Affichage des articles dont le libellé est froid. Afficher tous les articles

dimanche, mars 01, 2015


Cet hiver est le plus froid depuis 115 ans, c'est pas moi qui le dit, c'est les experts! Et je l'avais bien remarqué. Merci!

Cet hiver déchire sa mère avec des -30 à répétitions. Des grands froids qui ne lâchent pas. La dimension dans laquelle on évolue est définitivement polaire. Et... pas le choix, on apprend à vivre avec puisqu'on vit dedans!

À noter que lorsque l'on apprend à vivre avec une difficulté ajoutée, il faut aussi apprendre à s'amuser. Malgré la difficulté! C'est un défi en soi.

J'avoue que sans l'enthousiasme de Miss Soleil pour Bonhomme et le Carnaval, je ne sais pas si j'aurais eu le courage de m'aventurer sur les Plaines d'Abraham par l'une de ces autres journées à -35!

De ces journées qui font du quotidien une aventure. Une aventure car le danger, aussi contrôlé soit-il, rôde dans le frette qui congèle tout sur son passage...

De ces journées où il faut ramasser toutes ses forces en un même élan pour affronter l'extérieur! Ce faisant, je réalise que le Carnaval a définitivement le don de changer les idées congelées. De les sublimer.

Partir à l'aventure d'un après-midi sur les Plaines

En se plongeant dans le Carnaval, on accepte le froid. Les plus assidus l'encenseront. Ce qui n'est pas mon cas...

En ce festival hivernal, on prend cependant le parti de se réchauffer les idées en s'amusant dehors. Et ça marche!



On part cultiver le bonheur hivernal des enfants. On embarque avec nous une amie de la puce. Les deux ont un fun noir! On y retrouve des amis et on s'amuse du froid. En souriant parfois jaune...

On dévale les collines glacées, on dévore une queue de castor, on s’imprègne de cette atmosphère de fête givrée qui règne sur les Plaines. On congèle sur les bords mais cela fait partie du jeu.

Le Carnaval de Québec a le subtil pouvoir de transformer le frette en fun, Mine de rien, ça réchauffe le cœur. Perceptiblement. Les gens y retrouvent le sourire, il y règne une bonne humeur de fond qui fait du bien au cœur. Les plus extrêmes en profitent même pour sortir leurs bikinis!


De retour à la maison, je m'accroche à ces perceptions tout en grelottant sous ma couette. Le temps que ma chair se réchauffe. Il a fait frette en maudit! Un après-midi sur les Plaines par -35, ça fouette! Et j'ai survécu.

Et c'est là où l'aventure prend tout son sens. En cette force qui émerge et se rappelle à nous. Quand on part à l'aventure et que l'on en revient sain et sauf, on en revient toujours plus fort...

Et quand l'aventure a des allures de Carnaval, il devient bien facile d'accumuler quelques grammes de force et de fun!

Toutes les photos de l'aventure par là...




À l'attaque du Carnaval!

mardi, janvier 13, 2015


Cri matinal de l'homme: 

- Aaaaaahhhh! Encore -30 à matin! Sans facteur vent! 

La mère s'exclame:

- Liloo, tu oublieras pas de mettre ton pantalon de neige pour revenir du bus! 

Et la puce de répondre:

- Okay, hier on était pas obligés pourtant! P'têt que le temps voulait nous donner un petit loose avant de reprendre la routine? 

Routine polaire en pleine action. L'homme sort faire chauffer le char. Il revient et me dit:

- J'en reviens pas, y'a des oiseaux qui gazouillent! 
- Je sais, j'te dis c'est fascinant!

Brève polaire...

jeudi, janvier 24, 2013


Au Québec la froidure de l’hiver est présente chaque année mais certains hivers elle devient réellement intense. La température se fait extrême au soleil. Sous un ciel bleu profond, le vent congèle l’atmosphère. Alors arrivent les grands froids. Sous le soleil givré ils étreignent le temps qui pince l’humain qui s’y pointe.

Ces derniers jours, une masse d’air arctique stagne sur nos têtes. Un froid comme on en avait pas vu depuis 2005. Tout le monde en parle. Le froid fait les manchettes, il est sur toutes les lèvres et réseaux sociaux.

Quant à moi, bien au chaud, en mon cocon d'existence, j’apprécie l’aventure de la chose. Je mets peu le nez dehors mais chaque sortie extérieure devient vite une petite expédition qui me vivifie. Faire chauffer l’auto. M’habiller en mon kit de cosmonaute polaire. Et plonger dans le froid comme on plonge dans l’eau. Histoire de faire quelques brasses...

J’aime sentir la puissance de la nature sur nos petites vies. D’autant plus lorsque je me sens en sécurité. Tant que tient l’électricité. Tout est sous contrôle. En ces temps de grands froids l’électricité est à la source de ma zénitude. Je prends ma planche polaire et surfe les jours glacés sans grande difficulté.

J'écoute les consignes d'Hydro Québec afin de faire ma petite part pour ne pas surcharger le réseau. Trop reconnaissante du confort qu'il m'apporte. En ma bulle de chaleur j’apprécie la modernité de nos vies tandis que je respecte la morsure du froid, son danger, son étreinte qui enserre la maison. Son silence figé. Impossible de ne pas en distinguer la puissance.

À cette température le froid est un compagnon qui donne toutes sortes de leçons. Il enseigne le bon sens et la solidarité. Après tout, on est tous dans le même bateau et on vogue ensemble vers de plus chauds horizons.

À -40 dans le vent, non seulement on se sent vivant mais on est vite en mode survie si on ne fait pas attention à sa peau. La sensation que procure ce contexte me fascine. Je l’inspire. Et je me souviens de cette même impression extrême que j’ai ressentie dans les Keys, en Floride.


Là-bas, à l’autre bout du spectre météorologique, tout le monde parle aussi de la température. Je me souviens du moment où j’ai réalisé que si je pouvais survivre par -30 les doigts dans le nez, je me sentais pas mal plus démunie par +40! Et s'amuser de voir les gens parler de la chaleur comme l’on parle du froid.

Subjuguée par la similarité contraire j’étais. Et par les palmiers, les fantômes de pirates et l’architecture coloniale tropicale…

 Mais revenons à nos moutons givrés. Surfer la vague de froid qui nous glace pour en inspirer la beauté unique. Sa lumière exceptionnelle. Sa texture polaire. La fumée du St-Laurent qui s’évapore dans l’air du temps…

Et pendant ce temps la mère que je suis couve son enfant. Lui explique le froid. Observe son humeur insouciante pour qui la température est juste une autre aventure d’enfance. La regarde apprendre la vie.

Ces derniers jours Miss Soleil s’est pris un petit trip. Out of the Blue elle s’est mise à improviser des nouvelles de l’Agence QMI à sa sauce enfantine.

Amusée par la chose, je lui demande de me faire une nouvelle météo, sur le vif, alors qu’elle revient de l’école les joues toutes rosées. La Miss improvise et je craque…

Surfer la vague de froid...

vendredi, janvier 26, 2007

Froidure nocturne

Frigorifiée, je marche sous les étoiles au coté de Juan. Bien emmitouflée, je me recroqueville sous ma capuche. Mes narines se givrent avec chaque respiration. L’air est cruel. J’ai oublié mes gants. Je ferme les poings à l’intérieur de mes manches. Je remonte mon écharpe par dessus mon nez. Ma peau se durcit sous la morsure de la nuit glaciale. Les pieds bien chaussés dans mes épaisses bottes de Yéti, je foule la neige qui bruisse sous mes pas.

Entre mes bottes et mon manteau mi-long, mes jambes simplement recouvertes d’un jean souffrent le martyr avec chaque seconde qui s’écoule. Le moindre courant d’air leur est fatal. Mes cuisses brûlent de froid! Une sensation unique qui pince la chair mais qui, étrangement, ressemble à une brûlure. Un feu arctique m’attaque le corps. Déjà que j’ai failli perdre deux doigts en prenant des photos de froid!J’accélère mon pas.

Juan qui a oublié sa "tuque" est une cheminée humaine qui se fait absorber la cervelle par l’hiver revenu. Il s’en plaint en quelques remarques comiques. L’on court pour traverser les derniers cinquante mètres qui nous séparent de la voiture. L’habitacle est congelé mais l’absence de tout vent est déjà un soulagement! L’on démarre en trombe pour aller chercher notre petit astre bambin, bien au chaud, non loin de là. Il fait -25 sans facteur vent, ce qui doit donner une température ressentie d’à peu près -35 (ce matin -41! Le froid fait onduler le jour lumineux en une danse polaire, j'hiberne sous le soleil).

Hall-IIStatue-de-glace

Dans les chambres de l’hôtel de glace la température se situe autour de -5. Lorsque l’on arrive de l’extérieur, engourdi par le froid extrême, la différence est flagrante, il y fait doux, l’on y est bien. Ce qui me rappelle que chacune de nos perceptions est bel et bien influencée par le contexte qui la génère…

Froidure nocturne