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vendredi, février 06, 2009

Résonance poétique corporelle

La traduction comme j'aime la pratiquer est une gymnastique mentale qui m'élastifie l'esprit. Parfois j'oublie combien j'aime pratiquer cet exercice particulier. Cette semaine les chemins de la traduction m'ont emmenée faire un tour de danse contemporaine. Sous le charme de ce danseur hors pair je suis tombée...


Solo dance by Russell Maliphant

Résonance poétique corporelle

mardi, juin 19, 2007

Sur le vif,

La matinée est radieuse, je joue avec Lily-Soleil sur la pelouse, j’entends sonner le téléphone, je laisse aller le répondeur. Une heure plus tard, nous rentrons à la maison, j’écoute le message. Un collègue traducteur est en détresse, allons bon!!! J’installe l’enfant dans sa chaise et lui prépare à manger tout en retournant l’appel de cet illustre inconnu. Au bout du fil, un homme stressé me répond qu’il m’envoie de suite un document pour que l'on puissse en discuter! Shoot! Dans quoi est-ce que je viens de m’embarquer?!?

Lily gigote sur sa chaise, je lui tartine quelques craquelins pour la faire patienter tandis que je me rue sur l’ordi pour ouvrir son document. À peine l’ordinateur a-t-il ouvert la page que le téléphone sonne. Je réponds. L’homme est en panique. J’ai le cerveau qui démarre au quart de tour tandis que je lui parle calmement. Une poussée d’adrénaline me fait carburer les neurones. Je jette un œil rapide sur la traduction à faire, sans trop savoir, je pressens que son truc, c’est pas du gâteau. Je pense plus vite que mon ombre. En quelques secondes, je me remets les pendules à l’heure, je réalise que cet homme doit être en lien avec une dame qui avait utilisé mes services durant l’été de ma grossesse (il y a donc deux ans). L’été, les traducteurs de la boite partent en vacances, c’est là que je fais surface, par une sorte de miracle inexplicable, il a dû me retrouver sur sa liste de dépannage! Me voilà prise d’un coup dans son tourbillon du jour. Je sais que je ne peux refuser sa requête. Je me rappelle vivement que je compte bien reprendre du « turbin » à l’automne et que d’ici là, il faut que j’attrape les perches que m’apporte le destin, histoire de me dérouiller la cervelle et de me retremper les pieds dans ce métier de fou. Depuis peu, j'accepte donc par ci par là, les petits contrats qui tapent à ma porte. Alors que je lui parle et que je réflèchis, je sens la pression monter et traverser le combiné. J’ai beau essayé de lui expliquer que j’ai un bambin dans mes jupes laquelle pleurniche dans mon dos, il s’en tape joyeusement le coquillon! Il est dans le jus jusqu'au gosier et ma problématique maternelle lui passe carrément au dessus de la tête! D’un coup, je réalise avec vigueur pourquoi j’ai décidé de ne pas traduire pour m’occuper de ma fille! Je me dépatouille pas mal de la situation et je raccroche avec un délai d’une grosse heure pour près de 300 mots.

Lily-Soleil est fatiguée et ne rechigne pas à dormir. Dieu merci! Je me plonge dans le maudit document pour vite réaliser que je suis un schouia dans le « caca »! Me voilà les pinceaux empêtrés dans le monde de la haute finance, cela ne rigole plus la mère! Je sens mon estomac se nouer, me voilà partie à mille lieues de ma réalité. Moi qui ne gagne pas un sou depuis des mois, moi qui suis privée de tout pouvoir d’achat, moi qui contribue à l’état de pauvreté de ma famille afin de respecter mes valeurs intérieures, me voilà la cervelle dans un petit coin de pouvoir et de gros sous. Un texte spécialisé complexe qui me fait battre le cœur à 100 à l’heure. Ma fille, il va falloir performer! Dieu merci, autre petit miracle, j’ai accès à Termium qui me sauve la vie pendant que j’essaie de comprendre ce que je suis en train de lire! On parle là de créances subordonnées et prioritaires, de montants énormes de liquidités et d’opérations de financements étranges qui me laissent pantoise. Vais-je m’en sortir? J’ai la cervelle en compote, je me sens faiblir. C’est alors que la professionnelle en ma peau prend les rennes de la situation, après tout c’est un peu comme faire du vélo, cela revient plus vite qu’on ne se l’imagine et j’ai toujours tendance à être excitée par un bon défi intellectuel! Et puis, il y a ce coté espionnage qui me revient et me stimule l’esprit, le traducteur peut parfois se retrouver au cœur des grands secrets, en coulisses, il épie. Le secret professionnel du traducteur peut peser lourd dans une balance de pouvoirs…

Bref, ça c’est le coté romantique qui me fait supporter la folie du métier. Parce-que la réalité du traducteur est souvent celle-ci : Le texte envoyé devrait être traduit dans la seconde où il est reçu!!! Une grosse heure plus tard, j’ai la cervelle toute triturée mais j’ai fini en avance. J’avais super bien ficelé mon affaire finalement. Je n’ai plus qu’à envoyer ma petite facture qui, si l’on en considère le taux horaire, est plus que satisfaisante. Ce qui m’entraîne les idées vers ce choix de vie que j’ai fait. En marge de la norme, je persiste et je signe. Certaines études démontrent qu'une mère au foyer vaut plus de 130 000 $. Tu m'étonnes Paul! Personnellement, je me contenterai de 100 000 $ vu que je ne suis pas une fée du logis et que mes talents de cuisinière sont dérisoires. Utopie quand tu nous tiens! Au réel, il y a le gouvernement Harper qui me verse 100 $ par mois! Même si j'essaie de ne pas y penser trop souvent je réalise que si je mettais autant d’énergie à traduire que je n’en mets à élever ma fille au quotidien je pourrais être pas mal plus à l’aise matériellement que je ne le suis aujourd'hui! Je n’aurais pas à manger des pissenlits pour arriver à boucler les fins de mois. Je n’aurais plus à me priver, je pourrais voyager, envisager ces choses qui me font envie et les choses dont j'ai besoin. Je ne verrais guère ma fille mais mon portefeuille serait sacrément bien rempli! Paradoxes de vie…

Les vieux disaient dans mon jeune temps :

- L’on a la vie que l’on se fait ma fille…
- C’est un fait grand-mère, présentement la mienne semble surtout composée d’amour et d’eau fraîche, d'air pur, de culture, d’art et de rêves…
- Etolane quand descendras-tu de tes nuages ?

Sur le vif,

jeudi, décembre 07, 2006

Mon amie Kay m'a envoyé ce passage que j'inscris en cette mémoire:

"Elle traduit de l'anglais au français, mais je la soupçonne parfois de fouiller dans quelque vieux grimoire pour y trouver des recettes d'envoûtements ou inventer de nouvelles langues mortes. Il faut bien que je m'y connaisse un peu en cabale, me répond-elle quand je lis à mon tour par-dessus son épaule. Sans un soupçon de sorcellerie, les traductions ne seraient que des trahisons." Adieu, Betty Crocker - Francois Gravel

Des phrases si justes que je déguste avec enchantement. Une petit passage qui m'éclaire le coeur et la tête. La magie des mots, le pouvoir des pensées, dans l'invisible réside le meilleur de l'humanité. Dans l'invisible, je m'évade..

Dans l'invisible...

vendredi, septembre 29, 2006

Traduire pour le plaisir

Dipped-in-FallHumeurs-de-lac

J’ai un petit projet qui me tient à cœur : Reprendre mes traductions libres (comme avec Faiza, Nawar et Riverbend) histoire de remettre la main à la pâte ! Tout en espérant que ma santé finisse par se lasser de m’en faire voir de toutes les couleurs, je pense reprendre du turbin de traduction durant l’hiver. Nos épinards en banque auraient bien besoin d’un peu de beurre pour mieux se digérer à chaque fin de mois...

Avant de reprendre du service, je dois m’arranger pour avoir une ou deux journées libres par semaine car traduire professionnellement avec un petit bout de chou accrochée à mes jupes, cela ne fait pas bon ménage avec le pain sur la planche. Mais avant tout autre chose, avant de me replonger dans le domaine, je dois refaire mes armes. Je dois aiguiser mes crayons, dépoussiérer mes dictionnaires. J’ai un grand besoin de me mouiller la plume en toute liberté. Le besoin de dérouiller mes neurones encrassés, de donner un coup de pouce à mon squelette intellectuel.

J’ai donc choisi d'y tremper quelques orteils en reprenant mon concept de traductions libres. Ces traductions sauvages auxquelles je m’exerçais durant les étés ludiques de mes années d’études. Traduire librement la femme de mon choix afin de lui offrir une vitrine francophone, tel est mon plaisir. Faire passer un message humain d’une langue à l’autre, c’est ce qui me plait le plus en traduction, ensuite mettre du pain sur la table familiale, c'est pas mal non plus!

Je dois retrouver une discipline intérieure, avant de reprendre des contrats de l’extérieur. Chaque semaine, je vais donc esssayer de remettre un petit peu la main à la pâte, de pétrir la matière avec des petits traductions de mon choix. Avant de me prostituer la cervelle pour le compte du Dieu Argent, j’ai besoin de retrouver ce plaisir personnel qui est le carburant de ce travail officiel…

Pour commencer j’ai trouvé mon inspiration dans le blogue d’une exploratrice de l’espace : Anousheh Ansari. Même si elle est revenue sur Terre, c'est avec elle que je vais m'envoyer en l'air! Ses billets sont pas mal longs plus de 1000 mots (ce qui est une petite journée de travail tranquille). Comme le but est quand même de traduire pour mettre du beurre dans les épinards de la maison, je ne vais pas non plus me taper des journées de turbin juste pour la joie de me décroûter le cerveau ! Je suis donc en train de choisir des extraits d'impressions spatiales à traduire de 300 à 500 mots à la fois.

Et juste là, je sens une douce pression me serrer l’estomac. Je me plante devant le texte, je bloque un peu, je rumine. Subtils frissons de la confiance en soi délabrée par des mois pénibles de santé misérable. Rien ne vaut l’action, je me botte le popotin et mon prochain billet sera le message de ses mots ou ne sera point !!! Allez, je prends mon courage à dix doigts et je plonge...

Traductions libres