Affichage des articles dont le libellé est félinitude. Afficher tous les articles

lundi, janvier 16, 2012

À ne pas mettre un chat dehors!


L'hiver nous enserre de sa royale froidure. En lumière, il congèle nos vies qui s'épanouissent dans le cocon de nos intérieurs.

Lorsque le froid aspire le soleil qui nous éclaire, il fait si bon profiter de nos maisons bien chauffées. Le besoin vital de se recroqueviller en une bulle de chaleur se fait viscéral...

L'hiver peut être rude mais avec le confort que l'on possède, il est plus qu'apprivoisé. Chaque maison devient une chaleureuse bulle dans le désert polaire qui forme nos mois d'hiver.

L'aventure nordique qu'il en résulte, à chaque traversée annuelle, n'est pas si terrible, elle possède même certains charmes, parfois féeriques.

Il y a ces journées remplies de flocons si gros qu'on les appelle "peau de lièvre", lorsque l'air devient boule de neige et que le silence s'approfondit avec nos pas qui crissent sur la neige. Lorsque qu'il virevolte et danse, l'hiver peut sembler magique...

Et puis, il y a ces glaciales journées où l'air gelé semble entrer en suspension dans l'atmosphère. Aucun nuage n'ose venir troubler le bleu du ciel.

Ces journées givrées font aussi le rythme de la saison.  Elles transforment l'air en un étranger qui peut nous tuer. La sensation de danger qui en ressort n'en est pas moins stimulante. S'habiller devient une question de vie ou de mort!

L'air sec pince la peau, rougit les joues, gèle le crâne et aime grignoter les oreilles comme les orteils! L'air s’imprègne de glace. Comme un mirage, il ondule...

Et il devient visible lorsque l'on ouvre la porte d'entrée par -30. L'air chaud de la maison rencontre l'air glacé de dehors et une fine vapeur enrobe celui qui traverse les deux atmosphères.

En ces courants polaires, il fait plus que froid, il fait frette! Mais il fait aussi grand soleil sur un ciel d'azur qui s'étire à l'infini.

Autant qu'il fait froid, il fait beau. Le soleil fait étinceler le paysage enneigé.  La lumière éclaire un air cristallin. La forêt est ouatée d'hiver.  Le temps se suspend  à l'air givré. Heures alanguies qui nous hibernent les jours...

- 30 sous la lune, Badu au salon réchauffe la maison.

Le sapin enlevé laisse libre cours à l'inspiration de redispositionner la pièce. Remuer la poussière. Aérer l’espace. Histoire de changer d'air sans ouvrir porte ni fenêtre!

Avant de se coucher, Miss Soleil se prépare à mettre sa troisième dent tombée sous son oreiller, pour que vienne la fée. Fière de grandir, une dent de lait à la fois!

-33 à l'aube, la nuit est figée dans l'ambiance congelée du jour à venir.

Rien ne vit, rien ne bouge. Même les sapins grelottent! Le froid engourdit tout sur son passage.  Puissant, il sait se faire respecter. L'on s'incline.

Je me lève avant les poules pour préparer un topo techno ultra matinal sur les liseuses électroniques avec Radio Canada Sudbury.

- 30 au soleil qui se lève. Radio bouclée. Débute une autre semaine de piges. Homme au bureau, enfant en classe, en mon cyber bureau je m'assois pour travailler.

Et pendant ce temps, Mishka se prélasse sur un fauteuil du salon. Féline jusqu'au bout des griffes, elle se fout de nos méandres humains. Elle ne se pose pas mille questions. Elle s'écarte les coussinets, se détend jusqu'à la moelle et sieste. Aujourd'hui, elle sait qu'elle restera encore lovée bien au chaud. Patiente, elle attend que revienne le printemps...

À ne pas mettre un chat dehors!

jeudi, septembre 09, 2010

Le petit chat narquois...

Je fais partie de ces humains qui vivent mal sans animaux sous leur toit. J'aime les chats pour ce calme félin qu'ils dégagent, cette nonchalance qui les caractérise, cette certaine indifférence qui cache une grande affection pour l'humain qui les loge.

La semaine dernière, la disparition d'Henri a laissé notre maison dénuée de toute trace animale. Comme le manque de Chanelle se fait encore ressentir en notre intimité familiale, la perte d'Henri a enrobé les silences d'une indicible tristesse. En quelques jours de cet état, je n'en pouvais déjà plus. Je savais qu'une voisine d'une amie au village donnait deux chatons. L'un deux était noir. Je me sentais mûre pour adopter un chat noir...

Vendredi dernier, je suis donc allée le chercher sans en parler à M'zelle Soleil. Je voulais lui en faire la surprise. Juan, un peu blasé, me connait trop bien, il sait que je vis mal sans chat. Il m'a laissée faire avec un air de déjà vu qui lui a collé un sourire en coin sur le visage. Lorsque la Mini Miss est revenue de la garderie, elle savait que j'avais une surprise pour elle. Je lui ai demandé de regarder dans le salon. Lorsqu'elle a vu le chat, son expression de bonheur valait tout l'or du monde. Du bonbon pour ma mamamitude! Tout son visage s'est illuminé et des dizaines de paillettes se sont mises à scintiller dans la pureté de son regard. Un bébé chat lorsque l'on a quatre ans et demi, c'est du fun en boite! Une bonne dose de joie domestique. L'arrivée de ce chaton a définitivement ravi son univers d'enfance. Et nous a même donné des vacances...

Elle est enfant unique et cela comporte quelques inconvénients. Aussi, avec ce chaton, au lieu de nous demander de l'attention dès qu'elle s'ennuie, elle s'occupe de lui avec passion. Et l'on peut discuter trente minutes sans aucune interruption. L'on apprécie ce fait. Un fait qui se concrétise au fil des jours puisqu'elle passe pas mal de temps mort à jouer avec le chaton. Elle est assez grande pour jouer avec sans le blesser ou se blesser. Il est assez docile pour se laisser faire et même y trouver son compte puisqu'il pleurniche lorsqu'elle s'en va.

Mélahel ne manquera pas donc pas d'attention. Le reste du temps, il s'ennuie un peu alors que je pianote devant mon écran. J'apprécie sa présence féline même si minuscule. Cependant malgré l'enchantement de M'zelle Soleil (qui a comblé nos coeurs de parents), l'arrivée du petit chat ne s'est pas passé sans heurt. La dame chez qui il est né m'avait dit: "Il est propre et il dort la nuit" Connaissant bien les chatons pour en avoir eu des portées et des portées, j'étais un peu sceptique de cette affirmation...

Comme de quoi, il a passé la nuit de samedi à dimanche à virevolter dans toute maison et il m'a retourné les nerfs dimanche soir lorsqu'il a osé déposer trois petites crottes sur ma couette alors que j'étais en dessous de celle-ci! Le p'tit maudit! Je l'ai rapidement pris par la peau du cou pour lui mettre le nez dans la litière, pas du tout enchantée. Puis j'ai lavé ma couette à onze heures du soir. Pas du tout satisfaite. À trois heures du matin, c'est M'zelle Soleil qui se réveille en pleurant. Le petit monstre est en train de jouer avec ses boucles d'oreilles en lui tirant les lobes! Finalement exilé des chambres, il fait un souk dans le reste de la maison et miauline à gogo. À cinq heures du matin, je capitule et je le laisse revenir dans ma chambre. Le bougre monte sur le lit et direct, là, sous mon nez, pisse sur mon drap! J'avoue avoir été à deux doigts de l'étrangler! Et refelemele que je lave le draps, non pas avant de lui avoir mis le nez dedans, puis la face dans la litière pour bien faire passer le message! J'étais verte, rouge, jaune...

Disons que cela a jeté un petit froid entre le chaton et ma pomme des bois. De tous les chats que j'ai eu dans ma maison, aucun n'a jamais été assez effronté pour agir ainsi sous mon nez!!! Enfin, comme M'zelle Soleil s'amuse beaucoup avec lui, je passe l'éponge. De plus, il met de la gaieté dans la maison. Même si l'absence d'Henri me pèse, j'accepte l'idée qu'on ne le reverra surement plus *Soupir*. M'zelle Soleil s'ennuie aussi de sa présence. Et c'est sans parler de son manque de Chanelle qu'elle partage régulièrement avec moi. Bref, ce petit chat fait du bien au moral même s'il me tape un peu sur les nerfs.

Mais voilà que le lendemain, alors que je suis en train de plier du linge dans ma chambre, le diablotin arrive, il monte sur le lit, me regarde droit dans les yeux et bang, pisse sur ma couette! Je manque de m'étouffer pour ne pas l'étrangler. Et je relave la couette non sans énervement! L'entrée de ma chambre lui est définitivement interdite. Et s'il ose recommencer une autre fois, je pense que je risque de le ramener d'où il vient! Propre et diurne? Hum, pas tout à fait! J'espère bien qu'il aura compris mon profond mécontentement et qu'il apprendra à se comporter correctement. Il est vrai qu'il encore si petit, il a tout à apprendre...

Ce qui est difficile avec les disparitions récurrentes des chats du village, c'est que l'on a peu de temps pour apprécier leur maturité féline. Je savourais avec délice celle de mon gros matou, j'appréciais sa fidélité, sa chaleur ensommeillée entre mes draps, son affection féline, et le voilà disparu! Il faut recommencer à neuf, avec un bébé à élever tout en espérant qu'il se rendra à maturité avant de se faire croquer. La vie de brousse est dure sur les chats domestiques et sur les émotions de leurs maitres humains...

Le petit chat narquois...

jeudi, septembre 02, 2010

Chroniques de brousse...

Avertissement météo de chaleur accablante. Ce mois de septembre commence avec une atmosphère tropicale quasi surréaliste. En ce qui me concerne, impossible de m'en plaindre! Depuis le début de la semaine l'on passe toutes nos soirées à la plage...

Aujourd'hui, il a fait 41 degrés avec humidex! Ayant prévu le coup de chaleur, j'avais décidé de ne pas envoyer M'zelle Soleil à la garderie. Je trouvais de meilleur goût une escapade de lac! Arrivées à 11:30 sur le sable, le bleu du lac se fondait avec le bleu du ciel. Une brise tiède aérait l'atmosphère humide. Pas un chat sur l'eau et une zénitude à fleur de peau.

La douceur de l'eau fraiche qui tempère le corps. Les sourires de ma puce qui profite de la vie. Un plaisir bien mérité pour M'zelle Soleil. Une journée de plage comme elle n'en a pas eu de son été plâtré! La voir s'épanouir comme une fleur me repose les idées.

En milieu d'après-midi débarquent sur le sable les premiers enfants avec qui elle peut s'amuser. En fin d'après-midi, l'on retrouve nos compères de plage revenus du bureau. Avec bonheur, M'zelle Soleil joue entre sable et lac. Je me détends au fil des heures qui me crame la peau et baume mes peines. Il y a de ces douleurs écorchées qui se taisent. De ces douleurs que l'on vit et traverse en silence. Les journées de lac tropicales sont un merveilleux baume sur ces blessures intérieures. Un excellent remède à la tristesse qui se tait...

Mais je dois rentrer à la maison pour 17:30 pour une réunion à distance qui se déroule sous la forme d'un rendez-vous téléphonique avec Montréal! Je m'extirpe de l'eau à reculons. M'zelle Soleil s'amuse avec son amie et sa mère me propose de la garder en attendant que Juan ne descende à la plage. J'hésite. Depuis l'accident de trampoline chez la voisine, je crains de la laisser sous d'autres yeux que les miens. Je demande à la Miss ce qu'elle préfère faire. Elle choisit le sable et l'eau. J'étire le cordon et prend le chemin de ma maison en avalant mes émotions. Juan arrive presque en même temps que moi. Il se prépare à les rejoindre au lac. J'attends que sonne le téléphone.

Au bout du fil, des filles (et un garçon) préparent une conférence de blogueuses pour le mois de décembre. Qu'il est bon de se remuer les méninges en si bonne compagnie! Alors que le ciel se rose de soir, je participe à la discussion du coin de mon balcon. Ainsi, je peux dire que j'animerai un atelier sur la vie privée et numérique (et les enfants blogués) à la conférence "Belles à bloguer". Celle-ci se déroulera à Montréal  le 4 décembre prochain. J'en reparlerai plus en détails au fil des semaines à venir...

Soir de lac

Le détour qui fait jaser...

Mon village de lac réside entre collines et forêt. Le village le plus proche est celui qui nous nourrit. Depuis dix ans que je vis ici, il a explosé et presque doublé de superficie. Il est considéré comme la lointaine banlieue de Québec. Beaucoup de ceux qui y vivent travaillent en ville. Tout comme mon homme qui travaille à l'université Laval et qui s'y rend tous les jours de la semaine. Québec est à une quarantaine de kilomètres de ma bulle de lac. Ma bulle de lac est à environ cinq kilomètres de ce "bourg" qui possède un IGA d'importance aux allures de temple, une demi-douzaines de station essences, quelques restaurants, deux pharmacies, un atelier d'artistes, un dentiste, un cordonnier, une école...

Pour s'y rendre, il suffit de descendre une longue côte d'à peu prés trois cent mètres. La côte est le seul chemin possible pour sortir de ma brousse. C'est aussi le chemin relie Québec à différentes brousses. Il mène à un autre lac à une quinzaine de kilomètres et à une petite ville de campagne à une vingtaine de kilomètres d'ici. Mais voici que la fameuse côte fait l'objet de travaux en cette période de rentrée. La côte est fermée à la circulation routière! Alors, durant un mois, tout le monde doit prendre un détour de la mort! Et tout le monde ne parle que de ça...

C'est un détour de sept kilomètres qui traverse la forêt quasi-vierge. Trois cent mètres contre sept kilomètres! Un chemin de brousse cahoteux qui zig-zag dans le bois et brasse l'habitacle des voitures. Tout le village est en émoi. Le détour est sur toutes les lèvres qui s'hérissent. Durant les heures de retour du travail, le trafic est phénoménal. Il faut parfois faire avec quarante minutes de bouchon de brousse pour arriver à bon port! Juan qui a commencé par sacrer comme tout le monde se résigne avec une certaine philosophie. Notre auto, qui n'est pas un 4 par 4, en prend pour son grade. Et l'unique dépanneur du village fait des affaires en or!

Ce soir, une fois la petite couchée, je sais que je dois aller faire mon épicerie. Le IGA "d'à coté" ferme à dix heures du soir. Je finis par prendre la route et le fameux détour qui me fait faire 14 kilomètres de brousse aller-retour pour contourner les 300 mètres bloqués. Pour m'occuper, je m'amuse à filmer le trajet. Même en pleine nuit, l'on y croise des voitures. Les phares éclairent la nuit noire. Je roule à 40 km/h sur ce chemin de terre défoncé. Et, lorsque j'arrive à l'épicerie, je réalise qu'il est dix heures deux!

Je m'étouffe un coup et comprend que je n'ai plus qu'à rebrousser chemin. Heureusement qu'il n'y a pas de bouchon de bois à cette heure là! Et c'est reparti pour un tour de brousse gratuit...



Génocide félin

Ceux qui parcourent ce coin de Toile depuis des lustres savent que la forêt est dangereuse pour les chats qui vivent en la périphérie de ma brousse. Ici, les étés peuvent être cruels pour les chats. Depuis que je vis entre lac et forêt, j'en ai perdu des chats et des chats...

Au début, je les ai tous pleurés. Et, il y a eu Henri qui a survécu un été et puis deux. Cette année était son troisième. Et son dernier. Henri a disparu depuis bientôt une semaine et je ne nourris guère d'espoir quant à son retour. Encore une fois, j'ai le cœur lourd. Sans parler que ma maison est présentement sans vie animale et que je le vis plutôt mal. J'ai besoin de chats dans ma maison et ne plus avoir de chien me chagrine encore.

Au fond de mon coeur, je me doute qu'Henri n'est plus. J'avale le coup. Mais j'aime mes chats libres. Je suis incapable de les enfermer. J'aime les savoir heureux. J'aime qu'ils profitent de leur existence féline en toute liberté. D'un certain coté, c'est moins pénible d'imaginer qu'il ont perdu la vie dans une bataille contre un prédateur animal plutôt que d'imaginer un humain les tuer. Henri était un chasseur hors pair...

Le mois dernier, M'zelle Soleil a été outrée de le voir attraper un oiseau. Fâchée, elle m'a expliqué qu'il tuait la nature! Elle en était toute retournée. La semaine suivante c'est un petit Suisse que nous avions sauvé de ses griffes. C'était un chasseur de calibre et pour cela j'avais confiance en ses capacités de défense. Mais c'était sans compter sur tous les dangers qui le menaçaient!

Durant le mois d'aout, ma voisine d'en face a perdu cinq chats. Une amie qui vit non loin a aussi perdu le sien et elle sait qu'elle n'est pas la seule sur sa rue. Aujourd'hui une dame m'approche au lac pour me parler de la disparition récente de ces deux chats. L'on en discute une autre fois de long en large. Des traces de renard ont été aperçus dans la forêt. Je sais maintenant que le chat possède bien des prédateurs ici. Il y a les renards et les rapaces. Certains parlent même d'ours et de loups! Et puis il a peut-être bien d'autres humains. Qui sait?

C'est un  épais mystère qui plane au dessus du village. L'été, les chats disparaissent sans laisser de trace et certains été, il y a de véritables génocides qui éradiquent la population locale de chats domestiques...

Chroniques de brousse tropicale

samedi, février 28, 2009

En mon royaume des glaces...

S'échauffent nos humanités. Cette semaine je brouillonne plus que je n'écris. Je bouillonne plus que je ne produis. Je macère et je cuis. J'avale ces émotions qui me construisent l'être. Dehors l'hiver fait la guerre au printemps. Les jours rallongent. Le froid faiblit durant quelques heures de pluie qui transforment nos rues en patinoires scintillantes sous le soleil revenu.

Henri le chat fraichement castré coure toujours autant après la chatte de Miskha. Depuis qu'elle est entrée dans la maison, elle le rend comme fou. Il hurle, il râle, il geint. Il n'en peut plus de ne pas pouvoir! Et même une fois qu'il n'en a plus (de boules bien pleines), il en veut encore et toujours! Cette jolie Maine Coon en vacances tandis que sa maitresse se la coule douce sous les tropiques du Costa Rica lui rend la vie bien difficile. Une Main Coon en ma maison qui rappelle à me mémoire mon défunt Atlantik. L'enfant retrouve son rythme de croisière, son insouciance et ses rebellions. L'homme retrouve ses sourires. Mon nouveau pyjama est une robe de plage. Les jours s'écoulent. Le temps me presse le citron et je fais du jus d'expression en attendant de concocter la soupe de demain...

L'expression de la semaine m'a toujours fait sourire, je l'utilise peu mais la pense souvent. Je ne me doutais point que comme le train elle en cachait d'autres, aussi comment ne pas rigoler en essayant de placer dans une conversation sérieuse "s'en aller la queue levée" pour exprimer la joie et le contentement....

My creation

EXPRESSION via expressio.fr
« Avoir la queue entre les jambes »

SIGNIFICATION
Être honteux, confus, après un échec.

ORIGINE
Une fois n'est pas coutume quand le mot 'queue' est utilisé, surtout en relation avec les jambes, cette expression n'a aucune origine grivoise. C'est bien entendu au chien qu'il faut penser, cet animal ayant l'habitude de revenir la queue basse, voire entre les pattes, lorsqu'il s'est frotté avec un congénère et qu'il a eu le dessous. Cette attitude est sa manière à lui de montrer qu'il est dépité d'avoir essuyé un échec cuisant, et c'est d'elle que notre expression est née vers le XVIe siècle.

EXEMPLE
« Le prince de Nassau n'est pas le seul mécontent de sa malheureuse expédition de Jersey, d'où il est revenu, disent nos courtisans, la queue entre les jambes. » Correspondance de Louis XVI

COMPLEMENTS
Toujours par comparaison au chien, il existait également deux autres expressions utilisant l'appendice caudal de l'animal, mais trop tendancieuses à notre époque compte tenu du sens qu'à pris le mot 'queue' : "S'en aller la queue levée" voulait dire "content et joyeux" et "voir sa queue reluire" voulait dire "éprouver de la fierté", en lien avec un beau poil brillant.

En mon royaume des glaces...

lundi, novembre 17, 2008

...

En ce petit matin gelé, les toits sont blanchis par la froideur de la nuit. Un ciel d'ivoire pèse sur l'atmosphère. Je fais un pas sur ma galerie. Un petit vent du nord chuchote l’hiver « Il arrivera bientôt, profites des couleurs qu’il te reste avant l’arrivée de la grande blanche ». Je baisse les yeux sur ma pelouse jaunie, une demi douzaine de poules des bois picore sans souci. J’observe ces minuscules créatures à découvert de la forêt. Henri le chat les regarde d’un œil nonchalant, pétri d’indifférence, il ne bouge pas d’un poil et semble même s’en ennuyer royalement. Un petit vent frisquet me rosit les joues. Un geai bleu arrive des airs, avec force et fracas, il disperse d’un coup d’aile la petite troupe qui disparaît sous le couvert.

Juste avant de rentrer en la chaleur de mon foyer, je croise le regard du chat, manifestement intéressé par un pique bois qui fait silence sur un tronc d’arbre. L'oiseau sait qu'il est sous surveillance. Il est gelé sur place. Je me détourne des aléas de la nature. Je rentre au chaud, tandis qu’Henri se concentre sur son hypothétique proie…

Bréve de nature

mardi, juillet 24, 2007

De pelouse poilue à sphère infernale...

Je coure après mon fil de blogosphère, celui-ci me glisse entre les doigts alors que je savoure la saison qui me grille enfin la peau. À passer mes journées dehors, je deviens couleur de sable et j’oublie l’écran glacial. Les visites rythment la saison estivale, la liberté qui nous englobe a un goût de chaleur onctueuse et mon petit soleil brille de mille feux…

Par hasard en passant par chez Samantdi, je tombe sur le concours de chatons de Bon pour ton Poil, une niaiserie estivale de blogosphère qui ne tombe pas dans l’œil d’un aveugle! Du coup, j’en profite pour mettre de l’avant ce petit chaton sans nom qui porte un bien lourd destin sur ses épaules. Autant la vie au lac est douce pour les humains, autant elle semble rude pour les félins. Je ne compte plus les disparitions de la belle saison. Entre juin et août, à chaque année, je perds des chats dans la nature...

J’en viens presque à apprivoiser la subtile tristesse qui m’enrobe le coeur à chaque perte féline. Je combats le mal qui s'immisce en mes pensées. Cette année, Nougatine a disparu la première, elle est ensuite venue dans mes rêves, ce n’est jamais bon signe. Voilà plus d'un mois qu'elle n'est pas rentrée en sa maisonnée et j'ai perdu espoir de la revoir. Je n’ai pas vu Savane-A ni "La Patate" depuis une bonne quinzaine de jours. Il n’y a plus que Ginette-Georgette pour ronronner sur mon sofa et ses quatre jolis chatons pour jouer sur le balcon.

Le mystère des disparitions semble s’épaissir d’année en année, pièges, loups, hiboux. Animaux sauvages ou hostilité humaine, difficile d’éclaircir cette triste situation. Les rumeurs circulent et une brume épaisse de non-compréhension enveloppe le tout! Alors ce petit chaton qui n’a pas encore de nom passera l’hiver avec nous. Je mettrai de nouveau un petit bout de mon coeur en péril et je m'y attacherai durant les longs mois aux saveurs de banquises. Mais l'été revenu arrivera-t-il à faire basculer la balance des destins félins de ses aînés pour survivre aux dangers cachés dans la forêt?

De pelouse poilue...

dimanche, mars 11, 2007

L’enfant et le chat.

L’enfant vit dans une maison où règne une petite communauté féline. Seule Nougatine était là avant l’arrivée de l’enfant. Nougatine est la digne descendante d'une longue lignée aux branches multiples qui s’aligne sur cinq générations. Une lignée féline qui prit racine en notre foyer humain il y a de cela plusieurs années. Cependant les dangers de la forêt sont tels que chaque été est meurtrier. Chaque été décime les sujets de notre population de chats. Chaque été malmène nos harmonies félines.

Nougatine est la seule survivante de la dernière période estivale. Ginette-Georgette, Savane-A et Grosse Patate sont les rejetons de la dernière portée de Nougatine et de Bergamote. Bergamote et son frère Praliné ne passèrent pas l’été. Après quatre saisons meurtrières et la vie qui n'en finit pas d'évoluer, il m’est toujours aussi impossible de me passer de chats. Leur présence m’est indispensable. J'ai tous les jours besoin de ma dose féline. Cependant mon inspiration pour les nommer se tarit comme en témoigne la dernière portée et il m’est légèrement plus difficile de m’y attacher. Pourtant, me voilà l’émotion bien attachée à Nougatine, reine de son royaume, incroyablement agile, à l'intelligence acérée, chasseuse hors pair (capable de d'attraper sa proie même avec une clochette au cou), délicieusement affectueuse…

L’enfant entretient une relation particulière avec Savane-A, jolie fille de Nougatine. Savane-A, aussi minuscule de taille que grosse de bedaine, comme un baril prêt à exploser. Savane-A cherche l'enfant, se roule à ses pieds, toute douce, c'est la première qui accoure lorsque l'enfant pleure, crie ou rage. Ceci désamorce bien souvent les pleurs stridents. Une précieuse aide féline pour la mère humaine qui trime à l'ouvrage bambin.

Il y a quelques jours de cela, l’homme regarde passer le chat qui se traîne la panse, il me lance un regard perçant et me demande:

- Mais dis, elle serait pas enceinte elle?
- Mmmm, mouais, il était temps que tu t’en rendes compte, elle est bientôt due! Je me demandais si tu allais percuter avant qu’elle n’accouche!!!

Il maugrée et je souris sous cape. Par amour, il accepte mes besoins félins, il les supporte, en aime certains et change la(les) litière(s). Ce qui, en soi, est une preuve d’amour! Quatre chats est mon minimum, c’est désormais son maximum, un équilibre est atteint. L'époque des colonies est révolue. Une nouvelle génération s'en vient, il me sera difficile de tous les donner. L’expérience sera bénéfique pour Lily-Soleil. Et si les deux plus jeunes femelles passent l’examen des beaux jours, elles se feront opérer tout comme Nougatine l’est déjà. J’espère que Nougatine passera l’été sans se faire attraper par les dangers qui rôdent en notre brousse. Mon coeur en a marre d'enterrer ses compagnons intimes mais se refuse à leur soutirer cette liberté à laquelle ils ont droit.

L’enfant a appris à (re)connaître les chats et à respecter leurs limites, à s’adoucir à leur contact, à les intégrer dans ses journées. Elle les cherche. Elle les trouve. Ils sont devenus ses compagnons de jeux. Elle joue avec « la papate » mal-aimée qui n’est déjà pas gâtée de ce nom dont je l’ai affublé mais qui, en plus, n’a rien de charmant en soi. C’est tout le portrait de son père! Un matou mal famé qui s’est installé en notre cabane durant notre absence l’hiver dernier alors que j’étais malade et nous avions dû prendre quartier en ville.

La (Grosse) Patate est un chat grassouillet (né rachétique, chaton famélique, il perdit sa mère en bas-age et fut alllaité puis sevré par Nougatine qui prit sous sa coupe les petits de sa soeur lorsque cette dernière disparut subitement, Nougatine s'étiola à la tâche mais arriva à sauver les petits orphelins assoiffés), trapu, court sur pattes, le regard fuyant, à l’intelligence bancale, limite agressif si on l'embête. C’est malgré tout une bonne pâte en son genre. L’enfant sait qu’il griffe, elle le cherche du bout des doigts sans le provoquer. Elle se joue avec brio de ses humeurs malcommodes. Il n’attaque jamais. Il se contente principalement de délimiter son territoire ou de se cacher, les oreilles basses, en un recoin sombre d'où elle ne peut le déranger.

L’enfant sait approcher timide Ginette-Georgette qui a presque peur de son ombre. Elle qui disparaît d’ailleurs plus vite que son ombre au moindre sentiment d’insécurité mais qui se laisse si facilement manipuler par l’enfant charmant. L’enfant papouille avec tendresse l’animal qui ronronne sous ses brusques caresses. L’animal se frotte, l’enfant grimace. L’enfant glousse et passe de longues minutes à gazouiller avec l’animal comblé. À la suite de «Maman et Papa» l'un des premiers mots de l'enfant fut « Miaou », ce qui fit la fierté de sa mére enchantée.

Ennui-d'hiverKeeping-it-Clean
Pimprenelle et Hypérion (mars 2005)

L’enfant sait qu'il lui faut respecter Nougatine, fécondée de l’affection qui naquit entre Pimprenelle la rescapée et Hypérion. Ces deux là vécurent une subtile histoire d'amour féline qui me fascina un instant l'imaginaire. Hypérion fils de Gaia fille de Bamboo. Nougatine, nouvelle chef de clan entretient avec l’enfant une relation plutôt indifférente. Elle fait pourtant le bonheur de l’enfant qui s’amuse joyeusement en sa compagnie silencieuse…

Lorsque l'enfant est en crise, les chats se dépêchent d'intervenir, l'un après l'autre, ils pointent leurs moustaches fines pour voir ce qui se trame. Nougatine a tendance à me regarder d'un air outré. Savane-A se colle à l'enfant en détresse. Ginette-Georgette, toute douce, ose une léchouille. La (Grosse) Patate suit les autres et entre dans la ronde sans trop comprendre pourquoi. Ensemble, ils entourent l'enfant en larmes et de leurs attentions félines arrachent des sourires salés à l'enfant décontenancé par tant d'affection animale.

Dans l'instant en images attrapées, la mère attentive décrypte (après coup) les gazouillis de l'enfant pour y ressentir le baragouinage qui désigne Nougatine. Sage Nougatine qui se fait mâcher menue dans la bouche de l'enfant innocent. L'enfant qui pratique cette langue que je materne religieusement. La mère attendrie s'imprègne des mimiques de l'enfant chéri. Le foyer ronronne.

Au détour d'une conversation nocturne, je questionne l'homme sur la filiation des félins qui vivent à nos cotés. L'homme blasé a la mémoire bien courte. En quelques minutes, je retrace la lignée des dernières années. L'on se remémore quelques aventures croustillantes. Je vois défiler les souvenirs de mes chats défunts. Je me souviens de toutes ces tragédies félines. Quelques pincements de coeur se font ressentir. L'homme est beaucoup moins émotionné que ma pomme. Je dépasse régulièrement ses limites lorsqu'il s'agit de ma tolérance des chats. J'écoute pour la éniéme fois les complaintes masculines. Je compatis. Il me sourit. Un chat s'étire.

Au coeur de la petite maison de galets, les chats domestiqués mènent leur petit train d'existence sans se préoccuper outre mesure de l'humanité qui les nourrit. Tout comme leurs maîtres, plus patients peut-être, ils attendent l'arrivée du printemps qui réveillera la nature et les sens en dormance...

L’enfant et le chat.

mardi, janvier 17, 2006

Histoire de Praliné

Seul dans la maison, Praliné s’ennuie. Il regarde par la fenêtre ses sœurs courir sur le manteau gelé d'hiver. Les coquines ont l’air de bien s’amuser. Elles virevoltent sur la neige glacée sans jamais s’enfoncer. Le soleil brille de mille feux. Il éclabousse le paysage de sa lumière cristalline. Praliné s’ennuie.

Il ne veut pas sortir dehors se geler ses mini boules dans des température pareilles. On n’a pas vu gros chats courir les rues par – 30! D’abord, à part les deux folles, ses sœurs dingues qui font les pires conneries. Ses sœurs qui grimpent partout, qui foutent tout à terre, y'a personne pour s'éclater dehors! Praliné aime bien lorsqu'elles le lèchent et restent avec lui pour le papouiller. Et puis, y’a pas un autre matou pour rôder dans le voisinage par un temps pareil! Même la grande créature blonde à quatre pattes n’a pas l’air d’avoir envie de sortir! D’ailleurs, elle est si tranquille qu’elle semble presque inexistante. C’est pas possible de faire si peu de bruit à ronfler sur une couverture! Praliné s’ennuie.

Gros-chatonSleeping-tightCatduoDuoCatAction-Cat
Nougatine-IICat-trioMinous-III

Il jette un dernier regard par la fenêtre avant de poser une patte sur le fauteuil devant lui pour atterrir d’un bond sur le plancher. La créature Chanelle ne hausse même pas un sourcil! Il s’approche subrepticement, elle semble profondément endormie. Mais dès qu’il la frôle, elle sursaute et se lève d’un coup net pour reposer la limite qui sépare leurs deux races. Il en profite pour se rouler avec délice sur le tapis encore tout chaud de la chienne.

Elle soupire et se déplace pour se coucher dans un autre coin du salon. Il la suit et recommence son petit manège en s’enroulant nonchalamment entre ses pattes. Elle sursaute encore, se lève, bouge de six pas pour se recoucher sur sa couverture libre. Praliné s’ennuie moins. Il se lèche les babines. Il examine du coin de l’œil la créature qui se rendort. Elle pourrait quand même lui offrir une once d’affection, après tout, ils habitent le même territoire et elle pourrait partager sa couverture douce et colorée! Il y retourne…

D’un seul mouvement elle se relève, il se glisse sous son ventre, ébouriffe ses poils ondulés de sa queue féline et flaire son museau avec insolence. Elle se pousse et l’évite. Il n’aime pas se sentir rejeté. Il accentue son petit jeu et se frotte d’encore plus près. Il respire son odeur étrange. Chanelle commence à en avoir vraiment marre. Elle se relève et se repose un peu plus loin, Praliné ne s’ennuie plus. Il la suit, il l’emmer….

De moins en moins patiente, elle ne trouve plus d'espace pour sommeiller. Maîtresse et mini Humain jouent sur la chaise, sans s’occuper d’eux. Elle sait que personne n’interviendra en sa faveur. Maîtresse ne dispute jamais les chats. Elle leur laisse une complète liberté dont ils abusent. Leurs petites tailles leur permettent de se promener partout, comme bon leur chante, ils en profitent! Ils ont même le droit de se vautrer sur la couche de Maîtresse...

Chanelle sait qu’elle est grande mais qu’elle doit se faire toute petite. Elle ne veut pas retourner chez ses anciens maîtres. La cheminée et le feu lui manquent un peu, mais elle peut très bien s’accommoder du plancher frais. Elle a sa couverture comme espace sacré et le divan lorsque les Maîtres sont absents. Elle peut tout supporter pour ne pas se faire remarquer et continuer d’être acceptée dans la maisonnée. Mais le maudit chat commence à être tannant avec ses accolades. Faut quand même pas exagérer!

Il lui reste encore un peu de dignité que ses ancêtres lui ont inculqué. Même si elle commence à se faire vieille, elle n’a pas oublié la mémoire génétique qui vibre entre ses sens aiguisés. Elle sait qu’elle ne doit pas fricoter avec les chats! Au bout d’une dizaine de minutes, elle n’en plus de ses manigances et perd les pédales pour échapper un puissant WOOF. Elle qui n'aboie jamais ne peut résister à se faire un minimum respecter par ce félin collant! Praliné se faufile rapidement entre deux chaises, Maîtresse et mini Humain sursautent en même temps. Mini Humain se met à pleurer, il a du coffre le petit bout! Maîtresse le serre dans ses bras. Elle lui chuchote des messes basses avec tendresse. Elle jette un coup d’oeil accusateur à Chanelle qui se fait toute petite sur sa couverture.

Au loin, Praliné contemple la scène d’un air satisfait. Il ne s’ennuie plus du tout. C’est même devenu marrant la vie, y’a plein d’action qui ébranle le silence paisible de la cabane bien chauffée. Mini Humain hurle encore deux minutes et Maîtresse dispute Chanelle d’un mot sec qui claque dans l’atmosphère. La créature baisse la tête. Mini Humain se calme. Le chat retourne s’étaler sur la table, la panse au soleil, le regard par la fenêtre. Bon, elles rentrent quand les deux dingues? Il aperçoit Nougatine qui détale de la frontière du bois pour passer en vitesse derrière la vitre. L'horizon se teinte de rosé, la journée s’éteint dans le silence retrouvé.

_____________________________________________

Alors que la nuit est tombée depuis plusieurs heures, l’homme rentre de la ville. Il embrasse ses femmes. Il flatte la chienne, ignore les chats. Il s’extasie devant son petit bout de lui qui lui sourit avec charme. Il fond de plaisir. Elle sourit davantage pour lui gazouiller les nouvelles de la journée. Il la prend dans ses bras et la balade entre ses quatre murs. Il demande :

- Ah, ben tu as pas l’air trop stressé mon beau bébé, t’as pas eu une journée trop dure?

Le bleu de ses yeux rencontre le jade du regard de son père. Elle pense très fort. « Non, c’était bien, tout doux, on est restées super sages avec Maman, y’a juste le chien qui m'a fait peur avec un gros Woof! ». Elle ouvre la bouche et lui délivre une ribambelle de sons qui s’harmonisent avec sa pensée de l’instant.

- Ahhhh heuuue ggl hooo ahahhhaaaa yoboa…

OoohhhhJoyeux-bébéAaahhhLily-Soleil-II

Histoire de Praliné