mardi, mai 13, 2014

Être mère. Je me pose rarement la question à savoir quel type de mère je suis. Je suis mère. Cela me suffit. N'est-ce pas assez?

Je n'aime pas accrocher une étiquette à ma condition maternelle. À mes sens, être mère est une aventure  pas une catégorie...

Souvent je me dis que je ne dois pas être normale à ne ressentir aucune pression ou angoisse à être mère parfaite. Sachant que la perfection n'existe pas sur Terre, croire que je doive être parfaite ne me vient pas à l'esprit. Call me crazy!

Je suis obligatoirement une mère imparfaite puisque je suis humaine et que je vis sur Terre. Cela va de soi non?

Détachée de ces règles de l'art maternel qui semblent peser sur beaucoup, je conçois mes propres règles sans trop me soucier des autres. Je me soucie juste d'elle.

Je sais que je vis une expérience unique avec ma fille. Tout comme je sais qu'être mère, c'est universel.

Mères de ce monde, on vit les mêmes émotions en différents contextes selon le spectre de nos différentes personnalités. Doit-on obligatoirement s'identifier à une certaine catégorie?

Être mère s'inscrit au cœur de mon humanité. Je ne me pose guère de questions sur comment je suis. Mais je me pose plein de question sur comment elle est. Sur ce que nous sommes...

Je pense à elle d'abord. À moi ensuite. Il paraît que c'est mal. Je m'en fous. Plus elle grandit et plus je peux penser à moi. J'ai conscience qu'il me faut trouver un équilibre entre mère et femme. Et je sais qu'un jour, elle sera adulte et je pourrai ne penser qu'à moi. Je retrouverai cette entière liberté que j'ai pu sacrifier aux diktats de l'enfance.

Quand on met un enfant au monde, on gagne le droit de l'élever. C'est ce que me frappe le plus de mon état de mère, cette responsabilité que j'ai d'élever un être humain. Et, en élevant l'enfant on s'élève soi-même...

Depuis qu'elle est née, je ressens cette sensation diffuse que l'on a aucune prise sur le futur si ce n'est celui d'élever nos enfants. Ils sont le futur. Élever un enfant, c'est façonner un brin de futur.

Le pouvoir d'un parent est grand. Il peut détruire autant qu'il peut soutenir, saboter autant qu'il peut encourager. Et quoi qu'il fasse, sa présence marquera à vie l'enfant qui deviendra grand. Être mère, être père, c'est la même galère, ou la même victoire...

J'ai vu de trop près la mort trois jours après sa naissance. Cette expérience imprègne mes émotions maternelles. Quoi qu'il arrive, je suis reconnaissance de pouvoir la voir grandir. Ceci fait que je n'arrive pas à me plaindre de mon état de mère. Je me trouve plutôt chanceuse de pouvoir vivre toutes ces étapes d'enfance...

Même quand c'est difficile, même quand je suis à bout de nerfs, à bout de souffle, même quand la fatigue me noie, je suis reconnaissante d'être là, avec elle. Contente de la connaître et de la voir grandir. Contente de partager des moments présents avec elle.

Lorsque ma santé me fait la vie dure, c'est grâce à elle que j'ai envie de vivre et de vieillir. Être mère me donne la force d'avancer, le courage de ne pas lâcher. Ce devoir d'accompagnement d'enfance que je ressens est puissant, il m'entraîne.

L'aventure maternelle est pleine d'épreuves et d'obstacles, elle est aussi remplie d'apprentissages, de compréhensions et de réalisations. Elle élève l'âme en d'autres dimensions. Elle bouleverse le cœur de multiples façons.

Je ne sais pas quel type de mère que je suis. Je sais qu'elle est ma fille et que c'est tout ce qui compte. Je sais que je peux contribuer ou nuire à sa vie. Je sais qu'elle peut m’exploser le cœur de joie ou me le briser en mille morceaux. Je sais qu'elle compte sur moi pour bien grandir. Je sais qu'elle a confiance en moi.

Je sais que je veux utiliser mon pouvoir de mère pour l'aider à atteindre son plein potentiel. Je sais que pour y arriver je ne dois pas tant parler qu'agir. Je dois être plutôt que prêcher. Je dois garder l'esprit ouvert et les neurones aiguisés tout en l'aimant sans condition. Ainsi je sais que je suis maman...

Et comme je suis maman, me voilà concernée par cette troisième édition du concours Maman de l’année par Walmart Canada!

Même si je n'aime pas les concours, les votes et tout le tralala, je ne peux qu'être touchée par l'initiative de vouloir célébrer et récompenser les mamans qui nous entourent.

Ce concours rendra hommage à six mamans qui se verront offrir 10 000 $ pour elle-même et 10 000 $ pour l’organisme de bienfaisance ou la cause de son choix. Les finalistes qui ne seront pas gagnantes d’un prix Maman de l’année recevront 500 $ pour elles-mêmes et 500 $ pour l’organisme de bienfaisance de leur choix.

Ce concours commence avec un système de nominations. Si vous connaissez une maman qui vous inspire vous pouvez la nominer ici. 

Les nominations se poursuivront jusqu'au 23 mai. Toute maman, quelque type qu'elle soit (ou pas) sera certainement émue d'être nominée et si gagnante, bienheureuse de renflouer son compte en banque tout en donnant au suivant!

L'être mère et l'inconfort d'être étiquetée...

Quand le bleu du ciel rejoint le bleu du lac, délivré de ses glaces, j'ai toujours la subtile sensation de changer de pays.

On change nos habitudes quotidiennes, on range l'hiver au placard et on se prépare à une nouvelle vie. Une vie où reviennent les odeurs puis les couleurs.

On accueille les premières fleurs avec bonheur. Et chaque bourgeon est signe de temps meilleurs.

Ah! Que l'hiver fut rude! Mais il est passé, disparu. Et mieux vaut l'oublier au plus vite. Oublier la neige et le frette. Se concentrer sur le présent.

Au présent, il y a l'enfance qui grandit. L'enfance qui lit et qui écrit. Miss Soleil veut écrire des textes inspirés des photos de sa vie. Sans en avoir vraiment conscience, Miss Soleil veut bloguer!

De bébé blogué à fillette blogueuse j'imagine qu'il n'y a qu'un pas...

Alors que je médite sur son éducation numérique, elle intègre Internet au quotidien avec une facilité qui me fascine. Je lui explique que tout n'est pas si simple que cela en a l'air (sans pour autant désirer briser son élan). Mais comment encadrer l'élan? Tel est mon présent dilemme.

Son père n'est pas super ouvert au concept mais il a confiance en mes connaissances. On en discute ensemble et avec elle. Manifestement elle a assimilé assez de théorie numérique pour vouloir en pratiquer la chose, il nous faut donc l'encourager. La guider. Et l'encadrer...

Même si je la prépare aux dangers que l'on retrouve sur le Web tout comme je la prépare aux dangers du monde réel, je m'inquiète. Son désir de communiquer avec le monde par Internet (comme elle me voit le faire depuis toujours) est fort. Elle comprend parfaitement le fonctionnement de la chose. En un sens après avoir compris le principe, il est naturel qu'elle ressente l'envie d'explorer.

Elle veut écrire des textes avec des photos et les mettre sur Internet. Et peut-être que si elle fait ça bien, on lui proposera aussi des petits voyages, pas loin, genre à Wendake, m'explique-t-elle. Je reste bouche bée. Elle comprend aussi très bien le concept du voyage de presse!

Sidérée de la voir grandir si vite. Fière de la voir si bien grandir. Et inquiète. Inquiète des revers du monde humain...

Nous continuons à en discuter en long et en travers. Je la trouve encore trop petite pour Instagram. L'un de ses petits plaisirs virtuels est de parcourir mon fil Instagram et de "liker" les images qui lui plaisent. Cela nous donne l'occasion de parler créativité numérique. En cette utilisation, j'ai confiance en elle.

Cet hiver, j'ai réalisé qu'elle allait aussi se balader sur mon fil Facebook. J'en ai réalisé toute l'aventure quand j'ai vu popper des "likes" que je n'avais pas mis et apparaître des amis que je n'avais pas invités! Ce qui fut l'occasion d'une grande discussion sur la responsabilité numérique. Une discussion assez sérieuse pour lui couper l'envie de s'y aventurer de nouveau!

Elle me dit maintenant qu'elle veut écrire des textes. Quand une enfant de huit ans exprime le désir d'écrire des textes, en brimer l'élan est un crime. J'en discute longuement avec elle et pour tester sa volonté, je lui demande de m'écrire un texte. Un vrai.

L'une de mes photos prise en ville l'inspire, elle a une piste. Je la vois errer dans l'inconnu. Je réponds à ses questions tout en essayant de guider ses réflexions. Je lui donne la première phrase et je la laisse aller. Si elle veut vraiment écrire des textes, elle doit les écrire elle-même.

Elle me dit aussi qu'elle veut avoir des "j'aime" (influence culturelle de Facebook) et des commentaires. Qu'elle veut savoir ce que les gens pensent de ses textes et de ses photos...

On effleure ici l'un des multiples dangers de la chose. Je lui explique alors que je refuserai de lui ouvrir un espace sur Internet si c'est ce qui la motive. La motivation doit venir d'une envie intérieure de créer et de partager, pas de plaire à tout prix. Les "likes" sont un bonus, pas une raison. Je dois être certaine qu'elle en comprend le principe avant d'aller plus loin.

Je lui parle des prédateurs. Sans oublier de préciser qu'en mettant un texte sur Internet elle s'expose à la critique. Il y aura aussi des gens qui n'aimeront pas ce qu'elle fait. Elle me répond avec une certaine lassitude qui m'amuse, avec ce petit air blasé de la fille qui se répète...

- Je sais maman, je comprends. On en a déjà parlé plein de fois. Mais c'est pas grave. Cela me dérange pas si les gens ils aiment pas. C'est pareil que quand je mets des cœurs sur Instagram. Y'a des photos que j'aime et d'autres que j'aime pas. Ça fait rien. Si je mets des photos c'est normal que y'a des gens qui aiment et d'autres qui aiment pas!

Elle me revient ensuite avec un texte d'environ 500 mots, écrit à la main, dans son cahier de brouillons.

Impressionnée par la pertinence et la structure de celui-ci, il m'est impossible de ne pas lui ouvrir une porte sur le Web.

Miss Soleil veut bloguer et je crois qu'elle est prête. OMG!

J'hésite entre Tumblr ou Blogspot. J'hésite. Je frissonne. Je raisonne mes peurs. Comment lui ouvrir un blogue sans trop l'exposer? Je ne connais pas beaucoup de fillettes de huit ans qui bloguent! En connaissez-vous?

Par quel bout prendre la chose?

Dans un sens, je préfère qu'elle fasse ses premiers pas sur la Toile à mes côtés plutôt qu'elle y soit garochée à l'aube adolescente sans autre forme de procès. Je vois beaucoup d'ados sans guides ni repères qui s'égarent sur le Web...

Si elle capable de bloguer (sous mon aile) du haut de ses huit ans, je me dois de l'encourager n'est-ce pas?

À quel âge peut-on commencer à bloguer?

vendredi, mai 09, 2014


Bientôt la fête des mères. Une fête mi-douce mi-amère qui vient remuer mes émotions. Entre souffrances, bonheurs et inquiétudes, j'erre. Le bonheur d'être une mère pour ma fille, la souffrance d'être une fille rejetée par sa mère et l'inquiétude de ne pas savoir ce que me réserve le futur avec ma fille...

Je ne désire pas écrire sur la relation inexistante que je vis avec ma mère. J'en étouffe le besoin. Ce n'est pas un roman que j'ai envie d’écrire présentement. Je préfère écrire sur l'existence de la relation maternelle que je vis avec ma fille. Une relation que je construis avec beaucoup de réflexions. Tout comme je réfléchis souvent à celle que je n'ai jamais réussi à construire avec ma mère. Mes cicatrices d'enfance tracent le chemin de la mère que je suis.

Lorsque qu'arrive la fête des mères, toujours cette même tristesse qui remonte. Une tristesse ultra intime que j'avale avec amertume. Pendant des années, j'ai désiré créer une relation saine avec ma mère. En vain. Et puis un jour, la petite fille devenue adulte en a eu assez. Trop de blessures accumulées au fil du temps. Trop de rejets et de sensations de trahisons.

Et pour finir cette dernière conversation où elle m'a dit avec affront qu'elle n'avait plus envie d'être une grand-mère pour ma fille. Entendre ses explications et sentir les mots devenir un couteau qui lacère les entrailles. Puis réaliser que tout cela a un sens.

Combien de fois n'a-t-elle pas eu envie d'être mère avant de ressentir la non envie d'être grand-mère? Sûrement trop de fois pour les compter. Ce qui explique ces multiples incompréhensions que j'ai pu ressentir tout au long de ma vie.

Enfin, passé un certain âge, on finit par se faire une raison. On devient femme. On devient mère. On ne ferme pas sa porte mais on arrête d'aller cogner à une porte qui est rarement ouverte. Tout en sachant bien que l'autre ne viendra pas cogner à la nôtre.

On se fait une raison qui s'enrobe d'une profonde peine. On baume le mal en essayant de casser ce cycle malheureux qui nous perturbe. En prenant soin de tisser un lien émotionnel avec sa propre fille. Et en priant le ciel pour qu'il tienne la route...

Lorsque j'étais petite, ma mère (qui a trop peu de différence d'âge avec moi) aimait l'idée d'être mon amie. Elle n'aimait pas trop que je l'appelle maman quand elle me sortait. Elle trouvait que cela la vieillissait. En ce temps là, où elle aurait aimé que je l'appelle par son prénom, je refusais l'idée en bloc. Rebelle dans l'âme, lorsque je la voyais, je l'appelais maman deux fois plus. Ce qui n'aidait pas mon cas.

En vieillissant j'ai réalisé que des amis j'en avais plein mais c'est une mère que je voulais, pas une amie. Avec envie je regardais mes amies qui avaient des mères attentionnées. Je ne désire pas être l'amie de Miss Soleil mais j'espère le devenir une fois qu'elle sera adulte. Peut-être est-ce une transition possible passé 30 ans. Peut-être est-ce la transition qui entraîne la relation à son meilleur...

À l'orée de la fête des mères, on parle beaucoup de la relation mère/fille à son meilleur mais les relations mère/fille sont si complexes. Et lorsque la situation que l'on vit n'est pas à son meilleur c'est une fête qui vient remuer toutes sortes de noirceurs. Je me demande ce qu'est la norme. Est-il exceptionnel ou normal d'avoir une bonne relation avec sa mère rendue à l'âge adulte?

Ce qui est certain c'est que c'est une douce fête lorsque nos enfants sont enfants. Je vois ma puce prendre plaisir à me fêter, je la vois y mettre toute son affection. Cela me touche profondément. Je ressens toute l'importance que j'ai dans sa vie. Je prends soin d'apprécier les petits crafts qu'elle m'offre avec cœur.

J'accueille son amour avec tendresse. Je suis heureuse d'être sa maman. Et c'est ainsi que je choisis de passer la fête des mères, en m'imprégnant dans ce bonheur qu'elle génère en moi. Et en gardant espoir que le meilleur est à venir...


De mères en filles...

samedi, mai 03, 2014

Vendredi midi, je navigue en notre routine mère/fille. Aller chercher la puce à l'école, faire l'épicerie, manger ensemble, ramener l'enfant à l'école...

Ce faisant je rencontre une femme que je connais, de loin, depuis longtemps.

De mon temps universitaire où je faisais du soutien scolaire. Sa fille aînée étaient de ces petits mousses en difficulté que je prenais sous mon aile.

Plus de dix ans plus tard l'on se croise toujours au village, sa fille est maintenant femme, je la croise aussi parfois. Ce jour là, je croise la mère une autre fois. Appelons là Blondie. Jasette anodine et rapide entre deux allées. 

Plus tard, Miss Soleil et moi-même, attablées, mangeons notre lunch.

Blondie rencontre des connaissances à la table dernière. Comme j'ai des oreilles supersoniques, je discute avec la puce en même temps que j'entends parler derrière moi. 

Conversation banale de connaissances qui se rencontrent par hasard. Conversation cordiale entre Blondie et une femme accompagnée de son mari. Cela parle de mauvais temps, de marche et de courses, de chien et de quotidien pendant un bon dix minutes. Blondie s'en va.

Une minute plus tard, cette voisine de table commence à parler de Blondie. J'aiguise mes oreilles tandis que ma puce dévore sa lasagne. La dame commence alors toute une tirade sur combien Blondie l'écœure. Here we go... 

Elle décortique leur conversation pour mieux en défouler la hargne cachée. Après lui avoir parlé par devant, elle lui parle maintenant bien comme il faut par derrière. Pas mal plus sincèrement qu'elle lui a parlé par devant! Je soupire intérieurement. De ce que j'en comprends Blondie s'est trop plaint de sa vie pour son état fricqué et privilégié. Manifestement le courant humain n'est pas passé! 

Et je ne peux m'empêcher de constater l'hypocrisie adulte de celle qui chie des briques sur le dos de l'autre. Entre les mots venimeux, une vilaine jalousie vibre. Life ain't always pretty...

Pour m'en consoler, je prends le temps d'apprécier ce moment pur et simple avec Miss Soleil qui grandit. D'un autre côté de la place une tablée d'ados attire l'attention de Miss Soleil. On en discute un coup. Frissons d'anticipation maternelle. J'inspire le moment présent. 

Il n'y a rien comme les conversations du vendredi midi pour resserrer ces liens mère/fille que l'on tisse jour après jour, mois après mois, année après année. Des liens imprègnés d'amour sanguin. Des liens qui renforcent ce fragile cocon d'intimité où chacun protège son humanité. Ainsi j'espère pouvoir en éviter les failles qui la composent...

Laisser traîner ses oreilles baladeuses, à ses risques et périls...

jeudi, mai 01, 2014


Le spleen hivernal laisse la place à la déprime printanière. À croire que le ciel veut notre peau!

Je croise les mines lugubres des passants, dans les rues, les magasins, l'humeur générale est à la mélancolie. Pour résister à la grisaille ambiante, l'on profite d'un samedi pluie pour fuguer au Céramic Café

C'est l'une des activités de prédilection de Miss Soleil. On y va de temps à autres depuis quelques années. Vu qu'il est difficile de s'en tirer à petit prix, c'est une activité privilégiée. Et cette année, avec la verve de ses huit ans, elle explique combien elle adore le concept en s'exclamant à répétition: "C'est full de hot!".

Je vois ses créations évoluer avec l'âge. Elle a pour habitude de peindre des tasses qu'elle offre ensuite à sa grand-mère paternelle. Miss Soleil nous exprime son plaisir d'être là tous ensemble. C'est vrai que c'est cool de laisser libre cours à sa créativité en famille.

L'homme décide me faire un nain de jardin miniature. Oui, je le confesse j'aime les nains de jardin! Et même s'il se moque souvent de mon affection pour ces créatures, il sait que rien ne me ferait plus plaisir. Cela ajoute une touche de romantisme à l'activité. Une touche que je ne m'attendais pas à trouver au Ceramic café!

De mon côté, je suis toujours attirée par un modèle de bols qui me parle Provence.

En même temps que vibrent en ma conscience le chant des cigales et les champs de lavande, il y a ce petit refrain qui les accompagne: "Le soleil vient de se lever, encore une belle journée..."

Un refrain issue d'une pub de mon enfance qui mettait en scène une ambiance familiale que je ne connaissais que d'idéal. 

Un idéal qui a grandi avec moi pour s’enraciner en mes entrailles, pour donner naissance à ce fantasme familial qui se déroulerait en une villa provençale...

Un petit déjeuner au soleil levant, au coin d'une piscine bleutée, à l'ombre d'un pin, avec une famille aimante et heureuse.

C'est toujours avec cette étrange sensation au cœur que je barbouille ce modèle de bol que je pourrais déposer sur la table où s'assoient les acteurs de mon fantasme. Une table où l'on pourrait sûrement inviter l'ami Ricoré à accompagner croissants frais, confitures, jus d'orange et baguettes croustillantes! 

Alors que je finis mon bol, l'homme le regarde avec un sourcil froncé et me dit: "On dirait le même que l'autre. Y'a définitivement un thème!". Dommage que mon dernier exemplaire ait été cassé! On ne pourra certainement plus le prouver. Je sais que j'ai innové l'intérieur. L'inspiration étant puisée dans le même idéal, il est bien possible, qu'inconsciemment, les mêmes couleurs se retrouvent sur la face extérieure.

Il fait toujours aussi mauvais dehors et tombe la nuit. L'homme s'applique à mettre de la peinture pailletée dans la barbe de mon nain et Miss Soleil est en plein travail. Lovée au Ceramic Café, je décide de suivre le désir de ma puce de lui faire une assiette personnalisée. Rendu là je suis en feu!

Ma créativité bouillonne. Tant que je finis mon assiette avant que l'homme n'ait terminé les bottes de mon nain! J'ai dû y mettre beaucoup d'amour car il n'en revient pas du résultat. Miss Soleil rayonne. Elle a déjà hâte de voir nos créations finies, vernies et cuites.

Du coup, je ne résiste pas à me lancer dans la décoration d'un porte-savon qui manque à la salle de bain de la puce. J'ai complètement oublié le mauvais temps qui nourrit mes spleens intérieurs. Perdue dans les couleurs d'humeurs méditerranéennes, je savoure une portion de fantasme...

Contrer la grisaille...

jeudi, avril 24, 2014

Voilà des mois que j'entends courir la rumeur des cronuts. Cette étrange folie new-yorkaise qui se vend comme des petits pains chauds. Comment vous ne savez pas encore ce qu'est un cronut? Voyons, c'est tout simplement le croisement entre un croissant et un donut!

Le cronut est né d'un mariage gourmand entre la France et l’Amérique. En mai 2013, un pâtissier français, basé à New-York, a eu une idée de génie en confectionnant un dessert hybride jamais imaginé auparavant.

La petite histoire raconte qu'il aura fallu deux mois de travail et plus de 10 recettes pour donner naissance au cronut. La préparation du fameux cronut new-yorkais prendrait trois jour. À peine un mois après son lancement, le cronut était déjà sur toutes les lèvres new-yorkaises...


Un an plus tard, le succès est tel qu'il est impossible d'acheter plus de deux cronuts à la fois dans la pâtisserie de Dominique Ansel. Les imitations du cronut envahissent les grandes villes nord-américaines. On retrouve toutes sortes de recettes sur le Web. Bref, dans le temps de le dire, cette pâtisserie est devenue virale...

Et le succès du cronut ne semble pas retomber comme un soufflé. À New-York, non seulement les gourmands font toujours la file de bon matin pour croquer dans ce péché mignon, mais en plus, il existe maintenant un marché noir où le cronut est revendu entre 50 et 100$! À noter qu'il coûte 5$ au détail.

Certains sont même assez fous pour embaucher quelqu'un pour faire la file à leur place. C'est la folie furieuse. Bref, depuis des mois le cronut m'intrigue. Un croissant frit? Cela ne peut qu'être bon, non?

Je profite d'un café urbain avec Marie-Julie pour lui demander si elle sait où trouver des cronuts à Montréal. En riant elle s’exclame: "Il y a une pâtisserie qui en fait juste à coté!". Le hasard fait bien les choses!

Après une séance de papotage de filles, on sort du café et j'avoue avoir complétement oublié l'affaire du cronut. Marie-Julie me rappelle à l'ordre: "Tu voulais pas ramener des cronuts avant de repartir?". Ohoh! En effet...


Alors que je la suis en direction de D Liche, une boutique habituellement spécialisée dans la confection de cup-cakes, nous passe sous le nez une jeune fille en mini-jupe. L'occasion de dégainer pour mieux "instagrammer". Et de rire lorsque la fille en question ouvre la porte de la pâtisserie où l'on se dirige!

Je découvre les cronuts et suis impressionnée par leur taille. Un homme, attablé, devant son ordi et un café nous explique qu'il est rendu accro au cronut. Vraiment le cronut ensorcelle! Vais-je aussi connaitre le même sort?

J'en achète deux pour déguster en famille et je "foursquare" pour le plaisir de croquer dans un mini cupcake gratuit!

Je rentre au bercail tout en résistant aux cronuts. À la maison, mon homme hausse un sourcil étonné en voyant l'ovni culinaire. "Un cro quoi?".

Je lui explique la chose alors qu'il coupe la pâtisserie en deux. Je le laisse goûter en premier. Il s’exclame: "C'est comme j'imaginerais une beigne d'antan, cochonne et robuste. Miam!"

Je ne résiste plus et croque une bouchée qui m'explose les papilles de jouissance! Oh my God! Le moelleux du croissant se conjugue avec la décadence du beignet en un accord parfait. La crème pâtissière est excellente. Je succombe. Alors qu'on reprend notre souffle, il me dit: "Je sais pas c'est quoi cette aberration mais ça tue!".

Arrive Miss Soleil intriguée par nos ébats gustatifs. Prête à goûter. Comme il fallait s'en douter, elle ne manque pas de tomber elle aussi dans le délice. Et je ne résiste pas à en croquer le plaisir! Dois-je confesser qu'il m'arrive maintenant de rêver de cronuts?

À la découverte des cronuts de D Liche...

mardi, avril 22, 2014

En avril ne te découvre pas d'un fil mais va prendre l'air du temps qui se réchauffe!

Partir en ballade. Respirer avec bonheur ces odeurs qui ajoutent à la texture d'un quotidien non givré.

Enfin le printemps!

Partir en exploration avec l'esprit voyageur pour mieux s’imprégner de l'aventure humaine. Aussi locale soit-elle...

Réveiller sa curiosité. Trouver un petit mont sur lequel grimper. Absorber la vue qui en dévoile le connu et l'inconnu.

Sentir la vie revenir en mes jambes comme la sève qui coule de l'arbre pour nous sucrer le bec.

Inspirer le renouveau printanier. Revivre. Remercier l'univers pour ce soleil qui réconforte l'âme, pour cette fillette qui éclaire mon coeur et pour l'amour de cet homme qui traverse les épreuves de la vie à mes cotés.

Flux printanier

dimanche, avril 20, 2014


Et voilà revenu le matin de Pâques. Cette année, je me rappelle même que se cache, derrière les lapins magiques, le mythe de la résurrection...

L'hiver, toujours aussi récalcitrant à prendre le large, s’intègre à ce Pâques 2014 qui me voit escalader des bancs de neige passé minuit.

Chez nous, non seulement passent les lapins magiques mais en plus les cloches d'Europe font un petit détour pour laisser tomber des chocolats dans la neige. À noter que je prends l'entière responsabilité d'entraîner mari et amis en ma folie surnaturelle.

Cette année encore la magie opère pour Miss Soleil. Même si du haut de ses huit ans elle perçoit de plus en plus la frontière en le réel et l'irréel, elle possède encore cette magie d'enfance dans laquelle j'aime naviguer. Une magie d'enfance que je cultive avec cœur.

En voyant une boîte de chocolat sur le toit du tempo, elle chuchote qu'en effet, seule une cloche aurait pu faire ça! L'irréel et le réel se conjuguent en ce présent qui s'inscrit en sa mémoire. Je souris à l'univers.

Elle se lève la première et va regarder par la fenêtre. J'entends ses pas et je retiens mon souffle. Dort la maisonnée. Je vais la rejoindre et j'en profite pour attraper cette étincelle qui pétille en son regard alors qu'elle m'explique qu'il y a plein de chocolats dans la neige, dans les arbres, sur le toit du tempo!

Tandis que ses yeux pétillent, la maman que je suis savoure la magie de l'instant. Une maman qui croit que la frontière entre le réel et l'irréel est souvent plus fine qu'on ne le pense. Une maman qui est aussi capable de croire, en quelques imaginations fertiles, que les chocolats tombent du ciel.

Aussi c'est sans trop de scrupules que je romance la vie de ma fille en ces traditions qui tissent notre culture occidentale. Je choisis de penser que je ne lui raconte pas de mensonges, je lui offre plutôt de l'engrais pour son imagination enfantine.

Après une fondue bourguignonne conviviale entre amis. J'aime faire l'effort de me pousser les fesses en pleine nuit pour me prendre les jambes dans l'hiver et avoir certainement l'air d'une cloche, en bottes de pluie jaune fluo, pognée dans un banc de neige.

J'aime l'idée de fertiliser l'imagination de ma fillette (tout en n'oubliant pas d'y ajouter un zeste de spiritualité), persuadée qu'un jour, elle comprendra d'elle-même le principe sans m'en vouloir.

Sachant que ces moments d'irréel font partie de mes meilleurs souvenirs d'enfance, j'espère qu'elle en gardera aussi un doux souvenir une fois grande. Évidement, on s'entend que je n'ai guère hâte au jour où je devrai dévoiler le pot de roses! Ce jour là, c'est tout un pan d'enfance qui disparaîtra. Étape après étape, l'enfance laisse place au monde adulte...

Et pour tout dire Miss Soleil ne mange pas beaucoup de bonbons ou de chocolats. C'est plutôt son père qui se régale. À Pâques, ce n'est pas tant les chocolats qui comptent que l'aventure d'aller les chercher de bon matin. Et comme l'on fait la chasse avec Arthur (4 ans et plein de vocabulaire) il est facile pour la mère que je suis d'étirer la sauce magique.

Pendant ce temps, ma chère amie, maman d'Arthur roupille avec plaisir. Même si elle s'amuse de ma motivation nocturne, elle n'a pas l'enthousiasme de partager mon délire ultra matinal. C'est donc avec les papas, le chien, le chat et les enfants que j'embarque dans la romance du jour: Apprécier ce matin, pas comme les autres, où les gourmandises tombent du ciel quand ce n'est pas un lapin féerique qui en fait la livraison!

Bref, chez nous, Pâques engraisse l'imagination d'abord. Ensuite, les chocolats, c'est juste la cerise sur le gâteau...


Joyeuses Pâques à tous! :)

Des chocolats de Pâques pour engraisser l'imaginaire...

mardi, avril 15, 2014

Ces trois dernières années à vivre avec un trijumeau endommagé, j'ai appris la distinction (et l'action) des larmes sur le nerf facial. 

J'ai appris que pleurer de colère, de peine ou de frustration, accentue les douleurs invisibles qui résident dans mon trijumeau gauche. Comme une chienne de Pavlov, prisonnière d'une expérience scientifique incompréhensible, j'ai appris à ne plus pleurer de ces larmes là. Je me suis endurcie. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort.

Mais il y a des larmes qui ne font pas mal, des larmes qui ne crispent pas le nerf enflammé. Des larmes d'émotions pures qui détendent plutôt qu'enserrer. En regardant ce documentaire, j'ai pleuré quelques ruisseaux de ces larmes...

En mes fantasmes existentiels les plus fous, je rêve de vivre l'aventure qu'a vécu Zazie chez les Papous. Il n'y a pas tant de hasards si je vis entre lac et forêt. Je suis une sauvage civilisée. L'humanité est tellement plus vaste que cette petite zone de confort dans laquelle le quotidien se construit...


Coup de coeur sous ciel grisou...

mercredi, avril 09, 2014

Se lever une autre journée sous la neige et soupirer de ce printemps sournois qui se moque de moi. Prendre la route pour fuguer mes bancs de neige et rejoindre le quotidien d'une amie urbaine.

Mère de deux enfants et pigiste, comme moi, on profite que son homme travaille à New-York pour se changer les idées entre filles.

Savourer le bien-être de rouler par ciel bleu. Absorber les kilomètres qui défilent. J'avale la distance que je parcours avec gourmandise. Accro aux road-trips, je ne résiste jamais à cette sensation de liberté que je ressens sur la route.

J'arrive en ville juste avant que le trafic ne devienne trop intense. Ah! Le bonheur de retrouver une amie qu'on a pas vu depuis trop longtemps!

Cela fait tellement de bien de passer du temps entre filles. De se comprendre. De s'entraider. De se plonger dans la douceur de l'amitié pour éclairer ce printemps tardif.

Je redécouvre NDG, un quartier où je n'ai pas mis les pieds depuis longtemps. Depuis mon adolescence urbaine. Toutes sortes de souvenirs remontent à la surface de mes heures. Je les accueille en mon cœur.

Alors qu'Isa vaque à sa routine quotidienne, je laisse la montréalaise en moi reprendre vie. Sa maison lumineuse est accueillante. Je tombe sous le charme de son petit homme. Je repose mes spleens de brousse enneigée. Étouffée par mes bancs de neige, je respire l'air pollué de la ville avec un sourire en coin.

Montréal se fait douce à mes humeurs, elle brille de soleil et dévoile même des parcelles d'herbe brunie.

L'occasion d'une marche printanière pour rejoindre mon amie. Après un tel hiver on a toutes les deux bien besoin d'un facial. Comme le temps nous presse on y va pour la version express, mieux vaut ça que rien!

Montréal sent le printemps. Je me délecte du plaisir de marcher au soleil. Je suis presque arrivée à destination. Je ne prends pas au sérieux une fine plaque de glace qui luit à l'ombre du trottoir où je marche.

Avant même que je ne réalise ce qui m'arrive, mes talons prennent une débarque et je me retrouve à terre. Traîtresse de glace!

Premier réflexe, s'assurer que j'ai pas cassé mon Samsung Galaxy avant d'examiner mon genou qui brûle. Soulagée de voir l'objet intact et de ne sentir aucune blessure majeure, je respire. Et je me relève d'un coup. Leggings troués et genou éraflé comme quand j'avais 7 ans. Oh! Well! L'occasion parfaite pour déambuler en ville avec un petit coté punk i guess...

Ce petit Spa urbain que me fait découvrir Isa est une enclave zen au cœur d'un quartier animé.On laisse nos soucis sur le pas de la porte pour mieux profiter de l'instant présent. A l'étage, l'ambiance est calme et sereine. L'esthéticienne assignée à mon soin est une belle surprise. Tout comme moi, elle a des problèmes de trijumeau. Rares sont ceux qui savent combien un trijumeau blessé est pénible à vivre. En parler avec quelqu'un qui en comprend les émotions que je partage est précieux. Je me sens choyée.

Pour la bonne cause, elle m'offre un massage de visage en bonus qui est un véritable cadeau du ciel. Entre le traitement et le massage, mon visage se détend comme cela faisait longtemps que cela ne lui était pas arrivé.  Mon esprit et ma peau se ressourcent. Je retrouve Isa, tout aussi détendue, avec un teint éclairci qui la rend d'autant plus jolie. Mon amie est fine prête pour sa nouvelle saison télé. Elle ne manquera pas de faire rêver les spectateurs avec ses chroniques voyage!

Après ce rare moment de détente féminin, on file en l'un de ses cafés où Isa a l'habitude de travailler. Comme je suis en visite, elle me laisse même sa place préférée, devant la fenêtre, tranquille. Je l'adore!

Les pigistes que nous sommes turbinons quelques heures. Alors que je me concentre, je suis reconnaissante à mon homme de prendre soin de ma puce tandis que je prends le temps de reconnecter quelques parcelles de féminité.

Isa retourne chercher les enfants. J'en profite pour faire une autre marche ensoleillée. Je rentre chez elle sans me presser. En foulant le pavé, j'absorbe les vibrations du quartier.

Je réalise à quel point il est multiculturel. L'on y entend une variété de langues qui divertissent ma cervelle. Mes oreilles voyagent à mesure que mes idées se renouvellent. Qu'il est est bon de marcher sur un trottoir sec avec un soleil qui réchauffe l'âme et la peau...

Fugue urbaine...

mardi, avril 08, 2014

Après les vortex polaires et autres bombes météos qui ont alimenté les nouvelles de la saison, je cache mes humeurs anthracites sous des bancs de neige qui peuvent monter à plus de deux mètres.

Cet hiver, les nouveaux termes pour d'écrire l'atmosphère ont été des plus créatifs! Presque amusants. S'il faut en rire pour ne pas en pleurer...

Enfin même si cet hiver aura été particulièrement rude, ce n'est pas non plus une surprise. On vit au Québec. Il y a de ces hivers là. De ces hivers qui s’inscrivent dans la mémoire collective.

Pas de réel printemps au programme pour nos pauvres âmes congelées.

En fait, le printemps est bien utopique en ma contrée nordique. Il est normal de passer de l'hiver à l'été. Sans transition autre que celle de la fonte qui fait de nos vies un univers éclaboussé de slush dégueu. Du coup, j'ai décidé d'acheter des bottes de pluie qui déchirent les yeux. Et de me donner le droit d'aller jouer dans les flaques (lacs) d'eau!

Pour survivre à mes spleens givrés, j'ai dû, contre mon gré, reposer mon corps ankylosé. Celui-là a pris une bonne débarque avec une bronchite fin février. Il ne s'est pas relevé aussi vite que je l'aurais souhaité. S'engage alors l'un de ces rapports de force qui se déroule en un intime silence.

Quand la santé me joue des tours, je puise volonté et courage en ma fillette qui pousse sans souci. Je la regarde s'épanouir avec joie et fierté (le tout accompagné d'un zeste de soulagement). Un peu comme un jardinier regarde avec satisfaction ses plantes pousser.

Depuis sa naissance je cultive son enfance avec ardeur. J'essaie de lui rendre la vie belle. Envers et contre tout. Sans pour autant la gâter pourrie.

Je materne et j'éduque. Je me nourris les patiences de ces fruits invisibles que je récolte en chemin. Des fruits à saveur de futur qui me redonnent l'envie d'avancer, de ne pas lâcher.

Je crois que la parentitude est un apprentissage à deux voies. Je lui apprends ce dont elle a besoin de savoir pour grandir. Elle m'apprend toutes sortes de choses sur ma propre humanité. De ces choses qui m'aideront à bien vieillir? C'est l'idée de fond...

Toutes deux à l'école de la vie, chacune à des degrés différents. Ensemble nous apprenons.

Ce faisant je réalise que l'ambition parentale que je ressens intérieurement surpasse mes ambitions professionnelles. Ce qui me fait souvent sentir comme une sorte d'extra-terrestre en la société où j'évolue. Mais quoi que je me raisonne, son bien-être passe avant le mien. C'est plus fort que moi. C'est viscéral.

Ceci dit, je sais aussi que mon bien-être aide au sien. Un jour (qui arrivera plus vite que je ne le pense) il sera temps pour elle de partir vivre sa vie. Que restera-t-il alors de la mienne?

 La femme et la mère se regardent en chiens de faïence et le défi de ce début de quarantaine est certainement de trouver ce fragile équilibre entre ces deux entités qui m'habitent les entrailles. 

Mère et femme cherchent équilibre...

jeudi, avril 03, 2014


Je n'ai pas pour habitude d'aller magasiner le dimanche. Faire les magasins ne fait pas partie de nos activités familiales dominicales. Mais lorsque le temps est si mauvais qu'on se demande si on va pas y perdre quelques raisons, cela devient une possibilité. Surtout lorsque Miss Soleil à tant grandi que plus un jean ne lui va! Il y a de ces exceptions qui font les règles...

Ainsi dimanche dernier, je décide d'aller chercher le printemps en renouvelant la garde-robe de ma puce. Walmart m'ayant invitée à tester sa nouvelle collection pour enfant, l'occasion fait le larron! Inutile de dire que Miss Soleil est ravie de cette décision.


Nous bravons donc la énième tempête de la saison pour se rendre au magasin. 

Rendu là, on est tellement blasé d'hiver que c'est pas une mini tempête qui va nous empêcher de sortir nous changer les idées!

Le bonheur ma puce fait mon bonheur. Ma petite fashionista en herbe adore la mode. 

Elle s'habille seule (en me demandant conseil) et agence ses looks. Elle s'habille seule avec les habits que j'ai approuvé. 

J'ai certaines balises maternelles en ce qui concerne sa garde robe. J'assume un penchant fashion. Les chats ne font pas des chiens et je cultive une certaine fierté à la voir épanouir son goût pour la mode. 

J'apprécie sa sensibilité et sa créativité sur le sujet.  Elle avait à peine cinq ans qu'elle voulait un site Web qui se nommerait Lilysoleilfashion.com. J'en étais soufflée! 

Sans parler que son prénom a inspiré la collection d'une dame rencontrée sur la plage du lac alors qu'elle n'avait pas deux ans. Une sympathique dame qui a maintenant pignon sur la rue St-Denis à Montréal. Pour une petite fille qui grandit entre lac et forêt, son intérêt pour la mode me fait sourire...

Bref, je lui donne une certaine liberté d'habillement tout en gardant le contrôle vu que c'est moi qui lui achète ses vêtements. Elle me fait confiance et on a là un beau terrain de jeu où exploiter notre relation mère/fille. J'espère garder une ouverture d'esprit sur les looks du futur qu'elle mijotera (lorsque je n'aurais plus aucun contrôle sur son habillement)!


Pour l'instant c'est l'harmonie. Tant que j'ai assez de patience pour passer une bonne heure avec elle du côté des cabines d'essayages, je peux apprécier ce moment mère/fille sans souci. Je sais aussi qu'elle l'apprécie vu comment elle me câline ensuite...

Et même si je rêverais de l'emmener dans les plus belles boutiques du monde, je suis incapable de lui acheter du linge hors de prix! 

Elle grandit si vite, il faut continuellement renouveler ses habits. Je n'ai définitivement pas les moyens de payer 50$ pour un vêtement qu'elle portera quelques mois.

Et pour ces raisons je trouve que magasiner des vêtements pour enfants à Walmart est une bonne option. On peut y dénicher des styles sympas. Les prix sont imbattables et généralement les vêtements tiennent la route.

Et si l'habit ne tient pas le choc de l'enfance on a juste à l'échanger. Walmart offre une garantie intéressante à ce sujet. En effet, la garantie de qualité de la collection George stipule que si l'habit s'use plus vite que l'enfant grandit, il est possible de remplacer le vêtement gratuitement. Un concept ne peut que plaire aux parents!


En cette virée de magasinage Miss Soleil a essayé beaucoup d'habits avant de trouver ce petit look printanier qui m'a fait craquer. Sans compter qu'un jean à dix dollars, ça l'fait! On a profité de l'occasion pour rêver d'été en achetant un maillot de bain (les siens ne lui vont plus non plus!) et une petite robe. Deux t-shirts à 4$ la séance de magasinage et c'est emballé!


Il ne nous reste plus qu'à attendre que le printemps se manifeste...  

À noter que l'on a toutes les deux craquées sur un petit manteau bleu malheureusement trop grand. 

Mais comme me l'a dit la Miss: "Ce sera pour l'année prochaine!". Vu tout ce qu'il lui reste à grandir, on ne manquera pas d'occasion de craquer sur des petits manteaux.

D'ici là j'espère quand même qu'elle ne grandira pas trop vite! En fait, je me demande ce qui m'angoisse le plus, le fait qu'elle grandisse vite ou que je vieillisse vite. Car veux-veux pas, au fur et à mesure qu'elle grandira, je vieillirai...

Oh! non! Voilà les idées noires de spleen givré qui m'emportent l'inspiration. Ouste! Pensons plutôt au printemps, aux fleurs qui jailliront de la terre libérée de neige, au lac qui une fois dégelé réchauffera. Aux beaux jours de l'été...

Pensons à ces choses qui nourrissent l'espoir. Et aux petits manteaux bleus qu'on achètera un de ces jours!
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Chercher le printemps dans la tempête...