vendredi, octobre 02, 2020


En zone rouge, le monde ne sait plus à quel saint se vouer. Ce virus nous confronte à nous même de façon profonde. Il transforme l'humanité en son entier. Au niveau sociologique, c'est fascinant. 

Mais ce n'est pas une rigolade. Pour personne. Que l'on soit touché physiquement, émotionnellement ou financièrement, cette année n'est facile pour personne...

Il y a 100 ans, bien des rescapés de la Covid ne seraient pas vivants. On parle beaucoup de la détresse psychologique du monde confiné. Mais qu'en est-il du traumatisme de ceux qui sont aux front du virus depuis des mois? Qu'en est-il des soignants? Ne sont-ils pas à bout de souffle, à bout de ressources? On y pense plus? Plus personne ne les applaudit? 

La détresse humaine de ceux qui soignent les infectés est pourtant bien réelle. La détresse humaine de celui qui doit faire des choix comme celui de savoir s'il doit sauver la vie d'une dame de 51 ans ou celle d"un homme de 59 ans est inimaginable. Ne serait-il pas temps de remettre les responsabilités sur les bonnes épaules? 

Pourquoi est-ce-que ceux qui se foutent du virus et de ses conséquences peuvent contaminer autrui en toute impunité? Sans en être puni? 

Je pense à l'infecté qui est allé au Karaoké à Québec et qui a contaminé plus de 80 personnes, dont plusieurs sont hospitalisées. Qu'en est-il de sa responsabilité personnelle

Si l'une des personnes contaminées par son insouciance meure, devient-il un meurtrier? Ou est-ce juste un humain libre? Cette question n'arrête pas de me trotter dans la tête...



En 1918, des anti-masques manifestaient déjà leur liberté de contaminer autrui!

Saviez-vous que durant l'épidémie de grippe espagnole (venue du Kansas) en 1918, il y eut des manifestations anti-masques? Ce qui peut faire penser que l'humanité n'a pas évoluée aussi vite que nos connaissances? Ce qui serait bien décevant... 

Parlons maintenant de statistiques de pandémie de Covid 2020. Sans parler des cas chroniques, encore trop peu étudiés, mais dont les témoignages sont de plus en plus nombreux de par le monde. En Italie, lorsque le système médical a explosé sous la pression de la Covid, le taux de mortalité a tourné autour de 5%. 

Lorsque le système de santé tient le choc, la mortalité semble tourner autour de 2/3%. Sans parler des séquelles de ceux qui s'en sortent. 20% des infectés développeraient une forme sérieuse de la maladie avec besoin d'hospitalisation. 5% de ceux là peuvent en mourir selon le niveau d'infrastructure médical du pays. 

Une pensée triste pour Nick Cordero. Cet acteur de Broadway, âgé de 41 ans, avec une forme d'athlète qui s'est battu comme un lion avant d'être emporté en l'au-delà. Désolé les éveillés, mais aucune grippe n'aurait pu ainsi le tuer! 

Comme lui ou n'importe qui d'autre qui tirera le mauvais numéro à la loterie du Covid, la mort rôde. Prête à attraper le passant. Passé 40 ans, tout le monde est à risque puisque personne ne sait comment son corps réagira devant ce virus "made in china". Certains en sont juste plus conscients que d'autres... 

Pour la ville de Québec (et sa région) dans les derniers jours, plus de soixante éclosions ont été rapportées. Une dizaine en résidence de personnes âgées. Plus d'une trentaine dans différents milieux de travail (bureaux, usines, garages ou chantier de construction), une dizaine via les bars, restaurants et cafés et une autre dizaine via les écoles. Une éclosion via un chalet, une en milieu religieux et une en milieu sportif/récréatif. Nous voilà en zone rouge pour 28 jours. Merci les covidiots et autres éveillés de service. Nous voilà tous punis! 

Au moins, les osteos et chiros restent présents. Pour les piscines, rien n'est certain. En ce qui nous concerne, cela ne changera pas grand chose à nos habitudes 2020 puisqu'on vit depuis mars comme si on était en zone rouge tout le temps. On voit quelques amis de loin, toujours dehors. On est allés deux fois au restaurant depuis mars, en terrasse. 

Je suis en rééducation/réhabilitation en continu, l'homme est en télétravail, seule Miss Soleil sort de la maison/village. On lui fait confiance. Elle décide de porter le masque en classe au vu des comportements insouciants de ses contemporains. 

Pour l'avoir vu résister à la pression sociale tout l'été, non seulement on lui fait confiance mais on est fier de sa force intérieure! Avec elle pour m'aider à cultiver l'espoir d'un monde meilleur, le futur me semble plus brillant.


Extrait de cet article à parcourir: "Sans surprise, l’histoire mouvementée de la ville avec les lois sur les masques est à l’étude pour les leçons. 

Dolan a expliqué les leçons de la comparaison – «Comme pour cet exemple historique, nous voyons qu’il est presque impossible de faire respecter complètement une mesure qui modifie radicalement le comportement social du jour au lendemain. Cependant, les tentatives pour persuader la majorité de se conformer aujourd’hui semblent donner de meilleurs résultats que par le passé pour contrôler la propagation de la maladie. C’est là que nous pouvons être réconfortés de ne pas ressembler au passé."

Nous voilà en zone rouge!


Voici venu le premier automne depuis 2017 où je me sens reprendre vie. Où je retrouve une certaine stabilité dorsale. Où je vois briller une lumière au bout du tunnel. 

Après avoir été longtemps confinée par la maladie, je me sens revivre. Après m'être battue contre le malheur en mon corps, après avoir supporté d'insupportables douleurs, je reprends des forces en notre monde déstabilisé par ce virus chinois. Un monde contaminé et semi confiné! 

Après avoir combattu maintes dépressions, maintes déceptions et maintes solitudes, je retrouve un monde bien déboussolé. C'est particulier. Quasi surréaliste!

Il n'y a plus de travail en mon domaine, plus d'arts ni de culture, plus de voyages. Si je n'avais pas le caractère si forgé, je m'arracherais bien des cheveux! 

En même temps, c'est un monde qui me montre les forces intérieures que j'ai acquises au fil des années et des difficultés. La maladie m'a ruinée financièrement bien avant que la Covid ne pointe son nez. Elle m'a ruinée mais pas tuée!

Sans les deux collectes de fond pour aider à défrayer ces médicaments qui me permettent de contrôler mes neuropathies permanentes, je n'aurais pu progresser en mes rééducations physiques. 

Ces deux collectes de fond ont aussi aidé à me redonner foi en une humanité bien blessante pour ceux qui perdent la santé. Il en faudrait surement une troisième vu l'état de nos finances actuel mais en ce contexte pandémique, c'est difficile à imaginer. Même si depuis trois ans, je ne reçois aucune aide de la part de gouvernent. À moi de me dépatouiller!

Après avoir été physiquement affectée par le premier confinement, qui a fait régresser ma courbe de progression, j'espère pouvoir continuer de progresser en zone rouge. Et pouvoir continuer de me soigner... 

La piscine, à 20 minutes de la maison, où je suis allée me rééduquer le dos durant deux années ne nous est plus accessible. Seuls les résidents de la municipalité en question y ont accès. Tant pis pour moi! 

J'ai profité de l'été pour donner un coup à cette rééducation si longue et laborieuse. Je suis pas mal fière de moi. 

Je suis allée dans le lac jusqu'à ce que sa température tape les 15 degrés. J'ai bravé l'eau froide bien des fois en ce processus où je me suis dépassée tant de fois que je n'y porte plus attention. J'ai appris à sourire dans la difficulté et l'effort. 


J'ai appris à contrôler chacune de mes pensées et à en transformer les plus négatives. J'ai appris à ne pas sombrer dans l'obscurité de la douleur. J'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup médité et prié. 

J'ai appris que l'acceptation de la difficulté était la première étape à assimiler pour la surmonter. Ensuite il faut accepter de s'y adapter... 

Tant que mon cas progresse, me forcer à m'entrainer en milieu aquatique est la seule solution. Plus je retrouve d'autonomie et de mobilité et plus mon moral est facile à gérer. Plus mes pensées s'allègent. Mais quelle étrange sensation que de retrouver mon moral en un monde si démoralisé! 

Merci à notrebami Brian qui a accepté de chauffer sa piscine plus longtemps qu'à son habitude pour que je puisse y effectuer mes exercices de rééducation physique. 

À 20 degrés, l'eau n'est pas chaude mais le risque de Covid est nul! Et c'est toujours plus cool de se dépasser en plein air. Merci à mon homme et à ma puce pour cet amour qu'il me porte. Pour leur soutien à ma vie. 

La prochaine étape est de retrouver une piscine ou poursuivre mes entrainements physiques. Si la zone rouge nous le permet! 

Tout en se demandant quel est le risque Covid. Tout en le considérant. Tout en faisant attention le plus possible. Tout en sachant que ne plus aller bouger en piscine équivaut à une régression physique pour ma pomme. Mais qu'attraper le Covid, en mon cas, n'est guère rassurant! 

S'il fallait que j'aie parcouru tout ce chemin de rémission pour me faire attraper par ce virus, je serais bien frustrée. Et s'il fallait que mon homme diabétique aille très mal ou pire encore, oh god! Je ne veux même pas y penser! 

Je veux juste retrouver cette normalité qui est acquise pour tant. Celle de pouvoir bouger sans que mes vertèbres ne se déplacent et ne m'immobilisent. Cette normalité de pouvoir marcher, celle de pouvoir travailler, malgré quelques invisibles séquelles physiques et douleurs persistantes.

Renaissance d'automne et gratitudes...

mardi, septembre 29, 2020


À la base, le problème avec la Covid ce n'est pas tant que c'est un virus aux allures de roulette russe, c'est son facteur exponentiel. C'est pourquoi il n'est pas nécessaire d'attendre que débordent les hôpitaux pour essayer d'en enrayer la propagation. 

Si l'on veut protéger les plus faibles de santé, les plus vieux et les infrastructures médicales en place, il faut prévenir ce pire. L'Italie l'a bien compris. Pas de manifestants là-bas. 

C'est que le Québec essaie de faire depuis avril. Enrayer l'épidémie. L'on a réussi à le faire durant quelques mois. En oubliant de s'en féliciter? Car depuis que les anti-masques gagnent en popularité, on l'échappe. Une autre coïncidence? 

À noter que la bulle Atlantique avec la Nouvelle Écosse et le Nouveau Brunswick sont en train de faire un bon travail d'éradication du virus. Et personne là-bas ne manifeste contre le masque. Just sayin'... 

Car s'il y a de plus en plus d'adeptes des nouveaux gurus de l'éveil contre le "nouvel ordre mondial", aucun de ceux là ne se préoccupe du facteur exponentiel du virus. Ce qui me fait toujours sourire... Jaune. 

Aucun d'eux ne semble connaître les nénuphars! Ceux là refusent de voir les éclosions en cours. Ils ne pensent jamais au délai nécessaire au virus pour compliquer la santé et encombrer les hôpitaux. 

À partir de là, aucune de leur théorie ne tient vraiment la route. Sauf si l'on considère qu'il n'est pas grave d'éradiquer les vies comme celle de mon mari ou moi-même. Après tout pourquoi ne pas laisser le virus faire sa job naturelle? 

Les vulnérables n'auraient pas survécu à l'impitoyable loi du plus fort telle que la nature l'entendait avant la médecine moderne. Pourquoi ne pas les sacrifier sur l'autel de la croissance et de l'économie? Mine de rien, cela tient mieux la route que toutes ces théories farfelues qui ne font que dissimuler des égoïsmes niés. 

Honnêtement, je respecterai plus l'anti-masque de service, s'il était capable d'assumer cet égoïsme. Au moins, je le trouverai honnête. Plutôt que de devoir observer ces hypocrites théories qui se cherchent mille excuses pour ne pas assumer le fait qu'ils n'en ont rien à foutre des vieux et des plus vulnérables. Qu'ils se sentent invincibles et plus forts que les dégâts physiques de ce virus...

Sur l'ile des éveillés...


Ceci me donne une super idée de télé-réalité! Et si on envoyait sur une île, confortable, bien logés, tous les futurs manifestants anti-masque du 11 octobre?

Ceux là gagnent huit semaines de vacances dans les Caraïbes! Tous frais compris. Genre sur l'ile d'Epstein qui est libre présentement. Bref, on les envoie tous là-bas avec un ou deux asymptomatiques...

On les encourage à faire la fête, se coller et fricoter. Genre OD des complotistes sous les Tropiques? 

Bref, ils s'amusent et ils sont libres de leurs mouvements et du partage de leurs fluides. Ils ont droit à tout sauf à l'accès de médecins et hôpitaux.

Comme il y a déjà des médecins et des infirmières dans ces manifestations, ils ont toutes les connaissances nécessaires pour bien faire. 

Ils auraient même droit à une clinique bien aménagée avec médicaments et dix intubateurs. Mais aucun de masque. Nulle part sur l'île. Aucun masque, juste leur liberté à exprimer. 

Durant huit semaines, l'on fait ici tous attention, masqués, éloignés, sans ceux là pour participer à la contagion. On réussit ce que la bulle Atlantique est en train de faire. 

Et en plus, on regarde les anti-masques, entre palmiers et eau turquoise, tester de façon pratique toutes leurs théories!

Savez-vous comment se reproduisent les nénuphars?

dimanche, septembre 27, 2020

Outrée par cet article du Devoir qui donne une telle tribune à un tel personnage. Le tout sans aucune vérification des citations données par cet homme! Honteux! 

Ce personnage qui se nourrit des peurs égoïstes du monde moderne et qui s'en enrichit, tout en incitant le culte de Trump et les croyances Qanon est ainsi mis en lumière? Sans aucune prévention, mise en garde, ni remise en question? Sans autre perspective que la sienne? 

Aucune "des vérités" dites et écrites ne sont vérifiées en cet article? N'est-ce pas une façon de crédibiliser le personnage? Une façon de lui donner de la force? Rien en cet article pour informer sur les inepties colportées. Outrée. 

J'observe, depuis quelques mois, ce mouvement d'éveil, qui grossit au Québec et j'en suis bien troublée. L'éveil à beauté de la bêtise humaine? 

Pour avoir suivi la progression du virus depuis janvier, à Wuhan, je peux affirmer plusieurs objections aux dires de ce monsieur là, qui construit sa pensée selon la définition de la réalité qui lui convient. 

Ce type de personne qui refuse de voir les multiples éclosions des deux dernières semaines à Québec, qui a toujours raison et qui incite aux croyances complotistes est un danger public! Et le Le Devoir lui offre une telle tribune? Outrée. 

Ces gens qui refusent les statistiques italiennes et bien d'autres, ces gens là, avec de magnifiques oeillères qui les protègent du bon sens sont les nouveaux penseurs? Et tous voient Trump comme un sauveur... 

Trump, roi de l'illusion et du mensonge, est en train de se construire tout un royaume. Pas étonnant qu'il ne veuille plus se départir de son trône. Mais s'il reste un autre 4 ans, qu'adviendra-t-il de nous?

 Au final, je finis par croire que si le Covid est gérable, avec un peu d'efforts, de bon sens et d'intelligence, je crains que ces gens là ne le soient pas. Rendu là, je crains plus l'humain que le virus...

Outrée!

Fin septembre. Étirer l'été en quelques méditations de sable. Inspirer cette nature qui me rassure et me console. Ne pas vouloir voir revenir le frette et l'hiver. 

Une heure de méditation en coin de lac pour me donner de la force intérieure. L'esprit se meut avec un ciel ombrageux. Finir cette séance sous quelques gouttes de pluie. 


Méditer avec un mantra sanskrit. Méditer ne vide pas l'esprit. Il le remplit. Méditer évacue les pensées futiles et remplit l'être de conscience.

Ignorer les bibittes qui décident de me prendre pour un tapis. Dégager les plus téméraires qui s'enfargent en mes boucles. Déloger quelques fourmis qui trouvent des craques où se faufiler. Sursauter au coin-coin puissant d'un canard venu dire bonjour. 

De ces méditations plein air, où tu fusionnes avec la nature au son des vagues qui se cassent sur le sable. Un discipline mentale qui muscle le cerveau et qui aère l'esprit. C'est cool. 

Jusqu'à ce que tu rentres chez toi. Et que Aille Aille Aille! Ça te mord une fesse en sensation de vive piqûre! Ça pique ou ça mord une fourmi en danger de mort? Pas certaine. Ce qui est sûr, c'est que ça surprend! 

J'avais donc oublié une fourmi téméraire qui s'échappe alors sur le carrelage de la cuisine. Que je manque d'écrapoutir avant de la déposer sur un tournesol de jardin. Il y a de ces méditations qui ne sont pas de tout repos!


Méditation de septembre

samedi, septembre 26, 2020

Par vive curiosité, combien d'entre vous, ici, pensent que leur santé est à risque en cas de rencontre avec la Covid19? 

Quel est votre ressenti actuel en ce qui concerne le virus? En quel niveau d'alerte se situe votre région? 

Comment le vivez-vous? Pouvons-nous ici discuter du problème en cours? Se sortir la tête du sable? 

J'avoue nous sentir bien seuls, en notre tranche d'âge, avec cette épée de Damoclès au dessus de la tête. Je pense à Cindy, plus jeune que nous, et tous les autres, encore plus à risque... 

Je pense aussi à une poignée d'amis, ceux qui vivent avec un problème de santé de chronique. Comment vivez-vous la menace du virus en votre quotidien? La norme semble se sentir plutôt rassurée. Avant 70 ans, peu de gens semblent craindre que le virus n'affecte sérieusement leur santé. Est-ce que je me trompe? 

Depuis que je suis le fil de la Covid, depuis ses sources à Wuhan, j'ai pu en lire et en voir beaucoup. Il fut bien étrange, en ce début 2020, de revenir à la vie en un tel monde. Plus ma courbe de santé se redressait et plus le virus progressait! 

C'est durant le fil de ces explorations Covid que j'ai découvert la vie de Nick Cordero. Que je ne connaissais pas avant de le savoir à l'hôpital. Via les réseaux, j'ai vu sa femme se battre avec tant d'amour pour essayer de le sauver. Pour croire qu'il pouvait être sauvé. Son fils a fêté son premier anniversaire alors qu'il était intubé.

J'ai ressenti la peine et le désarroi de cette inconnue. Je l'ai trouvé forte et belle. L'on a vu la Covid, découper des morceaux de ce grand gaillard, avant d'arriver à le tuer. J'en ai été sidérée. Cet homme, en pleine forme, un véritable athlète en son genre, avec des poumons d'acier, se fait foudroyer ainsi par ce petit virus? 


Je suis certaine qu'il aurait survécu à une bonne grippe! Le monde en santé semble se sentir de plus en plus invicible et de plus en plus arrogant devant la situation. Et pourtant. Quand Cordero est mort, je me suis dit que je n'étais pas tant seule à risque devant cette roulette russe de virus. Mais qui ici connaît le sort tragique de Nick?

Questionnement pandémique

mardi, septembre 22, 2020

Je brouillonne des idées éparses depuis quelques semaines déjà...

J'ai maintenant assez d'énergie pour retrouver un rythme d'écriture. Je décide donc de revenir à la source. Celle de ce blogue qui cumule dix sept années de vie! 

La rentrée de septembre se révèle éprouvante pour tous. En cette transition qui nous fait adopter toutes sortes de nouvelles habitudes, la fatigue emporte mes bonnes volontés. 

Alors je prends le parti de brouillonner sur mon compte Facebook perso. Je ne peux m'empêcher de confronter quelques complotistes au passage. Et ce qui devait arriver arriva! À tenir tête à un discours anti-virus, je me suis toujours flushée! Pas de quoi me choquer mais plutôt de quoi me rappeler combien ce monde numérique doit être confortable et superficiel. Ce à quoi je résiste. 

Trop tannée de voir ces gens colporter un égoïsme décomplexé sans jamais être dérangés, j'ai décidé de faire de la résistance. Trop écoeurée de ces discours sans queue ni tête sur ce malin virus, j'ai décidé de ne pas me taire. Trop fatiguée par l'arrogance de ceux qui n'ont aucun problème à être insultant envers autrui mais qui ne supportent pas d'être confrontés en leurs inepties. 

À force de se connecter en son monde numérique, est-ce -que le monde se déconnecte de la réalité humaine?


En 2020, tu inconfortes l'autre, plouf il te flushe de ses réseaux. Je l'ai bien appris en tombant trop malade et en refusant de m'en cacher. En indisposant autrui avec ma poisse de santé. Flusher l'autre est si facile de nos jours. Si lâche. Chacun se forme un petit monde numérique sans contrariété où se faire liker rend heureux? 

Est-ce sain? Est-ce réel? Est-ce que la vie ne regorge pas d'inconforts et de contrariétés que l'on doit apprendre à gérer et affronter? Mais comment apprend-t-on à gérer les contrariétés que l'on ne peut éliminer d'un clic? Comment apprenons-nous à gérer le stress et l'inconfort en un tel monde?

C'est pour éviter ce principe que j'ai décidé d'être frontale avec une ancienne connaissance d'université, fraichement éveillée! Manifestement, je reprends du poil de la bête! C'est aussi pour cela que je me force à explorer les théories des anti-masques et des Trumpistes. Même si cela met ma patience à rude épreuve. 

Cette "amie" datant de l'époque universitaire n'a jamais été autant active sur Facebook que depuis qu'elle s'est éveillée la conscience aux théories complotistes. Plutôt que de la flusher, j'ai donc décidé d'affronter le discours et de voir jusqu'où cela pouvait aller. Elle m'a d'abord conseillé de la flusher puisque mon avis ne concordait pas avec le sien, ce à quoi j'ai refusé. Est-ce la seule façon de traiter les divergences humaines? 

Qu'en est-il du bon sens et de la patience?



En cette expérience numérique, j'ai pu apprendre combien mon niveau de réflexion était bas. Combien j'étais mal informée, parano et peureuse. Mais j'ai tenu bon. J'ai non seulement résisté mais en plus j'ai riposté. Il était évident que je finirai flushée! 

Si on ne dit rien, on est complice et je refuse d'être complice des covidiots! Je préfère encore être détestée. 

Je désire faire partie de la solution plutôt que de participer au problème. Et je veux croire que la majorité humaine cultive ce même désir...

Ce qui ne tue pas nous rend plus fort dit le dicton. Il a raison. 

Après avoir échappé, plus d'une fois à la mort, ces dernières années, j'ai bien pu remarquer combien j'étais renforcée. 

Pendant que les "éveillés" locaux incitent à la contagion, tout en se donnant bonne conscience, un premier cas de Covid est recensé à l'école de la Miss. En fait, la majorité des écoles secondaires de Québec est désormais touchée. Les éclosions se multiplient. On est en train de l'échapper. Arriverons-nous à éviter la zone rouge? J'en doute. 

Aussi, je suis fière de ma puce masquée qui résiste à la pression adolescente, quitte à se retrouver seule, en sa classe, à prendre aux sérieux les gestes barrières... 

L'on continuera donc de se protéger autant que possible. On continuera d'appliquer ces règles, pas le fun, qui ont pour but d'enrayer la progression du virus. Tout en faisant notre maximum pour permettre à notre fille de vivre sa vie avec le plus de liberté possible, en ce contexte si particulier. Dont celle d'aller à l'école! 

Tout en priant le ciel et tous ses anges de nous protéger en cette époque rendu bien dangereuse à notre vulnérable santé.


Retour à la source du blogue et Covidiots!

mardi, avril 28, 2020

Une nouvelle semaine débute en un monde majoritairement confiné qui se demande quand et comment il dé-confinera.

Je ne peux m'empêcher de me demander combien croient encore que le monde que l'on retrouvera sera le même que celui qui s'est arrêté début mars?

Il est évident que le monde recommencera bientôt à tourner. Mais croire qu'il tournera comme il le faisait avant l'apparition de la Covid19 n'est-il pas se mentir à soi-même, ou se mettre la tête dans le sable?

Sachant que ce virus hantera nos réalités durant plusieurs mois, sinon années, sachant que plusieurs des commerces, restaurants et entreprises ne ré-ouvriront pas. Obligatoirement le monde se transformera. Est-ce que l’individualisme, tel qu'il se développait en ces derniers décennies, pourra continuer son envolée?

L'abondance qui faisait le quotidien de tant ne sera plus. Peut-être reviendra-t-elle, différemment, ou pas du tout? Personne ne le sait encore.

Tout ce que l'on sait est que chacun est responsable de ses actes et de ses pensées. Chacun devra alors se demander comment s'habituer à ce nouveau monde qui se transformera sous nos yeux. Comment y contribuer, comment s'y adapter, comment s'y épanouir...


J'apprécie l'idée que cette pandémie est un test de l'intelligence humaine. Tout comme chaque épreuve personnelle force l'intelligence à se démener pour surmonter les différents obstacles qui font le lot de toute épreuve, il en est de même pour cette épreuve collective.

Autant cette idée me semble juste autant elle est terrifiante... 


Si cette période historique, que nous vivons au présent, se révèle un défi pour l'intelligence humain, je ne suis pas certaine que l'on va péter des scores! En fait, je me fais un certain souci sur le sujet.

En votre esprit, pensez-vous que l'on fait la guerre au Covid ou plutôt que celui-ci teste notre intelligence?

Il parait que c'est la première fois en notre humanité que l'on choisi la vie plutôt que l'économie. Ce qui est un signe d'évolution morale mais est-ce que cette évolution humaine s'adaptera au déclin, si ce n'est à l’effondrement, de l'économie mondiale?

En cette pandémie, il y a les victimes du virus, les victimes du contre-coup économique et les victimes du contre-coup sanitaire. En ne regardant que les victimes du virus, on ne voit que la pointe de l'iceberg qui est en train de nous percuter de plein fouet.


À chaque culture le même défi à révéler. À chaque pays sa note finale? Certains s'en relèveront et d'autres pas? Est-ce que l'ordre social tiendra la route?

Bref, ce mystérieux virus est comme un iceberg qui vient couler le paquebot de notre insouciante abondance...

Réflexions de Covid...

vendredi, avril 24, 2020


Durant ces trois dernières semaines, le chiro m'a replacé 10 vertèbres qui se sont déplacées entre la D4 et la D9. Ce qui a mis mon dos en un état déplorable.

Quatre vertèbres, les deux premières semaines, deux cette semaine. Le défi est maintenant de tenir une autre semaine avec pas plus de deux vertèbres déplacées.

Le problème de fond remonte de ses ténèbres. La convexité dorsale générée par la physio, il y a trois ans, reprend force et vigueur. Après avoir été mal conseillée puis abandonnée par la clinique en charge de mon cas, il n'y a rien d'étonnant en soi à ce constat présent.

I had almost won the war. But the war caught up with a vengeance and shot me in the back. Once more. 

Évidement, me voilà désarmée au champ de bataille. Évidement que je vais me faire trucider. Mais comme la société s'en tape, ben c'est ça, mange ta claque ma vieille! Et surtout ne fais pas trop de vagues! N'offusque personne en osant sortir le problème de dessous le tapis...

Il y a six semaines, j'allais trois fois par semaine à la piscine (depuis plus de deux ans). Je voyais un osteo, une fois par semaine. Mon chiro tenait le fort (de mon dos en reconstruction). À force de grimper mon invisible Everest, je me rapprochais du sommet.

Je pouvais tenir deux semaines sans trop me déplacer de quoi. Je pouvais marcher plus de 3000 pas. Je sortais enfin de trois années confinées en ma chambre. Je commençais à me sentir revivre. Je tenais le bon bout. Il y a un peu plus d'un mois, pour la première fois depuis trois ans, j'ai pu marcher le tour de mon quartier. Une victoire. Dissipée par le contre-coup de la Covid19.

Car même si je tiens encore, avec la même volonté, le bout semble m'échapper un peu plus chaque semaine. J'ai perdu 75% du terrain regagné. Je me retrouve de nouveau au cachot. Plus le droit de bouger. Juste le droit de marcher 500 à 1000 pas, trois fois semaine.

Réduire aux maximum mes activités quotidiennes est comme trouver un trou où se cacher pendant que la bataille fait rage. En l'espoir de moins me faire trucider au combat?

Le chiro essaie de me rassurer, en me disant qu'une fois la pandémie finie, cela prendra moins longtemps pour revenir où j'étais arrivée. Sauf que cela m'a pris trois ans de calvaire pour en arriver là! Et c'est sans parler de l'investissement financier! Qui indemnisera le tort qui m'a été causé?

Donc on rajoute quoi six mois, un an, deux ans? Quelques milliers de dollars supplémentaires? Ou on capitule de dépit?

Je ne pense pas que les piscines réouvriront de sitôt. Je ne pense pas que les personnes, en ma situation, ne seront jamais considérées, en la société actuelle. C'est une trop petite minorité. Qui de plus, se révèle invisible et silencieuse.

Les outrages que je peux vivre en cette minorité sont multiples. Avec cette pandémie, j'ai perdu beaucoup d'estime pour les soi-disant soignants qui œuvrent dans le para-médical. J'en avais déjà pas gros après ce qui m'était arrivée, il y a trois ans. Mais j'en avais regagné un peu, avec effort. Des efforts effacés avec le terrain perdu.

J'en ai gagné pour mon chiro. Mais lui semble être l'exception qui fait la règle. Il a eu la force de prendre en charge un dos comme le mien. Et il continue d'en respecter la responsabilité qu'il s'est donné en commençant à me traiter, il y a trois ans. Il possède l'intégrité d'agir selon ses convictions. Ce qui est rare de nos jours.

Hier, en me replaçant deux autres vertèbres, il m'explique que cela commence à dégénérer chez ses patients non critiques. Il est passé de sept urgences par semaine à plus d'une douzaine. Je lui réponds que cela va obligatoirement empirer. De plus en plus de cas deviendront critiques.

On rè-ouvre les chantiers de construction mais pas les cliniques para-médicales? Et ne parlons même pas du Casse-Croute local! Je lui rappelle que ce phénomène en cours est, ce que la France nomme le contre-coup sanitaire de la crise actuelle. Il se compose de plein de gens, comme moi, dont la santé se détériore mais qui ne sont pas essentiels et qui sont oubliés/sacrifiés dans la foulée?

Le fait que toutes ces cliniques soient, fièrement, fermées en dit beaucoup sur la considération de la société à l'égard de ceux qui souffrent en silence. Car si cette minorité de malades invisibles, dont je fais partie, était considérée alors les cliniques para-médicales seraient aussi considérées comme des services essentiels, non? Et cela ne serait pas un choix personnel que de travailler...

Est-ce que les infirmières et les pharmaciens ont le choix de ne pas travailler? En offrant ce choix à ces soi-disant soignants, on remarque alors que 99% de ceux là font le choix de ne pas soigner leurs patients et d'être indemnisé en attendant.


Bref, ce qui me choque le plus au final, c'est que personne ne trouve cela choquant. Au Québec, aucun point de presse ou journaliste ne se penche sur le sujet! Aucun, nobody, nada, niet, ce problème est aussi inexistant que ceux qui doivent l'affronter.

Est-ce que cela n'en dit pas aussi bien long, sur cette société individualiste, qui s'est construite au fil des dernières décennies?

Accuser le contre-coup de la Covid19

mercredi, avril 22, 2020

Il y a de ces moments, de nature et de lumière, qui le temps d'un instant, compose une fugace féerie.

Capter un moment d'art éphémère en coin de lac encore bien gelé. En inspirer la beauté.

Il fallait que la lumière et la glace se rencontrent furtivement pour que je puisse en capturer cette magie qui m'adoucit l'âme.


Deux séances de chiro la semaine dernière pour essayer de stabiliser ma colonne. Not happy about that. 

Il est difficile d'accepter la détérioration de mon état physique aussi je retrouve le concept de #souffrirenbeauté pour ne pas capituler.

Après trois jours passés en mode immobile afin de calmer les feux qui se réveillent en ma colonne, je suis bonne pour une dose d'air frais!


Sortir trois heures en coin de lac. Marcher 1000 pas. Prendre mille photos et tester la solidité de mon dos qui en arrache en ce confinement sans clinique interdisciplinaire ni piscine. Le cours de ma rééducation physique n'est plus.

Par amour pour ma pomme, l'homme casse de la glace. Il sait combien cela m'amuse et combien cela me fait du bien au moral. Casser de la glace fait partie de nos traditions sentimentales.

Bien avant la naissance de la puce, on y jouait déjà. Cette année est notre vingtième année en ce coin de brousse semi polaire.

Dans la foulée de l'instant, au détour d'un rayon de soleil, l'on inspire un flow d'art éphémère. Nos deux inspirations s'entrelacent en une même pulsion givrée.  À suivre sur Flickr...

Il casse et dépose dans le sable des morceaux de lac que je mitraille sans pitié, couchée sur un coin de sable.  L'homme stimule mes créativités tandis que le jour s'évade à l'horizon.


Demain me dira si j'ai trop abusé durant cette séance de rééducation physique créative.

Update: Il aura fallu deux jours sans bouger pour m'en remettre. Plusieurs symptômes disparus reviennent diminuer mes qualités de vie. Je compte sur le chiro pour me replacer ce dos cette semaine encore. Et arriver à endiguer les dégâts en cours.

Entre deux éphémères...

lundi, avril 20, 2020

Chroniques de confinement 


L'homme télé-travaille comme un forcené depuis que le confinement a débuté. Je le vois se fatiguer à la tâche. Et j'entends plein d'autres télétravailleurs exprimer cette même fatigue. Exprimer ces mêmes frustrations...

Si on leur demande une grande adaptation  de travail, les grands boss semblent peu empathiques vis à vis de la situation en cours. Il faut dire qu'être humain et gestionnaire ne semble guère aller de pair. Autant Juan se sent reconnaissant de pouvoir travailler comme avant. Autant il n'est plus capable d'entendre parler de l'ennui relié confinement. Lui ne rêve que de pouvoir s'ennuyer!

Le revers de cette médaille est qu'il apprécie le confinement en notre compagnie. Même si mon état physique lui apporte des angoisses que je perçois.

De mon côté, l'ennui est relié à la douleur qui augmente et qui me ramène à des immobilités forcées.  Encaisser le contre-coup physique du confinement aspire de mes énergies vitales. L'ennui de la chose me passe au dessus de la tête. Lutter contre le malheur en mon dos prend tout mon temps.

Je me concentre sur le tissage de nos relations qui font la solidité de notre tissu familial. Je fais l'école de brousse. Je nourris notre Journal Neveo. J’élève ma fille qui grandit et j'apprécie ce temps passé avec elle.

En fait, je me retrouve moins seule, que ces dernières années à regarder tourner le monde, sans pouvoir y participer. Passer ce confinement en compagnie de mon homme et ma fille me donne la force de m'adapter à la régression physique que celui-ci m'impose.

Côté puce, pas d'ennui à signaler non plus ni de burn-out. Elle est cool. Elle s'entraîne et pousse son père à courir avec elle. Ce qui lui permet de souffler un peu et de remplacer l’exercice qu'il effectuait en piscine avec moi. Elle travaille ses matières, elle écrit des textes, elle cuisine, elle danse, elle vit pleinement.

Et elle est tombée dans Mad Men! On regarde les épisodes ensemble, à petites doses. Cela nous donne l'occasion de toutes sortes de discussions qui approfondissent ses compréhensions humaines. Et qui nourrissent certaines révoltes féminines.

Comme elle aime les classiques, on alterne les aventures des hommes mal élevés avec des films comme The Truman Show ou Benjamin Button et on y met une touche de contemporain avec le dernier documentaire de Taylor Swift ,qui se révèle être aussi une excellente source de conversations et de réflexions.

Nous sommes confinés ensemble depuis le 13 mars en notre bulle de brousse. Nous nous adaptons. Nous construisons un nouveau rythme de quotidien. L'on se soutient tout en profitant d'être ensemble. En utilisant l'amour qui nous unit pour adoucir les coups durs de la vie.

J'espère que les dégâts physiques, en cours, ne me seront pas irréversibles. Je prie pour que mon chiro continue d'éteindre les feux qui se déclarent en ma colonne. Je prie pour encore pouvoir marcher quand le monde dé-confinera.

Lorsque la vie se durcit, l'on se doit de faire la différence entre ce que l'on peut contrôler et ce que l'on ne peut pas contrôler.

Lorsque nos repères s'écroulent et que l'on a l'impression que le monde s'effondre et que le ciel nous tombe sur la tête, l'on croit perdre le contrôle de sa vie. Mais tant que l'on garde sa tête, froide et posée, l'on garde le contrôle de ses attitudes et la capacité de s'adapter à ce que l'on ne peut contrôler...

Reconstruire son quotidien en un contexte singulier

samedi, avril 18, 2020

Chroniques de confinement


Réaliser un peu plus, chaque matin, que lorsque le monde déconfinera, cela ne sera pas mon cas. En assumer la gravité. Vu comment cela vire, mon corps retrouve ses moyens de me confiner...

Se retrouver désarmée devant le combat à mener. Lutter, chaque jour, pour endiguer cette régression et tenir bon. Chaque matin, se sentir rugir en silence. En cette invisible bataille  qui m'aspire l'être. Ralentir au maximum la régression de mon cas est ce qui fait mon actualité.

Réaliser à quel point, la piscine était une arme majeure en cette bataille, que je menais pour retrouver la stabilité en ma colonne, me percute quelques neurones.

Est-ce-que Michonne peut trucider une horde de walkers sans son katana?

Depuis plus de sept ans, Michonne est le reflet de la guerrière en mon sang. 

Elle aurait même pu se reposer un coup si l'on ne m'avait pas pété le dos sur le chemin des neuropathies à traiter!

Neuropathies permanentes, aujourd'hui incroyablement bien contrôlées par un traitement médical complexe et coûteux...

Je me doutais que la piscine était cruciale à la bataille dorsale. Là, je réalise combien je me retrouve désarmée sans cette arme de combat.

Si l'osteo était un couteau, je l'ai perdu. Il reste le chiro, qui pourrait être un pistolet avec peu de munitions. La puce qui commence à masser n'est pas encore entrée dans le registre de mon armement. Mais elle pourrait peut-être s'y glisser.


Marcher n'est pas acquis pour tous


La marche n'est pas une arme en cette bataille. C'est l'objectif final. C'est le territoire à reconquérir en cette guerre invisible que je mène. Pouvoir marcher, normalement, sans trop de douleur ni de difficulté, est ce qui ramènera la paix en mon corps.

Arriver à marcher 5000 pas sans me retrouver à terre, immobilisée durant plusieurs jours, équivaut à être sauvée. Alors j'aurai atteint le sommet de mon Everest!

Sauf que là, en un mois, mes 3000 pas sont passés à 500. Je peux les étirer à 1000 par la force de mon esprit. Ce que je fais. Autour de 500, l'instinct du corps s'alerte et dit stop. En ne l'écoutant point, je peux le pousser une peu plus loin, jusqu'à mille en me concentrant sur chaque pas. Tel est tout ce qui reste de ma réeducation physique.

Si je pousse plus loin, il me fera tomber. Et il me punira en m'immobilisant douloureusement plus ou moins longtemps. Si je fais moins, je perdrais trop de terrain. Les nausées persistantes de douleurs sont aussi de retour, ce qui n'est pas signe de victoire.

Même si chaque séance de piscine fut une plus ou moins grande torture, j'ai toujours refusé de me donner aucune excuse pour ne pas y aller. Pour ne pas y souffrir. Car chaque séance est un espoir de gagner.

Même quand l'homme me donnait toutes les excuses du monde, à la vue de mes piteux états physiques, j'ai toujours refusé de les prendre. J'y suis allée en tous mes états et ce n'est que lorsqu'une vertèbre poppait durant une séance que je sortais de l'eau.

Que je me traînais hors de l'eau? Que je serrais des dents pour ne pas hurler ou pleurer. Pour atterrir en urgence chez le chiro. Ce qui n'est arrivé qu'une demi douzaine de fois. Mais chaque fois fut bien horrible. Sans même parler de la série d'infiltrations dorsales pour en calmer l'inflammation.

Sachant combien c'était ma seule voie de rétablissement, aucune excuse n'est envisageable car chaque maux doit se traverser pour pouvoir être surmonté.

Depuis janvier 2018, l'on y va trois fois par semaine, parfois deux, jamais moins. Sauf lorsque l'été bat son plein et que l'on peut passer à une séance par semaine puisque le lac est là. Ce qui ne dure jamais longtemps.


Au plus profond de moi, j'ai toujours su que c'était la seule façon d'espérer remarcher plus loin que 50 pas. On va pas loin avec 50 pas! Ni avec 1000...

Une personne normale est capable d'en faire 20 000 sans trop s'en soucier. La moins en forme aura peut-être quelques courbatures et fatigues. Celle qui est en forme ne le sentira même pas passer. Et si j'essayais de m'y coller, je serai juste suicidaire. Je n'y survivrai point.

J'ai aussi toujours eu conscience que mon utilisation de cette piscine était atypique. Je ne faisais ni partie des nageurs qui pratiquent leur sport de prédilection, ni de ceux qui y viennent de manière récréative. J'étais une athlète invisible qui montait l'Everest...

Depuis janvier 2018, fin de convalescence d'hystérectomie, j'associe chaque séance de piscine avec une montée d'Everest. Plus de piscine où aller, plus d'Everest à monter?

En ces deux dernières années, je n'y ai pas croisé d'handicapé ou de blessé comme moi, juste quelques aînés, en forme, qui se rééduquaient durant quelques semaines, après une opération de mécanique. J'étais rendue au camp IV, le dernier avant le sommet, lorsque le confinement a débuté.

"Camp IV: C'est de ce quatrième et dernier camp que les grimpeurs partent pour le sommet, vers minuit. Au-dessus se trouve la «zone de la mort», où le corps se détériore inexorablement. On reste le moins possible à cette altitude. Il faut compter de 10 à 12 heures pour gravir les 900 mètres de dénivelé restants."

Si proche et si loin. Mais voilà pas que je redescends au lieu de monter. Contre mon gré, j'étais rendue au camp trois, la semaine dernière. Faire de mon mieux pour ralentir la descente au camp 2. Si proche du sommet qui s'éloigne. Ne pas penser à tous ceux qui y sont montés sans jamais réussir à l'atteindre...



Au secours de ma colonne vertébrale


Il y a trois ans, en ce même mois, le chiro sauvait mon dos une première fois. J’étais en si piteux état. J'avais la mort aux trousses. Il m'a aidé à courir plus vite qu'elle, il m'a aidé à la distancer, à y échapper? Est-il en train de sauver mon dos une deuxième fois?

Deuxième séance cette semaine pour replacer mon dos qui se déstabilise et se démantèle. Il semble respecter sa parole et ne pas me laisser tomber. Déstabilisée par la rapidité de la détérioration de mon état physique.

Enfin, il aura suffit de 2/3 séances à la physio pour m'exploser le dos et mettre ma vie en danger. J'imagine que l'on tombe toujours plus vite que l'on se relève.

Miss Soleil masse pour aider à la cause. Plus de piscine me cause un tort qui m'interpelle. Je savais que mon salut passait par cette voie aquatique. Je le savais sans en être certaine. J'en suis maintenant certaine...

Après un mois sans aller m'y entraîner, après six semaines sans osteo, mon dos part en vrille. Méchamment. Violemment. Cela me déstabilise.

Trois ans pour arriver à voir une lumière au bout de ce tunnel. Et un gros mois pour me ramener des symptômes disparus depuis près d'un an? Plus capable de manger, retour des nausées de fond et de ces douleurs dorsales, inimaginables pour qui ne l'a jamais vécu.

Si le chiro ne m'avait pas prise deux fois cette semaine, j'aurais encore été en un bien piteux état lundi. Et s'il ne m'avait pas vu du mois dernier, j'imagine que j'aurais du recommencer à courir pour me sauver du pire.

Ma colonne est remise en place une autre fois, mon dos décompense. Interdiction de bouger pour les prochaines 24 heures avant de reprendre la lutte.

Il est si étrange de se battre pour sa santé en un tel contexte. Dieu merci pour le chiro qui en acceptant de traiter mon dos m'aide à sauver ma vie. Rendu là, je ne peux qu'espérer la liberté de pouvoir me sentir confinée entre des murs plutôt qu'en ma chair.

Le confinement est bien différent selon le milieu dans lequel on habite ou selon le corps dans lequel on vit...


Entre dégringolade et remontée (chroniques de confinement)