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vendredi, février 22, 2019



Déserté sur la plus longue durée de son existence, ce blogue n'était cependant point mort. Disons plutôt qu'il s'est retrouvé en mode "cryogèné". En attente d'inspirations partagées. Tandis que je rééduque mon corps à la vie, suite à de sévères ennuis de santé, il attend. Patient. Mais l'on dirait bien que j'y reviens...

Que reste-t-il de ces lecteurs d'antan? De ces esprits parfois fantômes, bien souvent invisibles, où plusieurs fidèles me retrouvaient en ce jardin virtuel que j'ai tant aimé cultiver. Au gré des saisons qui nous effacent...

Que reste-t-il de ces âmes qui suivaient mes réflexions et tranches de vie au fil de toutes ces années devenues décennie?

Il est important de comprendre que je reviens de très loin, de trop loin, de là où l'on aperçoit la mort de trop près pour ne pas en inconforter la norme actuelle. Je reviens de ces dimensions humaines qui sont emplies de malheurs, de celles qui démolissent la santé en son entier. Pour mieux en écraser les aspirations humaines.

Mais quelle est la nuance entre être coriace ou persévérante?


Entre vortex polaire et bombes météos, l'hiver fait sa loi. Je m'y exile en y soignant ces maux qui mettent ma vie sur pause.

Au creux de l'hiver, malgré les obstacles et difficultés, je n'ai qu'un but en tête, celui d'avancer. Ne jamais capituler est tatoué en mon cerveau. Coriace ou résiliente?

Alors que ce blogue ressentait les effets de l'aridité de mon désert de douleurs, Instagram s'est fait le respirateur artificiel de mes créativités meurtries.

Après des mois d'efforts aux saveurs surhumaines, des mois de volonté butée, des mois à lutter, je commence à voir mon état de santé progresser vers le meilleur plutôt que le pire. Pas après brasse.

Même si je ne suis toujours pas sortie de l'enfer dans lequel m'a envoyé mon corps, je suis sur la bonne voie disent les experts de mon cas. Dieu sait que j'y travaille fort...

Ce blogue existe depuis le printemps 2003, ce ne sont pas quelques mois désertiques qui arriveront à le tuer! Et s'il ne finissait par s'éteindre que lorsque je finirais par quitter ce corps qui est mien?

Si la réeducation physique est un gros morceau de la tarte qui fait le rétablissement de ma peau, il y a aussi quelques rééducations psychiques à enclencher. Se ré-ouvrir. Reprendre le fil d'écriture de ce blogue est certainement une belle part de cette tarte qui me veut du bien.

Comme je ne suis pas de celles qui se font abattre sans se battre et se débattre, je reprends la voie de ces mots qui s'envolent vers ces inconnus parfois connus...



Marcher. Une action acquise pour tant. Disparue pour certains. Incertaine pour d'autres. Tant d'efforts et de volonté pour en retrouver la capacité. Après une année de réeducation en piscine, deux expériences d'infiltrations de colonne et tant de vertèbres instables replacées, voici enfin venue l'étape de la marche.

Refuser la plainte de ses maux qui durcissent le cours de mes heures. Refuser les pitiés mal placées qui blessent et déçoivent. S'enfoncer en un profond silence.

Creuser en ses profondeurs humaines. Inspirer l'affection des miens pour trouver les forces de ne pas lâcher.

Par moins vingt au soleil, le froid pince la peau des joues. La neige craquante bruisse sous mes pas. Sourire devant le bonheur du chien qui renifle et trottine à mes cotés.

Avancer. Persévérer. Jour après jour, se dépasser. Seule option possible pour se sortir de ses limbes qui m’enlisent.

Deux ans après avoir été sévèrement blessée, retrouver la capacité de marcher. Une autre fois. En cette longue rééducation qui fait mon quotidien, marcher en est l'aboutissement. Marcher longtemps. Simplement.

Pour l'instant, marcher est lent. Court. Laborieux. Pénible. Douloureux. Subtilement dangereux si j'abuse. Mais le chien est si content! Accepter les douleurs qui s'aiguisent, la tête droite, le cœur vaillant et l'esprit saturé.

Réhabiliter le corps à marcher. Forcer. Progresser une centaine de mètres à la fois. Soupirer. Travailler à accepter les difficultés physiques qui forment des douleurs morales.  Affirmer sa volonté d'affronter. Affronter ce qui fait mal, ce qui dérange ou ce qui inconforte n'est-il pas le début de surmonter?

En une fugace minute, incrédule, ressentir un frisson de liberté en mes pas. Qui passe et s'efface. Comme une étincelle d’espoir en le brasier des maux qui en rattrapent, trop vite, le mouvement rouillé. S'arrêter avant de vaciller.

Reposer le corps endommagé. Puis recommencer. encore et encore. Sans répit. Tout en continuant la rééducation en piscine, les traitements de chiro et les invasives infiltrations. Quand la persévérance devient un mode de vie...


Dans la nuit glaciale, j'écoute le nouvel album de Lou Doillon, je sais combien, en ces derniers mois, je me suis retirée du monde numérique.

Il n'y a pas que ce blogue que j'ai déserté pour soigner mes plaies humaines.

Exilée en ma brousse polaires, en ces limbes sociales qui font le quotidien de ceux pris en otage par la maladie.

Lou Doillon envoûte ces minutes nocturnes d'où jaillissent ces quelques mots. Un chat baille. Un autre saute sur le lit pour venir se coller à l'autre. Entre deux léchouilles félines, j'écoute cette voix rauque, singulièrement féminine qui habite ses intimes mélodies. Jazzy et Funky à la fois. J'apprécie. Je m'y enrobe les émotions.

J'absorbe. J'inspire cette intimité féminine qui se dégage de sa musique. Une abstraite féminité qui me réchauffe l'âme givrée. En boucle de l'heure des sorcières en coin de super lune hivernale Lou en mes oreilles "it's just you" featuring @catpowerofficial from her last album #soliloquy.



Thank You Lou for creating some invisible cosyness in those polar days that make our ways of winter. When bad health takes the better of me, i fight the worst of it and i persevere. To do so, i still capture those present moments with my camera. Without sharing. Just collecting them in my cloud. 

Capturer le présent pour en faire du passé au futur. Qu'est-ce que le présent sinon l'éphémère qui fait nos quotidiens?


Neither alive nor dead. Somewhere exiled...

lundi, décembre 14, 2015



Sous la pluie verglaçante, l'hiver se cherche une direction dans le village endormi. Je ne pense pas avoir jamais vu le lac si peu gelé à cette époque de l’année!

Étrange est ce temps qui nous traverse les jours de plus en plus courts. Un hiver qui n'en a pas bien l'air. Si j'avais encore mon kayak d'automne sous la main, j'aurais osé aller faire un tour de lac à plusieurs occasions ces dernières semaines...


En ma routine de maman, je vais chercher la Miss à l'école deux fois par semaine sur l'heure du midi.
Cela participe à son équilibre d'enfance et cela nous permet d'avoir des conversations fortuites qui frôlent parfois le surréalisme. C'est la magie de l'enfance qui apprend et cherche à comprendre...


La semaine dernière, au coin du village, elle me dit:

- Le temps est doux aujourd'hui.
- C'est la faute à El Niño, je lui réponds.
- C'est qui ça? Un bébé syrien à adopter?

S'en suit une conversation climatique où j'apprends que la Miss aimerait bien qu'on adopte un bébé syrien orphelin!

Elle est maintenant assez grande pour s’intéresser à l'actualité qu'elle capte en nos diverses discussions adultes et on dirait bien qu'elle a aussi à cœur la question de ces réfugiés qui font les manchettes...

Tout comme la question du climat dont il est difficile d'ignorer les changements en ce mois de décembre où les cieux sont bien gris et où il pleut plus souvent qu'il ne neige...


Atmosphère du jour, bonjour...

lundi, mars 02, 2015


Et pendant que les adultes en ont ras-le-bol des matinées à -30. L'enfance en pyjama se fait une raison et explore sa créativité givrée. Les enfants ont bien à nous apprendre quand vient le temps de prendre la vie du bon coté...

D'enfance et de givre...

dimanche, mars 01, 2015


Cet hiver est le plus froid depuis 115 ans, c'est pas moi qui le dit, c'est les experts! Et je l'avais bien remarqué. Merci!

Cet hiver déchire sa mère avec des -30 à répétitions. Des grands froids qui ne lâchent pas. La dimension dans laquelle on évolue est définitivement polaire. Et... pas le choix, on apprend à vivre avec puisqu'on vit dedans!

À noter que lorsque l'on apprend à vivre avec une difficulté ajoutée, il faut aussi apprendre à s'amuser. Malgré la difficulté! C'est un défi en soi.

J'avoue que sans l'enthousiasme de Miss Soleil pour Bonhomme et le Carnaval, je ne sais pas si j'aurais eu le courage de m'aventurer sur les Plaines d'Abraham par l'une de ces autres journées à -35!

De ces journées qui font du quotidien une aventure. Une aventure car le danger, aussi contrôlé soit-il, rôde dans le frette qui congèle tout sur son passage...

De ces journées où il faut ramasser toutes ses forces en un même élan pour affronter l'extérieur! Ce faisant, je réalise que le Carnaval a définitivement le don de changer les idées congelées. De les sublimer.

Partir à l'aventure d'un après-midi sur les Plaines

En se plongeant dans le Carnaval, on accepte le froid. Les plus assidus l'encenseront. Ce qui n'est pas mon cas...

En ce festival hivernal, on prend cependant le parti de se réchauffer les idées en s'amusant dehors. Et ça marche!



On part cultiver le bonheur hivernal des enfants. On embarque avec nous une amie de la puce. Les deux ont un fun noir! On y retrouve des amis et on s'amuse du froid. En souriant parfois jaune...

On dévale les collines glacées, on dévore une queue de castor, on s’imprègne de cette atmosphère de fête givrée qui règne sur les Plaines. On congèle sur les bords mais cela fait partie du jeu.

Le Carnaval de Québec a le subtil pouvoir de transformer le frette en fun, Mine de rien, ça réchauffe le cœur. Perceptiblement. Les gens y retrouvent le sourire, il y règne une bonne humeur de fond qui fait du bien au cœur. Les plus extrêmes en profitent même pour sortir leurs bikinis!


De retour à la maison, je m'accroche à ces perceptions tout en grelottant sous ma couette. Le temps que ma chair se réchauffe. Il a fait frette en maudit! Un après-midi sur les Plaines par -35, ça fouette! Et j'ai survécu.

Et c'est là où l'aventure prend tout son sens. En cette force qui émerge et se rappelle à nous. Quand on part à l'aventure et que l'on en revient sain et sauf, on en revient toujours plus fort...

Et quand l'aventure a des allures de Carnaval, il devient bien facile d'accumuler quelques grammes de force et de fun!

Toutes les photos de l'aventure par là...




À l'attaque du Carnaval!

mercredi, février 25, 2015

Mardi matin. - 35 (sans facteur vent) à 6:30 am.

Il doit bien y avoir quelqu'un, quelque part, qui compte combien de matins à -30 et des poussières on collectionne depuis que 2015 a commencé!

Une belle collection de matins arctiques qui s'additionnent...

Autour de la table du petit déjeuner, on délire un peu.

Le froid étant ce sujet d'actualité cuisant. Cet hiver déchire sa mère! Me vient alors l'idée de tester le cri matinal.

La Miss accorde si bien son rugissement au mien qu'elle en flabergaste son père. J'explique:

- Parait que c'est bon d'aller crier au dessus d'une colline! 
 - Ça fait revenir le chaud? 

Me niaise l'homme en croquant dans sa tartine...

Le second cri où j'y insère la douleur faciale laisse en plan l'enfance, incapable de canaliser une telle intensité primale. Elle s' exclame:

- Ouf, je me rends pas là moi! 

Ce qui me rassure et me fait sourire à la fois. Nobody wants to go out there. Bref, par -35 de grand matin, on délire dans la cuisine...

Et vous, comment gérez-vous le frette qui se répète?

Hululer de frette...

samedi, février 14, 2015


Alors que les grands froids sévissent, semaine après semaine, l'avenue Cartier de Québec nous réchauffe l'ambiance givrée avec ses étranges lanternes.

Le parcours Lumière sur l'art met en place 34 luminaires géants qui illustrent les œuvres d'Alfred Pellan et de Fernand Leduc. Ainsi l'art moderne du Musée national des beaux-arts du Québec sort dans la rue pour illuminer les idées des passants.

Cette exposition, hors du commun, s'inspire des œuvres qui sont actuellement présentées au Musée. Cette initiative artistique offre au grand public l'occasion d'observer l'art autrement. Et ça marche!

En se promenant sur l'avenue Cartier, en pleine nuit, par - 35 degrés, on s'égare le regard dans les formes et couleurs qui tapissent ces étranges abat-jour et... on oublie un peu l'air glacé qui nous mord la peau.

L'esprit s'égaie. Le coeur s'échauffe. C'est la magie de l'art en pleine action!

Du chemin Sainte-Foy à la Grande allée, on se laisse porter par cette merveilleuse atmosphère surréaliste que dégagent ces gigantesques luminaires. Bref, Pellan et Leduc en plein air, c'est cool...

J'étais venue y faire un tour en plein jour, subjuguée, je m'étais jurée de revenir de nuit.


L'occasion s'est présentée lorsque l'homme m'a proposé une sortie sur Cartier pour la Saint-Valentin.

Même par -1000, enfin -35 pour être franche. Un énième -35 qui donne facilement un ressenti de - 1000! Le froid mordant croque chaque millimètre de peau exposée. Il traverse les couches et vient caresser l'échine qui grelotte. C'est l'hiver extrême. Par -35 degrés sous la lune, j'hulule. Je me lance en un safari photos sauvage en condition extrême.

Surtout quand t'as eu l'idée saugrenue de sortir en jupe et collant! Aussi longue soit la jupe, aussi poilues soient les bottes, il y a de ces courants d'air qui se faufilent. Ce qui selon l'homme amusé, fait de moi une gazelle de 20 ans, qui gambade dans la rue. Il y a de la Saint-Valentin dans l'air...

Quand la passion fait bouillonner l'esprit, cela réchauffe le sang qui se découvre des trésors de courage pour capturer l'inspiration de ces étranges lanternes nocturnes... géants abat-jour qui transforment l'atmosphère polaire.

L'art qui les décore m'élève les pensées qui ne désirent plus que les croquer! Moins charmée par Leduc, je confesse un faible manifeste pour Pellan. Magnifiques sont ses lanternes...

Un élan silencieux me donne l'envie subite d'aller me replonger les idées en son exposition. J'ai accompagné au musée la classe de la Miss, l'année dernière, et je suis tombée sous le charme de cet artiste québécois.

Je craque pour le surréalisme fantasmagorique de Pellan. Je rêve éveillée. Ses lumières m'illuminent les sens congelés.


Et c'est ainsi que je me congèle les fesses et manque de perdre quelques doigts, pour le seul plaisir d'accrocher ces images éphémères en ma mémoire numérique.

Des images, qui dans l'intimité, me rappellent une douce soirée amoureuse. Une soirée de parents libres comme l'air... un air coloré ultra frette qui fait de la nuit une aventure...


À noter: L'application mobile interactive d'Alfred Pellan du MNBAQ que je découvre et télécharge gratuitement...

Quand l'art moderne réchauffe l'hiver et emporte l'esprit...

mardi, janvier 13, 2015


Cri matinal de l'homme: 

- Aaaaaahhhh! Encore -30 à matin! Sans facteur vent! 

La mère s'exclame:

- Liloo, tu oublieras pas de mettre ton pantalon de neige pour revenir du bus! 

Et la puce de répondre:

- Okay, hier on était pas obligés pourtant! P'têt que le temps voulait nous donner un petit loose avant de reprendre la routine? 

Routine polaire en pleine action. L'homme sort faire chauffer le char. Il revient et me dit:

- J'en reviens pas, y'a des oiseaux qui gazouillent! 
- Je sais, j'te dis c'est fascinant!

Brève polaire...

dimanche, mars 09, 2014

Cette année l'hiver est coriace. Il nous "rentre dans l'dash" comme un semi-remorque.

Avec de la neige à profusion et des froids polaires qui se succèdent, ça fesse! 

Une petite bronchite plus tard, alors que je m'enfonce en un spleen hivernal personnalisé je constate que je ne suis pas la seule à en souffrir. Tout le monde en a plein son sac!

Par les temps qui courent, parler de l'hiver c'est être certain d'être compris. Tous dans la même galère. 

Ceux qui aiment les sports d'hiver sont les mieux lotis. Ils restent minoritaires. Les autres n'en peuvent plus à différentes nuances. Tout le monde rame.

Dans un sens c'est rassurant. C'est l'un des rares spleen humain que l'on peut partager de concert. En un même souffle. Ça soude. Je me suis dit toujours dit qu'il n'y avait rien comme un bon hiver pour faire ressortir le meilleur de l'humain au Québec. La solidarité est innée par grands froids. Instinctivement, personne ne laisse personne crever sur le bord de la route par -30. À force de se les geler, on a moins envie de se faire la guerre. On a juste le goût de cocoonner.

 Et c'est d'ailleurs là où le spleen se faufile, au cœur du cocon, selon les ingrédients de chacun, il mijote. Le mien bouillonne...

Je spleen... Spleenes-tu?

jeudi, janvier 24, 2013


Au Québec la froidure de l’hiver est présente chaque année mais certains hivers elle devient réellement intense. La température se fait extrême au soleil. Sous un ciel bleu profond, le vent congèle l’atmosphère. Alors arrivent les grands froids. Sous le soleil givré ils étreignent le temps qui pince l’humain qui s’y pointe.

Ces derniers jours, une masse d’air arctique stagne sur nos têtes. Un froid comme on en avait pas vu depuis 2005. Tout le monde en parle. Le froid fait les manchettes, il est sur toutes les lèvres et réseaux sociaux.

Quant à moi, bien au chaud, en mon cocon d'existence, j’apprécie l’aventure de la chose. Je mets peu le nez dehors mais chaque sortie extérieure devient vite une petite expédition qui me vivifie. Faire chauffer l’auto. M’habiller en mon kit de cosmonaute polaire. Et plonger dans le froid comme on plonge dans l’eau. Histoire de faire quelques brasses...

J’aime sentir la puissance de la nature sur nos petites vies. D’autant plus lorsque je me sens en sécurité. Tant que tient l’électricité. Tout est sous contrôle. En ces temps de grands froids l’électricité est à la source de ma zénitude. Je prends ma planche polaire et surfe les jours glacés sans grande difficulté.

J'écoute les consignes d'Hydro Québec afin de faire ma petite part pour ne pas surcharger le réseau. Trop reconnaissante du confort qu'il m'apporte. En ma bulle de chaleur j’apprécie la modernité de nos vies tandis que je respecte la morsure du froid, son danger, son étreinte qui enserre la maison. Son silence figé. Impossible de ne pas en distinguer la puissance.

À cette température le froid est un compagnon qui donne toutes sortes de leçons. Il enseigne le bon sens et la solidarité. Après tout, on est tous dans le même bateau et on vogue ensemble vers de plus chauds horizons.

À -40 dans le vent, non seulement on se sent vivant mais on est vite en mode survie si on ne fait pas attention à sa peau. La sensation que procure ce contexte me fascine. Je l’inspire. Et je me souviens de cette même impression extrême que j’ai ressentie dans les Keys, en Floride.


Là-bas, à l’autre bout du spectre météorologique, tout le monde parle aussi de la température. Je me souviens du moment où j’ai réalisé que si je pouvais survivre par -30 les doigts dans le nez, je me sentais pas mal plus démunie par +40! Et s'amuser de voir les gens parler de la chaleur comme l’on parle du froid.

Subjuguée par la similarité contraire j’étais. Et par les palmiers, les fantômes de pirates et l’architecture coloniale tropicale…

 Mais revenons à nos moutons givrés. Surfer la vague de froid qui nous glace pour en inspirer la beauté unique. Sa lumière exceptionnelle. Sa texture polaire. La fumée du St-Laurent qui s’évapore dans l’air du temps…

Et pendant ce temps la mère que je suis couve son enfant. Lui explique le froid. Observe son humeur insouciante pour qui la température est juste une autre aventure d’enfance. La regarde apprendre la vie.

Ces derniers jours Miss Soleil s’est pris un petit trip. Out of the Blue elle s’est mise à improviser des nouvelles de l’Agence QMI à sa sauce enfantine.

Amusée par la chose, je lui demande de me faire une nouvelle météo, sur le vif, alors qu’elle revient de l’école les joues toutes rosées. La Miss improvise et je craque…

Surfer la vague de froid...

mardi, janvier 22, 2013


Inspirer l'air du temps entre deux textes technos et s'y glacer les dents! J'apprécie le quotidien de pigiste à la maison tandis qu'une vague de grand froid passe en nos latitudes nordiques. C'est une température à ne pas mettre un chat dehors!

Le froid est si présent qu'il en devient une entité en soi. Palpable, il englobe le présent et le fige sous un soleil éclatant. Le silence gelé de la nature endormie enrobe l’atmosphère polaire. Pas un des deux chats de la maison ne veut mettre un coussinet dehors.

L'une hiberne à moitié en faisant la tronche. Subtilement irritable, elle roupille à longueur de journée sur ma couette. Prière de ne pas la déranger. L'autre hume l'air congelé qui s'engouffre par la porte ouverte et décide de se rétracter pour se réfugier en son petit coin douillet où il peut y chasser des souris imaginaires.

À cette température là, Miss Soleil ne bronche pas quand vient le temps de s'habiller. Je lui explique rudimentairement le principe des engelures en lui disant qu'à ne pas se couvrir on peut y perdre des bouts d'oreilles, de nez ou de doigts. Impressionnée, elle me croit sur parole vu comment le froid est intense.

En guerriers du frette l'on enfile notre armure hivernale. Tuque, gants molletonnés, écharpe et bottes rembourrées sont essentiels à la survie. L'on sait tous bien comment la chaleur du corps s'échappe par les extrémités! Mais une fois bien emmitouflées on peut affronter l'extérieur avec courage et sans crainte.

Bien habillées vient alors le temps d'aller marcher au bout de la rue (pour aller attendre ce bus jaune qui rythme le jour) tout en s'extasiant sur le bleu du ciel qui se déroule à l'infini...

Par -20 au soleil...

lundi, décembre 17, 2012

Évidement connaissant l’humanité c’est le genre de délire qui peut déraper chez certains! Mais voyons le bon coté des choses plutôt que celui qui entraine les désespoirs.

Pour ma pomme, la fin du monde de vendredi prochain, c’est surtout l’occasion de fertiliser l’imagination, d’apprécier l’instant présent, de manger ce que j’ai envie (on va quand même pas se priver à l'aube de la fin du monde)! Et de préparer un petit party pour fêter tout ça.

Ainsi en faisant l’épicerie, après avoir roulé dans la tempête, joué à Mère Noël et choisit la voie des champs pour cause de carambolage monstre sur l’autoroute, je succombe. Je laisse le délire prendre le contrôle de mon caddie. Enfin on peut aussi mettre le tout sur le compte de la tempête...


Alors que je me ballade dans les allées de ce temple d'alimentation. Je contemple ces rangées de produits qui font nos quotidiens vernis. Ces fruits et légumes à gogo. Toutes ces denrées fraîches que l'on prend pour acquises, tous ces produits empaquetés qui nous rendent la vie si confortable...

Une vision qui aurait de quoi surprendre quelques ancêtres catapultés de nos jours. En 1850, cette vision  relevait de la folie. De l’ananas et des framboises, des fraises, quelques limes, des bananes et du brocoli pour Noël? Y’a de quoi rêver! De fil en aiguille mon imagination se prend à anticiper une éventuelle fin du monde.

Après avoir passé la semaine dernière à rédiger quelques articles sur le sujet, je suis ultra informée. Assez pour me faire des films à volonté! Sans compter que j’ai en mes vices quelques fantasmes apocalyptiques qui me font dévorer goulûment des livres comme The Road ou être accro à la série Walking Dead.

Enfin dans les Walking Dead les zombies font partie du décor, c'est presque secondaire. Ce qui compte vraiment c’est l’exploration survivaliste qui se dégage du contexte. En fait, il faut plus craindre les vivants que les zombies en un tel monde...

Du coup je ne résiste plus, et voilà quelques aliments honnis qui apparaissent dans le fond de mon caddie! Arrivée devant les cannettes de thon, je me dis qu’après tout, c’est pas bien grave d’en prendre cinq plutôt que deux, en plus elles sont en spécial! Tout comme les pêches en boites. Au final ma facture d’épicerie se révèle plus salée qu’à l’habitude et ma ligne risque d’en prendre pour son grade cette semaine! Aille…

Au pire cela peut se révéler utile, au mieux pas besoin de s'énerver sur l'épicerie pour les prochains jours. Ceci dit, j’oublie le sucre et la farine. Pas douée la survivaliste du dimanche! Pas sure que les survivalistes expérimentés trouveraient malin de laisser libre cours à sa gourmandise plutôt que de penser sérieusement à se procurer des aliments pertinents en cas d’urgence.

Mentionnons en passant que le survivalisme est une sous culture américaine en pleine expansion. D'après ce que j'en comprends ce phénomène social ne relève pas tant de la peur de la fin du monde que de l'envie profonde d'être autonome. De préconiser une façon de vivre détachée de la société, détachée de la grosse machine qui nous nourrit.

Pendant ce temps la tempête s’intensifie. Plusieurs dizaines de centimètres sont annoncés. Le paysage autour de ma maison est digne d’une carte postale de Noël. La féerie de saison est au rendez-vous. C'est toujours un peu magique une tempête à l'approche de Noël...

Aussi on va dire que c’est Noël et tant pis pour la ligne! La semaine prochaine on reprendra de meilleures habitudes et on passera une saison des fêtes raisonnable. Un Noël où il sera facile d’apprécier la qualité du moment plutôt que de se bourrer de chocolats. Car après les délires de l’imaginaire, la banalité du quotidien n’en sera que plus précieuse.

Et qui sait peut-être finira-t-on moins cons comme l'envisagent certains! Peut-être que la non fin du monde ne sera qu’une nouvelle étape dans l’humanité qui nous fera évoluer vers de meilleurs cieux. "L’espoir fait vivre" dit le dicton.

Dans la foulée, quelques livres à croquer sur le sujet. Quelques uns devenus films dont l'un de mes préférés à sortir l'été prochain (en ce qui concerne les zombies, je suis anti zombies qui courent, trop antinomique à mon goût).


Sans oublier que les délires apocalyptiques sont toujours une bonne façon de retrouver toutes ces raisons qui nous font voir combien la vie est belle...

- Une seconde après de William R. Forstchen 
- Ravages de Barjavel
- The Children of Men de PD James
- The Walking Dead (l’ascension du gouverneur)
- Le fléau de Stephen King
- I Am Legend de Richard Matheson
- World War Z de Max Brooks
- Le dernier monde de Céline Minard
 - La route de Cormac McCarthy

Et si le 21 décembre était l’occasion de délirer un peu…

vendredi, décembre 14, 2012


Voilà décembre bien entamé. Décembre et ses courtes journées. Décembre qui fait rire ou pleurer...

Décembre qui fait neiger le ciel à gros flocons et qui transforme le paysage en une véritable carte postale de Noël. Décembre et sa tradition du sapin que l'on décore avec cœur. Ah! Décembre quand tu nous tiens!

À mesure que l'on redécouvre les décorations, les souvenirs des noëls passés reviennent en mémoire. De nouveaux souvenirs s'emmagasinent avec les nouvelles décorations que l'on rangera en janvier dans la grosse boite transparente.

À chaque année, quelques boules et bidules de plus s'ajoutent à cette grosse boite qui mémorise nos noëls en trio familial. C'est là que l'on pige pour décorer le petit sapin artificiel de la salle de jeux de Miss Soleil et le gros sapin ultra naturel qui fait la loi du salon.

Cette année, parti avec la puce en mission sapin, l'homme a vu gros. Il a ramené à la maison un spécimen dodu à souhait! Un gros sapin qui sent bon la forêt. Toute une bête! En réorganisant le salon on arrive à lui faire une "petite" place. Le roi de la forêt embaume la maison. Hourra! L’opération sapin est accomplie.


Décembre peut maintenant couler des jours doux. Si la fin du monde n'est pas de cette année 2012 alors comme à chaque année, la puce trouvera des cadeaux colorés sous le sapin. Surexcitée, elle trainera ses parents en pyjamas pour déballer les surprises du jour.

À mes sens, Noël est un moment particulier de l'année où partage et générosité sont d'actualité. Car Noël n'est pas seulement un temps pour magasiner! Ceci dit, comme le partage et la générosité se cultivent à l'année, Noël est avant tout un temps pour se rappeler de la gentillesse humaine et de ses bontés.

Et comme je suis fan de la gentillesse humaine, je me laisse glisser jour après jour dans l'esprit de Noël en essayant de chasser les tristesses qui tentent de rejaillir en cette période des fêtes.

Noël c'est bien des belles choses mais c'est aussi certaines tristesses qui couvent. De ces douleurs d'existence qui remontent le long de l'échine pour assombrir la tête. Jamais je n'oublie que pour certains la tristesse enrobe les fêtes de Noël et en gâche la paix. Enfin, au moins il y a du chocolat! Toujours un bon remontant pour batailler les coups de blues.

Comme à chaque année, la joie de Miss Soleil anime ce temps de Noël et baume ces peines familiales que j'étouffe en mon sang. De sa joie naturelle je me nourris. Je prends note de ces petits bonheurs à collectionner au quotidien. Elle. Lui. Moi.

Dans ces moments là, je me sens bien chanceuse de partager ma vie avec mon homme et ma fille. Mes émotions palpitent et la joie m'inonde. Alors pour ne pas me noyer dans les blues de Noël, je me concentre à collectionner ces petites joies qui me réchauffent le coeur. Et c'est ainsi que j'accroche la magie de Noël.

De cette magie de Noël qui fait apprécier les journées grises où virevoltent les flocons! De cette magie invisible qui fait que je crois encore un peu au Père-Noël.

Mère Noël à l'attaque! Lorsque j'ai reçu un colis de chocolats Kinder sur mon perron, je me suis dépêchée de cacher un énorme œuf surprise en me disant qu'il sera juste parfait sous l'arbre. Ou plutôt devant l'arbre vu la taille de la bête cette année...

En tant que maman Kinder, j'apprécie le programme De la joie à partager. KINDER® Canada qui se déroule en décembre pour soutenir le Réseau Enfants-Santé, qui, depuis 1983, aide à sauveret améliorer la vie des enfants en recueillant des fonds pour les hôpitaux pourenfants.

Et qu'il y a-il de plus simple que de visionner la vidéo de Noël sur la page Facebook de Kinder pour donner 1$ à une bonne cause?

C'est aussi l'occasion d'avoir une pensée empathique pour ces familles qui passent Noël au chevet d'un enfant malade. Sans oublier que vous pouvez aussi faire directement un don au Réseau Enfants-Santé en suivant ce lien...

Nota Bene: Ce billet s'inscrit dans le programme MamanKinder avec lequel je suis affiliée. Les opinions exprimées ici bas n’engagent que ma pomme des bois.  

Sapin dodu, Noël repu?

vendredi, novembre 30, 2012

Ce matin, par -25 degrés sous un soleil éclatant, ma porte était bien givrée. L'hiver faisait le beau tandis que la plupart des gens faisaient la grimace...

Il faut cependant avouer que la lumière est belle par - 25 degrés au soleil. La lumière est belle mais elle reste bien glacée! Et puis le soleil est un couche tôt. Dès 15:30 il entame sa descente. Une heure plus tard, il fait nuit noire...

Le froid met l'atmosphère en suspension. C'est une drôle d'impression. Alors on se réconforte dans la chaleur de nos maisons. L'on commence à penser à Noël. Le paysage s'habille de lumières multicolores et l'on aime se garder le coeur bien au chaud de son foyer...

Un dicton anglais dit: "Home is where the heart is". Lorsque l'hiver nous enserre de ses griffes givrées qu'il y a t-il de plus réconfortant que de se réchauffer le coeur avec les siens en une maison confortable qui sent bon le gâteau?

C'est le temps de faire tourner le four à plein régime, histoire que la maison sente bon et que la chaleur se propage dans la cuisine. L'homme mijote and i bake...

Lorsqu'il fait bien froid dehors c'est toujours là où j'ai envie de concocter un bon gâteau. Et en furetant les recettes du site Vivre délicieusement, je suis tombée sur l'une de ces idées qui me titille l'aventure culinaire.

C'est le genre d'idée qui fait frissonner mon homme mais qui a le don de beaucoup m'amuser...

C'est le genre d'idée qui fait que je regarde des émissions comme Sweet Genius ou Chopped, juste pour le plaisir de voir comment les chefs feront pour cuisiner des aliments incongrus.

C'est donc dans cet ordre d'idée que je suis définitivement tentée par cet espèce de cheesecake aux patates douces. Voici une manière définitivement originale de cuisiner des patates douces!

L'idée de marier en une tarte d'hiver des patates douces avec une préparation de gâteau au fromage me remplit de curiosité. En plus c'est une recette simple que je peux facilement faire avec la Miss...

Exactement le type de recette qu'il me faut pour réchauffer l'hiver qui vient nous glacer les os!

Un dessert hors du commun que je me ferai un plaisir de préparer pour mes amis lors de la prochaine soirée à la maison...

Ce billet s'inscrit dans le programme Vivre délicieusement de General Mills avec lequel je suis affiliée. Les opinions exprimées ici bas n’engagent que ma pomme des bois.

Faire tourner le four par grand froid...

vendredi, janvier 27, 2012

Jour de tempête,

Au cœur de l'hiver, les tempêtes sont comme des battements de saison. Ce matin, avant même que les premiers flocons ne tombent, l'école ferme ses portes. Miss Soleil relaxe.

Une bruine de neige commence à tomber. Une heure passe. La tempête lève avec des bourrasques qui font tourbillonner la neige qui s’affole.

La visibilité se réduit. L’atmosphère blanchit. La forêt gronde. Elle absorbe la tempête qui malmène le jour. Les cimes des sapins tanguent...

Sur le coup de midi, la tempête fait sa loi. Les paris sont ouverts. Combien de centimètres d'ici demain? Quinze, vingt, vingt-cinq, trente ou quarante?

Jour de tempête,

lundi, janvier 16, 2012

À ne pas mettre un chat dehors!


L'hiver nous enserre de sa royale froidure. En lumière, il congèle nos vies qui s'épanouissent dans le cocon de nos intérieurs.

Lorsque le froid aspire le soleil qui nous éclaire, il fait si bon profiter de nos maisons bien chauffées. Le besoin vital de se recroqueviller en une bulle de chaleur se fait viscéral...

L'hiver peut être rude mais avec le confort que l'on possède, il est plus qu'apprivoisé. Chaque maison devient une chaleureuse bulle dans le désert polaire qui forme nos mois d'hiver.

L'aventure nordique qu'il en résulte, à chaque traversée annuelle, n'est pas si terrible, elle possède même certains charmes, parfois féeriques.

Il y a ces journées remplies de flocons si gros qu'on les appelle "peau de lièvre", lorsque l'air devient boule de neige et que le silence s'approfondit avec nos pas qui crissent sur la neige. Lorsque qu'il virevolte et danse, l'hiver peut sembler magique...

Et puis, il y a ces glaciales journées où l'air gelé semble entrer en suspension dans l'atmosphère. Aucun nuage n'ose venir troubler le bleu du ciel.

Ces journées givrées font aussi le rythme de la saison.  Elles transforment l'air en un étranger qui peut nous tuer. La sensation de danger qui en ressort n'en est pas moins stimulante. S'habiller devient une question de vie ou de mort!

L'air sec pince la peau, rougit les joues, gèle le crâne et aime grignoter les oreilles comme les orteils! L'air s’imprègne de glace. Comme un mirage, il ondule...

Et il devient visible lorsque l'on ouvre la porte d'entrée par -30. L'air chaud de la maison rencontre l'air glacé de dehors et une fine vapeur enrobe celui qui traverse les deux atmosphères.

En ces courants polaires, il fait plus que froid, il fait frette! Mais il fait aussi grand soleil sur un ciel d'azur qui s'étire à l'infini.

Autant qu'il fait froid, il fait beau. Le soleil fait étinceler le paysage enneigé.  La lumière éclaire un air cristallin. La forêt est ouatée d'hiver.  Le temps se suspend  à l'air givré. Heures alanguies qui nous hibernent les jours...

- 30 sous la lune, Badu au salon réchauffe la maison.

Le sapin enlevé laisse libre cours à l'inspiration de redispositionner la pièce. Remuer la poussière. Aérer l’espace. Histoire de changer d'air sans ouvrir porte ni fenêtre!

Avant de se coucher, Miss Soleil se prépare à mettre sa troisième dent tombée sous son oreiller, pour que vienne la fée. Fière de grandir, une dent de lait à la fois!

-33 à l'aube, la nuit est figée dans l'ambiance congelée du jour à venir.

Rien ne vit, rien ne bouge. Même les sapins grelottent! Le froid engourdit tout sur son passage.  Puissant, il sait se faire respecter. L'on s'incline.

Je me lève avant les poules pour préparer un topo techno ultra matinal sur les liseuses électroniques avec Radio Canada Sudbury.

- 30 au soleil qui se lève. Radio bouclée. Débute une autre semaine de piges. Homme au bureau, enfant en classe, en mon cyber bureau je m'assois pour travailler.

Et pendant ce temps, Mishka se prélasse sur un fauteuil du salon. Féline jusqu'au bout des griffes, elle se fout de nos méandres humains. Elle ne se pose pas mille questions. Elle s'écarte les coussinets, se détend jusqu'à la moelle et sieste. Aujourd'hui, elle sait qu'elle restera encore lovée bien au chaud. Patiente, elle attend que revienne le printemps...

À ne pas mettre un chat dehors!

mercredi, avril 20, 2011

Agace-printemps...


Au coin de la forêt, la patience a la texture d'un 20 avril sous la neige. Au coeur de la tempête qui bat son plein, mon esprit s'évade. Indiscipliné. Il joue avec les vents fous qui font tournoyer les flocons trop dodus pour la saison. Ici, le printemps n'existe que dans les gazouillis des oiseaux. Des oiseaux que je nourris et qui viennent par dizaines picorer une pyramide croustillante et des graines enrobées de beurre d'arachide.

Le chat n'en peut plus de voir virevolter les oiseaux entre deux flocons. Il miauline derrière la fenêtre. C'est de la torture féline. Comble d'ironie c'est dans un bol de croquettes que je dépose les graines sur la table du balcon! Tout comme le chat, j'observe le ballet des oiseaux en tout genre. Pas experte pour deux sous, je n'en connais aucune espèce mais j'en apprécie les différences.

Pour me convaincre que l'on ne vit pas une hallucination collective, je vais faire quelques courses au village voisin. Alors qu'hier je me promenais au soleil de la rue St-Jean avec mon amie Dee et son joli bébé, aujourd'hui c'est une véritable tempête de neige qui nous tombe sur la tête! Une trentaine de centimètres est annoncé en mon coin de lac figé. Nous vivons un printemps agace-pissette. Je t'aguiche un coup et flop, je te largue là (comme une vieille chaussette)!

À l'épicerie, l'humeur est morose. Personne ne sourit vraiment. Les gens sont taciturnes, ma pomme comprise. Il y traine une atmosphère lasse enrobé de patience. Tout le monde attend le beau temps. Alors pour mettre un peu de printemps dans nos vies, j’achète des tulipes. En pot. Comme de l'espoir en pot. L'envie d'y croire. Garder espoir. L'hiver finira un jour. Les heures s'écoulent et il neige toujours...

Je m'arrête aux boîtes à courrier. Ma boite est vide. Dehors, le vent rage la galère d'un printemps aux allures d'hiver. Un printemps qui me donne le temps de reprendre du poil de la bête. Dedans, je remonte le chauffage. Dans le fond, cela tombe bien car je n'étais pas tout à fait remise. Je repose mon oeil qui fatigue avec mon look de pirate. Je repose ma peau qui guérit. Je tiens vraiment à me remettre en santé avec le printemps, enfin avec l'été qui n'est surement plus très loin! Quelque part, au détour du chemin...

Agace-printemps

mardi, février 01, 2011

Lorsque l'on fête en un palais de glace...


Saviez-vous que l'hôtel de glace est fabriqué grâce à 500 tonnes de glace et 15 000 tonnes de neige? Une fois construit, il possède une superficie de 3000 mètres carrés et ses plus hauts plafonds mesurent 19 pieds de hauteur (5.4 métres). En plus de ses 36 chambres et suites, il possède une salle d'exposition, une chapelle et une longue glissade. Son bar de glace, qui fait aussi office de discothèque, peut contenir plus de 400 personnes et 150 autres peuvent se retrouver au Café Glacé...

Sa matière première est évidement la neige. Elle est fabriquée directement sur le site à l'aide de canons. Cette neige ultra dense devient aussi dure que de la glace. Elle est soufflée dans des moules de métal en forme de dôme. Selon la température, il faut entre 10 heures et trois jours pour retirer les moules d'acier. Les murs de l'hôtel de glace ont une épaisseur de plus d'un mètre (4 pieds). Les blocs de glace qui sont utilisés pour les colonnes, les meubles et la décoration intérieure sont produits par Artic Glacier.

Avec une température intérieure d'environ - 5 degrés,  il faut toujours se rappeler la technique des trois couches. La recette est simple et efficace! Il suffit de l'appliquer pour déambuler en tout confort. Ainsi la première couche intérieure est composée des sous-vêtements qui permettent à l'humidité de s'échapper. Le coton retient l'humidité, il est déconseillé de le porter. Par contre les vêtements synthétiques sont recommandés. La couche intermédiaire doit isoler l'air et contrôler l'humidité. Un chandail de flanelle ou un polar sont de mise. Ensuite la couche extérieure doit couper le vent et l'humidité. Il est aussi important de se couvrir la tête avec un chapeau qui protège les oreilles. Une écharpe chaude est nécessaire et des gants sont obligatoires. N'oublions pas que les verres sont aussi en glace!

L'on sait que des dizaines de milliers de touristes visitent l'hôtel chaque année. Ce dont on sait moins c'est combien les mariages y sont populaires. Particulièrement pour ceux qui vivent dans le sud. Pour ces gens là, venir se marier à l'hôtel de glace est fantasmagorique. Comme lorsqu'un québécois va se marier sur une plage entre deux palmiers! Les employés de l'hôtel ont toutes sortes d'anecdotes à raconter lorsqu'il est question de mariages givrés.

Aussi, il n'est pas rare de croiser des caméras au détour d'une de ses chambres! Et je je parle pas des milliers d'appareils numérique qui le mitraillent tout au long de son éphémère existence! Chaque année, des dizaines de tournages s'y déroulent, du plus coquin au plus commercial...

Lorsque l'on fête en un palais de glace...

D'hiver et de féerie...

Une autre semaine glacée en perspective. L'une de ces semaines à -30 dans le vent. Une semaine à grincer des dents sous le fouet de l'air ambiant...

Le froid est mordant. Il enserre nos quotidiens de sa toute puissance. Le positif de l'histoire est que lorsque revient -10, l'on en apprécie la douceur! Et l'on se dit, qu'un jour, il fera de nouveau zéro et que l'on aura presque chaud!

Fin janvier - début février est mon temps honnis de l'hiver, celui qui semble le plus long. Celui où l'envie de fuir dans le Sud hante l'esprit qui se glace au soleil.

Et c'est aussi le temps où se forme l'hôtel de glace. Un endroit né de notre rude hiver qui a l'étrange don de me réconcilier avec la saison polaire...

Je l'ai découvert, un peu par hasard, au début de l'année 2005. Il s'érigeait de l'autre coté du lac. Durant une fin de semaine particulièrement ensoleillée, l'envie nous a pris d'aller se promener sur le lac.

Une fois sur place, l'envie de le parcourir à pied a pris possession de nos pas. Deux petites heures plus tard, nous l'avions traversé. Et de l'autre coté du désert polaire nous est apparu l'hôtel de glace! Comme un mirage givré après l'effort...

Je crois que ce jour  là, un sort m'a été jeté.  Car depuis ce jour là, je suis sous le charme à chaque fois que j'en pénètre l'antre givrée. J'oublie alors le froid et je m'émerveille de la féerie qui y règne.

D'ailleurs j'adore aller y faire un tour quand il fait -30 dehors. À cette température là, il fait doux à l'intérieur de ses épais murs de neige, l'on s'y sent bien. C'est une sensation tout à fait particulière qu'il fait bon connaitre...

Ambassadrice de glace

À la fin de l'année 2005, après que mes photos de l'hôtel aient fait un petit tour du monde sur Flickr, j'ai été contactée pour "devenir ambassadrice". Depuis, chaque année, je vais de mon objectif capturer cet endroit surréaliste.

Mais cet hiver 2011 est différent des autres. Cette année, l'hôtel n'est plus de l'autre coté de mon lac. Cette année, il a déménagé en ville. Il ne fait plus partie de mon paysage, il fait désormais partie des nombreuses attractions de Québec.

Il installe ses quartiers dans l'ancien zoo de la ville (à 45 minutes de chez moi). J'en suis tristounette. Comme toute la région d'ailleurs. L'hôtel générait quelques dizaines d'emplois par saison et mettait certainement de la vie en notre coin de brousse figée dans le frette.

Aussi, cette année, c'est avec un serrement au cœur que je me suis rendue à l'autre bout de la ville pour aller retrouver ses pénates. Cela dit, une fois sur place, j'ai réalisé que je pouvais encore m'y sentir chez moi. Je pouvais continuer de l'aimer même s'il avait quitté mon environnement sauvage.


Du coin de mon lac à l'ancien zoo de Québec

Mais je dois avouer que son nouveau site me charme moins. La nature dont il faisait partie alors qu'il s'étendait en bord de lac ajoutait à son aura surréaliste. Il s'incorporait à son environnement nordique comme aucune maison humaine ne peut le faire. En ville, ce n'est plus tout à fait  pareil...

Alors que je me ballade en ses chambres, je retrouve mes habitudes acquises au fil du temps. De tout ce temps passé à m'en imprégner. Je remarque que cette année, l'équipe a mis le paquet sur les détails! La glace (et la neige) n'en finit plus d'être ciselée, dentelée, travaillée.Comme d'habitude, c'est magnifique. En mon œil averti, je déplore le manque de colonnes en son entrée (même si je m'extasie sur les détails de celles qui sont là). La glissade manque un peu de vitesse mais elle fait certainement le bonheur des petits et des grands...

Lorsque nous y remettons les pieds pour la première fois cette année, la fête d'inauguration bat son plein. M'zelle Soleil, heureuse comme une puce, retrouve ses repères et son enchantement. Je réalise à quel point l'hôtel fait partie de sa mémoire hivernale. Alors malgré son déménagement, nous y retournerons encore et encore pour apercevoir l'hiver sous un autre jour...


Il est à noter que le secret pour apprécier cet endroit glacé est d'y aller correctement habillé! Avoir de bonnes bottes est très important si l'on ne veut pas être frigorifié en deux temps trois mouvements. Même s'il fait - 5 à l'intérieur de l'hôtel, lorsque l'on a froid, la visite peut être pénible. En cette dimension hivernale, la mode en prend certainement pour son grade...

Comme l'on sait tous que c'est par les extrémités que l'on perd sa chaleur vitale! Alors il faut vraiment bien s'habiller pour que la magie opère. Tuque, foulard et gants sont obligatoires si l'on veut bien en profiter!

D'hiver et de féerie...

mardi, janvier 18, 2011

Entre deux pas d'hiver...


Le paysage se fige dans l’atmosphère nordique. La lune s'éclate sur fond de ciel bleu. L'hiver reprend ses droits et l'on se givre les joues sur un coin de lac en glace. En ce désert d'hiver, alors que brille le soleil de pleins feux, la peau des joues se crispe sous le pincement du vent qui souffle ses accents polaires. Notre pays, c'est l'hiver...

L'on fait un tour de lac congelé puis l'on se ballade sur une piste qui n'est plus cyclable. M'zelle Soleil, les joues rosies par le froid, s'exclame: "Maman, l'hiver c'est vraiment pas aussi le fun que l'été! On peut pas faire de vélo, on peut pas se baigner, faut toujours s'habiller, pfffff..." Entre deux pas d'hiver, le temps nous pourchasse et des brins d'innocence s’effacent...

Entre deux pas d'hiver...

lundi, décembre 13, 2010

Chercher des lutins dans la tempête...

Alors que le temps se détraque, l'on oublie la pluie qui dégouline aujourd'hui pour se souvenir de la tempête de neige d'hier...

Au programme de la fin de semaine: décoration du sapin de salon ainsi qu'une balade au coin d'un parc de Québec pour y rencontrer des lutins égarés.

Mais l'on a pas regardé la météo avant d'organiser nos activités. Se laissant plutôt porter par le ciel bleu.

Alors, lorsque la tempête s'est pointée dimanche midi, l'on a décidé de ne pas se laisser décourager. En fait, l'on a même décidé d'en faire une aventure de saison...

Avec coeur et courage, l'on a pris la route. Bien décidés à rencontrer un lutin au bout de notre chemin. Mais la route était rude et plus longue qu'à son habitude. Assez longue pour que M'zelle Soleil fasse un petit somme tranquille!

Enfin arrivés à l'endroit indiqué pour l'activité, les lutins venaient d'en partir. Tant pis! L'on a squatté leur cabane pour se réchauffer et joué avec leurs biscuits en pain d'épice. La Miss était contente même si un peu déçue. L'homme en a profité pour la faire valser de sa luge en faisant des tours de parc. Ses éclats de rire se mêlaient aux vents qui tourbillonnaient.

Les sapins multicolores ajoutaient une touche féerique à l'atmosphère urbaine pleine de neige. La ville désertée n'avaient pas l'air désolée. Perdus dans la tempête, l'esprit de Noël éclairait nos pas tandis que je savourais la douceur de ces instants simples mais précieux...

Chercher des lutins dans la tempête...