil. Violentes douleurs qui ravagent l'être en son entier. Hurler et prier entre deux assauts de sciage de ventre.

En profiter pour découvrir une nouvelle résistance à la morphine. De quoi bien souffrir pour pas un rond. Supplier qu'on m'assome tant c'est violent et brutal.

Ne pas aimer l'hôpital, deux jours sont assez pour rassurer les docteurs et me laisser repartir. Je suis sauve. Je marchouille quelques pas en serrant des dents.

Dieu merci pour mon mari qui se fait infirmier suppléant. Sans lui, j'aurais uriné en mon lit tout en moissisant en mon vomi. Les infirmières étant trop débordées pour gérer mon horrible retour de bloc. Je dois déjà être bienheureuse d'être en chambre.

Bien que, vu mon état lamentable, me retrouver en un couloir aurait causé bien des peurs aux passants! Je suis comme une lionne blessée, difficilement soulagée. Prête à rugir...

Côté anti-douleurs, je peux prendre des doses de cheval comme si c'était du pipi de chat! Et, quoi qu'en pense le doc de service, je finis toujours aux injections de Dilaudid. Évidement, je dois souffrir le martyr avant que celui là ne réalise ma différence.

En 2017, l'empathie est une denrée bien rare. Même à l'hôpital. Ne pas supporter le non respect de la douleur. Même en enfer, je garde ma tête assez froide pour rester droite. Et quiconque me manque de respect se fera ramasser en chemin.

Rentrer au bercail et souffrir tranquille. Accompagnée par mes deux chats, une puce épanouie, une amie cool et un mari qui tient le choc. De retour au bercail, alors que les douleurs physiques se gèrent, tant bien que mal, l'impact psychologique de cette chirurgie frappe en plein coeur. Et cela fait très mal. En assumer les émotions tristes en d'invisibles larmes.

Travailler la gratitude d'être sauve, accepter les douleurs qui en découlent. Se concentrer à les surmonter, au fil des jours à passer, pour remonter cette autre pente dégringolée en plusieurs coups de bistouri. Hystérectomie tu m'as eue!

Se concentrer, un jour à la fois, à remonter. Mais remonter où? À la surface des choses. À la surface du quotidien? Là où évolue la masse humaine? Hum...


Passer au travers...