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mercredi, mai 14, 2014

J'avoue un certain malaise lorsqu'il est question de femmes voilées. J'entends toujours le même refrain : c'est un choix personnel, elles sont libres de choisir, il ne faut pas juger, etc. Je n'y crois qu'à moitié. Ici, au Canada, c'est certainement le cas mais pas ailleurs (en Iran notamment). Ici, c'est un choix que je respecte mais ailleurs c'est une condition qui me blesse l'être féminin.

Avec ce groupe Facebook et ce hashtag #mystealthyfreedom, devenu viral ces derniers jours, l'on découvre l'autre coté de la médaille. Ce coté obscur qui génère mon malaise intérieur.  Cette initiative, qui se déroule via les réseaux sociaux, me remplit de joie et de peine. Est-ce que les réseaux sociaux ont assez de pouvoir pour sensibiliser le monde à ces injustices qui nous perturbent l'esprit? Pour en changer le cours des choses?

Là, des femmes d'Iran se découvrent le temps d'une photo (ou témoignent d'un moment volé). Elles s'affranchissent. Elles effectuent un geste de liberté furtive qu'elles partagent avec le monde entier. J'en admire la rébellion pacifique. J'admire, je respecte et j'encourage...

https://www.facebook.com/StealthyFreedom/photos/a.859102224103873.1073741828.858832800797482/866044470076315/?type=1&theater
Je lis les légendes qui accompagnent les photos et mon cœur se serre. Ce texte-ci me touche particulièrement:  "Hijab has not ever been what I have chosen. I am a woman... and my lungs consume as much air as yours do! And I must be able to enjoy it as much as you do! you know..? It is painful that I shall not be free so that you will not sin! It is painful that you notice my body shape more than my mind! And that I have to be covered so that your weak faith does not break! It is painful that you only appear to be open-minded toward other girls and women (and not toward your own women) ; and when it comes to your mother or sister you suddenly become intolerant"

Traduction libre: "Je n'ai jamais choisi l'Hijab. Je suis une femme... et mes poumons consomment autant d'air que les vôtres. Je devrais pouvoir en profiter autant que vous. Il m'est douloureux de savoir que je ne peux être libre afin que vous ne péchiez point. Il m'est douloureux de savoir que vous remarquez la forme de mon corps plus que celle de mon esprit. Et que je doive me couvrir afin que votre faible foi ne brise pas. Il m'est douloureux de voir que vous n'êtes ouvert d'esprit que lorsqu'il est question des autres femmes mais pas des vôtres et que lorsqu'il est question de votre mère ou de votre sœur vous deveniez soudainement si intolérants."

Impuissante mais consciente. Une révolte gronde en mes œstrogènes. Ces femmes se battent pour une liberté qui m'est acquise. Et je rêve de ce jour où toutes les femmes du monde seraient libres d'être elles-même... tout comme je peux l'être aujourd'hui.

Des libertés furtives s'échappent sur les réseaux sociaux...

mardi, avril 08, 2014

Après les vortex polaires et autres bombes météos qui ont alimenté les nouvelles de la saison, je cache mes humeurs anthracites sous des bancs de neige qui peuvent monter à plus de deux mètres.

Cet hiver, les nouveaux termes pour d'écrire l'atmosphère ont été des plus créatifs! Presque amusants. S'il faut en rire pour ne pas en pleurer...

Enfin même si cet hiver aura été particulièrement rude, ce n'est pas non plus une surprise. On vit au Québec. Il y a de ces hivers là. De ces hivers qui s’inscrivent dans la mémoire collective.

Pas de réel printemps au programme pour nos pauvres âmes congelées.

En fait, le printemps est bien utopique en ma contrée nordique. Il est normal de passer de l'hiver à l'été. Sans transition autre que celle de la fonte qui fait de nos vies un univers éclaboussé de slush dégueu. Du coup, j'ai décidé d'acheter des bottes de pluie qui déchirent les yeux. Et de me donner le droit d'aller jouer dans les flaques (lacs) d'eau!

Pour survivre à mes spleens givrés, j'ai dû, contre mon gré, reposer mon corps ankylosé. Celui-là a pris une bonne débarque avec une bronchite fin février. Il ne s'est pas relevé aussi vite que je l'aurais souhaité. S'engage alors l'un de ces rapports de force qui se déroule en un intime silence.

Quand la santé me joue des tours, je puise volonté et courage en ma fillette qui pousse sans souci. Je la regarde s'épanouir avec joie et fierté (le tout accompagné d'un zeste de soulagement). Un peu comme un jardinier regarde avec satisfaction ses plantes pousser.

Depuis sa naissance je cultive son enfance avec ardeur. J'essaie de lui rendre la vie belle. Envers et contre tout. Sans pour autant la gâter pourrie.

Je materne et j'éduque. Je me nourris les patiences de ces fruits invisibles que je récolte en chemin. Des fruits à saveur de futur qui me redonnent l'envie d'avancer, de ne pas lâcher.

Je crois que la parentitude est un apprentissage à deux voies. Je lui apprends ce dont elle a besoin de savoir pour grandir. Elle m'apprend toutes sortes de choses sur ma propre humanité. De ces choses qui m'aideront à bien vieillir? C'est l'idée de fond...

Toutes deux à l'école de la vie, chacune à des degrés différents. Ensemble nous apprenons.

Ce faisant je réalise que l'ambition parentale que je ressens intérieurement surpasse mes ambitions professionnelles. Ce qui me fait souvent sentir comme une sorte d'extra-terrestre en la société où j'évolue. Mais quoi que je me raisonne, son bien-être passe avant le mien. C'est plus fort que moi. C'est viscéral.

Ceci dit, je sais aussi que mon bien-être aide au sien. Un jour (qui arrivera plus vite que je ne le pense) il sera temps pour elle de partir vivre sa vie. Que restera-t-il alors de la mienne?

 La femme et la mère se regardent en chiens de faïence et le défi de ce début de quarantaine est certainement de trouver ce fragile équilibre entre ces deux entités qui m'habitent les entrailles. 

Mère et femme cherchent équilibre...

vendredi, mars 09, 2012

Solidarité féminine...

La semaine dernière, alors que j'attendais dans la salle d'attente du docteur, je parcoure un vieux Paris-Match qui traine par là et... je scotche sur un reportage qui montre en images une lapidation féminine!

Un trou que l'on creuse pour une femme. La femme que l'on pousse dans sa tombe. Silhouette droite sous sa burqua grillagée. Et les pierres que l'on lance jusqu'à la mort. Une vie qui s'achève avec 2 balles dans la tête...

Ressentir le barbarisme avec révolte. Essayer de se mettre à la place de ses villageois sommés de participer à cette lapidation. Ces hommes, femmes et enfants pris en un tel engrenage de violence et d'ignorance.  Et penser à ces femmes. Citoyennes de troisième zone. Ces femmes sans destin...

Se faire submerger par une vague de reconnaissance qui rappelle combien j'ai de la chance de vivre au Québec. La chance d'être une femme libre... à l'égal des hommes...

Au fil des millénaires qui font l'histoire de l'humanité, le sort des femmes fait trop souvent pleurer. Personnellement je ne pleure pas tant que je me révolte. Pas tant que je sens monter la rage. Je ne crois pas que j'aurais la vie longue dans un tel contexte...

C'est peut-être pour cela que je ressens une telle émotion à regarder l'image de cette femme anonyme, si droite devant sa mort. Tuée pour avoir osé vouloir vivre un peu. Vaut-il mieux vivre un peu que ne jamais vivre vraiment?

Car la vie de ces femmes emprisonnées par la haine des hommes n'est pas la vie telle qu'on la conçoit ici...

Hier c'était la journée de la femme, j'en apprécie toujours l'initiative. Mais en ce qui me concerne, ce n'est pas une fête, c'est un rappel. Un rappel à la mémoire féminine. Un rappel à la mémoire de toutes celles qui sont tombées au combat et qui tombent encore.

Car l'on ne pourra fêter que lorsque toutes les femmes sur Terre seront libérées des stupides chaines de la force brute...

L'histoire de cette lapidation en est une romanesque. Une jeune femme de 22 ans et un jeune homme de 26 ans. Lui est marié. Dans l'absolu il pourrait la marier en deuxième noces mais elle est déjà promise à un autre et puis elle n'est pas de la même tribu. Les amants s'enfuient. Reviennent sous de fausses promesses. Se font emprisonnés puis lapidés sur la place publique.

L'on dira que dans ce cas-ci l'homme a connu le même sort que la femme. C'est vrai. Mais si les femmes étaient libres de vivre comme bon leur semble et de se marier selon leurs vœux, rien de tout cela ne serait arrivé. D’ailleurs au Canada, rien de tout cela n'arrive jamais!

Et tous les cas de meurtres de femmes ne sont pas si romanesques. Il y a tous ceux que l'on imagine à peine. De ceux dont on parle pas, dont on sait rien même si l'on sait qu'ils existent au loin. L'on sait mais l'on en chasse les pensées d'un coup d’égoïsme quotidien.

Et n'est-il pas égoïste de célébrer notre condition féminine sans penser à toutes celles qui meurent encore?

À notre ére numérique, où YouTube est un royaume d'humanités, l'on peut trouver la vidéo filmée lors de cette lapidation. C'est presque comme y être. Et pour ne pas en être complice, ne doit-on pas parler pour celles qui sont muselées?

Le féminisme n'est peut-être pas parfait, mais il a au moins le mérite d’exister. Il est au front d'un combat qu'il ne faut pas croire terminé...

Solidarité féminine...

vendredi, avril 01, 2011

La semaine dernière, je ne suis sortie de chez la coiffeuse que depuis quelques heures, et nous allons dîner au Tim-Hortons avec homme et enfant. Encore déstabilisée par les ennuis de santé des dernières semaines, je suis d'humeur moyenne...

D'autant plus que la coiffeuse a raté l'expérience qu'elle avait préalablement pensé sur ma couleur. Non seulement elle m'a gentiment grillé le scalp (à moins que cela ne soit mon scalp qui ne soit ultra-sensibilisé par les médicaments qui me font fonctionner) et sa mixture n'a pas été à la hauteur de ses attentes, la couleur a plus ou moins bien marché. Elle a mal couverte mes racines et ce n'est pas plus rouge qu'à l'habitude. Ce qui était l'objectif premier. En résumé, ce n'est pas vraiment un succès mais comme ma coiffeuse est aussi cool que pro, elle m'a demandée de ne pas la payer pour son échec du jour. Elle s'est dit que l'on remettra cela la prochaine fois. Que l'on fera mieux et que cela sera moins douloureux.

Je dois dire que je l'aime ma coiffeuse. Steph, de son surnom, est un peu plus jeune que moi (début trentaine). Elle est mère de 3 garçons dont un ado! J'adore sa personnalité vive et son énergie qui pétille. Franche comme la nature qui nous entoure, c'est une force de femme qui mène son commerce avec une main experte et affirmée. Elle réussit même à élever seule sa smala tout en lui offrant un train de vie plus que confortable.

Enfin, elle paye aussi le prix de sa liberté au gré de son cœur puisque coté romance ce n'est pas tous les jours Versailles! Même si le dernier prince en date semble avoir un peu plus de grandeur que les autres... Bref, Steph est ma coiffeuse depuis 3 ans déjà et je ne suis pas prête de la quitter!

Histoire de boucles rebelles

Depuis mes 18 ans où j'ai pris possession de ma tignasse, peu ont pu y toucher mais j'ai une entière confiance en Steph. C'est presque sentimental comme relation. Il faut dire que ma crinière fait partie intégrante de ma personnalité.

Et j'ai eu assez de mal à l'apprivoiser merci! Pourtant en cette fin de trentaine, ma tignasse je l'aime, je l'accepte et je l'entretiens. Avoir une crinière épaisse et bouclée en une famille de cheveux raides, c'est pas tous les jours rose mais c'est le sujet d'une autre histoire...

Longtemps j'ai détesté cette masse capillaire qui me composait. À 11 ans, sur un coup de tête, je suis même allée en douce chez le coiffeur (dans le dos "des adultes") et je l'ai quasiment rasée. Je n'en reviens même pas encore que le coiffeur en question ait accepté ma requête! Il a essayé de me dissuader un petit peu mais je ne crois pas que mon pouvoir de persuasion ait été assez grand pour qu'il le fasse contre son gré. Étant une connaissance de la famille, je le soupçonne d'avoir pris un pervers plaisir à saccager ma crinière pour quelque raison adulte qui m'échappe encore aujourd'hui.

L'année scolaire qui suivi cette première rébellion capillaire fut relativement désagréable. J'avais l'air d'un garçon et je ne me sentais plus en phase avec ma peau de fille. La première semaine de mes cheveux ultra courts, personne ne me reconnaissait dans les couloirs, c'était bizarre. Mes copines étaient déçues et les garçons me semblaient moins charmants. Au final, je n'ai pas été satisfaite de ma décision longtemps. Une fois l'acte de rébellion passé, j'ai bien mangé ma claque!

Et j'ai attendu que repousse ma tignasse. Pour ce faire je suis passée par toutes ces étapes plus ou moins esthétiques où j'avais plus le look d'un caniche que d'une fille. La tignasse repoussait aussi épaisse qu'avant et je ne savais pas quoi faire de mes boucles folles. Une fois que mes cheveux eurent touché mes épaules, j'avais 14-15 ans et j'entrais dans l'adolescence.

Nouvelle étape de vie. Fraîchement immigrée à Montréal, j'étais prête pour du changement de toison. Nouvelle rébellion chevelue, sur une idée farfelue, je me fais teindre en blonde. Étrange résultat. Pas super probant mais amusant. Une fois l'amusement passé mes cheveux continuent de me pomper l'air et je ne sais toujours pas quoi faire de ces boucles que je n'aime pas mais pas du tout.

Pourtant ce n'est pas faute de recevoir des compliments. À cet âge là, des compliments sur ma tignasse, j'en possède déjà une bonne collection mais rien n'y fait je ne sais pas comment apprivoiser cette masse frisée qui fait l'envie de toutes celles qui possédent le cheveux fins et lisse. J'ai beau expliquer que je rêve de cheveux raides, personne n'arrive à compatir avec mes émotions capillaires!

Tresses africaines et toison nature

Aussi arrivée à 18 ans, je décide de me prendre en boucles! Alors que je voyais déambuler dans les rues de Montréal des superbes noires à la tignasse domestiquée en d'impressionnant volume de tresses raides, j'eus alors une idée! Je voulais des cheveux raides en forme de tresses!

L'on alors est au début des années 90 et peu de blanches trainent en ville avec des tresses africaines. Nouvelle rébellion. Je me souviens encore de la première fois où timide et effarouchée, j'ai pénétré l'antre des mamas haïtiennes qui se spécialisaient dans le tressage. Il a fallu que j'insiste un peu. Elles ne semblaient pas certaines de tresser une petite blanche mais une fois que j'eus expliqué le fond de ma décision, elle me firent pénétrer leur domaine et découvrir la fascinante ambiance du tressage à l'africaine.

J'ai porté le look plus de deux ans. À chaque trois-quatre mois il fallait défaire et refaire les tresses. Au fil des fois j'ai appris la pratique sur le bout des doigts. À la fin, par économies, je défaisais moi-même, ne faisais retresser que les racines et savait entretenir le tout pour faire durer la beauté du travail. Cependant, au bout de deux ans, j'en ai eu ma claque du travail demandé pour entretenir le tout. J'enlevai donc mes tresses une dernière fois et je partis à la conquête du naturel de ma tignasse. C'est à ce moment là où je suis tombée dans l'huile de coco. Cette huile magique, qui en plus de m'enrober d'un air des tropiques permanent, hydratait mes boucles et les assouplissaient exactement à mon goût.

À 25 ans, j'avais les cheveux longs, très longs, assez long pour facilement me cacher les seins nus, encore hauts et drus. À 25 ans, pour la première fois de ma vie, je commence à apprécier mes cheveux. Je n'en coupe que les pointes et encore, si peu. Durant dix ans, j'apprends à apprivoiser le volume de mes boucles et lorsque l'on me complimente sur ma toison frisée j'arrive à ne plus faire la grimace.

Arrivée à la fin de la vingtaine, j'arrive même à sourire devant le compliment. Tout un cheminement pour la fillette qui se regardait dans le miroir en maudissant cette épaisse tignasse qu'elle n'acceptait pas pour un poil! Entre 25 ans et 35 ans quasiment personne d'autre que moi n'a touché à mes cheveux...

Mettre le feu aux boucles

Et puis vers 34-35 ans, mes cheveux blancs commencent à sérieusement m'énerver. Et c'est grâce à eux que j'ai rencontre Steph. Rapidement j'ai lu dans ses yeux l'envie et le désir de la coiffeuse passionnée.

Pour les experts du cheveu ma tignasse est comme un défi, une fierté. À cette l'époque, je suis prête pour une nouvelle rébellion... l'ère du rouge est arrivé!

Depuis des années déjà, je faisais faire quelques mèches rouges par ci par là mais j'attendais la grisaille du temps pour vraiment me lancer. Et là j'étais mûre. Prête pour le rouge pompier! Pas le rouge madame qui fait bon ménage avec le décor sans déranger. Pas rousse non plus. Non, non, non, un vrai rouge je voulais, de celui qui explose au soleil brillant.

La première fois Steph n'a pas osé! Il a fallu deux ou trois essais pour qu'elle capte toute l'intensité de mon désir et depuis, elle travaille fort à le combler. Car l'on a quand même une grande contrainte, le fait de ne pouvoir me décolorer la chevelure sans prendre le risque de la cramer à jamais.

Aussi Steph doit fignoler son art pour me trouver le meilleur rouge possible, pas le violine qui me déplait mais bien le rouge feu qui explosera sous les rayons du soleil luisant et me transformera en lionne libérée. D'après mon homme, il parait que c'est hyper sexy une chevelure de lionne rouge. J'imagine que j'ai l'âge ou jamais...

Aussi depuis 3 ans, il n'y a que Steph qui a le droit de toucher ma tignasse, d'y approcher les ciseaux pour la façonner. D'y mettre les mains pour la colorer au plus rouge possible. Ce rouge possible ne brûle pas à l'ombre mais à la lumière. Ce rouge là fait de moi une blogueuse sauvage qui se reconnait un peu partout où elle sort et qui sert aussi de repère aux copinautes (dixit Nadia) dans la jungle humaine.

Bref, la semaine dernière, je sors de la coiffeuse d'humeur moyenne. Depuis des semaines, je bataille une salop... de maladie et ma vie n'est pas des plus faciles. Ma coiffeuse m'a grillé le scalp mais mes boucles sont flamboyantes. Vu les circonstances, ce n'est pas la fin du monde. Steph a donné du souffle à mes boucles folles et mon cœur de lionne s'accorde à mon look.

À chacun ses injustices...

J'arrive donc, fatiguée, devant le comptoir du Tim Hortons lorsque la serveuse écarquille les yeux et s'exclame avec passion:

- Oh mon Dieu, vous en avez des cheveux!  C'est fou! C'est des boucles de feu! Whaou, c'est injuste! Je vous envie d'avoir autant de cheveux, êtes-vous une lionne???

Subtilement déconcertée, je fronce les sourcils alors qu'elle poursuit sa tirade de tignasse magnifique et d'injustice humaine. Étant d'humeur moyenne, je ne sais trop sur quelle émotion danser. Je puise en ma maturité pour y réfléchir et lui répondre.

- Merci. Oui c'est mes cheveux. C'est naturel, oui, j'en ai beaucoup. Ah l'injustice...

Je prends une grande respiration en examinant ses cheveux fins qui s'échappent de son filet (sous sa casquette d'uniforme) et je finis par répondre:

- Ah! L'injustice humaine... C'est bien compliqué... Mais on en a tous un peu vous savez, c'est juste qu'elle se trouve à des endroits différents suivant les gens...

Boucles en feu...

mardi, mars 08, 2011

le spécimen l'un : le rêveur
by We the Living Photography
En ce 8 mars 2011...

Aujourd'hui, pour la centième fois, se déroule la journée internationale de la femme. Une journée précieuse à mes yeux car j'ai à cœur le sort de toutes les femmes qui vivent sur Terre. En souhaitant une bonne journée à nos grand-mères, mères, soeurs, filles et amies...

Depuis toujours mon esprit est solidaire de celles qui se battent pour l'égalité. Je comprends d'ailleurs que beaucoup de sacrifices ont dû être faits pour que nous arrivions à la réalité féminine que nous vivons aujourd'hui. Une réalité féminine où tout n'est peut-être pas encore gagné mais où beaucoup a été atteint.

Près de moi...

J'ai moi-même été élevée dans un monde de femmes abusées par les hommes qui les entouraient. Élevée par ma grand-mère qui, malgré toute l'intelligence qu'elle possédait, a vécu un destin si malheureux. Forte comme le roc, elle ne s'est jamais écroulée mais son lot de souffrances fut énorme en son existence, il a pesé bien lourd sur ses épaules.

Depuis ma tendre enfance le poids de ses souffrances m'a écorché le coeur. Toujours pour moi elle a désiré le meilleur. Toujours elle m'a dit que je méritais le meilleur. À 73 ans la fatigue de sa vie l'a mené à sa mort. M'zelle Soleil n'avait que quelques mois. Depuis son départ m'habite le vide de son absence. Depuis qu'elle est partie, je garde ma mère-grand au chaud de mon cœur et je transmets sa mémoire à ma fillette si choyée.

Et puis il y a ma mère, toujours plus libre que maternelle. À l'avant garde, moderne, toujours femme mais peu souvent mère. J'en ai beaucoup souffert. Assez pour que notre relation se dissipe avec le temps. Cependant, aujourd'hui, en cette journée de la femme, j'imagine que je peux essayer d'accrocher quelques bribes de pardon. Je ne peux pas oublier mais j'imagine qu'avec le temps j'arriverai à pardonner. En ce jour précis, j'enclenche donc ce difficile processus intérieur...

Loin de moi...

Je pense à toutes ces femmes dans le monde qui se battent pour vivre l'égalité en leurs vies. Pour ne pas être humiliées, écrasées, torturées. Lorsque nous sommes allés à Montréal en famille pour le concert de Vanessa, nous avons eu l'occasion de rencontrer une famille iranienne.

Grâce aux sourires de M'zelle Soleil, une femme assise à la table à coté de la nôtre a échangé quelques mots avec nous. Au fil du déjeuner, sa famille l'a rejointe, son fils, une dame plus âgée et son mari. Et puis avant de partir, j'ai pris le temps d'approfondir la conversation (malgré mon look de pirate et la honte de ma moitié de visage figé).Gentiment cette famille s'est ouvert à ma curiosité. Elle m'a expliqué qu'elle est iranienne. En visite à Montréal. Ceci n'a fait qu'attiser ma curiosité féminine et j'ai continué de creuser le sujet. Tout aussi gentiment les dames, le mari et le fils ont répondu à mes questions avec une sincérité que j'ai apprécié tout autant qu'elle m'a touchée.

Et nous voilà, au coin d'une table, à discuter en anglais du sort des femmes ici et là-bas. Les dames écarquillent les yeux lorsque je parle de ces libertés que nous prenons pour acquises. L'homme et le fils approuvent et cela me fait du bien à l'âme. Ils me parlent de ces limitations que vivent les femmes dans leur pays et du désespoir qui accompagne cet état de fait. Puis la dame qui s'est attachée le regard à ma fillette me parle de sa propre fille de 17 ans. Au fond de ses yeux brillants, je peux voir toute l'émotion qu'elle ressent. J'en suis submergée.

Alors qu'elle regarde ma fillette pétiller autour de nous, elle me parle de sa propre fille qui n'a pas la chance de pouvoir devenir ce qu'elle aimerait être. Qui n'a pas la liberté de ses ambitions. Elle me confie sa douleur de mère, elle qui aimerait tant que sa propre fille puisse être libre de ses choix. J'en suis bouleversée. Que puis-je dire? Que puis-je faire d'autre que lui offrir mon soutien mental, d'essayer de leur souffler un brin d'espoir? Cette famille d'ailleurs m'offre alors des sourires si touchants que je les dépose précieusement en un coin de ma mémoire.

Aussi en ce jour de la femme, je ne peux que penser à toutes ces jeunes filles dont le destin est contrôlé par la maniaquerie de ces hommes qui me répugnent l'esprit. J'espère avec force et conviction qu'un jour viendra où toutes les jeunes filles de la Terre seront libres de leur destin! Et n'oublions pas toutes ces femmes qui subissent, dans le monde, les souffrances de l'inégalité et de l'injustice...

Gratitude féminine

Mais avant de clore ce billet ultra-féminin, je veux en profiter pour remercier toutes les femmes qui sont dans ma vie, mes copines-amies-complices, remercier toutes celles qui apportent de la beauté à la texture de mes jours. Je joins à ces mots partagés toute cette affection que je ressens envers elles. Elles qui sont chères à mon cœur. Je suis intimement reconnaissante de leur présence en ma vie. Merci.

Coté blogue


- Pensées féminines
- S'agiter les idées en l'honneur de la femme (journée de la femme 2010 en compagnie de Nadia)

Autres liens connexes

- Les femmes et les révolutions dans le monde arabe
- Femmes, le long chemin vers l'égalité
- Portraits de femmes remarquables
- 16 of History's Most Rebellious Women
- Centième anniversaire de la Journée de la femme
- Programmation 100 % femmes sur Bande à part
- Journée de la femme : pour l’égalité au travail
- 50 femmes, une parole
- Daniel Craig, 007 cross dresses to support equality

La journée de la femme fête ses 100 ans

vendredi, décembre 10, 2010

Belles à bloguer, chapitre 1

Depuis des jours, je cogite, médite, macère, digère. Je tourne mes phrases en rond lorsqu'il est question de mes impressions bloguesque sur mon escapade urbaine.

Il est rare que mes mots m'échappent autant, qu'ils ne se disciplinent pas sous les ordres de ma cervelle. Mais sur ce sujet là, c'est chargés d'émotions qu'ils frétillent et se sauvent...

Je me noie les neurones dans mes articles technocentrés. Je prends le temps d'organiser mes idées et sentiments.

Je sais qu'avec cette aventure de Belles a bloguer, j'ai accepté d'être numériquement démasquée. J'étais prête à l'être. Ce n'était pas vraiment un problème en soi. Même si j'aime cultiver un certain flou virtuel, je savais bien que l'espace que j'avais pour le faire était en train de se rétrécir.

Aussi, en discutant avec une journaliste de la Presse au sujet de l’évènement le jour précédent, j'ai réalisé que si je ne me cachais pas au réel sur ma condition bloguesque, il était surement temps que je me me cache moins virtuellement. Son article est sorti le jour même où je suis arrivée à Montréal. Ce jour là, pour la première fois en bientôt huit ans, Etolane s'est accroché un nom de famille. J'imagine que cela fait partie du processus qui numérise nos vies.

En effet, au fil des années, le Web s'est intégré à ma vie quotidienne de multiples façons. Aucune n'est réellement négative. Tout est question de contrôle et d’équilibre. Le Web me permet de travailler, d'exposer, de m'exprimer, de créer, de partager, de "relationner" et finalement de rencontrer des personnes intéressantes. Il agrandit ma dimension mentale, artistique, professionnelle et je lui en sais gré.

Il me permet aussi de vivre cette expérience de brousse que je pratique au présent. Car si je n'étais pas ainsi connectée, je voudrais certainement retourner plus souvent à la "civilisation". Pour pouvoir vivre tranquillement au fond de ma brousse, à l'ancienne, j'ai aussi besoin d’apprécier ce futur qui façonne nos nouvelles habitudes de communication.

Durant cette fin de semaine, j'ai aussi réalisé combien cela me faisait du bien de sortir. En restant avec mon enfant à la maison si longtemps, j'ai pris un chemin de vie qui m'a beaucoup fait voyager de l'intérieur mais qui m'a enraciné de l'extérieur. Maintenant que Miss Soleil a 5 ans, je ressens une plus grande de liberté de mouvements.

Depuis sa naissance, j'adapte mon autonomie féminine à celle de son enfance. Aujourd'hui, je peux tout à fait raisonner mes culpabilités et profiter de cette vie individuelle que je retrouve. Même si la quitter m'a été difficile. Même si ce fut comme arracher un velcro et souffrir un peu, je suis partie le coeur léger pour Belles à bloguer...

Comme d'habitude lorsque l'on vient en ville, j'ai joué à Hotwire pour me trouver une chambre d'hôtel. J'aime bien Hotwire. Il me permet de dormir dans des 4 étoiles à des prix tout à fait raisonnables. D'ailleurs depuis des mois je me dis que je devrais écrire sur le sujet que cela soit ici ou là-bas. Mais ce sujet végète encore au coin de deux neurones! Un jour viendra puisque tout vient à point à qui sait attendre...

Bref, à la roulette de Hotwire, je me suis retrouvée en plein centre-ville, comme je le désirais, mais dans un quartier qui n'est pas mon favori. Un quartier rude qui fait la transition entre le quartier gay et downtown. Un quartier avec une faune urbaine à la dérive. Une faune humaine qui dérive. Une misère remplie de souffrances qui me peine.

Mais bon, revenons à mon confortable hôtel d'où la vue est imprenable. Une vue 5 étoiles sur la ville à mes pieds. Située au 25ième étage, ma chambre surplombe Montréal qui n'en finit pas de remplir l'horizon.

Souper dans un coin branché du quartier gay

Arrivée en fin d’après-midi, j'ai retrouvé Ves dans le lobby de l’hôtel pour aller souper avec elle. Mon amie Ves que je connais depuis bientôt 24 ans...

La première fille à coté de laquelle je me suis assise, un lundi matin dans un cours de français, alors que je venais de débarquer à Montréal.

Ves est un être unique, d'une bonté humaine qui m'a touchée dès le premier instant où je l'ai rencontrée. À mon sens, Ves est aussi un symbole de l'aspect multiculturel montréalais. Son père, irakien, et sa mère venue d'Honduras se sont rencontrés et aimés à Montréal. De cet amour Ves est née, moitié arabe-moitié latino, 100% montréalaise. Polyglotte, elle parle 3 langues couramment (anglais/français/espagnol), elle se débrouille très bien en japonnais et comprend un peu l'arabe. Ves, marraine de ma fille, fait partie de ma famille de coeur...

Et si cela fait 5 ans que je n'ai pas quitté homme et enfant, cela fait encore plus longtemps que l'on ne s'est pas retrouvées toutes les deux à courir les rues montréalaises! C'est agréable de fouler le pavé en sa compagnie. L'on décide d'aller manger dans le quartier gay qui est rendu "mainstream" selon mon amie. L'on s'accorde sur un resto branché à souhait. Juste ce dont j'ai besoin pour l'occasion.

L'on se trouve une table "cosy" en haut de la mezannine. Être avec Ves est si bon qu'il m'est facile de déculpabiliser comme il se doit. Je muselle la maman louve qui grogne en mon sang. L'on papote, échange, rit. L'on partage en dessert un délicieux tiramisu maison qui fait le délice de nos papilles. Je réalise combien je ne suis jamais dépaysée à Montréal. Je dis à Ves:

- C'est bizarre, à chaque fois que je suis à Montréal, tout est normal..
- Et c'est tellement normal de te voir à Montréal! Je suis vraiment contente que tu sois là.

L'on glousse de concert! En rentrant à l’hôtel, je m’arrête à un dépanneur pour acheter le Journal où est publié l'article papier Belles et blogues. Puis je rentre sagement à mon hôtel pour y travailler.

Je veux finir de préparer mon atelier photo du lendemain. Après maintes tergiversations, j'ai décidé de laisser faire le Powerpoint. Sachant que c'est un atelier pratique mais ne sachant point qui sera présent, le défi de préparation est complexe. Je prépare sept pages dans un document Word et je me dis que je devrai, de toutes façons, prendre le pouls de l'instant et trouver le "flow" qui conviendra.

Je connais bien ma matière et je veux aussi apporter une dimension Web en y incorporant certains outils offerts en ligne. Je gère stress et pression en une même concentration. Je me perd les idées dans la vue qui s'étale sous mes yeux. Je me perds le regard dans Montréal qui illumine la nuit. Tard passé minuit, je m'endors les rideaux grands ouverts.


Samedi, six heures du matin, sonne le téléphone. C'est mon réveil. Se doucher, se maquiller, s'habiller, respirer, expirer, inspirer. Le jour se lève. J'emprisonne le stress sous ma peau. Je suis prête. J'enfile mon manteau. Je prends l’ascenseur. Hèle un taxi. Celui-ci prend les traits d'un chauffeur haïtien au sourire lumineux. Un chauffeur qui se révélera un véritable ange urbain!

Pour résumer une histoire longue de 45 minutes. Le CRIM (centre de recherches informatique de Montréal) a déménagé il y a peu. Deux adresses se retrouvent sur le Web. Et ce matin là, en gestion de stress, je me suis trompée d'adresse! Bref, Dieu merci, le chauffeur de taxi fut un ange tombé du ciel et 45 minutes plus tard, j'étais au bon endroit sans être ruinée!

J'arrive juste avant que ne commencent les conférences, un peu stressée je dois l'avouer. Mais là, un autre ange m'attend. Vicky, blogueuse et édimeste du site de Coup de Pouce (que j'avais rencontrée à Jasette et Plaisirs), m’accueille avec tant de chaleur humaine que je me peux que décompresser et relaxer. Super gentille, elle me prête même son iPhone pour que je puisse tweeter en direct (vu que j'alimente et cogite le Twitter de l’évènement). J'entre dans la salle ma Flip dans une main et son iPhone dans l'autre, je m'assois dans un petit coin alors que Mélanie Thivierge commence son allocution...

La matinée Belles à bloguer...

J'essaie d'apprivoiser l'iPhone que j'ai entre les mains. Vicky est retournée vaquer à ses occupations et même si j'en connais un rayon sur les téléphones intelligents (j'écris parfois à ce propos en mes chroniques technos), je suis pas mal plus novice en pratique qu'en théorie! J'en ai bien demandé un au Père-Noël mais je crains tout de même de ne pas le recevoir sous le sapin le 25 décembre...

Carl Charest débute sa présentation, je décide de le flipper plutôt que de tweeter "drette live". Du coin de l'oeil, j'aperçois Karine que je connais virtuellement. En quelques pas de sioux je m'assois à ses cotés. L'on se reconnait en un sourire partagé puis complice...

Martine Gingras est prête à commencer sa présentation. Karine me démèle les pinceaux avec le iPhone de Vicky et je commence à tweeter la présentation de Martine. Je suis aux anges! J'adore être là. Ma bonne humeur explose le stress. Je remarque que le hasthtag de l’évènement semble bien rouler. En ma condition de gestionnaire Twitter, j'en suis presque fière. Et je tweete encore...

J'écoute Martine sans la regarder puisque j'ai les yeux rivés sur mon écran. J’absorbe tous ces mots. J'apprécie sa présentation. J'y retrouve tous ces éléments que je connais mais qui sont si bien organisés et exprimés que c'est un plaisir à entendre. La matinée va bon train. Après la conférence de Martine, embarquent les ateliers. Je décide d'aller faire un tour de celui de Catherine Morissette, ma copine des GirlGeeks de Québec mais je réalise vite que tweeter juridique est ardu. Je me faufile alors dans l'atelier de Martin Lessard. La salle est bondée de femmes qui écoutent avec attention l'expert en pleine forme. Je tweete un peu avant de filer.

D'ici une petite heure ce sera mon tour d'être mise en scène. Je prends le temps de m'équilibrer les nerfs. Je discute au coin d'un Perrier avec des webcopines qui traînent dans les parages. Incapable de manger, je rôde autour de la machine à café...

Je rejoins Vicky dans la salle où se retrouvent médias et conférenciers. Je lui rends son iPhone, sachant mes limites, dans les heures qui viendront j'aurais d'autres chats à fouetter que celui de tweeter. Arrive Nadine Deschenaux qui fait partie de notre trio débat du midi. Je la connais et l'apprécie virtuellement. L'on se côtoie au numérique depuis quelques temps déjà. Je la trouve charmante sous son blouson de cuir, gentille, enrhummée aussi. L'on papote un peu de ces extrêmes maternels que l'on représentera bientôt devant une salle pleine de blogueuses. L'on se respecte mutuellement en notre condition de mère. Je suis contente qu'elle soit là, à mes cotés, en cette aventure particulière.

Midi arrive bientôt, les ateliers achèvent, les participantes découvrent le brunch. L'on attend Marie-Claude Lortie pour pouvoir commencer le débat. J'en profite pour papoter avec ces connaissances Web que je suis heureuse de voir "en vrai". Des connaissances qui, pour certaines, sont déjà des amies...

J'adore ce feeling d'avoir le luxe de se connaitre mentalement avant de se rencontrer physiquement. Et dans cette dynamique semi-télépathique, je ne suis jamais déçue. Au contraire, je suis toujours ravie. Traverser la frontière du réel ne fait que prolonger le plaisir d'une relation virtuelle. Souvent elle l’approfondit et c'est encore meilleur lorsque l'on se retrouve ensuite sur le Web.

À suivre...

Belles à bloguer, chapitre 1

jeudi, décembre 02, 2010

Semaine en accéléré et silence de lac...


Cette semaine est de celles qui passent sans qu'on ne les voit passer. L'évènement Belles à bloguer, auquel je participe, se déroulera samedi prochain et je sens monter la pression en mon sang...

Je commence la semaine sous la neige, l'oreille pendue au téléphone entre deux appels conférences et trois coups de fil. Accrocher une heure de soleil pour respirer l'air calme du lac qui se glace. Y découvrir une atmosphère immobile. Immortelle. Ici, le temps ralentit. L'humain s'efface et la nature reprend ses droits. Le lac s'endort. Sous le soleil qui me réchauffe le visage, je souris. Le spectacle est saisissant de silence et d'éternité. J'en respire quelques bouffées alors que le soleil se couche derrière les collines saupoudrés d'hiver.

Respirer la paix puis reprendre la roue du temps qui déboule. Préparer un atelier photo avec un petit trac au ventre. Réfléchir à ce débat du midi qui m'intimide un peu. En ce débat maternel qui animera l'heure du midi, je représenterai l'investissement absolu dans la petite enfance en compagnie d'une mère "imparfaite" et d'une mère féministe. Je médite sur mon cas. Je ne me reconnais pas tout à fait dans la maman de Caillou même si c'est vrai que j'ai l'enfance bien à coeur...

Et pendant ce temps, la neige s'efface devant la pluie qui n'en finit plus de tomber. Le temps se renverse. Le déluge transforme la neige en bouillasse. L'atmosphère est morose mais le lac peut respirer un peu avant d'être prisonnier des glaces. Et pendant ce temps, je raisonne la culpabilité interne de partir 3 jours loin de ma fille. Pour la première fois depuis sa naissance. Partir 3 jours pour exister en toute individualité. Sans elle. Juste moi. C'est une sensation étrange. Une sensation que je connais peu. Ces dernières années j'ai plutôt pris le chemin inverse. En fait, je connais mieux la culpabilité de ne pas participer aux finances du foyer pour m'imprégner de son enfance que celle de la quitter...

Comme l'on ne se refait pas, demain ma Mini Miss a congé de garderie. Je la libère de sa routine enfantine pour une journée mère-fille. J'arrête le temps un instant même si cela n'est pas productif. Je lui avais promis de l'emmener chez la coiffeuse la prochaine fois que je mettrai du rouge dans mes boucles et je tiens ma promesse pour son grand plaisir. Son bonheur fait le mien. M'zelle Soleil adore aller à chez la coiffeuse (et la coiffeuse l'adore). De mon coté, Je crois que j'aime passer du temps avec elle autant qu'elle aime aller chez la coiffeuse! Même si je sais aussi combien elle aime rester avec moi. Mais pour elle, être avec moi c'est naturel. Cela fait partie de ses habitudes. En son quotidien, je suis acquise. Je sais l'importance que j'ai dans sa vie. Tout comme je sais qu'elle n'a plus autant besoin de moi qu'avant. Alors j'irai à Montréal retrouver cette individualité que j'ai mis de coté pour  mieux la regarder grandir. Une individualité que j'ai un peu oublié.

Depuis quelques temps, Juan insiste pour que l'enfant comprenne que j'ai le droit d'avoir une vie indépendante de la sienne. C'est un nouveau concept pour la Miss qui apprend que j'ai une vie sans elle. Lorsqu'elle pleurniche sur le fait que je m'en vais, l'homme lui réponds: "Liloo, arrête de chouiner pour rien! Maman peut aller à Montréal sans toi. Elle a aussi le droit d'avoir sa vie à elle! Maman travaille!". À chaque fois qu'il prononce ces mots. Je grimace. Ces mots résonnent à mon esprit comme un coup de fouet. Je me rends compte que je suis allée loin dans la dévotion maternelle. Et, si c'était à refaire, je referais pareil. La vie est pleine d'étapes, de carrefours et de chemins qui s'entrelacent. Mais un nouveau chemin se dessine à l'horizon et je chausse mes bottes à talons pour en fouler le mystérieux pavé...

Semaine en accéléré et silence de lac...

mardi, novembre 16, 2010

24 heures en solitaire dans l'agitation urbaine

Montréal Vibes

La semaine dernière, je suis partie 24 heures à Montréal. C'est la première fois que je partais seule depuis des années. Depuis que je suis maman, depuis que je suis mariée. C'était une étape nécessaire en ma peau de maman, en ma peau de femme. J'en savoure le cheminement. En mon coeur, je m'étais mis comme balise les cinq ans de M'zelle Soleil. À ses cinq ans, je me donnais le droit d'être plus femme que maman...

Ainsi lorsque j'ai reçu une invitation pour aller à une soirée citadine ayant pour thèmes Bien dans mon coeur, Bien dans ma tête, Bien dans mon corps, j'ai pris le train en marche sans une hésitation. Cette conférence tombait le lendemain du jour du cinquième anniversaire de ma puce. L'occasion était trop belle et l'occasion fait le larron!

Dans le bus, je rencontre une enseignante retraitée qui vit aux Îles de la Madeleine. J'apprécie la sympathique compagnie. L'on parle des femmes, d'avant et de maintenant. Les sujets de conversations s'écoulent au fil de la route qui se déroule. Je ne vois pas le trajet passer. J'arrive en ville alors que le soleil se couche. La lumière de fin de jour caresse les buildings qui scintillent. Montréal se fait belle. Elle se rappelle à ma mémoire. Il fait doux. Je remarque que toutes les feuilles ne sont pas tombées, on dirait presque le Sud. Je prends un taxi.

J'arrive à mon hôtel. Le plus Feng Shui de la ville selon mon amie Marie-Julie. Ma chambre est confortable et douillette. Je me montréalise les idées au coeur du quartier chinois. J'ouvre mes chakras. Hissée sur mes talons hauts, je cours les rues pour y chercher ces petites choses que j'ai oubliées. Un collant et des shampoings plus tard, je suis sous la douche. Je me recentre. Me voilà prête pour cette soirée qui me fait troquer mes collines paisibles pour le skyline de Montréal.

Picnik collage

Cette soirée particulière se déroule dans le Centre des Sciences du Vieux Port. Je vais me tremper les neurones dans des eaux toutes féminines. Légère. Je souris. Je sais aussi que j'y rencontrerai surement ces filles que je copine en ligne. C'est aussi pour elles que je suis venue...

Aussi, même si je n'ai pas encore eu le temps d'en parler amplement en ce jardin de Toile, je serai de la conférence "Belles à bloguer" qui se déroulera à Montréal le 4 décembre prochain. Je peux même dévoiler que j'animerai l'atelier photo et qu'il se concocte aussi une autre activité intéressante pour ma pomme des bois ce jour là. Et pour finir les confidences; je suis celle qui gazouille pour la cause sous la bannière Twitter de "Belles à bloguer"...

Mais revenons à cette soirée un peu glam et très femmes. Je retrouve mes copines blogueuses sans trop de difficulté. Je commence à connaitre l'équipe de Coup de Pouce (qui me dirige facilement dans la bonne direction), dernièrement, j'ai eu le bonheur de travailler avec ce magazine pour un article papier lié au Web. L'équipe est aussi cool que je m'y attendais.

Je retrouve la gang de blogueuses, mes copines Web et d'autres connaissances virtuelles. Après quelques papotages, l'on se dirige ensemble vers la grande salle. Mélanie Thivierge anime la soirée, élégante et articulée, elle enrobe le tout d'une belle énergie. C'est une soirée féminine sur fond de magazine...

La vulnérabilité de l'amour

Dans le volet Bien dans son coeur l'on parle couple avec Francesca Sicuro, une psychologue qui s'intéresse au mieux-vivre sous toutes les formes. J'en retire plusieurs points pertinents. Je les absorbe pour mieux les digérer. J'en retiens que l'amour du couple est une sensation privilégiée que beaucoup recherchent. C'est une expérience riche et complexe et certainement l'une des réalisations les plus significatives d'une vie. Évidement tout le défi est dans la durée!

Francesca Sicuro parle très bien de la vulnérabilité de l'amour. Mes neurones s'enflamment. Il est vrai que l'amour est plein de dangers. C'est une aventure risquée que de se laisser aimer. Accepter et assumer ses peurs est la première étape à franchir. Et puis, il y a plusieurs formes d'amour. Ainsi l'amour pour ses enfants est souvent plus profond que l'amour en couple. Mais tout comme les bébés ont besoin d'amour pour vivre et grandir, l'adulte est dans le même cas. Sans amour, l'humain s'étiole...

À cet effet, il est prouvé qu'un bébé que l'on aime pas, que l'on ne touche pas, peut se laisser mourir (même s'il est nourri et a un toit sur la tête). Aussi, il parait que les personnes âgées qui aiment et sont aimées ont beaucoup plus envie de vivre que les autres. Et si on ne le savait pas encore et bien il est dit, ce soir là, que quatre câlins par jour augmente le système immunitaire. La tendresse est bonne pour la santé! Tant d'autres points sont partagés mais je les macère en moi pour mieux les cuisiner plus tard.

Les bienfaits de la créativité

Vient ensuite le volet Bien dans ma tête présentée par ma copine virtuelle Manon Lavoie. Comme je m'y attendais, elle est excellente. Elle parle créativité avec passion et honnêteté. Elle explique que la création fait surface lorsque le rationnel s'apaise. Je me rends compte que beaucoup de femmes ont du mal à gérer leur créativité qui est étouffée par le poids du quotidien. Ce n'est pas mon cas. L'artiste que je suis vit un peu à contre-courant. En ce qui me concerne, ma zone de confort n'est que création. Accrocher le rationnel est mon défi personnel. Mais j'adore l'énergie de Manon et je sais qu'elle aide plusieurs femmes à capter leurs élans créatifs. Pour en savoir plus n'hésitez pas à suivre les petits pas de ses muses créatives...

J'en retiens l'idée d'être douce avec soi. Je médite aussi sur le fait que je ne sais jamais vraiment comment je touche les gens. De plus en plus souvent, au fil de mes sorties, je rencontre des gens touchés par mes mots et cela me bouleverse intérieurement. Et puis je réalise que cela fait un moment que je n'ai pas cultivé la créativité de ma puce. Je me promets d'y remédier en nous organisant une activité découpage-collage avec mes vieux magazines!

Ralentir le rythme et inspirer profondément

Ensuite la soirée se termine avec le volet Bien dans mon corps. J'ouvre grand mon esprit, je sais que j'ai beaucoup de travail sur cette planche là. Nicole Bordeleau prend le devant de la scène. Immédiatement je tombe sous le charme de ses vibrations. J'inspire ses paroles. Je m'en imprègne tout en l'écoutant. Je m'en imprègne tant que j'oublie même de sortir ma Flip! Je m'en imprègne tant que je suis encore dedans. J'apprécie sa perception de l'Être Humain. En effet, en ce terme précis qui nous définit, il y a être et non avoir...

Sous sa direction experte, je vais tant à l'intérieur de moi-même que des larmes coulent en silence sur mes joues. Et puis d'un coup, j'ai envie de faire du yoga comme jamais auparavant! Enfin, même si novice, je bats quand même tous mes amis au Yoga version Wii Fit! Bref, cette présentation m'a tant touchée qu'elle reste ancrée en moi. D'ailleurs, hier, j'ai même poussé le travail personnel en effectuant une méditation de la compassion via son site Web...


La soirée se termine. La salle se vide. Je suis la gang de filles qui m'entoure. J'avoue que j'ai un peu de mal à remonter des profondeurs de moi-même pour socialiser comme du monde. Je réalise combien socialiser demande une certaine superficialité. Une superficialité que l'on ne possède point en ses tréfonds.

Un macaron et quelques bouchées plus tard, je suis de retour à la surface des choses. Et je suis des dernières à partir. Pour une fois que je sors, je ne vais certainement pas me coucher tôt! J'accroche un lift avec mes deux copines Web. Mon hôtel n'est qu'à quelques minutes du Vieux Port. Dans la voiture garée au coin de la rue où je descends, l'on papote encore et encore. Avec La Belle et Karo, l'on profite au réel de cette subtile amitié virtuelle qui nous lie. En conclusion ce fut une bonne soirée qui valait le déplacement. Une soirée riche en réflexions et agréables rencontres...

Le lendemain midi, j'ai aussi eu le bonheur de dîner avec une amie que j'estime beaucoup. Puis juste avant de repartir, je me suis enchinoisée sous le soleil de Montréal. À suivre en mots et photos en un futur billet...

Montreal Vibes

24 heures en solitaire dans l'agitation urbaine

lundi, novembre 08, 2010

Blessures de guerre et prison de chair...

Orange Destiny

Durant ma grossesse, j'ai accumulé tant de livres que je me suis transformée en bibliothèque ambulante! Un véritable cauchemar pour la femme en ma peau. Après avoir accouché puis failli trépasser des suites de l'accouchement, j'ai réalisé l'ampleur de mon drame féminin. Dès que j'ai retrouvé un semblant de santé, je me suis inscrite à un Gym de femmes. Et puis, je suis partie en guerre... 

Les six premiers mois d'entrainement furent un calvaire. Trimballer une bibliothèque sur un tapis roulant c'est douloureux à souhait. De quoi s'envoyer l'estime de soi dans les pâquerettes! Cela dit, en deux ans d'entrainement continu, j'ai bien fondu. J'ai travaillé sur moi-même. Malgré l’humiliation intérieure, à force d’efforts et de volonté personnelle, j'ai grimpé cette montagne qui me semblait insurmontable. En chemin, j'ai pleuré, j'ai coléré, j'ai bataillé, j'ai sué comme une vache. Et, je me suis musclée. Petit à petit, l'espoir en ma peau est revenu.

Puis je me suis pétée les deux chevilles en un mois! À mon grand malheur, j'ai refait une petite collection de livres perdues. En maugréant, dès que j'ai pu remarcher, je suis retournée m’entraîner. Le cardio est la clé de ma peine. Mon cas est une conséquence amère d'une vingtaine avec un petit trouble alimentaire. Un certain trouble alimentaire qui me conservait fine mais qui abaissait mon métabolisme sans que je n'en ai aucune conscience. Ma grossesse a été le tournant qui m'a permis de mieux comprendre cette guerre que je vis avec mon corps depuis des années. Au fil du temps qui s'écoule, j'apprivoise l'idée que l'on doit vieillir et ratatiner. Ceci à la seule condition d'arriver à se sentir bien dans sa peau flétrie. Tout un défi pour tant de femmes (dont ma pomme des bois)! Un de ces jours j'aurai 40 ans, d'ici là, j'aimerais bien atteindre une réconciliation corps-esprit.

Bref, à force de m'entrainer, j'ai fini par découvrir le second souffle. J'ai même cru apercevoir des signes de paix. Puis j'ai atteint un plateau et M'zelle Soleil s'est cassée la jambe. Son accident a coïncidé avec mon renouvellement de contrat de Gym. Je ne m'en suis pas occupée. Trop concentrée à m'occuper de mon enfant blessé, j'ai laissé l'entrainement de coté. Lorsque je suis totalement intégrée à ma peau de maman, ma peau de femme a l'habitude de prendre le bord. Depuis que je suis maman, arriver à trouver une place pour la femme en moi est un cheminement en soi. La petite enfance m’absorbe si facilement le coeur. Son innocence m'enchante la cervelle sans problème. Me distancer du "monde adulte" pour mieux apprécier l’enfance de ma puce est si simple à mes sens. Même si cela va parfois à l'encontre de la raison moderne. Enfin, de toute façon, l'été c'est toujours plus facile de bouger et de ne pas trop s’encroûter.

Lorsque je suis retournée à mon Gym féminin, bien décidée à reprendre le taureau par les cornes, j'ai appris qu'il me faudrait repayer mes frais d'inscription. Et là, je me suis un peu fâchée. Sachant que j'ai payé en continu durant quatre années, que mon dossier fait une quinzaine de centimètres d'épaisseur, que cela faisait à peine trois mois que je n'avais pas donné signe de vie, me demander 150 dollars pour réouvrir mon dossier m'a semblé un peu exagéré. Bonjour le service à la clientèle pourri! Est-ce une façon de traiter les clientes fidèles? Je me suis rebellée. Évidement les conditions d’inscriptions se sont rapidement adoucies mais le mal était fait. J'ai refusé de me réinscrire et j'ai décidé de changer d'air...

Airs d'automne

Justement, au village voisin, le Gym mixte offre une promotion d'automne qui donne la possibilité de s'inscrire sans payer aucun frais d'admission. Finalement, je me dis que c'est peut-être une meilleure voie à suivre. Lorsque j'ai commencé à m'entrainer il y a quatre ans de cela, ce Gym là n'existait pas. Il est vrai qu'à l'époque, le Gym de femmes, même s'il se trouvait à une vingtaine de kilomètres de mon lac, confortait mes complexes. Quitte à grimacer et faire brasser son gras gélatineux, autant le faire entourée de femmes mûres. C'est meilleur pour le moral. Toutes dans la même galère... 

Cependant, étant désormais assez ferme et en forme pour envisager le Gym mixte, je me tourne les idées vers celui-ci. Situé à cinq kilomètres de ma maison, l'option est tentante. L'insatisfaction du service de mon Gym habituel aidant, je prends la décision de m'y inscrire. Je raisonne mes réticences et me lance. La première fois que j'entre dans ce Gym plus masculin que féminin, j'en remarque d'abord l'odeur musquée. Cela me fait un petit choc. La musique heavy-metal me surprend aussi. C'est vraiment une toute autre ambiance que mon Gym de femmes! Je prends une grande respiration et soupèse les avantages en ma balance interne. Ils prennent le dessus malgré l’atmosphère étrange. En quelques signatures, me voilà inscrite. C'est un nouveau début. Je me rappelle qu'il est bon de sortir de sa zone de confort et d'élargir ses horizons. Histoire de ne pas s'encrasser dans de vieilles habitudes qui font de nous des mémères pas cool.

Ainsi, lundi dernier, je commence ma remise en forme et processus de fonte. Mon casque sur les oreilles, je rentre dans ma bulle musicale. Je commence par le cardio et je réalise que celui-ci tient encore la route. J'en suis heureuse. La vue depuis les tapis est meilleure que celle à laquelle j'étais habituée. Jusqu'ici tout va bien. Le vestiaire féminin de ce Gym testoronné est chic et propre. C'est un plus. À peine si je regrette l'autre...

Une fois bien réchauffée, je vais faire un tour du coté de la section poids et machines.  Là, je réalise vite que les machines sont pas mal plus mâles que celles que je connaissais. Le paysage aussi est bien mâle! J'en reste un peu bouche bée. Assez étonnée pour ressentir en parallèle la subtile impression d'avoir passé quatre ans au couvent! Malgré moi, mon regard s'attarde sur ces muscles qui bandent. Je salive. Il n'y a pas de doute, je suis profondément hétérosexuelle.

Durant mes années d'entrainement féminin, j'avais oublié à quel point les muscles des hommes peuvent être agréables à regarder. Je me régale la vue sur deux militaires en pleine action. Vu que je suis bien nourrie, je regarde le menu sans commander (même si j’observe avec appétit).  Entre deux coups d'oeils, je teste les machines qui me paraissent plus coriaces que celles de mes souvenirs. Concentrée à sculpter mes formes, stimulée par les muscles bandés qui s’exhibent, j'abuse un peu des pectoraux. ..

Le lendemain, en plein élan, j'y retourne en compagnie de mon homme. Celui-ci est prêt à m'accompagner de temps à autres, cela me plait. C'est aussi l'avantage du Gym mixte. D'ailleurs, je le trouve bien sexy à courir comme un étalon sur le tapis. Je me tape une heure de cardio tapis/elliptique. Tout est sous contrôle. Mes fesses me disent même merci. C'est bien parti. Je reprends confiance en ce corps qui a la fâcheuse habitude de me trahir.

En compagnie de mon homme, je retrouve le coin des machines et des musclent qui bandent. Je me travaille les pectoraux avec vigueur. L'on plaisante un peu sur les sujets mâles de la place et Juan en oublie presque qu'il n'aime pas faire des machines...

Jaune d'automne

Deux jours passent. Mon horaire ne me permet pas d'aller faire un tour de salle de torture. Je me réserve donc vendredi et samedi pour suer. Mon ambition est de reprendre trois à quatre fois par semaine. Histoire de donner un bon coup. Histoire de me sentir bien dans ma peau un de ces jours. Mais jeudi soir, en me couchant, je ressens un pincement dans le haut du dos. Aille.

Je m'endors en espérant fermement qu'il disparaisse durant la nuit. Le lendemain matin, c'est loin d'être passé, c'est pire! J'ai le dos barré. Cela augure mal. Je laisse tomber l'idée d'aller m'entrainer et j'essaie de travailler mes textes malgré la douleur. Samedi matin, je me lève bloquée bien raide. Ouille.

Dieu merci, alors que la douleur me creuse les traits, Juan trouve un ostéo à Québec qui prend mon cas en main dans l'après-midi. Celui-ci me fait du bien mais ne me rassure point. Il m'explique que mon corps réagit à l’exercice abusif en générant une méchante inflammation du trapèze. Cette réaction verrouille mes vertèbres qui contractent et figent. Shoot! Encore une fois mon corps et ma tête sont en pleine dualité. C'est qu'ils ont du mal à s'entendre ces deux là! Ils se font la guerre plus souvent qu'ils ne s'aiment.

Mais dans la bataille, je ne prends pas la fuite. Je fais front. Je subis la douleur et la frustration, j'accepte le repos conseillé, les médicaments et les compresses gelées. Et, dès que cela sera passé, je repartirai au combat. D'ailleurs, à ce que j'en ai vu, mon nouveau champ de bataille est peuplé de petits soldats...

Blessures de guerre

mercredi, octobre 27, 2010

Parlons girolles...

Aujourd'hui, le temps était tout simplement sublime, il est bien possible que l'on ait frôlé les vingt degrés en plein soleil. Une température divine.

Aujourd'hui, les services de gardes en milieu familial faisaient grève. Alors la mère que je suis a pris la relève, mis de coté ses pains sur sa planche et a fugué avec son enfant au bord de l'eau.

Une journée bien remplie avec des jasettes de voisinage, des rencontres fugaces et des humeurs de lac. Une chasse photographique réussie et une M'zelle Soleil qui est allée se coucher en chantonnant "Grève, grève, c'est très très l'fun, très l'fun, très l'fun, la p'tite grève..."

Une fois l'enfant couché, je vais faire un tour sur Twitter voir ce qui s'est déroulé durant la journée.

Il ne me faut guère de temps pour comprendre que le mot du jour est "vaginite". Michelle Blanc, de son franc parler, fait jaser Twitter qui gazouille à tout vent...

Mais une question se pose. Est-ce que le mot vaginite est tabou chez les femmes? Peut-être. En public tout du moins. Ce qui est certain c'est qu'il fait vite s'hérisser le poil des hommes!

En fait, c'est un sujet délicat et inconfortable que l'on discute entre copines. À l'intime. Car lorsque le contexte s'y prête et que les langues féminines se délient alors il n'y a plus rien de tabou à ce sujet. Il se transforme plutôt en une ribambelle de blagues, de confidences et des grimaces...

Aussi, je réalise que de mon coté, vaginite n'est certainement pas mon mot de prédilection pour aborder le sujet. En effet, je crois bien que je préfère encore parler de champignons, c'est plus champêtre. Cela me met plus à l'aise. Quitte à y penser, je lance l'idée sur Twitter. L'idée fait mouche. Ce faisant, j'en parle à mon homme qui travaille devant son écran. Je lui résume la chose et lui explique mon concept perso:

- Non mais c'est vrai, tu dis vaginite, instinctivement tu fais isssshhhhhh mais si tu dis champignons ça ouvre l'appétit!

Il me regarde à moitié amusé, à moitié dégouté et me répond:

- Ouf, quand même pas sur! Ça a plus tendance à me couper l'appétit! Mais c'est la même chose?
- Ben oui, généralement c'est des vaginites à champignons que les femmes ont. C'est les plus courantes me semble, c'est la flore qui fait des champignons comme dans la forêt...

Il me regarde avec effroi. À moitié morte de rire, j'enfonce le clou en continuant la discussion à savoir si cela ressemble vraiment à des champignons sous un microscope. Cela part à la dérive. L'homme renchérit en plaisantant girolles. L'on déraille un bon coup pour finalement éclater de rire en choeur devant l'ampleur de nos niaiseries.

Alors, ma foi, cette vaginite 2.0 aura certainement eu le mérite de réveiller l'humour nocturne en ma maison. Et puis c'est bientôt Halloween, la fête où il fait bon se dégouter et se faire peur! À savoir si c'est vraiment un sujet tabou chez les femmes, je me pose la question. En privé, entre copines, je ne pense pas vraiment que cela soit le cas. En public, par exemple, c'est une autre histoire...

Parlons girolles...

jeudi, juin 10, 2010

Sentimentalement fille...

Mon amie Dee a un petit briochon dans le bedon. Un petit briochon nommé Arthur. Un petit briochon qui a été longtemps couvé dans le coeur du futur papa. Mon amie Dee était mon dernier repère amical sans enfant...

Autant j'ai pu rager et espérer qu'elle fasse un bébé pour combler ce fossé mental qui nous séparait les premières années de ma mamitude, autant maintenant que je m'y suis habituée (et que nous y avons construit un pont), je me sens toute chose de la voir rejoindre l'univers galactique de la mamatitude.

Comme elle vous le dirait si elle m'entendait: "Etol, t'es jamais contente!". Tout comme elle me l'a dit lorsque je lui en ai parlé. Et elle a tout à fait raison à ce sujet. C'est que je l'aime beaucoup mon amie Dee. Nous nous sommes rencontrées dans une salle de cours à l'université. Puis nous sommes tombées en amitié sur les marches du pavillon de Koeninck.

Notre première discussion a duré deux heures et j'ai même raté l'un de mes cours de tutorat pour ne pas la quitter cette première fois. Nous étions toutes les deux à refaire notre vie ici. Fraichement débarquée de France, elle venait rejoindre son amour de Phil, futur papa de briochon Arthur. Je refaisais aussi ma vie avec mon amour de Juan qui était arrivé de France l'année précédente.

Lorsque je l'ai rencontrée, j'étais dans une drôle d'humeur. Je n'avais plus envie d'avoir des amis. Je prenais des vacances. Mon mari (aussi mon meilleur ami) me comblait toute entière. Je rénovais mon coeur blasé. Et puis trop de gens avaient défilé au cours de ma vie. Bien-sur, il y a le bonheur de l'amitié mais il y a aussi des déceptions et des blessures. Ma vingtaine vivait ses dernières années et j'étais dans une drôle d'humeur...

Fraichement mariée, j'étais de retour sur les bancs de l'université. Je reconstruisais ma vie à neuf. À cette époque là, même si le Web existait, peu de gens étaient connectés et l'on n'y socialisait guère. Je me baladais seule sur la Toile. Existentiellement, j'étais dans l'une de mes humeurs sauvages qui me fondent l'esprit en une solitude sereine. Mais, évidement, en recontrant Miss Dee j'ai flanché. Elle m'est rentrée dans le coeur comme une fléche de Cupidon!

Lorsque l'on est une fille, il y a de ces autres filles avec qui l'on développe des relations sentimentales. L'amour n'a pas toujours un sexe. Plus souvent qu'on y pense, il n'en a pas! Je crois qu'entre filles hétérosexuelles, l'on peut aussi entrer en relation sentimentale. Un peu au même titre qu'avec un garçon. La seule différence, en ce qui me concerne, c'est qu'avec un garçon s'ajoute l'attraction et le désir physique alors qu'avec une fille, je reste de glace. Enfin les garçons sont un autre sujet qui n'est pas celui du jour.

Dee et ma pomme avons donc commencé à "sortir ensemble". Je l'ai embarqué dans l'association littéraire que je présidais. Elle y a excellé. Et l'on a commencé à "relationner". Elle et moi sommes capable de nous parler pendant des heures et des heures. À ce sujet, nos hommes sont souvent déconcertés. On est de vraies pies. Avec les années, Juan a baissé les bras. Il ne cherche plus à comprendre notre relation féminine. Sans oublier que c'est aussi ma copine de partys! Car Miss Dee est une jolie abeille qui butine l'humanité sur son chemin. Elle a le social dans le sang. Mais nous ne nous ressemblons pas. Nous sommes très différentes l'une de l'autre. J'aime la richesse de ces différences. Nos personnalités s'entrechoquent parfois mais l'on se rejoint sur une multitude de points...

Ainsi, même s'il m'a parfois consolée, Juan ne s'est jamais mêlé de mon histoire avec Miss Dee. Il comprend que l'on possède quelque chose d'indéfinissable. C'est qu'au fil des années, l'on s'est disputées aussi. C'est d'ailleurs la seule fille avec qui je me suis disputée depuis mon adolescence! L'on s'est surement disputées parce-que l'on s'aimait, un peu comme des gamines. Mais c'est avec maturité nous sommes passés au travers. Je ne lui en suis que plus attachée. Et puis, sentimentalement, l'on a fini par trouver notre équilibre.

J'ai bon espoir que nous ne nous disputerons plus avant nos 70 ans car nous avons trouvé une compréhension et une acceptation mutuelle de nos deux êtres. Et puis l'on a un pacte de vieillesse. Un pacte secret de petites mamies ridées. Résultat: même si je ne voulais pas d'amis lorsque je l'ai rencontrée maintenant que je l'aime je ne veux plus jamais la quitter! Ne jamais dire "Fontaine je ne boirai pas de ton eau"...

Notre histoire de filles dure depuis huit ans et je l'ai dans le coeur ma Miss Dee. Sans compter qu'elle compte aussi beaucoup dans le coeur de ma fille. Voir une belle relation se développer en mon amie chère et M'zelle Soleil me comble d'émotions. Alors je raisonne ma grogne d'ado attardée et malgré le fait que je perds ma copine de fille, je sais que je vais surement gagner une copine de mère! Je suis très heureuse pour elle. Sa grossesse se déroule à merveille. Je suis la photographe officielle de sa précieuse bedaine. Le bébé est prévu pour la fin juillet. Je lui souhaite le plus doux des accouchements.

Pour l'anecdote, c'est elle qui a pris le contrôle de ce blogue pour annoncer la naissance de M'zelle Soleil en novembre 2005. Et, il faut aussi confesser que Miss Dee est au coeur de ma gang de Festival. Il est vrai que j'adorerai la voir perdre ses eaux durant un concert sur les plaines. Ce serait du domaine de la légende d'Arthur...

Et, ce matin, au petit déjeuner alors que l'on parle du Festival, M'zelle Soleil s'emballe. Pour elle le Festival,  c'est sacré. Et le Festival, c'est aussi Miss Dee! Son appartement, en un quartier branché de Québec, devient notre quartier général. Cela fait partie de la tradition. Lorsque j'explique à ma fillette que le bébé risque de sortir à cette période festive et qu'il est possible que Miss Dee ait un énorme bedon qui la garde à la maison, M'zelle Soleil est plus ou moins satisfaite de ce fait. Elle réfléchit quelques secondes et nous dit:

- Mais, quand il va sortir du ventre, est-ce qu'Arthur va venir nous rejoindre au Festival?

Éclat de rire parental. La demoiselle se renfrogne. Elle pense que l'on se moque d'elle alors que l'on trouve sa blague trop bonne! L'on essaie alors de lui expliquer que cela risque d'être un peu compliqué mais ce n'est pas gagné. Dans l'esprit de ma fille, Miss Dee est le Festival d'été vont de pair. Dans tous les cas, j'espère que mon amie aura la chance de vivre une expérience de maman aussi enrichissante que se révèle être la mienne...

Miss Dee et Lily

Sentimentalement fille.

mardi, mai 04, 2010

Entre deux averses, un rayon de soleil...

Alors que l'on soupe ensemble comme à notre habitude, en trio familial, M'zelle Soleil me demande le plus sérieusement du monde:

- Maman, quand tu vas être vieille, tu vas faire quoi?

Je manque de m'étouffer avec ma feuille de salade. J'essaie d'oublier le fait que je vieillis. L'idée d'être encore plus vieille que je le suis peut me couper l'appétit.

Je prends une grande respiration maternelle. Juan me regarde un petit sourire au coin des lèvres. J'expire et répond:

- J'imagine que je voyagerai avec papa!

Sourire de circonstance. Composition intérieure et espoir de coeur. La Mini Miss enchaine:

- Alors, est-ce que je pourrai rester à la maison toute seule et garder les chats?!?

Ma cervelle fait un tour sur elle-même tandis que je déglutis. En ma tête une conversation parallèle fait écho à celle qui se déroule à table. Est-ce que je viens de comprendre qu'elle veut la maison pour elle seule? C'est que j'apprends à bien connaitre ce petit bout qui pousse comme les feuilles du printemps. Elle adore s'imaginer grande. Du haut de ses 4 ans et demi, elle s'imagine tellement la vie au futur qu'elle va jusqu'à nous imaginer vieux! C'est logique puisqu'elle sera ainsi grande et libre de faire ce qu'elle veut de sa vie. Une autre respiration maternelle me traverse tandis que je réponds:

- Ben oui ma chouette, j'imagine que si tu es grande et que l'on part en voyage, tu pourras garder la maison et les animaux...

Je croque un creton de ma salade en échangeant un regard interloqué avec le père de la puce qui m'entourne le coeur. Nous ne sommes vraiment qu'au début de ce long chemin qu'est la parentitude.

Je réalise alors que ce fait doit être relié à cette nouvelle sensation que je ressens lorsque je croise des ados et des jeunes femmes. Cette sensation de passage de flambeau. Je ne serai plus jamais jeune, jolie et fraîche comme une rose qui vient d'éclore. C'est maintenant le tour de ma fille. Un jour, elle marchera dans les pas de sa mère. Elle deviendra femme comme je le suis devenue. Et je ne peux qu'espérer être une mère de qualité qui saura la guider jusqu'au meilleur de sa féminité.

Quand je regarde les jeunes filles, le sein haut levé et les pores serrés, je me dis que mon tour est passé. Qu'il ne sert à rien de m'en tourmenter. Que je n'ai plus qu'à essayer de ne pas faner trop vite. C'est ainsi. Je ne suis pas intemporelle. J'ai le devoir de préserver et conserver (au mieux de mes capacités) ce qu'il me reste de beauté mais la roue tourne. Ma fillette au plein potentiel m'ouvre une nouvelle voie féminine. Maintenant quand je croise une mère et une jeune femme dans la rue, c'est dans la mère que je me projette (tout comme ma Mini Miss se projette dans les jeunes filles qu'elle croise!!!). J'explore une nouvelle dimension de mon humanité. Et je prie pour tenir la route qui se déroule devant moi...

Tant et si bien que durant le concert de Charlotte, j'ai remarqué un tel duo. Une jeune femme, début vingtaine, et sa mère dans la cinquantaine. La fille était une bombe. La mère avait un certain charme sous son chignon. Elles semblaient bien s'entendre. La fille parlait, souriait, échangeait. La mère répondait, lui remettait une mèche rebelle derrière l'oreille, la regardait avec tendresse. La même tendresse que je ressens présentement pour la mienne. J'ai alors senti des larmes monter du fond de mes entrailles. Durant plusieurs minutes, les pupilles humides, je les ai observé. Pétrie d'émotions complexes. Du coin de l'oeil, je les ai étudié et je n'ai pu qu'apprécier le lien manifeste qui les unissait. En attendant Charlotte, j'ai pensé à M'zelle Soleil. J'espère qu'un jour, j'irai moi aussi voir un concert cool avec ma bombe de fille.

Je me suis retournée, tristounette, je me suis blottie dans les bras aimants de mon homme encore jeune et vaillant. Lovée contre son coeur, j'ai laissé s'estomper mes peines et tourments. Autant profiter de ce que l'on a au présent car le futur n'en finit pas de le faire évoluer...


Entre deux averses, un rayon de soleil...

mercredi, mars 10, 2010

De Tweets et de blogue...

Avec Twitter, l'on micro-blogue, c'est la nouvelle mode! C'est un concept qui peut aussi se révéler très intéressant si on l'applique sciemment. J'utilise Twitter selon la théorie de Michelle, comme une rivière où je vais nager de la cervelle. C'est un peu comme aller prendre un bain dans la mer Morte. La mer Morte possède une haute teneur en sel et une forte concentration de minéraux qui sont, paraît-il, bon pour la peau. Ma twittosphère possède une haute teneur Web et une forte concentration d'internautes aguerris. Cela fait du bien à mes neurones (et cela les amuse).

À ma grande surprise, j'ai appris dernièrement que seulement 5% des québécoises microbloguaient et que 9% bloguaient! Je ne vais pas tous les jours sur Twitter mais j'y vais régulièrement. Cela fait partie de ma routine Web. J'y rencontre des âmes invisibles avec qui j'échange des idées. Je partage ou j'accroche des liens que je relaie selon mes humeurs. C'est là-bas que j'ai commencé ma conversation avec Nadia. Une discussion presque anodine qui nous a entrainé les idées jusqu'à se poser toutes sortes de questions que l'on a ensuite eu envie de poser aux autres. Et c'est d'ailleurs là où se situe la limite du microblogue, lorsque vient le temps de développer un peu, rien ne vaut un bon blogue!

Depuis que je micro-blogue, j'aime bien faire des ponts entre là-bas et ici. Voici donc un petit résumé de ma twitjournée du 8 mars dernier. Je vous invite dans le même élan à jeter un œil au Twitter de Nadia. Je tiens aussi à remercier toutes celles qui ont participé, commenté, discuté, blogué ou micro-blogué notre humble opération Web. L'on prépare un petit bilan d'ici la fin de semaine...

Liloo

Via Twitter:

- est heureuse d'être une femme au Québec et heureuse d'élever une fillette en un bon contexte social...

- RT @cheznadia Projet 8 mars avec @etolane - Moukmouk, un gars oui, répond à nos questions

- RT @LRNTL #Journeedelafemme: 9% des Français pensent que la place de la femme est "à la maison". Inde 54% Turquie 52%

- Près d'un million de femmes "disparaissent" en Asie

- RT @synchroblogue 2.0 au féminin. #journéedelafemme #8mars

- RT @cheznadia @GenevieveLef répond sans détour à nos questions : Féministe, et puis quoi encore?! (@etolane)

- est restée au foyer 3 ans avec son petit et ne s'est sentie pas régresser pour autant...

- La poétesse iranienne Simin Behbahani n'a pu quitter l'Iran pour prononcer un discours à Paris

- RT @nathalyd Le droit de choisir #8mars

- RT @NathalieCollard Ct sensibiliser un petit garçon au 8 mars? Lui ai dit qu'en A. Saoudite, les femmes n'ont pas le droit de conduire..

- 100 ans plus tard, les féministes au pilori par @cecilegladel

- Des réponses à nos questions féminines chez @NicoleFodale et chez @educatrucs

- RT @swanpr ne pas oublier ce qui se passe en ce moment, en ce 8 mars: mariage de fillettes, ségrégation, esclavage, excision.

- "la mère un chimpanzé" Je me sens définitivement plus louve que chimpanzé!

De Twitt et de Blogue

lundi, mars 08, 2010

Sur le coup de midi, alors que le soleil brille au firmament d'un ciel bleuté, entre un article et une traduction, je réponds à quelques-unes de ces questions que l'on se pose avec Nadia. Et je réalise aussi qu'en ce jour précis, j'apprécie tous les hommes qui sont capables de respecter les femmes comme leur égale...

Originally uploaded by di.SUN.ity
- Quelle résonance a le mot féminisme pour toi?

En fait, je dois dire qu'il résonne plutôt durement à mes idées. Je suis reconnaissante envers celles qui se sont battues pour nos droits. Reconnaissante et fière. Mais je me préfère femme libre plutôt que féministe. Malheureusement je crois que c'est un mot qui a toujours sa raison d'être vu la condition des femmes à l'échelle mondiale. Mais je ne suis pas sure qu'il corresponde à mon quotidien féminin...

- Comment les hommes (ou toi si tu es un homme) participent à une plus grande égalité entre hommes et femmes?

Je pense que les hommes font partie intégrante de la bataille. L'éducation joue certainement un grand rôle dans cette équation. Par exemple, mon homme considère qu'il a été élevé selon des valeurs féministes malgré son père plutôt macho. Il en retire un sens de l'égalité qu'il ne questionne pas, qui fait partie de lui, tout simplement. Et si sous notre toit, nous pouvons revendiquer une égalité mari-femme sans conflit, c'est aussi parce-qu'il respecte et intègre ce fait. Nous sommes égaux mais nous restons différents et il est normal d'accepter nos différences sans que cela ne remette en question l'égalité de nos sexes. Mais je crois aussi que pour que la femme puisse exploiter les libertés auxquelles elle a droit, il est necessaire que l'homme participe aux tâches domestiques. Et qu'il assume son rôle de père de façon responsable et présente...

- Est-ce que pour une mère la décision de se consacrer entièrement à son rôle de mère, en mettant parfois le concept de carrière en attente, est en contradiction avec le féminisme?

Je ne le crois pas. Cependant pour l'avoir choisi et expérimenté, je peux dire qu'il reste encore du chemin à faire sur ce sujet. Le droit d'être mère comme on l'entend ne semble pas gagné au royaume des féministes et cela a tendance à m'énerver. Tant que je serai femme, j'aurai l'opportunité d'être mère et si j'ai la liberté de choix alors je dois pouvoir choisir de m'épanouir dans mon rôle de mère sans pour autant régresser en tant que femme! Il est déjà assez difficile de trouver un équilibre entre vie de mère, vie de couple et vie professionnelle qu'il serait bon d'avoir un peu plus de soutien féministe à ce sujet! Pour être en accord avec moi-même, je dois respecter mes instincts intérieurs. Et si je possède un instinct qui me pousse à un certain dévouement maternel, je ne vois vraiment pas en quoi je trahis mes contemporaines.

- Le droit de choisir pour une femme, ça représente quoi pour toi?

Cela représente l'égalité avec l'homme. Depuis la nuit des temps, l'homme possède une liberté de choix en ce qui concerne sa vie et son destin. Posséder cette même liberté est tout ce que je demande dans le fond. La liberté de pouvoir vivre sa vie comme on l'entend. C'est extrêmement important à mes yeux. Et c'est ce que je souhaite à toutes les femmes de la planète. La liberté de travailler selon leur potentiel, de s'exprimer selon leur intelligence, d'enfanter selon leur désir...

- Nomme trois personnalités féminines qui t'inspirent... et/ou trois femmes autour de toi que tu admires.

Pour l'occasion, je choisis trois personnalités web que j'apprécie et qui m'inspirent au quotidien: Martyne pour son humanité. Marie-Julie pour sa vivacité. Geneviève pour sa pertinence.

Pensées féminines