jeudi, novembre 29, 2007

Hommage video

Ciel de neige, heure de sieste. Que faire durant ces 80 minutes de pause maternelle?

Répondre à quelques courriels, penser à quelques phrases pour mieux accrocher les idées qui s'enfuient, prendre des nouvelles du monde réel ou virtuel, réfléchir deux minutes, regarder les secondes passer dans le calme et le silence, écouter les grognements de mon génie de ménage? Un peu de tout cela et quelques autres petites choses...

Prendre son pouls musical en apprenant une triste nouvelle qui fait frémir les invisibles filaments de mes racines enfouies quelque part entre ici et là-bas. Touchée. Se remémorer des souvenirs lointains enrobés de ses impérissables mélodies. Des paillettes de souvenirs d'un concert presque oublié, au défunt Spectrum de Montréal au début des années 90, jaillissent en mes pensées. Le duo des Rita Mitsouko est mort avec lui, c'est une autre de ces pages qui se tournent dans la mémoire collective de notre culture francophone. Bouffées mentales empreintes de respect. Un soupçon de tristesse se glisse entre deux flocons et quelques notes...

Ciel de neige

mercredi, novembre 28, 2007

Sous un soleil gelé, une maman, un rayon de fillette et une saveur de canneberges fraiches...

Le soleil est revenu. Il brille dans le ciel et chauffe mes fenêtres pas très nettes. -20 dans le vent. La petite revient de deux jours chez sa gardienne avec un œil qui pique et le nez qui coule. La mère frileuse hiverne sous le soleil de givre. Même si la lumière est superbe, limpide, presque invitante, aucune sortie bambine n’est prévue au programme du jour…

À ma grande surprise, j’ai concocté hier soir de délicieux muffins amandes et canneberges. C’est l’exception qui fait ma règle. Inspirée par cette recette dénichée sur la Toile à laquelle j’ai ajouté de la farine de blé, du lait et de la poudre d’amande en plus de trafiquer les quantités proposées. De délicieux muffins qui vont me faire suer quinze minutes de plus sur le maudit tapis ce soir…

De grand matin, l’homme répare ma télé de salon en lui ouvrant le ventre sur la table de la cuisine. L’enfant observe et assiste avec attention au déroulement de l’opération. Réparer les trucs avec papa est l’une de ses activités favorites. Juan tritouille les fils, souffle la poussière, remonte le tout et pouf, la télé repart pour un tour! Il serait temps que mes appareils ménages arrêtent de faire des caprices! L'homme part au bureau. M'zelle Soleil, bien calée sur ma hanche, regarde partir son père en lui faisant bye de la main. Elle et moi commençons tendrement notre journée ensoleillée.

Shni apparaît durant quelques minutes pour me dédicacer l’un de ses étranges sourires de minuscule créature imaginaire. Le petit génie respire le bien-être de ma maison en ordre, il voudrait bien m'en parler mais je l’ignore savamment . Il m’énerve. M’zelle Soleil me dit :

- Maman, veux zoue peinture…

Voilà une activité tout à fait appropriée! Je l’installe et là voilà partie pour une petite heure de plaisir devant les yeux enchantés d'une maman comblée...

Lily-Soleil aime peinturerCreation enfantine

Sous un soleil gelé

mardi, novembre 27, 2007

...

Depuis que la neige est arrivée le 22 novembre dernier, un seul magnifique jour ensoleillé pour ensorceler le paysage, et puis la neige, la neige, la neige...

En mes fantasmes enfouis sous une montagne de substance givrée et d'état immatériel, je songe à passer février ici ou au pire.. là... dans mes fantasmes les mieux enfouis, il n'y a pas de sexe débridé mais des luxueuses envies de douce Provence ou de palmiers sur eaux turquoises. Après réflexions, ce sont quand même des endroits parfaits où faire l'amour. Passions et songes kaléidoscopiques. Le ciel d'ivoire prend une pause de poudre moelleuse et crachote une bruine humide qui dégouline. Yerk! La nuit sera de givre. Il fait bon rêver.

Shni, mon petit génie de ménage, vient kidnapper mes songes éveillés. Garnement! Je manque de l'agripper au passage. Il met le doigt sur le miracle de ma journée: ma sécheuse est repartie pour des tours de linges propres sans me prendre un seul sou que je n'ai pas! Y'a plus qu'à s'activer! Enfin minuscule miracle puisqu'il suffisait de vérifier un fusible capricieux! Sourires niaiseux. Y'a des jours comme ça! Une envie nocturne me titille les oreilles. Coté maison, la télé du salon fait des siennes en retour de pendule. Le quotidien et ses petits riens qui nous entournent l'humanité. Du pain sur ma planche d'écriture, j'en grignote un morceau sec. En attendant le soleil, je vais continuer de fantasmer en silence, à moins que je ne me mette à la méditation bouddhiste...

La méditation pour calmer mes angoisses de 2012 qui font rire mon homme. Ses rires amusés et son doux sarcasme m'allègent les idées sombres. L'humanité parfois m'angoisse, viscéralement, l'humanité m'inquiète. Lui et moi ne partageons pas les mêmes angoisses, cela aide à nos équilibres. Lui et moi. Nous. L'on s'équilibre sur une base régulière, l'on s'aime depuis plus de sept ans et l'on s'équilibre au cours des jours qui défilent. Me rapprocher du bouddhisme pour mieux penser. Clarté. Intellect. Émotions. Maîtrise. Hier soir, j'ai été invitée à une réunion annuelle de bouddhistes pratiquants, une expérience enrichissante. Je me sens un peu bouddhiste malgré moi, c'est comme une évidence qui transperce mes traditions et ma culture de fond. Depuis mon adolescence je me penche régulièrement sur ce sujet. Je m'y penche puis je me relève et m'éloigne. Et puis j'y reviens. Dehors des flocons bien dodus virevoltent dans l'air du soir. C'est le retour de la neige moelleuse. Perdue en quelques cogitations éparses, l'expression de la semaine s'agence à mes sensations hivernales...

EXPRESSION via Expressio.fr
« Une douche écossaise »

SIGNIFICATION
Un traitement très contrasté (agréable, désagréable...)

ORIGINE
À l'origine, depuis le milieu du XIXe siècle, la douche écossaise, est une douche avec alternance d'eau froide et d'eau chaude, donc avec un fort contraste entre les deux types de jets. Par extension, et depuis l'entre-deux-guerres (les mondiales du XXe siècle), elle désigne des alternances fortement contrastées d'évènements, de situations, d'actions, de paroles... des revirements de situation qui s'enchaînent.

Mais pourquoi écossaise? La littérature ne semble malheureusement rien indiquer de détaillé là-dessus. Tout au plus trouve-t-on une information, souvent répétée, comme quoi le nom serait issu d'une hydrothérapie en usage chez les Écossais, un peu comparable à un enchaînement de séances de sauna suivies de roulades dans la neige, comme cela se pratique dans certains pays nordiques.


EXEMPLE
« Pour moi qui passe mon temps à aller de l'avant à l'arrière, j'éprouve la sensation d'une douche écossaise, passant en quelques heures de zones surchauffées à des zones surcalmes. » Louis-Hubert Liautey - Paroles d'action

douche écossaise

lundi, novembre 26, 2007

Welcome to Winterland

Dans le temps d'une petite tempête Sieur Hiver a installé ses pénates en nos foyers. Une bonne couche de neige recouvre désormais tout le paysage. C’est la première couche d’un long hiver qui nous ensevelira, mois après mois, comme il se doit.

Les vents dispersent la neige qui scintille selon les lumières. Les rives du lac commencent à geler. Noël dans un mois. Les lumières de la fête à venir éclairent de plus en plus de perrons et les personnages gonflés d'air commencent à décorer les blanches pelouses. Nos voisins ont illuminé l'énorme sapin qui orne leur pelouse engloutie par l'hiver. Nous avons allumé le nôtre...

Le truc local c’est de ne jamais enlevé les lumières de son sapin. Une fois posée, la guirlande s’intègre au sapin qui pousse avec le temps. Les lumières se fondent avec l'arbre au fil des années. Lorsque vient le moment de s'en préoccuper, il ne suffit plus que de le "ploguer" pour lui redonner couleurs et vie. Puis, lorsque le sapin est devenu trop gros pour la guirlande en place, il suffit alors d’en ajouter une nouvelle pour améliorer l'apparence recherchée.

Le voisin très malin les pose même en été « parce-que c’est plus confortable, y fais plus chaud pis t'y vois ben mieux! » nous explique-t-il d'un air convaincu lorsqu'on l'aperçoit manipuler ses guirlandes de Noël en plein mois de juillet.

En ce qui nous concerne, c’est une deuxième année d'existence pour nos lumières multicolores. Il est vrai que l’on fait un peu pitié à coté des voisins qui viennent d'enrubanner leur porche de centaines de grelots lumineux en plus d'arborer un magnifique arbre en fête. Il nous faudrait au moins une autre guirlande pour espérer rivaliser avec eux autres. M'enfin il faut quand même avouer que l'on a un peu l'habitude de faire pitié en comparaison à leur "perfectitude" d'extérieur! Ceci ne nous empêche pas de sympathiser sur une base régulière avec cette jeune famille qui vit si prés de la nôtre.

My creation

M'zelle Soleil découvre l'existence du « Papa Nowel », elle a bien assimilé le concept des cadeaux. Elle semble bien absorber tout le principe puisqu'elle commence à l'appliquer à toutes sortes de sauces. Elle adore le concept des chansons. Je sens qu'on a pas fini d'en manger! Juan soupire en se résignant. La petite puce de maison a aussi très bien assimilé l’idée du sapin de Noël, ce qui ne fut pas trop difficile...

Dimanche, j’ai installé notre sapin artificiel au salon. La vision du « pinpin de Nowel co deyor (le sapin de noël comme celui dehors) » l’a assez enchantée pour qu’elle s’excite juste un petit peu avant d'aller se coucher! Complètement transportée par ses fééries enfantines, l'enfant a eu du mal à calmer sa joie devant la vision colorée du sapin intérieur. Cette enfant est du pur bonheur pour mon cœur.

Elle n’est quand même pas trop rassurée lorsqu’elle croise un Père Noël en personne, et comme le bonhomme commence à sérieusement sortir de sa tanière, nous le rencontrons de diverses manières! Vendredi dernier, nous emmenons M'zelle Soleil en ce gigantesque centre d’achat où règne un royaume de manèges intérieurs, après trois tours de train-train des plus enfantins, nous retrouvons la maison du Père Noël au coeur de ce temple de consommations. Il y a une file d’enfants et de parents à l’entrée de sa porte. Le Père Noël, débonnaire, est fidèle à son poste.

Une enfant pleure sur ses genoux. M’zelle Soleil s’écrie « Pleure fille maman, é pleure fille! ». Je lui explique qu’il ne faut pas avoir peur du vieux bonhomme et tout le tralala de circonstance. Nous nous mettons de coté pour observer les enfants défiler. Une petite fille d’environ cinq ans s’assoit sur les genoux du monsieur à barbe blanche, aux anges, elle chantonne avec lui, M’zelle Soleil l’observe les yeux tous ronds. Chaque enfant reçoit un cadeau avant de prendre le chemin de la sortie. Je demande à mon brin de fillette :

- Tu veux qu’on aille voir le Père-Noël?

Elle s’exclame sans une seule hésitation de ce petit ton si charmant qui me fait craquer.

- Oh non, maman!

Vu que je ne vois pas le but de la brusquer sur ce point (de toutes façons ce n'est pas dans mes habitudes de la brusquer), nous nous contentons de regarder encore quelques minutes les enfants et l’étrange monsieur en habit rouge. Le lendemain nous en rencontrons un autre à l’entrée de la pharmacie. Celui-ci est fait de plastique, de taille humaine, il se dandine et chante dès que l’on s’en approche. Il hypnotise mon petit bout de fille qui s’y intéresse de près. Durant une dizaine de minutes nous jouons avec le Père-Noël de pacotille. Je vois les vendeuses sourire en nous regardant derrière la vitre.

L’homme organise une sortie piscine pour dimanche soir. Nous y retrouvons ma nageuse de sœur. L’enfant est en adoration devant son ado de tante. Elle est si heureuse de cette sortie qu’elle nous irradie de son bonheur bambin. Nous fondons tous sous ses charmes. Nous sommes devenus des parents dévoués. Je constate en mon for intérieur qu’il n’y a encore pas si longtemps, j’organisais mes sorties de fin de semaine d’une toute autre façon! M’zelle Soleil a transformé nos vies. Juan pense même qu’elle a bouleversé la sienne, d’une bonne façon m’explique-t-il en détails au creux de notre intimité, mais bouleversements, c'est certain, il y a bien eu…

Dimanche en fin d’après midi, je pars rejoindre Miss Dee avec l’enfant pour passer une toute petite heure en compagnie de Ponyta. La dernière portion de route pour se rendre au centre équestre est bien enneigée. Durant le trajet, M’zelle Soleil chante du Adrienne Pauly de concert avec ma pomme. L'on arrive avant la Miss que l'on attend quelques instants. La jument est plus nerveuse que les autres fois. Les vents qui soufflent et sifflent l’effraient. Elle sent cet hiver qui prend possession de nos vies. M’zelle Soleil monte avec toujours ce même sourire divin qui la rend angélique. Toute petite chose sur ce cheval qui paraît immense à coté d’elle, je réprime les battements de mon coeur. Je suis d’une extrême vigilance. Je bataille mes craintes pour son bonheur. Cette enfant m’éblouit l'esprit de milliers d’étincelles amoureuses. Je ne peux que la chérir, tendrement, pour elle, je ne désire que le meilleur.

En relative harmonie nous poursuivons le cours de nos vies. J'aime ces moments passés avec lui, avec elle, ces moments passés ensemble qui nous lient de l'intérieur et qui forment les liens du sang de notre enfant. Loin des dépendances virtuelles, je prends le temps d'apprécier tous ces petits instants de bien-être familial, ces petits moments qui font de certaines fins de semaines des bijoux de souvenirs…

Welcome to winterland

jeudi, novembre 22, 2007

Déroulement d'un jour de neige...

Mon petit diaporama bien sympa ne semble pas toujours bien s'entendre avec les anciennes version d'Explorer, (la mienne comprise enfin moi je m'en fous un peu vu que j'utilise Mozilla!) Mais bon, comme le bogue est tenace, je relègue aux archives ce petit diaporama et le remplace par cette image...

Snow-texture

November snow

Lalala's land

Il neige à gros flocons en ce jour de petite tempête. L’atmosphère moelleuse m’enrobe de calme. La température est douce. J’étouffe cette sensation maternelle qui me trouble alors que je me détache le temps d’envoyer l’enfant chez sa Mère-Grand. M’zelle Soleil y retrouve sa tantine adorée qui n’a pas d’école aujourd’hui. Elle va se faire choyer toute la journée. J'étouffe cette désagréable sensation qui me noue les émotions maternelles. J'avale mon trouble. Le ciel gris crache sa poudre hivernale. Seule dans ma maison de galets je regarde tomber cette neige qui colle aux arbres de la forêt. Les branches plient sous le poids de ces blanches précipitations. Tout n'est que silence.

Pas à pas, je reprends le travail. Je pars à la recherche de ces routines rouillées qui sont nécessaires à ma remise en marche. J’arrache les herbes folles. J’essaie de défricher ce chemin qui me mènera là où je dois me rendre. Et pendant que je me désherbe l’intellectuel, l’humeur du jour de ce petit bout de toile se décline en ces images qui m'émeuvent (je pense à ma chère Mère-Grand disparue de mon présent, à ma chère Mère-Grand qui me manque tant) et que je partage au bout de ces quelques mots offerts…


JOSIE'S LALALAND
Directed by EB Hu based in London.

Lalala's land

mercredi, novembre 21, 2007

L'expression de la semaine est des plus courantes. Plus qu'une expression de la langue, c'est aussi un geste de la main qui se répète générations après générations...

EXPRESSION via Expressio.fr
« Croiser les doigts »

SIGNIFICATION
Conjurer le mauvais sort. Faire les vœux les plus ardents pour le succès d'une affaire.

ORIGINE
La croix est le principal symbole du christianisme. Alors quel meilleur signe former que celui d'une croix pour conjurer le mauvais sort, éloigner les esprits malfaisants qui grouillent et empêcher des malheurs divers de s'abattre ? Bizarrement, cette expression semble nous venir d'une simple traduction littérale de l'anglais "to cross one's fingers", introduite chez nous par des gens qui auraient trouvé cette forme beaucoup plus chic que notre trivial "toucher du bois" (qui a le défaut, il faut bien en convenir, de nécessiter d'avoir du bois à portée de main, car lorsqu'on veut vraiment éloigner les ennuis, il faut toujours joindre le geste à la parole).

Mais une autre explication, justifiant la deuxième signification, viendrait d'une ancienne coutume : lorsqu'une personne exprimait un souhait en présence d'un ami qui, comme lui, voulait voir ce vœu se réaliser, il plaçait son index sous celui de son interlocuteur pour que les deux doigts forment une croix qui symbolisait l'union parfaite, son point d'intersection servant de résidence aux forces du bien. L'ami offrait ainsi son soutien moral.

COMPLEMENTS

Ne pas confondre cette expression avec "se croiser les doigts" qui a le sens de "rester dans l'inaction, refuser d'agir, être indifférent", similaire à "se croiser les bras". On peut noter aussi qu'une personne qui croise ses doigts dans son dos lorsqu'elle fait une promesse à quelqu'un, se délie en même temps de sa promesse. Autrement dit, elle embobine l'autre en lui faisant croire des choses qu'elle sait être fausses. Il serait intéressant de surveiller le dos des politiques lorsqu'ils enchainent les promesses...

Croiser les doigts

Songes éveillés

"Au fait, y’aurait pas quelqu’un dans la salle virtuelle qui aurait vu passer mon portefeuille égaré depuis plusieurs jours(car même si je ne possédais aucun sou, il me restait quand même les preuves d’une identité! Cela m'ennuie tant que j'en implore même l'aide miraculeuse de St-Antoine de Padoue), y’a pas quelqu’un qui saurait réparer une sécheuse défectueuse contre un sourire chaleureux, ou qui par le plus grand des hasards aurait une toute petite idée ou mieux encore une carte pas trop déchirée (allez soyons fou) qui révèlerait l’endroit où est caché l'existence d’un trésor oublié?"

Bon d’accord, je rêve en couleurs kaléidoscopiques. Mais il est si bon de rêver lorsque le jour est terne et glacé...

Update de fin de soirée: Je ne sais pas si c'est le pouvoir de St-Antoine de Padoue, celui des rêves en kaléidoscopes ou si c'est tout simplement l'amour de mon homme devant ma détresse (c'est surement un tout) mais ce soir, alors que je rentrai exténuée d'une autre séance de torture (le combat se poursuit sans merci, la volonté a une fois de plus vaincu la faiblesse de la chair), Juan brandit devant moi mon portefeuille poussiéreux qu'il a retrouvé en farfouillant dans les coins durant mon absence! Bon, ben, il ne manque plus que la sécheuse recommence à sécher rapidement et que je trouve quelques contrats lucratifs dans les mois à venir...

Songes éveillés

Qui vivra verra...

Il est inutile de se compliquer la vie puisque la vie en soi est déjà bien compliquée comme cela. La vie se charge de nous faire trébucher, de nous aider à nous relever, de nous enseigner toutes ces choses qui font partie de notre humanité.

Parfois j’ai des petites phrases de rien du tout qui tournent en rond dans ma tête. Durant des jours, ces petites phrases jouent au ping-pong dans mes idées. Elles hantent mes pensées avant de finalement s’incorporer à mon esprit pour ne plus en bouger. Durant ce mois de novembre une petite phrase n’a pas arrêté de m’accompagner les heures grinçantes. Elle me chuchotait au creux de la cervelle : « La vie est une coquine qui sans cesse dépose des obstacles sur nos chemins afin de tester nos persévérances.» Cette petite phrase de rien du tout m’est apparue comme par magie entre deux spleens existentiels et n'a plus voulu se déloger de ma tête! Désespérer ou persévérer. Dans ces moments de quotidien qui font ressortir les ombres de la vie, devant les adversités qui se posent régulièrement sur nos chemins, mieux vaut persévérer que désespérer si l’on ne veut pas tomber le nez dans sa propre bouillasse!

Au milieu des spleens de novembre, cette petite phrase qui se promène dans ma tête m'insuffle une force abstraite que j'inspire pour mieux respirer. En ces tourments de saisons, elle est le fil qui retient ces espoirs que j’accroche pour mieux combattre les nombreuses difficultés de la vie. Je ne veux pas croire que la vie est une salope, je veux plutôt croire que c’est une coquine. Je veux aussi croire que la vie est aussi douce et gentille, qu’elle reconnaît les fruits de nos persévérances et qu’elle peut même nous récompenser de nos efforts. La clé est certainement la patience, mais c'est le coeur d'une autre phrase qui macère quelque part...

Qui vivra verra...

mardi, novembre 20, 2007

Poudre d'hiver...

Depuis ce matin la neige tombe sans interruption. De temps à autres de gros flocons épaississent la poudre laiteuse qui s’échappe de la grisaille du ciel. Peu à peu le sol se recouvre d’hiver. Pas le moindre souffle de vent. Tout est calme, reposé, figé. Les sapins s’habillent de cette unique couleur hivernale. Ils appellent Noël sans émettre un seul son. Le silence qui accompagne cette atmosphère cotonneuse est serein. La texture des heures est onctueuse. Je me détends. Rien ne bouge. Le temps se suspend à la blanche saveur du jour.

Cette première bordée de neige me déconcentre. Les heures solitaires me glissent entre les doigts. Shni, le génie du ménage est d'humeur maussade. Je l'ignore. Je « scrabulle » sur Facebook qui m’attrape les minutes en son filet virtuel. Quelle idée aussi que de jouer au scrabble sur la Toile! Facebook qui fait couler bien de l’encre, qui bouleverse certains univers de blogosphère, Facebook si amusant mais qui rend méfiants bien des gens. Facebook qui me fait un peu penser à une cours de lycée. D’ailleurs j’ai vu se reformer là-bas toutes les petites « gangs » du passé. Étranges impressions d'humanité.

À l'extérieur, la neige étouffe les moindres bruits. Elle n’en finit plus de blanchir mon monde prêt à hiberner. Je regarde par ma fenêtre ce nouveau paysage. J'ai de la poudre d'hiver plein les yeux. J’éteins les nouvelles fades qui sévissent à la télé. Je laisse le silence m’envahir. De l'intérieur, je pars à la recherche de mes concentrations dispersées…

Poudre d'hiver...

lundi, novembre 19, 2007

...

Un maison ancestrale qui respire l'histoire des ancêtres de ce pays aux multiples contrastes. Une petite maison perdue au fin fond de nulle part, là où règne le silence et la sainte paix...

Petite-maison

L'hiver est en chemin

M’zelle Soleil et les chevaux

Peut-on nourrir une passion dans l’œuf? Doit-on nourrir les passions dans l’œuf? Quel est le pouvoir d’une passion? Comment reconnaître la passion qui s’éveille?

Je crois que les enfants ouvrent les perspectives des parents et peuvent ainsi les transporter en des dimensions vers lesquels ils n’auraient pu se diriger seuls. Mon amie Dee est une passionnée de chevaux, depuis des années que je la connais, j’effleure régulièrement cette passion qui la fait vibrer si profondément. Je n’ai pas la passion des chevaux. Elle et moi nous retrouvons régulièrement autour de la passion des mots mais rarement autour des chevaux. Ceci était vrai avant l’arrivée de Lily dans nos vies. Je me souviens de la fois où je lui ai appris que j’étais enceinte. Nous étions au cœur du quartier général d’Impact Campus. Cela grouillait autour de nous. Je me souviens de l’expression sur son visage, entre surprise, joie et je ne sais quoi d’autre. Je me souviens que sa réaction m’avait fait réalisé bien concrètement toute la portée de ma nouvelle fraîche. Miss Dee a été la première de mon entourage à voir ma fille. M’Zelle Soleil avait à peine quelques heures de vie la première fois qu’elles se sont rencontrées. C’est d'ailleurs Miss Dee qui a annoncé la naissance de l’enfant en ces eaux virtuelles…

Miss Dee est un tourbillon urbain qui balade son train de vie effréné entre Québec et Montréal. Mais c'est aussi une amoureuse des chevaux. Il y a quelques mois, elle me proposa une sortie à l’écurie avec Lily. Par hasard ou par destinée, elle s’occupait dans le moment d’une jument pas trop loin de chez nous. Nous arrangeons donc une sortie bambine. Je ne m’attends pas à grand chose si ce n’est à divertir ma fille en lui présentant des animaux qu’elle n’a pas l’habitude de côtoyer. Mais là, dès les premières minutes, il se passe l’une de ses irrésistibles magies enfantines. Non seulement M’zelle Soleil n’a aucune peur mais le courant passe si bien avec Miss Dee que je me sens presque tenir la chandelle! Je les regarde brosser la douce jument. Je me plonge dans le regard de cette jument qui déprime. Si je n’ai pas d’attirance particulière pour les chevaux, j’apprécie cependant cette intelligence qui se dégage de leur regard vitreux. L’enfant court après Miss Dee comme un petit chien aux anges. Leur bonheur au contact de l’animal est palpable, il me touche. La petite demande à s’asseoir sur le cheval. Nous la posons sur le dos de Ponyta et là, quelque magie se passe encore, une magie qui irradie le visage de mon enfant. Est-ce la lumière de la passion que je vois briller en ces yeux innocents?

Au fil des mois qui suivent, nous nous arrangeons avec Miss Dee pour lui offrir la possibilité de mieux connaître les chevaux, M'zelle Soleil en demande toujours plus. Elle me parle de chevaux tout au long de la semaine, elle les appelle les « tschikitikitis »,. Elle m’explique comment elle veut s’asseoir dessus. Elle me demande où est Miss Dee?

- Maman, Tskitikiti? Assis tsikititkiti maman? Yé où Dee maman? Tshikitikiti!

Petit à petit, je sens que je m’ouvre à cet univers que j’ai connu petite mais qui ne m’a jamais passionné. Miss Dee et M’zelle Soleil se retrouvent dans cette adoration de l’animal, cela m’émeut. Miss Dee aperçoit elle aussi les étincelles de passion dans les yeux de ma fille. Elle m’aide à nourrir ces flammes que je ne peux étouffer. Ma conscience maternelle me pousse à bien observer ce petit être que j'ai pondu. Je veux comprendre qui elle est. Je suis attentive à ses besoins et à ses goûts qui se dessinent au fur et à mesure qu'elle grandit. Il y a quelques semaines de cela, nous nous rendons un vendredi soir à l’écurie. Il est tard, la petite fatigue mais ne se plaint pas trop tant elle veut monter sur le cheval. Elle prend son mal en patience le temps qu’arrive son tour. Finalement là voilà bien posée sur sa selle. En complète harmonie avec l’animal qui la porte, le petit bout de chou rayonne de plaisir et de fierté conjuguée. Elle s’exclame à chaque fois qu’elle croise un visage sur son passage : « C’est Lily assis, Lily assis! ». Le visage lui sourit. L'on fait des tours de manège. L’enfant sérieuse ne veut plus descendre de son pied d’estale. La passion qui la parcoure est palpable. Elle me trouble. La nuit qui suit, ses rêves la réveillent, lorsque son père la prend dans ses bras, elle murmure d'une voix embuée de sommeil: « Encore Lily assis. encore assis! »

Ce petit bout de nous m'impressionne et m'hallucine à la fois. C'est une petite fille emplie d'une intensité débordante. Cela promet! J’en parle à son père qui ne comprend pas bien mes impressions mais qui remarque l’intérêt de l’enfant pour cet univers qui nous est étranger. Pendant ce temps Miss Dee continue de nourrir sa propre passion et coure les chevaux comme elle coure les villes (sauf que les chevaux l’emportent en des sentiers qui l’éloignent de la ville). Je lui suis reconnaissante de ce qu'elle partage avec ma fille. C'est une amie qui pénètre profondément mon coeur. Dimanche, nous la retrouvons au fin fond de nulle part, là où le silence règne en maître. Nous la retrouvons en une autre saison, au lendemain d’une bonne tempête de neige.

My creation

Alors que nous quittons Montmagny, en quelques kilomètres à peine, l’on se retrouve bientôt au milieu d'un royaume d’hiver. La route se fait plus traitresse. Les arbres ploient sous le poids de la neige, tout est blanc, immaculé. Le ciel grisonnant semble vouloir se dissoudre sous les rayons d'un soleil que l'on pressent derrière les nuages. C'est une expédition familiale. Au bout d’un long chemin, nous découvrons enfin la toute petite maison. Enterrée au fin fond de nulle part, Miss Dee s’occupe (quelques jours par semaine) de la dizaine de chevaux qui vivent en cet endroit. La propriétaire du lieu est en stage au Portugal. Notre amie prend le relais de ce petit monde durant quelques fins de semaines. Ainsi Miss Dee vogue sur l'océan de sa passion.

Nous la retrouvons en cette petite maison ancestrale qui a vu passer les siècles et qui exhale des rumeurs du passé. Un passé qui s'accroche au présent et embaume tout l'intérieur comme son antique poêle à bois qui nous protége du froid. Clara et avec elle cette fin de semaine. Voilà longtemps que nous ne l’avions pas vu. Clara poursuit son doctorat de philo avec une thèse sur la pornographie qui donne toujours lieu à d’étonnantes discussions. J'oublie les fossés des quotidiens qui nous séparent. Nous passons une belle journée en leur compagnie. M'zelle Soleil est en pleine forme. Les antibiotiques font leur travail. La maladie s'estompe. Dehors les nuages se dispersent et la lumière devient éblouissante. L’endroit est superbe de nature sauvage. La paix qui y règne est somptueuse.

Nous passons quelques heures avec Fée, une superbe jument aux voluptueux poils sombres. L’homme est pour la première fois en contact avec des chevaux et avec les étincelles qui pétillent dans les yeux de sa fille. Il se rend tout comme moi à l’évidence. Il se passe ici quelque chose d’étrange. L’enfant exprime un trait de sa personnalité propre. M’zelle Soleil semble si bien dans cet environnement que c’en est tout simplement craquant. Elle nous entraîne en ce sillon et nous découvrons un nouvel univers. Elle ouvre nos horizons et nous les savourons avec elle…

Elle sait maintenant dire cheval : « shval » et presque chevaux « vovau » mais elle continue à associer l’activité à « tschikitikiti ». Elle dit trot et galop. Elle a l’air d’avoir bien envie d’essayer le galot! J'en frissone rien qu'à y penser. Serait-il possible que nous assistions en direct à la naissance d’une passion? L’avenir nous le dira, après tout peut-être s’en lassera-t-elle aussi vite qu’elle y a accroché. Mais si ce n’est pas le cas, il sera alors de notre devoir parental de l’encourager à explorer cette direction. Même si cela me fait un peu peur…

Un dimanche à la campagne

M’zelle Soleil et les chevaux