mardi, septembre 12, 2006

Ronde de soupirs

- Bébé chez ma mère pour la journée. *Soupir de liberté empreint de tendresse*
- Les beaux-parents en ville pour des visites touristiques. *Soupir d’aise non retenu*
- Ma jupe longue aux tissus légers qui flotte sur mes hanches. *Soupir empli d’espoir contenu*
- Un ciel d’azur, une température clémente, une lumière particulière qui transperce les pointes des feuilles imprégnées d’automne. *Soupir comblé*

Petit souci : L’écran de mon petit appareil numérique fétiche est mort ! *Soupir contrit*

Ronde de soupirs

Avoir le bonheur dans les voiles.

Serene

Je ne suis qu'une larme de vie dans le regard de la Terre. Assise sur l'un de ses cils, je caresse son regard liquide de pensées aimantes et respectueuses. Au loin, une dame téméraire se baigne dans l'eau fraîche. Je l’observe du coin de l’œil. Elle éclabousse la surface lisse de ses mouvements amples et précis. La plage est presque déserte, sa lumière limpide m’enivre...

Mon plus grand luxe? Pouvoir m'allonger, un lundi après-midi, sous un ciel bleu poudre pour m'y faire griller la panse en silence, les yeux clos, les oreilles perdues dans le clapotis de l'eau. Me fondre l'être tout entier en cet univers paisible. M'imprégner de sa tranquillité. Respirer, me remplir les poumons de grandes bouffées d'air pur. Laisser glisser les minutes sans les compter. Reposer ma peau fatiguée.

Le bonheur dans les voiles

lundi, septembre 11, 2006

Phrases attrapées au vol de mes sourires…

Jay et Phil sont frères, avec à peine plus d’un an de différence, ils entrent avec ardeur dans l’adolescence. Je les connais depuis qu’ils sont hauts comme trois pommes et maintenant leurs tailles me dépassent! Jay fut longtemps mon élève, c’est aussi mon petit voisin de "boisé habité", il passe parfois me voir en vélo et en profite toujours pour me faire sourire avec ses remarques qui décapent. Phil son frère que je croise aussi souvent car ce sont les fils de mon amie Vivi et de Lou le parrain de Lily, est un véritable petit comique. Phil m’approche et me dit :

- Tsé c’est quoi la différence entre celui qui boit et celui qui fume ?
- Heu non….
- Ben, celui qui boit est chaud pis celui qui fume est gelé !

Je ne peux m’empêcher d’éclater de rire ! En effet au Québec, l’on dit de celui qui est saoul, qu’il est « chaud » et de celui qui est stone, qu’il est « gelé », je n’avais jamais fait le lien qui met l'accent sur ce contraste !!!

Le lendemain l’on papote avec Juan et il me dit :

- Tsé pas ce qu’il m’a sorti hier Jay en regardant les deux photos de Milvia sur le frigo ?
- Heu non…
- Il l’a regardé attentivement et m’a dit : Ben dis, t'as vu? Elle fait bien moins pitié sur la deuxième !

Milvia est l’enfant que l’on parraine depuis bientôt 5 ans au Guatemala. Nous avons reçu son bilan scolaire et une photo récente dernièrement et en effet, si l’on compare la première photo de la petite fille de cinq ans au regard de biche effarouchée et celle de la fillette de dix ans qui regarde droit devant elle. Il y a une nette différence. Subtile mais nette. Ves m’en a aussi fait la remarque. Elle a trouvé que la petite semblait mieux dans sa peau sur la dernière, disons que c’était le même sentiment posé de façon moins crue…

Au vol de mes sourires

Morceaux de pomme

A-painted-glimpseMa pomme en couleursWinter-Creature-II

Etolane se fait croquer la pomme par Brigitte patient le jeudi 14 septembre sur les ondes de Radio Suisse Romande : "L'écrit du blog, Brigitte Patient: Je vous invite à découvrir un blog lumineux qui a 4 ans d’existence. Des photos, des liens, des parcelles de vies éclaboussent depuis le Québec, c’est le blog d’Etolane."

Je suis aussi touchée qu'intriguée, il va vraiment falloir que j'attrape cette vague radiophonique...

Curly-Me-IIIn-my-visionCurly-Me-IIICurly-Me

Légèrement déstabilisée, Etolane a un peu le trac sans trop comprendre pourquoi. Un peu barbouillée, elle ne sait trop sur quel pied danser! C’est que c’est un drôle d’oiseau que cette dame ! Elle s'envole plus facilement qu'elle ne danse! L’oiseau aime, de ses plumes, voguer sur les vents virtuels qui l'entraînent, l'oiseau est plutôt sauvage, doucement intimidé par la foule. Etolane plane, pas franchement timide, mais avec un cœur de sauvageonne qui s'emballe lorsque vient le temps de survoler les denses cités…

Morceaux de pomme

Compote abstraite

Inspirée par Samantdi, qui fut elle même inspirée par Sensorie, voici une suite personnelle du concept évoqué. Sous les caresses du soleil de septembre, je mijote sur l’herbe grasse ma propre compote de croyances, juste cinq éléments à croquer dans ma recette du jour :

- Je crois en la puissance de ma Mère Terre.
- Je crois dans le pouvoir des souhaits purs.
- Je crois en l’existence de l’invisible.
- Je crois en la magie humaine.
- Je crois en l’Amour.

Et vous qui lisez cela, de quoi est composée votre compote de croyances?

Compote du jour

En ce 11 septembre 2006

Qu'est-ce qu'un moment de silence dans les couloirs de l'écrit? C'est une sorte de blanc qui se lit. En ce jour particulier, je ne peux m'empêcher de me souvenir du destin tragique de ces deux tours composées d'esprits, de chairs et d'acier qui bouleversèrent le monde tout entier. En ce jour, mon instant de silence…






Moment de silence

dimanche, septembre 10, 2006

Le regard de la Terre

Samedi, jour du baptême de Lily-Soleil, j’y reviendrai plus tard, jour de rencontre avec Suzie, une amie de Ves. Ves est partie trois ans au Japon enseigner l'anglais aux petits bouts, elle en est revenue avec une langue de plus à son arc de communication, un prince et une poignée d'amis vivants partout sur la planète. Ves, mon amie, ma soeur, bientôt 20 ans d'amitié, souris de ville, souris des bois, Ves ma reine de Saba, nouvelle marraine de mon petit soleil. Nous ne sommes pas liées par les liens du sang mais par ceux de l’esprit qui nous rendent sœurs de cœur. Et désormais, nous voici unies par un petit bébé au regard d'eau...

Bref, Suzie est de passage à Montréal et réside chez Ves, elle suit la belle jusqu’à notre maison de galets. Suzie est irlandaise, elle habite Belfast, elle a un accent qui me charme et m’entraîne, c’est un coup de cœur. Je l'invite dans ma bulle de bois. Je la découvre au fil des heures que nous passons ensemble. Elle se prépare à un petit tour de monde. Budapest, Bombay, Singapour et finalement Sydney. L'Autralie pour ses retraites de Yoga qui l'attirent tant. Suzie me fait un peu penser à Charlotte, une vibration similaire se dégage de son joli minois. D'ailleurs pour ceux que cela intéressent, Charlotte est arrivée à bon port, coté pacifique, après avoir parcouru plus de 6000 km par voie de "pouce". 71 personnes l'ont prise sur la route, tout un périple et toutes ces expériences uniques qui remplissent les tiroirs de ses souvenirs...

Enfin, revenons à mes moutons, les filles restent deux jours à "l'auberge Etolane" avant de repartir à Montréal. Lorsque les invités sont tous rentrés dans leurs pénates, nous restons à papoter à la lune ou au soleil de mon balcon. Pur bonheur d'humanité, l’échange coule comme l’eau d’un ruisseau limpide, nous parlons de toutes sortes de choses, nous rions beaucoup, nous partageons sans compter, au détour d’une conversation Suzie me dit : « You know, i read from this great poet that looking into a lake is like looking into earth’s eye ! » The saying that blown me away ! Anyhow let’s go back to french. Autant je n'ai aucun mal à comprendre son accent chantant, je m'en imprègne même tellement il me plait, il chante et m’enchante, il court sur la langue, autant "lake" est le seul mot qui me fuit, j'entends leek, lick, leech? Je perds le fil. Je finis par "catcher" le son et tout s'éclaire! Yes! La phrase de Suzie qui m’éclate l’esprit est celle-ci : Regarder un lac est comme regarder dans les yeux de la Terre.

Une phrase qui se ballade et s’incruste dans ma tête. Une phrase qui m'ouvre l'âme, qui s’épanouit dans le flot de mes idées, qui m’enrobe de sa justesse. Une phrase qui m'illumine. Je la comprends et la ressens intérieurement. Elle se divise et se subdivise en multiples concepts qui me frappent. Le lendemain, en fin d’après-midi, juste avant d'emmener les filles au bus qui les ramènera dans la grande ville, nous faisons un dernier tour de lac. Je partage avec Juan cette phrase qui m’obsède. Il réplique :

- Et bien dis, donc, au Canada, la Terre, elle en a des yeux!!!

TrioEau-d'automne

Le regard de la Terre

vendredi, septembre 08, 2006

...

Un chouïa de temps « libre » c’est tout ce que je demande. Une bouffée de temps personnel, avoir le temps de me regrouper les neurones, le temps de soi, une denrée rare par les temps qui courent. Ma pomme s’essouffle. Elle râle mais tient bon la barre. Elle arrache un souffle de liberté matinale…

Mais l’instant si rare se fait sauvage. Il faut réapprivoiser la bête, la rassurer pour mieux l’exploiter. Tâche qui peut se révéler ardue. Bébé-centrée, famille centrée, j’expérimente le concept de tribu. Moi, l’enfant unique sous tutelle monoparentale n’a pas vraiment d’habitudes en ce qui concerne la présente dynamique. J’erre dans le nucléaire en me demandant bien comment on a pu pondre pareille expression pour telle condition! Une famille nucléaire. J'ai gouté à la sauce "famille recomposée" à plusieurs reprises mais jamais mon enfance n'a tourné nucléaire. Je suis sans repères. Lily-Soleil, petit guide de lumière...

Mes deux parents étaient femelles et, de plus, liées par le sang. Mère et fille, deux femmes pour voir grandir ma pomme. Deux générations qui s’entrechoquent sur mon cas. Les hommes, impossibles à vivre, brutes, macho de mâles mal lunés, n’étaient que brumes dans le courant de mes jours. Elevée par deux femmes, le concept de famille nucléaire m’a toujours intrigué, fasciné, attiré…

Je sais que je l’ai cherché une bonne partie de ma vie. L'envie d'une certaine normalité dans une jungle d'excentrismes. Une envie de gouter à cet inconnu si commun qui me tenaillait de l'intérieur. Et bien voilà, c'est fait, je l’ai trouvé! J'ai viré nucléaire! Et maintenant voici qu'une nouvelle dimension se dessine, j'entre dans les sphères de la famille élargie. Je n’ai plus qu’à m’y plier, jusqu’à un certain point, jusqu’à ce que j'en comprenne mes limites et frontières…

Famille nucléaire

Unité familiale comprenant un couple (marié ou non) et un ou plusieurs enfants. On distingue la famille nucléaire de la famille élargie (grands-parents, oncles, tantes).

Famille


"La définition classique de Murdock " Groupe social caractérisée par la cohabitation et la coopération d'adultes des deux sexes, dont deux au moins entretiennent des relations sexuelles socialement approuvées et qui élèvent ensemble les enfants nés de cette union ou adoptés " ne fait plus aujourd'hui l'unanimité tant au plan institutionnel qu'au plan statistique : les cohabitations sans mariage, les familles monoparentales, les couples sans enfant, voire l'autonomie professionnelle des conjoints ou les formes de vie commune sans toit commun apparaissent comme autant de défis à une définition unique du groupe familial. (...)."
________________________

"(...) La famille nucléaire représente presque 75% des sociétés. La famille étendue (le 25% restant) comprend plusieurs générations, dont les parents ou collatéraux des adultes reproducteurs plus des frères et sœurs célibataires adultes ainsi que tous les enfants issus de relations approuvées ou sanctionnées. (Source)"
________________________

" (...) Une famille recomposée comprend un couple (marié ou non) et au moins un enfant né d’une union précédente de l’un des deux conjoints.

Famille élargie : la famille élargie rassemble sous un même toit un groupe social assez large, assis sur plusieurs générations avec les vieux parents, les enfants mariés et leurs conjoints, les jeunes des différents couples.

Famille nucléaire : la famille nucléaire ou famille conjugale est l'unité familiale réduite aux parents et aux enfants non mariés. (dict. Nathan)

Famille monoparentale : Une famille monoparentale comprend un parent sans conjoint et un ou plusieurs enfants célibataires n'ayant pas d'enfant. (INSEE)" (source)

Autres variantes sur le même thème: Famille souche, famille nucléaire égalitaire, famille nucléaire absolue, famille communautaire endogame, famille communautaire exogame, famille homosexuelle...

Abstraction et réalité

mardi, septembre 05, 2006

L'expression de la semaine tient en un seul mot qui parcoure activement mon vocabulaire personnel. À l'écrit je n'ai jamais été capable de le transcrire correctement! Heureusement que je farfouille chaque semaine le ventre de cette bête qui éclaire bien souvent les vallées de mes ignorances...

EXPRESSION
« Un chouïa »

SIGNIFICATION
Un peu.
Une petite quantité.

ORIGINE

Cette expression est citée en France à la fin du XIXe siècle, entre autres par Gaston Esnault. Elle vient de l'arabe maghrébin où 'chouya' signifie 'un peu'. L'orthographe varie un chouïa, puisqu'on trouve aussi 'chouia', 'chouya' ou 'chouilla'. A la fin du XIXe siècle et au début du XXe, 'chouïa' tout seul, ou parfois dédoublé ('chouïa-chouïa'), était une interjection qui signifiait 'doucement' (utilisée comme telle par Courteline, par exemple).

Un chouïa

lundi, septembre 04, 2006

Si la liberté grise, la famille rassure.
Robert Choquette

La famille sera toujours la base des sociétés.
Honoré de Balzac

Dans toute mère de famille, il y a une belle-mère qui sommeille.
Francis de Croisset

Famille

Marées intérieures

Ma smala en visite de musée, ma solitude respire. Les mots s’ancrent de nouveaux dans les ports de mes pensées. Debout sur la rive du réel, je regarde scintiller l’horizon. Je prends une barque de silence pour aller rejoindre un bateau, un paquebot où m’embarquer l’imaginaire. À la conquête d’une croisière mentale…

Marées intérieures

Hé !

C'est la fête du travail aujourd'hui, pas de bureau pour l'homme de maison. Cela fait du bien de l'avoir là, tout près de mon corps...

Depuis des jours, je rêve de pouvoir m’asseoir tranquille à ce clavier, seule, dans le silence de la maison. Pas facile d’y arriver lorsque mon bureau squatte le salon que squatte Beau-Papa. Il est gentil Beau-Papa, pas dérangeant mais très présent dans ses absences. C’est un être à part, plutôt doux, un spécimen qui ne me perturbe guère les gênes. Il vit dans son propre monde Grand-Papa! Il se fond dans mes piles de magazines qu’il étudie avec minutie, il médite. Mais dès que je m’assois sur ma chaise, j’ai Grand-Papa dans le dos !!! Cela finit par couper raide mes élans créatifs. I need some air…

Bon, là, présentement Beau-Papa sieste dans ses appartements, Jeune Papa sieste avec bébé et Belle-Maman a dû aller faire sa promenade matinale. Tout est calme. Il bruine et pleuvote depuis deux jours, l’automne s’installe. Les feuilles rougissent. L’air se rafraîchit. Les jours raccourcissent. Le temps change. Je l’observe.

Lily-Soleil a découvert le "maman" en détresse. L'appel qui tue! Au creux de la nuit, lorsque l'insécurité la gagne ou qu'une douleur la réveille, elle m'appelle. Lorsqu'elle n'est pas confortable ou que son père la "maltraite", elle m'appelle. C'est clair, c'est net, c'est comme un aimant qui m'attire et me tire vers elle. Impossible d'y résister. Je deviens Mère. Je m'enfonce dans cet autre état. Nouvel état maternel qui parfois m'interpelle. Je l'apprivoise à bras le coeur. Ceci absorbe cela...

Bloquée, je pousse et je force ces blocs qui me coincent les idées avec difficulté. La fatigue amoindrit mes efforts. Ah! Voilà bébé qui chouine. Aussi silencieux qu'un sioux, Beau-Papa arrive dans la cuisine, je le pressens avant de l'entendre! Puisque c’est ainsi, m’en va aller me plonger dans cet océan de photos éparpillées, instants (en)volés en attente de traitement ! Plouff…

Dans-les-jupes-à-Maman

Hé !