mercredi, mars 03, 2021


Il y a quatre ans, j'ai eu le malheur de faire confiance à une physio. Elle a utilisé cette confiance pour me persuader que mon dos avait besoin de manipulations.

Après six ans passé à apprendre à vivre avec de fortes neuropathies faciales, je venais juste de trouver un traitement pour arriver à les soulager efficacement. De ce fait, ses traitements crâniens qui en soignaient les symptômes devenaient inutiles. C'est là, où elle a réussi à me convaincre d'aller dans mon dos. Tout en connaissant très bien son historique compliquée.

À 12 ans, un grave accident m'a paralysée. Après bien des traitements, efforts, volontés et rééducations, j'ai pu remarcher normalement à quinze ans. J'en ai gardé des séquelles dorsales avec lesquels j'ai appris à vivre et fonctionner durant plusieurs décennies. Jusqu'à la fin de ce mois de mars 2017, où après m'avoir convaincue d'aller dans mon dos, cette physio l'explosa comme un château de cartes.

Lorsque ce fut fait. Elle pris alors le parti du déni plutôt que de la responsabilité. Ce qui en empira la situation. Ce qui me poussa en une infernale situation. En conversation avec la mort venue veiller sur mes convulsions. C'est finalement le chiro local qui me sauva la peau. Grâce à sa prise en charge, j'ai pu courir plus vite que la mort, envoyée à mes trousses, par cette traitre physio...

Quatre ans plus tard, j'ai échappé à la mort mais le spectre de la chaise roulante continue de me poursuivre. Alors je continue de courir, mentalement, pour échapper à ce malheur là. Un intense malheur, déposé en mon dos, par les mains d'une physio qui continue d'en nier toute responsabilité.

Depuis trois ans, j'essaie de déposer une plainte à l'Ordre des physios afin de mettre en lumière cette vérité de ce qui me causa et, qui me cause encore, tant de maux. Jamais je n'aurai pensé qu'il puisse être si difficile et compliqué de déposer une plainte contre une professionnelle de la santé, qui a sévèrement déraillée, en l'exercice de ses fonctions. En ce long et compliqué processus, j'ai réalisé à quel point je m'étais trompée. 

J'étais certaine que lorsqu'un patient recevait des soins, prescrits par l'hôpital, dans une clinique, dite professionnelle, celui était protégé des erreurs qui pouvaient s'y produire. J'avais la naïve idée qu'il devait exister une sorte de protection du consommateur qui protégeait le patient des erreurs du professionnels. Je croyais qu'il était possible d'avoir confiance en ce système médical. 

Jamais je n'aurais imaginé que ce n'était pas le public qui était protégé du professionnel mais plutôt le professionnel qui était protégé du public! Si vous êtes gravement blessé dans le bureau d'un physio et, que celui là en nie toute responsabilité, alors le système qui se mettra en place, servira à protéger le professionnel. Quant au patient... 

À moins que celui-ci ait les moyens de se payer un bon avocat pour défendre sa vérité, il se retrouvera seul, à devoir la prouver. Devant une incroyable machine conçue pour l'écraser et le réduire à néant. 

L'Ordre professionnel payera les services d'une grosse firme d'avocats pour se défendre et tout sera fait pour que le professionnel soit protégé, au détriment du patient, qui a intérêt à bien s'accrocher. Qui a intérêt à ne pas lâcher son morceau. Juste pour arriver à déposer une simple plainte à l'Ordre professionnel de celui qui lui a détruit sa vie... en lui détruisant le dos!

Après avoir dû remuer une tonne de souvenirs bien douloureux et me remémorer, en détails, la pire période de ma vie. Celle où j'ai failli la perdre. Je dois maintenant attendre la conclusion de ce processus. Tout en priant qu'enfin j'arriverai à déposer une plainte à l'Ordre de cette physio qui m'a si bien brisé le dos, que je travaille encore, chaque jour, à en réparer les dommages et conséquences. Tout en ne me faisant guère d'illusions sur une possible punition, vu le système mis en place pour protéger cette physio de ses erreurs et mensonges. 

Mais j'aimerais croire qu'il est, au moins, possible de déposer plainte. Quand l'injustice est si grande et que la désillusion si forte, que je n'en espère plus qu'un zeste de justice. Car un zeste de justice me ferait penser qu'elle existe...

Garder le cap sans lâcher le morceau...

vendredi, février 12, 2021


Faire face à l'épreuve, quelle qu'elle soit, signifie d'accepter ses difficultés et choisir de s'y adapter. Aussi difficile soit-il.

Faire face à l'épreuve consiste à faire les efforts nécessaires pour la traverser et la surmonter. Aussi injustes soient-il.

Depuis près de quatre ans, je m'accroche à l'espoir de retrouver un dos fonctionnel. Tout en continuant de faire ces efforts qui me paraissent, certains jours, surhumains pour ne pas lâcher et avancer. 

Ce faisant, je dois gérer les suites psychologiques de cet enfer physique où m'a transporté cette physio qui m'a explosé le dos, en affrontant une écoeurantite aiguë du genre humain. 

C'est une puissante émotion qui me déconnecte, qui avale mes mots, qui m'enferme en silence. Ce qui est aussi une torture de l'esprit lorsque l'écriture fait vivre l'être qui affronte sans répit.

Quand la pandémie affecte le cours de ta santé fragilisée et retarde le cours de ta convalescence...

La pandémie, avec ses fermetures de piscines à répétition, complique dangereusement mes rééducations dorsales. Ce qui ajoute à cet océan de dégoût et de déceptions dans lequel je refuse de me noyer.

Pour tenir le cap, je me déconnecte virtuellement. Je me referme comme une huitre sur moi même. Je ne m'ouvre plus qu'à mon mari et à ma fille afin qu'eux en souffrent le moins possible. Je ne parle plus qu'au réel, de vive voix, avec mes amis locaux, que je vois toujours à deux mètres.

Notre gang de lac est composée de cinq adultes, un nouveau conjoint et trois enfants qui habitent en trois maisons différentes situées en un rayon d'un kilomètre. Nous nous voyons toujours sur le lac, toujours à deux mètres des uns des autres..

Lundi dernier, j'ai entraîné le noyau de cette gang à une méditation de 30 minutes dans le frette. Nous étions quatre adultes, tous distancés, par -15 degrés, à sept heures du soir, assis sur nos chaises de plage, emmitouflés, à méditer sous les étoiles. Une expérience hors norme que l'on risque de répéter. Jamais je n'ai senti le froid de façon si concrète...

Méditer pour ne pas sombrer. Méditer pour se muscler les neurones qui supportent et affrontent...


La méditation m'aide à gérer l'épreuve à traverser et ces rudes émotions que remuent le processus d'appel pour déposer une plainte à l'ordre des physios. 

Un processus qui vient remuer ces sentiments de dégoût qui m'écœurent profondément. Cette physio est un parfait exemple de lâcheté, d'égoïsme et d'hypocrisie. Tout ce qui me dégoute des humains.

Bref, plus je me débats avec cette écoeurantite invisible, plus je me coupe du monde connecté. Mais je sais aussi que je ne peux "m'ensilencer" trop longtemps si je ne veux pas perdre le contrôle de l'ermite en mon sang.

Alors que j'oscille entre rage et gratitude, je persévère en ces rééducations physiques qui sont ma seule solution, pour me sortir de cette prison, dans laquelle je suis enfermée, à payer pour le crime de cette physio, libre comme l'air.

Au quotidien, entre deux vertèbres déplacées, j'oscille entre la rage des piscines publiques fermées et la gratitude d'avoir accès à une piscine privée. Même si cet accès ajoute de la complexité au quotidien, il n'en reste pas moins une possibilité de salut. 

Une possibilité que j'apprécie et avec laquelle j'apprends à m'adapter. Pendant que mes vertèbres continuent de se déplacer en ma colonne devenue instable après "les bons soins" de ladite physio. 

En ces dernières semaines, mes émotions oscillent aussi entre la colère du prix que coûte ma vie en traitements et médicaments et la gratitude ressentie envers les fonds reçus pour aider à continuer de me soigner. Sans cette autre collecte d'anniversaire, je ne sais comment l'on y serait arrivé et c'est bien dur à avaler.

Mes émotions oscillent entre l'humiliation d'être un cas de charité et la gratitude envers la générosité de ceux qui ont participé à cette collecte de fonds qui me permet de continuer de me soigner jusqu'aux remboursements des impôts de mon mari. Qui seront trop vite avalés en frais de soins de santé.

J'oscille entre la fierté d'accomplir physiquement ce que certains pensent impossible et la honte de ruiner mon homme pour y arriver. J'affronte et j'oscille dans le même souffle.

En cette dernière semaine, par trois fois, j'ai dû voir le chiro. À chaque fois, il a remis des vertèbres à leur place. De quoi alimenter la rage. Sachant que c'est la 125ième séance du genre. Mais la rage n'est constructive que si elle est canalisée, apprivoisée, contrôlée. Ce à quoi je travaille fort. Au prix de ces mots que j'étouffe...


Accepter ce qui est difficile plutôt que de s'en plaindre rend l'esprit plus fort...

Affronter l'épreuve, quelle qu'elle soit, comprend de l'accepter pour mieux l'affronter. C'est la première étape et pas la plus facile. 

Accepter la difficulté ne fait plus partie de nos mentalités modernes. Ce qui, malheureusement, nous affaiblit puisque la vie nous rappelle, régulièrement, que l'épreuve fait partie intégrante de nos existences terrestres. 

 Je ne pense pas qu'il soit possible de vivre et vieillir sans devoir affronter d'épreuves humaines. Mais je crois qu'il est possible de longtemps vivre en choisissant de fuir l'épreuve plutôt que de l'affronter. 

En la liberté de nos choix, celui là en est un des plus importants. Avec le confort de nos vies modernes, l'on perd l'habitude de traverser ces difficultés quotidiennes du présent, qui rendait nos ancêtres plus résilients. Cela nous nuit.

L'on s'obstine à se fait croire à des illusions de vie facile. L'on part à la recherche des plaisirs instantanés. Apprendre à attraper des morceaux de bonheur tout en supportant la douleur? Quelle idée folle! Pourtant, c'est celle là que je véhicule en mes pensées pour garder mon esprit stable.

De nos jours, on dirait que toute épreuve humaine est associée à de la malchance. L'on conjugue épreuve et échec en un même temps. L'on mélange tout et n'importe quoi à l'autel de ces égoïsmes qui font la norme à suivre. De ces exemples que je refuse de suivre.

Je crois que celui qui affronte l'épreuve de face, se renforce de l'intérieur. Je crois que celui qui la fuit, s'affaiblit. À long terme, je crois qu'affronter les difficultés permet la réussite. Et que la fuite ne peut que provoquer l'échec.


Alors, chaque jour, je décide d'affronter sans trop broncher. Je choisis de ne pas me plaindre. Je choisis d'affronter ce que je ne peux changer. Et je fais mon possible pour transformer ce que j'ai le pouvoir de changer.

J'accepte d'avancer avec les multiples douleurs physiques qui accompagnent mes maux. J'accepte d'effectuer ces efforts qui me semblent surhumains pour avancer vers un meilleur plutôt qu'un pire. Petit à petit, ma santé s'améliore. 

J'écoute chiro et osteo m'expliquer que je suis en train d'accomplir, ce qui pour certain, est du domaine de l'impossible. Mon dos guérit petit à petit. Contre toute attente, mes efforts commencent à porter fruits. Tant que je continue à ne pas lâcher, la possibilité de surmonter persiste. Alors je m'accroche et je poursuis l'affrontement. Un pas aquatique à la fois...

Affronter et osciller sans jamais lâcher...

vendredi, octobre 30, 2020



La joie est souvent la source du sourire. 

Mais parfois c’est le sourire qui est la source de la joie. 

– Thich Nhat Hanh –



Voici la face de celle qui sait qu'elle a des vertèbres déplacées mais qui se force à avancer dans l'invisible douleur. Avec le sourire. Elle a connu pire mal alors autant sourire même si c'est très difficile de remuscler un dos abîmé. 

Sourire pour en supporter la douleur avec la gratitude d'être dans l'eau. En cette différente apesanteur qui aide à la cause. Appeler en urgence le chiro qui remet les vertèbres qui se font la malle, pour la 120ème fois depuis mars 2017! Fuck la marde. Et je reste polie.

Lorsque les vertèbres sont remises, la douleur se transforme. Elle évolue sans jamais vraiment se dissiper. Au mieux, elle s'atténue un temps. Je passe de l'handicap physique à l'impression de m'être faite rouée de coups. D'être bleue, verte, jaune. 

Ceci est mon quotidien de "colonne instable" qui a pour objectif de redevenir valide d'ici mes 50 ans. Une étape existentielle qui se rapproche inexorablement. Forcer le mouvement, en encaisser les répercussions, les réparer. Forcer, déplacer, réparer, reposer. 

En un cycle infernal qui muscle le dos à une vitesse d'escargot, je persévère. Après avoir été tordue à près de 20 degrés, s'en être bien enflammée, ma colonne vertébrale a été réalignée. Puis désenflammée. À coups de quartorze terribles d'injections avec de bien grosses aiguilles. Beaucoup de traitements et d'entraînements aquatiques. Beaucoup de douleurs physiques...


 


Il reste toujours des braises qui se rallument sans cesse, le feu brûle toujours. Il est juste mieux contrôlé. Je reprends le contrôle. Après deux ans de cet épuisant régime, la courbe en mon dos s'est allongée sur neuf vertèbres au lieu de quatre pour régresser vers 6/7 degrés. Je remuscle. Doucement mais sûrement. 

Réaliser en écrivant ceci que cela fait trois ans que je m'acharne à aplatir la courbe en mon dos! How ironic? 

Longtemps en ce cercle infernal dans lequel je me suis retrouvée (grâce aux bons soins d'une physio digne de son époque), j'ai bien pu observer cette époque qui est nôtre. Et dont nous sommes les maîtres si insouciants. Pendant toutes ces heures où j'ai dû "faire statue" entre quelques vertèbres déplacées et remises, j'ai observé le monde tourner. J'ai observé le monde se replier sur ses nombrils avec une fierté inégalée. 

Ce que j'en ai vu n'était pas bien beau. Alors je me suis repliée sur la beauté de la nature et sur celle de l'amour porté à ceux en mon cœur. 

Tandis que j'observais toutes ces dérives du penser à soi, c'est en pensant à l'autre que je m'accrochais à ma vie. Tout en me demandant qu'elle était la leçon à tirer de ce cauchemar. 

Pourquoi devais-je revivre la déchéance de mon squelette? N'avais-je pas assez donné la première fois? Combien de fois, la vie voulait m'apprendre à marcher en ce corps? 

Bref, en ces milliers de questions sans réponses, je me suis accrochée à mon devoir de mère et d'épouse. Celui qui consistait à rester en vie grâce à l'amour des miens, sans penser à moi. En ne pensant à moi qu'à travers eux. À mériter cet amour en me battant comme une lionne pour aplatir la putain de courbe qui m'empêchait de vivre "normalement"? 

Le sourire est un anti-stress qui orne notre visage, atténue les conflits et soulage les cœurs souffrants.
– Mofaddel Abderrahim 

Celui qui sourit au lieu de s’emporter est toujours le plus fort. 
– Proverbe Japonais –

Au pire de mon malheur, j'ai souvent forcé le sourire sur mon visage afin d'envoyer d'autres signaux en mon cerveau que ceux intenses de douleurs physiques. Le sourire est un outil pour se programmer la cervelle dans le bon sens, c'est une forme de résistance au négatif. Le malheur déteste le sourire!

La paralysie faciale m'a volé cette capacité de sourire en février 2011. Profondément perturbée par la défiguration de mon visage, je ne pouvais imaginer une vie sans la capacité de sourire. Je pouvais, difficilement, imaginer une vie de douleur physiques... mais pas sans sourire! 

Les neuropathies sont permanentes mais le sourire est revenu. Et j'ai appris, avec conviction, à sourire dans la douleur. Ainsi j'ai appris à #souffrirenbeauté.  Et j'ai compris combien sourire dans la douleur renforce l'esprit.

J'aurais aimé revenir de ce long apprentissage en un monde "normal". Mais la Covid en a décidé autrement. Ce virus a décidé nous apprendre quelques leçons de vie et de mort sur son passage. Et peut-être même répondre à quelques unes de mes silencieuses questions? 

Par exemple, je constate être moralement armée pour affronter ce nouveau monde. Un monde où penser à l'autre est maintenant la norme imposée? 

Whaou! Je confesse la légère fracture du crâne lorsque je réalise que tout le monde doit maintenant apprendre à #souffrirenbeauté puisque la souffrance sociétale est collective. 


Sourire pour mieux contrôler le fil de ses pensées et émotions...


Quand la vie se durcit, chouiner qu'elle est dure ne fera que la rendre plus difficile à vivre. Pourquoi se la compliquer davantage en s'en lamentant? S'il vaut mieux rire que pleurer, alors il vaut mieux sourire que faire la moue!

Quand la vie se durcit, il faut en accepter la réalité afin de s'y adapter et continuer d'avancer. Aussi difficile que cela soit. Il devient essentiel de puiser en ses forces intérieures dans la difficulté en cours. Il devient important d'en comprendre les sagesses à inspirer. De celles qui enrichissent de l'intérieur. Il devient vital de comprendre ce qui nous fait sourire en ce monde.

Quand la vie se durcit, c'est le temps de sourire, même si ça fait mal par où ça passe. Parce-que ça fait du bien quand même. Parce-que tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir. Et tant qu'il y a de l'espoir, il y a de quoi sourire. Et tant que l'on est capable de sourire, on est vivant! 

En fait, il est même prouvé par la science que le fait de se forcer à sourire envoie des signaux positifs au cerveau. Il comprend juste le "geste" du visage et réagit en conséquence. Sourire est bon pour la santé mentale!

"Sourire entraîne des réactions biochimiques dans le cerveau, libérant des endorphines qui soulagent la solitude et la dépression, en plus d’apaiser la douleur et le stress."

Chaque coup de colère est un coup de vieux ; chaque sourire est un coup de jeune. – Proverbe Chinois 

Un sourire est une courbe qui révèle tout. – Phyllis Diller 

Trouver la force de sourire dans la difficulté est important. À long terme, c'est beaucoup plus constructif que de cultiver la complainte. 

Choisir, consciemment, de cultiver la capacité de sourire dans l'épreuve afin d'en adoucir la dureté, c'est choisir de faire de la résistance. Le malheur cherche toujours à annihiler les sourires. Sourire, c'est aussi lui résister. J'encourage chacun à combattre ses malheurs, un sourire à la fois. 

Qui est prêt à sourire avec moi, entre deux grimaces de vie pas facile? Qui est prêt à sourire en ses douleurs et difficultés présentes?

Résister au malheur, un sourire à la fois...

mardi, octobre 27, 2020


Lundi, toute la journée, il a neigé. En allant chercher la Miss à l'école, l'on entend, à la radio, la météo annoncer -15 degrés la nuit 1. Une annonce qui rentre dans le dash...

Plus la possibilité de 15 centimètres au sol. De quoi faire bougonner l'homme en chemin. De quoi me forcer à apprécier la féerie de l'instant. Afin d'en combattre la morosité. J'en explique le raisonnement à l'homme qui marmonne.


En ville, toutes les feuilles ne sont pas encore tombées. Ce qui ajoute une autre dose de mélancolie à l'atmosphère particulière...

En ville, la neige ne tiendra pas, en quelques jours, elle se dissipera. Ce qui n'est pas le cas de notre coin de lac. 

Avec la première neige, la forêt, nue de ses feuilles tombées, se rhabille. En notre coin de brousse, les nuits glaciales conservent la blancheur trop vite tombée. Chez nous, l'hiver prend ses aises.


De quoi enchanter Miss Soleil, de retour au village, qui se sent arrivée en décembre. Et décembre, c'est Noël! 

Hier, il a neigé toute la journée, la nuit a glacé le paysage hivernal. La neige a tenu bon. L'hiver débarque au village. Le virus continue de se transmettre au Québec. Les États Désunis attendent de voit ce qu'il adviendra de la présidence. Le monde tremble et s'agite.

Ici l'hiver est arrivé et tant que je peux poursuivre mes rééducations aquatiques, i am just going with the flow...

Neige d'octobre...

mardi, octobre 13, 2020

Au Québec, la transmission communautaire fait l'actualité. Les feuilles tombent. Les dirigeants se font des cheveux blancs et une partie de la population perd le nord. Bref, c'est la vie quotidienne de 2020 en zone rouge.

Tout comme j'ai vu venir le virus en janvier, dans l'indifférence générale, j'ai vu venir ce qui est se passe présentement. Dans un peu moins d'indifférence générale et beaucoup plus de rébellion, le virus a repris de vigueur. 

Se rebeller contre un virus est futile. Même si ceux qui pensent se rebeller contre des humains pour se donner meilleure conscience, le virus s'en tape des nombrils humains! Il veut juste circuler librement dans notre système organique. 

Depuis des semaines, j'observe les comportements de mes contemporains et je désespère en silence. Je n'ai jamais vu autant de bateaux remplis comme des boites de sardines! Sachant comment s'est déroulé coté lac, je ne vois pas comment cet automne pourrait être diffèrent.


Si on ne reprend pas le contrôle de l'épidémie en faisant les efforts nécessaires, l'avant Covid ne reviendra pas avant longtemps. Plus l'on acceptera de changer ses habitudes, moins longtemps cela sera! 

Il suffirait pourtant d'un peu plus de solidarité humaine et d''un peu moins d'égoïsme collectif pour enrayer le tout.  Mais avec ce qui se passe actuellement, ne faut-il pas maintenant faire une croix sur la vie d'avant et repenser la vie d'après? L'imaginer meilleure, plus équilibrée, plus saine?

Je dois maintenant retourner m'entrainer en piscine fermée. Tout en courant aprés celles qui ouvrent et celles qui ferment. C'est un casse-tête continu en zone rouge Covid...


Quand j'arrive à trouver une piscine fermée, peu de monde s'y trouvent. Mais encore faut-il arriver à trouver celles qui veulent bien de nous! 

C'est un risque calculé que je dois prendre pour que mon état de santé ne régresse pas comme il l'a fait durant le confinement. Un risque réfléchi sachant que l'on prend peu de risque en se protégeant le plus possible avec masque, Purell et distance physique. 

Je pense que le risque n'est pas tant là que dans les rassemblements privés. Je pense qu'il se retrouve plutôt en ces comportements irresponsables, que j'ai pu voir, à maintes reprises, au lac, cet été. 

Les deux prochaines semaine s'annoncent complexes coté piscine et rééducations physiques, j'en gère le stress et les pensées sombres. Je me concentre sur les progrès que je fais pour ne pas angoisser sur les régressions possibles. Je me concentre sur ce qui va plutôt que sur ce qui ne va pas. Et j'avance. Un pas à la fois.

 


La seule bonne nouvelle de la dernière semaine est certainement celle qui a annoncé la fermeture des comptes et des groupes adeptes de QAnon, comprenant les pages Facebook de cet affreux personnage

Il y a surement de la place pour eux sur le Dark Web, ils y seront surement mieux qu'au grand jour numérique. Je refuse de croire tout ce qui sort de la bouche de Trump. Je décide de faire preuve de patience et d'attendre de voir ce qu'il en sera d'ici quelques semaines.

Ce qui est certain, c'est que si je dois vivre en un monde où Trump est le sauveur de l'humanité, je préfère aller rejoindre l'État profond de ce pas! Rendu là, ce "deep state" qu'ils craignent tant ne me fait pas peur!


Entre un pseudo dictateur et le virus de l'heure, un duel invisible est en cours...

dimanche, octobre 11, 2020



Depuis sa rentrée scolaire, Miss Soleil a décidé de porter le masque en classe. Même si cela rendait ses journées plus difficiles, elle préférait cette éventualité à celle de ramener le virus à la maison. 

Ceci était son choix, fruit de ses propres réflexions et ce qu'elle voyait autour d'elle. J'ai vu comment porter le masque ajoutait une difficulté à ses journées. Cela m'a peinée. 

J'ai fait mon possible pour l'aider à en gérer la fatigue. J'ai beaucoup discuté avec elle. Avec un père diabétique et un mère à la santé bancale, elle comprend combien il est important pour nous d'éviter le virus en notre maison. 

On a discuté beaucoup et longtemps pour arriver à la conclusion que tant qu'elle prenait toutes les mesures pour se protéger du virus, si par malheur, il devait arriver qu'elle nous le transmette, elle n'en serait pas responsable. 

Ceci dit, si elle fait tout et n'importe quoi, qu'elle l'attrapait et nous le passait, ce serait une autre histoire que l'on ne désire pas visualiser. 

Cet été, l'on a pu voir combien elle devait faire des efforts et résister à la pression sociale de ses pairs pour garder ses distances et prendre en considération la pandémie. Elle en a souffert. Je l'ai câlinée. Elle s'est renforcée. Elle n'a pas lâché. Elle a persévéré. 

Au fil des semaines à s'affirmer, je l'ai vu devenir plus forte devant la pression sociale. Je l'ai vu se tenir droite et rester intègre à ses convictions. J'ai été fière de sa force mise en pratique. 


Je l'ai confortée, encouragée, soutenue. J'ai été impressionnée et touchée par cette force qu'elle posséderait en puisant en son amour pour nous. Lorsque la rentrée est arrivée, j'avais une confiance totale en ses capacités de faire les gestes barrières. 

C'est alors qu'elle a décidé de garder son masque en classe. En observant comment se comportaient ses camarades. Comment l'en empêcher? Nous ne pouvions que la soutenir en cette sage décision...

Il fut un moment, en zone orange, où j'ai essayé de l'en dissuader afin qu'elle ait un peu de répit. Mais elle m'a expliqué que vu comment ses contemporains ne prenaient pas la pandémie au sérieux, elle se sentait plus rassurée de garder son masque. Même si c'était difficile, c'était toujours moins difficile pour elle à supporter que son angoisse de nous contaminer. 

En ses conditions particulières, elle a fait sa rentrée en une nouvelle école urbaine avec brio. Non sans efforts ni fatigues. Non sans des tourbillons d'émotions ponctués de larmes. 


À chaque jour, nous l'avons écoutée, nous l'avons soutenue, nous l'avons aimée. On a fini tous brûlés mais ainsi va la vie. 

Un mois plus tard, elle avait déjà collectionné quelques bonnes notes et intégré un groupe de copines. Malgré son masque! Malgré les invitations refusées. Malgré les distances physiques qu'elle s'impose et impose aux autres. Malgré l'intervention d'une prof pour l'inciter à ne plus le porter autant! 

Elle en a souffert mais elle a tenu bon. Elle s'est fait respecter en ce choix personnel. Pendant que je me posais de sérieuses questions sur l'éducation parentale de mes contemporains... 

Le deuxième jour de la rentrée, une petite peste lui a dit: "Si c'est pour porter ton masque, rentres chez toi!". Ce à quoi elle n'a pas répondu même si blessée. 

Trois semaines plus tard, la même fille a pris peur du virus après avoir fait le party avec des jeunes dont un connaissant un qui pensait être positif. 

Bref, elle s'est mise à porter le masque durant deux jours. Miss Soleil n'en a rien dit mais n'en a pas moins pensé! 

En fait, depuis quelques semaines, épisodiquement, elle voit un ou deux élèves de sa classe décider de porter le masque quelques heures. Ce qui rend Miss Soleil perplexe. 

En sa classe, ses camarades ont de la difficulté à se plaindre du port du masque obligatoire vu qu'elle leur donne l'exemple depuis le premier jour.

Miss Soleil m'explique que les élèves préfèrent être masqués en classe plutôt que se retrouver en mode virtuel. Cet effort là leur semble moins gros que celui d'étudier à la maison. 

Lorsque la règle s'est appliquée cette semaine, plusieurs en avaient anticipé le moment. Ils ont accepté plus facilement la contrainte obligatoire. La majorité s'y plie sans mot dire. Heureux de rester en classe. Plus résilients que certains adultes? 

Son programme Arts/Études est sans cesse chamboulé par la pandémie. Ce n'est facile ni pour les élèves ni pour les adultes. Elle s'y adapte. On l'aide de notre mieux. Ses professeurs de théâtre nous ont même soufflé qu'elle était leur révélation de la rentrée. Le tout masquée! Cool et masquée... 

En ses invisibles efforts qui nous montrent sa force, la puissance de sa bonne volonté et de sa détermination, nous l'admirons. Avec un nouveau rythme qui la lève à 5 heures du mat et qui la couche à 8 et des poussières, elle ne badine pas! 


La semaine dernière, la prof d'Histoire emmène la classe faire un rallye de photos historiques en ville. Alors qu'elle m'en conte l'aventure urbaine, le soir venu, je lui demande: 

 - Alors tu as pu enlever ton masque comme vous étiez dehors... 
 -Ah non! Tout le monde se collait et s'approchait full proche de moi, je l'ai gardé! 

Elle m'explique ensuite qu'elle a même choisi de changer de groupe de rallye car c'était trop la pagaille dans le sien! Fiers d'elle nous sommes. Manifestement tous mes efforts d'éducation ne sont pas vains. 

En cette nouvelle école citadine qui regroupe multiples disciplines (en Sports/Arts/Études), la pandémie aussi influencé la formations des classes. Ce qui fait que la sienne regroupe une équipe de hockey et une troupe de théâtre composée de filles! Ce qui fait tout un cocktail d'hormones à gérer...



Cool et masquée!

samedi, octobre 10, 2020



Je reste perplexe lorsque j'écoute mes contemporains parler de "reconfinement" en ces 28 jours de zone rouge. Un semi confinement serait plus juste puisque la vie, de base, continue bien plus qu'elle ne le faisait lorsque toutes les boutiques et écoles étaient fermées. 

L'idée de fond étant bien d'enrayer la progression du virus qui transforme le cours de nos sociétés. Non pas de nous détruire en entier. Combien de temps est-ce que la minorité arrivera à saboter les efforts et sacrifices de la majorité est la question d'actualité...

 L'abondance des dernières décennies n'est plus. Peut-être reviendra-elle un jour. Lorsque le virus ne sera plus qu'un mauvais souvenir collectif. L'incertitude a remplacé la facilité à laquelle le monde s'est progressivement habituée. Le monde perturbé se trouble.

La vie moderne tourne au ralenti. Le quotidien s'accentue de difficultés et de complications mais  la vie continue. Qu'on s'en plaigne ou pas, la vie suit son flot, comme le courant d'une rivière qui retourne à la mer...

En confinement entier, je n'ai plus eu aucun moyen d'être traitée ni de faire mes rééducations physiques. J'ai régressé et décliné. J'ai sacrifié de ma progression physique pour la cause. Et je l'ai bien senti passer! 

En ces 28 jours, je réalise que l'on vit en zone rouge depuis le déconfinement officiel puisque je n'ai toujours pas fait de hugs à personne. En fait, l'on est jamais vraiment passé en orange, jaune ou vert. Cela fait des mois que l'on s'applique à éviter le pire tout en travaillant au meilleur.

Depuis mars dernier, je ne me suis pas approchée, à moins de deux mètres, d'un autre humain. Si ce n'est pour recevoir mes traitements chiro/osteo. Depuis des mois, je ne colle et je ne touche que mari, enfants et animaux.

Vivre avec les autres en distance physique


Cet été, l'on a rencontré quelques amis proches, toujours dehors, toujours à deux mètres et ma foi, à date, on fonctionne encore. Je pense même qu'il nous reste des amis. Que même isolé physiquement, on peut communiquer de bien des façons pour garder le contact affectif.

Vu que mes traitements et médicaments avalent tout notre budget pour me garder vivante, aller au cinéma est un luxe que l'on se permet peu. Tout comme aller au resto ou sortir là où c'est payant. Et on fonctionne encore. On arrive même à s'aimer et à grandir ensemble. 


Depuis que mon dos fut gravement blessé, j'ai vu le monde autour de moi continuer d'évoluer. J'ai vu combien la norme semblait avoir oublié la facilité de ses vies modernes. Combien la norme en santé avait oublié les torts et les travers invisibles des maladies. 

Pour m'occuper l'ennui, je me suis déconnectée du numérique qui digère le présent en continu. Je suis partie explorer les multiples fois où le monde avait changé. J'ai utilisé diverses ressources du Web pour m'instruire sur toutes sortes de sujets. 

Des sumériens aux romains, en me rappelant le moyen-âge, la renaissance, l'esclavage, les colonies, la guerre de sécession. Pour combler l'ennui de l'invalidité en fatigue de douleurs et de rééducations, je me suis nourrie la mémoire.


Mais revenons au présent de cet automne, où je suis plus valide en ma santé qui s'améliore. En mes capacités physiques qui progressent, je retrouve un présent biscornu où tout semble être sens dessus-dessous, où les esprits tanguent et se renversent.

Après avoir observé le monde grimper ses différentes pentes de vie (alors que j'avais bien dégringolé de la mienne), je trouve étrange de remonter cette pente alors que tant dégringolent la leur. Je m'accroche aux roches de la mienne. Je prends même le temps d'en étudier la vue que je retrouve. À ne plus être aplatie au fond de mon gouffre!

Je m'accroche à la piscine pour effectuer mes rééducations physiques. Cela reste une complication majeure qui me casse la tête au quotidien. Qui me stresse et qui m'angoisse. Si je n'ai pas la possibilité de m'entrainer en piscine, je perds la possibilité d'aller mieux. Et je gagne la réalité de régresser...

Je me suis forcée à aller dans l'eau si froide que lorsque j'en retrouve un bassin intérieur, dit sportif, son eau chlorée me bien semble chaude. Et je prie le ciel pour pouvoir continuer de progresser au fil de ces entrainements aquatiques, tout au long des prochaines saisons.

À force de chercher et de trouver diverses options et solutions aquatiques, j'ai parfois l'impression d'être prise en un cube de Rubik bien peu sympathique. Mais on lâche pas. On apprend et on devient meilleur. L'on choisit d'accepter l'adversité pour mieux l'affronter et s'y adapter. On puise en nos ressources intérieures et on rame...

En cette pandémie, qu'on le veuille ou pas, on est tous dans la même galère. L'on doit tous ramer pour avancer. L'on devrait tous s'entraider pour faire front. Tous se soutenir pour avancer. En un monde idéal que l'on a pas encore atteint...

L'avantage d'avoir été en galère humaine pré Covid c'est d'être rodée lorsque vient le temps de ramer. J'observe bien des gens refuser de ramer et même refuser l'idée de ramer! 

Bien de ceux qui se lamentent refusent l'effort demandé. Comme s'il était plus facile de se complaindre que de se forcer. Je n'ai jamais compris ce choix de vie. Je n'en vois pas le sens constructif que l'on peut y trouver.

En ma mémoire défilent les efforts de tous ceux qui sont passées avant nous. En ma mémoire défilent tous ceux qui se sont sacrifiés pour que l'on se dise civilisé. Refuser de me plaindre au présent est ma façon d'honorer leurs efforts et sacrifices passés et oubliés. 

Avant que l'on ne soit tous obligés d'aller laver notre linge à la rivière, de rapiécer chaque morceau jusqu'à l'usure, je ne pense pas qu'il soit intelligent de tant se plaindre du présent tel qu'on le vit. 

Je pense qu'il serait plus intelligent de prendre conscience de tout ce que l'on possède encore. Surtout si la santé vient avec les conforts modernes!

Pour ne pas se laisser abattre par la morosité collective, on se pousse les fesses en foret. On en profite pour se remettre les pendules à l'heure et pour discuter de comment faire pour traverser cette crise mondiale en famille.

En cette virée automnale, on se trouve une cool activité familiale à inspirer lorsque notre exploration boisée finit par se transformer en "photoshoot rurex"

Durant le confinement, Miss Soleil et ma pomme des bois étions un peu tombées dans les vidéos YouTube d'Urbex. Assez pour lui donner l'envie d'exploration Urbex. Je lui ai alors expliqué que le mieux que l'on pouvait faire, en notre environnement, serait du Rurex. 

Si l'univers était prêt à nous envoyer des pistes à suivre...

Que diriez-vous d'aller à l'aventure d'une érablière abandonnée depuis des lustres?


Dimanche dernier, sans même chercher l'aventure Rurex, au détour d'un sentier, boom! Surprise! 

Le ciel nous récompense les efforts avec la découverte d'une érablière abandonnée. Un endroit perdu qui nous stimule l'imaginaire et le moral. On inspire et on en profite!

On l'apprécie comme la découverte d'un trésor oublié de nos humanités. Un endroit oublié empreint de nostalgie et de cette magie invisible qui nous fait repenser le passé.


Rurex : n.m. (mot anglais) Mot-valise formé des mots rural et exploration. activité clandestine consistant à visiter des lieux abandonnés en zone rurale.

Exploration Rurex en zone rouge...

vendredi, octobre 09, 2020

Lorsque je me suis retrouvée, pour la première fois, en handicap physique visible (entre 12 et 14 ans), j'ai subi la pitié dans les yeux des gens et j'en ai entendu bien des réflexions soufflées en mon dos. Ce qui faisait aussi mal que les maux en mon dos!

Il n'y a rien de plus humiliant, dénigrant, rapetissant que d'être un objet de pitié. Je n'ai jamais compris ceux qui s'y vautraient. Ceux qui la recherchaient. Car il n'y a vraiment rien de constructif à en retirer à long terme. La pitié ne rassure que celui qui la donne.

De cette pénible expérience, j'ai décidé d'éradiquer la notion de pitié en moi. Pour ne pas faire ressentir à autrui ce que l'on m'avait fait ressentir. C'est à partir de ce moment là que j'ai perçu que l'on avait le contrôle sur son mental. Je devais avoir seize ans et des poussières. À force de m'y appliquer, j'ai remplacé toutes les émotions de pitié que je pouvais ressentir par de l'empathie.

L'empathie apporte autant à celui qui la donne qu'à celui qui la reçoit. La pitié ne fait plus vraiment partie de la panoplie d'émotions qui font partie ma vie, sauf en cas de dernier recours. 

La pitié versus l'empathie

La pitié est facile, primale, superficielle, pauvre de sens. L'empathie demande plus de travail intérieur, plus de profondeur humaine, plus d'effort mental. Mais elle a aussi le mérite de développer l'esprit de compassion. L'empathie enrichit celui qui la donne et réconforte celui qui la reçoit. 

Parfois, j'ai l'impression que l'empathie et la compassion sont en voie d'extinction. À mesure que la haine gagne du terrain, l'empathie s'efface. La facilité semble avoir pris le dessus des mentalités modernes. La difficulté n'étant plus guère valorisée par les temps qui courent...

Pour arriver à contrôler le fil de ses pensées, il faut en reconnaître les sensations. Puis en contrôler l'émotion qui la suit. Et la transformer en une autre, de son choix. Meilleure à la santé mentale. 



Ainsi je prends le contrôle de ma cervelle qui fait ce que je décide du cours de mes émotions. Je prends le contrôle des instincts  primitifs du cerveau reptilien!

Au fil des années, j'ai décidé d'éradiquer d'autres émotions négatives pour me libérer l'esprit. J'ai décidé que la haine et la jalousie n'avaient pas de place en mon cœur. Qu'elles étaient toxiques à mon être et que je refusais de m'en nourrir. 

L'éradication de ces émotions en mon coeur me permet de me sentir mieux en ma tête même si mon corps me fait la guerre. En ces diverses réflexions silencieuses, j'ai trouvé que la pitié était un bon substitut pour les sensations de haine. 

La pitié versus la haine


Je n'utilise donc la pitié qu'en dernier recours. Lorsque j'ai besoin de transformer une émotion de haine qui jaillit trop fortement. Sinon j'utilise l'indifférence à cet effet. Une émotion parfaite pour neutraliser la toxicité que génère la haine. 

Et lorsque je serai très vieille, peut-être même que je pourrai transformer la haine directement en empathie, sans même y penser ni m'y forcer? 

Quant à la jalousie, j'ai décidé de la remplacer par l'inspiration. La jalousie et l'envie sont plus courantes. Presque anodines. Elles se faufilent facilement dans les pensées déprimées. Faciles à repérer. Elles peuvent aussi conduire à la haine pour ceux qui n'y prennent pas garde.

Si je ressens de la jalousie, je me pose la question du pourquoi. J'analyse le tout et je fais un travail intérieur pour comprendre comment je peux inspirer pour en transformer la trajectoire intérieure. Et je finis toujours par trouver...

Transformer la haine en pitié et la pitié en empathie...

mercredi, octobre 07, 2020

Je ne partage pas le choc de la mort de Joyce Echaquan, mais j'en partage la profonde tristesse. 

Je ne peux imaginer celle de ses enfants mais je peux en ressentir une vive compassion. Et une peine immense.

Comment pourrais-je être choquée, sachant les mauvais traitements que j'ai, moi-même, reçu à l'hôpital. Les mauvais traitements que j'ai pu y observer. 

D'ailleurs en ces moments là, souvent, j'ai pensé à ceux dont la peau n'était pas blanche. Ceux dont le sort devait être encore pire...

Je ne peux pas être choquée connaissant le racisme de fond que le Québec fait vivre aux autochtones. Le nier serait mentir.

En ma vingtaine, j'étais plus en phase avec les pow-wows que les raves. Plus en phase avec les peaux rouges que les blancs. Il ne se passe pas une saison sans que je ne médite sur les fantômes amérindiens qui hantent lac et forêt. Sans que je n'en regrette la présence, les traditions, la sagesse.

J'ai pu entendre bien des remarques désobligeantes envers les amérindiens en mes trente deux années de vie québécoise. J'ai été souvent choquée par ces remarques. En fait, le racisme le plus visible au Québec est celui-là. Celui là, en certains milieux de la société, est complètement décomplexé.

J'imagine qu'il est plus facile, pour un blanc, de dénigrer les autochtones plutôt que de repenser au génocide passé, au vol de leurs terres. Par mon passé, j'ai tellement été souvent choquée par ce racisme là, qu'il serait bien hypocrite d'être aujourd'hui choquée de ce fait tragique.


La détresse de son conjoint m'a fait verser des larmes. Des larmes versées pour Joyce et tous les autres. J'espère sincèrement que son décès fera changer des choses pour le meilleur, que cela ouvrira des consciences.

Je soutiens les paroles d''Élisapie, dont je suis tombée sous le charme, en 2004, durant en lointaine entrevue. Élisapie que j'aime entendre chanter et écouter.

Je soutiens Élisapie et toutes les femmes autochotones. 

Le problème du racisme autochtone au Québec est enraciné très profondément dans le tissu social blanc. Comme l'est le "problème noir" aux Etats-Unis. Les deux prennent leur source en des siècles passés d'injustices non assumées. D'ailleurs, les amérindiens américains sont encore moins bien lotis que les noirs américains. 

Bref, aucunement choquée mais profondément triste. Et fière d'Élisapie qui prend la parole avec cœur et intelligence...



Triste mais pas choquée...


Casse-tête de ma semaine, retrouver un plan piscine pour poursuivre mes rééducations physiques en zone rouge. Trouver les moyens de payer traitements et médicaments. Accepter ce qui fait mal en ma peau. Travailler fort aux voies de guérison de ce qui peut l'être. Gérer les maux permanents. Ne pas se laisser emporter par la nostalgie automnale. Y'en aura pas d'facile!

Avec la pluie qui fait tomber les feuilles à foison, les températures à la baisse, et les vents violents, l'automne se fait lugubre et monotone.

Durant le dernier confinement, j'ai dû passer plus de deux mois sans aucun moyen de progression physique. J'ai régressé. Frustrée. Assez pour m'acheter une wet-suit et aller au lac dès mai. 

Il devient impossible de m'entrainer en piscine extérieure vu la saison en cours. Je dois donc trouver une piscine intérieure. Et là, en zone rouge, cela devient un casse-tête de premier ordre. Mais je ne décourage pas. Je creuse les solutions, je cherche les possibles. Et je me débrouille.


Je refuse cette dépression ambiante qui fait a tendance de l'heure. Refuser le malheur, c'est trouver les solutions qui l'éloignent. Refuser le malheur, quel qu'il soit, c'est choisir de se nourrir de petits bonheurs quotidiens plutôt que de se complaindre des difficultés. C'est s'adapter à la difficulté présente jusqu'à en trouver les façons de la surmonter. 

Prendre l'habitude d'aller chercher la Miss à l'école. Une Miss brûlée par cette rentrée urbaine qui nous fait changer bien des habitudes familiales. Tandis que d'autres se forment. Tout en s'adaptant à ce contexte pandémique qui n'arrête pas de perturber ses rythmes scolaires. Y'en aura pas d'facile!

En cette pluvieuse semaine où les mieux nantis dépriment (ou contaminent autrui) tandis que les habitués aux difficultés s'adaptent, l'on se soutient mutuellement en notre bulle de lac. 

Au niveau canadien, en ce qui concerne les infections Covid, le Québec est en tête de peloton. La transmission communautaire va bon train, pas de quoi être fier!

Voir une minorité saboter les efforts d'une majorité est très frustrant à mes sens. Plus encore que les mesures mises en place pour essayer d'enrayer la propagation du virus!

En zone rouge, l'horizon est menaçant...

mardi, octobre 06, 2020


Depuis l'éclosion de Karaoké au Kirouac de Québec, je me pose, au fil de mes réflexions, quelques questions concrètes. En apprenant le deuxième décès des suites de cette éclosion, je suis peinée mais pas étonnée. Et je ne peux m'empêcher de noter que cette soirée s'est déroulée un soir de forte manifestation anti-masques. 

Quelle est en fut l'influence sur la population locale? Quelle est la responsabilité de ceux qui contaminent autrui aux droits de leurs libertés individuelles? 

Quelle est la responsabilité de ceux qui incitent à propager l'épidémie en cours avec des égoïsmes décomplexés ou des théories farfelues?

Qu'en est-il de la responsabilité personnelle de ceux qui contaminent avec insouciance au nom de leur liberté individuelle? 


Si je ne ressens aucune surprise à cette triste nouvelle, je ressens de la peine. Pour cette dame. Et pour nous tous. Aux prises avec ce virus qui, non seulement, se fout de nos égoïsmes d'enfants gâtés mais s'en nourrit. 

Et je me questionne sur le même thème. Qu'en est-il de celui qui grille un feu rouge et qui tue une famille sur le coup? N'est-ce pas le même principe qui s'applique? Celui de l'irresponsabilité civile? 

Ne le rendons-nous pas alors responsable de sa décision d'avoir grillé un feu rouge? Et personne ne manifeste pour le droit de griller les feux rouges!
 
 
Tout comme je me demande où est passé le bon sens et la responsabilité individuelle, je me demande où est passée la patience humaine? 

Au début de cette éclosion-là, les anti-masques ont refusé de la considérer, tout en clamant, haut et fort, que ce type d'éclosion était inoffensif à la santé publique. Une éclosion qui aura fini par contaminer plus de 80 personnes et fait deux morts, à date. 

 Aussi, pouvons-nous faire preuve d'un peu de patience en ce qui concerne la pseudo guérison de Trump? Si lui n'en possède aucune, n'en suivons pas le terrible exemple. Attendons donc qu'il redescende de son high de cortisone et reparlons-en dans trois semaines! 

 Avec la dose de cheval de cortisone qu'il a reçu, pas étonnant qu'il se sente invincible! Ayons de la compassion pour les médecins qui doivent soigner cet énergumène. Surement l'un des pires patients imaginables. Le tout aux frais des citoyens dont beaucoup n'auront jamais accès à de si bon soins. 

 Le virus en son corps a pas mal plus de patience que lui. Il faudra attendre au moins deux semaines avant de savoir s'il vit de réelles complications. 

Lorsque j'ai vu sa petite mine du soir en son petit show d'ego, je me suis dit qu'il n'avait vraiment rien compris et qu'il donnait de la force au virus. Autant en son corps qu'en sa nation. L'avenir confirmera ou pas, ce que me souffle mon petit doigt...

Dieu merci, il semblerait que sa secte Trumpiste commence à rétrécir. S'il finit par souffrir pour vrai plus de 3 jours de suite, je pense que je serais capable de lui donner une once de compassion, guère plus, pour le fait que c'est un humain, malgré tout. 

 Je prédis cependant qu'il est loin d'être sorti de l'auberge Covid. Je serais étonnée que son état soit aussi bon qu'il veut le faire croire et se faire croire! 

 J'ai assez d'expérience en ce qui concerne l'illusion de la santé que l'on peut donner quand on s'y force. Je vois clair en son petit cinéma et je n'y crois pas deux secondes. Ayons la patience d'attendre...


En attendant le Townhall de Biden fut excellent, il m'a redonné assez d'espoir pour tweeter un coup et voir chauffer mon compte comme je l'avais pas vu depuis longtemps!


En attendant, Miss Soleil continue de voir sa voie scolaire perturbée. Et elle ne s'en plaint point. Elle affronte. On la soutient. À savoir pour combien de temps elle pourra continuer son programme Arts/Études en zone rouge semble complexe. Un autre stress à gérer. 


Des angoisses que l'on s'applique à écouter, à comprendre, à conforter, à guider, à encadrer. Fière de ma fille je suis.


À noter qu'elle m'a dit la semaine dernière que la majorité des élèves de son école préféraient mettre le masque plutôt que de ne plus aller en classe! 

Et pendant ce temps, tant d'adultes geignent. Tant se plaignent en long, en large et en travers. J'en suis quand même stupéfaite. Mais peu étonnée. Quoi qu'il en soit, se lamenter n'y changera rien.



La Covid19 continuera de transformer nos sociétés, qu'on le veuille ou non. Qu'on y résiste ou pas. Cela se fera. Et cela se fait. Aussi, quitte à en avoir conscience, autant faire son possible pour faire partie de ceux qui cherchent des solutions plutôt que de ceux qui en empirent le problème. 

Autant muscler son cerveau dans la difficulté à traverser plutôt que d'aigrir en se regardant le fond du nombril!

Présentement, toute la société semble entrer en une sorte de douleur chronique collective. Personne n'échappe à la souffrance pandémique. Qu'elle soit physique, émotionnelle ou financière, on est tous dans la même galère! 

Tous touchés d'une façon ou d'une autre. N'est-ce donc pas le temps d'être solidaires? Le temps de se serrer les coudes, de s'entraider, de s'aimer, même si les nerfs sont à vif?



Puisque la souffrance se collectivise de diverses façons. L'on peut y appliquer différents outils mentaux pour la traverser. Il existe même certaines formules pour mieux y arriver...

Accepter ce qui est. S'y adapter. Accepter l'effort. Faire preuve de bonne volonté.  Avancer. Accepter les sacrifices. Persévérer. Ne pas lâcher. Forcer. Évoluer. Surmonter.

Trouver ces façons invisibles de transformer en forces, les faiblesses humaines et d'ainsi transformer le malheur qui nous assomme. Face à l'incontrôlable, l'on possède tous le contrôle de nos attitudes et de nos pensées. Si l'on choisit de s'y forcer...


La société effectue une mutation malgré elle. À chacun de nous, à notre échelle, de trouver les moyens de faire partie des solutions plutôt que chercher plus des problèmes.



Entre deux gouttes de pluie, plusieurs questions et réflexions