mercredi, mars 25, 2020

Deuxième semaine d'isolation volontaire 



Le monde se referme sur lui même alors que la covid19 parcoure la planète et met l'humanité sur pause.

Mon homme est entré en mode télétravail sans souci. L'on construit un quotidien familial en cette nouvelle réalité. Adapter ma rééducation physique est douloureuse. Je l'accepte. Tant que mon chiro garde le fort, je choisis d'en poursuivre le cours malgré les difficultés ajoutées.

En faisait le choix de nous organiser un horaire quotidien, la vie continue. Et la vie confinée en coin de lac congelé offre beaucoup d'espace et d'air frais...


Chaque jour à la même heure, l'on sort dehors. Selon la lumière du jour, l'on va coté lac ou coté bois.

Nos voisins amis, confinés eux aussi dans le quartier, nous rejoignent dehors. L'on socialise tout en respectant les règles de distanciation sociale. Miss Soleil veille et surveille. On garde nos trois mètres de distance en tout temps.

Même si nos voisins sont aussi confinés en coin de brousse, ils ne désinfectent pas encore leurs courses. Ce que nous faisons. Même s'ils risquent eux aussi d'adopter cette méthode (si j'en crois mon petit doigt).

Même si nous sommes dans le même village, nous faisons tout de même attention, personne n'entre dans les maisons des uns ou des autres. Chacun chez soi, sauf pour la sortie du jour...


Imaginer une école virtuelle de brousse

Cette semaine est née l'école de brousse virtuelle en temps de pandémie. Sachant j'ai les capacités de la mettre en place, je décide de m'y lancer. Même si ma santé n'est pas encore optimale, je suis capable d'aider à nourrir des jeunes neurones. Puisque je me dois de contribuer à la cause, à ma petite échelle et selon mes capacités.


Le Français est plus que ma langue, c'est ma patrie. C'est en transmettant ma passion aux plus jeunes que je me sens patriotique. S'il est vrai qu'il faut penser aux plus vieux en ce temps hors norme, il ne faut pas non plus oublier les jeunes...


Au Québec, de nombreuses mesures ont été prises pour lutter contre l’épidémie. De nombreuses mesures sont mises en place pour aider financièrement les adultes et pour protéger les aînés. Mais qu'en est-il des jeunes?

Depuis la fermeture des écoles, c'est silence radio. Il est question que tous les étudiants passent automatiquement leur année. Il est question de mettre en place un système de pistes éducatives. Mais pour l'instant, il n'y a rien à l'horizon pour occuper les jeunes et nourrir leur intellect, et comme j'offre déjà ce service à ma fille...

Naturellement est donc venue l'idée de mettre en place une école de brousse afin de contrer l'école buissonnière forcée par cette réalité hors norme. Cette initiative donne à ma puce l'occasion de socialiser avec ses amies tout en mettant en place de nouveaux repères.

Hier, j'ai eu les autorisations parentales. L'une des élèves a une mère infirmière sur le terrain. Faire preuve de solidarité en période de crise, n'est-ce pas créer des chaines humaines composées de multiples maillons?

Chaque maillon est un humain qui aide l'autre à son échelle.

Nous avons testé notre salle de classe via Zoom, cette application de l'heure qui fait fureur. Il parait qu'en Europe, la mode des apéro-zoom fait de plus en plus d'adeptes!

Aussi nous fondons une école Zoom en deux temps, trois mouvements...

Notre école de brousse possède présentement deux classes virtuelles. Une de niveau secondaire 2 dont je serai en charge. Une de niveau primaire que Miss Soleil prendra en charge, sous ma supervision.

En temps de confinement, l'école ouvrira virtuellement les lundis et jeudis après-midi pour les secondaires. Les mardis et vendredis après-midi pour les primaires. Il est possible qu'il nous reste quelques places pour de futurs élèves. À suivre...


L'école de brousse versus l'école buissonnière

mardi, mars 24, 2020

Chroniques de Covid



Le premier ministre Legault annonce que nous entrons en mode de confinement. Durant son point de presse journalier, il demande de la solidarité et du courage. Il compte sur la bonne foi et la collaboration de la population québécoise. Le Québec est officiellement en pause jusqu'à Pâques.

Chaque geste compte. Chacun doit respecter les consignes d'isolement collectif. Il explique à la population que pour vivre en paix, tout le monde doit faire son effort individuel afin de garder la paix sociale.

J'ai espoir que l'on en est capable. L'optimisme québécois persévère en ces arc-en-ciels qui fleurissent aux femetres pour symboliser le slogan de l'heure, #çavabienaller

En 2020, l'esprit de collectivité revient en force. Un esprit qui semble renaître de ses cendres. Un esprit qui tombe à point vu que la transmission communautaire est mondiale.

Depuis des semaines, je suis la progression du Covid19 dans le monde. Ultra informée, j'ai poussé ma famille à se préparer dès la semaine de relâche. Sachant que celle-ci sonnerait le glas de notre insouciance collective.

Nous avons commencé à nous organiser en vue de ce que je nommais "la grande quarantaine" bien avant que le Québec se soucie du virus.

Début mars, je m'amusais à bousculer les esprits en parlant de ce concept tout en désinfectant tout sur mon passage. Et je prenais soin de m’imprégner de cette facilité de vie quotidienne que tous prenait pour acquis.


Durant le mois de janvier, Miss Soleil a eu l'Influenza, cela l'a mis à terre. Elle a voulu retourner trop vite à l'école. Elle s'est épuisée. Elle est retombée malade avec une sinusite aiguë qui l'a de nouveau arrêtée juste avant la relâche.

Nous avons débuté l'année avec gastro pour ma pomme et virus locaux pour la puce. Entre nos divers rendez-vous médicaux, nous en avons donc profité pour récupérer quelques masques. Au cas ou...

Le/la Covid est parmi nous

Dès que les écoles et universités ont été fermées, nous nous sommes volontairement mis en isolation. Nous nous sommes organisé avec nos médicaments. Nous avons fait des provisions raisonnables, avant la folie du papier toilette...

La semaine dernière, nous avons mis en place une routine de base pour harmoniser nos relations à l'intérieur de la maison. En cette organisation, nous avions prévu d'aller à l'épicerie aux dix jours pour les produits frais.Je suis de service. Je n'ai pas de barbe pour laisser passer l'air sous un masque et je suis habituée à ne pas me toucher le visage en des lieux publics.

J'apprends, en y allant une dernière fois, que le service en ligne est désormais accessible en notre coin de brousse. Et en plus, ils livrent! Nous n'irons plus au IGA, désormais nous commanderons en ligne, les quelques produits frais dont l'on pourrait avoir besoin.


L'atmosphère dans le magasin est étrange.  Décalée. Il y règne un mélange de calme plat et d'actions en toile de fond.

Il y a plus d'employés que de clients. Entre ceux qui remplissent les étagères et ceux qui remplissent les caddies des commandes virtuelles, c'est comme une petite armée qui travaillent sans répit.

La farine est arrivée. Il n'y a plus de pénurie de papier toilette. Juste les oeufs manquent, j'imagine que c'est provisoire. Je ne pense pas que l'on manquera de faim au Québec!

On risque de manquer de lits d’hôpital avant de manquer de nourriture. Espérons que le Québec ne suivra ni la voie de l'Europe, ni celle des États-Unis. La fermeture des frontières me rassure.

On désinfecte toutes nos courses. Merci lingettes Clorox! Et je mets mes vêtements à la laveuse en rentrant. Les semaines à venir seront difficiles, dangereuses. Elles sortiront le Québec de ses zones de confort.

S'adapter pour continuer d'évoluer

J'entends parler ceux qui ne se croient pas à risque et qui se sentent atteints en leur liberté. Si j'étais à leur place, je ne sous-estimerais pas tant ce virus.

Mais que sait de la maladie celui qui vit en bonne santé et qui la prend pour acquise? Celui qui ne sait pas ce qu'il en est de réellement souffrir physiquement?

Je sais que je suis à risque. Que mon homme l'est aussi. Chaque matin, une ribambelle de maux se réveillent avec moi. Et je me demande si ce mystérieux virus ne pourrait pas se cacher là dedans. C'est stressant.

J'en contrôle les émotions le temps qu'agissent les médicaments qui font ma routine quotidienne. En me disant que si je devais l'attraper alors mon régiment de médicaments agiraient différemment et que je le sentirais en milieu de journée.

Chaque matin, je contrôle mon cerveau pour l’empêcher de mal penser. Le fait que la société québécoise prenne le virus au sérieux me rassure. Au fil des médicaments qui œuvrent et contrôlent les douleurs diverses, je me relaxe et je m'adapte.

Hier, j'apprends que mon ostéo de replacement est lui aussi en quarantaine. Je prie pour que mon chiro tienne la route et qu'il puisse continuer de pratiquer en sa clinique. Garder une continuité de soins et de rééducation physique est ma crainte et mon défi.

Il ne reste plus que le chiro comme prise de risque mais elle est nécessaire. Sans ses services, je pourrais retrouver de mes invalidités physiques plus vite que je n'ai travaillé à les retrouver.

Je vais le revoir demain. Il n'y a plus que les cas d'urgence dont je fais partie qui sont traités. La clinique est ultra propre. Elle fait son possible pour nous protéger. Je porte quand un masque et des lunettes pour y aller. Je me protège. Nous nous adaptons à la routine de confinement en coin de lac congelé.

Nous avons aussi décidé de sortir chaque jour de la maison, à la même heure. C'est une nouvelle discipline familiale que l'on instaure. Soit pour faire un tour de forêt, soit pour marcher sur le lac gelé.

Nous ne voyons plus personne depuis une bonne semaine déjà, si ce n'est notre ami voisin qui, parfois, nous accompagne durant nos marches, tout en gardant en tête les règles de distanciation sociale. Lui aussi est en mode d'isolation volontaire et de télétravail.


Lutter contre le virus en se nourrissant les cervelles

Malgré le manque de consignes pour les élèves en secondaire, Miss Soleil décide de travailler un peu chaque jour, pour ne pas trop rouiller en ses matières.

La culture faisant partie de mon éducation de base, je pense qu'elle pourra continuer de nourrir sa cervelle malgré l'isolement. C'est toujours un plaisir que de lui transmettre mes connaissances.

Dans la foulée, un idée me vient, possiblement plantée par Christie qui se demande comment se rendre utile.

Je réalise que j'ai les capacités d'aider quelques enfants en leurs leçons. Durant mes études universitaires, je vivais en donnant des cours de français aux élèves en difficulté du village.

Vu que je donne déjà de ce service à ma propre fille, je pourrai en donner un peu à d'autres. Cela soulagerait quelques parents et cela me donnerait l'occasion de nourrir quelques jeunes cervelles.

Le Français est plus que ma langue, c'est ma patrie. C'est en en transmettant la passion aux plus jeunes que je me sens patriotique. Une liste d'élèves se profile à l'horizon. Je commence à organiser une mini classe virtuelle avec quelques amies de Miss Soleil et d'autres plus petits.

Je me dis que cela leur donnera aussi l'occasion de retrouver quelques repères de socialisation. La semaine prochaine, l'on en commencera le cycle...

S'adapter aux nouvelles réalités...

lundi, mars 23, 2020

Chroniques de Covid...


Deuxième semaine d'isolation volontaire en temps de pandémie. On s'y adapte.

Avec l'homme au télétravail et la puce sans école, nous nous organisons un horaire d'isolation pendant que monde se renferme sur lui-même.  Nous nous adaptons. Mon mari diabétique est à risque et j'ai vu assez d'hôpital en ces quatre dernières années pour n'avoir aucune envie de m'y retrouver de nouveau.

Ayant vu venir le trouble à l'horizon, nous étions préparés lorsque le monde s'est réveillé, enfermé en ses frontières. L'ironie d'avoir reçu nos passeports, périmés depuis deux ans, l'automne dernier ne m'échappe pas.

Mon homme est habitué à régulièrement télé-travailler, il s'y adapte bien. Nous en profitons pour instaurer des heures de bureau. Histoire de ne pas m'arracher les cheveux à le décoller de son écran!

Miss Soleil est déçue de la tournure des choses mais compréhensive. Elle qui excellait en son année, autant sur le plan académique que social, n'est pas heureuse de ne plus aller en classe. Elle s'en fait une raison qu'elle puise en l'amour profond qu'elle ressent pour ses parents. Elle me touche. Elle est cool. Elle préfére propager le message que le virus. Ce qu'elle fait, avec ses amis qui aimeraient bien la voir.

Quand le monde arrête de tourner

Elle avait plein de projets cool à vivre, dont un voyage scolaire à New-York avant de changer d'école. En tant que première ministre élue, elle participait à une initiative intéressante. Je chapeautais le projet depuis plusieurs semaines, pour la préparer avec sa coéquipière à cette expérience de niveau secondaire 5 alors qu'elle est en secondaire 2.

Je les ai fait travailler des heures et de heures afin qu'elles puissent comprendre et assurer cette simulation d'Assemblée qui aurait dû les emmener au Château Frontenac puis à Montréal. En notre trio familial, la puce avait le plus de projets, qui tombent à l'eau, en cours. Cela me peine pour elle.


Et je compte bien que l'on profite de cette parenthèse humaine pour vivre des moments qui resserrerons nos liens. Pour trouver des activités qui nous feront passer du temps ensemble. Pour créer des moments inédits en une période historique.

De mon coté, je travaillais fort pour revenir au monde qui tourne et mettre en place de nouveaux projets. Mais je n'en étais pas encore tout à fait là. Septembre était mon objectif de rentrée. Évidemment, je suis bien déçue de ne pouvoir poursuivre le fil de mes rééducations sociales en retournant en ville! Voilà trois ans que la maladie me confine. Je vais mieux. Et c'est maintenant le monde qui s'y met. À y perdre ce latin que je n'ai jamais appris!

Le coup de la fermeture des piscines a été mon plus gros coup personnel. Et la crainte de perdre la continuité de mes traitements médicaux. J'ai passé la semaine à voir comment j'allais m'arranger. Une nouvelle organisation de soins se met en place. 

Si mon chiro ne tombe pas malade,j'ai une chance de ne pas trop régresser. La clinique où je me fais traiter a mis en place de nouvelles mesures et ne traite plus que ses cas urgents. Ceux qui pourraient finir à l’hôpital sans traitement. Comme j'en fais partie, je peux continuer d'y aller. En faisant toujours très attention.

Mon osteo, revenue de voyage, est en quarantaine. Son remplaçant me prend en urgence aujourd'hui. Le seul écart que je dois faire en notre isolation volontaire est d'aller à la clinique, qui se situe à cinq kilomètres de ma maison.

Achever une rééducation physique de deux années en compagnie du Covid19 demande quelques réflexions et adaptation. Il me sera plus douloureux de continuer mes rééducations en  mode terrestre. Sans répit d'apesanteur. Mais quand il n'y a pas la possibilité de faire autrement, il fait faire avec! 

Essayer de compenser le manque à gagner en piscine avec des marches hebdomadaires. Objectif en cours, accumuler 2000 pas par jour, en espérant ne pas perdre l'acquis de deux dures années de travail de rééducation physique. Sachant qu'il y a un an de cela, ma capacité de marche tournait autour de 200 pas avant que mon dos ne crie grâce.

S'adapter pour avancer est un art de vivre que nous pratiquons depuis bien des années. Être confinés en coin de lac offre plein d'air pur, de silence et d'espace où patienter. Nous avons conscience du privilège de vivre en nature et dans une province qui prend les mesures nécessaires pour essayer d'éviter l'hécatombe italienne.

L'attitude de chacun déterminera le bien de tous. Habituellement l'attitude de chacun n'a de répercussions que sur lui-même ou son cercle proche. Ce qui permet à chacun de développer son individualité à gogo.

Désormais l'attitude de chacun est un maillon important de la chaîne humaine qui gardera l'ordre social en place, ou le fera dangereusement tanguer...

En notre coin de brousse, l'on a appris à transformer la fatalité en force. L'on a appris à persévérer dans les difficultés. L'on a appris à s'adapter et à évoluer. J'ai appris à survivre en d'intolérables douleurs. J'ai appris à les traverser sans lâcher. J'ai appris à transformer le pire en force.

En ce monde qui se referme sur lui même, je me reconnecte. Je m'ouvre de nouveau. Revenir à la vie durant une quarantaine mondiale est très étrange. Bref, au Québec, ce n'est pas encore la fin du monde. Peut-être est-ce juste le début d'un nouveau. En notre coin de lac, c'est surtout l'hiver. Un p'tit -20 avec ça?

En notre organisation de maison, il y a une marche hebdomadaire. En coin de forêt ou sur le lac, selon les lumières ou les humeurs. Un copain voisin nous y rejoint parfois. On pratique la distanciation sociale, les hommes papotent à trois mètres de distance, et l'on avance. Un jour après l'autre...


En notre organisation de maison, il y a une sortie hebdomadaire à l'épicerie, durant les heures où personne n'y traîne. L'on désinfecte tout ce qui entre dans la maison. Qui se transforme en zone verte au fil des jours qui nous isolent. J'ai aussi décidé de revenir nourrir ce coin de Web chaque jour.

Cette semaine, la transmission communautaire débute au Québec, est-ce le début ou la fin? Nul le sait. À chacun d'en choisir l'attitude à développer en les prochains mois pour que le meilleur en ressorte plutôt que le pire.

Isolation volontaire en temps de pandémie

vendredi, mars 20, 2020

Début Mars 2020


Out of the blue, via Instagram, je reçois une invitation à collaborer avec une application pour faire des journaux photos.

J'accepte de la tester durant deux mois et d'en partager mes impressions. Ce qui me donne une bonne raison de trier ces photos en mes mémoires numériques. Et en retrouver le plaisir. Un plaisir qui renaît de ses cendres...



Back to life 

Il y a bientôt trois ans de cela, une physio recommandée par l'hôpital, m'a sévèrement abîmé le dos. Alors qu'elle était supposée traiter mes neuropathies faciales pas me foutre en l'air!

Après avoir gagné ma confiance, elle en a abusé en me traitant comme un cobaye. Elle m'a bien invalidée.

Histoire d'ajouter à la collection de problèmes de santé que je venais affronter ou que j'étais en train de traverser...

Multiples problèmes de santé que j'ai tous surmonté. Les uns après les autres. Sans répit ni pitié. Mais le pire de tous aura été provoqué par ces manipulations de physio qui bien failli me détruire.

Mon dos fut cassé de nouveau. J'ai senti la vie s'écoulé hors de moi, comme une invisible hémorragie. Pour survivre à l'horreur des symptômes physiques en mon corps, mon esprit a appris à se désincarner.

Pendant des mois, j'ai vécu en des douleurs physiques si sévères que j'ai eu l'impression de devenir un automate. La sensation d'apprendre à donner l'impression d'être vivante tout en forçant la vie à persévérer en mon sang.

En ces situations bien effrayantes, il est important, le plus possible, de continuer d'être soi même si on ne le ressent plus. Se forcer à se rappeler ce qui fait notre identité.

Même si on ne se sent plus vraiment soi. Pendant des mois, j'ai utilisé les quelques gouttes d'énergie en ma peau pour continuer de prendre des photos.

Même lorsque tout goût ou envie était absorbé par ma colonne vertébrale en feu. J'ai forcé cette habitude ancrée en moi à ne pas disparaître

Pour l'amour des miens, j'ai forcé la vie à persévérer en mon sang. Et je me suis torturée le corps afin de le renforcer.

Il aura fallu quatorze d'infiltrations, sur une année, pour venir à bout de l'inflammation provoquée par ces manipulations qui m'ont tordu le dos.

Au fil des traitements de chiro et d'osteo, pour me garder la colonne alignée, pour décrisper la chair éprouvée de douleur, j'ai commencé à retrouver des capacités physiques...


Traverser les épreuves...

L'automne dernier, j'ai commencé à sentir une sève revenir en mon tronc. Avec cette sève revenait la vie, celle qui fait que l'on existe...

Depuis, mois après mois, je poursuis mes rééducations et les améliorations se concrétisent. La sève nourrit le tronc qui revient à la vie.

Encore quelques mois de torture physique et je devrais finir par gagner cette foutue guerre.

Tant que le coronavirus ne vient pas trop foutre le chaos en mon chemin de rétablissement. Que cela soit à travers moi ou lui, mon diabétique de mari chéri...

Update #covid19: plus de piscine = souci de régression physique. Chiro encore en service. Ostéo complications. On lâche pas, on s'adapte et on reste chez soi.

Avant le Covid, j'allais de mieux en mieux


J'écoute le point de presse de Gouverneur Cuomo qui essaie d'expliquer à sa population l'importance de protéger les vieux, je hausse un sourcil perplexe. Invoquer l'importance de la collectivité à une population plus sensible à son individualisme qu'à son prochain me semble voué à l'échec.

Sachant que l'expérience italienne prouve que les plus vieux tombent les premiers et qu'ensuite arrivent la vague des "jeunes" qui tombent aussi au champ de cette invisible bataille. Ils n'en mourront peut-être pas mais ils risquent d'en vivre les pires jours de leur existence! Y sont-ils préparés?

Est-ce-qu'il ne serait pas plus efficace en nos sociétés modernes d'expliquer combien chacun est à risque? Qu'il doit sauver sa peau pour préserver la santé de sa collectivité? Est-il nécessaire de répéter qu'aucun pays ne possède l'infrastructure hospitalière pour affronter un tsunami de Covid?

Le pire est à venir

Je refuse de considérer aucun des chiffres officielles chinois, désolé mais j'ai pour parti de ne pas écouter les Pinocchio de ce monde! La Chine a caché trop de choses, dont ses problèmes de crématorium. Ce qui n'est pas le cas des Italiens...

Pourquoi doit-on tous #resterchezsoi? Car personne ne veut se retrouver là. Ni les vieux, ni les autres ne veulent se retrouver en cette situation.

Je préfère mille fois être confinée que de me retrouver en cette position où veille la mort, prête à t'attraper. Croire que juste les plus vieux seront touchés, c'est encore se mettre la tête dans le sable...

Prenons exemple sur l'Italie, ne suivons pas son exemple. Patience et résilience sont désormais nos meilleures amies.

Le monde doit maintenant apprendre l’abnégation et la compassion comme cela ne lui est pas arrivé depuis plusieurs générations. Au final, c'est peut-être pour le mieux.


Grandir dans l'épreuve collective

Toute épreuve est l'occasion d'évoluer. Même si douloureuse, elle renforce et élève celui qui accepte d'en relever le défi.

Chaque épreuve est l'occasion d'approfondir son humanité et de la transformer selon ses valeurs et convictions.

Lorsque vient le temps de traverser un épreuve de vie, les valeurs humaines se révèlent d'excellents repères pour se guider dans l'obscurité des difficultés à traverser.

Si ces valeurs sont bonnes, elles mènent vers la lumière au fond du tunnel. Si elles sont mauvaises, elle perdent l'être qui s'y perd.

C'est dur mais ce n'est pas encore la fin du monde. Cela pourrait le devenir selon nos attitudes et actions à venir.

Évidement c'est dur d'évoluer. C'est dur de changer. C'est dur de sacrifier ses désirs et ses envies! Mais c'est pas la fin du monde. Juste le début d'un nouveau?


Lorsque vient le temps de surmonter des épreuves humaines, les valeurs intérieures deviennent source de force. Alors que les artifices des façades humaines font la pauvreté d'une âme.


Tant que l'on a un toit sur la tête, de la nourriture dans ses placards, des gens à aimer et une santé à entretenir, on fait partie des privilégiés. Et c'est déjà plus facile de s'adapter...

Bye bye égoïsme




Je ne peux pas m'empêcher de noter l'ironie actuelle qui fait passer le monde moderne d'une ère individualiste où le soi est roi à un monde d'abnégation pour le bien commun. Fascinant! 


Sachant que lorsque la collectivité est en danger, c'est aussi en la préservant que l'on sauvera l'individu. Chacun possède maintenant la responsabilité de tous. Les prochaines semaines seront déterminantes pour beaucoup de pays, le nôtre compris.

Au Québec, à voir les mesures prises, je cultive l'espoir qu'on échappe au pire. Regarder aller la France est source de bien des froncements de sourcils. Regarder souffrir l'Italie serre le coeur. Regarder les États-Unis aller fait trembler... .

Reste chez toi, sauve le monde...

jeudi, mars 19, 2020


Depuis fin janvier, j'ai cette étrange sensation d'être assise sur le toit d'un train qui va tout droit dans un énorme mur. Seuls ceux sur le toit peuvent en apercevoir la forme sombre et menaçante.

Le train est bondé de voyageurs qui apprécient le paysage en s'éclatant. Sans ce soucier de ce qui pourrait arriver.

Si tu es sur le toit du train et que tu essaies de discuter avec un passager qui a entrouvert sa fenêtre, c'est peine perdue. Soit il t'ignore, soit il te rit au nez. Inutile d'insister. Tu remontes gentiment sur ton toit. Et tu te prépares au choc à venir.

Puis le train se met à ralentir, le conducteur aperçoit le mur en son horizon. Il essaie alors de ralentir sa course mais les passagers sont très mécontents et pas particulièrement d'accord.

Ils ne regardent toujours que le paysage de leurs fenêtres. Bientôt le train frappera le mur. Et la catastrophe à venir dépendra juste de sa vitesse...

Chaque gouvernement conduit un train qui va dans le mur. Espérons que le nôtre saura ralentir à temps. Et que ses passagers se conscientiseront...

Brève de Covid...

mercredi, mars 18, 2020

Jour 3 d'isolation volontaire...



Est-ce-que craindre davantage le virus plutôt que le confinement est à contre courant?

Je crains bien plus d'être intubée, hospitalisée, que pognée à la maison avec les miens. Je crains de l'attraper et de perdre cette guerre que je mène depuis trois ans.

Je crains de l'attraper et de le passer à mon homme. Je crains qu'on ne l'attrape les deux et que la puce se retrouve seule. Mais je ne crains pas de rester des semaines en mon village avec ceux que j'aime. Je ne crains ni la solitude ni le confinement. Je crains le virus et je me protège.

Zen, informée et responsable

Je n'ai pas envie de retrouver la mort à mon chevet. Voilà deux ans qu'elle s'est dissipée, j'apprécierais ne pas la revoir avant plusieurs années encore.

Chaque matin, en ces divers maux physiques qui m'accompagnent, je crains le virus. En ses maux que je gère, contrôle, rééduque, je sais que le covid pourrait facilement se cacher en ma peau.

Si prendre des Advils a pu cacher assez les symptômes de jeunes personnes en santé, mon régiment de médicaments en cachera aussi les premiers signes.

Avec les précautions que l'on prend tous les trois, si l"on incube pas, alors on devrait pouvoir l'éviter.

Dans deux semaines, on en sera certains. Et durant ce temps, je ne verrai plus mon amie fidèle, qui n'a jamais arrêté de venir me voir. Jusqu'à présent.

Tous ceux qui pensent que cela sera passé dans deux semaines devraient rafraîchir leurs connaissances. Creuser davantage le sujet.

Selon moi, on en a pour trois mois, minimum. Je serais bien étonnée de voir les enfants finir leur année scolaire en classe.

En cachant tant de leurs malheurs et misères avec le virus, les chinois ont mis le monde en grand danger.

Le monde aime la facilité. Et il est toujours plus facile de croire aux mensonges bien arrangés qu'aux vérités qui dérangent.

Les Italiens nous montrent la réalité de la chose. Et c'est pas beau à voir. Cela dépasse même ce que je m'imaginais. Et je commence à mieux comprendre pourquoi le parti chinois a fini par emmurer ses gens en leurs immeubles!


Le vécu des Chinois versus les informations du Parti

Sur le coup, voir un peuple se faire enfermer était choquant. J'étais choquée.

Voir la police barricader l'extérieur des appartements avec des habitants qui hurlent à l'intérieur, c'est dérangeant.

Puis voir des immeubles entiers se faire emmurer, c'est troublant!

Et il y a les gens qui perdent la tête et qui sautent. Alors que d'autres se mettent à hurler leurs désespoir aux fenêtres.

Sur le coup, je me suis qu'ils y allaient vraiment fort les chinois. Et que ça cachait de quoi!

On emprisonne pas des immeubles entiers avec des gens dedans pour les chiffres qui sortaient officiellement.

Puis il y a eu les morts qui se sont empilés, les maisons funéraires qui ne pouvaient plus fournir. Les rumeurs que les plus âgés allaient direct au four. Rendu là, par réaction instinctive, je me suis mise à désinfecter des rangées de barres de caddies...

Rendu là, les "journalistes citoyens" se sont tous fait attraper et les VPN tendancieux ont été bloqués, plus rien n'est sorti. La Chine a été mise sous silence. Si ce n'est pour les informations autorisées par le parti.


Voir venir l'épidemie mondiale

En mon vécu, durant des mois et des années, j'ai dû m'adapter au confinement de l'handicap.

Il fut une période où j'ai dû apprendre à en gérer l'abandon social. Qui en soi, s'est révelé plus souffrant que mon dos cassé. Être confiné et regarder le monde tourner fait mal, très mal.

Le monde ne connait pas sa chance d'être confiné collectivement et en santé. Tout comme il ne réalisait pas sa chance de vivre de façon aussi privilégiée.


Lorsque les douleurs dorsales sont devenues plus supportables, j'étais si rodée au principe que j'y faisais à peine attention. Je voulais juste revenir au monde. Passer inaperçue en une foule, bouger, rouler, voyager...

Utiliser l'épreuve comme tremplin

J'avais dépassé l'incertitude et la tristesse de ma vie active disparue. J'étais en mesure de m'identifier, non pas à ce que j''étais en la société, mais à ce que j'étais en mon être profond.

J'avais dépassé bien des émotions toxiques comme les envies, jalousies et dépressions pour me concentrer sur un objectif précis. Celui de revenir à la vie active.

J'entendais les excuses de ce monde toujours trop pressé pour prendre une pause en ma compagnie. Pour prendre le temps de capter mon quotidien composée de rééducation physique, d'isolement social et d'angoisses financières.

Parfois, je regardais aller ce monde toujours plus pressé et je me disais qu'une pause lui ferait du bien. Que cela lui donnerait l'occasion de se regarder en profondeur plutôt qu'en surface polie.

J'y pensais parfois sans jamais me donner la liberté d'imaginer que cela puisse un jour arriver. Je travaillais comme une lionne pour sortir de ce confinement forcé et rejoindre le monde qui n'arrêtait pas de tourner.

Puis, juste alors que je m'apprêtais à progressivement retrouver le monde qui tourne, il s'est arrêté. Et la fucking mort est revenue rôder pour tous et attendre son tour, avec cette patience dont elle est reine.

Ceux qui croient encore que seuls les plus vieux sont en danger devraient regarder les  chiffres des Italiens plutôt que de croire ceux des Chinois. Entendre les Italiens plutôt que d'écouter les Chinois...


Réfléchir plus loin que son nombril

À mon sens, si tu as besoin de machines pour sauver ta peau, c'est que ce virus est pas mal plus costaud qu'il n'y parait!

Assez costaud pour mettre au défi les médecins italiens qui doivent choisir ceux qui ont une chance de survivre et laisser périr les autres.

Assez costaud pour mettre en péril l'ordre social de bien des pays. Assez costaud pour causer toute une zizanie. Assez costaud pour transformer notre monde en un autre.

Rester chez soi pour sauver le monde, c'est pas la fin du monde. C'est juste le début. Et c'est l'occasion de devenir meilleur... Ou pire. À chacun de choisir.


C'est l'occasion d'enrichir ses humanités puisque de toute façon, l'économie va en prendre pour son grade...

Espérons que l'individu saura devenir meilleur pour aider à sauver sa collectivité. Et que le pire à venir viendra du virus plutôt que des humains...


Chroniques de Covid19

lundi, mars 16, 2020


Ce matin, le monde se réveille en une nouvelle ère, celle du Covid19.

Miss Soleil voulait vivre un moment historique en sa vie, elle est gâtée! À chaque fois qu'elle comprend ce qu'elle devra sacrifier en ce moment présent, école, amies, voyages, etc. Je lui rappelle ce désir qu'elle avait de vivre un moment qui entrerait dans les livres d'Histoire...

Je viens de passer trois années confinée, par la maladie et la douleur physique. J'ai lutté comme une lionne pour retrouver les capacités physiques de vivre en un monde dit actif. Jamais je n'aurais pensé qu'il me rejoindrait à mi chemin...

Je viens de profiter d'un gros mois de semi liberté retrouvée. Depuis trois semaines, j'apprécie chaque sortie extérieure. J'en observe les normalités, avec la conscience de cette facilité de vie dont tout le monde profite, sans même y penser.

J'ai apprécié la simplicité de ce monde insouciant, avec la sensation aiguë que cela risquait de ne pas durer. Avoir raison en ce genre de prédictions n'est jamais vraiment satisfaisant.

Isolation volontaire

Me voilà de nouveau confinée, volontairement cette fois. Tout en sachant que ce confinement risque de retarder la progression de ma rémission physique. Mais tant que l'on a pas à aller vivre en une chambre d'hôpital, c'est ben correct! On va faire avec.

Et puisque je ne pourrai plus me fatiguer en piscine, je réanimerai ce blogue avec cette énergie recyclée. Je préfère être confinée, en sécurité, plutôt que de prendre la chance de me retrouver en pire état, sur un lit d'hôpital, en pleine épidémie.

Être confiné, sans douleur physique, avec les gens que l'on aime est un privilège en soi. Évidement, s'il y a de l'eau dans le gaz des relations, cela pourra faire des étincelles. Ces feux invisibles risquent de provoquer des brasiers d'humanité. À chacun de les éteindre et de mieux se comprendre. C'est l'occasion de devenir meilleur... ou pire... à vous de choisir!

À chacun de sacrifier un peu de son individualité pour sauver la collectivité. Car c'est en sauvant la santé collective que l'on sauvera l'individu..


Être confiné, c'est l'occasion de se regarder en face et d'approfondir la compréhension que l'on a de soi. Si l'on choisit consciemment de cultiver une bonne attitude alors on en ressortira amélioré plutôt que détérioré. C'est l'occasion de grandir et de se renforcer.

Rester Zen et responsable

Paniquer est inutile, s’adapter est essentiel. Nous avons possédons désormais la responsabilité de la santé collective, à chacun de faire les bons choix et de prendre les bonnes décisions. À chacun de se prendre en main afin d'éviter le pire pour tous.

L'autre choix est de se lamenter, de s'apitoyer, de geindre et d'aigrir. C'est une attitude qui est plus facile à court terme mais qui se révèle destructive à moyen terme. De celles qui peuvent foutre en l'air une société.

Cela ne sera facile pour personne mais cela sera encore plus difficile pour ceux qui préfèrent regarder leur nombril plutôt que de l'étirer. Et cela sera encore pire pour tous ceux qui se retrouveront sous oxygène!

Les égocentrés de ce monde ne pourront plus s'enivrer des superficialités de notre société, ils devront apprendre la sobriété et l'introspection. Ceux là souffriront le plus. Et pourront apprendre beaucoup!


Soyez les héros anonymes du Covid, restez chez vous!

Méditer aide à cultiver la bonne attitude. Celle qui permet de s'élever et de s'adapter aux difficultés. Cultiver une attitude réfléchie permet d'accepter l'épreuve à traverser et de trouver les voies pour la surmonter.

J'imagine que dans les prochaines semaines, l'on verra le meilleur comme le pire de nos humanités. Chaque culture réagira au problème à sa manière. Les choix de chacun auront des répercussions sur tous.

Les plus malheureux seront ceux qui se retrouveront intubés, avec la mort à leur chevet, en un univers de cosmonautes angoissés. Croire que ce coronavirus est une grippette est faire preuve de cruelle stupidité.

Une grippette n'a pas le pouvoir de faire exploser le système hospitalier des pays civilisés! Une grippette ne te donne pas des pneumonies si aiguës que tu ne peux y survivre qu'en étant branché sur un respirateur artificiel! Une grippette ne met pas en danger l'ordre social...

Désormais, l'on possède tous la même responsabilité de sauver le monde. Chacun à son échelle peut être un héros du quotidien. En choisissant de cultiver la bonne attitude et les bons gestes barrieres.

Merci à tous ceux qui feront le choix d'être un héros invisible en ces prochaines semaines. Merci à tous ceux qui iront au front, lutter contre les dommages que ce virus fera en nos populations pour sauver tous ceux qui pourront l'être. 




Laissons souffler la planète

Toute personne aux affinités écologiques pourra apprécier le fait que la planète en profite pour souffler. Il n'y a rien comme une bonne quarantaine mondiale pour que les taux de pollution mondiale diminuent. Les résultats se font déjà remarquer. Et ce n'est qu'un début...

L'on peut aussi noter l'ironie que ce virus amène avec lui. Il aura fallu que l'humain étouffe pour que la planète respire de nouveau!

Car la particularité de ce jeune virus est bien comment il s'attaque principalement aux poumons. Son objectif ultime est d'étouffer sa victime. Aucun pays ne possède assez d’oxygène en bouteille ni de respirateurs artificiels, pour sauver toute une population humaine contaminée massivement en même temps!

D'ailleurs plusieurs de ceux qui y sont déjà passés témoignent de cette sensation d'étouffer. Pas de nez bouchés mais la réelle sensation de suffoquer. Plusieurs jeunes italiens sont intubés alors que périssent les plus vieux...

Entre son temps d'incubation, ses contagieux asymptomatiques et son étouffement final, ce virus est bien spécial. Il n'est pas à prendre à la légère, aussi jeune que l'on soit!

Voici venu le temps de laisser respirer la planète...

Sois le héros du Covid! Pas sa victime, ni son complice...

dimanche, mars 15, 2020


Durant les trois dernières semaines, nous nous sommes tranquillement préparés à l'éventualité d'entrer en isolation volontaire. Sachant que nous sommes tous deux à risque et que j'étais sur informée.

Si le grand public avait eu vent de la moitié des infos chinoises que j'ai consommé au mois de janvier, il aurait sûrement été plus prudent avec ce virus, beaucoup plus malin qu'il n'y parait. La censure chinoise s'est très bien resserrée au fil de leur quarantaine. Jusqu'à en colmater toutes les fuites indésirables. Ce qui a permis de fausser tous les chiffres et perceptions du problème.


Pandémie en cours...

L'Italie est mon groupe témoin depuis des semaines. Ce que l'on en apprend n'a rien de rassurant. Du côté des États, c'est aussi la cata, je pense que le chaos gronde. Quand on sait combien ce pays est armé jusqu'aux dents, il y a de quoi s'inquiéter. Ou souhaiter que cela mette en lumière l’incompétence de Trump?

Ma courbe de progression de rééducation physique promet aussi un ralentissement avec la fermeture des piscines et mon osteo en quatorzaine. Voilà qui donne un coup à mon processus de rééducation/rémission dorsale. Je n'ai malheureusement pas d'amis qui possèdent une piscine intérieure. À moins que je ne frappe à la porte des châteaux en bord de lac? Qui sont sûrement inoccupés pour l'hiver...


En atténuant la courbe de progression du virus, ma courbe de d’amélioration de rétablissement physique risque de ralentir. Là sera mon sacrifice personnel pour la collectivité.

En étant prudente, je peux tenir deux à trois semaines sans séance de chiro. Sauf urgence. Mais les traitements d'osteo aident beaucoup à la progression de mon état. J'en ressens déjà le douloureux manque à venir en des symptômes dorsaux que je connais et reconnais. Combien de temps le chiro sera-t-il ouvert est une autre question sans réponse.

Je considère la chance d'aller mieux malgré tout. J'ai l'espoir de tenir la route et de garder le cap. Sachant que j'ai déjà une année de retard sur mon rétablissement possible lié à l'attente du rendez-vous médical pour la prescription de mes infiltrations.

Tous les âges peuvent avoir besoin d'un respirateur!

Je sais combien le système hospitalier n'a que peu de latitudes pour absorber les dégâts d'une telle épidémie. Je peux facilement imaginer les complications à venir pour tous les malades actuels. Et le danger que le système médical soit incapable de répondre à la demande...

Espérons que l'on pourra surfer une courbe aplanie de l'épidémie en cours, plutôt qu'un pic aiguisé qui nous fera traverser une catastrophe sanitaire. Tous ceux qui sont déjà malades seront les premiers affectés par la catastrophe en cours.

En Italie, le système hospitalier explose et les docteurs assument le fait que les + de soixante ans ou les - de soixante ans avec maladie chronique (comme le diabète) ne sont plus pris en charge. Ils n'ont plus la possibilité de se retrouver sur ce respirateur artificiel qui en sauve tant.

Ce qui veut dire qu'il y a beaucoup de personnes en dessous de soixante ans et en bonne santé avec des complications sévères. Beaucoup de personnes, soit disant sans risque, qui se retrouvent sous ventilation. Je souhaite que l'on en arrive pas là.


C'est pourquoi l'on doit accepter cette situation, s'adapter et coopérer. Et se sacrifier! Non seulement pour les personnes vulnérables mais aussi pour tous les "bien-portants" qui pourraient tirer le mauvais numéro à la loterie du Covid_19.

Évidement, les plus faibles tomberont les premiers mais ceux qui tomberont ensuite seront de tous les âges et ce sera peu-être vous! Sans même parler d'en mourir, quiconque se retrouve en réa passe le pire quart d'heure de leur vie!

Il y a eu énormément d'informations erronées dans les dernières semaines sur le sujet. Les notions de collectivité et de quarantaine ne sont pas au goût du jour. Ce virus est en train de donner toute une claque au monde moderne!

Le Québec embarque dans la danse du Coronavirus

Après avoir regardé le point de presse du Québec, j'avoue être satisfaite des mesures mises en place. Rassurée. Il faudra maintenant attendre de voir comment la population se comportera.

Le Québec fait preuves de mesures préventives avant que ne soit confirmés des cas de transmission communautaire. Ce qui me semble être très raisonnable. J'approuve.

À noter que je ne comprends toujours pas pourquoi on encourage pas la désinfection systématique des surfaces que l'on croise avec des lingettes de Clorox? Les gestes barrières sont essentiels mais ne pourrait-on pas pousser encore plus loin la bonne volonté?

Prêt pour la grande quarantaine? 

En notre coin de brousse nous sommes prêts à nous adapter à la situation en cours. En mes diverses recherches sur le sujet, la vitamine D3 revient régulièrement sur le tapis, en guise de prévention. Il parait que le #Covid19 ne l'apprécie pas...


Nous sommes deux parents à risque. En tant que diabétique, l'homme semble être dans la ligne de mire du virus. Aussi j'ai mis en place un petit régiment préventif de trois pilules, curcuma, omega 3 et D3.

En ce qui me concerne, je peux zapper la D3 vu que j'ai, en mon traitement médicamenteux de base, une pilule hebdomadaire de vitamine D, en dose massive. Dix fois plus concentrée que celles en vente libre. Mais j'y rajoute du Bio K.

Je prenais plus ou moins régulièrement cette pilule, depuis ma dernière prise de sang qui montrait que je n'étais plus au seuil dangereux, mais j'ai recommencé à la prendre avec diligence.


Sans même parler d'en mourir, juste l'idée que lui ou moi nous retrouvions en piteux état en un hôpital me fout les boules et le cafard!

Et puis plus le virus se transmet plus il mute. À Wuhan, c'était un bébé. En Europe, c'est rendu un ado. Qu'on ne veut pas mener à l'âge adulte...

Comment comptez-vous vous adapter?

Pour garder intacte notre cellule familiale. Avec l'aide du ciel, de la vie et la connaissance des gestes barrières, nous nous adapterons. Nous serons patients et disciplinés. Nous penserons à la collectivité avant de penser à soi.

Conscient de la chance que nous avons de pouvoir être isolés en un endroit où l'on peut sortir dehors, et aller humer la glace du lac si l'envie nous en prend. Cela ne sera facile pour personne.

Mais plus les personnes accepteront le problème actuel, plus ils feront l'effort de s'y adapter et mieux l'on passera au travers la crise, avec le minimum de dommages possibles. C'est le temps du sacrifice personnel pour le bien commun.

À partir de lundi, l'on ne sortira plus du village si ce n'est pour aller à l'épicerie, à la pharmacie ou à la clinique interdisciplinaire pour mes traitements manuels. Si elle reste ouverte...

Prédire le futur?

Il y a environ trois semaines, je croise la directrice du complexe récréatif où je fais ma rééducation physique en piscine. Après deux années de fréquentation constante, on connait tout le personnel!

 Assise sur un banc, j'enfile mes bottes en grimaçant. En passant devant moi, elle me demande comment je vais. Je lui réponds avec un sourire:

 - Ben... je profite de la piscine avant la grande quarantaine! 

 Interloquée, subtilement choquée, elle me répond avec certitude:

- Ben voyons don', faut pas s'inquiéter pour ça! Ça arrivera pas chez nous, on est ben correct! 

- Hum humm... 

J'avale cette impression d'être posée sur le toit du train qui va tout droit dans le mur tout en essayant de parler avec un passager assis à sa fenêtre.

Je mets mes bottes tout en prenant conscience du privilège de pouvoir me réeduquer la peau en cette superbe piscine à moins de 20 minutes de ma maison.


Même si chaque séance est une petite torture physique qui me fatigue, c'est aussi une partie intégrante de mon processus de rémission. Je sens que l'athlète invisible sera triste de ne plus pouvoir y aller au cours des prochaines semaines.

J'ai toujours pensé qu'une civilisation avec des piscines communautaires propres reflétaient une société en santé. C'est l'un de ces blablas que je radote en mes conversations avec l'homme. Aujourd'hui notre civilisation n'est plus en santé.

Alors maintenant que le coronavirus est au grand jour, êtes-vous prêt à vous y adapter?

Entrer en isolation volontaire...

vendredi, mars 13, 2020


Je fais de la veille de coronavirus depuis janvier. Mon homme trouve mes comptes rendus plus étoffés que les nouvelles qu'il entend à la radio. Deux semaines après que je lui en ai parlé...

La majorité est sous informée et je le suis trop! Avec mon mari diabétique, ce n'est pas tant de la rigolade et je ne rigole pas. Je me soucie du futur à venir.

Ce coronavirus réveille la journaliste en mon sang. Signe de mon rétablissement en cours. Entre deux rééducations et trois fatigues, j'étudie les actualités du coronavirus selon les différents pays et cultures.

J'en observe les différentes réactions selon les gouvernements. J'en analyse le tout et j'en déduis des prédictions que je partage à l'intime.

L'on fait un plan d'action pour se préparer. Et je prends l'habitude de tout désinfecter sur mon passage...

Evidemment, Trump est désolant. Les chinois mentent comme Pinocchio. La Corée du Sud semble montrer l'exemple à suivre. Des images satellites montrerait des fosses communes en Iran. L'Italie va mal, si mal qu'elle ne soigne plus les contaminés de plus de soixante ans et démontre qu'il n'y a pas que les personnes âgées qui sont touchées. Son système hospitalier explose. C'est le début de l'hécatombe...

Il est maintenant clair que les moins de soixante ans, même en pleine santé, se retrouvent aussi en réanimation. L’Italie montre ce qu'il en est lorsqu'on s'en préoccupe trop peu!

Si la Chine n'avait pas tant caché l'horreur en son pays alors que l’épidémie devenait pandémie, le monde aurait peut-être été moins nonchalant?

J'ai lu quelque part qu'une société était civilisée lorsqu'elle était capable de protéger les plus vulnérables. Sommes-nous réellement civilisés? Nous le saurons bientôt...

Il parait qu'une épidémie est l'instant où l'individu doit passer après la collectivité. Et c'est en pensant à la collectivité que l'on sauve l'individu. Cette pandémie met en lumière des notions peu pratiquées par nos sociétés modernes. Elle nous transformera qu'on le veuille ou pas...

Le pire est à venir...

Les États-Unis ne sont pas plus honnêtes que les Chinois. Ça magouille, ça cafouille, ça dérouille. La planète commence à tourner au ralenti.

J'ai découvert toutes sortes d'informations troublantes avant que la Chine n'arrive à couper toute communication avec l'extérieur. Assez informée pour penser à acheter du gel antibactérien il y a dix jours...

Après ces semaines à creuser le sujet pour mieux comprendre ce virus, je ne suis pas du tout étonnée de la tournure des choses actuelles. Entre le temps d'incubation et les contagieux asymptomatiques, il y a de quoi s’inquiéter et se préparer au pire.

Depuis des semaines, j'ai l'impression de voir un train aller droit dans un gigantesque mur. J'ai l'étrange sensation d'être posée sur le toit de ce train qui file à vive allure vers la catastrophe. Tandis que les passagers regardent le paysage sans se soucier de ce qui s'en vient, droit devant.



Depuis un mois, l'on se prépare à ce moment présent. Assez pour que Miss Soleil m'explique qu'elle a l'impression de réviser pour un examen invisible.

Elle connait tous les gestes barrières, elle est consciente du problème. On est prêt pour l'examen!

À la maison, on a des masques, une visière et du purell. On a les provisions nécessaires. L'homme a de l'insuline, j'ai mes médicaments. Tant que la piscine est ouverte, ma routine restera la même. Mais pour combien de temps?

Hier, en allant au chiro hier, j'en ai profité pour désinfecter sa salle de traitement. Mon osteo sera en isolation au retour de sa semaine de vacances pour deux semaines. Heureusement que je vais mieux...

Là ou je passe, le virus trépasse...

Pour aider à la lutte anti virus, je désinfecte tout sur mon passage depuis plusieurs jours déjà, armée de mon Purell et de mes lingettes Clorox. Je fais attention de ne pas me toucher le visage, je suis consciente du danger.

Je me dis que si l'on était plus à tout désinfecter sur notre passage, le virus aurait moins d'espace pour traîner.

Désinfecter pour moi et pour ceux qui passent derrière aide mes nerfs éprouvés par bien des ennuis de santé. Je sais ce qu'il en est de perdre le contrôle de son corps. Je prie pour que l'on évite le pire de ce méchant virus.

Entre l'Asie, l'Europe, l'Orient, l'Afrique et les USA, ça s'en vient de tous bords tous côtés...

Montréal ferme aussi ses piscines, bibliothèques, spectacles, Québec suit.

Il n'y a plus de gels antibactériens, nulle part, depuis des jours. Les épiceries se vident de leurs papier toilettes, la mienne comprise!

Après avoir déclaré toutes sortes d'inepties, Trump retourne son fusil d'épaules et prend le virus au sérieux. Surement trop tard pour bien faire.

Tom Hanks est touché par le virus, cela met un visage connu et aimé sur la chose. Le monde civilisé se réveille alors qu'il rentre dans le mur? Est-ce que le Canada saura aplanir la fameuse courbe de contagion?

Sachant que le virus s’accroît  de façon exponentielle et qu'aucun pays ne possède l’infrastructure hospitalière adéquate pour faire face à ce virus tout neuf, il y a de quoi s’inquiéter pour l'ordre social.

La France se met peu à peu en quarantaine. L’Espagne suit. Justin Trudeau est en isolation avec sa femme positive au coronavirus. L'Ontario ferme ses écoles, la rumeur court que le Québec suivra sous peu.

Ce qui est maintenant fait! Plus d'école pour la puce. L'université  ferme aussi. Mon homme diabétique va se mettre au télétravail. C'est pour le mieux. Être confinés en notre coin de brousse n'est pas la pire des situations. Il y a pire logés à l'enseigne de ce virus qui fait la fête à l'humanité!

Ce mois-ci marque trois ans depuis mon dos a été explosé. Trois années confinées de douleurs et de rééducations physiques. Enfin je vais mieux. Enfin je peux envisager de sortir à nouveau... Ou pas!

Le monde se met sur pause alors je commence à pouvoir sortir de la mienne. Il est vraiment particulier de revenir à la vie en une société qui se referme sur lui-même!


Pis, chez vous, ça covid?


Ce mois de mars marque les trois ans de mon dos explosé. J'en retiens les émotions de colère pour me concentrer sur le rétablissement en cours...

La première année fut la pire alors que je me suis retrouvée totalement invalide, enfermée en mon corps ravagé par de violents symptômes douloureux. Les deux suivantes furent aussi bien douloureuses, toutes en rééducations et traitements médicaux. 

Après trois années d’efforts et de luttes pour réparer un dos sévèrement endommagé, je vois enfin de la lumière au fond du tunnel. Et j'espère bien finir par l'atteindre.

Il y a bientôt trois ans de cela, une physio recommandée par l'hôpital, m'a sévèrement abîmé le dos.

Elle était supposée traiter mes neuropathies faciales et non pas me foutre la vie en l'air! Après avoir gagné ma confiance, elle en a abusé en me traitant comme un cobaye.

Elle m'a invalidée en provoquant une serieuse convexité en mon dos, qui a très mal réagi, et qui s'est enflammé en crises de convulsion. Comme s’il était nécessaire d'ajouter à la collection de problèmes de santé que je venais d'affronter ou que j'étais en train de traverser...

En ces neuf dernières années, j’ai surmonté plusieurs problèmes de santé. Je les ai traversés les uns après les autres. Sans répit ni pitié. Sans m'apitoyer ni capituler.

Mais le pire de tous mes problèmes de santé aura été provoqué par ces manipulations de physio qui ont bien failli me détruire. Mon dos fut cassé de nouveau. Et je me suis retrouvée hors jeu! Out of the game of life...

Back to Hell en quelques manipulations dorsales

J’avais déjà été paraplégique à douze ans et je n’avais pas imaginé me retrouver de nouveau invalide. En ces premiers mois d’horreur, j'ai senti la vie s'écouler hors de moi, comme une invisible hémorragie. J'ai vu la mort veiller quelques semaines avant de me lâcher la peau. Pour survivre à l’intensité des symptômes physiques, mon esprit a appris à se désincarner et à se renforcer.

Pendant des mois, j'ai expérimenté des douleurs physiques si sévères que j'ai eu l'impression de devenir un automate humain. J’ai appris à donner l'impression d'être vivante tout en forçant la vie à persévérer en mon sang.

En ces situations bien effrayantes, il est important, le plus possible, de continuer d'être soi, même si on ne le ressent plus intérieurement.

Pour avancer, l’on doit se rappeler de ce qui fait notre identité. Et s'y accrocher. Même si on ne se sent plus soi, on doit se forcer à effectuer ces petites choses qui font que l’on est soi.

Durant des mois, j'ai utilisé les quelques gouttes d'énergie en ma peau pour continuer de prendre des photos. Même si tout goût ou envie était annihilé par le brasier en ma colonne vertébrale. Pour l'amour des miens, j'ai forcé la vie à persévérer en mon sang.

J’ai accepté de me torturer le corps afin de le stabiliser. Trois fois par semaine en des séances de piscines toutes bien douloureuses. Il aura fallu quatorze horribles infiltrations de colonne, sur une année, pour venir à bout de l'inflammation, provoquée par ces manipulations qui m'ont tordu le dos.

Il aura fallu une centaine de traitements de chiropractie pour arriver à rétablir ma colonne et la garder droite. Sans compter les dizaines et dizaines de traitements de kiné puis d'ostéopathie ni les centaines de séances de piscine. Trois années de calvaire corporel ainsi se sont passées. Et je suis devenue une athlète invisible.


Back to life, une saison à la fois

Au fil des traitements, des efforts, des volontés, des disciplines de vie, j'ai commencé à retrouver des capacités physiques. Petit à petit, mon corps a accepté de refonctionner. Doucement mais surement, j'avance et je dépasse les obstacles qui entravent ma route.

L'automne dernier, j'ai commencé à sentir une sève revenir en mon tronc. Avec cette sève revenait la vie, celle qui fait que l'on existe...

Depuis, mois après mois, je poursuis mes rééducations et les améliorations se concrétisent. La sève nourrit le tronc qui revient à la vie. Elle se répand peti à petit dans le reste du corps meurtri.

Encore quelques mois de torture physique et je devrais finir par gagner cette foutue guerre. Tant que le coronavirus ne vient pas foutre le chaos en mon chemin de rétablissement!

Traverser les épreuves humaines en mode conjugal

Cette année est la vingtième en ce mariage qui nous unit. En ces deux décennies, nous avons traversé tant d'obstacles, nous avons affronté tant d'épreuves, et nous sommes toujours là.

Nous partageons cette même volonté de construire une réelle fondation humaine pour notre enfant unique. Ensemble, nous partageons cette même valeur de construire cette famille que l'on a jamais connu.

Vingt ans plus tard, je l'aime toujours. Plus profondément. Notre travail de parents arrive bientôt à finition. Passé 20 ans, la relation parent/enfant devient adulte. Elle se transforme et évolue.

La responsabilité d'élever et d'encadrer n'est plus, il reste celle de guider et de soutenir.

Il est dit que la présence de l'un nourrit la force de l'autre. Cela résonne en mon âme qui approuve.

Leur double présence me donne cette force nécessaire à la bataille quotidienne. Sans eux, je suis peu. Avec eux, je suis tout.

La vie est une sève qui nourrit l'essence humaine

La sève qui a commencé à s'écouler en mon dos, tout doucement, se répand maintenant, un peu plus loin chaque mois. C'est elle qui me donne cette étrange sensation de revenir à la vie.

Mon osteo travaille sur mon cas et me fait prendre conscience des améliorations en cours. Même si j'en arrache encore beaucoup, je vais beaucoup mieux. Je suis entre deux étapes. Lorsque la rééducation devient réadaptation...

Je peux de nouveau passer inaperçue dans le monde des bien-portants, quelques heures durant. Puis j'en paie le prix en silence et souffrances. Mais tant que je peux soigner convenablement mes neuropathies et rééduquer ma colonne, je peux avancer, m'adapter, évoluer.

Il paraît que je dois prendre conscience de mon endurance physique qui s'étire. Mais tant que je n'ai pas retrouvé une endurance digne de ce nom, je n'ai pas l'impression d'être revenue valide. J'ai juste la sensation de lutter en continu pour l’être de nouveau.

Présentement, je canalise toutes mes énergies sur elle et lui. Plus mon endurance physique progressera et plus je pourrai me focuser sur moi-même. C'est le plan. Patience et persévérance...

L'on vit en une société qui met l'accent sur "penser à soi" comme mode de vie. Je n'y crois pas. Lorsque je me suis retrouvée en l'enfer de la maladie qui invalide, penser à moi ne me donnait pas la force de lutter ni d'avancer. C'est en pensant à eux que je trouvais la force de ne pas lâcher.

Penser à eux par me rendait surhumaine. Penser à moi me faisait sentir sous-humaine

Dès j'ai un peu d'énergie vitale, instinctivement, c'est à eux que je la donne, afin qu'ils puissent vivre le plus normalement possible malgré les épreuves en mon corps.

Je pense à moi en me pliant aux rééducations et aux traitements. Je pense à moi en prenant mon cas en charge et en persévérant. Je pense à moi en me dépassant quotidiennement.

Mais je ne peux pas vivre en ne pensant qu'à moi! C'est trop restrictif et égoïste. Combien de fois peut-on faire le tour de son nombril sans devenir un poisson rouge?

Étirer son nombril en pensant aux autres fait du bien à l’âme. Travailler ses neuroplasticités en ne pensant pas qu'à soi enrichit la texture d'une vie.

Il fut un temps lointain où la vie quotidienne était si ardue qu'il était alors nécessaire de se rappeler de penser à soi. Ce n'est plus vraiment le cas. Si nos ancêtres voyaient la vie que l'on mène, ils nous prendraient tous pour des rois.

Penser à soi a ses limites. Trop penser à soi limite

Penser à elle me grandit. Penser à lui me nourrit. Penser à eux avant moi-même me semble naturel et essentiel. Comme que je dois l'aider à grandir et mûrir. Je pense à elle et je fais mon possible pour lui offrir une douce enfance. Je me fatigue pour elle plutôt que pour moi et cela me paraît normal. Cela fait travailler mes endurances et je suis heureuse de la voir heureuse. Même si je finis brûlée comme une toast oubliée dans un vieux grille-pain, ce n'est jamais vain...

Les enfants d'aujourd'hui sont le présent de demain. La seule influence présente que l'on possède sur le futur passe à travers eux...

Comme je dois aussi penser à maintenir en santé ma relation conjugale, penser à lui est normal. Je sais combien ces dernières années ont aussi été difficiles pour lui. Cela me peine beaucoup. Mais quand je vois ses briller parce-que j'ai retrouvé la capacité physique de rire, je ressens que ce lien unique qui nous unit.

Je désire être grand-mère avec lui...



Même si je suis fatiguée de toujours forcer mon corps à avancer, tannée de ne pas travailler comme je le voudrais, déprimée de me sentir comme cette branche de sapin emprisonnée dans la glace, je garde le cap que je me suis donné.

Méditer, rééduquer, aimer, élever, persévérer font ma routine de vie. Méditer pour digérer ces multiples frustrations de ne pas vivre comme je l'entend. Méditer pour muscler ma cervelle et ne pas lâcher.

Garder le cap avec cet objectif têtu de reprendre du service en septembre. D'ici là le monde devrait bien s'être remis du coronavirus!

Soit il sera meilleur, soit il sera pire. Mais il sera obligatoirement transformé par cette épidémie en cours. On a été pas mal épargné à date au Québec mais avec le retour des vacances de la relâche, il est évident que plusieurs auront ramené en leurs bagages des virus clandestins.

Encore une ou deux semaines d'incubation et on rejoindra sûrement le reste de la planète. Déjà des mesures préventives définissent un futur possible en quarantaine mondiale.

Entre deux efforts et trois fatigues, j'observe l'évolution de la chose. Je fais de la veille de virus. Il y aurait deux souches qui circulent, l'une serait moins virulente que l'autre mais il serait aussi possible d'attraper les deux. Non ce n'est pas une grippe, et oui les moins de soixante ans peuvent se retrouver en réanimation.

J'entends le monde se plaindre des multiples inconvénients que cela implique. J'entends le monde craindre une récession économique. J'entends le monde en santé clamer que cela ne met pas leur vie en danger. Mais j'entends peu de monde désirer protéger les plus vulnérables en sacrifiant de leur individualité. 

J'ai lu quelque part qu'une société était civilisée lorsqu'elle était capable de protéger les plus vulnérables. Sommes-nous réellement civilisés?

J'imagine que l'avenir nous le dira. un avenir que je compte bien de nouveau bloguer en ces eaux virtuelles qui sont miennes. Au plaisir de se retrouver!


De retour en ligne...