mardi, septembre 07, 2004

"Friday Femmes"

Live at Miss Didine. L’on jase de nos quotidiens et souvenirs d'été. L’on rigole comme des patates. L’on s'échange nos échasses. L’on papote en vrac. L'homme, oublié parmi nous, s'enrobe en souriant de nos vibrations féminines. Les chats roulent et déboulent sous nos regards amusés. L'on popote à l'heure où sortent les sorcières...

Quelques crêpes de minuit entre deux fous rires. L'orage s'éclate sur Québec-ville. Aprés des semaines en Nouvelle France, Jolie Claire repart le lendemain en direction du vieux continent, des images plein la tête, des espoirs plein le coeur, elle s'éclipse avec charme. Mister Phil rentre au bercail. L'on finit la soirée tard dans la nuit, avec un p'tit documentaire underground, empli de pathétisme et soufflant d'étranges brises poétiques. En bref, rien qu'un autre vendredi soir sur la Terre...

Jeu de mains et de langue…

Avec le soleil qui se cache, les routines universitaires reprennent. Je suis contente de retrouver mes ami(e)s de « pâturage », ma vie sociale reprend avec l’été qui s’efface. Les activités s’organisent, travaux et examens à l’horizon, des papiers en vues, des idées en vrac, les moues des enfants, le train-train quotidien qui se dérouille sur ses rails d’automne. Chaque nuit fraîche colore un peu plus les feuilles qui transforment le paysage estival. Je n’ose penser à l’hiver qui se rapproche dangereusement de notre éphémère paradis végétal…

Aujourd'hui, j'ai participé au Jeu de mains de Tgtg avec cette photo et ces quelques mots éparpillés: Un soir couchant, entre deux grains de sable, une minuscule surprise. Petite chenille qui se tortille dans la paume d'une amie. Palpitations de Terre et de coeur, instants fascinants volés au temps...

Ensuite, dans le désordre, des mots divers pour me changer les idées. Histoire de retrouver quelques bonnes habitudes scoaires, j’explore le TLFQ. Je prends un cours des plus intéressants cette session, un cours qui traite de la question du Français en Amérique du Nord. Le prof semble excellent, inspirant, il incite à l’attention. Travaillant sur le fabuleux projet du Trésor de la langue française, je l’écoute béate. Je m’afflige moi-même! Je me fais éponge et les yeux grands ouverts, je me concentre sur ce savoir de la langue qu’il nous déballe en direct. C’est l’extase, je suis aux anges et je m'envole au treizième ciel…

En attendant le prochain cours, je me promène par ici ou encore par ( lien à suivre pour entendre et comprendre du "vrai parlé français d'icitte ou d'ailleurs"). Je récolte, au hasard de mes pérégrinations, de minuscules perles échouées sur le sable tiède de mes idées…

Youtzer 01. (v. intrans.)
[jutse] Pousser de longs cris modulés; chanter en poussant de tels cris.


Berrani 01. (n. m.)
[berani] Salle la plus tiède d'un hammam.

Écrapouti, ie 01. (adj.)
[ék+aputi] Écrasé. (Acadie)

Taoueille 02. (n. f.)
[tawEj] (Par extension, du sens 01.). Femme acariâtre.

Acoquinant, ante 01 (adj.)
Dont l'usage devient une habitude, qu'on ne peut s'arrêter de manger, de boire. (usage de la Réunion)

Abiye 01. (interj.)
[abij] Fam. Interjection utilisée pour inviter qqn à se dépêcher, à agir sans délai.

Cocodinde 01. (n. m.)
[kokod°~d] Tache de rousseur. [Freckle.] (Louisiane)

Caniques (perdre ses ~) 03. (loc. verb.)
[p°rdseka~nik] Fig. Devenir fou. [To go crazy.]

Bardasser 03. (v. intrans.)
[baRdasé] (Par extension, du sens 02.). Travailler.

accord (être en ~ avec qqn) 02. (loc. verb.)
(Emploi critiqué). Avoir le même avis que qqn d'autre, partager son opinion.


Naskapi, ie 01. (n. pr.)
[naskapi] Vieux Amérindien du nord du Québec et du Labrador, appartenant à l'un ou l'autre des divers groupes algonquiens qui vivaient en nomades à l'intérieur des terres, principalement de la chasse aux caribous, et avec lesquels les contacts étaient moins fréquents, moins directs qu'avec les Montagnais de la Côte-Nord. Mod. Amérindien appartenant à une petite nation algonquienne du nord-est du Québec et du Labrador, étroitement apparentée à la nation montagnaise.

Orignal, aux 01. [ORiNal, o] (n. m.)
Employé parfois au féminin dans certaines régions (notam. la Côte-Nord). Cervidé de grande taille, à pelage brun, pourvu de pattes longues et robustes, de hautes épaules surmontées d'une bosse et (chez le mâle) de larges bois plats et palmés à l'arrière, commun dans les régions nordiques de l'Amérique et de l'Eurasie (Alces alces). L'orignal est souvent considéré comme le roi des forêts canadiennes. Un orignal mâle. Un orignal femelle ou (souvent) une orignale. Pistes d'orignaux. Mocassins en cuir, en peau d'orignal.

Matin en sucre (d'orge)

Je recherche sur le Net des blogs de personnes diabétiques. Tout en parcourant les réponses que Google me donne, je me rends compte à quel point les mots « diabète » et « diabétique » sont parfois employés de manière bien péjorative. Ils semblent se faufiler souvent dans des plaisanteries plates qui me hérissent le poil subtilement. Je mentionne le tout à l’homme qui opine piteusement. Il semblerait que sur le vieux continent l’on n’a pas le même respect pour les junkies à l’insuline qu’ici. J’avoue être étonnée de voir ces mots ainsi utilisés. Je partage avec Juan celle de « la blonde » qui revient le plus souvent. Mon p’tit macho en sucre rigole à pleines dents tandis que je grimace dans mon coin. Je finis par trouver un blog d’une mère de 41 ans. Je dévore avec appétit ses impressions et sensations…

Régulièrement, en tant qu’épouse de diabétique, je rêve de connaître d’autres couples vivant aussi avec le diabéte, afin de partager des expériences que comprennent peu, ceux qui n’ont pas accès aux réalités quotidiennes du diabète. Je continue de creuser virtuellement le sujet, en fait, je recherche un diabète en particulier. Le diabète de type I insulinodépendant, souvent appelé, diabète de jeune. Mon homme va fêter cette année ses dix ans de diabéte, il n'est ni obése, ni grabataire, et j’avoue qu’en me mariant avec lui, je n’avais pas vraiment réalisé que je mariais aussi, en quelque sorte, le diabète...

Depuis, plus je réalise l’ampleur du contrat, plus j’ai le désir de connaître des gens qui vivent les mêmes choses que nous. Idéalement j’imagine une autre épouse de diabétique avec qui je pourrais comparer mes émotions. Mais là, je pense que je rêve un peu en couleurs! Je découvre quelques carnets ou sites au fil de ma recherche qui mentionnent des diabètes personnels, trop peu pour que cela m'avance. Je continue de flotter dans ces étranges limbes, errant des mots de l'un aux mots de l'autre, gardant espoir d’y trouver des lueurs de compréhensions humaines. Je déniche un conjoint qui semble avoir dû accepter, tout comme moi, le destin de son aimée. Je lis ces mots qui, mine de rien, me font un bien fou! D’un coup, comme ça, je me sens, l’espace de deux secondes et demie, un peu moins seule dans ma petite galère…

lundi, septembre 06, 2004

Sans Paroles

dimanche, septembre 05, 2004

Regards sur le vide…

Je regarde en spectatrice plusieurs courants « bloggesques » qui défilent et s’emballent derrière mon écran. Le problème, c’est que plus je lis de tergiversations sur le blog (et ses variantes), plus je suis saoulée, entraînée dans une drôle de spirale à saveur de masturbation mentale. Je fuis alors le sujet plus vite que mon ombre…

Il semble cependant y avoir un léger phénomène qui se passe, ces temps ci, dans la blogosphère. Est-ce que celle-ci remonterait à la surface du réel? D’un mode (ou outil) de communication plutôt obscur, les blogs atteignent un degré de (re)connaissance qui fait basculer la sphère subtilement hors de ses univers virtuels…

Il y a plus de larmes versées sur la terre qu'il n'y a d'eau dans l'océan.
Bouddha

- Qu'est-ce que la femme ?
- C'est une étoile dans l'eau.
André Breton et Marcelle Ferry

Un animal, c'est de la vie enveloppée de fourrure ou d'écailles, habitée par l'inquiétude, capable oh combien capable de tendresse, de force, de courage et de peur.
Jean-Paul Lebourhis

Écailles de présent

Le soleil se couche derrière les collines. En ce début septembre, la plage est désertée et d’une paix sans nom. Le lac est aussi bleu que le ciel, le ciel est aussi pur que l’air qui inonde mes poumons. Le clapotis des vagues est une mélodie zen à mes oreilles. Les rayons du soleil caressent mon corps fatigué par la rentrée. Gouttes de paradis sur ma peau ambrée.

Après avoir soufflé comme un fou et fait la fête avec un fracassant orage nocturne, le vent est aujourd’hui aussi doux qu’un agneau. Sage comme une image, il donne à peine quelques frissons aux feuilles qui se dorent de soir couchant. Odeurs fraîches, saveurs de bois, courants d’eau.

La Terre exulte sa beauté à mes pieds. Je m’harmonise à sa douceur. Je regarde les rides de lac sur le sable. Je médite jusqu’aux genoux dans l’eau fraîche. J'observe la lumière changeante, elle blanchit subtilement avec l’automne en chemin. Juan lit « Sciences et Vie » tandis que je me perds les idées dans les écailles d’eau qui dansent en transparence de mes émotions…

samedi, septembre 04, 2004

Conscience pirate


Hier, j’ai sorti pour la première fois « mes seins Albator », mon p’tit délire s’est promené à l’université, faisant sourire les copines retrouvées. L’ours se déguise en clown. J’ai toujours eu un petit faible pour les pirates. Cela date de mon plus jeune âge. Petite fille, Albator fut mon premier « real crush », j’y peux rien les balafres, cela me renverse!!!

Cela dit, avec la maturité de ce début de trentaine, j’ai aujourd’hui une assez bonne perception de la vie, qui me sert de gouvernail, lorsque je laisse glisser mes pensées en ces océans d’humanités, parfois dangereusement hantés. J’aime bien le code d’honneur de certains bandits, je n’en respecte que certains et parfois, je le confesse, je me transforme en ombre pour voguer certains flots interdits. C’est l’amour de la musique qui me porte, que le ciel me pardonne mon romantisme déviant…

jeudi, septembre 02, 2004

Dans ma bulle (de vent)…


Hypérion vient d’attraper sa première souris, derrière le léger écœurement de ma pomme, une petite fierté de mère je ressens subtilement. Quel beau chasseur que ce petit minou qui devient grand! Rescapé d’une colonie décimée par une main mystérieuse, il porte en lui tout le poids de ma peine féline. Obsidien le soutient dans sa tâche. Fils de Petite Crevette, il garde en lui la timide fragilité de sa mère. Bébé maladif, il se transforme en un petit matou tout doux. Hypérion et bien évidemment le fils de Gaia, il possède sa grâce féline et une très forte affection pour ses maîtres, un grand besoin d’attention lui est nécessaire et c’est tant mieux pour sa triste maîtresse….

Il nous reste deux maisons à interroger avant que je compile toutes les informations recueillies et décide de la suite de mes actions. Les enfants ont repris le chemin de mes cours du soir et n’en reviennent pas de la nouvelle morbide de l’été. La vie est injuste mes petits, que voulez-vous y faire? Jay, petit gars plein de feux et de passions, me chuchote au coin de l’oreille : « Tu sais Etol, si tu trouves celui qui a fait cela, tu devrais… (mouvement de couteau dans le vide)… ses pneus! » Je le regarde du coin de l’œil, semi sévére, semi amusée et ne peut m’empêcher d’acquiescer du regard tout en modérant mes paroles : « Hum, c’est quand même radical! Et pas très légal! Pourtant, je me demande si pour Halloween on pourrait pas en profiter pour jeter plein d’œufs sur sa maison! » Le petit coquin essaie quand même de me convaincre que le coup des pneus est une belle punition pour le crime commis. Je réalise que c’est une idée à laquelle je n’avais même pas pensé! J’en ai eu quelques autres, mais le coup des pneus, m’avait complètement échappé! Sacré Jay va! C’est un vrai garçon, passionné de « chars » et de trips de « gârs ». Il enrichit ma vie depuis plus de quatre ans de son étrange personnalité, à laquelle je me suis bien attachée au fil du temps passé. Il me retourne parfois le cerveau, pour mieux le disséquer en quatre, mais il me donne aussi cette affection d’enfant si douce à l’âme. Je le regarde grandir, je bataille depuis tant de soirs pour arriver à lui transmettre quelques notions d’Amour pour le Savoir…

Sara a retrouvé aussi retrouvé le chemin de mes soirées pour la deuxième année. Petite fille espiègle qui trouve ici un soutien d’études impossible en sa maison. Aussi bavarde qu’une petite pie, elle peut exploser la patience de Juan en trois minutes. Hier, sur le chemin du retour de l’université, alors que je discute avec Juan des aberrations de la vie, je réponds dans la discussion: « … c’est comme mes gamins, je n’ai pas à avoir de préjugés envers eux. Je suis là pour les aider pas pour les juger! C’est la première étape, me semble! » Il rigole et rétorque: «C’est vrai, tu es très tolérante avec leurs défauts, je crois que le pire c’est Sara, je ne sais pas comment tu fais, parfois je la trouve si chiante que je me pendrais! Je suis pas capable! » Je souris en silence. C’est vrai que mon homme a une patience d’ange, et pourtant Sara peut lui hérisser le poil comme peu savent le faire. Évidemment dans ces temps là, s’il arrive qu’il soit sur l’ordinateur alors que nous travaillons à la table familiale avec la p’tite Miss, je peux parfois voir dans son regard toute l’irritation qui le submerge. Je l'observe bouillonner en silence dans son coin et je souris, toute seule, dans ma tête. Mon homme a quelques préjugés sur les petites filles trop richement gâtées. Sa simplicité intérieure de "moine déchu" semble, dans ces moments là, se rebeller et vouloir trouver une place dans sa réalité renversée! il est vrai que Sara est une petite fille avec des parents, (sans grande éducation scolaire) possédant un fort capital bancaire, l’une des plus jolies maisons du village voisin, pourvus de tous les accessoires possibles et imaginables, depuis la piscine creusée jusqu'au terrain de tennis! Ce qui n’empêche pas que sous le vernis du privilège matériel, se cache une petite fille comme les autres, qui en arrache avec son parcours scolaire, mais qui sait travailler lorsqu'on la guide vers un but précis, de façon douce et déterminée.

Cette année, je ne garde que trois petits, c’est assez pour meubler mes soirs de libre et me permettre de manger autre chose que des racines de pissenlits. Ma petite perle, c’est Jess qui revient pour la troisième année. Jess, je l’ai récupéré sur le bord du redoublement aux environs d'un Noël. Elle était simplement bloquée et il n’en fallut pas beaucoup pour la remettre sur pieds, elle reussi à passer son année sans troubles. Sa maman, très douce et attentive, ne possède cependant pas les outils nécessaires à son épanouissement scolaire, ainsi devant les progrès de Jess, elle décida de continuer à me l’envoyer même si son bulletin allait trés bien. Pour la première fois, je me retrouvai donc avec une « enfant éponge ». C’est la seule que je ne vois qu’une fois par semaine, mais c’est aussi la seule avec qui je peux travailler hors-circuit des devoirs journaliers. Alors je me plais à lui transmettre mes connaissances générales ou ciblées. Je fais parfois dans ma tête le parallèle entre le Savoir et la Foi. Comme la Foi n’a pas obligatoirement besoin de religions pour exister, le Savoir peut se vivre hors de l’école, et n’est pas obligatoirement dépendant d’un système ou de quatre murs placés à cet effet!

Enfin, là je m’égare, revenons à ma petite perle du soir. Jess vient d’un milieu moins aisé que les autres. Je sais que pour ses parents, l’envoyer chez moi constitue un petit sacrifice qu’ils doivent budgétiser, sans pour autant y perdre de leur qualité de vie moyenne. D’ailleurs ils semblent le faire avec plaisir et le respect que me donne sa mère est sans failles. Il faut dire que la petite s’est démarquée du troupeau de ses pairs l’année dernière et a été choisie (à mon plus grand plaisir) pour un programme bilingue en une école plus prés de la grande ville. Sa mère ne savait pas quoi faire même si elle était très fière, et m’a appelé, bien embêtée, pour me demander mon avis. Ses deux parents doivent à peine posséder leur secondaire (brevet), ce qui ne les empêche pas d’être des gens très bien sur mon échelle des valeurs existentielles. Je sens que la maman serait très heureuse de voir sa fille unique accomplir un plus long chemin scolaire que le sien. Elle se tourne régulièrement vers moi avec espoir, elle est toujours la première à acheter une revue avec l’une de mes nouvelles à l’intérieur. Elle m'écoute avec attention, j’apprécie beaucoup sa confiance et je me sens chargée d’une responsabilité envers l’avenir de cette petite fille aussi passionnée de chats que moi. Après une longue discussion avant la rentrée où je lui expliquai mon bilinguisme et mon plaisir à voir Jess bien travailler, je l’encourageai à pousser la petite vers ses plus hautes possibilités et à exploiter au maximun son potentiel intellectuel. Ainsi si sa maîtresse d’école l’a trouvé capable de changer de programme pour des études générales plus poussées, il fallait faire notre possible pour l’encourager et la soutenir. Plus de portes lui seraient ouvertes dans son futur, le plus de choix, elle aurait pour décider de son destin. Je m’engageai donc pour une autre année avec cette petite fille ouverte et studieuse.

Mais voilà que je regarde l’heure et me rappelle qu’il est temps que je décroche et m’habille pour cette superbe journée ensoleillée! C’est assez de blabla sur ma vie tout cela! De plus, la gentille «factrice» vient de me déposer, en personne, mes cassettes de Pilates que j’attendais depuis des lustres! C’était ma première commande sur Internet et je me sens comme une petite fille un matin de Noël! Je crois que je suis en train d’attraper la mouche d’Hubertus! J’ai assez de routine (work-Out) pour passer l’hiver sans me rouiller la "couenne"et je vais, sans tarder, vaquer à ma journée…

mercredi, septembre 01, 2004

En coup de vent

J'attrape un petit moment informatique, entre l'homme et la vie qui reprend ses cascades, pour poster ce petit texte, sorti tout seul, hier soir durant la convention des républicains sur Fox. Pas eu le temps de répondre aux commentaires comme j'aime tant le faire. Ce sera pour demain, merci pour vos petits mots qui égaient ce petit matin chagrin...

Sur le vif

Convention des Républicains "live". Arnold dans son meilleur rôle? Légèrement hypnotisée, je ne peux m’empêcher de l’écouter. Juan rentre de ses cours, il perce ma bulle et reste coi comme moi devant ce qui se passe à l'écran! Il me dit :

- Whaou, je l’ai jamais vu aussi articulé, c’est mortel!
- Oui,
je lui réponds, c’est assez hallucinant, il est presque meilleur politicien qu’acteur! Il entraîne la foule, et en plus je l’ai jamais vu autant parler, c’est vraiment weird!

Juan s’assoit, l’on regarde le petit écran, éberlués. Il me dit :

- Mais, c’est comme un film, avec lui au milieu de la foule qui l'acclame, c’est pareil comme je l’ai déjà vu en films, mais là c’est la réalité!

J’avoue que l’effet est prenant, évidemment si je l’écoute pour de vrai, je rigole et tremble en une seule émotion. C’est fou ce que l’on peut entendre comme conneries dès que l’on écoute parler politique! Tout un show pour les foules, il me semble avoir un petit coté 'nazi' sur les bord ce cher Arnold, c’est assez perturbant. Le petit malin, mélange fiction et présent en un discours tout en sentiments. En se référant par ci, par là, en quelques jeux de mots à ces films, il touche l’imaginaire collectif et l’utilise à son escient, il chauffe la foule consciemment et exulte de joie. C’est particulièrement décevant. Il me faisait moins peur en gros dur sur grand écran, que juste là, à déblatérer ses conneries en direct et à entraîner la foule en cette sorte de transe sur petit écran! Mais où s’en va donc le monde?

C’est aussi absurde que « badtrippant » Il entraîne la foule à scander « four more years » pour Bush, Oh my god! Il semble savoir comment utiliser sa notoriété à son avantage ce cher Arnold. J’en frissonne, c’est le meilleur de ses films! Il n’a jamais réussi à me faire ressentir autant de choses, je suis surprise. À chaque fois que je me fais attraper par le wagon de la politique, je me rappelle pourquoi cet aspect de la vie m’irrite d’une façon générale. Tiens, voilà les « Bush twins » qui continuent le show avec légèreté et sourires, le tout pour présenter ce cher homme, abruti public, initiale de guerre sur pattes, n’est-ce pas étrange que cela? George W(ar) Bush! Les « twins », c’est relativement supportable, mais je crains de vomir quelque bile mentale, lorsque leur géniteur ouvrira la bouche! Ses vibrations sont horribles, je ne le sens pas, c’est affreux. Cela m’angoisse un peu car lorsqu’il est question de vibrations, j’en connais un bon rayon! Mon rayon politique est bien plus poussiéreux et je l’oublie la plupart du temps. Là, je fais un tour de cave gratuit! J’ouvre la vieille armoire entourée d’ombres, un sac en papier prés de la main, j’ouvre les battants pour y découvrir ce petit écran. Je me laisse aspirer par ce spectacle qui dans le fond m’effraie profondément. Trop de mensonges, de faux-semblants et d’ambitions tordues, trop de fierté dans les yeux de la chose qui ouvre sa bouche tandis que je vais essayer de fermer la mienne. Je prie en silence, et avec cœur, pour la défaite de cette marionnette vivante.

Le show continue, entourée de sa femme et sa famille, le coq en pâte se pavane, c’est la reproduction des gens bien comme il faut sous tous égards. Et comme tout le monde sait combien l’humain est parfait, l’on sait très bien que si l’on éclate cette façade soigneusement façonnée, c’est souvent là derrière que peuvent se cacher les pires immondices. Ces gens sont trop parfait pour être vrais, juste très bien pour la télé mais pas assez croyable pour ma réalité! J’écoute Madame et ses bonnes paroles, rengaine du bonheur à venir avec son mari en tête du pays. Je soupire et réalise à quel point je désire les voir s’effacer dans le soir couchant. Le peuple américain ne peut être si naïf deux fois de suite! Cela a beau être une jeune nation, c’est peut-être le temps de grandir un peu! Je reste perplexe à savoir le lien que tous ces gens peuvent bien connaître des souffrances du peuple et des « petites gens ». J’ai l’impression de me prendre de la poudre plein les yeux, et à part le fait que cela gratte énormément, je n’y retrouve aucune magie! C’est peut-être le marchand de sable qui essaie subtilement de propager le cauchemar? Please God, faites que l’on se réveille vite!