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mercredi, octobre 07, 2020

Je ne partage pas le choc de la mort de Joyce Echaquan, mais j'en partage la profonde tristesse. 

Je ne peux imaginer celle de ses enfants mais je peux en ressentir une vive compassion. Et une peine immense.

Comment pourrais-je être choquée, sachant les mauvais traitements que j'ai, moi-même, reçu à l'hôpital. Les mauvais traitements que j'ai pu y observer. 

D'ailleurs en ces moments là, souvent, j'ai pensé à ceux dont la peau n'était pas blanche. Ceux dont le sort devait être encore pire...

Je ne peux pas être choquée connaissant le racisme de fond que le Québec fait vivre aux autochtones. Le nier serait mentir.

En ma vingtaine, j'étais plus en phase avec les pow-wows que les raves. Plus en phase avec les peaux rouges que les blancs. Il ne se passe pas une saison sans que je ne médite sur les fantômes amérindiens qui hantent lac et forêt. Sans que je n'en regrette la présence, les traditions, la sagesse.

J'ai pu entendre bien des remarques désobligeantes envers les amérindiens en mes trente deux années de vie québécoise. J'ai été souvent choquée par ces remarques. En fait, le racisme le plus visible au Québec est celui-là. Celui là, en certains milieux de la société, est complètement décomplexé.

J'imagine qu'il est plus facile, pour un blanc, de dénigrer les autochtones plutôt que de repenser au génocide passé, au vol de leurs terres. Par mon passé, j'ai tellement été souvent choquée par ce racisme là, qu'il serait bien hypocrite d'être aujourd'hui choquée de ce fait tragique.


La détresse de son conjoint m'a fait verser des larmes. Des larmes versées pour Joyce et tous les autres. J'espère sincèrement que son décès fera changer des choses pour le meilleur, que cela ouvrira des consciences.

Je soutiens les paroles d''Élisapie, dont je suis tombée sous le charme, en 2004, durant en lointaine entrevue. Élisapie que j'aime entendre chanter et écouter.

Je soutiens Élisapie et toutes les femmes autochotones. 

Le problème du racisme autochtone au Québec est enraciné très profondément dans le tissu social blanc. Comme l'est le "problème noir" aux Etats-Unis. Les deux prennent leur source en des siècles passés d'injustices non assumées. D'ailleurs, les amérindiens américains sont encore moins bien lotis que les noirs américains. 

Bref, aucunement choquée mais profondément triste. Et fière d'Élisapie qui prend la parole avec cœur et intelligence...



Triste mais pas choquée...

vendredi, octobre 27, 2017


Présentement, je traverse deux convalescences en un seul corps. Ouf! Pas simple à vivre tous les jours.

Prisonnière de ma chambre, à raisonner ma tête pour mieux reposer mon corps, je suis pognée à regarder la télé pour tuer le temps devenu trop long.

Même si je n'ai plus le cable...

J'ai une "Android tv box" pour regarder Netflix, entre autres streamings, sur mon écran plat. Je vis à une époque incroyable! Tant de contenus à ma disposition. Tant de ressources et de savoir à ingérer...

Il suffit d'un peu de débrouillardise pour que le câble ne soit plus qu'un lointain souvenir. À mentionner que je regarde bien peu la télé en français.

Fidèle à Netflix depuis plusieurs années, j'ai testé Crave sans vraiment trouver vraiment mon compte. Oui mais... non.

En prenant mon mal en patience,  j'explore YouTube et ses multitudes de documentaires. YouTube est pas mal la seule place où j'écoute des émissions en français. En passant, ce blogue est plus ancien que YouTube...

Dernièrement, je suis tombée sous le charme d'une petite famille de Caroline du nord qui vlogait sa vie. Celle-ci m'a d'ailleurs inspiré à refaire des capsules vidéos de mon cru. Un jour prochain...

Pour alléger le ton lourd de mes derniers billets, voici un petit envol de mes habitudes télévisuelles de l'heure...



À la semaine longue...

- The Walking Dead

J'assume totalement ma dépendance à TWD. Je l'entretiens et je la nourris. En fait, l'apocalypse me fait du bien. Et contre tout attente, elle me redonne espoir en ma vie présente. Ce n'est pas tant les zombies qui m'importent plutôt que l'instinct de survivance. Et puis y'a rien comme l'apocalypse pour me remémorer les chances en mon prope quotidien!

- The View

J'aime Whoopi et Joy. Et depuis que Trump est résident à la maison blanche, ces deux là sont en feu! Elles me font rire et sourire. Elles me réconfortent. Et même quand je m'enferme en ma bulle intimr, elles me gardent un peu au courant de ce qui se trame à l'extérieur.

- Chelsea

Si un jour, sur Instagram, j'ai publié mes seins flottant en une piscine, c'est la faute à Chelsea! Son humour qui décape m'amuse, son esprit libre me rassure. Et du coup, je me laisse dévergonder sans complexe. Jamais je ne lui ai accordé d'attention avant sa série sur Netflix. Et là, je suis rendue accro!

- The Good Place

Première saison en rafale sur Netflix. Deuxième saison en cours. Moins convaincante que la première mais assez marrante pour que je continue d'en suivre la séance d'humour hebdo. Amusée même lorsque ultra tannée d'être enfermée.

- This is Us

Tout le monde en a parlé. Et puis la première saison est arrivée sur Netflix. J'étais alitée, bourrée d'ennuis. Je suis tombée dans cette marmite bien concoctée. Alors que je n'arrive pas à binger plus de 4/5 épisodes à la fois, là j'ai tout avalé d'un coup. Depuis, j'en suis le cours en cours.

- The Orville versus Star-Trek Discovery

Je suis une trekkie avouée et assumée. Jean-Luc Picard is my favorite captain of all time. J'attendais Discovery avec une certaine impatience. Et comme beaucoup, je suis déçue. Trop de violences, pas assez de dialogues et des klingons pas rapport! Ouf. Si ce n'était de Sasha (morte dans les TWD), je ne sais pas si je continuerais de regarder.

Et puis il y a The Orville que je n'attendais même pas et auquel j'accroche avec étonnement. Pour la qualité de sa science-fiction et de son exécution. Pour la ressemblance à TNG qui n'est pas sans me charmer. Et ma balance penche du côté de cette nouvelle série  plutôt que de l'ancienne qui s'éloigne trop de ses sources.

-Ten days in the Valley

Alors que j'en regardais le premier épisode, par curiosité, avec ma puce à mes côtés, la Miss a complètement accroché au scénario. Même si en anglais. Du coup, cette mini série, en six épisodes, est devenu un rendez-vous hebdomadaire qui nous fait avoir toutes sortes de discussions autant sur la société que sur nos relations...

- Riverdale

Après avoir regardé en semi rafale la première saison sur Netflix, je me suis assez attachée aux personnages pour continuer d'en suivre les péripéties. Inspirée de l'une des rares bédés lues durant mon adolescence, bien adaptée pour l'occasion. Et puis, il y a Luke Perry. Qui lui aussi me rappelle à cette adolescence lointaine.

- Law and Order/SVU

Parce-que Olivia Benson que j'affectionne. Existe-t-il une série avec plus de constance que celle-ci? Parce-que Olivia. Un personnage qui date et qui vieillit. Mais que l'on aime pour ses empathies et intégrités. Parce-que Olivia...

- Criminal Minds

Même si mon mâle de prédilection n'est plus, il en reste une intelligence de fond, des acteurs compétents et des scénarios bien ficelés.

-Blues Blood

Parce-que Magnum? Enfin pas seulement. L'ambiance de New-York en toile de fond, le sens de la famille, et des acteurs attachants font un tout qui me font regarder cette série de façon régulière.

-Supernatural

Parce-que les boys! Pas toujours d'une incroyable qualité, une pincée de violence en trop et deux jolis garçons qui font les héros du jour. Quand j'ai le goût de ne plus penser à rien, y'a toujours les boys pour me changer les idées!

- Ghost Wars

Une nouvelle série de type surnaturel sur syfy qui me divertit. On y retrouve quelques visages connus. Le personnage principal m'est inconnu mais sympathique. Du coup, j'y retourne chaque semaine...


Côté télé... sur mon écran plat connecté...

lundi, mai 30, 2016



Par un dimanche gris et pluvieux, je trouve l'inspiration pour nous sortir les idées en cette journée morose. On embarque l'amie chère de la Miss dans l'aventure et l'on prend la direction de la maison des Jésuites à Sillery.

Miss Soleil a un faible pour les maisons historiques et l'exposition du moment traite des relations entre les amérindiens et les européens au cœur de la Nouvelle France.

On tape en plein dans le programme d'univers social de sa quatrième année de primaire. C'est pas parce-qu'elle ne va plus à l'école qu'elle ne peut apprendre et s'instruire!


Le temps que l'on arrive en ville et la pluie a cessé. Le vent est frisquet. Le ciel n'en finit pas de "griser". Il nous reste une heure avant la fermeture.

L'exposition estivale n'est pas encore terminée et nous explorons le deuxième étage avec curiosité. L'on apprend qu'ici se sont installés les jésuites afin de communiquer avec les tribu nomades qui venaient pécher dans l'anse au foulon.

À une époque lointaine et révolue...


Une époque pacifique durant laquelle les tribus locales ont reçu les blancs étrangers de façon amicale sans savoir qu'ils ouvraient alors la porte aux loups qui allaient les dévorer!

L'exposition Kapak finit par un documentaire touchant et poignant qui nous en apprend plus sur l'horreur et la cruauté des pensionnats qui ont arraché tant de générations innocentes à leurs parents en cet objectif silencieux de génocide culturel.

L'on découvre aussi la valise de l'un de ces enfants forcés au pensionnat et le témoignage qu'il a écrit sur cette petite valise, symbole de tant de peines et de douleurs fait bien mal au coeur. Cependant la conclusion est remplie d'espoir et de croissance intérieure.


L'on apprend qu'en ce nouveau millénaire où nous vivons s'enclenche un processus de réconciliation et de pardon qui s'inscrit aussi dans le cours de cette exposition gratuite.

Bref, une heure bien pensée pour changer les idées de l'enfance en notre responsabilité.


Au coin d'un bureau antique, les filles sont fascinées par le plumier et l'encrier. L'on répond à leurs questions au fur et à mesure qu'elles fusent.

À tour de rôle, elles lisent les informations affichées avec les artefacts. L'employée de service, seule avec nous dans la maison, répond à toutes nos questions avec patience et connaissances.

L'on finit cette sortie culturelle avec un petit tour de parc pour défouler les jambes des filles avant de reprendre la route. Ce petit parc à l'arrière de la maison des Jésuites explose de verdure.

Les arbres fruitiers fleurissent. Les filles s'amusent à suivre le petit sentier qui borde la falaise et sur laquelle on aperçoit quelques maisons modernes.

Au final, une super activité gratuite à réserver pour les journées grises et semi pluvieuses...


Cette petite sortie dominicale aura aussi eu le mérite d'inspirer les idées de ma puce commotionnée. Son esprit s'est nourri de quelques connaissances supplémentaires. Elle a aimé imaginer le passé en les murs de cette maison ancestrale et l'on aura récolté plusieurs sourires en salaire parental.

Du point de vue adulte, j'ai été très touchée par cette exposition qui commence avec la présentation de l’accueil convivial des amérindiens envers les européens fraîchement débarqués et finit avec l'horreur des pensionnats et l'espoir d'une possible réconciliation.

Comme je connais bien ce pan de l'histoire, j'ai pu approfondir quelques notions personnelles. Mon homme, qui en connait peu, en a appris beaucoup et a aussi été bouleversé par ce qu'il appris.

Le tout nous aura permis d'avoir quelques discussions enrichissantes avec les filles en ce qui concerne la méchanceté humaine, les cruautés du passé, la réconciliation, la richesse du pardon...


Construite vers 1730 sur le lieu de campements remontant à la préhistoire (3 500 ans) et à l’endroit de la première mission jésuite visant à convertir les Amérindiens, la maison fait découvrir l’histoire du site et de Sillery. 

L’exposition permanente invite à revivre la période de rencontre entre les missionnaires, les Européens et les Amérindiens. Le site permet de découvrir un campement amérindien, des vestiges archéologiques et un jardin avec une abondante flore indigène. 

L'’arrivée des Européens en Amérique peut se raconter différemment selon le point de vue de ces nouveaux venus ou celui des Amérindiens qui les ont accueillis. En présentant des récits, l’histoire des alliances et des politiques, le parti pris des livres d’histoire à différentes époques, l’exposition dépeint la relation unissant les Québécois et les membres des Premières Nations au regard de l’histoire et du territoire qu’ils partagent. 

La maison des Jésuites est située au 2320 chemin du Foulon à Québec. Du 31 mai au 2 octobre, elle est ouverte au public du mardi au dimanche entre 11 h à 17 h.

Cultiver l'enfance un dimanche pluvieux...

lundi, octobre 19, 2015

Il y a environ deux semaines, j'ai été invitée à assister à une représentation de L’ÉVEIL au Théâtre Périscope (en collaboration avec La Rotonde).

Même si la pièce est recommandée pour les treize ans et plus, je demande s'il est possible que ma puce, de presque 10 ans, puisse m'y accompagner.

On me répond qu'il n'y avait rien d’extrême en soi dans le spectacle et que si l'enfant est habitué à l'Art, il n'y aurait pas de problème...

Curieuse je suis de découvrir ce type de théâtre dont je ne sais pas grand chose. Si ce n'est que le sujet de fond de cette pièce traite d'émotions adolescentes et qu'elle est composée de danse contemporaine.

Vu que la Miss devra bientôt passer par cette étape existentielle et qu'elle apprécie la danse, j'ai espoir que cela puisse nous donner l'occasion d'en discuter plus en profondeur.

Je suis sensible à toutes formes d'Art. Depuis qu'elle est minuscule, instinctivement, j'essaie de la sensibiliser à l'Art sous toutes ses formes...

Au fil de mes explorations artistiques à Québec, j'ai souvent entendu parler de la troupe "Le Fils d'Adrien danse" et d'Harold Rhéaume. Je n'en ai entendu que du bien. C'est donc confiante que je nous lance à l'aventure artistique, en mode mère/fille, un doux samedi après-midi d'octobre...


Je tombe sous le charme de ce mélange de jeu et de danse qui se déroule en un décor minimaliste. J'apprécie la qualité de l'écriture et le jeu des danseurs/comédiens. L'ajout visuel d'images sur un écran en toile de fond et la musique qui lie le tout me plait.

Je me laisse entraîner par le rythme décalé de cette représentation de danse/théâtre. La poésie qui s'en dégage me touche en plein cœur. Dans le mille! Ce faisant, je déconnecte de l'extérieur pour me reconnecter de l’intérieur.

Durant l'ÉVEIL, les tranches de vies défilent. Avec elles, s'illustrent ces émotions que l'on ressent tous à l'adolescence. Alors que je ne m'y attendais point, me voilà replongée en mes souvenirs d'adolescence. Une époque rendue bien lointaine en cette quarantaine que j'apprivoise.

Du coin de l’œil, j'observe ma puce qui absorbe. Cela m'émeut. Par ces moments remplis d'intensité humaine, elle pose sa tête sur mon épaule et je profite de l'intimité de l'instant. Je repense à mon premier amour avec une distance adulte et mature. Je repense à mon début de vingtaine révoltée. Je sens remonter des émotions que j'avais presque oubliées. Des émotions qu'il me fait du bien de ressentir. Des émotions que j'analyse avec le recul de l'âge.

Et, alors que les comédiens me replongent en mon passé qui s'efface, ils projettent ma fille en son futur qui se dessine. En ce présent, où l'on s’imprègne d'art moderne, se conjugue nos temps de vie. Étrange sensation qui me bouleverse un peu...


Au sortir de cette pièce, je demande à Miss Soleil ce qu'elle en a pensé. Ce qu'elle me répond me flabersgaste! Elle me dit: "Maintenant que j'ai vu le spectacle, j'ai remarqué que quand on regarde l'amour en surface, genre ark ils s'embrassent, c'est dégoûtant. Mais quand on ressent l'amour qu'ils ont pour faire ces gestes, on voit que l'amour n'est pas quelque chose de dégoûtant mais plutôt une relation sincère entre deux personnes. J'ai réalisé que l'amour, c'était une relation mentale entre deux personnes..."

Au final, l'expérience s'est non seulement révélée à la hauteur de mes attentes mais elle les a largement dépassées! Durant les jours qui suivent, l'on en discute encore un peu et je réalise à quel point cette pièce moderne lui a permis de mieux comprendre certaines émotions humaines.

Je suis heureuse qu'en cette société hyper-sexualisée dans laquelle elle grandit, elle puisse se construire d'autres repères. Envisager d'autres perspectives de l'amour que celle de la relation physique. Et si cette pièce a marqué ses sentiments d'enfance, c'est par le fait qu'elle lui a appris que l'amour n'est pas tant physique que mental....

Depuis ses 7 ans, âge où elle m'a appris que l'expression qui tournait dans la cour d'école était "faire le sexe" et que j'ai dû lui expliquer que chez nous on faisait l'amour pas le sexe, je lui explique qu'il ne suffit pas de se coller les fesses, il faut aussi se coller le cœur!

Grâce à l'EVEIL, je crois bien qu'elle a compris ce sens que j'essaie de lui inculquer. L'importance des sentiments. Bref, je me doutais que cela nous ouvrirait l'esprit mais je ne me doutais pas à quel point cela nous révolutionnerait l'esprit. Franchement comblée la mère!

Enfin, c'est exactement pour cela que je suis sensible à toutes formes d'Art. Pour me garder l'esprit ouvert et le révolutionner dans le bon sens des choses. En tant que mère, c'est tout naturellement que je partage cet instinct artistique avec ma fille qui grandit...

Nota Bene: Une fillette qui grandit et qui blogue ses impressions de spectacle par ici...



Synopsis: Au carrefour de la danse et du théâtre, L’ÉVEIL écrit avec le corps et bouge avec la parole. Célébration des premières fois, le spectacle est construit sous forme de cartes postales : bribes, pulsions, instants de vie sans plus de mise en situation, pas d’avant ni d’après, seulement le présent avec l’adolescence comme point d’ancrage. Il témoigne de l’intensité d’un âge qui, si tout y est à la fois inconnu et possible, nous définit pour le reste de nos jours. Librement inspiré de L’éveil du printemps de Frank Wedekind écrit en 1881, la proposition fait état de l’éveil des sens, des émotions, de tout, de nous seul, mais surtout de nous ensemble. De tout ce que nous sommes, de qui nous sommes, de qui nous voulons être, de ce qui nous entoure et de ceux qui nous entoure.

À noter que suite aux représentations de L’ÉVEIL au Théâtre Périscope de Québec, l’équipe prend une pause méritée de quelques semaines avant de diriger vers Longueuil pour présenter la pièce lors d’une représentation scolaire au Théâtre de la Ville, le 17 novembre.

Ensuite les comédiens s'envoleront vers la France pour présenter la pièce dans le cadre du festival NovAdo à Rodez (2 représentations – 20 novembre 2015) et au Théâtre du Pilier à Belfort (2 représentations – 26 novembre 2015). Surveillez leur page Facebook pour en savoir plus...

S'éveiller les idées grâce au «Fils d’Adrien danse» !

lundi, juin 11, 2012

Le mois dernier, l'homme, en une poussée romantique, a décidé de me faire passer une soirée surprise en ville...

Une initiative qui n'est pas vraiment dans ses habitudes masculines et qui m'a laissé quelque peu perplexe!

N'ayant pas l'habitude d'autant lâcher prise, j'ai joué le jeu et l'ai suivi avec moults questions à l'appui.

On a donc joué aux devinettes tout au long du chemin. Premier arrêt au Cochon Dingue. Cela donne le ton de la soirée. Douce et amoureuse...

Une fois par année, j'ai envie de moules frites. Depuis quelques jours, l'idée revient régulièrement sur le tapis.

Tout de suite je fais le lien entre l'endroit et l'idée lancée. Il n'y a pas tant d'endroits à Québec où se taper un moule frites! Il a choisi celui sur le boulevard René Lévesque (non loin de Cartier) et j'en suis contente, c'est mon préféré...

L'endroit est tout à fait propice à un moment intime. L’atmosphère est celle d'un bistro parisien. Elle change les idées de brousse.  Mais ce qui m'est le plus romantique est certainement la pensée derrière tout cela. Il s'est demandé ce qui me ferait plaisir et il a matérialisé l'envie. Voilà comment le romantisme devient moule frites!

Bref, on savoure ce moment de couple autant que les moules qui finissent dans notre bouche et donnent lieu à quelques blagues salaces. J’apprécie l'ambiance non bruyante. Le service est sympa. Le dessert est cochon à souhait. Tout est parfait.

Mais la suite de la soirée commence à sérieusement m'intriguer. Qu'est-ce qu'il a bien pu mijoter? Impossible de lui tirer les vers du nez! On reprend l'auto en direction du centre-ville, nous voilà sur la rue St-Jean. Il s'arrête devant le Fou Bar. Je suis perplexe...

N'étant pas très portée sur la boisson, l'envie d'un bar ne m'excite pas particulièrement. Je grimace. Mes moules-frites se baladent en mon estomac. Il insiste en souriant. Au milieu de la place, un petit groupe de musique. Une jolie fille. Une ambiance chaleureuse. Un sourcil froncé, je m'assois à une table libre. Il passe un bras autour de mes épaules.

Il faut avouer que ces moments seuls sont rares. Ces moments là où l'on est couple plutôt que parents.

La musique commence et là je craque. J'aime le jazz. J'aime toutes sortes de jazz, le Fusion, le Groove, le Funky, le Ragtime, le New Orleans, le Jazz Gitan, la Bossa Nova, le Soul Jazz, l'Acid Jazz, le Trip hop jazz, le Nu Jazz, etc. Mais j'ai aussi un gros faible pour le vieux jazz, celui des années 20...

Et ce soir là, c'est une soirée jazz "antique" avec le quatuor Tea for 20's. Quatre collaborateurs de longue date qui offrent un répertoire typique des années 20, avec des arrangements à trois voix, guitare, piano, contrebasse et percussions. C'est l’époque des Années folles du charleston.

Accompagnée de musiciens expérimentés, la voie envoûtante de Lily Thibodeau a tôt fait de ramener le romantisme au gout de l'heure. Je suis aussi charmée qu'impressionnée par l'organisation de cette soirée. Attaque romantique!

Portée par les mélodies d'un siècle passé, je me laisse glisser dans l'instant présent. Je fredonne. Il me sourit. Mon coeur bat la chamade. Dans le mille Émile!

Évidement je ne résiste pas à croquer la chanteuse de mon iPad (au grand désespoir de l'homme). Mais là encore il me sourit en disant:

- Ouais, c'est une déformation professionnelle... Tu es incorrigible!!!
- Allez, elle est trop bonne, je prends juste trois photos et deux vidéos. Pis justement je dois tester une app vidéo! J'te jure que j'ai fini...

Il soupire. Je lui souris. Il me pardonne. Nos émotions se conjuguent. Main dans la main. Il me regarde avec des yeux doux. Je fonds. Je sais qu'il ne trippe pas autant jazz que moi. Douze ans de mariage et toujours cette flamme qui nous unit. Parfois elle vacille mais jamais elle ne s'éteint.

Pendant que nos coeurs battent à l'unisson, Lily Thibodeau chante son Tea for Two. La nuit est douce et je me sens soudainement ultra choyée. Mais toute bonne chose a une fin. On rentre bien avant minuit. À temps pour récupérer l'enfant et secrètement j'espère qu'il recommencera bientôt.

Une mention spéciale à Lily Thibodeau qui, de sa voix veloutée a enrobé de charme cette soirée pas comme les autres. Une chanteuse locale à découvrir. Définitivement ma découverte musicale locale du mois...




Un soir en ville...

vendredi, juillet 09, 2010

Démarrage de Festival...

Alors que sur les plaines la chanson française était à l'honneur, c'est avec le John Butler Trio qui se produisait au pigeonnier que nous avons démarré notre Festival d'été de Québec.

Mais avant tout, première chose à faire, il faut commencer par trouver où se garer! Une fois cet exploit accompli, c'est sur un rythme accéléré que l'on se dirige, poussette comprise, en direction du pigeonnier.

Marcher fait aussi partie de l'expérience de Festival et il n'y a pas meilleur cardio que de se dépêcher pour ne rien manquer du show que l'on veut déguster à point!

Sur le chemin, plus l'on se rapproche du site, plus la foule se densifie. L'air est à la fête et la chaude nuit d'été fait reluir les visages des passants. L'on arrive enfin à la scène Métro (connue sous le nom du "pigeonnier" pour les habitués).

Je cherche l'entrée média et je suis très heureuse de ne pas avoir à me faufiler dans l'entonnoir humain qui forme l'entrée du site. Encore une fois le pigeonnier est plein à craquer! Comme ma fille est éclopée, poussée par son père, elle peut me suivre et s'installer dans la zone dédiée aux personnes à mobilité réduite.  L'on y rencontre d'ailleurs un sympathique monsieur qui s'exclame en nous voyant: "Oh! Moi, j'aurai bien aimé que ma mère fasse ça quand j'étais petit!". Cela rassure mes élans maternels qui me font bousculer toute sa routine enfantine durant le Festival d'été. Enfin, comme elle ne s'en plaint pas et en redemande, l'on recommence de plus belle chaque année...

Mon appareil photo sous le bras, ma Flip sous la main, je me faufile entre la scène et la foule pour les trois premières chansons. Je craque pas mal pour ce guitariste qui ne manque point de charme. Il arrive sur scène avec une énergie hypnotique. Bientôt la foule vibre sous ses coups de guitare. Je le mitraille sous tous les angles que je lui trouve...


Hier soir, John Butler et sa nouvelle formation, composée de Byron Luiters et de Nicky Bomba, était en grande forme. Et la foule compacte du pigeonnier ne demandait qu'à le vénérer. De mon coté, j'ai été réellement fascinée par cette intensité qu'il dégageait sur scène. Sans compter qu'il est mignon à croquer! Mais John semble être aussi tombé sous le charme de la ville. Entre deux airs électriques, il s'est perdu le regard dans l'horizon urbain et s'est exclamé: "You have a beautiful city here, really... It's beautiful..."

Véritable phénomène en Australie, John Butler a emflammé la foule de Québec avec sa musique "roots" qui mélange le folk, le blues, des touches de reggae et des solos de guitare délirants. Il a alterné les guitares comme il a alterné les mélodies douces et les rythmes endiablés. Assis sur une chaise, concentré, ruisselant de sueur dans les lumières bleutées de la scène, ou encore déchainé sur un rythme torride, John Butler paraissait en transe. Sa guitare devenait magique sous ses ongles aiguisés. Et la foule s'abreuvait de sa musique enivrante! À la fin du spectacle le pigeonnier hurlait de bonheur et plusieurs spectateurs surfaient sur les mains de la foule en liesse (sous le regard amusé du maitre de cérémonie).

Je dois cependant avouer m'être sentie un peu à l'écart alors que cette foule vibrait en une seule entité. Une entité humaine illuminée par des centaines de minuscules lumières. Observer la foule est une sensation bien différente que celle que l'on ressent lorsque l'on s'y fond! Et puis même si mon accréditation de presse me permet de déambuler à mes aises, j'admets une petite frustration quant aux restrictions photos et vidéos auxquelles je dois maintenant me conformer...


Pendant que je me laissais emporter par John, mon homme et ma fille en ont profité pour aller manger sur la terrasse du Subway à deux pas. À mon grand désarroi, M'zelle Soleil n'est pas fan de guitare aussi divine soit-elle! Autant elle est ouverte à la musique sous tous ses genres, autant la guitare à grosses doses peut lui casser les oreilles! Mais elle a très hâte de voir les Black Eyed Peas...

Alors tandis que j'absorbais John en mon coin de plein air, mon homme appréciait le confort de la terrasse du Subway. La nuit tropicale était délicieuse et il pouvait parfaitement entendre la musique du concert. En venant me rejoindre, il croise notre amie Hélèna qui est aussi venue se nourrir les oreilles de John. L'on finit donc la soirée ensemble. Car c'est aussi cela la magie du festival, y croiser ses amis par hasard et absorber l'atmosphère nocturne en bonne compagnie...

Picnik collage

Démarrage de Festival...

mercredi, mai 06, 2009

Terre Mère

"Plus qu'un film, HOME, un film de Yann Arthus Bertrand et Luc Besson sur la la Terre vue du Ciel sera un événement mondial: pour la première fois dans l'histoire, ce long-métrage sortira en même temps dans plus de 50 pays et sur tous les supports : cinéma, TV, DVD et Internet. C'est la date symbolique du 5 juin 2009 qui a été choisie pour cette sortie internationale...

"(source AFP) Le message, traduit en 23 langues à ce jour: "Il est trop tard pour être pessimiste. A chacun d'agir", résumait mardi, lors d'une conférence de presse, le cinéaste qui présente un état des lieux planétaire vu d'en haut, selon la formule qui fait depuis près de dix ans son succès. Vu du ciel, tout est relativement beau, mais ce qu'on dit derrière remet les choses en perspective", poursuit-il en rappelant qu'en 50 ans, la planète a subi davantage de transformation que sur l'ensemble de son histoire. Un constat pas toujours bienvenu: l'Inde a ainsi confisqué la moitié des images filmées sur son territoire, et Dubai a renvoyé les équipes..."


Terre Mère

mardi, février 19, 2008


Il y a de ces films que l’on attendait sans le savoir vraiment. De ces films qui vous révèlent, qui vous éveillent, qui vous enlèvent. Pour moi, « I’m not There » fut l’un de ceux là…

Un film à saveur psychédélique, subtilement surréaliste, un film que j’absorbe avec délice. Il y a Heath qui me fantasme. Il y a Cate absolument sublime en son rôle androgyne, époustouflante en son genre. Charlotte est divine et les autres sont à la hauteur de l'expérience. Il y a l’essence de Bob Dylan que l’on filtre en un génial délire, il y a mon âme qui respire…

Pour arriver à aller voir ce film, j’ai dû me tirer de ma torpeur hivernale, embarquer Marilou dans mes rangs, me perdre en un désert blanc, contrer les éléments pour finalement poser mes fesses en une petite salle sombre devant un grand écran. Déconnecter. Laisser glisser les images sur sa peau, s'enivrer les sens, s'envoler les idées…

I was there...

mercredi, septembre 19, 2007

Bluff

Une visite dominicale chez Miss Dee ce mois-ci, des crêpes maison à tomber par terre sur l’heure du midi et un projet spontané d’aller voir un film en soirée, l'on surfe les possibilités, je tilte sur un titre précis, elle rejoint mon idée. Elle organise, l’on suit. Pour en avoir entendu parler, j’avais vive envie d’aller voir ce film. Dans le soir couchant, nous avons tergiversé un peu à savoir si l'on sortirait un dimanche soir! La vie n'est plus ce qu'elle fut! Et puis comme cela faisait presque un an que nous n’étions pas allés au cinéma, c'était le temps parfait pour se secouer les fesses! L’occasion fait le larron! C’est ainsi que la petite se retrouva dans le lit de chez sa Mère-Grand et que les parents retrouvèrent des copains sur un trottoir au creux de la nuit…

Coté film : Lorsqu’un appartement devient le personnage principal, cela donne toute une panoplie d’intrigues à démêler. Si on y ajoute une brochette de comédiens dont on se régale, cela nous offre un divertissement intelligent. Voici un petit film fait sans subvention avec un budget ridicule qui tire merveilleusement bien son épingle du jeu. Un scénario bien ficelé fait toujours des merveilles, alors que je vibrais dans mon fauteuil entre rires et grimaces interloquées, une petite pensée s’amusait à triturer ma cervelle : « N’empêche, quand le scénario tient la route et que les acteurs sont bons, point n’est besoin d’effet spéciaux pour divertir le spectateur!!! » Il est rare qu’un film me surprenne à ce point, me laisse sur ma faim jusqu’à la fin. Un pur bonheur. Je suis sortie de la salle avec le sentiment agréable d’en avoir eu pour mon argent.

Lorsque j’habitais en appartement à Montréal, je pensais souvent à ceux qui y avaient séjournés avant, à ceux qui y avaient déjà vécu, à ceux qui viendraient s’installer après mon départ. Avec ce film, je me suis délectée à regarder défiler ces locataires si bien composés. À chaque individu sa vibration, son décor, sa folie…Y’a pas j’ai beau retourner le truc dans tous les sens, ce film m’a blufflé malgré moi. Notre petite gang de sept est sortie de la salle assez rassasiée pour ressasser l’histoire sur le trottoir devant le cinéma, nous y avons même retrouvé Mister Mike lui aussi dans la salle qui s'est joint à nous pour retracer l’histoire, pour la décortiquer, pour s'attarder sous les lueurs de la ville, pour disséquer sur le vif ce petit film bien pensé

« Sous le plancher de cuisine de l'appartement d'un immeuble voué à la démolition, un ouvrier fait une découverte stupéfiante. Le propriétaire, aux abois, passe en revue les locataires qui y ont habité au cours des quinze dernières années dans l'espoir de percer le mystère. Celui-ci serait-il l'oeuvre de l'étudiant surdiplômé qui a vécu entre ces murs? Ou du jeune couple infertile qui, un soir, a reçu un ami afin qu'il ensemence madame? Que penser du col bleu retraité qui, se croyant champion de boxe, a construit un ring dans le sous-sol? Ou du petit-fils d'un peintre amateur à qui un homme d'affaires intrigant a offert une rondelette somme pour qu'il lui remette une toile de son aïeul? À moins que tout ce ramdam ne soit la faute du dernier locataire de l'appartement, un cambrioleur professionnel en perte de vitesse. » Synopsis par Médiafilm.ca

bluff

lundi, mai 28, 2007

Un samedi soir à Québec

Samedi dernier nous sommes allés voir Fred Pellerin au Grand Théâtre de Québec. Cette soirée était mon cadeau de St-Valentin pour l'homme qui voulait voir le conteur depuis des lustres (depuis un show à Tadoussac, l'année où Fred Fortin faillit dégobiller sa gueule de bois sur scène, la conséquence visible de trois jours de beuverie!). Après l’avoir raté à différentes occasions, Juan n'y croyait plus, pour lui faire plaisir, je me suis procurée deux places en même temps que se passait la Valentin et hop, d’une pierre deux coups…

C’était un cadeau de rire et de patience. Il fallait la patience d’attendre la date du spectacle pour pouvoir rire des pérégrinations verbales de l’artiste. Juan est un fan. Personnellement je suis plus froide, je souris, c’est amusant, mais je ne suis pas transcendée. Je me prépare l'humeur mi-figue mi-raisin. Je ne sais pas trop ce que je vais en penser. J’espère tenir durant les trois heures du spectacle sans trop souffrir. L'on dépose l'enfant chez sa Mère-Grand. L'on se prend un souffle de liberté bien mérité. Dans la douceur du soir qui se couche, il me sourit, il est content. L’on se gare à deux pas. L'on entre dans le Grand-Théatre. L’on s’assoit à nos places..

Fred Pellerin est un maître en son genre, avec son drôle de conte « abracadabranquesque » intitulé « comme une odeur de muscles », en quelques tours de langue, il emporte la salle qui s’esclaffe joyeusement. Il personnifie son spectacle en apostrophant régulièrement "Québec". Sans malice, il se moque de Rimouski tout en faisant remarquer que ce sera notre tour une fois qu'il sera rendu à Sherbrooke! Je remarque qu'il n'a pas changé de pantalon depuis Tadoussac, son style pyjama me divertit malgré moi. Mon homme, qui connaît bien le conte en question, rigole de bon cœur. Je me laisse bercer par la bonne humeur générale qui m’enrobe toute entière.

Je découvre que j’apprécie sa verve plus que je ne le pensais. Sa riche personnalité dégage une "humanitude" qui m'accroche l'esprit. Cela fait du bien. La linguiste en moi s'adapte à la saveur du soir et s’amuse en silence des barbarismes qui la choque. Je me trémousse sur mon siège. Fred Pellerin avec sa bouille de gentil mariole génère les bons sentiments, il nous touche de l'intérieur, sur le fil de sa langue, l’on se régale. Les oreilles écarquillées, l'on se marre tout en se plongeant les idées dans un folklore riche en couleurs. L’entracte procure un temps de calme. La salle se vide. L’on reste sur place. L'on se câline. Il fait bon se retrouver ainsi, ensemble, en couple, en ville. Bientôt le spectacle reprend et les rires fusent de nouveau dans la salle en délire.

En ce qui me concerne une subtile tristesse m’entraîne inexorablement vers des contrées lointaines. Le conte de Fred tourne autour de sa grand-mère. Mes pensées, en décalage, se tourne vers la mienne, disparue depuis plus d’un an. Mon cœur se serre. Mes pensées rejoignent la profondeur de ma tristesse. Plus il évoque l’image de sa grand-mère (ce qui est régulièrement) et plus je pense à la mienne qui n’est plus. Je sens monter les larmes. J’entends rire la salle. Je déconnecte. Je pense à elle qui aimait tant me conter toutes sortes d'histoires croustillantes en son langage si expressif. Elle me manque viscéralement. Ma chère Mère-grand que je n'entendrais plus de mon vivant. Je laisse couler ma tristesse au compte gouttes sur mes joues. Le spectacle s’achève. Les lumières se rallument, les yeux pleins d’eau, je m’essuie subrepticement le visage. Je baisse la tête.

J’entends commenter les inconnus qui m’entourent. Plusieurs s’extasient sur leur soirée. Certains s'étonnent de lui découvrir un si grand talent d'humoriste. L’humeur est à la satisfaction commune. Les critiques sont bonnes. Grâce à son charme clownesque vibrant d'intelligence savamment maîtrisée, Fred Pellerin a réellement conquis son audience. Une douce odeur de bonheur flotte dans l'air.

Je retiens ses paroles de clôture qui parlent d'exode rurale. Je retiens qu'en habitant dans un petit village, je fais un choix social que l'artiste appelle "un geste de rêve". L'expression me plait, je m'accorde à ses sages paroles. Je renifle discrétement. Juan me serre contre lui. En un simple geste, il m'aime. Je me laisse porter par son cœur. L’on marche avec la foule. La lune brille. La nuit est douce, je laisse flotter ma peine entre deux étoiles…

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Fred Pellerin au Festival de Tadoussac 2005

Samedi soir à Québec

mercredi, février 07, 2007

L’Art selon Botero

Fernando Botero donne du volume à ses réalités car il croit que l’exaltation de l’existence et de la sensualité permet une jouissance de l'art forte et directe. Il maîtrise ses talents d’une main de maître et construit son propre baroque sous différentes formes d’expressions: sculptures, dessins, toiles.

Botero est un artiste qui refuse de se laisser emprisonner par les contraintes des proportions et qui n’hésite pas à se donner des défis pour se surpasser. Il explique ainsi la théorie qui se cache derrière ses natures mortes « Il y a la preuve de l’orange pour trouver l’originalité de quelqu’un. Une orange, c’est ce qui existe de plus simple dans la nature. Chaque grand artiste a pourtant fait cette orange de façon personnelle. C’est la même orange mais c’est différent. Comment est-ce possible de donner une personnalité à un tel objet? L’art c’est faire la même chose d’une façon différente! L’histoire de l’art c’est cela, ce n’est pas l’innovation des sujets mais la personnalité, c’est l’histoire du style finalement, c’est l’histoire des idées folles. Dans l’art il n’y a pas d’idées absolues qui soient la vérité. Chaque artiste possède sa vérité. C’est cette expression de la vérité de chaque artiste qui nous fait penser et réfléchir. C’est le jeu intellectuel de l’art, cette compréhension du style de chacun. »

Sa liberté de création, toute en rondeurs, s'affirme au fil de ses œuvres qui incitent au bonheur et à la réflexion. Conscient du monde qui l'entoure, il se préoccupe de la violence et la dénonce avec éclat dans ses toiles qui traitent de cette actualité qui le touche. Son univers, aussi vaste qu’éclectique, nous entraîne vers cette réalité parallèle qu’il décrit avec passion : « Il y a le style d'un coté et de l’autre un sujet qui représente une réalité transformée, exagérée si l'on peut dire, ceci afin de créer cette réalité parallèle si importante à l'art. L'on vit dans un monde que l'on connaît, que l'on comprend mais il y a un autre monde créé par la littérature, l'art, la musique. Cette exaltation évolue à un niveau intellectuel différent, dans un monde poétique, c'est un refuge de la dure réalité de tous les jours. Cela fait rêver… »

Fernando Botero, un peintre en constante évolution qui se contemple pour la première fois au Canada avec cette exposition de 100 œuvres variées. Cette rétrospective unique éclaire toutes les étapes qui jalonnent la carrière de cet artiste prolifique…

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L’univers baroque de Fernando Botero s’expose au Musée des Beaux-Arts du 25 janvier au 22 avril.

L’art selon Botero

jeudi, janvier 25, 2007

Une heure avec Fernando Botero

Écouter le Maître parler de son Art fut une expérience mémorable. Absorber l'ambiance particulière qui se dégage de cette visite en sa compagnie. Oublier mon quotidien maternel pour me reconnecter avec la femme d'antan. Faire travailler mon intellect qui se languit en silence. Reprendre confiance en soi. Mais surtout, s'en mettre plein la tête, se régaler les yeux et savourer l'instant...

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L’univers baroque de Fernando Botero s’expose au Musée des Beaux-Arts du 25 janvier au 22 avril. Cette rétrospective unique éclaire toutes les étapes qui jalonnent la carrière de ce prolifique artiste. Mondialement reconnu pour son talent Fernando Botero donne du volume à ses réalités et construit son propre baroque sous forme de sculptures, dessins et gigantesques toiles. Son univers est aussi vaste qu’éclectique. C’est un artiste heureux qui se préoccupe de la violence et qui se permet de la dénoncer dans certaines de ses toiles. Ses œuvres incitent au bonheur et à la réflexion. Fernando Botero est un artiste en évolution qui se contemple pour la première fois au Canada avec cette exposition de 100 œuvres variées...

À suivre dans un prochain billet...

Une heure avec Botero

mardi, janvier 16, 2007

Nouvelle poésie...

Depuis quelques semaines, je suçote par ci par là « Grand Corps Malade » de mes deux oreilles bien ouvertes. Sa plume est incroyable, empreinte d’une humanité maîtrisée, elle assomme, elle frissonne, elle s’envole. C’est de la poésie vocale qui élève l’âme. Utiliser les symphonies des mots comme instruments musicaux. Le talent de ce grand garçon met aussi de l’avant un nouveau genre, le slam.

Extrait de "Toucher l’Instant" :
« On a trempé notre plume dans notre envie de changer de vision

De prendre une route parallèle, comme une furtive évasion
On a trempé notre plume et est-ce vraiment une hérésie
De se dire qu'on assume et qu'on écrit de la poésie
Il existe paraît-il, un instant dans l'écriture
Qui oublie la page blanche et efface les ratures
Un véritable état second, une espèce de transe
Qui apparaît mystérieusement et s'envole en silence (…)

(…) C'est tout sauf une légende, on espère juste toucher l'instant
Les quelques secondes du poète qui échappent à l'espace-temps
Le moment où le voile se lève et la magie s'élance (…) »
Grand Corps Malade

Toucher l’Instant

Soupçons de futur

Depuis que j’ai enfanté, je me suis découverte une nouvelle perspective de l’avenir. Peu de temps après la naissance de ma fille, j’ai réalisé que le temps n’avait plus la même texture à mes sens. J’ai vite remarqué cette différence sans trop la comprendre. C’était comme si d’un coup, le futur prenait une forme concrète, comme si je pouvais presque le toucher, le palper. Au fil des quatorze mois passés, cette sensation s’est accentuée, une subtile transformation s’effectue en moi. Étrange notion, le futur à désormais un nom, celui de mon enfant.

Un enfant change le quotidien de multiples façons, certaines sont douces, d’autres rudes, le nouveau parent s’adapte contre vents et marées. L’enfant, source d’amour et de magie humaine, est, pour ses parents, une petite merveille qui se chérit. C’est un être innocent qui n’attend que de croquer dans la vie à pleines dents (à mesure que celles-ci poussent!!!). Le parent responsable est le gardien du bien-être de cet enfant qui est la suite de ses jours, la mémoire de son passage sur la Terre. Les enfants possèdent en leurs sangs des bourgeons d’éternité. C’est à travers leurs regards que nous laissons une trace. L’humanité se façonne par les enfants. Des enfants qui deviendront des adultes et qui engendreront à leur tour de nouvelles générations pour perpétuer cette humanité qui est nôtre. Dans chaque enfant se cache un morceau de futur. C’est ce qu’il m’a semblé découvrir en devenant parent.

Et c’est avec surprise que j’ai découvert hier soir que cette idée était le fond de l’histoire de ce film qui se situe en 2027. Que deviendrions nous dans un monde infertile? Dans quelles déprimes tomberait une humanité qui ne peut plus enfanter? Tissée sur une Toile de fond réaliste, l’histoire de ce film est des plus crédibles, c’est sûrement pour cela qu’elle remue et touche autant. « Children of men » est un petit bijou cinématographique qui roule sa bosse sans bénéficier d’une réelle couverture médiatique. Il recèle en ses degrés des idées à saveurs subversives qui font réfléchir. La problématique de l’immigration est mise à contribution, elle enrobe le scénario d’une poignante profondeur humaine. Voilà bien longtemps que je n’avais pas vu un film avec autant d’intelligence et de caractère! En sortant de la salle, nos amis et mon homme parlent du rythme de la caméra dont je me suis à peine rendue compte tellement j’étais en transe jouissive! En creusant un peu le sujet au détour de la nuit, je découvre qu’en effet, le réalisateur a désiré filmer, caméra à l’épaule, plusieurs scènes d’un coup sans coupures en se disant qu’il y gagnerait aussi en salle de montage, le résultat est saisissant. Évidement la chute est floue mais de toutes façons il me semble que je n'ai pas vu de fin satisfaisante depuis des lustres! C'est dans l'air du temps. Pour me rassasier, je pense que je vais me commander très vite la version écrite de PD James!!!

Ce film fait naitre en moi une idée confuse se développe dans ma petite tête. Et si la transformation humaine que l’on éprouve en devenant parent suffisait à garder l’humanité sur pieds? Me tromperais-je, emportée par des pulsions égoïstes, en pensant que la reproduction n’est qu’une facette de notre humanité? Se pourrait-il que les enfants soient le ciment de nos existences? En devenant parent, personne ne réagit de la même manière mais tout le monde ressent quelque chose de puissant. Et si à l’échelle planétaire, l’infime proportion de bonheur et de paix générée par l’action d’enfanter était ce petit quelque chose qui nous permettait d’avancer, d’évoluer, d’exister???

Soupçons de futur

vendredi, décembre 15, 2006

Humeur video du jour

Baraka, mon humeur du jour se cache en ce film vu et revu des dizaines de fois sans jamais m'en lasser. Poésie visuelle (terrienne) composée d’images et de musiques, un pur délice

Un film qui fait du bien autant qu’il peut faire mal. Un film qui appelle à la réflexion. Un film qui m’a à jamais coupé l’envie de manger des ailes de poulet!!! Je ne suis pas végétarienne pour deux sous mais j’ai quand même des limites de conscience! J’ai trouvé plusieurs extraits à (dé)partager, difficile de choisir, j’ai longuement hésité là et là aussi. Finalement la balance a penché vers cet extrait ci-dessous, en attendant le prochain qui se faufilera par là...


Humeur video du jour

jeudi, décembre 14, 2006

Ainsi va la vie...

Je feuillette le nouveau Elle-Quebec. Élisapie y est en couverture comment résister? En m'y plongeant les idées, je me remémore ces autres facettes de ma vie...

Depuis ce jour gris où je l’ai rencontrée pour une entrevue (à l’occasion de la sortie du premier disque de Taima), Élisapie est restée ancrée dans mes sens. Je l’ai vue et entrevue plusieurs fois en concert. À chaque fois que je l’ai croisée sa gentillesse m’a touchée. J’ai même un court instant pensé appeler mon bébé de son prénom, si différent des autres. J’ai admiré sa grâce sauvage de gazelle polaire. Sans le savoir, elle m’a un peu envoutée…

La dernière fois que je l’ai croisée, c’était ce soir là (pour un autre article), après une petite jasette, elle frotta amicalement mon bedon bourgeonnant. Lorsqu’elle eut tâtonné mon énorme ventre (je me suis dit que cela ne pouvait que porter chance au bébé), elle m’a demandé comment nous allions l’appeler, j'ai mentionné Lily, elle m’a sourit tout en me confiant que Lili était son prénom favori. Je m’en souviens comme si c’était hier. Et pourtant il me semble aussi que c’était il y a une éternité…

En regardant ses photos, elle me semble changée sans que je n’arrive à mettre le doigt sur ce qui me donne cette subtile impression. Je dévore l’article pour m’arrêter net. Élisapie a eu cette année un bébé avec son conjoint le comédien Patrice Robitaille! En mai dernier, elle est devenue mère d’une petite Lili-Alacie. Presque émue je suis, bienheureuse pour elle, en silence, du bout de mon coeur, je lui souffle une pensée de bonheur. Félicitations Élisapie...

Pour mieux s'imprégner du grand Nord et de ses réalités. Visionnez en ligne son film "Si le temps le permet", par ici...

Ainsi va la vie...

mardi, novembre 28, 2006

Attirée par les beautés imagées de Yann Arthus-Bertrand, je m'arrête par là. Je suis quelques-unes de ses pistes virtuelles. Éveillée, je parcoure ses espaces de long en large et j'attrape ces mots dans ma toile...

J’ai regardé au loin.
J’ai vu quelque chose qui bougeait.
Je me suis approché.
J’ai vu un animal.
Je me suis encore approché.
J’ai vu un homme.
Je me suis encore approché.
J’ai vu que c’était mon frère.

Fable tibétaine

Poésie humaine

jeudi, février 26, 2004

La nuit s’installe, le ciel saphir se couvre d’étoiles...

Retour en arrière : Commence La Passion...

Le mot passion prendrait ses racines latines dans le concept de souffrance...


Une histoire connue de tant de gens, mon catéchisme qui me revient, des expressions qui me semblent vieilles comme le monde prennent vie sous mes yeux, hé oui! Je pleure comme une madeleine lorsque je le vois parcourir le chemin de croix...

Mes leçons de catéchisme enfouies sous des années d’oubli remontent à la surface de ma mémoire. Je la connais cette histoire...

Je me rappelle ma fascination naïve devant les gravures anciennes qui décoraient cette vieille église médiévale qui accompagna les dimanches de mon enfance...

Les premières minutes si étranges, ces langues que l’on ne parlent plus et qui semblent jaillir d’un temps perdu, oublié...

En quelques minutes mes oreilles s’habituent, je me laisse porter par les images qui défilent...

C’est bien fait, l’on s’y croirait. Si ce n’est des temples un peu trop usés à mon goût, l’ambiance est parfaite...

Il faut remettre l’histoire dans son contexte historique, un temps barbare sous bien des angles. Un temps où le sang n’inondait aucun écran mais bien les places publiques sous les mêmes regards humains... La Passion est sanglante, sanglante comme ces temps là...

Au début de film, après la capture de Jésus, Juan me chuchote :

- Mais c’est qui eux ?
- Ben c’est les juifs, c’est leur temple...

Et je regarde défiler les images, la crainte au ventre devant les interprétations possibles de tout fanatique chrétien qui les regardera...

Pourtant si Jésus sur la croix a demandé qu’on leur pardonne, comment leur en vouloir? N’ont-ils pas assez payé si péché il y a eu? L’on parle d’un fait qui s’est passé il y a 2000 ans, comment croire que l’on peut en capter toute la vérité? Il a voulu boulerverser les idées, amener un nouvel ordre. Le contexte historique fait que Jésus est né dans un monde juifs, il n’a pas été compris, il a été lapidé. Son histoire est celle des hommes. Penser que les juifs ont tué Jésus est relativement simpliste...

Si l’on se replace aujourd’hui et que quelqu’un débarque sur toutes les ondes pour se proclamer roi des américains, fils de Dieu, il aura beau faire des miracles (raison de plus), je suis sure que Bush l’enverrait aux oubliettes en deux temps, trois mouvements...

Aucun pouvoir en place n’aime être défié. Il semble que c’est ce que fit Jésus, avec conviction, sans grande diplomatie, il défia le pouvoir en place. Il en paya le prix fort. Sa mort hante l’humanité depuis deux millénaires, c’était peut-être là le point...

Se rappeler comment l’humanité peut être vile et cruelle....
Se rappeler que l’on peut vouloir être bon, aimant, tolérant...

Comment ne pas s’émouvoir devant son calvaire qui dans ce film semble sans fin...
Je n’ai pas pu tout regarder, par moments, les yeux clos, j’ai prié...

J’ai pleuré comme jamais cela ne m’était arrivée devant un film. Remuée profondément, j’ai pleuré pour nous tous, sans pouvoir l’expliquer plus amplement...

Alors que coulaient mes premières larmes, je me suis rappelée que je croyais en lui. Que malgré mes différents intérieurs avec Jésus (mon frère, plus que mon sauveur), je croyais en son message d’Amour...

J’ai bien aimé la représentation presque douce du Diable qui rôde et titille l'esprit en déroute. Quel don de soi que de mourir ainsi sur la croix! Quelle merveilleuse histoire, 2000 ans plus tard toujours d’actualité, il faut bien qu’il y ait du divin là dedans...

Juan en cours de route demande :

- Mais c’est qui qu’elle joue Monica?
- Ben c’est Marie-Madeleine, la pute repentie, t’es pas allé au caté !?!


Sans être un divertissement, c’est un film qui dépayse, qui porte à réflexions. Tout ça avec une très vieille histoire connue, rabachée, interprétée et ressentie par des millions. Il a quand même des couilles le Mel...

Peut-être retournerais-je la voir, cette histoire, avec du papier et un crayon....

lundi, janvier 26, 2004

Erotic Art...



Je prépare un spectacle qui aura lieu fin février et qui aura pour thème l’amour en mots… Lectures de textes et chansons s’intercaleront pour une petite heure de mots doux et chauds… Au fil de mes recherches pour ce projet, je parcoure quelques sites d’Art Érotique, sculptures, dessins… De quoi réchauffer nos températures polaires en quelques regards coquins…

jeudi, novembre 20, 2003

Hier soir, atelier d’écriture avec Fabienne Roitel, poète de son état et fondatrice d’une nouvelle revue littéraire qui sortira au printemps prochain : Le Bilboquet…

D’ailleurs j’en profite pour annoncer aux écrivains en herbe ou « en arbre », qu’il est possible de soumettre des textes jusqu’au 15 décembre pour la sortie du premier numéro…

L’atelier d’hier portait sur la poésie de Victor Hugo, comme d’habitude Fabienne nous entraîna avec brio dans l’univers des lettres d’antan. Le monde de Victor, ses femmes, sa vie…

L’exercice était de choisir entre le genre épistolaire tel qu'écrit dans les lettres destinées à Juliette Drouet ou faire un poème à la façon des de « Demain dès l’aube » extrait des Contemplations…

J’ai choisi le poème afin de traiter du deuil de l’amour. Celui-ci se révéla plus violent que je ne l’aurais pu le penser au premier abord, ce qui me pousse à ne pas le poster ici pour l’instant en ce matin "grisouillou"…

J’aime beaucoup les ateliers de Fabienne, il s’en dégage une douceur et une affection des lettres qui à chaque fois me séduit et m’emporte…

Cela dit pourquoi est-ce que tout ce que j’écris en atelier est violent ou gore? C’est une question que je commence à me poser sérieusement…