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vendredi, septembre 09, 2016

Photo père/fille sur fond de lac traitée avec différentes applications que je teste ces temps ci dont #DeepArtEffect qui reproduit le type de traitement de #Prisma. L'application tendance de l'heure...

Oh my Oh my! Miss Soleil revient toute fébrile de ses deux heures d'école matinales.

Une carte mystérieuse en son pupitre


Oh! M.Y G.O.D. La voilà toute retournée de cette aventure. Elle a trouvé un mot dans son pupitre ce matin après son jour manqué par l'IRDPQ hier...

Elle a comparé l'écriture avec toutes les filles de la classe sans succès. Oh my god. Oh my god. Elle est abasourdie de sa vie! 

Miss Soleil a refusé d'ouvrir cette carte mystérieuse à l'école. Elle a préféré rentrer en son cocon pour mieux en traverser les émotions. Nous sommes bienheureux de sa confiance en nous.

Tadam... Ouverture de carte mystérieuse. Et... Oh my god. Oh my god! C'est signé anonyme! Miss Soleil a un admirateur secret. Car selon elle, obligé, c'est un truc de garçon.

Pour en divertir les sensations qui la bouleversent, je lui dis "Ben vu comment t'es belle, je suis pas étonnée! Excuse moi de t'avoir fait si belle!"

Elle se remet les idées en place et rigole tout en me faisant un câlin. Et j'en profite pour lui expliquer qu'elle est chanceuse de recevoir un mot si mignon en son pupitre.

Il lui souhaite joliment une bonne journée et lui demande de deviner qui elle est. Dans même faire une seule faute de français. Je dis chapeau. Et Bravo.

Les malchanceux découvrent de leur côté des mots anonymes emplis de haine et méchanceté..

 Ce raisonnement arrive à la calmer un peu même si elle reste en feu. Du coup, je garde un coup la fameuse carte sur ma table de nuit. Histoire qu'elle reprenne ses esprits...

Elle la reprend en repartant en classe où ses copines meurent de curiosité à savoir ce que contenait la mystérieuse enveloppe à son nom. Déposée subrepticement en son pupitre durant son absence...


En mon fort intérieur, cela me rassure sur le sort des petits garçons de son école. Je suis encore choquée de ce qui s'est passé en février dernier.

Vu que le dernier qui fut ouvertement en "lovecrush" avec elle fut celui qui l'a pris en un coin de cour, durang une bagarre de fort où les garçons ont decide de s'en prendre aux filles et que ce sauvage miniature la plaqua assez sauvagement contre un poteau gelé pour que le cours de sa vie déraille sérieusement!

Assez sérieusement pour que l'on reprenne nos routines hebdomadaires à l'IRAQ. Sans que jamais les parents de ce mini sauvage ne donne signe de vie. Et pendant que leur complice de maîtresse protégeait cet enfant violent au détriment de ma fille. Oui, encore bien choquée je suis...

Le pire et le meilleur de son école primaire...

Sachant que cette semaine, elle s'est retrouvée seule dans les escaliers avec ce même sauvage et que si elle n'avait pas eu le réflexe de se coller contre le mur, elle aurait dévalée les escaliers aussi vite qu'il les déboulé. Ce qui aurait été le top du top!

Rentrée frisonnante de cette expérience à la maison avec son rapport d'enfance déstabilisée! De quoi nous troubler et le mentionner à l'école.

Aussi que cette deuxième semaine d'école (à temps partiel) se finisse avec un admirateur anonyme est pas mal plus sympa que de finir la semaine en "commo"!

Comme je suis en contact régulier, soit par courriel ou par téléphone, avec la directrice. Je discute avec elle de ces deux nouvelles. L'on sourit ensemble pour l'admirateur secret et l'on discute fermement du cas du sauvage. En arrivant à ne point se disputer. Ce qui est vraiment cool...

Celui-ci sera donc mis sous plus haute surveillance qu'il ne l'est déjà. Il sera averti par la directrice, une autre fois, qu'il est interdit de courir dans les escaliers. L'année sera longue...

Les parents que nous sommes restons ultra vigilant alors que la puce poursuit son processus de récupération de commotion cérébrale.

Retourner à l'école et en affronter le malaise


Cinquième rencontre de parents/maitresse en cette cinquième année de primaire qui débute. Une rentrée pas comme les autres. #vivreencommo

En ce qui nous concerne, ce n'est pas la première rencontre l'année! On croise la directrice, qui prend l'ascenseur de service avec nous, épatée de me voir remarcher si vite.

Il faut dire que la derniere fois que l'on s' est vues, il y a dix jours, j'étais en fauteuil roulant.

On peut ainsi copiner sans avoir à se disputer. Ce qui est plus agréable que notre dernière rencontre qui fut relativement houleuse...

Dans la classe, nonobstant mes maux physiques de l'heure, je ressens un malaise profond. Pourtant la maîtresse semble idéale.

Elle parle même de la condition de Miss Soleil en sa présentation. Ce qui est bon signe en ce qui concerne sa compréhension de l'invisible condition de santé de l'enfance que je lui confie. Avec une certaine réticence silencieuse.


Madame Lyna est humaine et semble avoir les mêmes valeurs éducatives que moi. Ce qui me rassure.

Elle adore la puce qu'elle trouve extraordinaire. Ce qui m'aide à m'ouvrir. Elle a conscience qu'elle n'est pas revenue à 100% de sa forme et en tient compte. Je n'ai absolument rien à dire de déplaisant sur son sujet à date.

Mais je garde, alors que j'écoute l'habituelle presentation aux parents, je réalise combien j'ai la maudite maîtresse de l'année dernière en travers de la gorge.

Elle aussi n'a eu aucun blâme pour son comportement indigne qui a, médicalement, aggravé le cas de la puce. Sans elle, on en serait peut-être déjà sorti au lieu de continuer à ramer en eaux troubles et tourmentées!

Malgré l'absence prolongée de Miss Soleil (arrêtée en février), ses difficultés des derniers mois et sa rentrée à temps partiel,

Miss Soleil commence l'année en tête de classe. Comme à ses habitudes. Ce qui semble fasciner sa maitresse.

C'est que je chôme pas quand j'élève! Je ne travaille pas pour des sous mais pour la prospérité de son futur...

Cette année, on apprend que la maîtresse ne donne pas de devoirs. C'est dans l'air du temps et, en sa condition présente, c'est bien. Cela lui donnera enfin ce temps qu'elle cherche pour nourrir son blogue. Comme elle se plaint souvent de manquer de temps pour le faire...

En ma "mamamitude", la vie est une école. Autant pour nous que pour elle. Pas grave si y'a plus de devoirs tant qu'il reste l'école de la vie pour se cultiver l'esprit!

Ceci dit, mon malaise persiste et je réalise à quel point j'ai perdu confiance dans ce système scolaire. Et combien je suis prête à me rebattre pour ma fille si nécessaire. Même en fauteuil roulant ou à moitié morte.

De son côté, Miss Soleil semble apprécier sa maitresse autant que celle-ci semble l'apprécier. Elle est si heureuse de retourner en classe que je m'en nourris pour maîtriser ma méfiance et mes angoisses.

Ce #LGG5 sur lequel je teste ces applications photos 
stimule mes idées créatives...

Respecter la tolérance de son corps


Ces derniers jours, mon genou en réparation me rappelle à l'ordre. Manifestement ce n'est pas parce-que je peux remarcher que je dois tant remarcher. Okay, i get it knee.

Si j'ai été ultra raisonnable les deux premières semaines en postopératoire.  Je l'ai moins été la semaine qui a suivi. J'ai régulièrement dépassété le seuil de tolérance de la douleur. Mais comme je sais gérer la douleur de façon effective, ce n'est plus elle qui m'arrête.

Alors lorsque mon genou régonfle et se déforme. Ma raison me fait une petite leçon intérieure. C'est bien beau de pousser la machine mais ça ne fait pas avancer le schimlblick!

La douleur remonte aussi haut que la première semaine et je me rends à l'évidence de la raison. J'accepte de moins marcher pour guérir plus vite et ne pas entraver le processus de guérison.



Passent les jours...

samedi, septembre 03, 2016

Petit à petit, mois après mois, Miss Soleil revient à la vie. Et cela me fait un bien fou.

Son quotidien a sévèrement déraillé en février dernier durant une récréation pas comme les autres...

Bienheureuse de retourner à l'école après des mois cloîtrée à la maison (malgré les restrictions ordonnées par sa condition de santé présente). Pour cette fillette studieuse, qui aime s'instruire, ne pas pouvoir aller à l'école est une véritable punition.

Le premier mois de sa "commo" fut un cauchemar éveillé. Un combat de guerrier invisible contre un méchant coup qui venait ébranler toute notre vie.

Particulièrement après ce jour où je l'ai récupérée plus bleue que blanche (sa peau fine en était translucide), à la sortie d'une matinée d'école où sa maîtresse n'avait absolument pas tenu compte des recommandations faites par la directrice (et nous-même durant une rencontre d'une heure) précédant un essai de retour en classe.

Un essai qui nous a explosé en pleine face au bout de trois jours de confiance mal placée!

Depuis, l'on ramasse les pots cassés par cette maîtresse indigne de ce nom qui se fout royalement de son sort.

Cette ignare femme à qui j'ai fait l'erreur de confier mon enfant fragilisé. Je m'en mordrais les doigts peut-être pour le restant de ma vie.

Ce midi, ne ressemblant à aucun autre, restera à jamais gravé en ma mémoire maternelle...

Ce jour là, j'ai récupéré ma fille en un tel état que j'ai bien senti monter la panique en mon cœur. Une panique sourde et hurlante à la fois. Une frayeur intérieure comme jamais je ne l'avais ressenti auparavant. Ce fut un sentiment puissant. Celui de préserver mon enfant en danger.

Par sa négligence et son incompétence, cette maîtresse venait de sérieusement aggraver son état de santé. Une sérieuse honte à mon sens. De quoi perdre la foi en bien des gens.

Ce midi là, Miss Soleil, si bleue en sa peau translucide, m'a expliqué, avec peine et misère, que son cerveau saignait. Elle se sentait si mal qu'elle avait sincèrement peur de mourir. Elle avait la nausée, des vertiges, et la sensation de s'évanouir. Tout à la fois.

Elle ne se sentait plus elle-même. Perdue en une brume mentale secouée par de violentes migraines, elle ne savait plus qui elle était. Elle était fracassée par cette blessure invisible qui lui tordait la cervelle.

Je l'ai confortée, je l'ai rassurée, je l'ai aimée. Je suis restée calme comme du marbre malgré ce feu silencieux qui me ravageait les entrailles.

Un appel téléphonique qui me met en une belle furie intérieure

Alors que je fais de mon mieux pour que Miss Soleil essaie de s'endormir (après avoir avalé un Advil), sonne le téléphone.

C'est la directrice qui m'apprend que la maîtresse s'est plainte en affirmant que ma puce a refusé de faire une évaluation le matin. Je manque d'exploser alors que geint mon enfant bleue en son lit. À une heure de l'après-midi!

Je réalise alors que je dois défendre l'intégrité de mon enfant souffrant. Cela me fâche tant que la lionne sort de sa caverne une autre fois. Rugissante.

Je lui rappelle en passant qu'il était strictement interdit de lui mettre une feuille d'évaluation sous le nez en sa condition de santé. C'est une question de bon sens!

Alors qu'on a le culot d'insinuer que ma fille fait de la comédie à l'école avec cette commotion, celle-ci se sent mourir en son lit. Et c'est de la comédie?

Je garde mon semi-calme par la force de ma maturité acquise au cours des épreuves de ma vie et de mes volontés instinctives à les surmonter.

Évidement, cette horrible expérience est suivie d'un rapide aller à l'hôpital. Puis c'est tout droit en direction de l'IRDPQ avec, en poche, un diagnostic de syndrome post commotionnel. Bien officiel et certifié.

Ensemble, dans la même galère...


Les trois premiers mois en cette galère commune, l'on se plie en douze avec l'espoir de recoller ses morceaux d'enfance explosée.

Par solidarité, on se prive de musique trois mois durant. Le temps que ses docteurs ne lui redonne le droit d'en écouter.

De mon côté, la priorité de mes heures est son bien-être. Mettre du rose en son noir. Plus rien d'autre n'existe en mes pensées bouleversées de maman déboussolée.

En cette épopée familiale, son père fait le pacte de ne pas se raser avant qu'elle ne soit guérie. Mais le bougre n'avait alors pas envisagé combien cela pourrait être long!

Les mois passent. La neige fond. Sa barbe pousse. Elle va beaucoup mieux qu'il y a six mois mais elle n'est toujours pas guérie. L'homme apprivoise sa barbe qui s'allonge...


L'IRDPQ comme une bouée de sauvetage dans une tornade d'émotions

La première fois où je suis sortie de notre première rencontre avec l'équipe en charge de la commotion de mon enfant, j'ai recommencé à respirer. Et inspirer. Et expirer. À grosses bouffées intérieures.

Cela faisait trois semaines que je vivais en apnée et j'étais sur le bord de me noyer! À l'époque, je n'imaginais pas encore l'habitude hebdomadaire à laquelle l'on devrait s'adapter...

Ceux-ci en ont même profité pour valoriser la lionne qui avait si bien su couver et protéger son petit (envers et contre tous)...

Ce jour là, j'ai su que nous n'étions plus seuls en cette montagne à gravir pour récupérer notre enfant entière et sans séquelles permanentes.

Et je ne me suis pas trompée. Depuis mars dernier, cette équipe médicale spécialisée nous soutient énormément, de multiples façons. Nous leur en sommes profondément reconnaissants.

La neuropsychologue en charge de Miss Soleil est une perle. Elle lui enseigne différents outils qui lui permettent ensuite de mieux négocier avec les difficultés de son quotidien.

Les parents que nous sommes faisons front, unis en cette tempête qui dure depuis le 6 février dernier, pour aider notre fillette de dix ans à récupérer, à se retrouver entière, à se sentir elle-même.

Je pense que nous avons fait un peu plus de la moitié du fameux long chemin de récupération en commotion. Il en reste encore un certain bout à tirer avant qu'elle ne puisse retourner à l'école comme avant, durant des journées complètes, la semaine durant.

Je suis très fière de ma puce qui a su comprendre et apprendre de cette épreuve qui l'a écrasée en plein hiver. Je la trouve forte. J'entends ses différentes réflexions et je me dis qu'elle n'a rien perdu de son intellect. Son endurance, par exemple, est un autre roman qui s'écrit au présent.

Je crains encore qu'elle n'en garde des séquelles mais je continue d'espérer le contraire.


Que savez-vous vraiment des commotions cérébrales chez les enfants?

En moyenne, 80% des commotions cérébrales se résorbent et se traversent à l'intérieur d'un mois. C'est un fait établi.

Pour le 20% restant, c'est plus compliqué, c'est pas mal au petit bonheur la chance. Cela va de trois mois à jamais....

L'une des plus grandes erreurs et  préjugés en ce qui concerne les commotions cérébrales des enfants et que cela guérit plus vite que chez les adultes. Parce-qu'il sont petits.

On le sait bien, les enfants ça récupère vite! Oui mais non, pas en cas de commotion. C'est une grossière erreur qui montre bien l'ignorance des gens sur le sujet.

Une commotion cérébrale se révèle plus grave chez un enfant que chez un adulte de par le fait que son cerveau est encore en développement. Ce qui n'est pas fou si on y pense bien. Faut juste prendre la peine d'y penser, un peu plus que trois secondes et quart..

Ce développement de cerveau en cours rend, en fait  cette blessure invisible d'autant plus sérieuse...

Mais voyons don' une commotion c'est pas si long!

samedi, août 27, 2016

Photo croquée par Vanou

Tellement heureuse que finisse cette autre semaine en fauteuil.

À noter que je suis rendue pas mal bonne, sur terrain plat et lisse. Comme les couloirs d'hôpital ou les corridors d'école. Je fais travailler biceps et triceps...

Mon genou gonfle et dégonfle selon mes excès de marche. Et y'en faut pas gros pour abuser! La douleur monte et descend selon mes abus. J'en fait le moins possible. Sauf quand vient le temps de sortir la lionne. Comme lorsque j'ai dû de nouveau la sortir pour faire respecter ma fille en cette rentrée qui approche.

En cette semaine passée, qui m'a semblée durer un mois, j'aurais fait un rapide vol au bloc opératoire. Genre Québec/New-York. La physio m'a décollée une vertèbre bloquée dans le cou. La Miss a repris le fil de sa routine hebdo avec sa neuropsycho. Et l'on se sera démené comme des bêtes pour rappeler le sérieux de notre situation à la directrice...

Back to school?

La situation surréaliste que l'on vit avec l'école depuis février dernier a fini par faire sortir le lion de l'homme. Jamais je ne l'ai vu si féroce que dans le bureau de la directrice.

Tous ceux qui le côtoient connaissent son pacifisme qui a charmé la bohème guerrière que je suis, il y a 17 ans. Hier la directrice a vu le lion...

La pauvre n'en finit plus de ramasser les pots cassés par l'incompétence de son employée l'hiver dernier. Une maîtresse qui a su briser le coeur de ma fille et me faire perdre confiance en son établissement.

Quand Miss Soleil nous rejoint avec la nouvelle maîtresse de l'année, je dois, une autre fois, faire remarquer que ma fille posséde une intelligence que je respecte. Et que je m'attends à ce que l'école respecte aussi. Je n'apprécie pas que l'on rabaisse l'intelligence des enfants sous prétexte qu'ils vivent en un jeune corps...

Deux heures chaotiques avec la directrice. Une heure à se disputer, une heure à essayer de trouver des solutions. Et pour la première fois, un peu plus de transparence de la part de la directrice.

Manifestement l'appel à la police aura fait effet même si la police ne peut rien faire car c'est trop tard (selon la policière a qui l'on a parlé durant une heure). Qui a elle aussi commencé par défendre la version de l'école et nous prendre pour des abrutis... pour finalement accepter d'entendre la version de la bouche de Miss Soleil et finir par admettre qu'en effet sa version était bien différente. Duh!

La version officielle étant que le garçon a pris notre fille en ses bras et qu'ils sont ensuite malencontreusement tombés contre la barrière!

Mais quiconque prend à coeur d'écouter le vécu de la puce en cet incident en comprend toute l'absurdité! Miss Soleil a désormais le même type de sensations, à l'échelle de ses dix ans, que toute fille violentée, et blessée, par un garçon.

Toute cette saga ne fait que me rappeler comment le monde adulte préfère se satisfaire de mensonges qui arrangent plutôt que de chercher à vivre dans la vérité...

Protéger notre fille

La directrice a assuré maintenant que tout sera fait pour que ce garçon n'approche pas la puce.

Toute la nouvelle école est avertie. Elle affirme aussi qu'elle compte le rencontrer lundi matin pour lui rappeler cette injonction. Il ne peut approcher Miss Soleil ni lui parler.

La puce en profite pour rencontrer la nouvelle maîtresse. Elle passe une grosse heure avec elle en sa nouvelle classe pendant qu'on s'engueule avec la directrice...

La nouvelle maîtresse a le regard franc. Ce que ne possédait pas la précédente. Au final, la décision revient à Miss Soleil car en notre éducation, c'est ainsi que l'on fonctionne.

Elle explique à la directrice que je lui montre la forêt mais que c'est à elle de défricher son chemin. La directrice est encore une fois impressionnée de comment elle est capable de s'exprimer...

Retourner à l'école ne comporte pas de défis intellectuels en son cas mais des défis sociaux et psychologiques.

Il y a aussi cette fatigue physique qui fait qu'elle peut tomber comme une mémé ou perdre le contrôle de ses émotions. Cette fatigue, si non contrôlée, est le début des augmentations de ses symptômes de fond de la commotion cérébrale qu'elle vit toujours. Sans même parler des maux de tête récurrents qui amplifient bruits et lumières...

Miss Soleil a décidé de retourner lundi en classe. Si elle ne se sent pas bien, elle pourra arrêter. Dans tous les cas, on s'adaptera. C'est elle la boss de sa vie. Je n'en suis que l'employé...

Ce qui est certain c'est que cette épreuve a éveillé de quoi en ses parents et qu'elle a totalement conscience de combien on se bat pour son bien...

Espérons que la semaine prochaine sera un peu plus douce que celle qui se termine ou la précédente ou encore celle d'avant et ainsi de suite jusqu'en février. Après tout, on a tous le droit de rêver...

Et toujours, dans le soir qui se couche, je rêve d'un monde meilleur où la vérité et l'intelligence sont valorisées et respectées...


Protéger l'enfance...

mercredi, août 24, 2016

Aller au bloc opératoire pour la quatrième fois en un an.

Être assez rodée pour ne plus en ressentir de peur inutile, juste de la frustration corporelle et une certaine fatigue intérieure. Je n'y vais pas de gaieté de joie mais j'en contrôle la colère. Je la raisonne.

Plutôt que de négativiser sur ce fait, je préfère positiver en créant ce petit vidéo qui me fait du bien au coeur. Elle me fait des dessins créatifs. Je lui fais des vidéos créatifs grâce à ce #LGL5 qui me stimule l'esprit.

Elle a dix ans et malgré le coup reçu, elle revient à la vie! On la retrouve un peu plus chaque mois. C'est long. C'est contraignant. C'est chiant. C'est sa vie depuis qu'un garçon lui a sauté dessus pour la plaquer contre une barrière de métal gelé dans la cour de récréation.

Elle a perdu de son endurance, elle vit beaucoup de migraines et parfois elle perd le contrôle de ses émotions mais elle n'a pas perdu sa capacité de penser. Au contraire, on dirait même que celle-ci s'est affinée.

Lorsque son protocole de "commo" est respecté, il est difficile de la percevoir. Mais dès qu'on y déroge, la "commo" nous rappelle sa présence avec force et fracas. On ne se laisse pas faire...

Durant ses six mois sans école, j'ai travaillé fort en ma "mamamitude" pour garder espoir. Pour garder le cap. Il nous reste encore quelques mois à tenir pour qu'elle s'en sorte complètement. On y croit encore. On lâche pas.

Et c'est pas une autre virée au bloc qui m'empêchera de la materner, de la guider et de l'accompagner en son enfance. #FoideMaman

 

Dix ans en son âme? Ou une âme immortelle en un corps de dix ans?

jeudi, août 18, 2016


Mardi midi: Cela fait des jours que je vois approcher la rentrée en me disant que je dois contacter la directrice d'école.

Plus les jours passent plus la puce me presse de questions sans réponses. Mais les jours étant ce qu'ils sont, je ne suis pas au top de ma forme...

Contente je suis d'entendre la voix de la directrice lorsque je réponds au téléphone qui sonne. Autant l'expérience maîtresse fut catastrophique en cette commotion d'enfance, autant l'expérience directrice est chaleureuse et humaine. Et vu les circonstances c'est un petit exploit!

Je dois maintenant gérer cette rentrée progressive scolaire entre deux blocs opératoires, trois rendez-vous médicaux et le retour de la routine des rendez-vous à l'IRDPQ. #Fun

La bonne nouvelle est que je peux désormais faire quelques pas sans béquilles. Party!

Ça fait un mal de dragon. Mais lorsque l'on sait que la douleur ne tue pas, c'est juste un autre détail à gérer.

Je reste "pognée" à la chaise roulante pour des distances de plus de 20 mètres à la fois. Ceci dit, je suis un peu plus mobile chaque jour...

Bref, je suis pas sortie du bois et le chemin est périlleux. Heureusement que le lac fait une clairière limpide où se ressourcer l'esprit...


Mercredi matin: Miss Soleil se lève en me disant:

 - Maman, j'ai rêvé à l'école. J'ai rêvé du mieux et du pire...

S'en suit donc une discussion sur ce qu'est le pire et ce qu'est le meilleur de la future rentrée en son esprit encore commotionné.

Son mieux n'est pas réaliste au présent mais son pire n'arrivera pas au futur. Je lui explique que le réel est une sorte de mélange entre le pire et le meilleur, tu shakes le tout et ça fait un smoothie de réalité.

S'en suit une décomposition totale de son esprit au réel, mi révolte, mi crise de panique qui lui fait perdre la carte.

Père et mère conjugent leurs efforts avec amour, tendresse et fermeté pour l'aider à se sortir de ce funk mental.

Une heure plus tard, je suis vidée mais on a réussi à traverser la tempête. Ouf! Elle a repris ses esprits...

Mais elle a besoin de "daddy time" qu'elle voit beaucoup moins depuis son retour au bureau. She's a daddy's girl and that's fine with me...

Alors il rate ses rendez-vous matinaux et il lui donne la priorité de sa vie à l'équilibre de son enfance.

Ensemble, ils partent au IGA pour ravitailler la cuisine où je n'ai pu mettre un pied depuis une semaine.

On a sauvé la journée de l'enfant, et la nôtre par la même occasion, mais l'homme rentrera tard du bureau ce soir. Ainsi shake le smoothie de la vie...


Shake le smoothie de la vie (et les émotions parentales) en coin de lac...

jeudi, juin 16, 2016

Il y a de ces semaines qui glissent entre les doigts, celle-ci a glissé de rendez-vous médicaux en rendez-vous médicaux, entrecoupée d'école à domicile. On s'y adapte plus qu'on ne s'y habitue. Mais le beau temps est revenu!

Cette fin de semaine, on ouvre de nouveau notre Pop Up Pastry Shop dans le cadre de la grande journée des petits entrepreneurs. Mère à la pâte, fille qui frit...

Miss Soleil est trés impliquée en son projet qu'elle mêne avec un mignon professionnalisme. Elle nous embauche en son entreprise éphémére et elle sait ce qu'elle veut!

Mère à demeure

Depuis la "commo" de ma puce, je ne compte plus ces journées où je ne suis que maman. Ces journées où je m'oublie totalement pour le bien de mon enfant.

Des journées qui nourrissent la mère et qui enferment la femme en cage. Ces journées là, je lâche prise sur mon individualité. Fuck l'individualisme!

La semaine dernière, j'ai eu une longue discussion avec la neuropsychochologue qui suit la Miss en sa "commo. Non seulement elle a répondu patiemment à mes divers questionnements mais en plus elle les a éclairé. Puis elle m'a fait un sérieux discours sur sa confiance en moi qui, sur le coup, m'a subtilement ébranlée.

Elle m'a expliquée comment j'avais un parfait contrôle de la situation présente et comment elle savait que je ne ferais jamais rien qui puisse nuire à mon enfant. Je l'ai remerciée et j'ai continué de réfléchir sur le sujet. Elle avait définitivement mis le doigt sur quelque chose qui continuait de me chicoter les entrailles.

À force d'y penser, j'ai réalisé qu'elle avait juste mis le doigt dans mon propre vide parental. Ce sont mes idéaux et mes volontés qui guident ma parentitude. Mais j'y vais un peu à l'aveuglette, à l'instinct, à contre-exemple. J'imagine que j'ai la chance d'avoir hérité d'un fort instinct maternel. Ou s'est-il juste développé en les absences parentales de mon enfance?

Je ne sais pas d'où il vient mais je ressens bien combien il est là, ancré en moi. En chaque fibre de mon être. Combien il m'habite et me possède. Ces sensations instinctives générent en moi des forces intérieures qui me permettent de garder le cap.

Un jour, l'enfant sera femme et elle pourra, elle-même, me dire ce qu'elle en sait de sa vie à mes côtés. D'ici là, elle profite de son enfance de lac et l'on fait de notre mieux pour la protéger du pire que la vie peut offrir...

Une vidéo publiée par @etolane le

Mère sévère mais complice

Je choisis consciemment de profiter de ces moments complices mère/fille qui jaillissent au fil de ces journées là. J'apprécie ces instants d'harmonie où notre relation se tisse en profondeur. L'on discute beaucoup, de tout. Je réponds à toutes ses questions. Sans tabou.

En ces moments que l'on passe ensemble, je sens se solidifier notre relation. Je ne peux qu'espèrer que cela nous soit un jour utile. Notamment pour l'adolescence!

Comme se révèle utile l'apprentissage acquis des suites de l'accident qui me paralysa à douze ans (et toute cette force acquise au cours de mes différentes épreuves de santé). Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort... #WeAreStrong

Pour finir cette semaine fuyante avec un brin d'inspiration, l'on ira, de grand matin, voir ce qui se passe du coté des matins créatifs. Un concept collectif qui nous fait tripper et qui ne nous déçoit jamais. En fait, je suis même un peu accro aux Matins Créatifs de Québec et, présentement, je suis carrément en manque...

Une habitude de couple mensuelle que l'on a perdu depuis ma tumeur de bras estivale et la commotion cérébrale hivernale de la puce. Cette semaine, nous y retournons après une longue absence et, pour une première fois, Miss Soleil nous y accompagnera!


Une anguille de semaine...

jeudi, juin 09, 2016

Durant les trois premiers mois de "commo", Miss Soleil a été interdite de toute stimulation cognitive. Pas d'école, pas de télé, pas d'écran, pas de lecture, pas de musique.

Trois mois de cloître qui risquent de rester tatoués en nos cerveaux respectifs. Trois rudes mois...

Trois mois à jouer aux Playmobils et à se reposer sans cesse. Trois mois avec des symptômes régulièrement intenses. Trois mois à protéger mon louveteau blessé.

Trois mois que l'on se rappellera longtemps. Et je passe sur le sujet des tourbillons d'émotions et changements de personnalité. Un roman en soi!

Le mois dernier, on a enfin passé la phase dangereuse de sa "commo". On a pu réécouter de la musique, regarder un peu de télé, reprendre la lecture et l'école à domicile.

En ce cinquième mois, les progrès se précisent. On est pas encore à 50% de récupération mais on s'en rapproche...

Retrouver des repères d'enfance

Avec modération, elle peut reprendre le vélo et la trottinette. Sautiller dans le lac, faire du kayak. Selon les dispositions de sa maîtresse à domicile, elle étudie deux à trois heures par semaine. Petit à petit, elle se retrouve. Elle pète moins de coches et ses migraines semblent plus faciles à gérer.

Elle reste interdite d'école (pas à la maison) et de camps d'été. Elle dort encore beaucoup pour que ses symptômes ne la dépassent pas. C'est une discipline mortelle, selon ses perceptions, à laquelle elle se plie par raison mais sans cœur.

Elle peut recommencer à lire et à écrire. Elle est apte à plus d'activités et à un peu moins d'ennui. Mais que l'ennui fait partie de cette expérience de commotion!

Du coup, elle peut en exploiter tous les bienfaits...

Car elle s'est tant ennuyée ces derniers mois qu'elle a pu revivre le rythme des enfances desquelles on pleure l'extinction.

En ses repos, elle a écouté des dizaines livres audio grâce à cette application gratuite. Ce qui l'éduque. Après Heïdi, qu'elle a écouté en boucle pendant des semaines, elle est passée aux malheurs de Sophie. Elle s'est ensuite tapée toute la collection des livres de la Comtesse de Ségur.

Son top 3 étant: Quel amour d'enfant, Un bon petit diable et Les mémoires d'un âne. Si on lui demande quel est son auteur préféré, par les temps qui courent, elle répondra certainement La comtesse de Ségur!

Du coup, elle a eu un petit trip de faire une vidéo inspirée de ses livres audio avec l'un des livres de sa bibliothèque...


Il est vrai que l'ennui la rend créative et stimule son imagination. Surtout depuis qu'elle a passé la phase dangereuse...

Si elle avait moins mal et tendait moins à la déprime, ce serait presque la belle vie! Comme je lui mentionne: "En fait, tu vis comme les enfants qui partent faire le tour de monde avec leurs parents... sans le tour du monde...". Elle me regarde d'un air perplexe.

Elle a aussi tendance à ne pas trop s'ennuyer seule! Lorsque l'ennui attrape son moral pour en faire de la bouillie, je repars en bataille...

Ennui quand tu nous tiens!

Pour chasser l'ennui, je me fais GO (gentille organisatrice), on cuisine, on jardine, on rame, on papote, on échange, on se lie les idées semaines après semaines. Chaque jour, j'ai pour objectif de la faire sourire et de faire pétiller ses yeux durant quelques instants.

Mon amie Vanou, qui vient luncher avec nous, par ci par là, semble penser que l'on a retrouvé notre symbiose d'antan. De quand elle avait deux/trois ans, qu'elle allait si peu à la garderie et que je bloguais tant! C'est vrai qu'on a retrouvé certaines de nos habitudes d'avant l'école...

En ses ennuis latents, elle a pris un trip de couture, un trip de secrétaire, un trip de caissière. Elle s'est mise à créer des colliers qu'elle vendra au profit d'Enfants Soleil. Elle nous a embauché avec professionnalisme pour sa journée des petits entrepreneurs. Elle a essayé de domestiquer des fourmis et la semaine dernière, elle a adopté deux escargots!

Tandis qu'elle faisait du vélo, elle a sauvé Mollo et Tranquillo d'une mort certaine alors qu'ils essayaient de traverser la piste cyclable. Elle a ensuite recyclé la boite des fourmis en boite à escargots. Logique!


Au bout de deux jours d'adoption, elle a eu l'idée géniale de leur donner une maison. Ce qui a fait son après-midi de pluie!

Et j'avoue que sur ce coup là, je n'ai pu m'empêcher de participer activement à son trip du jour. Je n'ai pas résisté à croquer les escargots dans l'escalier!

Ce qui a eu le don de me remettre dans la tête une vieille toune de Leloup qui me faisait tripper dans ma vingtaine! J'en retrouve un vers d'oreille d'antan. L’occasion de se rappeler la fièvre du Loup?

Hier, elle a décidé de les relâcher dans la nature, elle voulait leur redonner leur liberté. On les a donc libéré et on les a regardé faire un centimètre en cinq minutes avant de passer à autre chose...

Les joies de l'ennui...

lundi, mai 30, 2016

Depuis des mois, j'ai le coeur à l'envers de voir la puce pleurer et sangloter ses souffrances de "commo". Mon coeur saigne de la voir ainsi souffrir.

J'ai le coeur à l'envers de réaliser qu'elle a plus pleuré en ces quatre derniers mois qu'en ses dix ans de vie.

Elle souffre physiquement et psychologiquement de son état présent. Elle prend une forte médication. Chaque jour possède son lot d'épreuves avec cette blessure qui nuit à son quotidien. Ainsi j'ai mis ma vie en pause avec la sienne.

L'invisibilité de sa blessure la met en une position difficile. Elle vit des émotions que je trouve bien dures pour ces dix ans.

Des émotions qui lui charcutent l'innocence. Des émotions qui me transpercent de l'intérieur. Je savais que je ne pourrais pas toujours la protéger mais je ne m'attendais pas à tant si tôt. Je ne peux qu'espérer l'accompagner adéquatement afin de l'aider à traverser au mieux cette épreuve en sa vie.

Chaque jour, je fais de mon mieux pour la consoler, l'encourager, la stimuler, la distraire, la réconforter. L'épreuve est familiale...

Une épreuve que j'ai pu accepter grâce à mon expérience personnelle mais qui est beaucoup plus difficile à accepter pour son père qui a le cœur tout aussi a l'envers que moi.

Miss Soleil récupère à pas d'escargot. Elle qui est habituée à vivre à la vitesse d'un lièvre se morfond de sa situation. Sa vie est en pause. Ses repères d'enfance ne sont plus. Tout s'est arrêtée pour elle le quatre février dernier.

Même si elle n'a rien perdu de ses capacités cérébrales ou physiques, elle a tant perdu de son endurance et de sa force qu'elle ne peut plus les exploiter. Elle ne se sent plus elle-même et cela nous brise le coeur quand elle nous l'explique.

Elle doit apprivoiser chaque nouvelle activité que son équipe médicale lui permet avec discipline et limitations. Les bleus de son cerveau bleuissent ses jours et l'on se plie en huit pour les colorer de rose.

Suivi de "commo"

Le 10 mai dernier s'est déroulée notre rencontre mensuelle avec toute l'équipe médicale en charge du dossier de la Miss à l'IRDPQ. On se retrouve devant un panel d'experts qui nous examine pour plus d'une heure de discussion.

L'on commence à bien en connaitre certains, comme la travailleuse sociale qui s' est remise de l'expérience où j'ai pissé le sang dans son bureau et suis repartie en ambulance. Ou la neuropsycho qui voit la Miss quasiment toutes les semaines depuis des mois.

La docteure que l'on voit moins souvent m'inspire confiance. Elle a le regard franc. Elle s'adresse à l'enfant comme à un être intelligent.

Elle commence par faire parler la puce. Articulée, Miss Soleil explique clairement où elle en est dans ses symptômes.

Ensuite la mère (qui passe tout son temps avec l'enfant) articule ses pensées réfléchies sur le sujet. Le père ajoute au besoin. L'on se sent en confiance.

Cela fait du bien de se sentir écouté et considéré. L'on ne sait pas comment on y arriverait sans eux pour nous épauler.

Les dangers de la cour d'école

Le quatre février dernier, un garçon reconnu pour sa violence dans la cour d'école a violemment percuté la Miss. Il l'a plaquée contre un poteau de fer congelé. Elle a dû lui dire qu'elle n'arrivait plus à respirer pour qu'il se dégage.

Le coup a été assez puissant pour bien faire dérailler ses jours. L'on a maintenant arrêté de compter les semaines. L'on compte maintenant les mois. Et l'on prie pour une récupération complète.

Ceci a entraîné toute une saga avec l'école entre la maîtresse incompétente, la directrice compétente et la mère mécontente.

La maîtresse, par son incompréhension (et stupidité), a contribué à aggraver les symptômes de la puce lors de l'essai de retour progressif dix jours après le coup initial.

Non seulement elle n'en a pris aucune responsabilité ni nouvelle mais elle a eu le culot de me raccrocher au nez lorsque je lui ai mentionné d'un ton raide que je lui avais confié mon enfant et que je n'étais pas du tout satisfaite du résultat.

Les parents du garçon responsable ne sont jamais manifestés. La directrice qui ne peut punir rétro-actif a laissé passé l'affaire sous silence...

La directrice a dû enquêter plusieurs jours afin d'avoir la vérité sur ce qui s'était passé, le garçon qui a fini par se confesser n'en a retiré aucune conséquence ni apprentissage pertinent. Ce qui ronge terriblement Miss Soleil aux prises avec un sérieux sentiment d'injustice.

Durant cette rencontre de groupe, les différents experts donnent leurs points de vue sur le sujet. Bilan de l'opération: l'équipe médicale est contente des progrès de la puce mais ne peut pas faire de promesses quant à la durée totale de la récupération. Il faut continuer le protocole de repos pour encore pour plusieurs semaines/mois.

La bonne nouvelle c'est que la Miss a enfin passé la phase dangereuse. En continuant nos efforts et nos disciplines quotidiennes, cela ne peut que continuer à mieux aller.

Si l'on imagine une pile d'énergie et que 10 était où elle se situait avant son coup sur la tête, elle est maintenant rendue à 3/4.

La mauvaise nouvelle, c'est qu'on est toujours pas sorti du bois. Ce que la puce a le plus perdu c'est son endurance...

Repos et ultra patience

En ces derniers mois à accompagner ma puce maganée, j'ai eu le temps d’approfondir mes connaissances en ce qui concerne sa commotion.

Comme j'en connais un bon rayon sur les traumatismes crâniens, on peut dire que j'étais outillée pour une telle expérience. J'ai pu me battre pour son bien et ne pas lâcher le morceau jusqu'à ce que je sois rassurée sur le fait que l'on était plus seuls à s'en préoccuper.

Je suis outrée du comportement immature de la maîtresse et reconnaissante du comportement adéquat de la directrice. Nous sommes soulagés de la maîtresse suppléante qui se révèle une crème. Elle redonne confiance en l'école à la miss pas mal traumatisée par le tout.

En recommençant à stimuler le cognitif avec l'école à la maison, elle doit se reposer beaucoup. Il lui faut un minimum de deux heures de sieste par jour pour avoir une journée "confortable". Parfois trois heures, les jours où vient la maîtresse. Et elle ne travaille que 40 minutes sur l'heure. On est pas rendu à une journée d'école complète sans crash!

Sans médication et discipline de "commo" on perd facilement le contrôle de ses migraines et là c'est vraiment pas beau. Elle veut d'ailleurs que j'écrive un texte qui témoigne de combien elle a souffert au cours des derniers mois mais je n'en ai pas encore eu la force.

Parents en action

Le docteur nous dit qu'on ne peut faire mieux que ce que l'on fait pour l'encadrer et la soutenir.

L'autre problème à surveiller est la dépression.

Ce n'est pas pour rien que j'ai l'impression de me transformer en coach de vie depuis des semaines (ou en GO selon les jours).

Ce n'est pas pour rien que l'homme est en train de grignoter ses congés pour rester avec nous, un ou deux jours par semaine. On bataille la maudite dépression qui rôde en ses pensées enfantines. On se soude pour mieux lutter. Les émotions de dépression qu'elle ressent engendrent de terribles sensations pour les parents que nous sommes.

L'inactivité la mine. Elle n'a jamais été aussi molle en son corps. Pour la première fois de sa vie, elle se dé-muscle et se sent mal dans son corps. Elle a perdu tous les repères de sa vie d'enfant de dix ans. Elle a continuellement mal à la tête. Un mal qui monte graduellement si l'on y prend pas garde!

Elle est hantée par le sentiment d'injustice vis à vis des conséquences qu'elle vit alors que ceux qui sont responsables de son état n'en ont aucune. Ses humeurs et son moral n'ont jamais eu tant de peine à ne pas tanguer, à ne pas sombrer. On en a conscience, on sait aussi combien cela l'aide quand on est tous les deux là, à s'en occuper.

Son état présent demande beaucoup d'attention. Beaucoup d'attention, de patience, de présence, de tendresse, de raison et de discipline de repos. On a encore l'espoir qu'elle puisse rentrer à temps plein en septembre à l'école même s'il reste la possibilité qu'elle n'y retourne qu'à mi-temps pour commencer.

Ce que l'on entend des dires de l'équipe, c'est qu'en continuant comme l'on fait, l'on peut espérer une récupération complète qui ne mettra pas son futur en jeu. Alors on lâche pas, on s'accroche! On se soude et on affronte...

Être bien encadrés allège un peu le poids de l'épreuve

Chaque semaine, à l'IRDPQ, Miss Soleil rencontre Lynda, sa neuropsycho qui l'évalue et la guide en ses méandres de "commo". Cela l'aide et l'encadre beaucoup. Elle lui donne plusieurs outils pour mieux gérer ses migraines et ses émotions perturbées.

Pendant ce temps, nous discutons avec Louise, qui a pour mandat de nous aider en l'adaptation parentale de la chose. Cela nous fait un bien fou. Ensuite Louise et Lynda se rencontrent pour parler de nos cas. Régulièrement toute l'équipe se rencontre pour discuter de ce dossier que nous sommes.

Plus ça dure et plus c'est dur à avaler pour son père. Plus ça dure et plus c'est dur pour la puce de contrôler ses humeurs noires. Plus ça dure et plus j'accepte ce qui est.


En ma vie qui s'allonge, j'ai appris à accepter ce que je ne peux changer. Je ne peux pas changer l'état de sa commotion cérébrale/traumatisme crânien  mais je peux participer à sa récupération de façon constructive. Ce à quoi je m'applique. Jour après jour. Semaine après semaine. Mois après mois.

Si les docteurs me répètent que c'est une question de patience et que son avenir n'est pas en péril, je choisis de les croire. D'avoir la foi. De la cultiver et la nourrir. Son présent est en pause et la responsabilité que je ressens présentement est immense. Intense. Éprouvante.

Rendu au cinquième mois de l'histoire arrive, selon moi, la phase de l'endurance. Il faut continuer d'endurer et de ne pas lâcher. Garder le cap en vue. Alors, l'IRDPQ devient une sorte de phare qui luit dans la tempête...


L'enfance en commotion...

dimanche, mai 29, 2016

Depuis qu'elle est commotionnée et à demeure (début février), la Miss doit au moins dire "Maman" plus de cent fois par jour.

Certains jours, où je suis plus fatiguée/irritée que d'autres, la centième fois me retourne la cervelle et je respire, j'expire, je respire, j'expire, j'inspire. Et je me parle...

Je me rappelle combien je serais triste et détruite s'il n'y avait personne pour m'appeler "maman" en ma vie. Combien sa présence en ma vie l'enrichit et la grandit.

En ces temps là, la mère et la femme se chicanent un coup mais c'est toujours la mère qui gagne. La femme retourne sagement en sa cage et la mère répond à l'enfant qui demande juste de l'attention en sa réalité pas cool de commotion cérébrale.

Par les semaines qui passent, sa condition physique s'améliore mais ses humeurs tanguent encore beaucoup avec son moral bancal.

La neuropsycho, qui la voit chaque semaine à l'IRDPQ, nous explique qu'il faut maintenant faire attention à ce que la charge émotive du vécu de son expérience présente ne ralentisse pas la progression de sa récupération. Alors je me transforme en coach de vie et GO de "club lac". Et chaque jour, l'on travaille à aller mieux...

Semaine après semaine en commo d'enfance...

jeudi, avril 28, 2016



Trois mois d'inactivité physique pour cause de commotion cérébrale. C'est la plus longue période où Miss Soleil n'aura pu faire aucun sport.

Je réalise que depuis qu'elle marche (à neuf mois), elle n'arrête pas de bouger et de s'activer. Elle aime le mouvement. Elle adore sauter, courir, faire des roues...

Elle déteste ne plus pouvoir bouger, ne plus pouvoir faire de gymnastique ou de ballet. Cela lui mine sérieusement le moral enfantin.

Son naturel sportif est extrêmement frustré de cette situation. Elle se sent ramollir et cela n'arrête pas de la désoler.

Alors qu'elle a enfin le droit de recommencer, progressivement, quelques activités physiques, de son propre chef, elle décide de faire du yoga quotidiennement.

Après l'une de ces méditations qui s’intègrent en ses aires de repos, elle déniche, elle même, quelques vidéos sur YouTube et s'installe confortablement dans le salon. Elle s'étire et s'assouplit avec un plaisir palpable qui me fait sourire.

 Après sa deuxième séance de salon, elle s'exclame d'un ton enthousiaste: "Ah! Ça fait trop du bien, j'étais vraiment constipée des muscles!"

Se déconstiper les muscles, un étirement de yoga à la fois...


Il neigeotte de bon matin et l'on se demande vraiment quand arrivera le printemps! Dans la grisaille du ciel persiste l'espoir de meilleurs jours. Le plus dur n'est-il pas supposé être passé?

Dans la cuisine se déroule l'heure d'école à domicile donnée par une sympathique suppléante. Depuis le 4 février dernier, notre quotidien a pris le rythme de la commotion cérébrale de la puce. Enfin la neuropsychologue qui la suit à l'IRDPQ a donné le go pour l'école à la maison. Deux heures par semaine...

Ce nouveau repère que l'on pose en cet univers de "commo" (qui m'aspire toute entière) m'allège un peu de ce poids qui pèse sur mes épaules. Les trois premières semaines après l'incident scolaire qui l'a bien blessée, le poids sur mes épaules était si lourd qu'il absorbait toute mon énergie vitale. Jamais je ne me suis autant battue pour le bien-être de mon enfant! Un roman en soi...

Notre entrée à l'IRDPQ m'a permis de respirer de nouveau. Je n'étais plus seule à me battre pour l'aider à retrouver sa santé! L'équipe médicale qui a pris en charge son cas est dévouée et nous inspire confiance. L'on se sent bien moins seul en notre galère.

La "commo" c'est poche longtemps!

Pour m'aider à la tâche quotidienne, l'homme prend plusieurs congés. Mes problèmes de santé n'aident pas à nous faciliter le tout. Il est en train d'y passer ses vacances d'été!

Un quotidien de récupération de "commo" c'est lourd et c'est pesant. C'est long et c'est contraignant. La discipline de repos semble bien injuste à la puce qui n'en finit plus d'avoir mal à la tête.

En équipe conjugale, l'on affronte avec détermination cette épreuve qui afflige notre enfant chérie. C'est une nouvelle expérience pour les parents que nous sommes. Le souci nous blanchit les cheveux mais on tient bon la barre.

Cette semaine, avec la reprise progressive de l'activité scolaire, débute enfin la stimulation cognitive. Durant trois mois, elle a été privée de toute stimulation cognitive. De quoi péter une ou deux coches pour la première fois de sa vie! Une autre expérience nouvelle pour notre parentitude...

Les animaux de maison ont participé à l'aider à se sentir moins seule en son épreuve. Pas de musique ni d'écran, pas de lecture ni d'écriture, pas de sports ni d'activités culturelles, rien que du repos, de l'ennui, des livres audio, de la méditation, des Playmobils, quelques visites amicales et des migraines à gogo. Mon cœur de mère n'a jamais autant souffert.

Alors qu'on entame le quatrième mois de "commo" l'on note une subtile amélioration de son état général. De celle qui nous permet de retrouver la musique et d'avoir un service d'école à domicile. Ce n'est pas flagrant mais c'est assez perceptible pour que je m'en nourrisse le cœur souffrant.

L'on espère (et l'on prie) qu'elle pourra reprendre l'école en septembre prochain sans séquelle aucune. Alors qu'elle a dû mettre sa vie en pause, j'ai réalisé à quel point c'était une enfant performante. Et je garde au fond de mes entrailles cette inquiétude trouble qu'elle ne puisse de nouveau exploiter son plein potentiel.

La peur profonde que ce potentiel soit diminuée par cette blessure révoltante me serre régulièrement les entrailles mais je refuse de la laisser monter à la surface. Je travaille à mettre en place un quotidien de récupération qui lui donne toutes les chances de se remettre complètement.

Quand l'école débarque dans le salon...

Je suis heureuse de la voir reprendre progressivement le travail scolaire en compagnie de la suppléante assignée à son dossier. Ses excellents résultats scolaire depuis la maternelle ont permis à la directrice de son école de certifier son passage en 5ième année dès le 15 février.

Madame Anne est dans la mi-vingtaine et, super coïncidence, elle est migraineuse depuis son enfance.

Du coup, elle comprend bien les maux de tête et l’incompréhension des autres face à ce type de problème. La Miss apprécie sa compréhension.

Durant le premier cours à domicile, je dois quand même remettre quelques pendules à l'heure et rappeler le contexte de la situation présente.

La maîtresse de classe ne semble toujours n'avoir rien compris à la situation lorsqu'elle en a discuté avec la suppléante. Ce qui ne m'étonne point vu le niveau d'immaturité avec lequel elle a géré le problème.

Sachant qu'elle ne nous a pas donné signe de vie depuis le fameux soir où elle m'a raccroché au nez parce-que mon ton ne lui convenait pas. Il y a deux mois de cela. Je ne m'attends plus à grand chose de pertinent de la part de cette enseignante insignifiante qui m'aura on ne peut plus déçue en cette malheureuse expérience. Une autre roman en soi. Enfin rendu là, c'est avec la directrice que je communique...

Bref, j'ai avalé ma frustration et j'ai réexpliqué, calmement, que la Miss ne ferait aucune évaluation ou examen d'ici la fin de l'année. On commence super mollo. Son passage en 5ième année étant assuré, l'objectif actuel est simplement de reprendre une pratique scolaire. De stimuler l'intellect. J'ai apprécié l'attitude et l’ouverture d'esprit de cette jeune suppléante qui m'a donné confiance. Au bout de trois cours, l'on apprend a mieux se connaitre et ma confiance continue de croître.

Les parents que nous sommes nous dévouons à ce que Miss Soleil puisse reprendre le cours de son enfance normale d'ici septembre. Jour après jour, j'accompagne ma puce diminuée en ses maux invisibles. Je l'écoute, je la considère, je l'encadre et je fais mon possible pour garder mes angoisses silencieuses. Pour les remplacer par des pensées d'espoir en la vitalité de son enfance...

Nous nous retrouvons ensemble comme lorsqu'elle avait trois ans. Avant qu'elle ne commence la garderie sur une base régulière. De nouveau ensemble. Semaine après semaine. Mois après mois.

Pour voir le verre à moitié plein plutôt qu'à moitié vide, je me dis que c'est là une excellente occasion de solidifier notre relation mère/fille. Plutôt que de penser à combien je peux être épuisée et désespérée, je pense à tous ces moments de complicité qui s'ajoutent dans les tiroirs de nos mémoires respectives.

Peut-être même que nous y cultivons là une force qui nous servira durant les méandres de son adolescence?

Commotion cérébrale et école à la maison...

mardi, avril 26, 2016

Début février, notre quotidien a basculé en une nouvelle routine, celle de la commotion cérébrale de Miss Soleil...

Depuis, on chemine en parallèle de la normalité. On en fonde une nouvelle avec les cartes que nous donnent cette blessure d'enfance qui s'est déroulée dans la cour d'école.

La mère que je suis n'a jamais été angoissée de la santé de son rejeton. Jamais je ne me suis autant battue pour la protéger et la préserver. J'en digère encore le processus en cours... 

Depuis plus de trois mois Miss Soleil est à la maison, Je couve le cours de ses jours. En sa discipline de repos de commotion, elle doit vivre le rythme d'un enfant de trois ans. Ce qui lui amène énormément de frustration intérieure. Elle traverse présentement une épreuve qui souvent la dépasse. Et pour la première fois de ma vie, je réalise l'utilité de mon expérience acquise.

J'ai moi-même eu un sérieux accident à douze ans. Traumatisme crânien, cervicales fêlées, duremère sectionnée. J'ai dû réapprendre à marcher et j'en ai gardé des séquelles qui me suivent depuis. J'espère qu'en cette blessure que l'on soigne, elle pourra se rétablir sans séquelle et reprendre son train train quotidien avec la rentrée scolaire de septembre.

L'équipe médicale qui la suit nous nourrit d'espoir et nous encourage à la patience. Une patience que l'on cultive semaine après semaine...

Entre ses symptômes de commotion qui vont des maux de tête, à la nausée, en passant par l'hypersensibilité au bruit et à la lumière, se faufilent toutes sortes d'émotions et de comportements déstabilisants pour ses dix ans. Elle est aussi très troublée par l'invisibilité de sa blessure et se sent particulièrement incomprise par les autres. Pour la première fois de sa vie, en cette situation, elle fait face à des préjugés qui la blesse.

Tout comme sa vie est en pause, j'ai mise la mienne en suspension. La peine que je ressens à la voir traverser ses semaines en douleur est profonde. Je l'encadre et je la guide avec cœur. Je sais combien le processus est long et invisible. J'ai eu assez de problèmes de santé au cours de ma vie pour bien comprendre la situation. Je l'accompagne en ses maux tout en les considérant. Sans les minimiser. J'écoute ses émotions et j'essaie de lui montrer une direction où cheminer. Je lui explique qu'elle peut en ressortir plus forte si elle le décide...

Avec le printemps qui arrive timidement, on reprend pieds. Y'a rien de meilleur pour le moral que de voir fondre la neige! Alors même s'il fait cinq degrés au soleil et moins de zéro dans le vent, je nous organise notre premier pique-nique de saison. De quoi s'aérer les idées tourmentées et retrouver quelques bribes de lac bleuté.

Évidement la Miss ne résiste pas à tenter le diable en testant la glace. Sous le regard alerte de la mère qui connait bien ce jeu de printemps. Évidement, je rate ce moment crucial où elle finit par casser la glace et mettre les deux pieds dans l'eau! Mais le fun est de la partie. C'est une tradition familiale qu'elle poursuit. Une tradition que l'on pratique depuis avant sa naissance. Alors qu'elle reprend un peu de mieux (et moi avec), je me reconnecte. Prête à repartir pour un tour de saison...

Une vidéo publiée par @etolane le

Printemps es-tu là?