Écouter le souffle régulier du sommeil de mes amours. La puce sous antibios reprend des forces. L'homme terrassé par une subite fièvre combat. Il ronfle.
Je me demande si mon otite récalcitrante me protégera de ces invisibles cochonneries qui rôdent dans les parages.
Dehors, la chaleur de cet étonnant été perdure. Les cigales chantent encore et toujours. De jour comme de nuit!
Je médite sur l'ironie d'attraper une otite en voulant impressionner ma puce. En effet, pour épater la Miss, j'ai eu l'étrange idée de faire des chandelles dans le lac. Folies d'été.
La troisième se termina par une roue aquatique qui me blessa l'oreille. Dans le même rayon d’absurdités que de se péter une cheville en marchant dans l'herbe!
Sur les réseaux sociaux, j'erre entre une fausse rumeur sur la mort de Rihanna et de vrais témoignages d'enfants (adultes) outrés d'apprendre que l'on a fait voter leur vieux parent dont la tête n'est plus là. Révoltée par les bassesses humaines, mon sang bouille. Une image qui se ballade de ci et de là me perturbe les idées...
Puis celles de la rentrée me ramènent sur terre. Mercredi qui vient Miss Soleil commencera sa première année de primaire. Que le temps passe! J'apprécie cet enthousiasme qui jaillit de cette envie de grandir. En allant à deux journées d’activités, elle retrouve son école avec joie. Elle s'étonne: "Maman, j'ai réalisé aujourd'hui que je suis une ancienne maternelle!". Je souris. L'on parle. Ainsi va la vie.
À l'école, elle retrouve aussi sa meilleure amie. Sara. En allant la chercher, j’aperçois ce binôme bien connu de la cour de récréation. Ces deux là cliquent. Il n'y a rien à y faire. C'est chimique, électrique, c'est comme ça!
Leur affection est si sincère qu'il est impossible d'y résister. Même lorsque c'est tumultueux. Elles ont passé l'année dernière à apprendre les méandres des relations humaines. Leur année de maternelle s'est rythmée de ces frictions de filles qui apprennent à s'aimer. Je t'aime. Je t'aime plus. Je l'adore. Elle est plus mon amie!
En mon coin parental, j'aide la Miss à gérer ces nouvelles émotions qui la traversent. J'observe. Grimace. Analyse. Communique. Je n'apprécie guère comment l'autre joue avec les émotions de ma puce. Mais je ne peux que conseiller l'enfant. La guider de mon mieux.
"Sara est jalouse que tu aies d'autres amies? Tant pis pour elle! Tu as juste à lui dire que tu restes son amie même lorsqu'elle fait une colère. Je sais c'est difficile." D'expérience en expérience la Miss comprend. Apprend. En mon coin "d'adulteries" je souris.
J'apprends qu'elle aime Sara de tout son petit cœur. "Elle est pas comme les autres Maman!" s'exclame-t-elle avec verve. Je suis fière de la voir se tenir debout et cultiver plusieurs relations amicales même si celle-ci la passionne. C'est que cette Sara est plutôt délurée en son genre. Elle sacre, elle minaude, elle colère. Elle apprend le mot "sexy" à la Miss qui s'en délecte. L'on corrige le tir à la maison. À six ans, sexy est inapproprié dans le langage courant et c'est ainsi!
J'apprends dans la foulée combien "sexy" est populaire dans la cour d'école. En creusant le sujet je comprends que dans la bouche de ces petites filles (qui ne savent même pas ce qu'est le sexe), être sexy veut dire être jolie. Être belle. J'en ressens quelques frissons. Si les petites filles d'aujourd'hui associent la beauté à être sexy, on est quand même mal barré!
J'explique alors les variétés du vocabulaire et je fais passer le message qu'il y a toutes sortes de mots pour exprimer toutes sortes de choses et qu'il est important de les connaitre afin de bien les utiliser! La puce enregistre.
Pendant que j'assimile combien elle grandit, elle ne pense qu'à une chose: faire un party pyjama avec son amie Sara! La fin de l'année arrive et l'occasion ne se présente pas. La puce maugrée.
Puis en retrouvant son école, elle y retrouve son amie. Les filles sont si heureuses de se revoir que je ne peux qu'en percevoir l'intensité de leur relation enfantine.
Arrive alors la mère de la petite en uniforme de militaire. C'est une première rencontre. Je découvre la mère de la meilleure amie de ma puce. Elle est si différente de moi que cela m'intrigue. Je réalise à quel point nos filles, qui s'adorent, viennent de milieux opposés.
L'amitié c'est un peu comme l'amour, cela se calcule pas, cela se ressent, cela se vit. Liées par l'affection de nos fillettes, nous échangeons. Avec mon allure bohème, mes boucles folles et mes intonations du vieux continent, j'ai la subtile sensation qu'elle est aussi étonnée que moi de se retrouver là.
Puis, avec un trémolo dans la voix, elle m'apprend qu'elle partira pour l’Afghanistan d'octobre 2012 à juillet 2013. Je la vois regarder son enfant avec inquiétude. Mon cœur se serre. Troublée je suis. Je regarde cette petite fille qui rejette l'idée du départ de sa mère. Je vois la douleur de la mère qui regarde sa fille. Tant d'émotions se meuvent en ces regards qui s'échangent.
Pendant qu'une multitude de sensations maternelles voguent dans l'air qui nous unit, les filles se câlinent et rigolent. Insouciantes. Elle m'explique qu'elle craint de partir durant toute la première année de primaire de sa fille. J'opine. Son regard est profond. Je m'y plonge en silence. Je me doute que la petite souffrira. Je sens que la mère souffrira. Moi qui n'apprécie pas la guerre, j’absorbe cette souffrance en taisant mes opinions personnelles.
La soirée pyjama tant rêvée des filles se concrétise à mesure que l'on échange. Je comprends que je suis en train de traverser une nouvelle étape d'enfance. L'affection de ma puce pour cette petite fille me pousse hors de mes zones de confort et c'est tant mieux. C'est la magie de l'enfance. Et puis, se fracturer le crâne, par ci par là, c'est toujours bon pour la santé mentale. L'esprit s'ouvre et se libère en se fracturant le crâne. J'inspire.
Au fond de mes sens nait alors une évidence: si cette petite doit passer tant de mois sans sa mère à ses côtés, je ne peux que soutenir (et encadrer) leur amitié enfantine. Car quand on traverse des moments difficiles, on a besoin de nos amies. Quel que soit notre âge...
Je me demande si mon otite récalcitrante me protégera de ces invisibles cochonneries qui rôdent dans les parages.
Dehors, la chaleur de cet étonnant été perdure. Les cigales chantent encore et toujours. De jour comme de nuit!
Je médite sur l'ironie d'attraper une otite en voulant impressionner ma puce. En effet, pour épater la Miss, j'ai eu l'étrange idée de faire des chandelles dans le lac. Folies d'été.
La troisième se termina par une roue aquatique qui me blessa l'oreille. Dans le même rayon d’absurdités que de se péter une cheville en marchant dans l'herbe!
Sur les réseaux sociaux, j'erre entre une fausse rumeur sur la mort de Rihanna et de vrais témoignages d'enfants (adultes) outrés d'apprendre que l'on a fait voter leur vieux parent dont la tête n'est plus là. Révoltée par les bassesses humaines, mon sang bouille. Une image qui se ballade de ci et de là me perturbe les idées...
Puis celles de la rentrée me ramènent sur terre. Mercredi qui vient Miss Soleil commencera sa première année de primaire. Que le temps passe! J'apprécie cet enthousiasme qui jaillit de cette envie de grandir. En allant à deux journées d’activités, elle retrouve son école avec joie. Elle s'étonne: "Maman, j'ai réalisé aujourd'hui que je suis une ancienne maternelle!". Je souris. L'on parle. Ainsi va la vie.
À l'école, elle retrouve aussi sa meilleure amie. Sara. En allant la chercher, j’aperçois ce binôme bien connu de la cour de récréation. Ces deux là cliquent. Il n'y a rien à y faire. C'est chimique, électrique, c'est comme ça!
Leur affection est si sincère qu'il est impossible d'y résister. Même lorsque c'est tumultueux. Elles ont passé l'année dernière à apprendre les méandres des relations humaines. Leur année de maternelle s'est rythmée de ces frictions de filles qui apprennent à s'aimer. Je t'aime. Je t'aime plus. Je l'adore. Elle est plus mon amie!
En mon coin parental, j'aide la Miss à gérer ces nouvelles émotions qui la traversent. J'observe. Grimace. Analyse. Communique. Je n'apprécie guère comment l'autre joue avec les émotions de ma puce. Mais je ne peux que conseiller l'enfant. La guider de mon mieux.
"Sara est jalouse que tu aies d'autres amies? Tant pis pour elle! Tu as juste à lui dire que tu restes son amie même lorsqu'elle fait une colère. Je sais c'est difficile." D'expérience en expérience la Miss comprend. Apprend. En mon coin "d'adulteries" je souris.
J'apprends qu'elle aime Sara de tout son petit cœur. "Elle est pas comme les autres Maman!" s'exclame-t-elle avec verve. Je suis fière de la voir se tenir debout et cultiver plusieurs relations amicales même si celle-ci la passionne. C'est que cette Sara est plutôt délurée en son genre. Elle sacre, elle minaude, elle colère. Elle apprend le mot "sexy" à la Miss qui s'en délecte. L'on corrige le tir à la maison. À six ans, sexy est inapproprié dans le langage courant et c'est ainsi!
J'apprends dans la foulée combien "sexy" est populaire dans la cour d'école. En creusant le sujet je comprends que dans la bouche de ces petites filles (qui ne savent même pas ce qu'est le sexe), être sexy veut dire être jolie. Être belle. J'en ressens quelques frissons. Si les petites filles d'aujourd'hui associent la beauté à être sexy, on est quand même mal barré!
J'explique alors les variétés du vocabulaire et je fais passer le message qu'il y a toutes sortes de mots pour exprimer toutes sortes de choses et qu'il est important de les connaitre afin de bien les utiliser! La puce enregistre.
Pendant que j'assimile combien elle grandit, elle ne pense qu'à une chose: faire un party pyjama avec son amie Sara! La fin de l'année arrive et l'occasion ne se présente pas. La puce maugrée.
Puis en retrouvant son école, elle y retrouve son amie. Les filles sont si heureuses de se revoir que je ne peux qu'en percevoir l'intensité de leur relation enfantine.
Arrive alors la mère de la petite en uniforme de militaire. C'est une première rencontre. Je découvre la mère de la meilleure amie de ma puce. Elle est si différente de moi que cela m'intrigue. Je réalise à quel point nos filles, qui s'adorent, viennent de milieux opposés.
L'amitié c'est un peu comme l'amour, cela se calcule pas, cela se ressent, cela se vit. Liées par l'affection de nos fillettes, nous échangeons. Avec mon allure bohème, mes boucles folles et mes intonations du vieux continent, j'ai la subtile sensation qu'elle est aussi étonnée que moi de se retrouver là.
Puis, avec un trémolo dans la voix, elle m'apprend qu'elle partira pour l’Afghanistan d'octobre 2012 à juillet 2013. Je la vois regarder son enfant avec inquiétude. Mon cœur se serre. Troublée je suis. Je regarde cette petite fille qui rejette l'idée du départ de sa mère. Je vois la douleur de la mère qui regarde sa fille. Tant d'émotions se meuvent en ces regards qui s'échangent.
Pendant qu'une multitude de sensations maternelles voguent dans l'air qui nous unit, les filles se câlinent et rigolent. Insouciantes. Elle m'explique qu'elle craint de partir durant toute la première année de primaire de sa fille. J'opine. Son regard est profond. Je m'y plonge en silence. Je me doute que la petite souffrira. Je sens que la mère souffrira. Moi qui n'apprécie pas la guerre, j’absorbe cette souffrance en taisant mes opinions personnelles.
La soirée pyjama tant rêvée des filles se concrétise à mesure que l'on échange. Je comprends que je suis en train de traverser une nouvelle étape d'enfance. L'affection de ma puce pour cette petite fille me pousse hors de mes zones de confort et c'est tant mieux. C'est la magie de l'enfance. Et puis, se fracturer le crâne, par ci par là, c'est toujours bon pour la santé mentale. L'esprit s'ouvre et se libère en se fracturant le crâne. J'inspire.
Au fond de mes sens nait alors une évidence: si cette petite doit passer tant de mois sans sa mère à ses côtés, je ne peux que soutenir (et encadrer) leur amitié enfantine. Car quand on traverse des moments difficiles, on a besoin de nos amies. Quel que soit notre âge...