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lundi, octobre 03, 2022


En ce premier octobre, je regarde tourner le monde et j'ai le cœur ben gros. Poutine continue d'escalader les conflits de ce début de troisième guerre mondiale. Une guerre à menace nucléaire?

Annexer des territoires ukrainiens en un semblant de référendum avant d'en fêter la victoire avec un concert à Moscou. N'est-ce pas comme danser sur les tombes de ces enfants de l'an 2000, devenus chair à canon? L'avenir proche s'obscurcit à mesure que recule le présent vers le passé.

Les femmes d'Afghanistan ont perdu la bataille. Est-ce que les femmes d'Iran arriveront à faire entendre leur voix? À faire respecter leur existence? Les Américains perdent un peu la tête. Refuser l'avortement est un dangereux mouvement...

Je regarde notre monde reculer en une certaine indifférence générale. Après tout qu'il y a-t-il de plus important que notre petit nombril? Je regarde le monde se perdre en ses propres reflets. Et j'ai le cœur gros.

Entre le coq et l’âne

Est-ce pour cela que je me retrouve au département de cardiologie pour passer une échographie cardiaque? Parce-que le monde me fatigue?

Attraper la Covid en juillet. Atterrir à l’hôpital par la force de l'infirmière locale qui craint une embolie pulmonaire. Y faire plusieurs examens. Vaccinée deux fois, je passe au travers la Covid, en n'ayant aucune envie de la rencontrer de nouveau!

Les résultats de certains examens inquiètent le corps médical qui soupçonne un problème avec mon cœur. Celui-ci serait trop gros! Ah bon? Me dis-je. Semi blasée, semi inquiète, je pensais que c'était mes fesses qui étaient trop grosses, pas mon cœur! On peut avoir le cœur trop gros?

Avec une certaine philosophie, j'en accepte la nouvelle et je me plie à une ronde des examens afin d'en éclaircir le mystère. Jeudi matin, en une salle d'hôpital, je rencontre mon cœur battant. C'est un étrange sentiment. Subtilement surréaliste.

Regarder battre son cœur n'est pas commun. Regarder s'ouvrir les valves qui pompent le sang non plus. Encore un peu choquée. Voir battre mon cœur sous mes yeux est une expérience que je n'avais jamais envisagé de mon vivant!

Fascinée je suis par ce cœur qui bat la cadence. Un cœur dont j'entends le rythme et le sang, sous mon regard étonné. Observer battre son cœur, sous multiples angles, durant une trentaine de minutes, c'est un peu comme regarder sa propre mortalité...

Pour essayer de mieux comprendre ce que je vois, je discute avec la gentille dame qui prend photos et vidéos de mon organe vivant. Elle m'explique et je comprends. Rendez-vous le 27 octobre prochain, même place, différente heure, pour en connaître les résultats de la bouche du médecin.

Espérer que ce jour là, le monde ne sera pas davantage en guerre mondiale et que Poutine n'aura pas fait d'attaque nucléaire. Espérons que d'ici ce jour là, le monde sera un peu plus éveillé et conscient. Espérons que ce jour là, le médecin ne me donnera pas un autre problème de santé chronique à ranger en la collection que je possède déjà!


Regarder battre la vie

dimanche, octobre 11, 2020



Depuis sa rentrée scolaire, Miss Soleil a décidé de porter le masque en classe. Même si cela rendait ses journées plus difficiles, elle préférait cette éventualité à celle de ramener le virus à la maison. 

Ceci était son choix, fruit de ses propres réflexions et ce qu'elle voyait autour d'elle. J'ai vu comment porter le masque ajoutait une difficulté à ses journées. Cela m'a peinée. 

J'ai fait mon possible pour l'aider à en gérer la fatigue. J'ai beaucoup discuté avec elle. Avec un père diabétique et un mère à la santé bancale, elle comprend combien il est important pour nous d'éviter le virus en notre maison. 

On a discuté beaucoup et longtemps pour arriver à la conclusion que tant qu'elle prenait toutes les mesures pour se protéger du virus, si par malheur, il devait arriver qu'elle nous le transmette, elle n'en serait pas responsable. 

Ceci dit, si elle fait tout et n'importe quoi, qu'elle l'attrapait et nous le passait, ce serait une autre histoire que l'on ne désire pas visualiser. 

Cet été, l'on a pu voir combien elle devait faire des efforts et résister à la pression sociale de ses pairs pour garder ses distances et prendre en considération la pandémie. Elle en a souffert. Je l'ai câlinée. Elle s'est renforcée. Elle n'a pas lâché. Elle a persévéré. 

Au fil des semaines à s'affirmer, je l'ai vu devenir plus forte devant la pression sociale. Je l'ai vu se tenir droite et rester intègre à ses convictions. J'ai été fière de sa force mise en pratique. 


Je l'ai confortée, encouragée, soutenue. J'ai été impressionnée et touchée par cette force qu'elle posséderait en puisant en son amour pour nous. Lorsque la rentrée est arrivée, j'avais une confiance totale en ses capacités de faire les gestes barrières. 

C'est alors qu'elle a décidé de garder son masque en classe. En observant comment se comportaient ses camarades. Comment l'en empêcher? Nous ne pouvions que la soutenir en cette sage décision...

Il fut un moment, en zone orange, où j'ai essayé de l'en dissuader afin qu'elle ait un peu de répit. Mais elle m'a expliqué que vu comment ses contemporains ne prenaient pas la pandémie au sérieux, elle se sentait plus rassurée de garder son masque. Même si c'était difficile, c'était toujours moins difficile pour elle à supporter que son angoisse de nous contaminer. 

En ses conditions particulières, elle a fait sa rentrée en une nouvelle école urbaine avec brio. Non sans efforts ni fatigues. Non sans des tourbillons d'émotions ponctués de larmes. 


À chaque jour, nous l'avons écoutée, nous l'avons soutenue, nous l'avons aimée. On a fini tous brûlés mais ainsi va la vie. 

Un mois plus tard, elle avait déjà collectionné quelques bonnes notes et intégré un groupe de copines. Malgré son masque! Malgré les invitations refusées. Malgré les distances physiques qu'elle s'impose et impose aux autres. Malgré l'intervention d'une prof pour l'inciter à ne plus le porter autant! 

Elle en a souffert mais elle a tenu bon. Elle s'est fait respecter en ce choix personnel. Pendant que je me posais de sérieuses questions sur l'éducation parentale de mes contemporains... 

Le deuxième jour de la rentrée, une petite peste lui a dit: "Si c'est pour porter ton masque, rentres chez toi!". Ce à quoi elle n'a pas répondu même si blessée. 

Trois semaines plus tard, la même fille a pris peur du virus après avoir fait le party avec des jeunes dont un connaissant un qui pensait être positif. 

Bref, elle s'est mise à porter le masque durant deux jours. Miss Soleil n'en a rien dit mais n'en a pas moins pensé! 

En fait, depuis quelques semaines, épisodiquement, elle voit un ou deux élèves de sa classe décider de porter le masque quelques heures. Ce qui rend Miss Soleil perplexe. 

En sa classe, ses camarades ont de la difficulté à se plaindre du port du masque obligatoire vu qu'elle leur donne l'exemple depuis le premier jour.

Miss Soleil m'explique que les élèves préfèrent être masqués en classe plutôt que se retrouver en mode virtuel. Cet effort là leur semble moins gros que celui d'étudier à la maison. 

Lorsque la règle s'est appliquée cette semaine, plusieurs en avaient anticipé le moment. Ils ont accepté plus facilement la contrainte obligatoire. La majorité s'y plie sans mot dire. Heureux de rester en classe. Plus résilients que certains adultes? 

Son programme Arts/Études est sans cesse chamboulé par la pandémie. Ce n'est facile ni pour les élèves ni pour les adultes. Elle s'y adapte. On l'aide de notre mieux. Ses professeurs de théâtre nous ont même soufflé qu'elle était leur révélation de la rentrée. Le tout masquée! Cool et masquée... 

En ses invisibles efforts qui nous montrent sa force, la puissance de sa bonne volonté et de sa détermination, nous l'admirons. Avec un nouveau rythme qui la lève à 5 heures du mat et qui la couche à 8 et des poussières, elle ne badine pas! 


La semaine dernière, la prof d'Histoire emmène la classe faire un rallye de photos historiques en ville. Alors qu'elle m'en conte l'aventure urbaine, le soir venu, je lui demande: 

 - Alors tu as pu enlever ton masque comme vous étiez dehors... 
 -Ah non! Tout le monde se collait et s'approchait full proche de moi, je l'ai gardé! 

Elle m'explique ensuite qu'elle a même choisi de changer de groupe de rallye car c'était trop la pagaille dans le sien! Fiers d'elle nous sommes. Manifestement tous mes efforts d'éducation ne sont pas vains. 

En cette nouvelle école citadine qui regroupe multiples disciplines (en Sports/Arts/Études), la pandémie aussi influencé la formations des classes. Ce qui fait que la sienne regroupe une équipe de hockey et une troupe de théâtre composée de filles! Ce qui fait tout un cocktail d'hormones à gérer...



Cool et masquée!

mercredi, octobre 07, 2020

Je ne partage pas le choc de la mort de Joyce Echaquan, mais j'en partage la profonde tristesse. 

Je ne peux imaginer celle de ses enfants mais je peux en ressentir une vive compassion. Et une peine immense.

Comment pourrais-je être choquée, sachant les mauvais traitements que j'ai, moi-même, reçu à l'hôpital. Les mauvais traitements que j'ai pu y observer. 

D'ailleurs en ces moments là, souvent, j'ai pensé à ceux dont la peau n'était pas blanche. Ceux dont le sort devait être encore pire...

Je ne peux pas être choquée connaissant le racisme de fond que le Québec fait vivre aux autochtones. Le nier serait mentir.

En ma vingtaine, j'étais plus en phase avec les pow-wows que les raves. Plus en phase avec les peaux rouges que les blancs. Il ne se passe pas une saison sans que je ne médite sur les fantômes amérindiens qui hantent lac et forêt. Sans que je n'en regrette la présence, les traditions, la sagesse.

J'ai pu entendre bien des remarques désobligeantes envers les amérindiens en mes trente deux années de vie québécoise. J'ai été souvent choquée par ces remarques. En fait, le racisme le plus visible au Québec est celui-là. Celui là, en certains milieux de la société, est complètement décomplexé.

J'imagine qu'il est plus facile, pour un blanc, de dénigrer les autochtones plutôt que de repenser au génocide passé, au vol de leurs terres. Par mon passé, j'ai tellement été souvent choquée par ce racisme là, qu'il serait bien hypocrite d'être aujourd'hui choquée de ce fait tragique.


La détresse de son conjoint m'a fait verser des larmes. Des larmes versées pour Joyce et tous les autres. J'espère sincèrement que son décès fera changer des choses pour le meilleur, que cela ouvrira des consciences.

Je soutiens les paroles d''Élisapie, dont je suis tombée sous le charme, en 2004, durant en lointaine entrevue. Élisapie que j'aime entendre chanter et écouter.

Je soutiens Élisapie et toutes les femmes autochotones. 

Le problème du racisme autochtone au Québec est enraciné très profondément dans le tissu social blanc. Comme l'est le "problème noir" aux Etats-Unis. Les deux prennent leur source en des siècles passés d'injustices non assumées. D'ailleurs, les amérindiens américains sont encore moins bien lotis que les noirs américains. 

Bref, aucunement choquée mais profondément triste. Et fière d'Élisapie qui prend la parole avec cœur et intelligence...



Triste mais pas choquée...

dimanche, septembre 27, 2020

Outrée par cet article du Devoir qui donne une telle tribune à un tel personnage. Le tout sans aucune vérification des citations données par cet homme! Honteux! 

Ce personnage qui se nourrit des peurs égoïstes du monde moderne et qui s'en enrichit, tout en incitant le culte de Trump et les croyances Qanon est ainsi mis en lumière? Sans aucune prévention, mise en garde, ni remise en question? Sans autre perspective que la sienne? 

Aucune "des vérités" dites et écrites ne sont vérifiées en cet article? N'est-ce pas une façon de crédibiliser le personnage? Une façon de lui donner de la force? Rien en cet article pour informer sur les inepties colportées. Outrée. 

J'observe, depuis quelques mois, ce mouvement d'éveil, qui grossit au Québec et j'en suis bien troublée. L'éveil à beauté de la bêtise humaine? 

Pour avoir suivi la progression du virus depuis janvier, à Wuhan, je peux affirmer plusieurs objections aux dires de ce monsieur là, qui construit sa pensée selon la définition de la réalité qui lui convient. 

Ce type de personne qui refuse de voir les multiples éclosions des deux dernières semaines à Québec, qui a toujours raison et qui incite aux croyances complotistes est un danger public! Et le Le Devoir lui offre une telle tribune? Outrée. 

Ces gens qui refusent les statistiques italiennes et bien d'autres, ces gens là, avec de magnifiques oeillères qui les protègent du bon sens sont les nouveaux penseurs? Et tous voient Trump comme un sauveur... 

Trump, roi de l'illusion et du mensonge, est en train de se construire tout un royaume. Pas étonnant qu'il ne veuille plus se départir de son trône. Mais s'il reste un autre 4 ans, qu'adviendra-t-il de nous?

 Au final, je finis par croire que si le Covid est gérable, avec un peu d'efforts, de bon sens et d'intelligence, je crains que ces gens là ne le soient pas. Rendu là, je crains plus l'humain que le virus...

Outrée!

mardi, avril 28, 2020

Une nouvelle semaine débute en un monde majoritairement confiné qui se demande quand et comment il dé-confinera.

Je ne peux m'empêcher de me demander combien croient encore que le monde que l'on retrouvera sera le même que celui qui s'est arrêté début mars?

Il est évident que le monde recommencera bientôt à tourner. Mais croire qu'il tournera comme il le faisait avant l'apparition de la Covid19 n'est-il pas se mentir à soi-même, ou se mettre la tête dans le sable?

Sachant que ce virus hantera nos réalités durant plusieurs mois, sinon années, sachant que plusieurs des commerces, restaurants et entreprises ne ré-ouvriront pas. Obligatoirement le monde se transformera. Est-ce que l’individualisme, tel qu'il se développait en ces derniers décennies, pourra continuer son envolée?

L'abondance qui faisait le quotidien de tant ne sera plus. Peut-être reviendra-t-elle, différemment, ou pas du tout? Personne ne le sait encore.

Tout ce que l'on sait est que chacun est responsable de ses actes et de ses pensées. Chacun devra alors se demander comment s'habituer à ce nouveau monde qui se transformera sous nos yeux. Comment y contribuer, comment s'y adapter, comment s'y épanouir...


J'apprécie l'idée que cette pandémie est un test de l'intelligence humaine. Tout comme chaque épreuve personnelle force l'intelligence à se démener pour surmonter les différents obstacles qui font le lot de toute épreuve, il en est de même pour cette épreuve collective.

Autant cette idée me semble juste autant elle est terrifiante... 


Si cette période historique, que nous vivons au présent, se révèle un défi pour l'intelligence humain, je ne suis pas certaine que l'on va péter des scores! En fait, je me fais un certain souci sur le sujet.

En votre esprit, pensez-vous que l'on fait la guerre au Covid ou plutôt que celui-ci teste notre intelligence?

Il parait que c'est la première fois en notre humanité que l'on choisi la vie plutôt que l'économie. Ce qui est un signe d'évolution morale mais est-ce que cette évolution humaine s'adaptera au déclin, si ce n'est à l’effondrement, de l'économie mondiale?

En cette pandémie, il y a les victimes du virus, les victimes du contre-coup économique et les victimes du contre-coup sanitaire. En ne regardant que les victimes du virus, on ne voit que la pointe de l'iceberg qui est en train de nous percuter de plein fouet.


À chaque culture le même défi à révéler. À chaque pays sa note finale? Certains s'en relèveront et d'autres pas? Est-ce que l'ordre social tiendra la route?

Bref, ce mystérieux virus est comme un iceberg qui vient couler le paquebot de notre insouciante abondance...

Réflexions de Covid...

vendredi, mars 27, 2020

Mon premier souvenir remonte au couffin. C'est le plus loin où remonte ma mémoire en cette vie.

C'est un souvenir précis. Celui d’être trimbalée dedans en auto. Couchée, à regarder par la fenêtre, pour n'y voir que le ciel et la cime des arbres.

Ce qui me frustrait profondément car je n'arrivais pas à capter où j'avais pu atterrir. Une fois que j'ai réussi à observer des bâtisses et des routes, j'ai pris des repères et mon esprit est passé à d'autres choses. Comme apprendre à marcher.

Je me souviens de ma volonté de marcher et de parler. La marche est venue plus vite que la parole. La légende dit que j'ai fait mes premiers pas à neuf mois.

En sortant du bureau du notaire où mes parents venaient de signer leur divorce. C'est en un long couloir que j'ai marché seule pour la première fois.

Apprendre à parler a été plus complexe. Je me souviens qu'avant de savoir parler, je pensais en émotion. Je voulais connaitre les mots qui expliquent ces émotions. Je me souviens de mes efforts pour apprendre les mots, pour les comprendre et pour les maîtriser. Mettre des émotions en mots a toujours été vital à mon esprit.

Je me souviens de mon apprentissage de la lecture. Au début, je ne pouvais lire mes Oui-Oui qu'à voix haute. Oh combien cela irritait ma mère! C'est dans la crainte de me recevoir une gifle de trop, durant mes fins de semaine avec elle, que je me suis forcée à lire dans ma tête.

Depuis mon entrée en maternelle, j'habitais la semaine chez ma grand-mère et j'étais avec ma mère les samedis et dimanches. J'étais au début de mon primaire lorsque les terreurs nocturnes ont commencé. Toujours, au moment de m'endormir, avec cette même sensation qui m'inondait l'être en son entier. J'ouvrais les yeux qui s’écarquillaient de peur tandis qu'un trou noir s'ouvrait au fond de ma chambre, j'hurlais. Ma grand-mère accourait.

Elle frôlait toujours le trou en arrivant à mon chevet, ce qui me faisait frissonner d'effroi. Je lui criais de faire attention au trou noir. Elle prenait ma main dans la sienne, elle me parlait et me rassurait. J'avais la sensation de perdre pied et de m'évanouir. Je me réveillais toujours à moitié fraîche, avec ma grand-mère, éreintée, qui avait passé la nuit à mon chevet. Et je ne me rappelais de rien. Sinon du trou noir.

Pourtant, il semblait que je ne dormais pas de la nuit, je parlais et je pleurais. Ma grand-mère était un peu traumatisée ces matins là. Mais je n'avais aucun souvenir de ne pas avoir dormi, aucun souvenir de rien...

Cela arrivait quelques fois par mois. Pas souvent. Mais trop souvent pour ne pas fatiguer ma grand-mère, qui n'avait pas encore cinquante ans. L'on m'avait emmenée voir un docteur qui avait expliqué que c’était une condition d'enfance, rare mais connue, et que cela disparaîtrait en grandissant.

Il est vrai que plus je grandissais et plus ces épisodes s’espaçaient dans le temps. Mais plus je grandissais et plus je voulais comprendre.

Ma grand-mère n'arrivait pas à m'expliquer ce qui m'arrivait lorsque je m'endormais sans dormir.

Elle me disait qu'elle ne comprenait pas les choses que je disais. J'avais toujours peur, je parlais beaucoup, je pleurais beaucoup plus que je ne le faisais à l'état éveillé. Elle blanchissait sa nuit à me rassurer.

J'avais de la peine lorsque je me réveillais avec elle, endormie assise au coin de mon lit. Je n'aimais pas lui gâcher ainsi ses nuits. Je voulais comprendre.

La dernière fois que j'ai eu un épisode de terreurs nocturnes, j'ai voulu me rappeler, j'ai résisté à cette sensation d’évanouissement. J'ai résisté assez pour voir des choses que je n'ai pas compris. Notamment une roue de type "dream catcher" que je n'ai reconnu que des années plus tard, en un autre continent, en allant danser dans des pow-wow.

Il y avait dans cette roue des images qui me faisaient ressentir une overdose d'émotions. Cette nuit là fut aussi difficile pour moi que pour ma mère-grand. Mais ce fut la dernière, celle qui m'a permis d'en prendre le contrôle. Après cette nuit bizarre, j'ai su comment résister à la sensation qui faisait partir l'épisode et puis j'ai grandi assez pour la contrôler. Pour ne plus la laisser m'emporter je ne sais où... 

Rendu là, je savais lire dans ma tête, j'avais migré vers la bibliothèque verte et les J'aime Lire. Rendu là, j'ai commencé à étudier les humains autour de moi. Ce qui irritait beaucoup ma mère. Elle n'aimait pas que je mette ses incohérences en mots. Mais comme je ne vivais avec elle que deux jours par semaine, c’était plus fort que moi. J'analysais tout pendant deux jours et j'y réfléchissais le restant de la semaine.

C'est comme cela que j'en étais arrivée à la conclusion que j'avais deux mères. La vraie et la fausse. J'avais décidé que les extraterrestres qui avaient kidnappé ma vraie mère ne lui permettait de venir me chercher que de temps en temps.

Chaque vendredi soir, je priais pour passer la fin de semaine avec la bonne. Il était clair en ma tête que celle qui me foutait deux baffes en arrivant dans sa maison pour me dire bonjour n'était pas une vraie mère! Celle qui était gentille quand j'arrivais la fin de semaine était la bonne.

Mais les extraterrestres ne la libérait pas souvent, juste assez pour me faire croire que c’était toujours la vraie puisque personne d'autre que moi ne s'en doutait. Puis j'ai grandi encore et j'ai réalisé que les extraterrestres qui kidnappent les mères étaient des histoires d'enfants. Je n'avais qu'une seule mère, c’était pas la joie, mais je devrais apprendre à vivre avec.

Cette réalisation ne m'a nullement donné envie de penser à ce père, qui m'avait manipulée à l'âge de 5 ans, pour que je fasse le choix de ne plus le revoir. Je me disais qu'un seul parent était assez à gérer, deux c’était trop! J'avais aussi décidé qu'il valait mieux apprendre à contre exemple que de suivre l'exemple de ma mère.

Une autre chose bien irritante à ses yeux. Plus j'apprenais à contre exemple et plus son irritation envers moi grandissait. Jusqu'à ce que je sois assez vieille pour ne plus désirer être le "punching ball" de ses émotions mal gérées.

Au fil des apprentissages et réflexions, je suis devenue la mère que je n'ai jamais eu. Étrangement, au fil de mon évolution humaine, la mère que je suis devenue a pu donner à la petite fille que j’étais les compréhensions dont elle avait besoin. En devenant la mère que je suis, j'ai consolé la petite fille que j'étais...

Grandir et comprendre...

vendredi, mars 20, 2020


J'écoute le point de presse de Gouverneur Cuomo qui essaie d'expliquer à sa population l'importance de protéger les vieux, je hausse un sourcil perplexe. Invoquer l'importance de la collectivité à une population plus sensible à son individualisme qu'à son prochain me semble voué à l'échec.

Sachant que l'expérience italienne prouve que les plus vieux tombent les premiers et qu'ensuite arrivent la vague des "jeunes" qui tombent aussi au champ de cette invisible bataille. Ils n'en mourront peut-être pas mais ils risquent d'en vivre les pires jours de leur existence! Y sont-ils préparés?

Est-ce-qu'il ne serait pas plus efficace en nos sociétés modernes d'expliquer combien chacun est à risque? Qu'il doit sauver sa peau pour préserver la santé de sa collectivité? Est-il nécessaire de répéter qu'aucun pays ne possède l'infrastructure hospitalière pour affronter un tsunami de Covid?

Le pire est à venir

Je refuse de considérer aucun des chiffres officielles chinois, désolé mais j'ai pour parti de ne pas écouter les Pinocchio de ce monde! La Chine a caché trop de choses, dont ses problèmes de crématorium. Ce qui n'est pas le cas des Italiens...

Pourquoi doit-on tous #resterchezsoi? Car personne ne veut se retrouver là. Ni les vieux, ni les autres ne veulent se retrouver en cette situation.

Je préfère mille fois être confinée que de me retrouver en cette position où veille la mort, prête à t'attraper. Croire que juste les plus vieux seront touchés, c'est encore se mettre la tête dans le sable...

Prenons exemple sur l'Italie, ne suivons pas son exemple. Patience et résilience sont désormais nos meilleures amies.

Le monde doit maintenant apprendre l’abnégation et la compassion comme cela ne lui est pas arrivé depuis plusieurs générations. Au final, c'est peut-être pour le mieux.


Grandir dans l'épreuve collective

Toute épreuve est l'occasion d'évoluer. Même si douloureuse, elle renforce et élève celui qui accepte d'en relever le défi.

Chaque épreuve est l'occasion d'approfondir son humanité et de la transformer selon ses valeurs et convictions.

Lorsque vient le temps de traverser un épreuve de vie, les valeurs humaines se révèlent d'excellents repères pour se guider dans l'obscurité des difficultés à traverser.

Si ces valeurs sont bonnes, elles mènent vers la lumière au fond du tunnel. Si elles sont mauvaises, elle perdent l'être qui s'y perd.

C'est dur mais ce n'est pas encore la fin du monde. Cela pourrait le devenir selon nos attitudes et actions à venir.

Évidement c'est dur d'évoluer. C'est dur de changer. C'est dur de sacrifier ses désirs et ses envies! Mais c'est pas la fin du monde. Juste le début d'un nouveau?


Lorsque vient le temps de surmonter des épreuves humaines, les valeurs intérieures deviennent source de force. Alors que les artifices des façades humaines font la pauvreté d'une âme.


Tant que l'on a un toit sur la tête, de la nourriture dans ses placards, des gens à aimer et une santé à entretenir, on fait partie des privilégiés. Et c'est déjà plus facile de s'adapter...

Bye bye égoïsme




Je ne peux pas m'empêcher de noter l'ironie actuelle qui fait passer le monde moderne d'une ère individualiste où le soi est roi à un monde d'abnégation pour le bien commun. Fascinant! 


Sachant que lorsque la collectivité est en danger, c'est aussi en la préservant que l'on sauvera l'individu. Chacun possède maintenant la responsabilité de tous. Les prochaines semaines seront déterminantes pour beaucoup de pays, le nôtre compris.

Au Québec, à voir les mesures prises, je cultive l'espoir qu'on échappe au pire. Regarder aller la France est source de bien des froncements de sourcils. Regarder souffrir l'Italie serre le coeur. Regarder les États-Unis aller fait trembler... .

Reste chez toi, sauve le monde...

jeudi, mars 19, 2020


Depuis fin janvier, j'ai cette étrange sensation d'être assise sur le toit d'un train qui va tout droit dans un énorme mur. Seuls ceux sur le toit peuvent en apercevoir la forme sombre et menaçante.

Le train est bondé de voyageurs qui apprécient le paysage en s'éclatant. Sans ce soucier de ce qui pourrait arriver.

Si tu es sur le toit du train et que tu essaies de discuter avec un passager qui a entrouvert sa fenêtre, c'est peine perdue. Soit il t'ignore, soit il te rit au nez. Inutile d'insister. Tu remontes gentiment sur ton toit. Et tu te prépares au choc à venir.

Puis le train se met à ralentir, le conducteur aperçoit le mur en son horizon. Il essaie alors de ralentir sa course mais les passagers sont très mécontents et pas particulièrement d'accord.

Ils ne regardent toujours que le paysage de leurs fenêtres. Bientôt le train frappera le mur. Et la catastrophe à venir dépendra juste de sa vitesse...

Chaque gouvernement conduit un train qui va dans le mur. Espérons que le nôtre saura ralentir à temps. Et que ses passagers se conscientiseront...

Brève de Covid...

lundi, février 25, 2019

Tout en travaillant dur à regagner une santé digne de ce nom, j’élève ma puce en pleine croissance. Avec conscience, je m'adapte aux différentes étapes qui la grandissent.

Ensemble, l'on tisse ce lien qui nous unit. J'apprends à gérer de nouvelles émotions en cette aventure humaine de parentalité. Ma puce devient jeune femme.

Fière je suis de la voir s'épanouir en beauté et réflexions. Ressentir cette subtile mélancolie maternelle devant le temps qui passe. Devant l'enfance qui laisse la place à l'adolescence. Je retiens mon souffle tout en poursuivant cette voie maternelle qui me porte depuis sa naissance.

Je réfléchis en profondeur sur l'influence que tout parent possède sur sa progéniture. Alors que les influenceurs sociaux font la mode actuelle, je me concentre sur l'influence que j'ai sur l'enfant que j'ai mis au monde.

Beaucoup trop d'emphase est posée sur l'influence des popularités éphémères qui font les tendances modernes. Si peu est mis sur l'influence parentale qui façonne tout être humain. Qui le guide ou qui le hante lorsque devenu grand.

Ne devrait-on point se pencher davantage sur ce qui fait les richesses en nos cœurs plutôt que sur insatiables matérialités?

Se concentrer sur la puissante responsabilité d'élever un être humain qui deviendra grand. Et qui élèvera d'autres êtres humains en un futur insoupçonné.

N'est-il pas dit que dans la vie, l'on répète ou l'on répare?

Répéter n'est pas ma tasse de thé. Réparer semble être ma destinée. Réparer mon corps blessé. Réparer mon âme meurtrie. Grandir. Mûrir. Apprendre et comprendre. S'élever.

Élever un enfant, c'est aussi s'élever soi-même. Je répare. Elle m'élève.

Influence concentrée

jeudi, septembre 14, 2017

En ce nouveau monde numérique que nous construisons pour le futur, c'est encore bien le Far-West. Moins qu'avant. Mais encore trop pour le bien de nos enfants...

Ce blogue aura bientôt quinze ans. J'en aurai bientôt passé douze à bloguer mes parentalités. Depuis le moment de sa conception. Voilà maintenant la puberté qui embarque...

Mon bébé devient femme

Je suis triste et fière à la fois. Triste de savoir que c'est la dernière étape d'enfance à guider.

Fière de la jeune fille que je la vois devenir. Être sa mère est une force en mon coeur.

Depuis sa naissance, j'évolue à contre-courant de cette tendance "mère indigne" et compagnie. Consciemment.

En sa petite enfance, j'ai souvent été jugée en ma façon de l'élever. Sans que je n'y accorde grande importance.

J'ai tant eu l'habitude d'être jugée que je peux en laisser glisser la chose. C'est rendu un réflexe naturel à ma peau.

Petite, j'étais la seule enfant de divorcés en mon village natal. J'en ai entendu parlé tout mon primaire. Plusieurs enfants avaient même reçu l'interdiction de jouer avec moi dans la cour d'école.

Pour l'anecdote, mes parents se sont mariés à 19 ans et ils ont divorcé à 20. Je suis née neuf mois après leur mariage. Ils ont divorcé alors que j'avais neuf mois.

La légende familiale raconte que j'ai fait mes premiers pas seule, à neuf mois, alors qu'ils sortaient du notaire, où ils venaient de signer leur divorce.

J'imagine que j'avais déjà capté que je ne pourrais pas gros compter sur eux-autres. D'ailleurs, mon véritable parent fut ma grand-mère maternelle...

Juger est stupide

Rendue adulte, mûre, j'ai bien conscience de l'absurdité des jugements humains.

Combien de jugements humains sont justes et valables en la multitude qui s'expriment chaque jour? Je n'ai qu'à repenser à mon primaire, pour me rappeler de combien l'action de juger autrui, est imbécile.

Sachant combien les écoles sont maintenant remplies d'enfants de divorcés. Oh my god! Horreur sur Terre!

Pourtant, le monde continue de tourner. Est-ce un miracle? Pas que je sache. Mais les humains continuent d'être bêtes...

Plus je vieillis, plus je constate combien les jugements humains sont bas et ignorants.

Mais ce qui me trouble davantage est de voir combien cet univers numérique que l'on se construit est bourré de jugements.

Pire encore, il devient un repère pour ces jugements qui mènent à la haine. Ces absurdités peuvent y exister en toute liberté. Prêts à être gobés par les plus faibles de ce monde? Misère...

Analyser plutôt que juger

Être autant jugée à un si jeune âge m'a permis de bien m'en détacher. D'y accorder peu d'importance en soi. Sachant combien c'est superficiel. Et stupide.

À l'adolescence, j'ai consciemment décidé de ne jamais juger autrui. J'ai plutôt pris le parti de l'analyse humaine. À la base, je ne juge rien. Mais j'observe tout. Je prends le parti d'analyser autrui plutôt que de le juger. Tout comme je m'analyse.

Jamais je ne juge. Toujours j'analyse. Puis je compile. Et j'en tire mes propres conclusions. J'élève ma fille selon ce principe. Je ne lui accorde aucun droit de juger. Mais je lui donne toutes les libertés d'analyser.

Même lorsque c'est sur ma tête que cela tombe! J'y vois l'occasion de mieux me regarder en face. Même si cela écorche quelques émotions. Cela me permet d'évoluer avec elle, grâce à elle...

Et si... au lieu de juger autrui, on se regardait en face?

mardi, août 23, 2016

Alors que je rééduque ma marche. Petit pas par petit pas, je me rappelle des leçons de mes 13 ans.

Ces dures leçons acquises au fil des heures, des semaines et des mois passés avec mon physio.

J'ai complètement oublié son nom mais je me rappelle de sa bienveillance, de sa gentillesse et de sa compréhension.

Il y a trente ans, en un petit village jurassien, j'apprenais à remarcher. Il devait avoir la quarantaine à l'époque. Il doit être vieux maintenant. Je me demande même s'il est encore vivant!

Encore une fois, alors que ses paroles d'antan me reviennent en mémoire,  mon coeur déborde de reconnaissance envers lui. Je me rappelle aussi que c'est en ce processus de réapprendre à marcher, au sortir de l'enfance, que j'ai commencé à apprivoiser la notion de liberté. C'est aussi en ce processus que j'ai appris à me foutre du regard d'autrui...

En recommançant à marcher. D'abord tout croche. Comme une demeurée. En faisant fi des douleurs physiques et des regards de pitié envers moi. Cela m'a pris un an pour arriver à remarcher normalement. J'ai ensuite grandi avec les douleurs physiques de cet accident mais je suis restée debout. Et j'ai marché!

C'est en immigrant au Québec, à l'aube de mes quinze ans, que j'ai poursuivi ma quête de liberté. Alors que je remarchais sans boiter depuis quelques mois à peine, j'ai débuté une nouvelle vie.

Ce fut une renaissance au coeur de l'adolescence qui s'est éclatée à Montréal. Entre le haut de la Montagne et le Plateau Mont-Royal...

Trente ans plus tard, me voilà femme mûre, mère et épouse. Et je me demande si je ne suis pas devenue une sorte de femme alpha sous la mère louve qui dicte la nature du quotidien...

Être entièrement soi...

mardi, avril 19, 2016



La première fois que j'ai été victime de préjugés, je devais avoir 7 ou 8 ans. J'étais en début de primaire. J'aimais bien aller à l'école, j'avais des copains et des copines, tout me semblait normal. Et puis, un jour de milieu d'année, une copine dont j'ai oublié le nom m'a dit, durant une récréation, qu'elle n'avait plus le droit de jouer avec moi.

Heu. Okay. Elle m'a alors expliqué que ses parents ne voulaient pas qu'elle joue avec une enfant de divorcés. Heu. Okay. Ce jour là, j'ai réalisé que j'étais, en effet, la seule enfant de divorcés en ma petite école jurassienne.

Comme mes parents avaient divorcé lorsque j'avais 9 mois, je ne connaissais rien d'autre que cette normalité. Je vivais avec ma grand-mère sur la plus grande ferme du village. Je voyais ma mère les fins de semaines. Elle passait aussi me voir le soir en rentrant dans sa maison que je pouvais voir depuis la ferme. Mon père avait disparu en un trouble horizon.

Ce jour là, je suis rentrée chez moi blessée. J'en ai parlé à ma grand-mère qui m'a consolée et guidée les émotions bouleversées. J'ai commencé à prendre conscience de ma différence d'enfance. Au fil des années, à force d'affronter toutes sortes de préjugés, j'ai décidé d'apprendre à voir plus loin que le bout de mon nez.

Élargir mes horizons humains est une mission intérieure qui me porte de l'avant. Je crois que la richesse humaine ne se situe pas dans le monde matériel mais dans l'invisible de ces émotions qui font nos essences intérieures.

J'ai décidé de ne jamais juger avant d'étudier et de comprendre l'autre. Avant de m'en faire une opinion personnelle. Et cela prend toujours un certain temps en soi. Car les préjugés, c'est juste de la connerie, de l'ignorance et de la stupidité en boite.

Que sont les préjugés si ce n'est des notions de surface sans aucune profondeur intellectuelle? Des notions imbéciles nées de généralités ou de peurs collectives?

Mais parfois il y en a tant qui flottent dans l'air du temps qu'on peut en venir à se demander si ce n'est pas juste la norme humaine, et là... ça peut faire peur. En ces moments là, je me tourne vers la nature qui m'entoure et j'inspire...


Les préjugés, c'est comme le temps, les modes et les cultures, cela change et cela se transforme au fil du vent, des saisons et des générations.

C'est pour cela qu'il est si ridicule de se faire attraper en ses pièges. Malheureusement les préjugés semblent faire partie intégrante de notre humanité et ce n'est qu'en prenant conscience du combat à mener que l'on pourra un jour les éradiquer. En un futur lointain...

Mais un esprit à la fois peut peut-être faire une minuscule différence. C'est ce que je me dis en pratiquant cette nuance d'humanité. Préjuger ne sert à rien et je préfère ne pas m'en servir...

Préjuger ou être con. Même combat...

lundi, août 17, 2015

Lorsque j'ai pondu ma fille. J'ai pondu celle qu'il aimera plus fort qu'il peut m'aimer.

Je l'ai su dès la première seconde où il l'a pris en ses bras, à peine sortie de mon ventre...

Une jeune femme avec qui nous avons passé une cool soirée les observe du coin de l’œil. Elle est émue.

Elle se rappelle alors à son papa et à l'amour qu'elle a vécu et vit encore avec lui.

Elle raconte son histoire à l'homme qui s'émeut et elle conclut en lui disant: "Profite en bien maintenant car après c'est différent! Et ça ne revient jamais comme c'est maintenant".

Des paroles qui ne sont pas tombées dans l'oreille d'un sourd. Le papa en question a d'ailleurs toute une philosophie sur le fait qu'il la portera en ses bras aussi longtemps qu'il le pourra. Leur amour est si fort qu'il m'hypnotise. Je me lasse pas de les croquer sur le vif.

Je sais que certaines mères peuvent jalouser cette affection entre un père et leur fille. Mais quel dommage de laisser le cœur prendre cette voie empoisonnée lorsque l'on peut s'en nourrir l'esprit meurtri! Cet amour qui m'hypnotise peut me mettre en pleine face ce que je n'ai jamais eu ni connu.

C'est plutôt par là que parfois mon cœur se débat. Mais j'en contrôle toujours les serrements en me rappelant que je fais maintenant partie de cette équation sentimentale. L'amour est guérisseur lorsqu'on lui en donne la chance... et qu'on travaille fort à maîtriser les méandres de l'esprit.

L'amour d'une père à une fille ne sera jamais quelque chose que je connaîtrai personnellement mais je suis heureuse de le percevoir à travers ma fille. J'ai souvent dû subir les jalousies de ma mère aux émotions aussi instables que l'esprit et le coeur. Je refuse de revivre ces sentiments là avec ma fille. Avec ma fille, je choisis la voie de la guérison.

Leur amour est un baume à mes peines d'enfance qu'il cicatrise...

Étudier l'amour père/fille au quotidien...

dimanche, juillet 05, 2015

Il y a dans le club de Gym de Miss Soleil, une trisomique, athlète para-olympique, qui m'émeut aux larmes à chacune de ses prestations par sa grâce et la fluidité de mouvements.

À chaque fois que je la vois performer devant moi, des larmes coulent. Larmes d'émotions de voir l'impossible être possible sous mes yeux.

J'aime les exemples d'impossibles qui s' inscrivent en ces arbres des possibles de nos réalités humaines.

C'est pour cette raison que je me suis abonnée à la page Facebook et le compte Instagram de cette jeune fille, Madeline Stuart, trisomique de naissance, débute une carrière de mannequinat en Australie.

En l'invisible de nos virtualités, je l'encourage avec âme, cœur et conscience. Elle me touche tout comme la jeune femme du club de gym de la Miss.

Je me rappelle mon enfance en ce petit village jurassien, avec en son sein, une institution pour jeunes trisomiques.

On les voyait souvent se promener en file indienne dans les rues du village. C'était l'époque de mon primaire...

Ils piquaient ma curiosité lorsque je les voyais ainsi se balader dans les rues. Certains passants détournaient le regard, d'autres évitaient de les regarder et le nuage de malaises qui se baladait au-dessus d'eux m'interpellait. Ma grand-mère les appelait les "papillons blancs", du nom de l'institution qui les hébergeait. D'autres les appelaient plus méchamment "la troupe de mongoles".

Du coup, j'étais encore plus intriguée. Je n'y comprenais rien. Ma grand-mère me disaient qu'ils étaient doux et gentils. D'autres me disaient qu'ils étaient juste laids et stupides. Moi je les trouvais souriants et étranges. Les vieux disaient que c'étaient les enfants du bon Dieu!

Finalement je ne sais plus qui a pris la peine de m'expliquer le concept de trisomie. J'ai alors compris qu'ils étaient juste nés comme ça! Mais cela m'a pris quelques années pour ne plus appeler un trisomique, papillon blanc. Je trouvais ça plus joli papillon blanc...

Mais je garde de mon enfance la conscience des préjugés et de la méchanceté de beaucoup envers eux. Ce qui m'a toujours bien attristée. Et je suis contente de voir qu'à notre époque moderne, la trisomie n'est plus une telle fatalité et que plusieurs la dépassent pour s'épanouir et de cette façon, ouvrir et élargir nos horizons humains...

La notion d’impossible est une illusion...

vendredi, juillet 03, 2015

Parfois, je laisse couler l'inspiration créative qui vient me titiller les idées folles et cela donne des idées comme celle-ci sur Tumblr (que je m'amuse à nourrir quand l'envie m'en prend) ou celle là, ici bas...


Inspiration du jour, bonjour!

mercredi, avril 29, 2015

La gare abandonnée Michigan Central Station à Détroit (février 2014)

Je lis cet article de Bianca Longpré du coté du Huffington Post Québec et il me touche tant que cela fait déborder ces mots qui s'échappent ici bas...

Si vieillir se résume à ça, pourquoi vivre si vieux? Si vieillir se résume à ça, j'espère bien mourir avant d'atteindre cette étape là! Car tous ces vieux, parqués comme du bétail, oubliés du monde qui tourne sans eux, ont-ils vraiment une vie à vivre? Ou juste la mort à attendre? La mort qui prend son temps... en les humiliant.

En mon monde utopique, ces vieux seraient intégrés au tissu familial. Plutôt que d'en laisser décrépir, on pourrait même adopter ceux qui n'ont plus de famille! La vie continuerait de tourner avec eux. Des aidants professionnels payés par le gouvernement aideraient ces vieux à rester en famille. Et à mourir dans leur lit! Entourés. Aimés?

Ma mère-grand a passé sa retraite à transformer son foyer en maison d’accueil pour vieux. Tous venaient y mourir. Deux à la fois au début. Un à un à la fin. Entre croupir en un hospice sans humanité et s'éteindre en la maison de ma grand-mère, y'avait pas photo, mourir chez Marie-Thérèse était pas mal plus chaleureux!

Ma grand-mère avait un tel cœur! De ces cœurs capables d'adoucir la fin de vie de ces vieux que plus personne ne voulait...

Mais ce qui lui brisait le plus le cœur à Thérèse, c'était de savoir combien ces vieux étaient oubliés de tous. Surtout ceux qui avaient conservé leur bonté d'âme. Ces vieux qu'elle avait parfois connus fringants, ces vieux qui avaient eux aussi eu une vraie vie. Ils avaient été de vrais gens. Mais plus personne ne s'en rappelait...

Leurs familles ne venaient pas les voir. Même ceux qui n'habitaient pas loin. Les plus honnêtes disaient que c'était trop dur de voir l'être aimé si dégradé. Est-ce une raison pour l'oublier comme une vieille chaussette? N'est-ce pas le même cœur qui les a aimé qui pulse en ce corps dégénéré?

Parfois l'esprit s'en va mais reste le cœur qui bat. À chaque fois que ma grand-mère se vidait le cœur de cette tristesse particulière, je ne pouvais m'empêcher de voir l'égoïsme humain dans toute sa splendeur, et d'être désespérée...

Dans la foulée, je me souviens que petite, il n'y avait pas d'école le mercredi, ma grand-mère en profitait pour faire sa tournée de vieux du village avec moi. On allait de vieux en vieux, je mangeais des biscuits, j'écoutais leurs histoires. Parfois je trouvais ça un peu long mais toujours ma grand-mère m'expliquait combien c'était notre devoir d'aller briser la solitude des anciens. D'égayer leur vieillesse.

Je ne comprenais pas trop le principe mais je suivais sans broncher, en espérant que les biscuits seraient bons et les histoires croustillantes. C'était bien avant qu'elle ne transforme sa maison en foyer d’accueil pour vieux...

Ce devoir de visiter les vieux ne semble plus faire partie de nos traditions modernes.  Mais je suis toujours heureuse quand ma puce me raconte que sa classe est allée visiter les vieux de la maison de retraite à coté de son école. Et j'aimerais que cette initiative soit plus courante et répandue...

Et puis, il y a ces vieux qui continuent d'avoir une vie au quatrième âge de la vie! Ceux là me font espérer le meilleur plutôt que penser au pire. Car comment ne pas penser au pire en pensant à ceux qui croupissent dans leur jus en attendant que la mort ne vienne les faucher?

Un jour, si la vie le veut, on sera vieux... et il n'y aura plus qu'à espérer qu'on ne soit pas abandonné à notre sort!

mardi, mars 17, 2015

En ma logique personnelle, vivre une seule vie est illogique. La première fois que ce fait m'a semblé logique, j'étais en maternelle...

En ce petit village jurassien, où j'ai grandi au milieu des années 70, le concept de réincarnation n'existait tout simplement pas dans les esprits.

Cela ne faisait pas partie des concepts de vie que prêchait le curé  les dimanches. J'ai vite compris qu'exprimer cette logique intérieure rimait à me faire prendre pour une folle...

Vers 10 ans, j'ai vu un premier film américain sur la réincarnation et je me suis dis: "Ah ben, y'a pas que moi qui possède ce type d'imagination!" Cela m'a quand même un peu rassurée sur mon état mental.

Vers 14 ans, fraîchement immigrée à Montréal, j'ai découvert le bouddhisme et ses principes de réincarnation. Enfin, j'ai pu respirer librement. Je n'étais pas folle!

J'avais juste un peu plus de mémoire que mes pairs. Juste une particularité de plus à ajouter à ma collection d'excentricités. Pas de quoi en faire un plat...

Une vie à la fois...

samedi, février 21, 2015

Inscrite durant la semaine sur la liste d'attente pour une conférence des Creative Mornings, je reçois un billet numérique le jeudi soir.

Vendredi, de très bon matin, je prends la route en direction du quartier général du Carnaval de Québec.

Une route longue et jonchée de trafic matinal. Une route où je dois gérer maintes émotions.

Dont celle, effrayante, de manquer de lave glace, sur l'autoroute. Quiconque en connait les affres me comprendra facilement. Ahhhhh....

Étant déjà subtilement à la bourre, m'arrêter est hors de question. Je raisonne l'émotion qui me panique les pensées à mesure que mon pare-brise s’obstrue. Gérer l'émotion laisse la place à une idée que je trouve absolument géniale sur le moment.

Profiter du ralentissent routier pour ouvrir ma fenêtre et asperger mon pare-brise avec la bouteille d'eau en mon sac. Yes, Ça marche! Bon, c'est artisanal et plutôt original mais cela dépanne. J'arrive enfin à destination. Saine et sauve.

Il fait un froid sibérien et je trouve marrant l'idée d'aller jeter un œil dans les coulisses du Carnaval. De plus, la conférence du jour est animé par David Desjardins. Connaissant l'énergumène, elle ne peut être qu'intéressante...

En prenant un chaï offert par Monsieur T, je papote avec un copain et en salue un autre. Je m'amuse de voir un étrange Narval (aperçu durant le défilé du Carnaval). Et c'est parti!

S'inspirer les idées matinales

Le thème du jour, dirigé par David Desjardins, porte sur le climat anxiogène de nos sociétés modernes.

Il explore ainsi le thème de la peur. Celle qui se transforme en anxiété. De ces peurs qui forment les multiples angoisses de nos sociétés modernes. Des peurs souvent irraisonnées, générées par l'émotion qui oublie de réfléchir.

Pour illustrer sa pensée, il propose l'image d'un parc rempli d'enfants et de parents branchés, un beau jour d'été. Arrive un inconnu louche dans le décor. Instinctivement, comme des chiens de prairies, les parents se mettent à renifler l'inconnu. Embarque la peur. Invisible. Collective. Les adultes ne perdent pas de temps à imaginer le pire. Des forces invisibles conspirent pour leur inspirer cette peur instinctive qu'ils ressentent.

Bombardés d'actualités toujours plus catastrophiques les unes que les autres, nous sommes programmés à cultiver les peurs. Des peurs souvent irrationnelles...

En effet, il est bien rare qu'un inconnu kidnappe un enfant, en plein jour, dans un parc. Mais si les circonstances s'y prêtent alors la peur se faufile. Et le parent frémit. Réagit. Sans réfléchir.

Ce qui me rappelle à l'esprit un documentaire vu dernièrement. Il y était question de la peur de prendre l'avion déclenchée par l'effondrement tragique du World Trade Center. Ironiquement, en cette vague de peur, moins de gens ont pris l'avion pour privilégier la voiture et l'on remarqué une augmentation des accidents routiers!

Selon David Desjardins, l'on vit dans une société anxieuse. Une société qui semble cultiver la volonté du risque zéro. Ne plus vouloir prendre de risques. Laisser la peur contrôler l'action. S'immobiliser. Car avancer dans la vie, c'est aussi apprendre à gérer les risques...

Gérer la peur du risque

La peur est un phénomène de survie qui se révèle utile en certaines situations mais le reste du temps elle est inutile sinon futile. Et comble d'horreur, elle paralyse!

Pourtant jamais l'on a vécu d'époque plus confortable. La vie n'a jamais été aussi simple et facile!

Comme je le crois aussi personnellement,  David Desjardins nous rappelle combien nous vivons aujourd'hui à une époque sécuritaire. Peut-être même la plus sécuritaire de notre histoire humaine...

Le monde est plus sûr qu'avant et pourtant les enfants d'aujourd'hui obtiennent à 14 ans l'autorisation de faire les choses que des enfants de 8 ans faisaient auparavant. En poursuivant cette volonté du risque zéro, on perd l'habitude de prendre des risques. Et cela nous nuit!

On perd l'habitude d'apprendre ce que le risque enseigne. Paradoxalement on vénère de plus en plus ceux qui prennent des risques et les sports extrêmes sont de plus en plus populaires...

Ah! la débilité humaine! Souvent je me dis que si la connerie humaine était mortelle, il y aurait hécatombe. Et si je pousse l'imaginaire en cette direction, je me demande comment évoluerait une humanité où la connerie est mortelle?

Par instinct de survie, l'humain apprendrait obligatoirement à contrôler ses conneries. Arriverait-on plus vite à un monde meilleur? Comme je m'y attendais, la pertinence de ce garçon me stimule les neurones.

Il explique combien il est bon de prendre des risques pour en apprendre les leçons, je souris intérieurement.  Selon ses sources, les pires délinquants sont des gens à qui on a jamais appris à prendre de risques...

Anecdote Alligator!

Mais s'il est bon de prendre des risques intelligents, prendre des risques imbéciles est bien con. Ce qui, d'un coup, me fait penser à la peur collective des alligators.

À chaque fois que je suis allée faire un tour en Floride, ou encore en Louisiane, j'ai creusé cette peur primitive du crocodile. Je suis passée au travers lorsque j'ai réalisé que la majorité des décès d'humains par alligators étaient causés par la connerie humaine. Cela m'a tant rassurée que j'ai complètement éradiqué cette peur niaiseuse de mon système...

Maintenant non seulement je n'ai plus peur mais je me régale du risque à chaque fois que je m'approche d'un alligator! Un risque raisonné et conscient. Jamais oh! grand jamais, je n'irai patauger bêtement en leur territoire. Mais explorer leurs contrées sur un aéroglisseur, j'adore!

Alligator croqué sur les rives du lac Trafford (dans les Everglades) lors d'une expédition avec Airboats et Alligators durant l'hiver 2013.

Je suis donc tout à fait d'accord avec le point matinal de David. Il faut être apte à prendre des risques qui peuvent nous faire avancer et reconnaître les risques que l'on peut prendre sans grand danger.

Il faut réfléchir et oser prendre du recul. Déterminer les peurs irraisonnées et les éradiquer. Penser autrement est l'une de mes activités favorites. Avec l'effort de se fracturer le crâne afin de se garder l'esprit ouvert. Et l'audace de sortir de sa zone de confort pour accrocher la magie de l'univers. Y'a pas, il m'éveille la cervelle de bon matin ce garçon!

Oser affronter le danger de nos émotions

David Desjardins évoque avec clarté ce climat anxiogène qui paralyse notre époque. Une époque avec peu de prises de risques, peu de projets fous.

Il termine cette conférence matinale en affirmant qu'il faut repenser l'échec. Ne pas croire que l'échec est une fin. Ne pas s'enliser dans l'échec. Encore une fois j'approuve le cours de ses réflexions.

Car l'échec n'est-il pas qu'échec si celui qui le vit n'en apprend rien? Dès qu'il surmonte, s’élève et apprend, l'échec s'efface. Malheureusement, on valorise trop peu les leçons de l'échec en notre société anxieuse.

David Desjardins croit que le climat social actuel, rempli de peurs irraisonnées, nous empêche d'imaginer le monde autrement. Selon lui, l'audace paie. Non pas l'audace folle mais l'audace raisonnée. Raisonner le risque, calculer intelligemment les avantages et inconvénients pour évoluer différemment.

J'acquiesce mentalement à ses propos. Il est tellement facile de se créer un problème imaginaire. Un problème imaginaire qui devient plus grand que l'obstacle imposé par le réel. Il est si facile de se laisser emporter par l'émotion ressentie plutôt que de se sortir la tête de l'émotion éphémère pour aller dans le sens de sa raison.

Apprivoiser le risque en apprivoisant l'émotion. Ce qui, à mon sens, revient à dire que la gestion des émotions est à la source de l'apprentissage conscient de la prise de risque!  Voilà ce que je retiens de cette conférence au cœur des ateliers de Bonhomme.



Bref, La pertinence de David Desjardins de bon matin, ça fait du bien. Ça nourrit délicieusement le mental englué...

Un vendredi matin inspiré avec David Desjardins dans les ateliers de Bonhomme!

dimanche, janvier 11, 2015

Relayer une nouvelle sur Twitter et la voir s'enflammer. 1098 retweets plus tard, se dire que l'on a touché une corde sensible. Mes appareils mobiles en ont vibrés comme des fous!


"Je suis Charlie" dans la mesure où je respecte la liberté de tous de s'exprimer librement. Et encore plus celle de dessiner librement. Si on commence à fusiller tous ceux avec un humour qui nous dérange on est pas rendu!

Je désire vivre mon présent tout en élevant le futur (ma fille) en un monde où chacun peut rire et dessiner comme il l'entend. Je n'approuve pas nécessairement l'humour corrosif de l'hebdo mais je lui reconnais absolument le droit d'exister. Et c'est ce qui me fait Charlie. Mon amour passionnel pour la liberté d'expression.

Mais y'a un truc que je ne comprends pas. Si selon certains fanatiques, il est interdit de représenter Mahomet en image (et encore moins caricaturé) dans la religion musulmane, est-ce que cette règle ne doit alors pas s'appliquer qu'à ceux qui pratiquent cette même religion?

Si un musulman transgresse cette loi divine alors il blasphème. C'est un fait. Je le comprends. Je le respecte. Mais si un chrétien, un bouddhiste, un juif, un hindou ou un athée le fait, blasphème-t-il vraiment? Ne faut-il pas croire pour blasphémer? En quoi les lois musulmanes s'appliquent aux non-musulmans? Je ne comprends pas.

Toutes les grandes religions ont des branches extrémistes mais, que je sache, en 2015, un chrétien fondamental vivant au cœur  de la Bible Belt des États-Unis ne brûlera pas, sur un bûcher de la place publique, le New-Yorkais égaré qui possède une vierge Marie psychédélique tatouée sur un bras et le diable tatoué sur l'autre?

La question qui se pose alors est à savoir si le blasphème s'applique aux non-croyants? Ce faisant on se retrouve au coeur même du débat de la liberté d'expression qui fait rage. N'a-t-on encore passé le cap des religions dictatures? Combien d'humains devront mourir pour qu'on finisse par y arriver? Devrons-nous en vivre une troisième guerre mondiale?

Enfin, j'imagine que vouloir raisonner avec un intégriste, c'est comme se taper la tête contre un mur!

#JeSuisCharlie Le fait que ce hashtag soit devenu le plus populaire de l’histoire avec 3 655 056 tweets me rassure.


J'ai expliqué, sommairement, à Miss Soleil la situation Charlie Hebdo. Elle m'a alors posé des questions sur les méchants qui ont fait ça. Comment devient-on si méchant?

J'ai alors essayé d'imaginer la souffrance intérieure de ces deux orphelins. Élevés par une France où il est compliqué d'être. Pour en arriver là, la souffrance intérieure doit être puissante, viscérale. Ne réside-t-il pas un monstre dans chaque humain? Tout comme il réside un héros en chacun de nous? Ensuite vient l'intelligence, malheureusement inégale selon les humains. Et l'utilisation de cette intelligence à bon ou à mauvais escient.

Je ne peux m'empêcher de penser que les fondamentalistes religieux ont le sacré don de rattrouper ces humains, en grande souffrance intérieure, pour mieux nourrir leur folie humaine.

Au final, tout comme je partage la tristesse (et la révolte) de ces gens tués au combat de la liberté d'expression, je suis capable de ressentir une certaine compassion pour ces pauvres garcons qui ne connaissaient plus de la vie que l'étroitesse d'esprit et la haine.

Je ne crois pas à la haine. Ce qui ne veut pas dire que je suis incapable de la ressentir... je suis humaine. Mais je refuse de lui laisser la liberté de me transformer de l'intérieur. Car toute haine ne peut que transformer l'humain qui la ressent en sa pire version.

Cette semaine, on vient, encore une fois, d'en avoir la preuve sanglante.

Je suis Charlie parce-que je me questionne...