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mercredi, février 07, 2007

L’Art selon Botero

Fernando Botero donne du volume à ses réalités car il croit que l’exaltation de l’existence et de la sensualité permet une jouissance de l'art forte et directe. Il maîtrise ses talents d’une main de maître et construit son propre baroque sous différentes formes d’expressions: sculptures, dessins, toiles.

Botero est un artiste qui refuse de se laisser emprisonner par les contraintes des proportions et qui n’hésite pas à se donner des défis pour se surpasser. Il explique ainsi la théorie qui se cache derrière ses natures mortes « Il y a la preuve de l’orange pour trouver l’originalité de quelqu’un. Une orange, c’est ce qui existe de plus simple dans la nature. Chaque grand artiste a pourtant fait cette orange de façon personnelle. C’est la même orange mais c’est différent. Comment est-ce possible de donner une personnalité à un tel objet? L’art c’est faire la même chose d’une façon différente! L’histoire de l’art c’est cela, ce n’est pas l’innovation des sujets mais la personnalité, c’est l’histoire du style finalement, c’est l’histoire des idées folles. Dans l’art il n’y a pas d’idées absolues qui soient la vérité. Chaque artiste possède sa vérité. C’est cette expression de la vérité de chaque artiste qui nous fait penser et réfléchir. C’est le jeu intellectuel de l’art, cette compréhension du style de chacun. »

Sa liberté de création, toute en rondeurs, s'affirme au fil de ses œuvres qui incitent au bonheur et à la réflexion. Conscient du monde qui l'entoure, il se préoccupe de la violence et la dénonce avec éclat dans ses toiles qui traitent de cette actualité qui le touche. Son univers, aussi vaste qu’éclectique, nous entraîne vers cette réalité parallèle qu’il décrit avec passion : « Il y a le style d'un coté et de l’autre un sujet qui représente une réalité transformée, exagérée si l'on peut dire, ceci afin de créer cette réalité parallèle si importante à l'art. L'on vit dans un monde que l'on connaît, que l'on comprend mais il y a un autre monde créé par la littérature, l'art, la musique. Cette exaltation évolue à un niveau intellectuel différent, dans un monde poétique, c'est un refuge de la dure réalité de tous les jours. Cela fait rêver… »

Fernando Botero, un peintre en constante évolution qui se contemple pour la première fois au Canada avec cette exposition de 100 œuvres variées. Cette rétrospective unique éclaire toutes les étapes qui jalonnent la carrière de cet artiste prolifique…

Botero-Art-IIBotero-expo

L’univers baroque de Fernando Botero s’expose au Musée des Beaux-Arts du 25 janvier au 22 avril.

L’art selon Botero

jeudi, novembre 23, 2006

J’ai mal à mon lac

Blue-Zen

Au Québec, l’eau est une partie importante de ce qui fait notre patrimoine collectif. Il y a plus d’un million de lac en notre belle province. La majorité se cachent dans le Grand Nord en des territoires plutôt inhospitaliers, ce qui a le mérite de les protéger (même si plusieurs mines et autres projets d’industries affectent sérieusement plusieurs cours d’eau). Dans le sud du Québec, nos plans d’eau se dégradent à vue d’œil. Il faut se rendre à l’évidence, il coure en nos contrées un mal insidieux qui se prénomme ignorance. Un mal qui fait des ravages. Faut-il penser que l’indifférence est en train de se joindre à l’ignorance pour composer ce dangereux cocktail qui, à long terme, empoisonnera la majorité de nos lac habités?

Dans la partie industrialisée du Québec, il est de moins en possible de boire l’eau de nos lacs. La nature se fait dévorer par les excès de notre société. Si l’on ne fait rien pour changer le cours des choses actuelles, cette nature qui fait la fierté de notre patrie et la pureté de ses paysages, dignes des meilleures cartes postales, ne seront plus que des publicités mensongères pour touristes crédules.

Entre les coupes à blanc, la pollution des grandes cités humaines, l’agriculture menée selon des concepts industriels, l’extinction des espèces, les bélugas malades, l’étouffement des lacs et la fonte du Grand Nord, ne doit-on pas se poser les questions suivantes? « Quel est l’impact de notre mode de vie sur notre environnement? Quel environnement désirons-nous laisser à nos enfants? Que pouvons nous faire à notre échelle? »

Ce qu’il est bon de savoir sur les lacs

Un lac n’est pas juste une cuvette d’eau que l’on peut impunément transformer en un terrain de jeux pour adultes insouciants. Un lac peut se comparer à un cœur. C’est un organisme vivant qui est le résultat d’un bassin complexe. Des millions de rigoles forment les veines qui le nourrissent. Sa bande littorale est son muscle cardiaque. L’eau peu profonde qui borde ses rives est l’habitat de 80% de sa population aquatique. La majorité des poissons utilisent cette bande littorale comme une garderie, c’est là qu’ils élèvent leurs petits.

Chaque "cœur de lac" a deux pulsations cardiaques par année, l’une au printemps et l’autre à l’automne. Cet automne, dans le sud du Québec, des dizaines de lac ont eu des petits malaises cardiaques. Petits malaises causés par le stress qu’on leur impose. En effet, notre mode de vie moderne stresse les lacs qui nous apaisent! N’est-ce pas l’ultime ironie? Il est bon de se rendre compte que même si l’on a le pouvoir de tuer un lac en une poignée de générations, il est encore plus facile de tuer le plaisir paisible qu’il peut nous offrir. Malheureusement, transformer un lac innocent en un puéril terrain de jeux est d’une simplicité enfantine puisque le gouvernement impose si peu de réglementations sensées. Un gouvernement actuel si laxiste sur le sujet qu’on pourrait presque croire qu’il s'en lave les mains.

Ainsi chaque lac, chaque réservoir d’eau potable a besoin de notre conscience civile. En tant que citoyens avertis, il est de notre responsabilité morale de protéger cette richesse commune en prenant les mesures nécessaire pour assurer sa pérennité. Nos lacs se détériorent, il y a urgence! Nos actes présents détermineront la nature de demain.

Qu’est-ce qui menace nos lacs ?

Plusieurs facteurs se conjuguent pour agresser un plan d’eau. Il y a, la déforestation qui fragilise énormément les lacs comme c’est le cas pour plusieurs situés dans les Laurentides. Il y a, l’agriculture moderne qui n’a plus rien d’ancestral et qui, par un mode de surproduction, rejette des doses massives d’engrais et autres éléments nocifs dans la nature qu’elle exploite. Il y a, les pluies acides qui ne sont pas prêtes de s’arrêter de tomber vu l’expansion du parc automobile au pays. Il y a, le déboisement massif des rives habitées qui nuit au bon fonctionnement des filtres naturels. Il y a, les bateaux, de plus en plus gros, de plus en plus puissants, de plus en plus nombreux qui brassent les eaux sans se préoccuper des conséquences de leurs vagues. Il y a, selon les contextes, des fosses sceptiques qui fuient, des égouts qui débordent, des habitudes de vies généralement nocives à la bonne santé de nos lacs.

L’avenir est entre nos mains.

Malgré des bilans de santé souvent médiocres, avec de bons soins et de la bonne conscience, un lac peut guérir. Pour le soigner, il suffit de diminuer l’apport des phosphores. Il est important de prendre les mesures adéquates pour ce faire, car en quelques générations seulement, il est possible d'inverser la vapeur. En faisant évoluer nos mentalités, l’on peut sauver un lac pour le rendre intact aux enfants des siècles prochains. Chaque personne a le pouvoir d’agir à sa petite échelle. En unissant les forces et les esprits, il est permis d’espérer des changements positifs pour tous.

Au cours des dernières années, le gouvernement a peu à peu laissé tomber ses programmes de préservation des lacs. Il ne semble pas vouloir faire de notre nature une priorité. C’est donc au citoyen d’agir, c’est à lui de se démener pour se faire entendre, de se battre pour ce qui lui tient à cœur. Partout au Québec des associations se regroupent pour lutter contre l’ignorance populaire, pour forcer les administrations à bouger. Petit à petit, l’espoir renaît sous forme d'étincelles humaines…

Lake-AttractionA-Beautiful-Day

J’ai mal à mon lac

dimanche, mai 04, 2003

Polémil Bazar ou la fanfare avale-cafard...


Jeudi dernier, la Caserne Dalhousie à Québec abritait l’étrange univers de Polémil Bazar. À l’occasion de la sortie de leur deuxième album « Chants de Mines », la caserne Dalhousie se transforma un instant en atelier d’art. Des comédiens aux allures étranges évoluaient en silence parmi les invités, tandis que la fanfare avale-cafard de Polémil Bazar, amie de la lune, des casseroles, des strophes, des apostrophes, des muses, des ruses et des oiseaux, se préparait à nous donner ce soir là un avant goût de leur nouvel album aux accents de voyages et de révoltes.

Sur la petite scène, le groupe dégageait jeudi soir, une énergie électrisante en dépit de l’intimité de la salle. Avec plus de 100 concerts en trois ans, Polémil semble avoir développé sur scène une présence toute particulière. Après avoir accompagné Tryo lors de sa dernière tournée québécoise et s’être associé à La Rue Kétanou et Tomàs Jensen, ce groupe est fort de son expérience et nous l'a fait ressentir jeudi soir. Vibrante de passion articulée, chaque chanson recèle des trésors...

Ces joyeux troubadours urbains nous ont transporté au cœur de leur univers onirique, peuplé de créatures merveilleuses et insolites. Polémil Bazar nous a entraîné l’esprit en un cirque de pensées rythmées et irrévérencieuses grâce à sa musique dynamique teintée d’une douce folie euphorique. Chez Polémil Bazar, la fête et la réflexion se conjuguent en une caresse enivrante qui évoque le voyage et l’aventure des sens. Les saltimbanques de ce groupe talentueux, fruit du hasard des trottoirs de Québec, ont ensorcelé mon regard et ravi mes oreilles ce soir là, premier jour de mai. Avec eux, j’ai plongé dans un délire musical détonnant qui défie les frontières et le temps.

Polémil Bazar est un collectif de création musicale qui nage à contre courant dans l’immense fleuve de la musique prémachée qui se déverse tant sur les radios et les écrans de nos quotidiens. Ce groupe œuvre dans le domaine de la chanson subversive et des mondes imaginaires tout en s’inspirant des musiques de toutes sortes et de toutes origines. Ce nouvel album est empreint des intonations de Brel, Brassens ou Prévert, le groupe revisite les genres de la chanson française et y articule ses rêves et ses colères. L’univers de Polémil est coloré, joyeux, et mélancolique à la fois. C’est un savoureux mélange de poésie et de folklore.

Ces semeurs de rêves, amoureux des mots et des musiques du monde, offrent avec ce deuxième album une autre excursion dans leur monde haut en couleurs et en paroles. Si les préoccupations du groupe sont actuelles et que leurs paroles colportent des sujets tels que la mondialisation, les déboires entre l’occident et l’orient et un désaccord prononcés pour certains travers de notre société. Leur musique est intemporelle, magique, et se moque des frontières et de l’imbécillité humaine. Polémil Bazar nous fait voyager en esprit par la qualité de ses textes lucides et la richesse acoustique de ses airs enjoués...

« Chants de Mines » est une invitation au rêve infini et à la fête. C’est un disque que je découvre avec toujours plus de plaisir depuis jeudi dernier et qui j’en ai bien l’impression accompagnera les journées chaudes de mon été! Plus je l’écoute et plus ses notes extatiques, ses accords gitans, noient la grisaille de l’hiver dans un souvenir lointain…

Si vous ne connaissez pas encore Polémil Bazar, ouvrez grand les oreilles et précipitez-vous chez votre disquaire favori. Polémil n’est pas une musique que l’on pirate, mais une musique que l’on s’achète avec la joie intérieure de permettre à des artistes talentueux de se frayer un chemin dans l'énorme jungle de la musique contemporaine…


Chants de mines

samedi, avril 12, 2003

Polémil Bazar ou la fanfare avale-cafard...


Jeudi dernier, la Caserne Dalhousie à Québec abritait l’étrange univers de Polémil Bazar. À l’occasion de la sortie de leur deuxième album « Chants de Mines », la caserne Dalhousie se transforma un instant en atelier d’art. Des comédiens aux allures étranges évoluaient en silence parmi les invités, tandis que la fanfare avale-cafard de Polémil Bazar, amie de la lune, des casseroles, des strophes, des apostrophes, des muses, des ruses et des oiseaux, se préparait à nous donner ce soir là un avant goût de leur nouvel album aux accents de voyages et de révoltes.

Sur la petite scène, le groupe dégageait jeudi soir, une énergie électrisante en dépit de l’intimité de la salle. Avec plus de 100 concerts en trois ans, Polémil semble avoir développé sur scène une présence toute particulière. Après avoir accompagné Tryo lors de sa dernière tournée québécoise et s’être associé à La Rue Kétanou et Tomàs Jensen, ce groupe est fort de son expérience et nous l'a fait ressentir jeudi soir. Vibrante de passion articulée, chaque chanson recèle des trésors...

Ces joyeux troubadours urbains nous ont transporté au cœur de leur univers onirique, peuplé de créatures merveilleuses et insolites. Polémil Bazar nous a entraîné l’esprit en un cirque de pensées rythmées et irrévérencieuses grâce à sa musique dynamique teintée d’une douce folie euphorique. Chez Polémil Bazar, la fête et la réflexion se conjuguent en une caresse enivrante qui évoque le voyage et l’aventure des sens. Les saltimbanques de ce groupe talentueux, fruit du hasard des trottoirs de Québec, ont ensorcelé mon regard et ravi mes oreilles ce soir là, premier jour de mai. Avec eux, j’ai plongé dans un délire musical détonnant qui défie les frontières et le temps.

Polémil Bazar est un collectif de création musicale qui nage à contre courant dans l’immense fleuve de la musique prémachée qui se déverse tant sur les radios et les écrans de nos quotidiens. Ce groupe œuvre dans le domaine de la chanson subversive et des mondes imaginaires tout en s’inspirant des musiques de toutes sortes et de toutes origines. Ce nouvel album est empreint des intonations de Brel, Brassens ou Prévert, le groupe revisite les genres de la chanson française et y articule ses rêves et ses colères. L’univers de Polémil est coloré, joyeux, et mélancolique à la fois. C’est un savoureux mélange de poésie et de folklore.

Ces semeurs de rêves, amoureux des mots et des musiques du monde, offrent avec ce deuxième album une autre excursion dans leur monde haut en couleurs et en paroles. Si les préoccupations du groupe sont actuelles et que leurs paroles colportent des sujets tels que la mondialisation, les déboires entre l’occident et l’orient et un désaccord prononcés pour certains travers de notre société. Leur musique est intemporelle, magique, et se moque des frontières et de l’imbécillité humaine. Polémil Bazar nous fait voyager en esprit par la qualité de ses textes lucides et la richesse acoustique de ses airs enjoués...

« Chants de Mines » est une invitation au rêve infini et à la fête. C’est un disque que je découvre avec toujours plus de plaisir depuis jeudi dernier et qui j’en ai bien l’impression accompagnera les journées chaudes de mon été! Plus je l’écoute et plus ses notes extatiques, ses accords gitans, noient la grisaille de l’hiver dans un souvenir lointain…

Si vous ne connaissez pas encore Polémil Bazar, ouvrez grand les oreilles et précipitez-vous chez votre disquaire favori. Polémil n’est pas une musique que l’on pirate, mais une musique que l’on s’achète avec la joie intérieure de permettre à des artistes talentueux de se frayer un chemin dans l'énorme jungle de la musique contemporaine…


Chants de mines