Mettre le temps sur pause...
Je vis au milieu de bébés. Parfois, lorsque je ne fais pas attention, je shoote dans un qui traine par terre. Bang! Je vis au milieu des bébés en plastique de ma fille...
Une petite fille ultra maternelle qui élève une tribu depuis quelques années déjà. Une tribu plastifiée, qui, je le sais, sera un jour abandonnée à son propre sort. Ce jour là, je suis sure que je les manquerais. J'imagine qu'il ne me reste plus beaucoup d'années à vivre au milieu de bébés qui ne sont pas les miens.
Ces bébés qui me rappellent que je n'en ai fait qu'un. Serrement de cœur. Corps meurtri. Raisons intérieures. J'observe mon bébé qui n'en est plus un. Je regarde ma fillette s'occuper de ses bébés. Je sais qu'un jour elle sera devenue trop grande pour les aimer. Jusqu'au jour où elle sera assez grande pour faire des bébés qui seront les siens. Ce jour là, elle sera femme et je serai grand-mère. Je serai heureuse de prendre son bébé contre mon coeur. Ce jour là, ma vie aura plus de passé que de futur en ses valises.
La naissance de mon bébé a bousculé ma perception du temps. Depuis elle, le temps n'a plus la même texture. Avec elle la vie s'accélère. Elle grandit. Je vieillis. Avec elle, mon futur prend chair. J'aurai 38 ans le premier janvier prochain. 38 ans. Si loin de la vingtaine, si près de la quarantaine. 38 ans. Un mari et un enfant. Une voiture et une hypothèque. Des piges. Et ces petits matins grognons où je shoote dans un bébé en plastique...
Mais, du haut de cette maturité acquise, je sais que je dois profiter de ce doux présent qui tisse ma vie adulte. Un présent rempli d'amour qui se partage. Un présent pas toujours rose mais jamais noir. Un présent qui glisse entre les doigts pour venir se loger dans les rides qui se dessinent au coin des yeux...
Alors, parfois, j'arrête le temps. Durant quelques secondes, je fais une pause. Je m'arrête et je regarde autour de moi les signes de cette enfance qui m'ensoleille. En silence, un petit sourire arrondit mes lèvres. Je regarde ces bébés égarés dans tous les coins de ma maison. J'en absorbe le bonheur qui les enrobe. J'arrête le temps un court instant. J'inspire. L'instant se fige. J'expire. Et je laisse glisser les soucis et les tourments pour mieux profiter de cette enfance qui m'élève.
Je vis au milieu de bébés. Parfois, lorsque je ne fais pas attention, je shoote dans un qui traine par terre. Bang! Je vis au milieu des bébés en plastique de ma fille...
Une petite fille ultra maternelle qui élève une tribu depuis quelques années déjà. Une tribu plastifiée, qui, je le sais, sera un jour abandonnée à son propre sort. Ce jour là, je suis sure que je les manquerais. J'imagine qu'il ne me reste plus beaucoup d'années à vivre au milieu de bébés qui ne sont pas les miens.
Ces bébés qui me rappellent que je n'en ai fait qu'un. Serrement de cœur. Corps meurtri. Raisons intérieures. J'observe mon bébé qui n'en est plus un. Je regarde ma fillette s'occuper de ses bébés. Je sais qu'un jour elle sera devenue trop grande pour les aimer. Jusqu'au jour où elle sera assez grande pour faire des bébés qui seront les siens. Ce jour là, elle sera femme et je serai grand-mère. Je serai heureuse de prendre son bébé contre mon coeur. Ce jour là, ma vie aura plus de passé que de futur en ses valises.
La naissance de mon bébé a bousculé ma perception du temps. Depuis elle, le temps n'a plus la même texture. Avec elle la vie s'accélère. Elle grandit. Je vieillis. Avec elle, mon futur prend chair. J'aurai 38 ans le premier janvier prochain. 38 ans. Si loin de la vingtaine, si près de la quarantaine. 38 ans. Un mari et un enfant. Une voiture et une hypothèque. Des piges. Et ces petits matins grognons où je shoote dans un bébé en plastique...
Mais, du haut de cette maturité acquise, je sais que je dois profiter de ce doux présent qui tisse ma vie adulte. Un présent rempli d'amour qui se partage. Un présent pas toujours rose mais jamais noir. Un présent qui glisse entre les doigts pour venir se loger dans les rides qui se dessinent au coin des yeux...
Alors, parfois, j'arrête le temps. Durant quelques secondes, je fais une pause. Je m'arrête et je regarde autour de moi les signes de cette enfance qui m'ensoleille. En silence, un petit sourire arrondit mes lèvres. Je regarde ces bébés égarés dans tous les coins de ma maison. J'en absorbe le bonheur qui les enrobe. J'arrête le temps un court instant. J'inspire. L'instant se fige. J'expire. Et je laisse glisser les soucis et les tourments pour mieux profiter de cette enfance qui m'élève.















