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mardi, juin 26, 2007

Dans le noir, elles scintillent.

Passé minuit, je m’écroule dans mon lit les yeux fermés. J’entends l’homme qui tape sur les murs.

- Juan, éteins la lumière tu fais quoi?
- Y’a plein de bibites, ça m’écoeure
- Humm, allez, c’est pas grave, dans le noir on s’en fout, éteins…

Bang, clap, bang, il continue son manège. Je commence à grogner plus fort et finir par ouvrir un œil :

- Y’en a pas tant que ça, c’est juste quelques papillons de nuit! Allez éteins…

Il grommelle et finit par capituler. Je plonge dans la douceur du sommeil. Je suis à deux doigts de l’oubli lorsqu’il me remue la peau :

- Etolane...
- Mmmmm…
- Etolane…
- MMMMMmmmmm
- Etol, regarde….
- Humm, quoi encore, je dors!
- Non mais vraiment regarde le plafond…

J’ouvre un œil, je ne vois rien, il commence à m’aiguiser les nerfs avec ses niaiseries.

- Etolane…
- Hummm, quoi, je dors, j’suis fatiguée, j’en peux plus!!!
- Non mais vraiment faut que tu vois ça. Regarde le plafond j’te dis.

J’obtempère en espérant qu’il finira par me laisser dormir. J’ouvre un œil tanné pour apercevoir une sorte d’étincelle suivi d’un bruit de statique. Surprise, j’ouvre l’autre oeil. Les deux yeux bien ouverts dans le noir, je manque de sursauter lorsque d’un coup le plafond s’illumine de petites lumières brillantes qui virevoltent dans l'obscurité. Bzzzz. Me voilà de nouveau éveillée!!!

- Oh!
- T’as vu?
- Ouais, intense…
- Quand je te disais qu’il y avait plein de bibites!!!

Les lueurs clignotent tout en donnant l’impression d’être parcourues d’étranges impulsions électriques. J’écarquille les yeux pour constater qu’une douzaine de lucioles font la fête au plafond. Se passe alors quelques minutes surréalistes qui oscillent entre rêve et réel. Légèrement déstabilisée, je ne peux m’empêcher de les contempler. C'est bizarre, féerique, saisissant, hallucinant, déroutant. Juan me dit :

- Sur le coup, j’ai pas trop compris ce que c’était, pendant quelques secondes, je me suis presque cru dans un de tes trucs à la Star-Trek, comme si j’avais changé de galaxie!


Je reste bouche bée sur mon oreiller. Malgré toute cette étrangeté, une lourde fatigue m’emporte inexorablement. Je glisse, je flotte, je m'endors…

Scintiller dans le noir.

vendredi, janvier 26, 2007

Froidure nocturne

Frigorifiée, je marche sous les étoiles au coté de Juan. Bien emmitouflée, je me recroqueville sous ma capuche. Mes narines se givrent avec chaque respiration. L’air est cruel. J’ai oublié mes gants. Je ferme les poings à l’intérieur de mes manches. Je remonte mon écharpe par dessus mon nez. Ma peau se durcit sous la morsure de la nuit glaciale. Les pieds bien chaussés dans mes épaisses bottes de Yéti, je foule la neige qui bruisse sous mes pas.

Entre mes bottes et mon manteau mi-long, mes jambes simplement recouvertes d’un jean souffrent le martyr avec chaque seconde qui s’écoule. Le moindre courant d’air leur est fatal. Mes cuisses brûlent de froid! Une sensation unique qui pince la chair mais qui, étrangement, ressemble à une brûlure. Un feu arctique m’attaque le corps. Déjà que j’ai failli perdre deux doigts en prenant des photos de froid!J’accélère mon pas.

Juan qui a oublié sa "tuque" est une cheminée humaine qui se fait absorber la cervelle par l’hiver revenu. Il s’en plaint en quelques remarques comiques. L’on court pour traverser les derniers cinquante mètres qui nous séparent de la voiture. L’habitacle est congelé mais l’absence de tout vent est déjà un soulagement! L’on démarre en trombe pour aller chercher notre petit astre bambin, bien au chaud, non loin de là. Il fait -25 sans facteur vent, ce qui doit donner une température ressentie d’à peu près -35 (ce matin -41! Le froid fait onduler le jour lumineux en une danse polaire, j'hiberne sous le soleil).

Hall-IIStatue-de-glace

Dans les chambres de l’hôtel de glace la température se situe autour de -5. Lorsque l’on arrive de l’extérieur, engourdi par le froid extrême, la différence est flagrante, il y fait doux, l’on y est bien. Ce qui me rappelle que chacune de nos perceptions est bel et bien influencée par le contexte qui la génère…

Froidure nocturne