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mardi, avril 28, 2020

Une nouvelle semaine débute en un monde majoritairement confiné qui se demande quand et comment il dé-confinera.

Je ne peux m'empêcher de me demander combien croient encore que le monde que l'on retrouvera sera le même que celui qui s'est arrêté début mars?

Il est évident que le monde recommencera bientôt à tourner. Mais croire qu'il tournera comme il le faisait avant l'apparition de la Covid19 n'est-il pas se mentir à soi-même, ou se mettre la tête dans le sable?

Sachant que ce virus hantera nos réalités durant plusieurs mois, sinon années, sachant que plusieurs des commerces, restaurants et entreprises ne ré-ouvriront pas. Obligatoirement le monde se transformera. Est-ce que l’individualisme, tel qu'il se développait en ces derniers décennies, pourra continuer son envolée?

L'abondance qui faisait le quotidien de tant ne sera plus. Peut-être reviendra-t-elle, différemment, ou pas du tout? Personne ne le sait encore.

Tout ce que l'on sait est que chacun est responsable de ses actes et de ses pensées. Chacun devra alors se demander comment s'habituer à ce nouveau monde qui se transformera sous nos yeux. Comment y contribuer, comment s'y adapter, comment s'y épanouir...


J'apprécie l'idée que cette pandémie est un test de l'intelligence humaine. Tout comme chaque épreuve personnelle force l'intelligence à se démener pour surmonter les différents obstacles qui font le lot de toute épreuve, il en est de même pour cette épreuve collective.

Autant cette idée me semble juste autant elle est terrifiante... 


Si cette période historique, que nous vivons au présent, se révèle un défi pour l'intelligence humain, je ne suis pas certaine que l'on va péter des scores! En fait, je me fais un certain souci sur le sujet.

En votre esprit, pensez-vous que l'on fait la guerre au Covid ou plutôt que celui-ci teste notre intelligence?

Il parait que c'est la première fois en notre humanité que l'on choisi la vie plutôt que l'économie. Ce qui est un signe d'évolution morale mais est-ce que cette évolution humaine s'adaptera au déclin, si ce n'est à l’effondrement, de l'économie mondiale?

En cette pandémie, il y a les victimes du virus, les victimes du contre-coup économique et les victimes du contre-coup sanitaire. En ne regardant que les victimes du virus, on ne voit que la pointe de l'iceberg qui est en train de nous percuter de plein fouet.


À chaque culture le même défi à révéler. À chaque pays sa note finale? Certains s'en relèveront et d'autres pas? Est-ce que l'ordre social tiendra la route?

Bref, ce mystérieux virus est comme un iceberg qui vient couler le paquebot de notre insouciante abondance...

Réflexions de Covid...

vendredi, avril 24, 2020


Durant ces trois dernières semaines, le chiro m'a replacé 10 vertèbres qui se sont déplacées entre la D4 et la D9. Ce qui a mis mon dos en un état déplorable.

Quatre vertèbres, les deux premières semaines, deux cette semaine. Le défi est maintenant de tenir une autre semaine avec pas plus de deux vertèbres déplacées.

Le problème de fond remonte de ses ténèbres. La convexité dorsale générée par la physio, il y a trois ans, reprend force et vigueur. Après avoir été mal conseillée puis abandonnée par la clinique en charge de mon cas, il n'y a rien d'étonnant en soi à ce constat présent.

I had almost won the war. But the war caught up with a vengeance and shot me in the back. Once more. 

Évidement, me voilà désarmée au champ de bataille. Évidement que je vais me faire trucider. Mais comme la société s'en tape, ben c'est ça, mange ta claque ma vieille! Et surtout ne fais pas trop de vagues! N'offusque personne en osant sortir le problème de dessous le tapis...

Il y a six semaines, j'allais trois fois par semaine à la piscine (depuis plus de deux ans). Je voyais un osteo, une fois par semaine. Mon chiro tenait le fort (de mon dos en reconstruction). À force de grimper mon invisible Everest, je me rapprochais du sommet.

Je pouvais tenir deux semaines sans trop me déplacer de quoi. Je pouvais marcher plus de 3000 pas. Je sortais enfin de trois années confinées en ma chambre. Je commençais à me sentir revivre. Je tenais le bon bout. Il y a un peu plus d'un mois, pour la première fois depuis trois ans, j'ai pu marcher le tour de mon quartier. Une victoire. Dissipée par le contre-coup de la Covid19.

Car même si je tiens encore, avec la même volonté, le bout semble m'échapper un peu plus chaque semaine. J'ai perdu 75% du terrain regagné. Je me retrouve de nouveau au cachot. Plus le droit de bouger. Juste le droit de marcher 500 à 1000 pas, trois fois semaine.

Réduire aux maximum mes activités quotidiennes est comme trouver un trou où se cacher pendant que la bataille fait rage. En l'espoir de moins me faire trucider au combat?

Le chiro essaie de me rassurer, en me disant qu'une fois la pandémie finie, cela prendra moins longtemps pour revenir où j'étais arrivée. Sauf que cela m'a pris trois ans de calvaire pour en arriver là! Et c'est sans parler de l'investissement financier! Qui indemnisera le tort qui m'a été causé?

Donc on rajoute quoi six mois, un an, deux ans? Quelques milliers de dollars supplémentaires? Ou on capitule de dépit?

Je ne pense pas que les piscines réouvriront de sitôt. Je ne pense pas que les personnes, en ma situation, ne seront jamais considérées, en la société actuelle. C'est une trop petite minorité. Qui de plus, se révèle invisible et silencieuse.

Les outrages que je peux vivre en cette minorité sont multiples. Avec cette pandémie, j'ai perdu beaucoup d'estime pour les soi-disant soignants qui œuvrent dans le para-médical. J'en avais déjà pas gros après ce qui m'était arrivée, il y a trois ans. Mais j'en avais regagné un peu, avec effort. Des efforts effacés avec le terrain perdu.

J'en ai gagné pour mon chiro. Mais lui semble être l'exception qui fait la règle. Il a eu la force de prendre en charge un dos comme le mien. Et il continue d'en respecter la responsabilité qu'il s'est donné en commençant à me traiter, il y a trois ans. Il possède l'intégrité d'agir selon ses convictions. Ce qui est rare de nos jours.

Hier, en me replaçant deux autres vertèbres, il m'explique que cela commence à dégénérer chez ses patients non critiques. Il est passé de sept urgences par semaine à plus d'une douzaine. Je lui réponds que cela va obligatoirement empirer. De plus en plus de cas deviendront critiques.

On rè-ouvre les chantiers de construction mais pas les cliniques para-médicales? Et ne parlons même pas du Casse-Croute local! Je lui rappelle que ce phénomène en cours est, ce que la France nomme le contre-coup sanitaire de la crise actuelle. Il se compose de plein de gens, comme moi, dont la santé se détériore mais qui ne sont pas essentiels et qui sont oubliés/sacrifiés dans la foulée?

Le fait que toutes ces cliniques soient, fièrement, fermées en dit beaucoup sur la considération de la société à l'égard de ceux qui souffrent en silence. Car si cette minorité de malades invisibles, dont je fais partie, était considérée alors les cliniques para-médicales seraient aussi considérées comme des services essentiels, non? Et cela ne serait pas un choix personnel que de travailler...

Est-ce que les infirmières et les pharmaciens ont le choix de ne pas travailler? En offrant ce choix à ces soi-disant soignants, on remarque alors que 99% de ceux là font le choix de ne pas soigner leurs patients et d'être indemnisé en attendant.


Bref, ce qui me choque le plus au final, c'est que personne ne trouve cela choquant. Au Québec, aucun point de presse ou journaliste ne se penche sur le sujet! Aucun, nobody, nada, niet, ce problème est aussi inexistant que ceux qui doivent l'affronter.

Est-ce que cela n'en dit pas aussi bien long, sur cette société individualiste, qui s'est construite au fil des dernières décennies?

Accuser le contre-coup de la Covid19

lundi, avril 20, 2020

Chroniques de confinement 


L'homme télé-travaille comme un forcené depuis que le confinement a débuté. Je le vois se fatiguer à la tâche. Et j'entends plein d'autres télétravailleurs exprimer cette même fatigue. Exprimer ces mêmes frustrations...

Si on leur demande une grande adaptation  de travail, les grands boss semblent peu empathiques vis à vis de la situation en cours. Il faut dire qu'être humain et gestionnaire ne semble guère aller de pair. Autant Juan se sent reconnaissant de pouvoir travailler comme avant. Autant il n'est plus capable d'entendre parler de l'ennui relié confinement. Lui ne rêve que de pouvoir s'ennuyer!

Le revers de cette médaille est qu'il apprécie le confinement en notre compagnie. Même si mon état physique lui apporte des angoisses que je perçois.

De mon côté, l'ennui est relié à la douleur qui augmente et qui me ramène à des immobilités forcées.  Encaisser le contre-coup physique du confinement aspire de mes énergies vitales. L'ennui de la chose me passe au dessus de la tête. Lutter contre le malheur en mon dos prend tout mon temps.

Je me concentre sur le tissage de nos relations qui font la solidité de notre tissu familial. Je fais l'école de brousse. Je nourris notre Journal Neveo. J’élève ma fille qui grandit et j'apprécie ce temps passé avec elle.

En fait, je me retrouve moins seule, que ces dernières années à regarder tourner le monde, sans pouvoir y participer. Passer ce confinement en compagnie de mon homme et ma fille me donne la force de m'adapter à la régression physique que celui-ci m'impose.

Côté puce, pas d'ennui à signaler non plus ni de burn-out. Elle est cool. Elle s'entraîne et pousse son père à courir avec elle. Ce qui lui permet de souffler un peu et de remplacer l’exercice qu'il effectuait en piscine avec moi. Elle travaille ses matières, elle écrit des textes, elle cuisine, elle danse, elle vit pleinement.

Et elle est tombée dans Mad Men! On regarde les épisodes ensemble, à petites doses. Cela nous donne l'occasion de toutes sortes de discussions qui approfondissent ses compréhensions humaines. Et qui nourrissent certaines révoltes féminines.

Comme elle aime les classiques, on alterne les aventures des hommes mal élevés avec des films comme The Truman Show ou Benjamin Button et on y met une touche de contemporain avec le dernier documentaire de Taylor Swift ,qui se révèle être aussi une excellente source de conversations et de réflexions.

Nous sommes confinés ensemble depuis le 13 mars en notre bulle de brousse. Nous nous adaptons. Nous construisons un nouveau rythme de quotidien. L'on se soutient tout en profitant d'être ensemble. En utilisant l'amour qui nous unit pour adoucir les coups durs de la vie.

J'espère que les dégâts physiques, en cours, ne me seront pas irréversibles. Je prie pour que mon chiro continue d'éteindre les feux qui se déclarent en ma colonne. Je prie pour encore pouvoir marcher quand le monde dé-confinera.

Lorsque la vie se durcit, l'on se doit de faire la différence entre ce que l'on peut contrôler et ce que l'on ne peut pas contrôler.

Lorsque nos repères s'écroulent et que l'on a l'impression que le monde s'effondre et que le ciel nous tombe sur la tête, l'on croit perdre le contrôle de sa vie. Mais tant que l'on garde sa tête, froide et posée, l'on garde le contrôle de ses attitudes et la capacité de s'adapter à ce que l'on ne peut contrôler...

Reconstruire son quotidien en un contexte singulier

mardi, avril 07, 2020


Avant la classe de brousse virtuelle, petite discussion familiale autour de la liste d'épicerie. Qui traîne depuis quatre jours. S'armer de patience et de volonté. Sachant combien c'est chiant de trouver ce que l'on veut via l'application.

On est pas allés à l'épicerie depuis deux semaines, le défi est de voir si on peut s'arranger pour ne plus y aller. Ce qui n'est pas simple. Être reconnaissant de cette possibilité là. Aussi chiante soit-elle...

Entre deux blablas de tomates et de saumon fumé, on entend chanter les oiseaux dehors, la discussion vire côté pandémie. Je dis:

- On est pas encore en apocalypse. On le sera quand Papa aura plus d'insuline... 
- Vaut vraiment mieux étre en santé pour survivre à une apocalypse! répond la puce le regard rivé sur les possibilités d'aliments à choisir.

- Yep, ça a toujours été mon point... 

La puce acquiesce et se replonge dans la liste d'épicerie virtuelle. Les oiseaux gazouillent dans la forêt. L'homme soupire sur les possibilités de croquettes pour chien.

- Ouais leur recherche est nulle à ch...

Il semble cependant que l'on finisse par y arriver. Ce qui se révèle devoir être un travail d'équipe. L'on choisit d'aller chercher la commande le lendemain.

Pendant que mon esprit bataille avec la douleur dorsale qui s'accentue, je me rappelle que c'est juste une minipocalypse où l'insuline et tous les médicaments sont encore livrés sans se casser la tête en quatre.

Voir un chiro pour te replacer une ou deux vertèbres, par exemple, a des relents de chercher de l'alcool en temps de Prohibition...

Brève de confinement

samedi, avril 04, 2020



J'ai commencé à m'intéresser au Covid19 dès janvier. Après une méchante gastro pour ma pomme début janvier et une mauvaise grippe, attrapée par Miss Soleil, fin janvier, nous a avons eu l'occasion de mettre de coté quelques masques. Vu les informations que j'ingérais, cela ne me semblait pas fou.

Avant même que le virus ne soit nommé, je l'ai vu arriver de très très loin. Assez pour passer la fameuse semaine de relâche à nous préparer en faisant une provision de lingettes Clorox. Qui sont bien utiles aujourd'hui pour désinfecter nos courses!

Durant cette semaine de relâche où j'ai décidé de nous préparer d'avance, l'homme a ronchonné un peu mais il a suivi. Depuis janvier, je m'amusais à prédire le futur de épidémie et ça marchait à chaque fois. Cela en devenait un "running gag" de couple. Ce qui l'a convaincu que j'avais bien toute ma tête et qu'il fallait l'écouter.

En ce début 2020, j'ai écouté tant de chinois sous titré que j'ai même commencé à me faire l'oreille et discerner des sons en mots. Tout en regardant le monde se mettre joyeusement la tête dans le sable.

J'ai observé le processus totalitaire du parti lorsque les quelques fuites d'informations, ont toutes été colmatées par le CCP. J'ai vu ceux qui s'en sont rebellés au péril de leurs vies. Aujourd'hui disparus de la circulation, gracieuseté du CCP.

J'ai réalisé, encore une fois, combien il suffisait de ne pas se poser les bonnes questions pour ne pas devoir affronter les réponses qui inconfortent. Pourquoi est-il toujours plus facile de croire au mensonge qui conforte plutôt qu'à une vérité qui dérange?

Rien de ce qui se passe aujourd'hui ne me surprend ou m'étonne. Mais il y a cette question qui me taraude sans cesse.

Si je savais que la semaine de relâche accentuerait l'arrivée du virus au Québec, comment se fait-il que le gouvernement Fédéral et le gouvernement Provincial ne le savait pas?

Si au mois de janvier, j'ai profité de nos maladies saisonnières pour mettre de coté une dizaine de masques et acheter du Purell. Comment se fait-il que ni le Fédéral ni le Provincial n'aient acheté des masques et des articles de protection, en masse?

Si du coin de ma brousse, j'ai vu venir la catastrophe, comment se fait-il que les dirigeants soient surpris de la situation? Je ne comprends pas.

Il n'y a plus d'espions officiels pour faire des compte rendus qui préviennent le pire à venir? Y'a un truc qui m'échappe. Car si je savais, ceux qui dirigent le pays devaient savoir aussi. C'est obligatoire.

Pourtant on en a tous entendu parler de loin depuis au moins février. Comment se fait-il que les personnes en charge ne se soient pas préparées en regardant plus loin que le long nez du gouvernement chinois.

Alors que je colère avec une vertèbre qui galère de la discontinuité de mes soins médicaux, je me questionne. Tout en remuant ciel et terre pour trouver un chiro qui pratique et qui me replacera, en cinq minutes, cette vertèbre qui détériore mon état de santé fragilisé par l'instabilité de ma colonne.

Tandis que j'essaie d'en contrôler les douleurs, je ne peux que remarquer combien la Chine n'a aucun problème en ce qui concerne son approvisionnement de masques et de matériel de protection médical. Les employés des fast foods de Nanjing peuvent s'en procurer mais pas le personnel soignant de nos pays développés? Y'a un truc qui m'échappe...


Enfin qui m'échappe pas tant que ça. C'est juste une autre de ces dérangeantes vérités que de constater que la Chine utilise ses masques pour son bien commun et que les autres pays se battent et payent pour! Puisque toute la production vient de Chine qui opère sous le contrôle vigilant de son parti...


Où sont passés les espions de ce monde?

vendredi, avril 03, 2020

Chroniques de confinement

Il parait que lorsque la société traverse une crise, le monde repart ensuite comme avant.

Mais lorsqu'il traverse une catastrophe, il en ressort obligatoirement transformé. Pour le meilleur ou pour le pire.

Pour certains pays, ce virus est déjà une catastrophe. Pour le Québec, c'est encore une crise. Selon comment chacun réagira, l'on verra si cela deviendra une catastrophe...

Troisième semaine de confinement en cours pour notre trio familial. Cette semaine, l'homme a testé la livraison IGA à trois heures du matin après une hypoglycémie. Elle été livré deux jours plus tard.

S'adapter, s'ajuster, créer un nouveau rythme

Je cherche désespérément piscine et traitements manuels pour décrisper mon dos qui recommence à cimenter. Lorsque l'on prend l'air sur le lac, je ne peux m'empêcher de me coucher sur sa surface glacée. Mon dos meurtri si près de l'eau et pourtant si loin.

Malgré les difficultés, l'on s'est déjà pas mal adapté à la situation. J'imagine qu'on a de la pratique. Grâce à des routines qui deviennent des habitudes et qui font un rythme de vie, l’on essaie de tirer le meilleur de la situation.

La puce nous dit qu'elle aime passer du temps avec nous. On aime passer du temps avec elle. Passer du temps ensemble n'est pas une torture chez nous. C'est plutôt l'occasion de resserrer des liens et de vivre des expériences atypiques comme la classe virtuelle de brousse.


C'est l'occasion de nous harmoniser et approfondir nos relations à l'intérieur de notre cellule familiale. Tant qu'il y a de l'amour et du respect, il y a de l'espoir. La clé étant certainement dans la gestion des émotions. Lorsque l'on commence à se taper sur les nerfs, on regarde en face le problème, on l'affronte, on réajuste le tir, chacun fait ses efforts et on avance...

Le plus compliqué pour l'homme, qui est en mode télé-travail, est de décoller de son écran! Son unité à l'université travaille sur les plate-formes des cours à distance. Le travail ne manquera pas pour lui en les prochaines semaines...

Miss Soleil est celle qui perd le plus d'expériences de vie, de voyages, de projets scolaires, de socialisation et de continuité en son éducation. Pour en compenser la peine, j'essaie de lui donner l'occasion de vivre de nouvelles expériences comme l'école de brousse. Je continue de l'éduquer au fil des jours.

Discuter du virus et de ses courbes exponentielles donne l'occasion de réviser des maths. Il y a toujours un peu de culture générale à dénicher au détour d'une discussion. Elle révise aussi tous mes textes de blogue, ce qui nous fait discuter du français. Et puis il y a maintenant les jours de classe de brousse qui font travailler les neurones.


Perdre du terrain coté rétablissement physique

De mon côté, la continuité de mes soins de santé, en mon processus de rééducation physique, est complexe. Je dois accepter que l'amélioration des trois derniers mois n'est plus. Je dois accepter de retrouver des douleurs dorsales qui commençaient à s'atténuer et je dois continuer malgré tout le processus de rééducation physique. J'ai perdu la continuité de mes soins médicaux et c'est une pilule qui est très difficile à avaler.

Pour essayer de faire du sens du fait que la continuité de mes soins médicaux n'a pas plus d'importance que celle de la continuité scolaire des jeunes, je creuse le sujet côté chiro et ostéo...

Ce que me choque davantage est que toutes mes recherches finissent avec le même sujet, l'impact financier sur la profession. Et comment faire pour être indemnisé. Quant à l'impact sur la santé physique des patients, causé par la fermeture de ces cliniques, c'est le néant! Il n'y a absolument rien à signaler.

En France, quelques rares médecins ont pris la peine de s'en inquiéter. Sans en recevoir aucun intérêt. Donc, si je comprends bien, les chiros et ostéos seront indemnisés pour ces fermetures de clinique pendant que les patients, abandonnés à leur mauvais sort, n'auront qu'à souffrir davantage et se taire? Pour ensuite payer une multitude de traitements en espérant que cela en réparera les dommages.

Ou aller noyer leurs misères humaines à la SAQ qui elle, reste ouverte? Dommage que je ne sois pas alcoolique...

Il y a pourtant ce concept présent qui s'efface des esprits, celui de la "perte de chance" des malades. La perte de la chance de pouvoir être soigné décemment quand on n'a pas la santé pour acquis.

Déjà, je perds du terrain chèrement gagné. Je ne peux plus rire aux éclats sans que mon dos n'en hurle. Même si je m'évertue à marcher et à prendre soin de ma peau du mieux possible, mon état commence à peu à peu se détériorer.

Respire la planète !

Alors que le virus prend plaisir à étouffer les humains qui courent après des respirateurs artificiels, la planète de son coté prend une grande respiration. La qualité de l'air s'améliore partout sur la Terre. Les canaux de Venise n'ont jamais été aussi translucides, ses eaux sont maintenant si propres que des cygnes et des dauphins y batifolent!

Selon le journal local La Nuova di Vene­zia, le confinement a «ramené les eaux des lagunes des temps anciens, ceux de la période de l’après-guerre, quand il était encore possible de se baigner dans les canaux», où on peut voir leur fond et les poissons.

Pour avaler la pilule douloureuse, je pense à la Terre, qui prend des vacances de nous, humanité gâtée et inconsciente. Je me dis que la planète mérite bien un peu de calme. Même s'il est temporaire. Et que je suis prête à souffrir davantage pour elle durant ce temps.

 Tout en faisant mon possible afin d'aider un brin de jeunesse dans la foulée. Puisque c'est toujours à travers les jeunes que les plus vieux façonnent le futur...

Entre crise et catastrophe?

jeudi, avril 02, 2020

Chroniques de confinement



Troisième semaine d'isolation volontaire en coin de brousse. La vie continue...

L'homme s'adapte au télétravail et l'on s'adapte tous à la situation. On réfléchit ensemble sur comment s'accorder au mieux. Quand l'un tape sur les nerfs de l'autre, on communique et on réajuste. Chacun fait des efforts pour trouver le meilleur équilibre et mettre en place un nouveau rythme de vie.

Miss Soleil nous raconte un rêve qu'elle a fait hier. Elle vivait le voyage de fin d'année à NY qu'ils auraient dû faire dans 3 semaines. Elle vivait ces émotions qu'ils ne vivront pas. Être à Times Square avec ses amis, s'amuser dans le bus, etc. Et puis de la tristesse de réaliser que cela n'arrivera jamais.

En son école de campagne, ils sont 90 secondaires sur quatre classes de deux niveaux. Cette année était la dernière en cette école où elle va depuis la maternelle. L'année prochaine, tous les élèves iront dans des écoles en ville. Ils vivent un peu les émotions des secondaire 5. C'étaient les finissants de cette école. Et j'attends toujours un signe de vie de la part de la directrice...



Classe virtuelle en progression

Même si cela me fatigue, faire la classe de brousse avec ce petit groupe de filles est ma contribution bénévole à leur cause. C'est leur offrir deux repères temporels, chaque semaine, qui leur rappellent leur quotidien scolaire. C'est leur offrir un temps de socialisation où se retrouver, c'est leur permettre de vivre ensemble une activité éducative. C'est m'excuser du tort que leur font les adultes insouciants que nous sommes.

Je suis autant choquée par la non continuité de l'éducation des jeunes durant cette crise que je suis frustrée de la non continuation des soins de santé.

En faisant quelques recherches sur les cours à distance avec Zoom, je comprends qu'un groupe de trois ou quatre élèves est le meilleur format pour un bon apprentissage. En notre petit groupe de secondaire 2, elles sont trois. Et elles n'ont guère envie d'être plus.

Elles m'expliquent que plus ce serait trop, elles ne travailleraient pas si bien, on aurait moins de temps, etc. J'avoue trouver cute cette complicité qu'elle tissent au travers cette expérience virtuelle. À date, en cette deuxième semaine de classe de brousse, l'on étudie les lundis et les jeudis après-midis.

Lundi, j'étais partie pour 1:30 de français. Mais elles ont si bien travaillé qu'au final cela a duré trois heures. Et elles étaient contentes. Cela m'a fait plaisir même si cela m'a brûlée en chemin. C'est pour la bonne cause. Celle du futur que l'on façonne.

La fatigue éprouvée m'a rappelée ces années universitaires où je donnais des cours de soutien scolaire aux enfants en difficulté, de cette même école, où allait la Miss jusqu’à la pandémie. Il y a trois directeurs de cela. Au début des années 2000...

L'un de ces élèves, auquel je me suis attachée (trois fois semaine, durant 7 ans) était un petit Asperger. En ses mauvais jours il pouvait m'aspirer un max d'énergie, j'étais vidée pour trois. Et je n'avais plus qu'à aller me coucher! Mais devenu grand, il est capable d'écrire un français qui me rend fière.

Avec l'école de brousse, je n'ai que des élèves motivées, mais j'avoue que trois à le fois pendant trois heures, ça vide. Déjà que mon énergie vitale est pas top shape! Les filles aussi étaient fatiguées. Mais en la puissance de leur jeunesse, elles étaient aussi stimulées et satisfaites. Prêtes pour en prendre plus!

Je les laisse en leur donnant un devoir à me rendre le jeudi midi. Le mardi soir, elles l'ont fait. J'hallucine un peu. J'en parle avec Miss Soleil qui m'explique que cela leur fait du bien d'avoir des devoirs à rendre, cela les fait se sentir moins perdues. Okay alors, ça vaut bien une fatigue de vieille mère...


Pandémie et rééducation physique ne font pas la paire

Me forcer à la marche quotidienne est une nouvelle torture physique. Sentir le mécontentement de mon dos qui ne comprend pas où est passée la piscine. Pourquoi tant de pesanteur? Pourquoi si peu traitements? Il n'est pas content.

Pour la première fois depuis trois ans, réussir à faire le tour de mon quartier. Puis accuser l'après-coup qui cimente les muscles contractés. En espérant qu'ils ne crispent pas assez pour me déplacer une vertèbre. Le plus gros stress que m'apporte cette pandémie est au niveau de la continuité de mes soins médicaux. Le chiro est de plus en plus difficile à joindre. C'était mon dernier ancrage en ce processus de rééducation physique, qui en prend pour son grade.

Comme la majorité de ceux qui étaient déjà malades avant le confinement, je me retrouve abandonnée à mon sort. Et c'est bien frustrant! Je m'adapte et je m'ajuste au maximum pour essayer de sauver les meubles. Pour ne pas régresser. Pour éviter de redonner de la force à ses douleurs physiques que je m'évertue à dépasser. J'y étais presque. Mais pas. Heureusement que je suis de nature autonome et rebelle. Je compte bien ne pas me laisser abattre par l'augmentation de certaines douleurs!


La sensation d'être un parent choyé

Après la fatigue de la classe. Recevoir notre salaire de parent le soir venu. La puce nous explique qu'elle a décidé de nous préparer le souper. Avec un petit mot doux et un dessert surprise. On se sent choyés et aimés...

Elle nous explique qu'elle ne voit pas ses journées passer tant elles sont remplies. Ce qui me fait penser que ma mission de maman est accomplie. Une mission quotidienne à laquelle je m'atelle...

Avec une pensée émue pour la tranche, un peu oubliée, des 13/17 ans qui ne pourront vivre ces expériences de vie qui façonnent le développement de soi. En leur souhaitant à tous qu'il en résulte un meilleur futur pour leurs vies adultes...

Avant d'aller se coucher, Miss Soleil nous demande:

- Cela fait combien de temps qu'on est confinés maintenant? 
- Ben c'est notre troisième semaine... 
- Alors ça veut dire qu'on a pas le coronavirus? 

En effet, cela veut dire cela. Et quelqu'en soient les difficultés, l'on fera notre possible pour continuer sur cette lancée...

Troisième semaine d'isolation volontaire en coin de brousse

jeudi, mars 26, 2020


Un tiers de la planète est en mode confinement, le reste n'a sûrement ni les moyens, ni les gouvernements pour confiner son monde.

En moins d'un mois, la vie de tous a été chamboulée par ce coronavirus sorti de Wuhan. Maintenant, tous les pays civilisés sont en pause. Tout le monde doit s'adapter à une nouvelle réalité qui fait couler les plans de chacun.

Cette pandémie fait déjà bien des victimes physiques et économiques. Elle transforme l'humanité une semaine après l'autre. Et si elle transformait le monde pour le mieux?

L'humanité façonne le monde et le virus transforme l'humanité. Mais nous gardons tous le contrôle de nos attitudes. Et c'est maintenant le temps d'en prendre conscience.

En ces temps confinés, ce ne sont plus les richesses matérielles qui comptent, ce sont plutôt les richesses humaines qui prennent le devant de la scène. Ceux qui savent s'adapter et contrôler leurs émotions seront bien mieux lotis que tous les autres...


Inspirer, accepter, s'adapter

Il y a deux mois, j'étais étiquetée "malchanceuse" en ce monde pressé qui n'en finissait pas de s'éclater entre ses performances et ses divertissements. La maladie m'avait arrêté en vol. Je vivais au ralenti par rapport au reste de mes pairs. Je n'étais plus grand chose au yeux de la société. Pourtant, je travaillais fort à transformer ma fatalité en force.

Maintenant que la vie de tous est sur pause, je me sens toujours en décalage mais voilà que la roue a tourné. Je ne fais plus partie des malchanceuses puisque mon mari peut télé-travailler et que l'on est confiné en un endroit empli d'espace. J'ai même la chance de pouvoir continuer d'être traitée par mon chiro!

Je suis heureuse de passer du temps avec ma fille et mon mari. Je pense que cette expérience nous rapprochera en notre cellule familiale. Et toute cette frénésie d'actualité tend à me stimuler. J'ai beaucoup de peine pour les familles qui sont touchées par les tragédies causées par ce virus. Et je prie pour que le monde s'en trouve transformé pour le meilleur plutôt que le pire.

Je ne me sens ni anxieuse, ni angoissée par le fait que le monde soit mis sur pause. Au contraire, je trouve cela plutôt reposant. D'un coup, je n'ai plus à gérer toutes ses émotions de tristesse à voir le monde tourner sans moi. Vivre en un monde en pause fait que ma vie me semble moins ralentie.

Je ne sous-estime pas ce virus qui fait la loi du jour, je le crains. Je sais qu'il pourrait nous faire du tort. Je le respecte. J'en accepte sa réalité et l'on se protège. Accepter ce qui est, aide à s'y adapter.


Accepter l'inconfort et persévérer

Passer d'une rééducation physique en piscine à une rééducation terrestre n'est pas simple. Mon dos n'est pas du tout satisfait de la situation. Il se rebelle et me le fait bien sentir. Mais tant que le chiro peut me replacer, je suis prête à m'adapter, rendu là, souffrir physiquemet est un art de vivre... 

Il y a un mois, ma courbe de progression physique n'arrêtait pas de grimper. Ce n'est plus le cas. Mais tant qu'elle ne dégringole pas, ça va. Tant que je suis debout, c'est correct. Tant que je ne régresse pas, je prends sur moi et m'adapte.

Il y a trois ans, ma vie a été mise sur pause, contre mon gré. Regarder le monde tourner fut une énorme souffrance à gérer. Perdre le fil de ma carrière et tous mes repères, pour me retrouver avec les invalides de ce monde, fut une souffrance sans nom. De ces souffrances mentales qui s'ajoutent à d'infernales douleurs physiques.

Il n'y a pas de vie sans épreuves. En ces états difficiles à vivre, regarder tout ce que l'on a perdu. Tout ce que l'on perd. Tout ce que l'on perdra est destructif. Humain certes, mais destructif. Lorsque les repères du quotidien disparaissent, il est nécessaire de s'accrocher à ce qu'il nous reste.

Regarder ce que l'on a aide à gérer les tristesses de ce que l'on perd. Lorsque ma vie s'est mise sur pause contre mon gré, j'ai pleuré ce que je perdais et j'ai regardé ce qu'il me restait. Ainsi j'ai trouvé la force d'avancer dans l'obscurité, la volonté de persévérer dans la douleur et l'incertitude.


Alors que je passe au travers les photos capturées en notre sortie d'hier, je réalise qu'une des raisons pourquoi j'aime tant les croquer en l'air est parce-que ce sont des actions et des mouvements que j'ai perdu. Je ne possède plus la capacité de sauter, de tomber, de gambader, de courir...

Mais j'ai retrouvé la capacité de marcher et de rire. Même si je continue à vivre avec toutes sortes de maux à gérer, je ne lâche pas, je persévère...

Nager à contre-courant...

mercredi, mars 25, 2020

Deuxième semaine d'isolation volontaire 



Le monde se referme sur lui même alors que la covid19 parcoure la planète et met l'humanité sur pause.

Mon homme est entré en mode télétravail sans souci. L'on construit un quotidien familial en cette nouvelle réalité. Adapter ma rééducation physique est douloureuse. Je l'accepte. Tant que mon chiro garde le fort, je choisis d'en poursuivre le cours malgré les difficultés ajoutées.

En faisait le choix de nous organiser un horaire quotidien, la vie continue. Et la vie confinée en coin de lac congelé offre beaucoup d'espace et d'air frais...


Chaque jour à la même heure, l'on sort dehors. Selon la lumière du jour, l'on va coté lac ou coté bois.

Nos voisins amis, confinés eux aussi dans le quartier, nous rejoignent dehors. L'on socialise tout en respectant les règles de distanciation sociale. Miss Soleil veille et surveille. On garde nos trois mètres de distance en tout temps.

Même si nos voisins sont aussi confinés en coin de brousse, ils ne désinfectent pas encore leurs courses. Ce que nous faisons. Même s'ils risquent eux aussi d'adopter cette méthode (si j'en crois mon petit doigt).

Même si nous sommes dans le même village, nous faisons tout de même attention, personne n'entre dans les maisons des uns ou des autres. Chacun chez soi, sauf pour la sortie du jour...


Imaginer une école virtuelle de brousse

Cette semaine est née l'école de brousse virtuelle en temps de pandémie. Sachant j'ai les capacités de la mettre en place, je décide de m'y lancer. Même si ma santé n'est pas encore optimale, je suis capable d'aider à nourrir des jeunes neurones. Puisque je me dois de contribuer à la cause, à ma petite échelle et selon mes capacités.


Le Français est plus que ma langue, c'est ma patrie. C'est en transmettant ma passion aux plus jeunes que je me sens patriotique. S'il est vrai qu'il faut penser aux plus vieux en ce temps hors norme, il ne faut pas non plus oublier les jeunes...


Au Québec, de nombreuses mesures ont été prises pour lutter contre l’épidémie. De nombreuses mesures sont mises en place pour aider financièrement les adultes et pour protéger les aînés. Mais qu'en est-il des jeunes?

Depuis la fermeture des écoles, c'est silence radio. Il est question que tous les étudiants passent automatiquement leur année. Il est question de mettre en place un système de pistes éducatives. Mais pour l'instant, il n'y a rien à l'horizon pour occuper les jeunes et nourrir leur intellect, et comme j'offre déjà ce service à ma fille...

Naturellement est donc venue l'idée de mettre en place une école de brousse afin de contrer l'école buissonnière forcée par cette réalité hors norme. Cette initiative donne à ma puce l'occasion de socialiser avec ses amies tout en mettant en place de nouveaux repères.

Hier, j'ai eu les autorisations parentales. L'une des élèves a une mère infirmière sur le terrain. Faire preuve de solidarité en période de crise, n'est-ce pas créer des chaines humaines composées de multiples maillons?

Chaque maillon est un humain qui aide l'autre à son échelle.

Nous avons testé notre salle de classe via Zoom, cette application de l'heure qui fait fureur. Il parait qu'en Europe, la mode des apéro-zoom fait de plus en plus d'adeptes!

Aussi nous fondons une école Zoom en deux temps, trois mouvements...

Notre école de brousse possède présentement deux classes virtuelles. Une de niveau secondaire 2 dont je serai en charge. Une de niveau primaire que Miss Soleil prendra en charge, sous ma supervision.

En temps de confinement, l'école ouvrira virtuellement les lundis et jeudis après-midi pour les secondaires. Les mardis et vendredis après-midi pour les primaires. Il est possible qu'il nous reste quelques places pour de futurs élèves. À suivre...


L'école de brousse versus l'école buissonnière

mardi, mars 24, 2020

Chroniques de Covid



Le premier ministre Legault annonce que nous entrons en mode de confinement. Durant son point de presse journalier, il demande de la solidarité et du courage. Il compte sur la bonne foi et la collaboration de la population québécoise. Le Québec est officiellement en pause jusqu'à Pâques.

Chaque geste compte. Chacun doit respecter les consignes d'isolement collectif. Il explique à la population que pour vivre en paix, tout le monde doit faire son effort individuel afin de garder la paix sociale.

J'ai espoir que l'on en est capable. L'optimisme québécois persévère en ces arc-en-ciels qui fleurissent aux femetres pour symboliser le slogan de l'heure, #çavabienaller

En 2020, l'esprit de collectivité revient en force. Un esprit qui semble renaître de ses cendres. Un esprit qui tombe à point vu que la transmission communautaire est mondiale.

Depuis des semaines, je suis la progression du Covid19 dans le monde. Ultra informée, j'ai poussé ma famille à se préparer dès la semaine de relâche. Sachant que celle-ci sonnerait le glas de notre insouciance collective.

Nous avons commencé à nous organiser en vue de ce que je nommais "la grande quarantaine" bien avant que le Québec se soucie du virus.

Début mars, je m'amusais à bousculer les esprits en parlant de ce concept tout en désinfectant tout sur mon passage. Et je prenais soin de m’imprégner de cette facilité de vie quotidienne que tous prenait pour acquis.


Durant le mois de janvier, Miss Soleil a eu l'Influenza, cela l'a mis à terre. Elle a voulu retourner trop vite à l'école. Elle s'est épuisée. Elle est retombée malade avec une sinusite aiguë qui l'a de nouveau arrêtée juste avant la relâche.

Nous avons débuté l'année avec gastro pour ma pomme et virus locaux pour la puce. Entre nos divers rendez-vous médicaux, nous en avons donc profité pour récupérer quelques masques. Au cas ou...

Le/la Covid est parmi nous

Dès que les écoles et universités ont été fermées, nous nous sommes volontairement mis en isolation. Nous nous sommes organisé avec nos médicaments. Nous avons fait des provisions raisonnables, avant la folie du papier toilette...

La semaine dernière, nous avons mis en place une routine de base pour harmoniser nos relations à l'intérieur de la maison. En cette organisation, nous avions prévu d'aller à l'épicerie aux dix jours pour les produits frais.Je suis de service. Je n'ai pas de barbe pour laisser passer l'air sous un masque et je suis habituée à ne pas me toucher le visage en des lieux publics.

J'apprends, en y allant une dernière fois, que le service en ligne est désormais accessible en notre coin de brousse. Et en plus, ils livrent! Nous n'irons plus au IGA, désormais nous commanderons en ligne, les quelques produits frais dont l'on pourrait avoir besoin.


L'atmosphère dans le magasin est étrange.  Décalée. Il y règne un mélange de calme plat et d'actions en toile de fond.

Il y a plus d'employés que de clients. Entre ceux qui remplissent les étagères et ceux qui remplissent les caddies des commandes virtuelles, c'est comme une petite armée qui travaillent sans répit.

La farine est arrivée. Il n'y a plus de pénurie de papier toilette. Juste les oeufs manquent, j'imagine que c'est provisoire. Je ne pense pas que l'on manquera de faim au Québec!

On risque de manquer de lits d’hôpital avant de manquer de nourriture. Espérons que le Québec ne suivra ni la voie de l'Europe, ni celle des États-Unis. La fermeture des frontières me rassure.

On désinfecte toutes nos courses. Merci lingettes Clorox! Et je mets mes vêtements à la laveuse en rentrant. Les semaines à venir seront difficiles, dangereuses. Elles sortiront le Québec de ses zones de confort.

S'adapter pour continuer d'évoluer

J'entends parler ceux qui ne se croient pas à risque et qui se sentent atteints en leur liberté. Si j'étais à leur place, je ne sous-estimerais pas tant ce virus.

Mais que sait de la maladie celui qui vit en bonne santé et qui la prend pour acquise? Celui qui ne sait pas ce qu'il en est de réellement souffrir physiquement?

Je sais que je suis à risque. Que mon homme l'est aussi. Chaque matin, une ribambelle de maux se réveillent avec moi. Et je me demande si ce mystérieux virus ne pourrait pas se cacher là dedans. C'est stressant.

J'en contrôle les émotions le temps qu'agissent les médicaments qui font ma routine quotidienne. En me disant que si je devais l'attraper alors mon régiment de médicaments agiraient différemment et que je le sentirais en milieu de journée.

Chaque matin, je contrôle mon cerveau pour l’empêcher de mal penser. Le fait que la société québécoise prenne le virus au sérieux me rassure. Au fil des médicaments qui œuvrent et contrôlent les douleurs diverses, je me relaxe et je m'adapte.

Hier, j'apprends que mon ostéo de replacement est lui aussi en quarantaine. Je prie pour que mon chiro tienne la route et qu'il puisse continuer de pratiquer en sa clinique. Garder une continuité de soins et de rééducation physique est ma crainte et mon défi.

Il ne reste plus que le chiro comme prise de risque mais elle est nécessaire. Sans ses services, je pourrais retrouver de mes invalidités physiques plus vite que je n'ai travaillé à les retrouver.

Je vais le revoir demain. Il n'y a plus que les cas d'urgence dont je fais partie qui sont traités. La clinique est ultra propre. Elle fait son possible pour nous protéger. Je porte quand un masque et des lunettes pour y aller. Je me protège. Nous nous adaptons à la routine de confinement en coin de lac congelé.

Nous avons aussi décidé de sortir chaque jour de la maison, à la même heure. C'est une nouvelle discipline familiale que l'on instaure. Soit pour faire un tour de forêt, soit pour marcher sur le lac gelé.

Nous ne voyons plus personne depuis une bonne semaine déjà, si ce n'est notre ami voisin qui, parfois, nous accompagne durant nos marches, tout en gardant en tête les règles de distanciation sociale. Lui aussi est en mode d'isolation volontaire et de télétravail.


Lutter contre le virus en se nourrissant les cervelles

Malgré le manque de consignes pour les élèves en secondaire, Miss Soleil décide de travailler un peu chaque jour, pour ne pas trop rouiller en ses matières.

La culture faisant partie de mon éducation de base, je pense qu'elle pourra continuer de nourrir sa cervelle malgré l'isolement. C'est toujours un plaisir que de lui transmettre mes connaissances.

Dans la foulée, un idée me vient, possiblement plantée par Christie qui se demande comment se rendre utile.

Je réalise que j'ai les capacités d'aider quelques enfants en leurs leçons. Durant mes études universitaires, je vivais en donnant des cours de français aux élèves en difficulté du village.

Vu que je donne déjà de ce service à ma propre fille, je pourrai en donner un peu à d'autres. Cela soulagerait quelques parents et cela me donnerait l'occasion de nourrir quelques jeunes cervelles.

Le Français est plus que ma langue, c'est ma patrie. C'est en en transmettant la passion aux plus jeunes que je me sens patriotique. Une liste d'élèves se profile à l'horizon. Je commence à organiser une mini classe virtuelle avec quelques amies de Miss Soleil et d'autres plus petits.

Je me dis que cela leur donnera aussi l'occasion de retrouver quelques repères de socialisation. La semaine prochaine, l'on en commencera le cycle...

S'adapter aux nouvelles réalités...

lundi, mars 23, 2020

Chroniques de Covid...


Deuxième semaine d'isolation volontaire en temps de pandémie. On s'y adapte.

Avec l'homme au télétravail et la puce sans école, nous nous organisons un horaire d'isolation pendant que monde se renferme sur lui-même.  Nous nous adaptons. Mon mari diabétique est à risque et j'ai vu assez d'hôpital en ces quatre dernières années pour n'avoir aucune envie de m'y retrouver de nouveau.

Ayant vu venir le trouble à l'horizon, nous étions préparés lorsque le monde s'est réveillé, enfermé en ses frontières. L'ironie d'avoir reçu nos passeports, périmés depuis deux ans, l'automne dernier ne m'échappe pas.

Mon homme est habitué à régulièrement télé-travailler, il s'y adapte bien. Nous en profitons pour instaurer des heures de bureau. Histoire de ne pas m'arracher les cheveux à le décoller de son écran!

Miss Soleil est déçue de la tournure des choses mais compréhensive. Elle qui excellait en son année, autant sur le plan académique que social, n'est pas heureuse de ne plus aller en classe. Elle s'en fait une raison qu'elle puise en l'amour profond qu'elle ressent pour ses parents. Elle me touche. Elle est cool. Elle préfére propager le message que le virus. Ce qu'elle fait, avec ses amis qui aimeraient bien la voir.

Quand le monde arrête de tourner

Elle avait plein de projets cool à vivre, dont un voyage scolaire à New-York avant de changer d'école. En tant que première ministre élue, elle participait à une initiative intéressante. Je chapeautais le projet depuis plusieurs semaines, pour la préparer avec sa coéquipière à cette expérience de niveau secondaire 5 alors qu'elle est en secondaire 2.

Je les ai fait travailler des heures et de heures afin qu'elles puissent comprendre et assurer cette simulation d'Assemblée qui aurait dû les emmener au Château Frontenac puis à Montréal. En notre trio familial, la puce avait le plus de projets, qui tombent à l'eau, en cours. Cela me peine pour elle.


Et je compte bien que l'on profite de cette parenthèse humaine pour vivre des moments qui resserrerons nos liens. Pour trouver des activités qui nous feront passer du temps ensemble. Pour créer des moments inédits en une période historique.

De mon coté, je travaillais fort pour revenir au monde qui tourne et mettre en place de nouveaux projets. Mais je n'en étais pas encore tout à fait là. Septembre était mon objectif de rentrée. Évidemment, je suis bien déçue de ne pouvoir poursuivre le fil de mes rééducations sociales en retournant en ville! Voilà trois ans que la maladie me confine. Je vais mieux. Et c'est maintenant le monde qui s'y met. À y perdre ce latin que je n'ai jamais appris!

Le coup de la fermeture des piscines a été mon plus gros coup personnel. Et la crainte de perdre la continuité de mes traitements médicaux. J'ai passé la semaine à voir comment j'allais m'arranger. Une nouvelle organisation de soins se met en place. 

Si mon chiro ne tombe pas malade,j'ai une chance de ne pas trop régresser. La clinique où je me fais traiter a mis en place de nouvelles mesures et ne traite plus que ses cas urgents. Ceux qui pourraient finir à l’hôpital sans traitement. Comme j'en fais partie, je peux continuer d'y aller. En faisant toujours très attention.

Mon osteo, revenue de voyage, est en quarantaine. Son remplaçant me prend en urgence aujourd'hui. Le seul écart que je dois faire en notre isolation volontaire est d'aller à la clinique, qui se situe à cinq kilomètres de ma maison.

Achever une rééducation physique de deux années en compagnie du Covid19 demande quelques réflexions et adaptation. Il me sera plus douloureux de continuer mes rééducations en  mode terrestre. Sans répit d'apesanteur. Mais quand il n'y a pas la possibilité de faire autrement, il fait faire avec! 

Essayer de compenser le manque à gagner en piscine avec des marches hebdomadaires. Objectif en cours, accumuler 2000 pas par jour, en espérant ne pas perdre l'acquis de deux dures années de travail de rééducation physique. Sachant qu'il y a un an de cela, ma capacité de marche tournait autour de 200 pas avant que mon dos ne crie grâce.

S'adapter pour avancer est un art de vivre que nous pratiquons depuis bien des années. Être confinés en coin de lac offre plein d'air pur, de silence et d'espace où patienter. Nous avons conscience du privilège de vivre en nature et dans une province qui prend les mesures nécessaires pour essayer d'éviter l'hécatombe italienne.

L'attitude de chacun déterminera le bien de tous. Habituellement l'attitude de chacun n'a de répercussions que sur lui-même ou son cercle proche. Ce qui permet à chacun de développer son individualité à gogo.

Désormais l'attitude de chacun est un maillon important de la chaîne humaine qui gardera l'ordre social en place, ou le fera dangereusement tanguer...

En notre coin de brousse, l'on a appris à transformer la fatalité en force. L'on a appris à persévérer dans les difficultés. L'on a appris à s'adapter et à évoluer. J'ai appris à survivre en d'intolérables douleurs. J'ai appris à les traverser sans lâcher. J'ai appris à transformer le pire en force.

En ce monde qui se referme sur lui même, je me reconnecte. Je m'ouvre de nouveau. Revenir à la vie durant une quarantaine mondiale est très étrange. Bref, au Québec, ce n'est pas encore la fin du monde. Peut-être est-ce juste le début d'un nouveau. En notre coin de lac, c'est surtout l'hiver. Un p'tit -20 avec ça?

En notre organisation de maison, il y a une marche hebdomadaire. En coin de forêt ou sur le lac, selon les lumières ou les humeurs. Un copain voisin nous y rejoint parfois. On pratique la distanciation sociale, les hommes papotent à trois mètres de distance, et l'on avance. Un jour après l'autre...


En notre organisation de maison, il y a une sortie hebdomadaire à l'épicerie, durant les heures où personne n'y traîne. L'on désinfecte tout ce qui entre dans la maison. Qui se transforme en zone verte au fil des jours qui nous isolent. J'ai aussi décidé de revenir nourrir ce coin de Web chaque jour.

Cette semaine, la transmission communautaire débute au Québec, est-ce le début ou la fin? Nul le sait. À chacun d'en choisir l'attitude à développer en les prochains mois pour que le meilleur en ressorte plutôt que le pire.

Isolation volontaire en temps de pandémie

vendredi, mars 20, 2020


J'écoute le point de presse de Gouverneur Cuomo qui essaie d'expliquer à sa population l'importance de protéger les vieux, je hausse un sourcil perplexe. Invoquer l'importance de la collectivité à une population plus sensible à son individualisme qu'à son prochain me semble voué à l'échec.

Sachant que l'expérience italienne prouve que les plus vieux tombent les premiers et qu'ensuite arrivent la vague des "jeunes" qui tombent aussi au champ de cette invisible bataille. Ils n'en mourront peut-être pas mais ils risquent d'en vivre les pires jours de leur existence! Y sont-ils préparés?

Est-ce-qu'il ne serait pas plus efficace en nos sociétés modernes d'expliquer combien chacun est à risque? Qu'il doit sauver sa peau pour préserver la santé de sa collectivité? Est-il nécessaire de répéter qu'aucun pays ne possède l'infrastructure hospitalière pour affronter un tsunami de Covid?

Le pire est à venir

Je refuse de considérer aucun des chiffres officielles chinois, désolé mais j'ai pour parti de ne pas écouter les Pinocchio de ce monde! La Chine a caché trop de choses, dont ses problèmes de crématorium. Ce qui n'est pas le cas des Italiens...

Pourquoi doit-on tous #resterchezsoi? Car personne ne veut se retrouver là. Ni les vieux, ni les autres ne veulent se retrouver en cette situation.

Je préfère mille fois être confinée que de me retrouver en cette position où veille la mort, prête à t'attraper. Croire que juste les plus vieux seront touchés, c'est encore se mettre la tête dans le sable...

Prenons exemple sur l'Italie, ne suivons pas son exemple. Patience et résilience sont désormais nos meilleures amies.

Le monde doit maintenant apprendre l’abnégation et la compassion comme cela ne lui est pas arrivé depuis plusieurs générations. Au final, c'est peut-être pour le mieux.


Grandir dans l'épreuve collective

Toute épreuve est l'occasion d'évoluer. Même si douloureuse, elle renforce et élève celui qui accepte d'en relever le défi.

Chaque épreuve est l'occasion d'approfondir son humanité et de la transformer selon ses valeurs et convictions.

Lorsque vient le temps de traverser un épreuve de vie, les valeurs humaines se révèlent d'excellents repères pour se guider dans l'obscurité des difficultés à traverser.

Si ces valeurs sont bonnes, elles mènent vers la lumière au fond du tunnel. Si elles sont mauvaises, elle perdent l'être qui s'y perd.

C'est dur mais ce n'est pas encore la fin du monde. Cela pourrait le devenir selon nos attitudes et actions à venir.

Évidement c'est dur d'évoluer. C'est dur de changer. C'est dur de sacrifier ses désirs et ses envies! Mais c'est pas la fin du monde. Juste le début d'un nouveau?


Lorsque vient le temps de surmonter des épreuves humaines, les valeurs intérieures deviennent source de force. Alors que les artifices des façades humaines font la pauvreté d'une âme.


Tant que l'on a un toit sur la tête, de la nourriture dans ses placards, des gens à aimer et une santé à entretenir, on fait partie des privilégiés. Et c'est déjà plus facile de s'adapter...

Bye bye égoïsme




Je ne peux pas m'empêcher de noter l'ironie actuelle qui fait passer le monde moderne d'une ère individualiste où le soi est roi à un monde d'abnégation pour le bien commun. Fascinant! 


Sachant que lorsque la collectivité est en danger, c'est aussi en la préservant que l'on sauvera l'individu. Chacun possède maintenant la responsabilité de tous. Les prochaines semaines seront déterminantes pour beaucoup de pays, le nôtre compris.

Au Québec, à voir les mesures prises, je cultive l'espoir qu'on échappe au pire. Regarder aller la France est source de bien des froncements de sourcils. Regarder souffrir l'Italie serre le coeur. Regarder les États-Unis aller fait trembler... .

Reste chez toi, sauve le monde...

vendredi, mars 13, 2020


Je fais de la veille de coronavirus depuis janvier. Mon homme trouve mes comptes rendus plus étoffés que les nouvelles qu'il entend à la radio. Deux semaines après que je lui en ai parlé...

La majorité est sous informée et je le suis trop! Avec mon mari diabétique, ce n'est pas tant de la rigolade et je ne rigole pas. Je me soucie du futur à venir.

Ce coronavirus réveille la journaliste en mon sang. Signe de mon rétablissement en cours. Entre deux rééducations et trois fatigues, j'étudie les actualités du coronavirus selon les différents pays et cultures.

J'en observe les différentes réactions selon les gouvernements. J'en analyse le tout et j'en déduis des prédictions que je partage à l'intime.

L'on fait un plan d'action pour se préparer. Et je prends l'habitude de tout désinfecter sur mon passage...

Evidemment, Trump est désolant. Les chinois mentent comme Pinocchio. La Corée du Sud semble montrer l'exemple à suivre. Des images satellites montrerait des fosses communes en Iran. L'Italie va mal, si mal qu'elle ne soigne plus les contaminés de plus de soixante ans et démontre qu'il n'y a pas que les personnes âgées qui sont touchées. Son système hospitalier explose. C'est le début de l'hécatombe...

Il est maintenant clair que les moins de soixante ans, même en pleine santé, se retrouvent aussi en réanimation. L’Italie montre ce qu'il en est lorsqu'on s'en préoccupe trop peu!

Si la Chine n'avait pas tant caché l'horreur en son pays alors que l’épidémie devenait pandémie, le monde aurait peut-être été moins nonchalant?

J'ai lu quelque part qu'une société était civilisée lorsqu'elle était capable de protéger les plus vulnérables. Sommes-nous réellement civilisés? Nous le saurons bientôt...

Il parait qu'une épidémie est l'instant où l'individu doit passer après la collectivité. Et c'est en pensant à la collectivité que l'on sauve l'individu. Cette pandémie met en lumière des notions peu pratiquées par nos sociétés modernes. Elle nous transformera qu'on le veuille ou pas...

Le pire est à venir...

Les États-Unis ne sont pas plus honnêtes que les Chinois. Ça magouille, ça cafouille, ça dérouille. La planète commence à tourner au ralenti.

J'ai découvert toutes sortes d'informations troublantes avant que la Chine n'arrive à couper toute communication avec l'extérieur. Assez informée pour penser à acheter du gel antibactérien il y a dix jours...

Après ces semaines à creuser le sujet pour mieux comprendre ce virus, je ne suis pas du tout étonnée de la tournure des choses actuelles. Entre le temps d'incubation et les contagieux asymptomatiques, il y a de quoi s’inquiéter et se préparer au pire.

Depuis des semaines, j'ai l'impression de voir un train aller droit dans un gigantesque mur. J'ai l'étrange sensation d'être posée sur le toit de ce train qui file à vive allure vers la catastrophe. Tandis que les passagers regardent le paysage sans se soucier de ce qui s'en vient, droit devant.



Depuis un mois, l'on se prépare à ce moment présent. Assez pour que Miss Soleil m'explique qu'elle a l'impression de réviser pour un examen invisible.

Elle connait tous les gestes barrières, elle est consciente du problème. On est prêt pour l'examen!

À la maison, on a des masques, une visière et du purell. On a les provisions nécessaires. L'homme a de l'insuline, j'ai mes médicaments. Tant que la piscine est ouverte, ma routine restera la même. Mais pour combien de temps?

Hier, en allant au chiro hier, j'en ai profité pour désinfecter sa salle de traitement. Mon osteo sera en isolation au retour de sa semaine de vacances pour deux semaines. Heureusement que je vais mieux...

Là ou je passe, le virus trépasse...

Pour aider à la lutte anti virus, je désinfecte tout sur mon passage depuis plusieurs jours déjà, armée de mon Purell et de mes lingettes Clorox. Je fais attention de ne pas me toucher le visage, je suis consciente du danger.

Je me dis que si l'on était plus à tout désinfecter sur notre passage, le virus aurait moins d'espace pour traîner.

Désinfecter pour moi et pour ceux qui passent derrière aide mes nerfs éprouvés par bien des ennuis de santé. Je sais ce qu'il en est de perdre le contrôle de son corps. Je prie pour que l'on évite le pire de ce méchant virus.

Entre l'Asie, l'Europe, l'Orient, l'Afrique et les USA, ça s'en vient de tous bords tous côtés...

Montréal ferme aussi ses piscines, bibliothèques, spectacles, Québec suit.

Il n'y a plus de gels antibactériens, nulle part, depuis des jours. Les épiceries se vident de leurs papier toilettes, la mienne comprise!

Après avoir déclaré toutes sortes d'inepties, Trump retourne son fusil d'épaules et prend le virus au sérieux. Surement trop tard pour bien faire.

Tom Hanks est touché par le virus, cela met un visage connu et aimé sur la chose. Le monde civilisé se réveille alors qu'il rentre dans le mur? Est-ce que le Canada saura aplanir la fameuse courbe de contagion?

Sachant que le virus s’accroît  de façon exponentielle et qu'aucun pays ne possède l’infrastructure hospitalière adéquate pour faire face à ce virus tout neuf, il y a de quoi s’inquiéter pour l'ordre social.

La France se met peu à peu en quarantaine. L’Espagne suit. Justin Trudeau est en isolation avec sa femme positive au coronavirus. L'Ontario ferme ses écoles, la rumeur court que le Québec suivra sous peu.

Ce qui est maintenant fait! Plus d'école pour la puce. L'université  ferme aussi. Mon homme diabétique va se mettre au télétravail. C'est pour le mieux. Être confinés en notre coin de brousse n'est pas la pire des situations. Il y a pire logés à l'enseigne de ce virus qui fait la fête à l'humanité!

Ce mois-ci marque trois ans depuis mon dos a été explosé. Trois années confinées de douleurs et de rééducations physiques. Enfin je vais mieux. Enfin je peux envisager de sortir à nouveau... Ou pas!

Le monde se met sur pause alors je commence à pouvoir sortir de la mienne. Il est vraiment particulier de revenir à la vie en une société qui se referme sur lui-même!


Pis, chez vous, ça covid?