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lundi, septembre 05, 2016


En ce lundi de fête du travail ensoleillé, il y a foule sur le sable! L'été s'attarde. Personne ne s'en plaint. Cette fin de semaine marque nos dix ans d'union à la chapelle du village. Six ans après une union civile à la mairie de Besançon. Il y a dix ans, enceinte jusqu'aux yeux, l'on s'est mariés, une deuxième fois, devant Dieu...

Aujourd'hui, le soleil grille les peaux. La plage du village se prend pour la Côte d'Azur où s'empilent les corps huilés et les parasols colorés. Le bruit des vagues sur le sable me rappelle tous les bateaux qui bousculent la nature de l'eau. Je monte le camp en mon coin de sable isolé.

D'un côté, les plus urbains s'éclatent sous le ciel bleu. Et, de l'autre côté, tout au bout de la plage, quelques locaux sauvages trouvent la paix en ce coin de sable peu peuplé (car non surveillé par les sauveteurs). Ce qui fait notre petit bonheur tranquille...


Fête du travail sur le sable et 10/16 ans de mariage...

vendredi, septembre 02, 2016


Je vis entre lac et forêt. Sur la même rue de brousse depuis 16 ans maintenant.

Avec le nouveau millénaire, après 27 ans aux saveurs de bohème, j'ai voulu prendre racine. En compagnie de mon jeune mari de 20 ans. Puis nous nous sommes reproduits. Nous nous sommes enracinés...


Je vis entre lac et forêt. Je nourris mon côté urbain à Québec, qui n'est pas si loin. Juste assez loin pour l'oublier une fois rentrés chez soi. Et juste assez près pour facilement y soigner un brin de #CabinFever.

Je vis entre lac et forêt. J'adore ça. Cela m'apaise le coeur. Et les nerfs...

Avec l'été qui s'achève, les maisons secondaires, celles qui font bourdonner le village en ses rythmes estivaux, commencent déjà à s'empoussièrer.

Jusqu'à l'été prochain où reviendront s'amuser de riches citadins. Je ne m'en plains point. Les âmes urbaines retournent en leurs quartiers pressés. Elles emportent avec elles leurs bruits mécaniques. La nature reprend tous ses droits. Et le silence humain est roi.

En ces instants d'insomnie où le village est complètement endormi, j'écoute la nuit. Elle vibre de centaines de sons qui emplissent l'obscurité tranquille. Elle suit les rythmes nocturnes qui en font la norme.

Quand ronflent homme, enfant et animaux, par les fenêtres ouvertes, j'écoute vibrer la nature qui fait bruisser l'atmosphère.

La vie habite le silence de la nature qui me berce l'esprit. Celui-ci jouit alors d'un indicible plaisir invisible...

Entre nature et sommeil, passe un orgasme de brousse...

dimanche, mai 29, 2016


Il y a une trentaine d'années, le lac était bordé de chalets comme le plus petits de ces trois là. C'était des chalets familiaux. Ils étaient conçus pour l'été et rarement visités durant l'hiver.

À la fin des années 90, ces petits chalets de bord de lac ont commencé à se vendre à gros prix. Les nouveaux propriétaires ont mis à terre les petits chalets pour construire de gros chalets comme celui du milieu. Des chalets habitables à l'année.

Depuis une dizaine d'années, les nouvelles constructions sont du genre de la plus grosse des trois maisons. Qui n'est pas la plus grosse en son genre...

En cette photo croquée sur l'eau, on voit parfaitement la progression immobilière du bord du lac. Les petits chalets d'antan sont de plus en plus rares, les gros chalets font la norme et les manoirs se la pètent à coups de millions de dollars. Bienvenue dans le nouveau millénaire...

Quand les chalets grossissent...

lundi, décembre 14, 2015



Sous la pluie verglaçante, l'hiver se cherche une direction dans le village endormi. Je ne pense pas avoir jamais vu le lac si peu gelé à cette époque de l’année!

Étrange est ce temps qui nous traverse les jours de plus en plus courts. Un hiver qui n'en a pas bien l'air. Si j'avais encore mon kayak d'automne sous la main, j'aurais osé aller faire un tour de lac à plusieurs occasions ces dernières semaines...


En ma routine de maman, je vais chercher la Miss à l'école deux fois par semaine sur l'heure du midi.
Cela participe à son équilibre d'enfance et cela nous permet d'avoir des conversations fortuites qui frôlent parfois le surréalisme. C'est la magie de l'enfance qui apprend et cherche à comprendre...


La semaine dernière, au coin du village, elle me dit:

- Le temps est doux aujourd'hui.
- C'est la faute à El Niño, je lui réponds.
- C'est qui ça? Un bébé syrien à adopter?

S'en suit une conversation climatique où j'apprends que la Miss aimerait bien qu'on adopte un bébé syrien orphelin!

Elle est maintenant assez grande pour s’intéresser à l'actualité qu'elle capte en nos diverses discussions adultes et on dirait bien qu'elle a aussi à cœur la question de ces réfugiés qui font les manchettes...

Tout comme la question du climat dont il est difficile d'ignorer les changements en ce mois de décembre où les cieux sont bien gris et où il pleut plus souvent qu'il ne neige...


Atmosphère du jour, bonjour...

samedi, mai 23, 2015


Avec les manoirs secondaires qui se construisent à coups de millions de dollars au bord du lac, certains pensent que le village perd son âme.

Rappelons que ce lieu de villégiature n'a de route que depuis les années 50. En son âme, il y a l'essence de la nature du Québec. L'essence de la vie paisible qui se déroule en coin de lac. Il y a ces petits chalets d'antan qui en rappellent le bon temps...


Et puis il y a cette monstruosité qui me fend le cœur à chaque fois que je marche sur cette rue. Avant d'acheter notre maison, le terrain en face de la maison d'origine nous intéressait. En s'y intéressant, nous avions rencontré le couple de retraités qui y habite depuis 30 ans. On avait bu un café et admiré leur vue. Un gentil couple qui reflétait bien l'âme du village.

Au printemps dernier, lorsque j'ai marché jusqu'à là et que j'ai vu la construction qui leur faisant tant d'ombre, mon sang n'a fait qu'un tour. Quel goujat sans cœur ni conscience pouvait ainsi se construire en plein devant le petit couple âgé et leur voler leur vue! C'était diabolique. Et la ville avait laissé faire ça!?!


Un panneau "À vendre" était planté devant la maison du petit couple qui nous avait expliqué combien il était heureux de vieillir, en paix, ici, avec leur vue sur le lac. Cela m'a pris une saison pour m'en remettre. Incapable de passer par là sans bouillir intérieurement. Comment un être humain digne de ce nom pouvait avoir si peu de considération pour son prochain, pour son voisin!?! Révoltée la mère.

Ce printemps, en marchant là avec une amie, j'apprends que le couple qui était en train de construire cette monstruosité se séparait. Well, Karma is a bitch! Et si je n'aime pas me réjouir du malheur des autres, j'ai ressenti à cette nouvelle une sorte de soulagement, il y a certainement là une leçon humaine à tirer...

En discutant de la chose avec mon amie, l'on remarque que l'on connait pas mal de couples qui se font construire de grosses baraques dans les parages pour ensuite se séparer à peine la maison finie.

Et je ne peux m’empêcher de penser que si ces couples investissaient davantage en l’immatériel de leur relation plutôt qu'en la grosseur de leur maison, il y auraient moins d'enfances tristes et plus de couples heureux.

Malheureusement, ici, les dégâts sont faits, personne ne mettra plus jamais à terre cette affreuse maison. Une maison à moitié finie dont la finition n'est plus une priorité d'après ce que j'en apprends.

Une maison qui aura gâché la fin de vie de ce gentil petit couple qui ne souhaite plus que vendre, à perte. Et qui manifestement n'aura pas porté chance au goujat qui en a eu la savante idée...

Et alors que l'on descend la colline en direction du lac, je fais une prière silencieuse pour que le village garde son âme d'antan encore quelques décennies durant...

Album Flickr à visionner par là...




De cœur et d'argent... Où s'en va l'âme du lac?

samedi, mai 03, 2014

Vendredi midi, je navigue en notre routine mère/fille. Aller chercher la puce à l'école, faire l'épicerie, manger ensemble, ramener l'enfant à l'école...

Ce faisant je rencontre une femme que je connais, de loin, depuis longtemps.

De mon temps universitaire où je faisais du soutien scolaire. Sa fille aînée étaient de ces petits mousses en difficulté que je prenais sous mon aile.

Plus de dix ans plus tard l'on se croise toujours au village, sa fille est maintenant femme, je la croise aussi parfois. Ce jour là, je croise la mère une autre fois. Appelons là Blondie. Jasette anodine et rapide entre deux allées. 

Plus tard, Miss Soleil et moi-même, attablées, mangeons notre lunch.

Blondie rencontre des connaissances à la table dernière. Comme j'ai des oreilles supersoniques, je discute avec la puce en même temps que j'entends parler derrière moi. 

Conversation banale de connaissances qui se rencontrent par hasard. Conversation cordiale entre Blondie et une femme accompagnée de son mari. Cela parle de mauvais temps, de marche et de courses, de chien et de quotidien pendant un bon dix minutes. Blondie s'en va.

Une minute plus tard, cette voisine de table commence à parler de Blondie. J'aiguise mes oreilles tandis que ma puce dévore sa lasagne. La dame commence alors toute une tirade sur combien Blondie l'écœure. Here we go... 

Elle décortique leur conversation pour mieux en défouler la hargne cachée. Après lui avoir parlé par devant, elle lui parle maintenant bien comme il faut par derrière. Pas mal plus sincèrement qu'elle lui a parlé par devant! Je soupire intérieurement. De ce que j'en comprends Blondie s'est trop plaint de sa vie pour son état fricqué et privilégié. Manifestement le courant humain n'est pas passé! 

Et je ne peux m'empêcher de constater l'hypocrisie adulte de celle qui chie des briques sur le dos de l'autre. Entre les mots venimeux, une vilaine jalousie vibre. Life ain't always pretty...

Pour m'en consoler, je prends le temps d'apprécier ce moment pur et simple avec Miss Soleil qui grandit. D'un autre côté de la place une tablée d'ados attire l'attention de Miss Soleil. On en discute un coup. Frissons d'anticipation maternelle. J'inspire le moment présent. 

Il n'y a rien comme les conversations du vendredi midi pour resserrer ces liens mère/fille que l'on tisse jour après jour, mois après mois, année après année. Des liens imprègnés d'amour sanguin. Des liens qui renforcent ce fragile cocon d'intimité où chacun protège son humanité. Ainsi j'espère pouvoir en éviter les failles qui la composent...

Laisser traîner ses oreilles baladeuses, à ses risques et périls...

mercredi, décembre 11, 2013

http://www.flickr.com/photos/etolane/11293027434/in/set-72157638516960824/
Habiter en coin de lac c'est en inspirer les multiples états d'eau.

Et même si certaines atmosphères se répètent au fil des saisons, les nuances n'en sont jamais les mêmes.

C'est ce qui rend la nature qui m'entoure si vivante à mes sens. Ses subtilités m'ensorcellent l'esprit.

Et parfois, l'on capte un état plus rare que les autres. L'un de ces moments précieux qui devient un petit bijou mental. 

Dimanche dernier, le lac nous a offert un après-midi exceptionnel en se transformant en une incroyable patinoire.

Sa surface aussi solide que lisse a attiré tous les locaux qui se sont fait le plaisir d'en profiter. Que cela soit en patins, en planche de surf, à pieds ou même en moto! Inutile de préciser que l'on s'en est donné à cœur joie.

http://www.flickr.com/photos/etolane/11293116673/in/set-72157638516960824

Durant ce jour de lac si particulier, l’atmosphère ambiante était tout simplement magique. Une bonne partie du village s'est retrouvé sur sa surface lisse. Les ados se sont éclatés à jouer au Hockey. Les patineurs de tout âge ont joui. Les chiens ont couru avec enthousiasme. L'humanité locale a inspiré une bouffée de paradis...

Il est tellement rare d'atteindre de telles conditions de lac que le moment était réellement féérique. Certains affirmaient ne pas avoir vu cela depuis 25 ans. Quant à moi qui vit là depuis 13 ans, je n'avais jamais vu ça!

http://www.flickr.com/photos/etolane/11293027434/in/set-72157638516960824/

Pour arriver à de telles conditions il aura fallu que le lac gèle d'abord en son entier. Ce qui fut le cas à la mi-novembre avec plusieurs nuits glacées à souhait.

Puis une bonne tempête de neige a déposé sur sa surface gelée une couche d'environ quinze centimètres de poudreuse. La pluie a suivi la tempête. Elle est venue se mélanger au tout pour former de la bonne sloche lissée par les vents avant de regeler d'un bloc avec quelques nuits bien congelées.  Et voilà le résultat!

http://www.flickr.com/photos/etolane/11293027434/in/set-72157638516960824/

La journée de dimanche s'est levée avec un soleil éblouissant et une surface glacée parfaite pour que tous s'y éclatent. Le soir s'est couché sur le bonheur de ceux s'y extasiaient. Une perfection toute éphémère puisque le lendemain une autre tempête de neige est venue transformer le paysage pour en faire un désert de poudrerie...

Féerie sur lac

vendredi, octobre 05, 2012


 L'automne s'installe en faisant son gros show. Un show tout en lumières et couleurs...

Pour en profiter il suffit de mettre le nez dehors et bam! L'imaginaire aperçoit des lutins et des fées virevolter entre les feuilles devenues translucides.

Une réelle féerie s'empare des sens qui jouissent. Les odeurs subtiles de la forêt musquent l'air cristallin. Sous le soleil, les atmosphères boisées s'illuminent de beauté. Éblouissante.

Je fugue pour capturer l'éclat de cette saison qui m'enchante. Aussi sublime que fugace.

Prendre la clé des bois et pénétrer une dimension féerique aux couleurs éclatantes. Suivre l'enfance qui gambade. Parcourir ce petit village en coin de lac. Inspirer...

En profiter jusqu'au dernier rayon de chaleur pour oublier qu'une fois les branches dénudées, l'hiver sera roi.


Created with Admarket's flickrSLiDR.

Féeries de saison...

lundi, juin 20, 2011

Monter la côte pour mieux voir l'horizon...


Avec les beaux jours revenus, plutôt que d'aller m'enfermer en un Gym suant, j'ai décidé de monter régulièrement la côte la plus raide du village pour me remettre en forme. L'idée est d'arriver à monter et descendre la côte plusieurs fois de suite. J'ai embarqué ma copine Manon dans mon délire. Ensemble, l'on se discipline pour aller monter la côte de bon matin.

L'on se donne RDV à 8 heures à la source, à mi-chemin entre nos deux maisons. À cette source qui coule et toujours me fait réaliser à quel point nous sommes privilégiés. Si chanceux de vivre une telle harmonie avec la nature qui nous entoure...

Avoir accès à une source d'eau douce à volonté est un luxe. J'apprécie cette source glacée abritée sous une jolie cabane de bois. À l’échelle planétaire, soyons francs, c'est un très grand luxe.  Aussi, j'espère de tout coeur que l'on saura préserver longtemps cet écrin de nature niché trop près de la ville.

Donc, je retrouve Manon à la source, l'on remplit nos bouteilles d'eau fraîche. Et l'on part de bonne heure (et bonne humeur) dans le calme du jour qui s'étire de sommeil. À cette heure-ci, le village est d'une infinie paix. La fraîcheur de la nuit se languit dans l'ombre et le vent en transporte la douceur. Une fois la côte montée, le paysage qui s'étale sous nos yeux est superbe. De là-haut, l'on voit si bien l'horizon...

Puis, l'on fait une boucle de forêt et si je fais la pige buissonnière l'on finit par bavarder les pieds dans l'eau. L'on réalise que s'il est facile de se donner des excuses pour se laisser tomber soi-même, il n'y a aucune excuse qui fait que l'on peut laisser tomber l'autre.

Ainsi l'on se discipline à faire ce que l'on a, les deux, envie mais que l'on n'arrive pas à faire seule: Prendre une marche santé de bon matin. Monter la côte. Admirer l'horizon. Évacuer les toxines. Profiter de la pureté de l'air qui nous entoure. Respirer...

Monter la côte pour mieux voir l'horizon...

vendredi, juin 17, 2011

Golden Hour et histoire de bateaux...

En photographie, l'heure dorée est l'une de préférées, j'adore capter la caresse du soleil sur le jour qui se couche...

En ce moment, le village lové au bord du lac se réveille. Avec les beaux jours se dessine l'arrivée des vacanciers. Les bateaux commencent à arriver et je grince des dents en silence. Les bateaux sont mon épine dans le pied tout l'été.

Si ce n'était de l'excès de moteur qui vient polluer cette nature si douce, je serais surement moins amère. Mais au fil des années, à trop en voir et à trop en entendre, je sature. J'excède. Le pire, c'est les moto-marines! Comme des moustiques sur l'eau que l'on aimerait pouvoir écraser avec un sourire satisfait.

J'aime l'harmonie naturelle qui m'entoure à l'année longue. Mais les moteurs à profusion ont le don de me la perturber en profondeur. D'ailleurs je ne suis pas la seule à m'en plaindre. Il y en a trop. C'est un fait acquis.

Aussi, le village se divise en deux camps, il y a ceux qui sont pour et ceux qui sont contre. Je suis dans la minorité qui ne fait pas le poids dans la balance. Alors, comme bien d'autres, je grince des dents...

Depuis dix ans que je vis en bordure de ce grand lac, j'ai vu les hors-bords devenir de plus en plus puissants et les pontons semblent maintenant en voie d'extinction. Les fameux pontons (comme celui de la photo qui se dore au soleil couchant) que je pouvais trouver si quétaine à 20 ans. Ces pontons qui me semblent si paisibles à quelques longueurs de la quarantaine. Ces pontons pépères qui sont comme des terrasses sur l'eau.

Des terrasses spacieuses qui se déplacent tout doucement. Sans faire de vagues, sans empoisonner les oreilles, sans faire chi... personne. Enfin à 20 ans déjà, les moto-marines me tapaient sur le système! Maintenant, quand quelques ados en rut font un vacarme d'enfer pour la liberté de s'amuser comme des fous, cela me retourne le sang. Y'a pas moyen de s'amuser de nos jours sans empoissonner l'existence des autres? Si j'avais un quelque-conque pouvoir sur la chose, ces bestioles là disparaitraient de l'eau vite fait bien fait! Pensons aux pontons... Car je ne suis qu'une fourmi dans la fourmilière humaine. Impuissante devant les excès de mes pairs.

J'aime écouter les histoires d'antan où les anciens racontent qu'il s'en ait fallu de peu pour que les moteurs disparaissent avec la crise du pétrole des années 70. Ceux-là qui se remémorent les années 80 où la voile faisait la loi. Les années dorées. Je rêve parfois de cette époque passée où il n'y avait que des voiles qui flottaient aux grands vents du lac. C'est un temps révolu. Aujourd'hui c'est le règne du moteur trois mois par année. Les plus beaux. Évidement.


Aujourd'hui faire de la voile l'été est quasiment impossible. Souvent je me demande d'où vient ce besoin humain de faire du bruit, de vrombir à toutes occasions. Je me demande si ceux qui sont si bien dans ce brouhaha ne sont pas anxieux dans le silence? Je vois passer les courants de lenteur qui essaient de percer dans les villes. Slow Food. Slow Life. Slow Boat?!?

Lorsque grimpe le prix de l'essence, une partie de moi se réjouit. Pas celle qui doit passer à la pompe mais celle qui grince des dents devant les moteurs à foison sur le lac. Celle là sourit et se dit que cela va peut-être changer de quoi sur l'eau. Enfin, à date, cela n'y change rien, cela continue d'empirer, toujours plus de bateaux, toujours plus gros et plus puissants.

La nouvelle mode est les bateaux de "Wake". Quand je suis mal lunée, je voudrais tous les retourner en enfer d'un coup de baguette magique! Ceux-ci sont conçus pour faire de la vague et possèdent un bruit d'avion. Les pires de la "gang". Et ceux-là ont toujours des conducteurs sans conscience environnementale qui adorent s'amuser en bordure des rives, histoire de bien enfoncer le clou...

En fait, je suis si saturée des bateaux que lorsque j'y pense trop, j'ai honte. Honte de mon genre humain qui saccage tout ce qu'il touche. Honte de mes pairs plus occupés à leur plaisir éphémère qu'au bien-être de la planète. Ce n'est pas un bon sentiment. Je le combats avec des vagues de tolérance. Ces tolérances que je travaille avec mes amis qui possèdent des bateaux. Je ne leur cache pas mes opinions mais je n'empêche personne de vivre. Je tolère et j'essaie de conscientiser un minimum.

Au lac, je marche à l'envers de la norme. De cette norme non-dite qu'il est bon d'avoir des amis avec des bateaux pour pouvoir en profiter à gogo. Je ne suis pas normale. Je suis amie avec toi même si tu as un bateau et que cela me saoule. Grâce à toi, je travaille ma tolérance humaine. J'accepte de faire un tour avec toi parce-que tu es mon ami. Juste si tu ne vas pas proche des rives et que tu avances le moins vite possible. J'accepte par amitié même si le reste du temps je résiste. 


En en discutant avec une amie dont l'homme vient de s'acheter un bateau, je la rassure sur mon affection pour elle. Je sais que je suis acerbe sur le sujet mais je ne tiens pas à me transformer en harpie. Je ne veux pas non plus imposer mon opinion à M'zelle Soleil qui a tout à fait le droit de faire du bateau si elle en a envie. Et de se forger sa propre opinion.

Mon amie me dit: "Mais tu peux venir et moins y réfléchir..." Peut-être. Ou pas. Sur un bateau de Wake, c'est dur. La révolte intérieure gronde trop fort. Sur un ponton, c'est plus facile. Un ponton c'est plus tranquille et tellement plus logique à l'environnement! Mais un bateau de Wake, c'est l'enfer. Même si en soi, c'est supposé être le paradis. Malheureusement, mes amis sont à la mode, ils n'ont que des bateaux de Wake...

Golden Hour...

lundi, juin 06, 2011

Le retour des beaux jours...

Le mois de juin apporte son lot de soleil et d'aventures. Il transpose notre quotidien en une nouvelle réalité.

Une réalité estivale qui nous donne l'impression d'avoir changé de pays. Enfin il fait chaud....et beau...

Le village se réveille tout doucement de son sommeil hivernal. Les chalets d'été commencent à s'ouvrir. Ils seront bientôt habités. Avec une petite grimace locale, j'assiste au retour des bateaux sur l'eau.

Le village s'étire au bord du lac qui fait le beau. Le village inspire la saison à venir. Il forme une bulle de confort où viendront flotter les vacanciers...

Le mois de juin est un mois de transition. Un mois de zénitude et de douceur retrouvée. J'en profite pour achever ce processus de guérison qui me semble bien long...

Pilates et voiture grillée

Mercredi dernier, il a fait si chaud que le thermostat de ma voiture a fondu. L'on battu tous les records avec un trente degrés bien tapé. Ma voiture n'y a pas résisté! Plus habituée au froid qu'au chaud, elle grillé quelques circuits.

Mais avant de partir étouffer en ville pour mon cours de Pilates hebdomadaire, j'écoute souffler le vent dans les feuilles nouvelles de la forêt.  Après des mois et des mois de disette solaire, je me régale de cette subite chaleur qui écrase l’atmosphère. L'air s'alourdit, le soleil cuit et je souris. Je sens la vie réchauffer mes veines, je reprends les rennes du quotidien. Dieu que cela fait du bien!

Enfin, je souris pas mal moins deux heures plus tard quand la lumière du liquide de refroidissement se met à clignoter en plein trafic! Mais même là, je suis incapable de me plaindre de cette exceptionnelle chaleur. Je maîtrise le stress, je sue un peu et je me rends à mon cours sans encombre. Juste déconcentrée la première demi-heure où m'étirer en coordonnant mes mouvements s'avère complexe.

Puis, je retrouve mon amie Marie-Hélène qui habite non loin du Gym. Par pure coïncidence, elle habite aussi juste à coté d'un garage. Mieux encore elle connait le garagiste! Pendant que l'on fait le tour des solutions possibles, M'zelle Soleil ouvre grand les yeux et les oreilles devant ce problème soudain. Juan vient nous secourir. Et l'aventure finit sous la lune avec ma voiture garée devant la porte du garagiste de quartier!

Trois jours plus tard, la voiture est réparée. Le garagiste se révèle sympathique. Il m'explique que j'aurais certainement grillé mon moteur si j'étais retournée en ma brousse ce soir là. Finalement tout est bien qui finit bien. Si l'on oublie mon portefeuille d'un coup plus léger...

Au coin du lac

Alors que s'installent les beaux jours, le village est encore bien calme. L'invasion citadine ne saurait tarder mais pour l'instant, c'est encore la nature qui fait le plus de bruit. Les grenouilles reviennent chanter des sérénades nocturnes et les couchers de soleil se succèdent...

M'zelle Soleil dessine des coeurs de craies sur la terrasse et le jardin commence à fleurir. L'on reprend nos routines estivales. Chaque soir où le temps s'y accorde l'on va pique-niquer sur le sable. La plage est encore déserte. L'air est d'une pureté sans fin.

L'estomac rempli, l'on regarde le soleil disparaître derrière les collines. L'on s’imprègne de la beauté naturelle qui nous entoure. La vie reprend son cours. J'inspire, expire, respire...

Le retour des beaux jours...

mercredi, avril 06, 2011

Bleus d'avril (April Blues)

Avril en ma nordicité est le mois qui achève l'hiver. Le mois qui met le cap sur l'espérance estivale. Avril en ma nordicité n'a rien à voir avec le printemps tel que la majorité des gens le conçoivent.

Les nuits y sont toujours bien gelées. Ma pelouse sommeille encore sous une bonne butte de neige pilée. Certains matins, il ne fait pas froid mais bien frettte! Et ma rue est recouverte d'une bonne couche de glace blanchâtre.

Avril en ma nordicité est une espèce de transition fondante entre l'hiver et l'été. Une transition qui dégouline lorsque réchauffe le soleil et qui nous rapproche les idées de l'été. Un été qui débutera d'un coup sec avec les beaux jours revenus. Un été qui nous fera changer de vie comme si l'on avait changé de pays! Mais en ma nordicité, avril n'a vraiment l'air de rien! Rien à voir avec le romantisme qui enrobe Paris où avec les tulipes qui fleurissent à Amsterdam...

Au coin de ma brousse, le lac est toujours glacé. Fragilisé il devient de plus en plus dangereux d'y marcher mais ce n'est pas encore du domaine de l'impossible. En mon coin de brousse, le printemps est une abstraction givrée à laquelle on rêve en couleurs. En mes parages, l'on ne trouve ni jonquilles ni perce-neiges ni autres pousses vertes. D'ailleurs, ma rue ne ressemble à rien d'autre qu'à l'hiver qui refuse de se faire la malle. Ma mère-grand disait souvent: "En avril ne te découvre pas d'un fil, en mai enlève ce qu'il te plait.". Vivement mai qu'on se déshabille!

Ceux qui ne connaissent pas nos hivers s'imaginent souvent que c'est le froid qui est le plus dur à supporter. À mon sens ce n'est pas le cas. Le froid, on s'y habitue, on fait avec. Le froid solidarise, humanise. Le froid c'est presque l'aventure quand on le prend bien.

Ce n'est pas le froid (ou même la neige) qui est le plus difficile de l'hiver, c'est la durée. Ici, le mois d'avril arrive et c'est toujours l'hiver. Même si l'on sent qu'il perd de sa puissance, que les oiseux chantent sa délivrance, il n'en reste pas moins présent. Il a encore neigé hier! Ici avril est toujours synonyme d'hiver. Et le moral soupire tandis que pleurent les bancs de neige...

Bleus d'avril (April Blues)

lundi, novembre 08, 2010

Blessures de guerre et prison de chair...

Orange Destiny

Durant ma grossesse, j'ai accumulé tant de livres que je me suis transformée en bibliothèque ambulante! Un véritable cauchemar pour la femme en ma peau. Après avoir accouché puis failli trépasser des suites de l'accouchement, j'ai réalisé l'ampleur de mon drame féminin. Dès que j'ai retrouvé un semblant de santé, je me suis inscrite à un Gym de femmes. Et puis, je suis partie en guerre... 

Les six premiers mois d'entrainement furent un calvaire. Trimballer une bibliothèque sur un tapis roulant c'est douloureux à souhait. De quoi s'envoyer l'estime de soi dans les pâquerettes! Cela dit, en deux ans d'entrainement continu, j'ai bien fondu. J'ai travaillé sur moi-même. Malgré l’humiliation intérieure, à force d’efforts et de volonté personnelle, j'ai grimpé cette montagne qui me semblait insurmontable. En chemin, j'ai pleuré, j'ai coléré, j'ai bataillé, j'ai sué comme une vache. Et, je me suis musclée. Petit à petit, l'espoir en ma peau est revenu.

Puis je me suis pétée les deux chevilles en un mois! À mon grand malheur, j'ai refait une petite collection de livres perdues. En maugréant, dès que j'ai pu remarcher, je suis retournée m’entraîner. Le cardio est la clé de ma peine. Mon cas est une conséquence amère d'une vingtaine avec un petit trouble alimentaire. Un certain trouble alimentaire qui me conservait fine mais qui abaissait mon métabolisme sans que je n'en ai aucune conscience. Ma grossesse a été le tournant qui m'a permis de mieux comprendre cette guerre que je vis avec mon corps depuis des années. Au fil du temps qui s'écoule, j'apprivoise l'idée que l'on doit vieillir et ratatiner. Ceci à la seule condition d'arriver à se sentir bien dans sa peau flétrie. Tout un défi pour tant de femmes (dont ma pomme des bois)! Un de ces jours j'aurai 40 ans, d'ici là, j'aimerais bien atteindre une réconciliation corps-esprit.

Bref, à force de m'entrainer, j'ai fini par découvrir le second souffle. J'ai même cru apercevoir des signes de paix. Puis j'ai atteint un plateau et M'zelle Soleil s'est cassée la jambe. Son accident a coïncidé avec mon renouvellement de contrat de Gym. Je ne m'en suis pas occupée. Trop concentrée à m'occuper de mon enfant blessé, j'ai laissé l'entrainement de coté. Lorsque je suis totalement intégrée à ma peau de maman, ma peau de femme a l'habitude de prendre le bord. Depuis que je suis maman, arriver à trouver une place pour la femme en moi est un cheminement en soi. La petite enfance m’absorbe si facilement le coeur. Son innocence m'enchante la cervelle sans problème. Me distancer du "monde adulte" pour mieux apprécier l’enfance de ma puce est si simple à mes sens. Même si cela va parfois à l'encontre de la raison moderne. Enfin, de toute façon, l'été c'est toujours plus facile de bouger et de ne pas trop s’encroûter.

Lorsque je suis retournée à mon Gym féminin, bien décidée à reprendre le taureau par les cornes, j'ai appris qu'il me faudrait repayer mes frais d'inscription. Et là, je me suis un peu fâchée. Sachant que j'ai payé en continu durant quatre années, que mon dossier fait une quinzaine de centimètres d'épaisseur, que cela faisait à peine trois mois que je n'avais pas donné signe de vie, me demander 150 dollars pour réouvrir mon dossier m'a semblé un peu exagéré. Bonjour le service à la clientèle pourri! Est-ce une façon de traiter les clientes fidèles? Je me suis rebellée. Évidement les conditions d’inscriptions se sont rapidement adoucies mais le mal était fait. J'ai refusé de me réinscrire et j'ai décidé de changer d'air...

Airs d'automne

Justement, au village voisin, le Gym mixte offre une promotion d'automne qui donne la possibilité de s'inscrire sans payer aucun frais d'admission. Finalement, je me dis que c'est peut-être une meilleure voie à suivre. Lorsque j'ai commencé à m'entrainer il y a quatre ans de cela, ce Gym là n'existait pas. Il est vrai qu'à l'époque, le Gym de femmes, même s'il se trouvait à une vingtaine de kilomètres de mon lac, confortait mes complexes. Quitte à grimacer et faire brasser son gras gélatineux, autant le faire entourée de femmes mûres. C'est meilleur pour le moral. Toutes dans la même galère... 

Cependant, étant désormais assez ferme et en forme pour envisager le Gym mixte, je me tourne les idées vers celui-ci. Situé à cinq kilomètres de ma maison, l'option est tentante. L'insatisfaction du service de mon Gym habituel aidant, je prends la décision de m'y inscrire. Je raisonne mes réticences et me lance. La première fois que j'entre dans ce Gym plus masculin que féminin, j'en remarque d'abord l'odeur musquée. Cela me fait un petit choc. La musique heavy-metal me surprend aussi. C'est vraiment une toute autre ambiance que mon Gym de femmes! Je prends une grande respiration et soupèse les avantages en ma balance interne. Ils prennent le dessus malgré l’atmosphère étrange. En quelques signatures, me voilà inscrite. C'est un nouveau début. Je me rappelle qu'il est bon de sortir de sa zone de confort et d'élargir ses horizons. Histoire de ne pas s'encrasser dans de vieilles habitudes qui font de nous des mémères pas cool.

Ainsi, lundi dernier, je commence ma remise en forme et processus de fonte. Mon casque sur les oreilles, je rentre dans ma bulle musicale. Je commence par le cardio et je réalise que celui-ci tient encore la route. J'en suis heureuse. La vue depuis les tapis est meilleure que celle à laquelle j'étais habituée. Jusqu'ici tout va bien. Le vestiaire féminin de ce Gym testoronné est chic et propre. C'est un plus. À peine si je regrette l'autre...

Une fois bien réchauffée, je vais faire un tour du coté de la section poids et machines.  Là, je réalise vite que les machines sont pas mal plus mâles que celles que je connaissais. Le paysage aussi est bien mâle! J'en reste un peu bouche bée. Assez étonnée pour ressentir en parallèle la subtile impression d'avoir passé quatre ans au couvent! Malgré moi, mon regard s'attarde sur ces muscles qui bandent. Je salive. Il n'y a pas de doute, je suis profondément hétérosexuelle.

Durant mes années d'entrainement féminin, j'avais oublié à quel point les muscles des hommes peuvent être agréables à regarder. Je me régale la vue sur deux militaires en pleine action. Vu que je suis bien nourrie, je regarde le menu sans commander (même si j’observe avec appétit).  Entre deux coups d'oeils, je teste les machines qui me paraissent plus coriaces que celles de mes souvenirs. Concentrée à sculpter mes formes, stimulée par les muscles bandés qui s’exhibent, j'abuse un peu des pectoraux. ..

Le lendemain, en plein élan, j'y retourne en compagnie de mon homme. Celui-ci est prêt à m'accompagner de temps à autres, cela me plait. C'est aussi l'avantage du Gym mixte. D'ailleurs, je le trouve bien sexy à courir comme un étalon sur le tapis. Je me tape une heure de cardio tapis/elliptique. Tout est sous contrôle. Mes fesses me disent même merci. C'est bien parti. Je reprends confiance en ce corps qui a la fâcheuse habitude de me trahir.

En compagnie de mon homme, je retrouve le coin des machines et des musclent qui bandent. Je me travaille les pectoraux avec vigueur. L'on plaisante un peu sur les sujets mâles de la place et Juan en oublie presque qu'il n'aime pas faire des machines...

Jaune d'automne

Deux jours passent. Mon horaire ne me permet pas d'aller faire un tour de salle de torture. Je me réserve donc vendredi et samedi pour suer. Mon ambition est de reprendre trois à quatre fois par semaine. Histoire de donner un bon coup. Histoire de me sentir bien dans ma peau un de ces jours. Mais jeudi soir, en me couchant, je ressens un pincement dans le haut du dos. Aille.

Je m'endors en espérant fermement qu'il disparaisse durant la nuit. Le lendemain matin, c'est loin d'être passé, c'est pire! J'ai le dos barré. Cela augure mal. Je laisse tomber l'idée d'aller m'entrainer et j'essaie de travailler mes textes malgré la douleur. Samedi matin, je me lève bloquée bien raide. Ouille.

Dieu merci, alors que la douleur me creuse les traits, Juan trouve un ostéo à Québec qui prend mon cas en main dans l'après-midi. Celui-ci me fait du bien mais ne me rassure point. Il m'explique que mon corps réagit à l’exercice abusif en générant une méchante inflammation du trapèze. Cette réaction verrouille mes vertèbres qui contractent et figent. Shoot! Encore une fois mon corps et ma tête sont en pleine dualité. C'est qu'ils ont du mal à s'entendre ces deux là! Ils se font la guerre plus souvent qu'ils ne s'aiment.

Mais dans la bataille, je ne prends pas la fuite. Je fais front. Je subis la douleur et la frustration, j'accepte le repos conseillé, les médicaments et les compresses gelées. Et, dès que cela sera passé, je repartirai au combat. D'ailleurs, à ce que j'en ai vu, mon nouveau champ de bataille est peuplé de petits soldats...

Blessures de guerre

jeudi, septembre 02, 2010

Chroniques de brousse...

Avertissement météo de chaleur accablante. Ce mois de septembre commence avec une atmosphère tropicale quasi surréaliste. En ce qui me concerne, impossible de m'en plaindre! Depuis le début de la semaine l'on passe toutes nos soirées à la plage...

Aujourd'hui, il a fait 41 degrés avec humidex! Ayant prévu le coup de chaleur, j'avais décidé de ne pas envoyer M'zelle Soleil à la garderie. Je trouvais de meilleur goût une escapade de lac! Arrivées à 11:30 sur le sable, le bleu du lac se fondait avec le bleu du ciel. Une brise tiède aérait l'atmosphère humide. Pas un chat sur l'eau et une zénitude à fleur de peau.

La douceur de l'eau fraiche qui tempère le corps. Les sourires de ma puce qui profite de la vie. Un plaisir bien mérité pour M'zelle Soleil. Une journée de plage comme elle n'en a pas eu de son été plâtré! La voir s'épanouir comme une fleur me repose les idées.

En milieu d'après-midi débarquent sur le sable les premiers enfants avec qui elle peut s'amuser. En fin d'après-midi, l'on retrouve nos compères de plage revenus du bureau. Avec bonheur, M'zelle Soleil joue entre sable et lac. Je me détends au fil des heures qui me crame la peau et baume mes peines. Il y a de ces douleurs écorchées qui se taisent. De ces douleurs que l'on vit et traverse en silence. Les journées de lac tropicales sont un merveilleux baume sur ces blessures intérieures. Un excellent remède à la tristesse qui se tait...

Mais je dois rentrer à la maison pour 17:30 pour une réunion à distance qui se déroule sous la forme d'un rendez-vous téléphonique avec Montréal! Je m'extirpe de l'eau à reculons. M'zelle Soleil s'amuse avec son amie et sa mère me propose de la garder en attendant que Juan ne descende à la plage. J'hésite. Depuis l'accident de trampoline chez la voisine, je crains de la laisser sous d'autres yeux que les miens. Je demande à la Miss ce qu'elle préfère faire. Elle choisit le sable et l'eau. J'étire le cordon et prend le chemin de ma maison en avalant mes émotions. Juan arrive presque en même temps que moi. Il se prépare à les rejoindre au lac. J'attends que sonne le téléphone.

Au bout du fil, des filles (et un garçon) préparent une conférence de blogueuses pour le mois de décembre. Qu'il est bon de se remuer les méninges en si bonne compagnie! Alors que le ciel se rose de soir, je participe à la discussion du coin de mon balcon. Ainsi, je peux dire que j'animerai un atelier sur la vie privée et numérique (et les enfants blogués) à la conférence "Belles à bloguer". Celle-ci se déroulera à Montréal  le 4 décembre prochain. J'en reparlerai plus en détails au fil des semaines à venir...

Soir de lac

Le détour qui fait jaser...

Mon village de lac réside entre collines et forêt. Le village le plus proche est celui qui nous nourrit. Depuis dix ans que je vis ici, il a explosé et presque doublé de superficie. Il est considéré comme la lointaine banlieue de Québec. Beaucoup de ceux qui y vivent travaillent en ville. Tout comme mon homme qui travaille à l'université Laval et qui s'y rend tous les jours de la semaine. Québec est à une quarantaine de kilomètres de ma bulle de lac. Ma bulle de lac est à environ cinq kilomètres de ce "bourg" qui possède un IGA d'importance aux allures de temple, une demi-douzaines de station essences, quelques restaurants, deux pharmacies, un atelier d'artistes, un dentiste, un cordonnier, une école...

Pour s'y rendre, il suffit de descendre une longue côte d'à peu prés trois cent mètres. La côte est le seul chemin possible pour sortir de ma brousse. C'est aussi le chemin relie Québec à différentes brousses. Il mène à un autre lac à une quinzaine de kilomètres et à une petite ville de campagne à une vingtaine de kilomètres d'ici. Mais voici que la fameuse côte fait l'objet de travaux en cette période de rentrée. La côte est fermée à la circulation routière! Alors, durant un mois, tout le monde doit prendre un détour de la mort! Et tout le monde ne parle que de ça...

C'est un détour de sept kilomètres qui traverse la forêt quasi-vierge. Trois cent mètres contre sept kilomètres! Un chemin de brousse cahoteux qui zig-zag dans le bois et brasse l'habitacle des voitures. Tout le village est en émoi. Le détour est sur toutes les lèvres qui s'hérissent. Durant les heures de retour du travail, le trafic est phénoménal. Il faut parfois faire avec quarante minutes de bouchon de brousse pour arriver à bon port! Juan qui a commencé par sacrer comme tout le monde se résigne avec une certaine philosophie. Notre auto, qui n'est pas un 4 par 4, en prend pour son grade. Et l'unique dépanneur du village fait des affaires en or!

Ce soir, une fois la petite couchée, je sais que je dois aller faire mon épicerie. Le IGA "d'à coté" ferme à dix heures du soir. Je finis par prendre la route et le fameux détour qui me fait faire 14 kilomètres de brousse aller-retour pour contourner les 300 mètres bloqués. Pour m'occuper, je m'amuse à filmer le trajet. Même en pleine nuit, l'on y croise des voitures. Les phares éclairent la nuit noire. Je roule à 40 km/h sur ce chemin de terre défoncé. Et, lorsque j'arrive à l'épicerie, je réalise qu'il est dix heures deux!

Je m'étouffe un coup et comprend que je n'ai plus qu'à rebrousser chemin. Heureusement qu'il n'y a pas de bouchon de bois à cette heure là! Et c'est reparti pour un tour de brousse gratuit...



Génocide félin

Ceux qui parcourent ce coin de Toile depuis des lustres savent que la forêt est dangereuse pour les chats qui vivent en la périphérie de ma brousse. Ici, les étés peuvent être cruels pour les chats. Depuis que je vis entre lac et forêt, j'en ai perdu des chats et des chats...

Au début, je les ai tous pleurés. Et, il y a eu Henri qui a survécu un été et puis deux. Cette année était son troisième. Et son dernier. Henri a disparu depuis bientôt une semaine et je ne nourris guère d'espoir quant à son retour. Encore une fois, j'ai le cœur lourd. Sans parler que ma maison est présentement sans vie animale et que je le vis plutôt mal. J'ai besoin de chats dans ma maison et ne plus avoir de chien me chagrine encore.

Au fond de mon coeur, je me doute qu'Henri n'est plus. J'avale le coup. Mais j'aime mes chats libres. Je suis incapable de les enfermer. J'aime les savoir heureux. J'aime qu'ils profitent de leur existence féline en toute liberté. D'un certain coté, c'est moins pénible d'imaginer qu'il ont perdu la vie dans une bataille contre un prédateur animal plutôt que d'imaginer un humain les tuer. Henri était un chasseur hors pair...

Le mois dernier, M'zelle Soleil a été outrée de le voir attraper un oiseau. Fâchée, elle m'a expliqué qu'il tuait la nature! Elle en était toute retournée. La semaine suivante c'est un petit Suisse que nous avions sauvé de ses griffes. C'était un chasseur de calibre et pour cela j'avais confiance en ses capacités de défense. Mais c'était sans compter sur tous les dangers qui le menaçaient!

Durant le mois d'aout, ma voisine d'en face a perdu cinq chats. Une amie qui vit non loin a aussi perdu le sien et elle sait qu'elle n'est pas la seule sur sa rue. Aujourd'hui une dame m'approche au lac pour me parler de la disparition récente de ces deux chats. L'on en discute une autre fois de long en large. Des traces de renard ont été aperçus dans la forêt. Je sais maintenant que le chat possède bien des prédateurs ici. Il y a les renards et les rapaces. Certains parlent même d'ours et de loups! Et puis il a peut-être bien d'autres humains. Qui sait?

C'est un  épais mystère qui plane au dessus du village. L'été, les chats disparaissent sans laisser de trace et certains été, il y a de véritables génocides qui éradiquent la population locale de chats domestiques...

Chroniques de brousse tropicale

mercredi, mai 05, 2010

Vidéoblogue: Autour d'un lac...

Entre deux bouffées concentrées je discipline mes idées folles. Aujourd'hui ma liste de tâches me mène tout droit à un tableau. Je ne suis pas fan des tableaux, je préfère les lignes. Craignant de faire une petite allergie mentale, je cherche le Benadryl pour tableau Excel. La vie de pigiste n'est pas tous les jours aussi glamour qu'elle n'y parait. Au coin de mon lac, je cybertravaille... et je vis...

Une caméra de poche entre les mains, je capte des zestes de quotidien, des vibrations d'eau claire. Et puis, il y a M'zelle Soleil qui grandit, Chanelle qui vieillit et le village qui se réveille de sa torpeur hivernale...

Autour d'un lac,

mercredi, avril 14, 2010

Humeurs de lac...

A few days ago

Je vis dans une bulle de lac. Parfois j'ai même l'impression que cette bulle de lac est une sorte de réalité alternative...

Cette réalité qui se définit entre lac et forêt se nuance en différentes ambiances humaines. Avril et mai sont, lorsqu'ils sont jolis, certainement mes mois préférés. Le village est presque désert. Le lac se libère de ses glaces à mesure que chauffe le soleil. L'on renait. J'inspire l'air du temps. Je nourris ma zénitude intérieure de cette étendue bleutée qui sublime ma vue. J'expire et respire.

Les bateaux réapparaissent autour de juin. À ce moment là, je traverse une petite nostalgie. Je sais que l'invasion se prépare. Juillet et aout sont les deux mois où le village et le lac se transforment en un terrain de jeux pour adultes privilégiés. L'on fait avec. Ainsi va la vie. Et elle est quand même bien belle. Puis, septembre et octobre apaisent les excès de l'été. Les bateaux s'en vont, les quais se défont, les chalets se ferment, le temps se rafraichit. Juste avant de retrouver ses glaces, le lac inspire un dernier souffle sauvage. Ensuite, à coups de frette et tempêtes, l'hiver emprisonne l'étendue limpide durant de longs mois. Le lac se transforme en un désert polaire.

J'aime le lac en son entier. En ses différentes saisons, je l'apprécie. Mais à force de l'aimer, j'en découvre les peines de le voir tant exploité durant les mois d'été. Cette exploitation humaine n'est pas causée par un flot de touristes mais plutôt par un flot de citadins. La bulle s'agrandit et une ambiance familiale s'installe. Le village devient un paradis pour les enfants. Les adultes, souriants, relaxent. Malheureusement, la nature fait les frais de ces mois là. Car l'endroit est aussi un lieu de villégiature qui abuse des moteurs en tout genre. J'habite cette bulle de lac, à l'année, depuis une décennie. Et toujours je m'étonne de comprendre que le silence du citadin n'est définitivement plus le même que le mien.

Je me souviens alors de ma vie de citadine. De ma décennie montréalaise pleine de bruits et de brouhahas. Tout est question de perceptions et de contextes. Lorsque l'on est baigné dans le bruit à l'année longue, passer un mois au lac en utilisant son bateau à gogo est reposant. Mais pour celui qui s'imprègne de son atmosphère naturelle, de ses silences qui n'en sont pas (car ils sont toujours peuplés du piaillements des oiseaux et du souffle des vents dans les arbres), l'introduction de tous ces moteurs en cet environnement est presque douloureuse.

M'zelle Soleil, de son coté, voit revenir les bateaux avec un enthousiasme que je n'ai pas le coeur de brimer. En ses yeux d'enfance, elle y voit revenir la vie qui s'éclate, les rires qui éclaboussent les jours et le fun en boite. Mais tout ceci pourrait aussi exister avec des voiles et des canots! Mais cela serait alors une autre réalité alternative.

En fait, il existe toutes sortes d'alternatives à la réalité citadine. À cette réalité urbaine qui est désormais une norme de société. En cette norme, je me marginalise. Je nage à contre-courant en ma bulle de lac. Et, évidement, lorsque je veux me dépayser les idées, c'est en ville que je vais...

Soir de lac...

Humeurs de lac

lundi, mars 15, 2010

Dix degrés sous le soleil...

Rares sont les printemps en ma contrée qui se distinguent. Souvent, ici, le printemps n'est rien d'autre qu'une continuation de l'hiver mais cette année c'est différent. Si différent que je ne me souviens pas d'avoir jamais vu cela.

Cette fin de semaine, les journées frôlent les dix degrés sous le soleil. Le lac, toujours solide, est comme une plaque fondante sur laquelle on peut encore marcher en sécurité. C'est une sensation étrangement agréable. En allant au lac, l'on ne pensait pas oser y marcher. Et puis, la vue d'un surfer de glace et quelques badauds au loin m'aura convaincue. J'entraine l'homme pas certain qui me suit quand même. La petite trippe et Chanelle rigole. L'on y va d'abord avec précaution et puis l'on se rend compte que la banquise tient la route. C'est encore épais en profondeur même si c'est bien fondant en surface. Le ciel est bleu poudre, la glace est solide, le soleil vitaminé réchauffe la peau. C'est si beau. Ne pas en profiter est un crime!

Dix degrés sous le soleil...

M'zelle Soleil retrouve son vélo avec bonheur. Je la regarde filer devant moi et je remarque combien elle a progressé ces derniers mois. Je m'adapte à son nouvel état d'enfance. Combien d'étapes me reste-il à traverser avant qu'elle ne détache complètement de nous pour vivre sa vie à elle? Une décennie cela passe vite à nos âges! Encore une fois, je me promets d'en profiter au maximum. Profiter de ces instants d'amour et d'enfance tant qu'ils passent...

L'on croise des villageois souriants toujours prêts à faire un brin de jasette. Juan me fait remarquer qu'il y a plus de "jeunes" de notre âge au village. Plus de jeunes familles. C'est peut-être un signe du fameux mini baby boom que vit le Québec. Les vieux font encore légion même si la plupart ne sont pas encore rentrés du Sud. À cette époque de l'année, le village est d'un calme majestueux. C'est un endroit imprégné de paix et de beauté. À cette époque de l'année, la nature est reine sous le soleil.

Ces dernières semaines, la planète vit de part et d'autre des temps extrêmes mais ici, là où d'habitude le temps est extrême, il se fait doux comme un agneau. Tant et si bien que le lendemain de cette promenade de lac l'on a chaussé nos rollers pour la première fois de la saison! Une autre sensation étrangement agréable...

Dix degrés sous le soleil...

vendredi, mars 05, 2010

Promenade ensoleillée

Humeur de fonte...

L'hiver clément continue de surprendre. Ce début de mois de mars est aussi doux qu'une fin avril. La neige granuleuse fond doucement. Le soleil caresse de nouveau la peau blanche. Cela sent le printemps à plein nez. Même dans la vieille neige sale. C'est un printemps qui se fait précoce mais que l'on accueille à bras ouverts...

Picnik collage

L'on va se promener avec M'zelle Soleil. Il fait si beau que l'on décide d'aller jusqu'au dépanneur qui se situe au centre du village. M'zelle Soleil papote. L'on discute de tout et de rien. J'apprécie cette complicité qui nous unit. En chemin, l'on voit, derrière nous, un homme et une petite fille. L'air lugubre, ils avancent en silence.

Lorsqu'ils nous dépassent, M'zelle Soleil sourit à la petite fille et lui dit "Allo". Celle-ci âgée de six ou sept ans la regarde d'un oeil terne et reste de marbre. L'homme, indifférent, retranché en sa bulle transporte une petite atmosphère de menace. Je sens un frisson traverser ma fille. Je les observe sans rien dire. M'zelle Soleil se tourne vers moi et me demande:

- Maman, est-ce que tu as eu peur des zens?
- Non.
- Tu as pas eu peur?
- Non.

Je n'ai pas eu peur. Ils étaient bien inoffensifs et je n'ai plus quatre ans depuis longtemps mais je n'ai pas non plus senti le bonheur les accompagner. J'ai même eu une pensée triste pour cette petite fille. C'est une sensation rare au village. L'ambiance y est généralement cordiale et amicale. Enfin comme partout, il y a des exceptions et l'on vient d'en croiser une. L'on arrive au dépanneur. Alors que l'on pousse la porte, j'en remarque l'obscurité. La vieille dame derrière le comptoir nous regarde, je m'exclame:

- Mais il n'y a plus d'électricité !?!

Elle m'explique que la panne vient tout juste d'arriver. Zut! Nous venions acheter des bonbons! Comme je n'ai pas de monnaie, me voilà mal prise. Je ne peux plus utiliser ma carte de débit puisque le jus n'y est plus! La dame décide d'appeler Hydro.

Pendant ce temps un homme dans ma tranche d'âge arrive. L'électricité vient de sauter chez lui aussi. Il vient chercher des chips. Il est presque content qu'il n'y ait plus de courant. Il va devoir utiliser son barbecue! Il me parle de la semaine de relâche. Je lui explique qu'on était juste là pour des bonbons. Comme il a de l'argent comptant, il passe avant moi. Pendant ce temps la madame panique un peu. Elle parle avec Hydro.

M'zelle Soleil s'amuse à faire des tours tandis que je lui répète de ne rien toucher. Elle m'écoute et chantonne en essayant de prendre son mal en patience. Elle jase. Je lis un tabloïd. Elle me pose toutes sortes de questions. Sa bonne humeur est contagieuse. Je lui explique que l'on ne pourra acheter des bonbons que si la dame accepte de nous faire crédit. Qu'il faut attendre un peu.

Entre deux potins hollywoodiens, je papote avec l'homme. Finalement la dame finit par raccrocher. Hydro ne sait rien de la panne. Elle souffle et soupire. L'homme paye ses chips. Juste avant de sortir il me tend sa paume ouverte avec sa monnaie. Il me dit:

- Tiens, c'est pour acheter des bonbons pour la petite. Je suis venu ce matin en acheter avec la mienne, elle était trop contente. Cela me ferait mal au coeur que vous repartiez sans...

Je regarde sa main tendue et les pièces qui s'y trouvent. Je suis touchée. Je lui souris. Voici un geste de générosité totalement gratuit qui a jailli de la conscience d'un papa charmant! J'invite M'zelle Soleil à remercier l'homme gentil. L'humanité n'est pas si dangereuse. Il y a même de l'espoir! Une douce sensation m'envahit tandis que l'on choisit les 25 bonbons que nous offrent ces pièces offertes.

L'on reprend le chemin du lac gelé pour aller les croquer. Le soleil brille, dans le village déserté, une fillette respire la joie de vivre. Et une maman inspire ce moment de bonheur ensoleillé...

Sunny Day of March

Promenade ensoleillée

mercredi, septembre 09, 2009

Reconnaissances...

J'habite un endroit privilégié. Privilégié par la beauté de sa nature, privilégié par la paix qui s'en dégage. Une paix terrestre qui vaut tout l'or du monde...

Chateau de sable

L'été, il est vrai que le village (qui tient plus de la bulle de villégiature que du concept de village) est un endroit cossu sous toutes coutures. La moitié du village est composé de chalets d'été, relativement modestes, saisonniers, mais tous assez confortable pour que les propriétaires y déménagent leurs pénates le temps des beaux jours.

Un quart du village est composé de gens aisés, les chalets deviennent alors des villas à saveur nordiques. L'argent coule à flot dans cette partie là du village. C'est la partie jet-set de l'équation. Ceux-là passent l'hiver en Floride et ne vivent point comme le commun des mortels. Ils sont aussi de passage estival. Le dernier quart est composé de ceux qui y vivent à l'année. Car même si les locaux commencent à grignoter le territoire des résidences secondaires, ceux qui vivent au lac à l'année (comme nous depuis presque une décennie) sont encore une minorité...

Sur ma rue, les chalets d'été voisinent les maisons qui sont habités durant les quatre saisons. C'est une rue qui trace sa voie dans la forêt. Une rue en périphérie du centre du village, légèrement reculée, ultra calme. Comme nous habitons à la toute fin de cette rue, aucune voiture ne passe devant chez nous. D'ailleurs, l'on connait toutes les voitures de la rue! Nous sommes dix maisons habitées à l'année. Cela créée une sorte de communauté. Deux jeunes familles (dont nous), quatre couples dont deux retraités, deux veuves, un énergumène (à qui il faudrait que je dédie un billet juste pour le présenter!). Des grands-parents qui voient régulièrement passer leurs petits enfants et un homme particulier avec beaucoup de caractère et un certain charme (sportif, manuel, avec un extraordinaire pouce vert). C'est mon plus proche voisin. Il est souvent en vadrouille ou alors il bichonne son magnifique jardin.

Ma rue est située à quelques minutes à pieds de la grande plage. Mais encore plus près de chez moi se faufilent quelques chemins où je vagabonde librement. Une vaste forêt recouvre les collines qui font le relief de cet endroit légèrement surélevé. Une forêt qui recèle plusieurs bêtes sauvages. Mais à la lisière d'où je vis, peu d'ours ou de loups se baladent au grand jour. Ils tissent cependant ces légendes que les enfants se chuchotent d'une oreille à l'autre. Des légendes parfois revisitées par l'imagination taquine des plus vieux...

Les premières années (avant que l'on achète cette maison-ci), nous vivions dans un petit chalet au milieu de la rue, un chalet d'été transformé pour la cause hivernale (avec l'énergumène comme plus proche voisin!). C'était assez folklo. Disons que, malgré les multiples rénos, j'apprécie le déménagement qui nous place entre le loup des bois, la "jeune" veuve de 80 ans et l'autre famille. J'y ai quand même gagné le citadin infernal qui passe en coup de vent quelques jours par année. Vraiment, il est si terrible (petit mafieux qui se prend pour un roi) que ses passages, aussi courts soient-il, sont toujours pénibles.

Sur ma rue, ceux qui vivent à l'année ne sont ni riches ni pauvres. Ils sont de la classe moyenne. Ils possèdent des budgets d'une grande banalité. Plusieurs se serrent régulièrement la ceinture. Ils ont simplement fait un certain choix de vie qui les dépose en ce petit coin de paix terrestre.

Le village existe depuis une cinquantaine d'année. À l'époque il n'y avait pas encore de route. À l'époque l'on ne parlait même pas de village mais juste de lac. Une ligne de chemin de fer se rendait non loin de la grande plage et un hôtel d'allure chic accueillait les villégiateurs en quête d'authenticité. Puis, petit à petit, les Hommes au teint clair se sont fait des nids dans la nature sauvage. L'homme blanc s'est installé comme il a l'habitude de le faire. Dégâts à l'appui...

Les indiens Hurons appelaient notre lac: "Grand lac des Vents". Aujourd'hui, les indiens ont disparu de l'horizon mais pas les vents. Toujours et encore, le grand lac vit aux rythmes des vents qui le caressent, le bouleversent, le congèlent...

"Sa superficie est de 11,31 kilomètres carrés, il a une circonférence de 22,4 kilomètres et son altitude est de 101,8 mètres (334 pieds) au-dessus du niveau de la mer. Traditionnellement reconnu comme étant le “poumon” de plein air et de récréation de la partie ... de la région métropolitaine de Québec, le lac "sansnom" est un des plus beaux plans d'eau à proximité de Québec. Ses environs immédiats demeurent un secteur privilégié pour la villégiature mais sont relativement fragiles, puisque sujets aux pressions du développement urbain, souvent non contrôlé ou anarchique."

Fin août 2002, Juan s'est cassé le cou en plongeant de la plage. Durant les jours qui ont précédé et qui ont suivi la délicate opération qui l'a remis sur pieds, je me suis demandée si le lac allait détruire tous mes espoirs de bonheur. J'ai eu très peur. Mais finalement l'on en aura tiré qu'une grande leçon de vie...

Parfois je me demande si je ne suis pas un peu amoureuse de cette immensité limpide. J'ai un lac dans le cœur. Depuis que je l'ai rencontré, je ne peux plus m'en séparer.

J'aime tant cette nature liquide qui m'alimente l'esprit d'une nourriture saine et solide! Élever ma fille en son sein est un privilège. C'est aussi pour cette raison que je m'active à préserver ce lac en travaillant bénévolement pour son bien. Un bien collectif que l'on se doit de léguer aux générations futures.

Ce morceau de nature est un petit joyau terrestre. Un espace que l'on se doit de protéger. Tant de personnes prennent encore pour acquis ces endroits qui se font de plus en plus rares à l'échelle de la planète. Au lac, la vie est douce comme de l'eau claire. Malheureusement, certains humains ne voient en cet endroit qu'un terrain de plaisirs où s'ébattre inconsciemment. Ceux-ci ont tendance à me hérisser le chignon. Autant les bontés du lac peuvent me faire oublier la stupidité humaine autant certains villégiateurs me la rappellent amèrement! Parfois je me prends à rêver du temps des Hurons. J'imagine les tipis sur le sable. Je soupçonne les canots d'écorces qui glissent sur l'eau. Il fut un temps où les Hommes vivaient en harmonie avec la nature. Si je me concentre très fort, je peux presque percevoir une ombre fugace glisser dans la forêt triste.

Dernièrement j'ai réalisé que si je ne devais choisir qu'une seule ambition en ma vie de maman ce serait de laisser le bonheur en héritage. Léguer le bonheur en héritage pour que les générations à venir continuent de le faire grandir. En mes utopies internes je me dis: "Peut-être qu'à force de bonheur, le malheur s'estompera assez pour la race humaine s'épanouisse sans mettre en danger la planète et tout anéantir". En ma vision pure du bonheur, il y a la présence de cette nature merveilleuse qui fait naitre en nous ce bien-être divin. Ce bien-être que viennent picorer (butiner?) tous ceux qui possèdent une résidence secondaire en ce lieu béni.

M'zelle Soleil

Mais attention, le bonheur n'est pas si simple qu'il n'y parait! En fait, il peut même se révéler aussi complexe que la tristesse. Car le bonheur n'est pas seulement une carte postale teintée de rose. C'est un état humain tissé d'efforts, de sacrifices et de satisfactions, d'acceptations et de sérénité. Pour atteindre le bonheur il faut souvent peiner. Le bonheur se gagne, peut-être même se mérite-t-il. Je ne sais pas. Mais je sais que ce n'est pas une assiette de plaisirs qui se déguste goulûment. À mon sens, mélanger plaisir et bonheur c'est ne pas faire la différence entre sexe et amour. Mais je m'égare...

Au village, il y a une phrase qui se retrouve sous tous les logos municipaux: "La vie est belle". Cela me fait toujours sourire. Mais c'est vrai qu'ici la vie est belle. Et, c'est certainement un bon endroit où élever des enfants. Un environnement sain qui leur enseigne la paix à l'état naturel.

L'autre jeune famille de la rue possède deux enfants: Raph, huit ans, jolie tête blonde qui deviendra vite une superbe jeune fille et Axou, mignon petit bonhomme qui vient de fêter ses deux ans. Axou, déjà très mâle pour son jeune âge, a développé un petit "crush" sur M'zelle Soleil. Dès qu'il la voit, il s'emballe. Lorsqu'il la regarde, une lueur pétille dans ses yeux noisettes et toutes les occasions sont bonnes pour venir faire un brin de jasette. À son âge les occasions sont rares mais il n'en rate pas une!

La couche aux fesses, il se dandine pour charmer ma fillette qui l'attend avec bonne humeur. Ils bavardent, s'apprivoisent, lancent trois ou quatre cailloux, examinent dix brins d'herbe. Puis, M'zelle Soleil, qui se sent si grande à ses cotés, finit toujours par lui prendre la main pour le raccompagner sur sa pelouse...

Jeux d'enfant

Reconnaissances...

lundi, août 03, 2009

Féminité universelle sur fond de lac...

Féminité universelle sur fond de lac

Bord de lac. Ciel bleu ombragé. M'zelle Soleil (trois ans et demi) pétille. Jess (début vingtaine) reconnait la Mini Miss qui grandit. Rencontre au coin de l'eau. Papotage amical. Sourires ensoleillés...

Les belles journées d'été, lorsqu'elle n'est pas bondée, la plage du village prend un petit air de bistro sur sable. Des groupes se forment, se mêlent, échangent. Cela picole librement. Cela sent l'huile à bronzer et la crème solaire. Cela vibre d'humanité qui s'entrelace et se prélasse. Les générations s'entrecroisent. Les jouets multicolores s'éparpillent dans un air de famille communautaire. Au bord de l'eau claire, les châteaux de sable fleurissent avant de mourir sous le tamis matinal qui remet la pendule à zéro. L'eau douce se réchauffe délicieusement...

Une image volée au fil du temps. Deux univers différents se fondent en un même instant. Deux dimensions humaines liées par une même féminité instinctive. Totalement déconnectée l'une de l'autre. L'une parle au téléphone, l'autre regarde papoter les copines de sable. Inconsciemment, sans aucun lien apparent mais dans un même mouvement, les deux filles se placent dans le décor...

Féminité universelle sur fond de lac