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jeudi, février 08, 2024


Ma puce devient femme. Elle devient femme et je ménopause. Pas facile pour les neurones !

Je suis reconnaissante d'être sa maman. Fière et reconnaissante. Jamais je ne me suis plainte des difficultés que j'ai pu rencontrer en ma condition de parent. Qui a dit que la vie était facile ? Qui a dit qu'être parent l'était aussi ? Sinon les menteurs et les charlatans ? La vie est pleine d'épreuves à traverser, d'obstacles à surmonter et de leçons à apprendre. 

Être parent, c'est une aventure de vie qui cache divers trésors. À chacun de les découvrir. En mes sens, choisir de devenir parent, c'est choisir de ne pas s'arrêter à ces difficultés quotidiennes qui nous font travailler sur nous-même. C'est choisir de les accepter pour mieux les apprivoiser et les comprendre afin de les maîtriser pour grandir. 

Chaque adulte a aussi ses apprentissages à maîtriser, chaque adulte doit aussi apprendre à grandir pour mieux vieillir. Quand je trouve qu'être parent est dur, je prends un peu de recul. J'analyse, j'affronte, je me relève les manches et je surmonte. Sans que mon enfant ne doive en avoir conscience ni en subir les conséquences car je suis l'aîné, je suis l'adulte.

Je suis responsable de son sort. En lui donnant naissance, j'ai choisi et j'ai accepté cette responsabilité. Je suis responsable de l'élever au mieux. Responsable de l'encourager à devenir un adulte qui, je l'espère, contribuera au meilleur du futur plutôt qu'au pire. N'est-ce pas le devoir de tout parent conscient ? N'est-ce pas le seul moyen d'avoir un réel impact sur le futur ?

Je tiens ces principes intérieurs de ma Mère-Grand, qui m'a élevée et qui a instauré, en mon cœur, un système de valeurs plutôt "Vieille France". J'ai décidé de le conjuguer à mes modernités et d'utiliser ce système de valeurs en ma parentalité. J'ai fusionné l'ancien et le nouveau pour mijoter ma sauce et éduquer ma fille avec amour et conscience.

Alors que ma fille traverse sa majorité, en route pour devenir la femme qu'elle devient, je ne ressens que de la gratitude pour cet enfant, qui m'a permis de grandir et de devenir meilleure en mon âme et mon cœur. Je travaille en silence sur ces émotions qui viennent avec l'enfant qui devient grand. 

Je sais que bientôt elle partira prendre son envol. Mon cœur se serre à cette idée. Cela fera mal mais cela sera ma responsabilité de ne pas lui en faire porter la tristesse en mon cœur. Tout comme il sera toujours de ma responsabilité de la guider à travers les aléas de la vie.

Personne n'est parfait. Ni elle, ni moi, mais dans notre relation, j'apprécie ces instants de perfection que l'on arrive à se dégager, au détour de difficultés traversées. Ma fille est le meilleur de moi-même et je lui souhaite un avenir aussi brillant que son être l'est à mes sens...

Mère-Fille : Aventure de Croissance et de Gratitude

dimanche, octobre 11, 2020



Depuis sa rentrée scolaire, Miss Soleil a décidé de porter le masque en classe. Même si cela rendait ses journées plus difficiles, elle préférait cette éventualité à celle de ramener le virus à la maison. 

Ceci était son choix, fruit de ses propres réflexions et ce qu'elle voyait autour d'elle. J'ai vu comment porter le masque ajoutait une difficulté à ses journées. Cela m'a peinée. 

J'ai fait mon possible pour l'aider à en gérer la fatigue. J'ai beaucoup discuté avec elle. Avec un père diabétique et un mère à la santé bancale, elle comprend combien il est important pour nous d'éviter le virus en notre maison. 

On a discuté beaucoup et longtemps pour arriver à la conclusion que tant qu'elle prenait toutes les mesures pour se protéger du virus, si par malheur, il devait arriver qu'elle nous le transmette, elle n'en serait pas responsable. 

Ceci dit, si elle fait tout et n'importe quoi, qu'elle l'attrapait et nous le passait, ce serait une autre histoire que l'on ne désire pas visualiser. 

Cet été, l'on a pu voir combien elle devait faire des efforts et résister à la pression sociale de ses pairs pour garder ses distances et prendre en considération la pandémie. Elle en a souffert. Je l'ai câlinée. Elle s'est renforcée. Elle n'a pas lâché. Elle a persévéré. 

Au fil des semaines à s'affirmer, je l'ai vu devenir plus forte devant la pression sociale. Je l'ai vu se tenir droite et rester intègre à ses convictions. J'ai été fière de sa force mise en pratique. 


Je l'ai confortée, encouragée, soutenue. J'ai été impressionnée et touchée par cette force qu'elle posséderait en puisant en son amour pour nous. Lorsque la rentrée est arrivée, j'avais une confiance totale en ses capacités de faire les gestes barrières. 

C'est alors qu'elle a décidé de garder son masque en classe. En observant comment se comportaient ses camarades. Comment l'en empêcher? Nous ne pouvions que la soutenir en cette sage décision...

Il fut un moment, en zone orange, où j'ai essayé de l'en dissuader afin qu'elle ait un peu de répit. Mais elle m'a expliqué que vu comment ses contemporains ne prenaient pas la pandémie au sérieux, elle se sentait plus rassurée de garder son masque. Même si c'était difficile, c'était toujours moins difficile pour elle à supporter que son angoisse de nous contaminer. 

En ses conditions particulières, elle a fait sa rentrée en une nouvelle école urbaine avec brio. Non sans efforts ni fatigues. Non sans des tourbillons d'émotions ponctués de larmes. 


À chaque jour, nous l'avons écoutée, nous l'avons soutenue, nous l'avons aimée. On a fini tous brûlés mais ainsi va la vie. 

Un mois plus tard, elle avait déjà collectionné quelques bonnes notes et intégré un groupe de copines. Malgré son masque! Malgré les invitations refusées. Malgré les distances physiques qu'elle s'impose et impose aux autres. Malgré l'intervention d'une prof pour l'inciter à ne plus le porter autant! 

Elle en a souffert mais elle a tenu bon. Elle s'est fait respecter en ce choix personnel. Pendant que je me posais de sérieuses questions sur l'éducation parentale de mes contemporains... 

Le deuxième jour de la rentrée, une petite peste lui a dit: "Si c'est pour porter ton masque, rentres chez toi!". Ce à quoi elle n'a pas répondu même si blessée. 

Trois semaines plus tard, la même fille a pris peur du virus après avoir fait le party avec des jeunes dont un connaissant un qui pensait être positif. 

Bref, elle s'est mise à porter le masque durant deux jours. Miss Soleil n'en a rien dit mais n'en a pas moins pensé! 

En fait, depuis quelques semaines, épisodiquement, elle voit un ou deux élèves de sa classe décider de porter le masque quelques heures. Ce qui rend Miss Soleil perplexe. 

En sa classe, ses camarades ont de la difficulté à se plaindre du port du masque obligatoire vu qu'elle leur donne l'exemple depuis le premier jour.

Miss Soleil m'explique que les élèves préfèrent être masqués en classe plutôt que se retrouver en mode virtuel. Cet effort là leur semble moins gros que celui d'étudier à la maison. 

Lorsque la règle s'est appliquée cette semaine, plusieurs en avaient anticipé le moment. Ils ont accepté plus facilement la contrainte obligatoire. La majorité s'y plie sans mot dire. Heureux de rester en classe. Plus résilients que certains adultes? 

Son programme Arts/Études est sans cesse chamboulé par la pandémie. Ce n'est facile ni pour les élèves ni pour les adultes. Elle s'y adapte. On l'aide de notre mieux. Ses professeurs de théâtre nous ont même soufflé qu'elle était leur révélation de la rentrée. Le tout masquée! Cool et masquée... 

En ses invisibles efforts qui nous montrent sa force, la puissance de sa bonne volonté et de sa détermination, nous l'admirons. Avec un nouveau rythme qui la lève à 5 heures du mat et qui la couche à 8 et des poussières, elle ne badine pas! 


La semaine dernière, la prof d'Histoire emmène la classe faire un rallye de photos historiques en ville. Alors qu'elle m'en conte l'aventure urbaine, le soir venu, je lui demande: 

 - Alors tu as pu enlever ton masque comme vous étiez dehors... 
 -Ah non! Tout le monde se collait et s'approchait full proche de moi, je l'ai gardé! 

Elle m'explique ensuite qu'elle a même choisi de changer de groupe de rallye car c'était trop la pagaille dans le sien! Fiers d'elle nous sommes. Manifestement tous mes efforts d'éducation ne sont pas vains. 

En cette nouvelle école citadine qui regroupe multiples disciplines (en Sports/Arts/Études), la pandémie aussi influencé la formations des classes. Ce qui fait que la sienne regroupe une équipe de hockey et une troupe de théâtre composée de filles! Ce qui fait tout un cocktail d'hormones à gérer...



Cool et masquée!

vendredi, mars 13, 2020


Ce mois de mars marque les trois ans de mon dos explosé. J'en retiens les émotions de colère pour me concentrer sur le rétablissement en cours...

La première année fut la pire alors que je me suis retrouvée totalement invalide, enfermée en mon corps ravagé par de violents symptômes douloureux. Les deux suivantes furent aussi bien douloureuses, toutes en rééducations et traitements médicaux. 

Après trois années d’efforts et de luttes pour réparer un dos sévèrement endommagé, je vois enfin de la lumière au fond du tunnel. Et j'espère bien finir par l'atteindre.

Il y a bientôt trois ans de cela, une physio recommandée par l'hôpital, m'a sévèrement abîmé le dos.

Elle était supposée traiter mes neuropathies faciales et non pas me foutre la vie en l'air! Après avoir gagné ma confiance, elle en a abusé en me traitant comme un cobaye.

Elle m'a invalidée en provoquant une serieuse convexité en mon dos, qui a très mal réagi, et qui s'est enflammé en crises de convulsion. Comme s’il était nécessaire d'ajouter à la collection de problèmes de santé que je venais d'affronter ou que j'étais en train de traverser...

En ces neuf dernières années, j’ai surmonté plusieurs problèmes de santé. Je les ai traversés les uns après les autres. Sans répit ni pitié. Sans m'apitoyer ni capituler.

Mais le pire de tous mes problèmes de santé aura été provoqué par ces manipulations de physio qui ont bien failli me détruire. Mon dos fut cassé de nouveau. Et je me suis retrouvée hors jeu! Out of the game of life...

Back to Hell en quelques manipulations dorsales

J’avais déjà été paraplégique à douze ans et je n’avais pas imaginé me retrouver de nouveau invalide. En ces premiers mois d’horreur, j'ai senti la vie s'écouler hors de moi, comme une invisible hémorragie. J'ai vu la mort veiller quelques semaines avant de me lâcher la peau. Pour survivre à l’intensité des symptômes physiques, mon esprit a appris à se désincarner et à se renforcer.

Pendant des mois, j'ai expérimenté des douleurs physiques si sévères que j'ai eu l'impression de devenir un automate humain. J’ai appris à donner l'impression d'être vivante tout en forçant la vie à persévérer en mon sang.

En ces situations bien effrayantes, il est important, le plus possible, de continuer d'être soi, même si on ne le ressent plus intérieurement.

Pour avancer, l’on doit se rappeler de ce qui fait notre identité. Et s'y accrocher. Même si on ne se sent plus soi, on doit se forcer à effectuer ces petites choses qui font que l’on est soi.

Durant des mois, j'ai utilisé les quelques gouttes d'énergie en ma peau pour continuer de prendre des photos. Même si tout goût ou envie était annihilé par le brasier en ma colonne vertébrale. Pour l'amour des miens, j'ai forcé la vie à persévérer en mon sang.

J’ai accepté de me torturer le corps afin de le stabiliser. Trois fois par semaine en des séances de piscines toutes bien douloureuses. Il aura fallu quatorze horribles infiltrations de colonne, sur une année, pour venir à bout de l'inflammation, provoquée par ces manipulations qui m'ont tordu le dos.

Il aura fallu une centaine de traitements de chiropractie pour arriver à rétablir ma colonne et la garder droite. Sans compter les dizaines et dizaines de traitements de kiné puis d'ostéopathie ni les centaines de séances de piscine. Trois années de calvaire corporel ainsi se sont passées. Et je suis devenue une athlète invisible.


Back to life, une saison à la fois

Au fil des traitements, des efforts, des volontés, des disciplines de vie, j'ai commencé à retrouver des capacités physiques. Petit à petit, mon corps a accepté de refonctionner. Doucement mais surement, j'avance et je dépasse les obstacles qui entravent ma route.

L'automne dernier, j'ai commencé à sentir une sève revenir en mon tronc. Avec cette sève revenait la vie, celle qui fait que l'on existe...

Depuis, mois après mois, je poursuis mes rééducations et les améliorations se concrétisent. La sève nourrit le tronc qui revient à la vie. Elle se répand peti à petit dans le reste du corps meurtri.

Encore quelques mois de torture physique et je devrais finir par gagner cette foutue guerre. Tant que le coronavirus ne vient pas foutre le chaos en mon chemin de rétablissement!

Traverser les épreuves humaines en mode conjugal

Cette année est la vingtième en ce mariage qui nous unit. En ces deux décennies, nous avons traversé tant d'obstacles, nous avons affronté tant d'épreuves, et nous sommes toujours là.

Nous partageons cette même volonté de construire une réelle fondation humaine pour notre enfant unique. Ensemble, nous partageons cette même valeur de construire cette famille que l'on a jamais connu.

Vingt ans plus tard, je l'aime toujours. Plus profondément. Notre travail de parents arrive bientôt à finition. Passé 20 ans, la relation parent/enfant devient adulte. Elle se transforme et évolue.

La responsabilité d'élever et d'encadrer n'est plus, il reste celle de guider et de soutenir.

Il est dit que la présence de l'un nourrit la force de l'autre. Cela résonne en mon âme qui approuve.

Leur double présence me donne cette force nécessaire à la bataille quotidienne. Sans eux, je suis peu. Avec eux, je suis tout.

La vie est une sève qui nourrit l'essence humaine

La sève qui a commencé à s'écouler en mon dos, tout doucement, se répand maintenant, un peu plus loin chaque mois. C'est elle qui me donne cette étrange sensation de revenir à la vie.

Mon osteo travaille sur mon cas et me fait prendre conscience des améliorations en cours. Même si j'en arrache encore beaucoup, je vais beaucoup mieux. Je suis entre deux étapes. Lorsque la rééducation devient réadaptation...

Je peux de nouveau passer inaperçue dans le monde des bien-portants, quelques heures durant. Puis j'en paie le prix en silence et souffrances. Mais tant que je peux soigner convenablement mes neuropathies et rééduquer ma colonne, je peux avancer, m'adapter, évoluer.

Il paraît que je dois prendre conscience de mon endurance physique qui s'étire. Mais tant que je n'ai pas retrouvé une endurance digne de ce nom, je n'ai pas l'impression d'être revenue valide. J'ai juste la sensation de lutter en continu pour l’être de nouveau.

Présentement, je canalise toutes mes énergies sur elle et lui. Plus mon endurance physique progressera et plus je pourrai me focuser sur moi-même. C'est le plan. Patience et persévérance...

L'on vit en une société qui met l'accent sur "penser à soi" comme mode de vie. Je n'y crois pas. Lorsque je me suis retrouvée en l'enfer de la maladie qui invalide, penser à moi ne me donnait pas la force de lutter ni d'avancer. C'est en pensant à eux que je trouvais la force de ne pas lâcher.

Penser à eux par me rendait surhumaine. Penser à moi me faisait sentir sous-humaine

Dès j'ai un peu d'énergie vitale, instinctivement, c'est à eux que je la donne, afin qu'ils puissent vivre le plus normalement possible malgré les épreuves en mon corps.

Je pense à moi en me pliant aux rééducations et aux traitements. Je pense à moi en prenant mon cas en charge et en persévérant. Je pense à moi en me dépassant quotidiennement.

Mais je ne peux pas vivre en ne pensant qu'à moi! C'est trop restrictif et égoïste. Combien de fois peut-on faire le tour de son nombril sans devenir un poisson rouge?

Étirer son nombril en pensant aux autres fait du bien à l’âme. Travailler ses neuroplasticités en ne pensant pas qu'à soi enrichit la texture d'une vie.

Il fut un temps lointain où la vie quotidienne était si ardue qu'il était alors nécessaire de se rappeler de penser à soi. Ce n'est plus vraiment le cas. Si nos ancêtres voyaient la vie que l'on mène, ils nous prendraient tous pour des rois.

Penser à soi a ses limites. Trop penser à soi limite

Penser à elle me grandit. Penser à lui me nourrit. Penser à eux avant moi-même me semble naturel et essentiel. Comme que je dois l'aider à grandir et mûrir. Je pense à elle et je fais mon possible pour lui offrir une douce enfance. Je me fatigue pour elle plutôt que pour moi et cela me paraît normal. Cela fait travailler mes endurances et je suis heureuse de la voir heureuse. Même si je finis brûlée comme une toast oubliée dans un vieux grille-pain, ce n'est jamais vain...

Les enfants d'aujourd'hui sont le présent de demain. La seule influence présente que l'on possède sur le futur passe à travers eux...

Comme je dois aussi penser à maintenir en santé ma relation conjugale, penser à lui est normal. Je sais combien ces dernières années ont aussi été difficiles pour lui. Cela me peine beaucoup. Mais quand je vois ses briller parce-que j'ai retrouvé la capacité physique de rire, je ressens que ce lien unique qui nous unit.

Je désire être grand-mère avec lui...



Même si je suis fatiguée de toujours forcer mon corps à avancer, tannée de ne pas travailler comme je le voudrais, déprimée de me sentir comme cette branche de sapin emprisonnée dans la glace, je garde le cap que je me suis donné.

Méditer, rééduquer, aimer, élever, persévérer font ma routine de vie. Méditer pour digérer ces multiples frustrations de ne pas vivre comme je l'entend. Méditer pour muscler ma cervelle et ne pas lâcher.

Garder le cap avec cet objectif têtu de reprendre du service en septembre. D'ici là le monde devrait bien s'être remis du coronavirus!

Soit il sera meilleur, soit il sera pire. Mais il sera obligatoirement transformé par cette épidémie en cours. On a été pas mal épargné à date au Québec mais avec le retour des vacances de la relâche, il est évident que plusieurs auront ramené en leurs bagages des virus clandestins.

Encore une ou deux semaines d'incubation et on rejoindra sûrement le reste de la planète. Déjà des mesures préventives définissent un futur possible en quarantaine mondiale.

Entre deux efforts et trois fatigues, j'observe l'évolution de la chose. Je fais de la veille de virus. Il y aurait deux souches qui circulent, l'une serait moins virulente que l'autre mais il serait aussi possible d'attraper les deux. Non ce n'est pas une grippe, et oui les moins de soixante ans peuvent se retrouver en réanimation.

J'entends le monde se plaindre des multiples inconvénients que cela implique. J'entends le monde craindre une récession économique. J'entends le monde en santé clamer que cela ne met pas leur vie en danger. Mais j'entends peu de monde désirer protéger les plus vulnérables en sacrifiant de leur individualité. 

J'ai lu quelque part qu'une société était civilisée lorsqu'elle était capable de protéger les plus vulnérables. Sommes-nous réellement civilisés?

J'imagine que l'avenir nous le dira. un avenir que je compte bien de nouveau bloguer en ces eaux virtuelles qui sont miennes. Au plaisir de se retrouver!


De retour en ligne...

jeudi, septembre 19, 2019

Mère brûlée. Mère combattante. Mère constamment brûlée mais toujours vivante. Mère brûlée mais pas minée. Fière de rester mère lorsque son corps l’emmène en guerre.

La semaine dernière, un ami d'université, rejaillit en notre réel. Nous l'invitons à reprendre contact humain en soupant à la maison. Il tombe sous le charme de Miss Soleil.

Il finit par se demander si elle est surdouée. Je ne le pense pas, je pense qu'elle est juste bien élevée, selon mes sens maternels. Ce qui ne se fait point sans efforts, volontés, et intentions...

Il mentionne que, malgré les épreuves que nous traversons, elle transpire le bien être. Ce qui me fait du bien au coeur. En effet, je travaille fort à ne pas faire peser mon malheur sur ses épaules.

Puiser en la force maternelle

Je travaille fort à gérer mes malheurs personnels tout en faisant mon possible pour l'éprouver le moins possible. Tout en m'appliquant à la troubler le moins possible. En faisant tout ce qui est en mon pouvoir pour lui donner un exemple de persévérance et de détermination. Tout en faisant tout mon possible pour transformer mes faiblesses en force.

Ainsi, je fais maints efforts pour pousser mon corps afin de rester un minimum actif même au pire de sa forme. Mon corps peut souffrir l'enfer, je reste mère. Et la mère est guerrière.

De plus, il me semble que l'on sous-estime la force puissante que nous donne nos enfants à élever. Qu'on oublie de la mettre en valeur. Qu'oublie de l'exploiter.

Pourtant, la force d'une mère ne vient-elle pas de la profondeur de cet l'amour qu'elle porte an à son enfant? De cette profonde affection qu'elle ressent pour l'humain qu'elle a mis au monde?

Tandis que ma peau entraîne mon quotidien en un monde de rééducation physique, je force mes volontés à ne pas lâcher. À dépasser le mal qui handicape la vie. À prendre sur soi. à dépasser ses limites.

Gérer les douleurs physiques est un long processus qui façonne la vie... et le caractère. Mon état de santé progresse. À force de lutter, j'avance. À force de lutter, je gagne du terrain. À mesure que se renforce mon dos blessé, mon mental suit. Rien n'est facile mais tout est possible.

Retour en classe

La rentrée scolaire s'enclenche avec le mois de septembre. Encore une fois, je me sens à contre courant des parents volubiles qui attendent celle-ci avec impatience. Je me sens plus tristounette que soulagée. 

Même si élever un être humain peut être usant, stressant, irritant, etc... Je m'en tape! 

Je le vis et je passe au travers. Jamais je ne m'en plains car cela me semble vain. Je préfère plutôt tisser et solidifier ce lien qui nous unit.

Les années s'écoulent assez vite pour ne pas les presser. Pour en apprécier ces temps passés ensemble. Même si je suis fatiguée, même si je diminuée, même si mes nerfs s'aiguisent, j'éduque en continu. Je cultive l'amour et l’éducation en un même élan de vie. Rien n'est facile, c'est juste la vie!

Prendre le temps d'être parent

Éduquer l'enfance qui devient adolescence est difficile. Mais ce n'est pas grave. Au contraire, c'est l'occasion de s'enrichir de l'intérieur, de devenir meilleur. De grandir.

Toutes les difficultés cachent des richesses humaines insoupçonnées. Pourquoi refuser de les explorer? Pourquoi laisser la peur dicter ses lois? Pourquoi en fuir les difficultés? Mieux vaut les affronter. Affronter est la seule façon de surmonter. Et d'en retirer l'invisible force qu'offrent ces épreuves.

Depuis sa naissance, j'aime passer du temps libre avec elle. Ce n'est pas toujours facile.

Devenir gendarme. Etre si responsable qu'on se demande parfois si on en devient pas juste plate et poche? Si on y perd pas toute sa coolness...

Mais qu'il y a-t-il de plus cool que de grandir avec l'enfant qui s’élève. En acceptant ses innombrables étapes d'apprentissage (qui n'en finissent pas de se succéder). Il nous apprend l'adaptation en continu.

Se fatiguer à la tâche de semer un maximum de graines pour aider l'enfant à reflechir n'est pas futile. Il n'y a rien de poche ou de plat là dedans! Il y a juste l'amour qui s'écoule et la vie qui se passe.

Materner, conforter, guider, écouter, consoler, aimer, soutenir, accompagner. Tout donner pour ensuite laisser s'envoler l'humain devenu grand. Tout un défi pour l'âme et le coeur!

Sachant que ce jour là arrivera trop vite pour mon coeur, je m'y prépare. Au fil de ces étapes qui la grandissent. Je me prépare avec attention afin d'en garder intime le chagrin personnel qui en découlera. Afin de la laisser s'épanouir en beauté pour qu'elle puisse exploiter au maximum ses potentiels humains.

Bref, je prends la peine de prendre le temps d'être sa maman.

Parfaitement consciente que le jour viendra (trop vite) où elle s'envolera vers ses propres destinées. et qu'alors, il ne sera plus le temps de regretter ce qui n'a pas été fait mais celui de récolter les fruits ce de qui fut cultivé...

Parentalité en cours...

lundi, février 25, 2019

Tout en travaillant dur à regagner une santé digne de ce nom, j’élève ma puce en pleine croissance. Avec conscience, je m'adapte aux différentes étapes qui la grandissent.

Ensemble, l'on tisse ce lien qui nous unit. J'apprends à gérer de nouvelles émotions en cette aventure humaine de parentalité. Ma puce devient jeune femme.

Fière je suis de la voir s'épanouir en beauté et réflexions. Ressentir cette subtile mélancolie maternelle devant le temps qui passe. Devant l'enfance qui laisse la place à l'adolescence. Je retiens mon souffle tout en poursuivant cette voie maternelle qui me porte depuis sa naissance.

Je réfléchis en profondeur sur l'influence que tout parent possède sur sa progéniture. Alors que les influenceurs sociaux font la mode actuelle, je me concentre sur l'influence que j'ai sur l'enfant que j'ai mis au monde.

Beaucoup trop d'emphase est posée sur l'influence des popularités éphémères qui font les tendances modernes. Si peu est mis sur l'influence parentale qui façonne tout être humain. Qui le guide ou qui le hante lorsque devenu grand.

Ne devrait-on point se pencher davantage sur ce qui fait les richesses en nos cœurs plutôt que sur insatiables matérialités?

Se concentrer sur la puissante responsabilité d'élever un être humain qui deviendra grand. Et qui élèvera d'autres êtres humains en un futur insoupçonné.

N'est-il pas dit que dans la vie, l'on répète ou l'on répare?

Répéter n'est pas ma tasse de thé. Réparer semble être ma destinée. Réparer mon corps blessé. Réparer mon âme meurtrie. Grandir. Mûrir. Apprendre et comprendre. S'élever.

Élever un enfant, c'est aussi s'élever soi-même. Je répare. Elle m'élève.

Influence concentrée

jeudi, octobre 26, 2017


Lorsque j'étais enfant, ma mère-grand croyait, dur comme fer, en le plaisir de faire plaisir. Elle aimait faire plaisir à ceux qu'elle aimait car cela lui faisait plaisir. Tout simplement. Elle appelait cela "le plaisir de faire plaisir"...

C'était, selon elle, la seule motivation que l'on devait entretenir lorsque l'on faisait plaisir à quelqu'un. Pour elle, essayer de faire plaisir en espérant en retirer quelque chose pour soi était malhonnête. 

Alors que j'élève l'enfance qui grandit, arrive ce moment où j'enseigne ces leçons que l'on m'a enseigné enfant. J'explique le concept à la Miss. Qui grimace un coup. Un concept que peu de ses contemporains comprennent ou pratiquent. Un concept que je tiens cependant à lui transmettre. 

Ceci donne lieu à de nouvelles disciplines. Enfin la discipline parentale, c'est comme l'enfance. En constante évolution...

Je réalise qu'en cette société egocentrée où l'on vit présentement, ce simple concept n'est pas vraiment d'actualité. Comme si tout le monde cherchait à manipuler autrui pour des raisons personnelles? Est-ce les dérives d'une société de marketing? 

Je ne lâche pas mon morceau avec ma fille. Même si j'ai conscience de lui enseigner de quoi d'original en son époque. Ceci dit, ce concept en est un qui se révèle ancestral. Et je ne compte pas l'oublier en ce monde moderne!

Avec l'expérience que j'en sais, le plaisir de faire plaisir est un concept qui enrichit l'humanité. De cette richesse invisible qui améliore la vie de l'intérieur. La richesse intérieure n'est-elle pas la plus importante après tout? N'est-ce pas aussi la seule que l'on peut emmener en l'au-delà?

Le plaisir de faire plaisir

lundi, octobre 16, 2017


Quand le corps se fait traître, vivre devient un combat invisible qui se déroule en arrière de la scène active. L'on entre alors en une réalité parallèle à la norme "bien-portante".

Quand le corps se fait traître, il ne suffit pas d'être résilient, il est aussi nécessaire de s'adapter à cette nouvelle réalité.

Quand le corps se fait traître, garder sa tête est vital. Refuser de me plaindre aide ma tête à ne pas lâcher...

Prendre le controle de sa cervelle empêche l'escalade de pensées négatives qui se révèlent nocives à l'esprit. Ceci permet de gérer le désespoir pour mieux cultiver l'espoir en son coeur.

Cela m'apprend que l'on possède tous le pouvoir de gérer ses pensées. Et par conséquent, ses émotions. Gérer ses pensées est d'ailleurs bénéfique à tout être humain, pas juste à ceux qui souffrent en des réalités parallèles.

J'apprends à ma fille ces notions abstraites de gérer et de contrôler ses pensées. Pour mieux maîtriser le cours de ses émotions.

Espérant ainsi lui donner quelques outils qui l'aideront à mieux être en grandissant. Espérant ainsi que ces leçons, apprises à la dure depuis ma naissance, lui permettent, à long terme, d'adoucir sa vie.


Être son propre maître...

jeudi, août 18, 2016


Mardi midi: Cela fait des jours que je vois approcher la rentrée en me disant que je dois contacter la directrice d'école.

Plus les jours passent plus la puce me presse de questions sans réponses. Mais les jours étant ce qu'ils sont, je ne suis pas au top de ma forme...

Contente je suis d'entendre la voix de la directrice lorsque je réponds au téléphone qui sonne. Autant l'expérience maîtresse fut catastrophique en cette commotion d'enfance, autant l'expérience directrice est chaleureuse et humaine. Et vu les circonstances c'est un petit exploit!

Je dois maintenant gérer cette rentrée progressive scolaire entre deux blocs opératoires, trois rendez-vous médicaux et le retour de la routine des rendez-vous à l'IRDPQ. #Fun

La bonne nouvelle est que je peux désormais faire quelques pas sans béquilles. Party!

Ça fait un mal de dragon. Mais lorsque l'on sait que la douleur ne tue pas, c'est juste un autre détail à gérer.

Je reste "pognée" à la chaise roulante pour des distances de plus de 20 mètres à la fois. Ceci dit, je suis un peu plus mobile chaque jour...

Bref, je suis pas sortie du bois et le chemin est périlleux. Heureusement que le lac fait une clairière limpide où se ressourcer l'esprit...


Mercredi matin: Miss Soleil se lève en me disant:

 - Maman, j'ai rêvé à l'école. J'ai rêvé du mieux et du pire...

S'en suit donc une discussion sur ce qu'est le pire et ce qu'est le meilleur de la future rentrée en son esprit encore commotionné.

Son mieux n'est pas réaliste au présent mais son pire n'arrivera pas au futur. Je lui explique que le réel est une sorte de mélange entre le pire et le meilleur, tu shakes le tout et ça fait un smoothie de réalité.

S'en suit une décomposition totale de son esprit au réel, mi révolte, mi crise de panique qui lui fait perdre la carte.

Père et mère conjugent leurs efforts avec amour, tendresse et fermeté pour l'aider à se sortir de ce funk mental.

Une heure plus tard, je suis vidée mais on a réussi à traverser la tempête. Ouf! Elle a repris ses esprits...

Mais elle a besoin de "daddy time" qu'elle voit beaucoup moins depuis son retour au bureau. She's a daddy's girl and that's fine with me...

Alors il rate ses rendez-vous matinaux et il lui donne la priorité de sa vie à l'équilibre de son enfance.

Ensemble, ils partent au IGA pour ravitailler la cuisine où je n'ai pu mettre un pied depuis une semaine.

On a sauvé la journée de l'enfant, et la nôtre par la même occasion, mais l'homme rentrera tard du bureau ce soir. Ainsi shake le smoothie de la vie...


Shake le smoothie de la vie (et les émotions parentales) en coin de lac...

jeudi, juin 16, 2016

Il y a de ces semaines qui glissent entre les doigts, celle-ci a glissé de rendez-vous médicaux en rendez-vous médicaux, entrecoupée d'école à domicile. On s'y adapte plus qu'on ne s'y habitue. Mais le beau temps est revenu!

Cette fin de semaine, on ouvre de nouveau notre Pop Up Pastry Shop dans le cadre de la grande journée des petits entrepreneurs. Mère à la pâte, fille qui frit...

Miss Soleil est trés impliquée en son projet qu'elle mêne avec un mignon professionnalisme. Elle nous embauche en son entreprise éphémére et elle sait ce qu'elle veut!

Mère à demeure

Depuis la "commo" de ma puce, je ne compte plus ces journées où je ne suis que maman. Ces journées où je m'oublie totalement pour le bien de mon enfant.

Des journées qui nourrissent la mère et qui enferment la femme en cage. Ces journées là, je lâche prise sur mon individualité. Fuck l'individualisme!

La semaine dernière, j'ai eu une longue discussion avec la neuropsychochologue qui suit la Miss en sa "commo. Non seulement elle a répondu patiemment à mes divers questionnements mais en plus elle les a éclairé. Puis elle m'a fait un sérieux discours sur sa confiance en moi qui, sur le coup, m'a subtilement ébranlée.

Elle m'a expliquée comment j'avais un parfait contrôle de la situation présente et comment elle savait que je ne ferais jamais rien qui puisse nuire à mon enfant. Je l'ai remerciée et j'ai continué de réfléchir sur le sujet. Elle avait définitivement mis le doigt sur quelque chose qui continuait de me chicoter les entrailles.

À force d'y penser, j'ai réalisé qu'elle avait juste mis le doigt dans mon propre vide parental. Ce sont mes idéaux et mes volontés qui guident ma parentitude. Mais j'y vais un peu à l'aveuglette, à l'instinct, à contre-exemple. J'imagine que j'ai la chance d'avoir hérité d'un fort instinct maternel. Ou s'est-il juste développé en les absences parentales de mon enfance?

Je ne sais pas d'où il vient mais je ressens bien combien il est là, ancré en moi. En chaque fibre de mon être. Combien il m'habite et me possède. Ces sensations instinctives générent en moi des forces intérieures qui me permettent de garder le cap.

Un jour, l'enfant sera femme et elle pourra, elle-même, me dire ce qu'elle en sait de sa vie à mes côtés. D'ici là, elle profite de son enfance de lac et l'on fait de notre mieux pour la protéger du pire que la vie peut offrir...

Une vidéo publiée par @etolane le

Mère sévère mais complice

Je choisis consciemment de profiter de ces moments complices mère/fille qui jaillissent au fil de ces journées là. J'apprécie ces instants d'harmonie où notre relation se tisse en profondeur. L'on discute beaucoup, de tout. Je réponds à toutes ses questions. Sans tabou.

En ces moments que l'on passe ensemble, je sens se solidifier notre relation. Je ne peux qu'espèrer que cela nous soit un jour utile. Notamment pour l'adolescence!

Comme se révèle utile l'apprentissage acquis des suites de l'accident qui me paralysa à douze ans (et toute cette force acquise au cours de mes différentes épreuves de santé). Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort... #WeAreStrong

Pour finir cette semaine fuyante avec un brin d'inspiration, l'on ira, de grand matin, voir ce qui se passe du coté des matins créatifs. Un concept collectif qui nous fait tripper et qui ne nous déçoit jamais. En fait, je suis même un peu accro aux Matins Créatifs de Québec et, présentement, je suis carrément en manque...

Une habitude de couple mensuelle que l'on a perdu depuis ma tumeur de bras estivale et la commotion cérébrale hivernale de la puce. Cette semaine, nous y retournons après une longue absence et, pour une première fois, Miss Soleil nous y accompagnera!


Une anguille de semaine...

samedi, juin 11, 2016


Mère morte de rire alors qu'elle demande à l'homme d'être pour la journée le commandant en chef de la police familiale et que la Miss se révolte avec passion. Rébellion féminine en cours.

Retournée par l'idée, Miss Soleil refuse le concept du jour et demande du coup le congé de toutes disciplines parentales. Anarchie du jour, bonjour!

De son côté, l'homme est mort de rire lorsqu'elle me supplie de garder mon poste en place et de la discipliner alors qu'elle pousse les limites sous mon nez. Paraît que je suis la meilleure pour le poste!

Pendant ce temps, l'homme m'explique que c'était en ce contrat invisible que j'ai signé du sang de ma maternité. Ben voyons! Ça devait être écrit en tout petit car j'y ai rien vu passer! Je suis devenue shériff malgré moi!

Évidement quand on a un papa cool et joueur, c'est pas super le fun quand il devient le shériff en ville. Mais ça devient vraiment le fun pour la mère!

Ceci est un test. Aujourd'hui, je ne suis que l'assistante du shériff. Je suis sur appel. Je n'interviens que lorsqu'il a besoin d'aide.  En back up. Sinon, je me la coule douce.

Le shériff, pas super satisfait de son sort, commence sa journée mollo avec l'application d'une heure de jeu libre. À suivre...


Nouveau shériff en ville... #brèvedujour

lundi, mai 30, 2016

Depuis des mois, j'ai le coeur à l'envers de voir la puce pleurer et sangloter ses souffrances de "commo". Mon coeur saigne de la voir ainsi souffrir.

J'ai le coeur à l'envers de réaliser qu'elle a plus pleuré en ces quatre derniers mois qu'en ses dix ans de vie.

Elle souffre physiquement et psychologiquement de son état présent. Elle prend une forte médication. Chaque jour possède son lot d'épreuves avec cette blessure qui nuit à son quotidien. Ainsi j'ai mis ma vie en pause avec la sienne.

L'invisibilité de sa blessure la met en une position difficile. Elle vit des émotions que je trouve bien dures pour ces dix ans.

Des émotions qui lui charcutent l'innocence. Des émotions qui me transpercent de l'intérieur. Je savais que je ne pourrais pas toujours la protéger mais je ne m'attendais pas à tant si tôt. Je ne peux qu'espérer l'accompagner adéquatement afin de l'aider à traverser au mieux cette épreuve en sa vie.

Chaque jour, je fais de mon mieux pour la consoler, l'encourager, la stimuler, la distraire, la réconforter. L'épreuve est familiale...

Une épreuve que j'ai pu accepter grâce à mon expérience personnelle mais qui est beaucoup plus difficile à accepter pour son père qui a le cœur tout aussi a l'envers que moi.

Miss Soleil récupère à pas d'escargot. Elle qui est habituée à vivre à la vitesse d'un lièvre se morfond de sa situation. Sa vie est en pause. Ses repères d'enfance ne sont plus. Tout s'est arrêtée pour elle le quatre février dernier.

Même si elle n'a rien perdu de ses capacités cérébrales ou physiques, elle a tant perdu de son endurance et de sa force qu'elle ne peut plus les exploiter. Elle ne se sent plus elle-même et cela nous brise le coeur quand elle nous l'explique.

Elle doit apprivoiser chaque nouvelle activité que son équipe médicale lui permet avec discipline et limitations. Les bleus de son cerveau bleuissent ses jours et l'on se plie en huit pour les colorer de rose.

Suivi de "commo"

Le 10 mai dernier s'est déroulée notre rencontre mensuelle avec toute l'équipe médicale en charge du dossier de la Miss à l'IRDPQ. On se retrouve devant un panel d'experts qui nous examine pour plus d'une heure de discussion.

L'on commence à bien en connaitre certains, comme la travailleuse sociale qui s' est remise de l'expérience où j'ai pissé le sang dans son bureau et suis repartie en ambulance. Ou la neuropsycho qui voit la Miss quasiment toutes les semaines depuis des mois.

La docteure que l'on voit moins souvent m'inspire confiance. Elle a le regard franc. Elle s'adresse à l'enfant comme à un être intelligent.

Elle commence par faire parler la puce. Articulée, Miss Soleil explique clairement où elle en est dans ses symptômes.

Ensuite la mère (qui passe tout son temps avec l'enfant) articule ses pensées réfléchies sur le sujet. Le père ajoute au besoin. L'on se sent en confiance.

Cela fait du bien de se sentir écouté et considéré. L'on ne sait pas comment on y arriverait sans eux pour nous épauler.

Les dangers de la cour d'école

Le quatre février dernier, un garçon reconnu pour sa violence dans la cour d'école a violemment percuté la Miss. Il l'a plaquée contre un poteau de fer congelé. Elle a dû lui dire qu'elle n'arrivait plus à respirer pour qu'il se dégage.

Le coup a été assez puissant pour bien faire dérailler ses jours. L'on a maintenant arrêté de compter les semaines. L'on compte maintenant les mois. Et l'on prie pour une récupération complète.

Ceci a entraîné toute une saga avec l'école entre la maîtresse incompétente, la directrice compétente et la mère mécontente.

La maîtresse, par son incompréhension (et stupidité), a contribué à aggraver les symptômes de la puce lors de l'essai de retour progressif dix jours après le coup initial.

Non seulement elle n'en a pris aucune responsabilité ni nouvelle mais elle a eu le culot de me raccrocher au nez lorsque je lui ai mentionné d'un ton raide que je lui avais confié mon enfant et que je n'étais pas du tout satisfaite du résultat.

Les parents du garçon responsable ne sont jamais manifestés. La directrice qui ne peut punir rétro-actif a laissé passé l'affaire sous silence...

La directrice a dû enquêter plusieurs jours afin d'avoir la vérité sur ce qui s'était passé, le garçon qui a fini par se confesser n'en a retiré aucune conséquence ni apprentissage pertinent. Ce qui ronge terriblement Miss Soleil aux prises avec un sérieux sentiment d'injustice.

Durant cette rencontre de groupe, les différents experts donnent leurs points de vue sur le sujet. Bilan de l'opération: l'équipe médicale est contente des progrès de la puce mais ne peut pas faire de promesses quant à la durée totale de la récupération. Il faut continuer le protocole de repos pour encore pour plusieurs semaines/mois.

La bonne nouvelle c'est que la Miss a enfin passé la phase dangereuse. En continuant nos efforts et nos disciplines quotidiennes, cela ne peut que continuer à mieux aller.

Si l'on imagine une pile d'énergie et que 10 était où elle se situait avant son coup sur la tête, elle est maintenant rendue à 3/4.

La mauvaise nouvelle, c'est qu'on est toujours pas sorti du bois. Ce que la puce a le plus perdu c'est son endurance...

Repos et ultra patience

En ces derniers mois à accompagner ma puce maganée, j'ai eu le temps d’approfondir mes connaissances en ce qui concerne sa commotion.

Comme j'en connais un bon rayon sur les traumatismes crâniens, on peut dire que j'étais outillée pour une telle expérience. J'ai pu me battre pour son bien et ne pas lâcher le morceau jusqu'à ce que je sois rassurée sur le fait que l'on était plus seuls à s'en préoccuper.

Je suis outrée du comportement immature de la maîtresse et reconnaissante du comportement adéquat de la directrice. Nous sommes soulagés de la maîtresse suppléante qui se révèle une crème. Elle redonne confiance en l'école à la miss pas mal traumatisée par le tout.

En recommençant à stimuler le cognitif avec l'école à la maison, elle doit se reposer beaucoup. Il lui faut un minimum de deux heures de sieste par jour pour avoir une journée "confortable". Parfois trois heures, les jours où vient la maîtresse. Et elle ne travaille que 40 minutes sur l'heure. On est pas rendu à une journée d'école complète sans crash!

Sans médication et discipline de "commo" on perd facilement le contrôle de ses migraines et là c'est vraiment pas beau. Elle veut d'ailleurs que j'écrive un texte qui témoigne de combien elle a souffert au cours des derniers mois mais je n'en ai pas encore eu la force.

Parents en action

Le docteur nous dit qu'on ne peut faire mieux que ce que l'on fait pour l'encadrer et la soutenir.

L'autre problème à surveiller est la dépression.

Ce n'est pas pour rien que j'ai l'impression de me transformer en coach de vie depuis des semaines (ou en GO selon les jours).

Ce n'est pas pour rien que l'homme est en train de grignoter ses congés pour rester avec nous, un ou deux jours par semaine. On bataille la maudite dépression qui rôde en ses pensées enfantines. On se soude pour mieux lutter. Les émotions de dépression qu'elle ressent engendrent de terribles sensations pour les parents que nous sommes.

L'inactivité la mine. Elle n'a jamais été aussi molle en son corps. Pour la première fois de sa vie, elle se dé-muscle et se sent mal dans son corps. Elle a perdu tous les repères de sa vie d'enfant de dix ans. Elle a continuellement mal à la tête. Un mal qui monte graduellement si l'on y prend pas garde!

Elle est hantée par le sentiment d'injustice vis à vis des conséquences qu'elle vit alors que ceux qui sont responsables de son état n'en ont aucune. Ses humeurs et son moral n'ont jamais eu tant de peine à ne pas tanguer, à ne pas sombrer. On en a conscience, on sait aussi combien cela l'aide quand on est tous les deux là, à s'en occuper.

Son état présent demande beaucoup d'attention. Beaucoup d'attention, de patience, de présence, de tendresse, de raison et de discipline de repos. On a encore l'espoir qu'elle puisse rentrer à temps plein en septembre à l'école même s'il reste la possibilité qu'elle n'y retourne qu'à mi-temps pour commencer.

Ce que l'on entend des dires de l'équipe, c'est qu'en continuant comme l'on fait, l'on peut espérer une récupération complète qui ne mettra pas son futur en jeu. Alors on lâche pas, on s'accroche! On se soude et on affronte...

Être bien encadrés allège un peu le poids de l'épreuve

Chaque semaine, à l'IRDPQ, Miss Soleil rencontre Lynda, sa neuropsycho qui l'évalue et la guide en ses méandres de "commo". Cela l'aide et l'encadre beaucoup. Elle lui donne plusieurs outils pour mieux gérer ses migraines et ses émotions perturbées.

Pendant ce temps, nous discutons avec Louise, qui a pour mandat de nous aider en l'adaptation parentale de la chose. Cela nous fait un bien fou. Ensuite Louise et Lynda se rencontrent pour parler de nos cas. Régulièrement toute l'équipe se rencontre pour discuter de ce dossier que nous sommes.

Plus ça dure et plus c'est dur à avaler pour son père. Plus ça dure et plus c'est dur pour la puce de contrôler ses humeurs noires. Plus ça dure et plus j'accepte ce qui est.


En ma vie qui s'allonge, j'ai appris à accepter ce que je ne peux changer. Je ne peux pas changer l'état de sa commotion cérébrale/traumatisme crânien  mais je peux participer à sa récupération de façon constructive. Ce à quoi je m'applique. Jour après jour. Semaine après semaine. Mois après mois.

Si les docteurs me répètent que c'est une question de patience et que son avenir n'est pas en péril, je choisis de les croire. D'avoir la foi. De la cultiver et la nourrir. Son présent est en pause et la responsabilité que je ressens présentement est immense. Intense. Éprouvante.

Rendu au cinquième mois de l'histoire arrive, selon moi, la phase de l'endurance. Il faut continuer d'endurer et de ne pas lâcher. Garder le cap en vue. Alors, l'IRDPQ devient une sorte de phare qui luit dans la tempête...


L'enfance en commotion...

mardi, avril 26, 2016

Tout en faisant sa vinaigrette, la puce explique la vie à son père: "À partir de 13 ans, je serai une pré-femme mais avant ça je suis une fillette!".

Pendant que père et fille discute de l'être féminin, la chienne dans le salon lave, avec cœur, les oreilles du chat (qu'elle a longtemps allaité).  Je les observe du coin de l’œil. Amusée. Aucun doute à avoir, ce chat a définitivement les oreilles les plus propres du quartier!


Brève du soir, bonsoir!

mardi, avril 19, 2016


Je tombe sous le charme de ces dessins qui me piquent le coeur.

J'étudie avec curiosité ce phénomène magique en ma maison. Ce lien invisible qui me fascine malgré moi.

Invisible et pourtant si perceptible à la mère sans père qui l'observe...

C'est une magie que j'ai perçu dès la naissance de ma fille. Dès ce premier moment où il l'a posée contre la peau nue de son torse paternel.

À ce moment précis, je l'ai senti instantanément aimer ce bébé tout juste sorti de mon ventre.

J'ai senti son amour paternel l'enrober de son invisible magie (tandis que la docteur me recousait là où ça déchire, je les regardais avec curiosité).

Depuis une décennie, j'observe ce lien qui se tisse entre eux. Il me fait du bien, il baume cette cicatrice en mon cœur. Il me donne l'impression d'avoir cassé un cycle malheureux...

Mais il est où est ton père?

Alors que je lis ce texte de Nicole Nicole Bordeleau, je comprends d'un coup combien j'utilise la colère que je ressens pour changer mes situations existentielles. Et je me rappelle de ma première colère noire.

Je savais bien que contrôler ses colères étaient utiles mais je n'en avais jamais trop réalisé le pourquoi du comment! En cette lecture, quelque chose se précise en mes neurones attentifs...

La première fois que j'ai violemment ressenti, avec rage, une colère noire, j'avais cinq ans. J'étais en l'un de ces rares week-ends en visite chez mon père. Cet inconnu avec lequel je passais si peu de temps.

Ce week-end là, je l'avais passé majoritairement avec une belle - mère sans affection. Il y avait un coffre de jouets dans le salon. Celui de sa fille, âgée de quelques années de plus que moi. Mais celle-ci n'était pas là. Et je n'avais pas le droit d'ouvrir le fameux coffre.

Au bout de deux jours, ce coffre fermé m'enrageait tant que j'en ai ressenti, pour la première fois de ma vie, une vive colère. Qui m'a profondément troublée. Je suis rentrée chez ma mère-grand subtilement perturbée. C’était le début de la fin.

Le mois suivant, le week-end fut encore plus dramatique. Ledit père décida de me laisser seule en son pré de chèvres tandis qu'il allait faire un truc quelque part. Il me plante là en me disant de garder ses chèvres qui broutent. Je me souviens l'avoir regardé avec extrême stupéfaction. Les chèvres étaient plus grandes que moi. Heu... et d'habitude c'est les adultes qui me gardent pas moi qui garde les chèvres!

Il me plante là avec mon tourbillon de réflexions turbulentes. Incapable de bouger d'un poil. L'esprit ultra alerte. Le coeur battant la chamade. J'ai 5 ans et je suis seule au milieu d'un pré de chèvres qui bêlent. Stupéfaite. Évidement, alors que je suis figée de surprise, je vois une chèvre prendre le large et s'enfarger dans les fils barbelés. Je ne bouge pas. Je suis paralysée de stupéfaction devant toute cette situation. Je veux rentrer chez moi. Là bas, chez ma grand-mère.

Arrive le père qui remarque le problème de la chèvre mal prise. Et voilà que je me prends une morale de chèvre, pourquoi j'ai pas bougé, blahblahblah. Je suis muette comme une carpe mais mon cerveau fonctionne à mille à l'heure et je suis en colère!

Sort alors sur le perron la belle - mère qui me gueule dessus. C'est le top du top. J'en ai plein mon casque. Je veux rentrer chez moi. Je ne dis rien. Muette, je les observe gueuler et s'engueuler.

J'attends que vienne le temps qu'on me ramène chez moi. La nuit venue, alors qu'ils sont endormis et que j'écoute les étoiles, je me dis que trop c'est trop. Ma colère est ultime. Je pars. Je sais où est la cabine téléphonique et je connais le numéro de téléphone de ma grand-mère. En pas de sioux, je sors de la chambre, je sors dehors. La nuit est vraiment noire.

Je réalise alors que je n'ai pas de pièce et que je suis toujours trop petite pour atteindre le combiné. Je retourne dans la chambre. Enfin arrive le matin. Je ne dis plus rien jusqu'à ce que l'on me ramène chez moi. Ma colère me dit que c'est la dernière fois que je me retrouverai en une telle situation. Et elle a raison.

Le mois suivant lorsque le père revient me chercher pour le week-end, ma colère est froide, réfléchie. Je l'utilise pour faire la plus grosse crise que j'ai jamais osé faire dans ma vie. Je refuse de repartir avec lui. Ma mère est si outrée de mon comportement qu'elle lui pose un ultimatum. Il ne m'emmène que s'il arrive à me calmer!

Il me prend à part. Il me regarde dans les yeux. Je l'écoute. Il me dit:

- Écoute, tu es une grande fille. Tu comprends les choses. Si tu ne viens pas calmement avec moi, je ne reviendrai plus te chercher. 
- Je ne veux pas aller avec toi. 
- Fais bien attention, si je pars aujourd'hui, c'est la dernière fois que tu me verras. Je ne reviendrai plus jamais te chercher. 
- Je ne veux pas aller avec toi. 
- Tu es sûre? Là je pars et je ne reviendrai plus jamais... 
- Je ne veux pas aller avec toi. 

Ainsi il est parti et il n'est jamais revenu. J'avais cinq ans et la colère avait guidé mon choix. Je ne voulais plus vivre les expériences désagréables que je vivais avec lui. Les expériences désagréables faisaient la norme de mes visites avec lui et je ne ressentais aucune relation sentimentale entre nous.

Sans le savoir, ce jour là, j'ai utilisé la colère, pour la première fois de ma vie, afin de changer une situation qui ne me convenait pas.

J'ai porté la responsabilité de ce choix depuis mes cinq ans. J'ai grandi, puis vieilli, en l'assumant.

Longtemps, durant mon adolescence, je me suis demandée ce qui était le plus dommageable à l'esprit: l'absence ou le traumatisme?

J'ai vécu l'absence paternelle en toute conscience de la chose. Cependant, je suis persuadée que cela m'a évité plusieurs traumatismes psychologiques.

La relation avec ma mère s'étant révélée plus traumatique que constructive, j'avais déjà assez d'un parent immature à gérer.

Deux auraient certainement fait déborder mon vase trop plein.

 Je n'ai pas de père mais elle oui!

Ceci dit, je sais aussi que je ne connaîtrai jamais la magie affective de ce lien qui unit les pères aimants à leurs filles adorées.

Je suis heureuse que ma fille la connaisse, la ressente et la vive au quotidien. Je suis heureuse de faire partie de l'équation familiale de ce phénomène particulier.

Je les regarde s'aimer et j'apprends beaucoup de leur relation. Je m'enrichis le cœur et l’esprit. J'apprends ainsi à mieux percevoir et comprendre ce qu'est le rôle d'un père dans la vie d'une fille. J'apprends de ce que je n'ai jamais connu et je choisis d'en voir la lumière au bout du tunnel...

Paternité sens dessus dessous...

jeudi, février 04, 2016

Hier soir, la Miss grattouille la guitare. Intriguée par cette subite pulsion, je lui propose de chercher un cours de base sur Youtube.

Elle trouve l'idée intéressante. Je déniche la vidéo idéale pour lui apprendre quelques bases. Elle pratique durant une heure et je suis pas mal impressionnée du résultat.

 Avec ses dix ans, je la vois évoluer à vitesse grand V. Son identité se forme. Son caractère se forge. Elle vient de nous mais elle ne nous appartient pas.

Nous sommes les protecteurs, les guides de son enfance. Nous sommes à la base de sa fondation mais un jour, elle volera de ses propres ailes.. Elle sera une femme libre de ses actes et décisions. Et ce jour là arrivera trop vite pour nous.

 C'est fascinant d'observer un petit humain devenir grand. Difficile sur le coeur de maman qui doit sans cesse s'adapter à l'évolution en cours. Et en même temps si enrichissant à l'âme. C'est un processus humain qui donne aussi au parent la possibilité de mûrir. L'occasion d'approfondir ses compréhensions de la vie. Et de mettre en pratique ce qu'il en apprend...

L'être parent...

jeudi, janvier 28, 2016

Dernièrement, out of the blue, en allant chercher ma puce à l'école, elle m'a dit: "Ce serait vraiment dur pour vous, hein maman, si je me faisais kidnapper comme vous avez que moi comme enfant?" Ouf! Juste d'y penser j'en ai frissonné d'horreur.

N'est-ce pas d’ailleurs la hantise de tout parent aimant? Perdre trace de mon enfant est la pire chose que je puisse imaginer. Tant que je préfére éviter d'y penser. Mais je n'évite pas de penser à tout ce que je peux faire pour en éviter la possibilité.

On en a donc profité pour discuter des différentes façons d'éviter ce genre de situation. Une conversation riche en scénarios où j'ai exploré diverses possibilités. Sans craindre de la traumatiser.

Car je crois cette philosophie qui dit que lorsque l'enfant est en âge de poser une question, il est en âge d'en entendre les vraies réponses. Celles qui lui permettront de mieux grandir.

J'ai évoqué toutes sortes de possibilités, depuis les risques de rencontres malveillantes sur Internet, en passant par les mauvaises fréquentations ou une consommation d'alcool délurée. Sachant qu'elle est déjà bien consciente des excuses d'inconnus/connus pour embarquer une fillette dans sa voiture. Je pense que c'est une discussion qui nous a toutes les deux fait du bien.

Je n'ai cependant pas osé lui avouer que si elle disparaissait de ma vie, je n'aurais sûrement plus la force de vivre...

Elle m'a posé cette question peu de temps avant que ne se déclare le battage médiatique autour de cette jeune fille dont la soirée avait bien ma tournée. En voulant échapper à l'encadrement parental et croquer à pleine dents en sa liberté individuelle, elle s'est mise en grand danger. Puis le danger l'a attrapée et a bien failli l'avaler toute crue!

Lorsque nos ados se mettent en danger...

L'appel à l'aide de son père sur les réseaux sociaux et l’intérêt médiatique qui en a rejailli a certainement contribué à la sauver in extremis du bourbier dans lequel elle s'était mise les pieds! Un si gros bourbier qu'elle s'est auto-punit! Ses parents ne peuvent maintenant plus que l'accompagner en son chemin de retour qui sera certainement ardu.

 Dieu merci pour elle et les trois autres jeunes filles qui ont été retrouvées en sa compagnie. Difficile de ne pas se demander où étaient leurs parents...

Je souhaite à Jade d'en avoir été le moins traumatisée possible et de pouvoir apprendre des leçons de cette malheureuse expérience. Je lui souhaite d'en grandir et d'en devenir plus forte. Et peut-être même de pouvoir, un jour, aider d'autres jeunes filles naïves à ne pas tomber dans les filets de ces prédateurs de la force obscure.

Son histoire a aussi mis en lumière ce coté obscur de notre société et j'espère que cela pourra réveiller quelques consciences. Changer quelques mentalités et peut-être faire évoluer notre société vers un meilleur où les jeunes filles ne sont pas exploitées comme des objets sexuels. Déshumanisées pour le plaisir de la perversité humaine...

Cette histoire me servira maintenant en mes discussions avec ma puce. Car je réalise que si l'on a déjà abordé le suicide adolescent en nos diverses discussions, l'on a encore jamais abordé le sujet de la fugue adolescence. Ce qui ne saurait tarder...

Quand Subito Texto est éducatif...

Miss Soleil est fan de l'émission des jeunes: Subito Texto. Elle m'explique qu'elle aime cette émission car cela l'aide à se préparer à ses années de secondaires. À essayer de mieux comprendre ce qui l'attend. Quand elle sera aussi grande qu'eux. Ce qui n'est pas fou du tout!

Elle me raconte souvent ce qu'elle en apprend et je trouve qu'en effet, elle y découvre un coté éducatif qui me plait. Celui lui permet de se poser des questions qu'elle me pose ensuite. Des questions importantes auxquelles je peux répondre et espérer en guider quelques réflexions. Comme ce fut le cas du suicide en les méandres de l'adolescence...

Tout comme j'ai commencé la préparation mentale de son primaire alors qu'elle commençait à parler et s'autonomiser, je prépare consciemment les bases de la communication qui nous servira en ces années complexes qui font le futur de notre relation mère/fille. Et je prie pour le meilleur...

Quand un fait divers devient une page qui s'ajoute dans le grand livre de prévention d'une maman...

jeudi, décembre 31, 2015

La fameuse tempête que toute la Province attendait est enfin arrivée, quelques jours après Noël, qui n'a pas été blanc pour grand monde au Québec...

En notre micro-climat de lac, nous sommes privilégiés et nous avons eu assez de neige pour que Noël soit blanc à point. C'était parfait...

Maintenant que le Québec a retrouvé sa couleur hivernale, on peut passer à autre chose. On peut passer à l'année prochaine...

Le compte à rebours a commencé. Comme à chaque année. Naître un premier janvier, c'est être vouée à effectuer, chaque nouvel an, deux bilans intérieurs. Plus les années passent et plus c'est pareil. Impossible d'y échapper..

Alors quitte à ne pas y échapper autant l'affronter. Passer au travers. Passer à autre chose. Cette année encore, la santé est au cœur de mon actualité quotidienne. L'année qui vient de me passer sur le corps a été éprouvante, je suis heureuse de la quitter.

Depuis la paralysie faciale qui est venue bouleverser mes jours en février 2011, ma vie a pris un étrange carrefour. J'apprends désormais à vivre avec les séquelles qu'a laissé derrière lui le virus qui est venu me grignoter le nerf facial.

Cet été, s'est ajoutée à mes mésaventures médicales une tumeur ovni qui m'a dévoilée les cotés obscurs du système hospitalier. Une expérience qui s'ancre en ma mémoire. La cicatrice que j'en garde s'estompe avec les mois qui passent. Mon doc de famille trouve, qu'au final, je m'en suis bien tirée sur coup là. La tumeur était fulgurante mais bénigne. C'est donc ce que je retiens pour en finir l'année. J'ai survécu à mon corps. Une autre année. Espérons que la prochaine sera plus douce avec ma peau.

Bilan des neuf ans d'enfance...

En 2015, Miss Soleil a vécu ses neuf ans avec une douceur qui m'a fait penser l'expression #SweetNine. Une expression que je ne suis pas la seule à avoir pensé si j'en crois le hashtag que je découvre en certains réseaux sociaux. Ce qui me conforte en cette sensation douce.


En ses 9 ans, je l'ai vu se développer en son individualité avec des réflexions sages et des compréhensions pertinentes. J'ai adoré accompagner ses neuf ans. J'espère que ses dix ans, qu'elle a fêté en novembre dernier, n'anticiperont pas trop vite la fameuse adolescence...

J'ai apprécié guider les différentes directions de cette douce année enfantine. J'ai même eu l'impression que cette année en était une de récompense parentale! Une année où l'on a eu la sensation de récolter les fruits de nos efforts et de les savourer.

En ses neuf ans, la Miss a continué de performer à l'école. Elle a décidé d'ouvrir un blogue. Elle a fait un été de radio en ma compagnie. Depuis cet automne, elle est reporter de son école pour le Journal municipal. Elle chante avec la chorale. Elle a gagné une médaille d'argent à la compétition de gymnastique à laquelle elle a participé cet automne. Un peu mystifiés les parents!

D'autant plus qu'en ces neuf ans, la discipline parentale a été minime, je n'ai pas souvenir d'avoir dû sévir. Rester ferme aura suffit à bien faire. Depuis que les dix ans ont sonné, par exemple, je dois serrer davantage la vis. Une transition s'effectue et je commence à la sentir passer. Mais j'en ai vu passer d'autres. Je suis prête.

Découvrir les beautés du Saguenay et tester les hébergements insolites du Cap Jaseux
fut l'occasion de belles escapades en famille.

Reste-t-il une dernière année à se sortir de l'enfance? Avant d'entrer en cette pré adolescence qui fait frissonner l'adulte qui s'en occupe? Je l'espère de tout coeur.

Une enfance que je couve comme une mère louve. Une enfance qui se dessine au coin d'un grand lac. Entre deux parents aimants. La vie n'est pas parfaite, ni rose tous les jours, mais on essaie de la rendre la plus harmonieuse possible, selon les épreuves et les bonheurs qui la composent.

En cette année 2015, nos escapades en famille au Saguenay et au Wanderlust de Mont Tremblant nous auront permis de nous aérer les idées en beauté et aventures.

De mon coté, explorer Anguilla et la Jamaïque (reportage à venir) m'aura permis de me rappeler que je suis encore en vie. Malgré une santé qui déraille. Une santé sur laquelle j'ai dû beaucoup travailler en cette dernière année. En verrai-je germer les fruits avec cette nouvelle année? Je le souhaite de tout corps.

Quel parent suis-je?

Par les temps qui courent, je découvre, via cette lecture, que je peux me reconnaître dans différents types de parents. Ce qui ferait de moi un parent caméléon qui s'adapte aux circonstances de la vie. Je me reconnais dans plusieurs types de parents. Sauf les tiraillés! Être parent ne me tiraille pas. Être parent me fascine et m'inspire.

Si j'en crois le système de catégorisation de ce bouquin, je suis majoritairement de type équilibriste mais je peux aussi être protecteur, néo-bobo ou autonomisant. Je n'aime pas les catégories et les moules. Aussi j'aime bien l'idée de pouvoir être caméléon. De faire sa propre sauce. De créer son propre moule.

Je me considère comme cool et sévère mais ce n'est pas une option de ce livre. Je crois cependant qu'il y a deux types de parents auxquels personne n'échappe. Celui de bon ou de mauvais. Entre ces deux notions existe un large spectre qui regroupe toutes sortes d'options et de nuances humaines. Et c'est l'enfant, une fois devenu grand, qui sera en mesure de déterminer de quel côté aura penché la balance. Pas le parent.

Je regarde grandir ma fille, en essayant d'être le meilleur parent possible. C'est une motivation qui m'entraîne à devenir meilleure. À me dépasser. Car si je veux être le meilleur parent que je puisse être, je dois être la meilleure personne que je puisse être.

C'est ainsi que la parentalité guide et façonne ce que je suis, ce que je deviens. De plus, la parentalité me donne la force de lutter et d'avancer, surtout lorsque ma santé me fait tourner en bourrique.


Je vois la parentalité comme un voyage au coeur de mon humanité. L'occasion de découvrir, d'apprendre et d'évoluer. Nope, être parent ne me tiraille pas les entrailles. Être maman me tire de l'avant. Vers cet avenir que je ne connaîtrai que par la trace que j'aurai laissée en l'histoire de ma fille et de ses enfants.

Mon présent est le passé de la femme qu'elle sera. J'espère juste laisser une trace qui inspirera plus qu'elle désespérera ou attristera. Plus le temps passe et plus je me dis qu'être parent c'est pas mal plus profond que juste mettre au monde un être humain et de le mener à sa majorité...

Let it be...