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vendredi, février 12, 2021


Faire face à l'épreuve, quelle qu'elle soit, signifie d'accepter ses difficultés et choisir de s'y adapter. Aussi difficile soit-il.

Faire face à l'épreuve consiste à faire les efforts nécessaires pour la traverser et la surmonter. Aussi injustes soient-il.

Depuis près de quatre ans, je m'accroche à l'espoir de retrouver un dos fonctionnel. Tout en continuant de faire ces efforts qui me paraissent, certains jours, surhumains pour ne pas lâcher et avancer. 

Ce faisant, je dois gérer les suites psychologiques de cet enfer physique où m'a transporté cette physio qui m'a explosé le dos, en affrontant une écoeurantite aiguë du genre humain. 

C'est une puissante émotion qui me déconnecte, qui avale mes mots, qui m'enferme en silence. Ce qui est aussi une torture de l'esprit lorsque l'écriture fait vivre l'être qui affronte sans répit.

Quand la pandémie affecte le cours de ta santé fragilisée et retarde le cours de ta convalescence...

La pandémie, avec ses fermetures de piscines à répétition, complique dangereusement mes rééducations dorsales. Ce qui ajoute à cet océan de dégoût et de déceptions dans lequel je refuse de me noyer.

Pour tenir le cap, je me déconnecte virtuellement. Je me referme comme une huitre sur moi même. Je ne m'ouvre plus qu'à mon mari et à ma fille afin qu'eux en souffrent le moins possible. Je ne parle plus qu'au réel, de vive voix, avec mes amis locaux, que je vois toujours à deux mètres.

Notre gang de lac est composée de cinq adultes, un nouveau conjoint et trois enfants qui habitent en trois maisons différentes situées en un rayon d'un kilomètre. Nous nous voyons toujours sur le lac, toujours à deux mètres des uns des autres..

Lundi dernier, j'ai entraîné le noyau de cette gang à une méditation de 30 minutes dans le frette. Nous étions quatre adultes, tous distancés, par -15 degrés, à sept heures du soir, assis sur nos chaises de plage, emmitouflés, à méditer sous les étoiles. Une expérience hors norme que l'on risque de répéter. Jamais je n'ai senti le froid de façon si concrète...

Méditer pour ne pas sombrer. Méditer pour se muscler les neurones qui supportent et affrontent...


La méditation m'aide à gérer l'épreuve à traverser et ces rudes émotions que remuent le processus d'appel pour déposer une plainte à l'ordre des physios. 

Un processus qui vient remuer ces sentiments de dégoût qui m'écœurent profondément. Cette physio est un parfait exemple de lâcheté, d'égoïsme et d'hypocrisie. Tout ce qui me dégoute des humains.

Bref, plus je me débats avec cette écoeurantite invisible, plus je me coupe du monde connecté. Mais je sais aussi que je ne peux "m'ensilencer" trop longtemps si je ne veux pas perdre le contrôle de l'ermite en mon sang.

Alors que j'oscille entre rage et gratitude, je persévère en ces rééducations physiques qui sont ma seule solution, pour me sortir de cette prison, dans laquelle je suis enfermée, à payer pour le crime de cette physio, libre comme l'air.

Au quotidien, entre deux vertèbres déplacées, j'oscille entre la rage des piscines publiques fermées et la gratitude d'avoir accès à une piscine privée. Même si cet accès ajoute de la complexité au quotidien, il n'en reste pas moins une possibilité de salut. 

Une possibilité que j'apprécie et avec laquelle j'apprends à m'adapter. Pendant que mes vertèbres continuent de se déplacer en ma colonne devenue instable après "les bons soins" de ladite physio. 

En ces dernières semaines, mes émotions oscillent aussi entre la colère du prix que coûte ma vie en traitements et médicaments et la gratitude ressentie envers les fonds reçus pour aider à continuer de me soigner. Sans cette autre collecte d'anniversaire, je ne sais comment l'on y serait arrivé et c'est bien dur à avaler.

Mes émotions oscillent entre l'humiliation d'être un cas de charité et la gratitude envers la générosité de ceux qui ont participé à cette collecte de fonds qui me permet de continuer de me soigner jusqu'aux remboursements des impôts de mon mari. Qui seront trop vite avalés en frais de soins de santé.

J'oscille entre la fierté d'accomplir physiquement ce que certains pensent impossible et la honte de ruiner mon homme pour y arriver. J'affronte et j'oscille dans le même souffle.

En cette dernière semaine, par trois fois, j'ai dû voir le chiro. À chaque fois, il a remis des vertèbres à leur place. De quoi alimenter la rage. Sachant que c'est la 125ième séance du genre. Mais la rage n'est constructive que si elle est canalisée, apprivoisée, contrôlée. Ce à quoi je travaille fort. Au prix de ces mots que j'étouffe...


Accepter ce qui est difficile plutôt que de s'en plaindre rend l'esprit plus fort...

Affronter l'épreuve, quelle qu'elle soit, comprend de l'accepter pour mieux l'affronter. C'est la première étape et pas la plus facile. 

Accepter la difficulté ne fait plus partie de nos mentalités modernes. Ce qui, malheureusement, nous affaiblit puisque la vie nous rappelle, régulièrement, que l'épreuve fait partie intégrante de nos existences terrestres. 

 Je ne pense pas qu'il soit possible de vivre et vieillir sans devoir affronter d'épreuves humaines. Mais je crois qu'il est possible de longtemps vivre en choisissant de fuir l'épreuve plutôt que de l'affronter. 

En la liberté de nos choix, celui là en est un des plus importants. Avec le confort de nos vies modernes, l'on perd l'habitude de traverser ces difficultés quotidiennes du présent, qui rendait nos ancêtres plus résilients. Cela nous nuit.

L'on s'obstine à se fait croire à des illusions de vie facile. L'on part à la recherche des plaisirs instantanés. Apprendre à attraper des morceaux de bonheur tout en supportant la douleur? Quelle idée folle! Pourtant, c'est celle là que je véhicule en mes pensées pour garder mon esprit stable.

De nos jours, on dirait que toute épreuve humaine est associée à de la malchance. L'on conjugue épreuve et échec en un même temps. L'on mélange tout et n'importe quoi à l'autel de ces égoïsmes qui font la norme à suivre. De ces exemples que je refuse de suivre.

Je crois que celui qui affronte l'épreuve de face, se renforce de l'intérieur. Je crois que celui qui la fuit, s'affaiblit. À long terme, je crois qu'affronter les difficultés permet la réussite. Et que la fuite ne peut que provoquer l'échec.


Alors, chaque jour, je décide d'affronter sans trop broncher. Je choisis de ne pas me plaindre. Je choisis d'affronter ce que je ne peux changer. Et je fais mon possible pour transformer ce que j'ai le pouvoir de changer.

J'accepte d'avancer avec les multiples douleurs physiques qui accompagnent mes maux. J'accepte d'effectuer ces efforts qui me semblent surhumains pour avancer vers un meilleur plutôt qu'un pire. Petit à petit, ma santé s'améliore. 

J'écoute chiro et osteo m'expliquer que je suis en train d'accomplir, ce qui pour certain, est du domaine de l'impossible. Mon dos guérit petit à petit. Contre toute attente, mes efforts commencent à porter fruits. Tant que je continue à ne pas lâcher, la possibilité de surmonter persiste. Alors je m'accroche et je poursuis l'affrontement. Un pas aquatique à la fois...

Affronter et osciller sans jamais lâcher...

vendredi, octobre 30, 2020



La joie est souvent la source du sourire. 

Mais parfois c’est le sourire qui est la source de la joie. 

– Thich Nhat Hanh –



Voici la face de celle qui sait qu'elle a des vertèbres déplacées mais qui se force à avancer dans l'invisible douleur. Avec le sourire. Elle a connu pire mal alors autant sourire même si c'est très difficile de remuscler un dos abîmé. 

Sourire pour en supporter la douleur avec la gratitude d'être dans l'eau. En cette différente apesanteur qui aide à la cause. Appeler en urgence le chiro qui remet les vertèbres qui se font la malle, pour la 120ème fois depuis mars 2017! Fuck la marde. Et je reste polie.

Lorsque les vertèbres sont remises, la douleur se transforme. Elle évolue sans jamais vraiment se dissiper. Au mieux, elle s'atténue un temps. Je passe de l'handicap physique à l'impression de m'être faite rouée de coups. D'être bleue, verte, jaune. 

Ceci est mon quotidien de "colonne instable" qui a pour objectif de redevenir valide d'ici mes 50 ans. Une étape existentielle qui se rapproche inexorablement. Forcer le mouvement, en encaisser les répercussions, les réparer. Forcer, déplacer, réparer, reposer. 

En un cycle infernal qui muscle le dos à une vitesse d'escargot, je persévère. Après avoir été tordue à près de 20 degrés, s'en être bien enflammée, ma colonne vertébrale a été réalignée. Puis désenflammée. À coups de quartorze terribles d'injections avec de bien grosses aiguilles. Beaucoup de traitements et d'entraînements aquatiques. Beaucoup de douleurs physiques...


 


Il reste toujours des braises qui se rallument sans cesse, le feu brûle toujours. Il est juste mieux contrôlé. Je reprends le contrôle. Après deux ans de cet épuisant régime, la courbe en mon dos s'est allongée sur neuf vertèbres au lieu de quatre pour régresser vers 6/7 degrés. Je remuscle. Doucement mais sûrement. 

Réaliser en écrivant ceci que cela fait trois ans que je m'acharne à aplatir la courbe en mon dos! How ironic? 

Longtemps en ce cercle infernal dans lequel je me suis retrouvée (grâce aux bons soins d'une physio digne de son époque), j'ai bien pu observer cette époque qui est nôtre. Et dont nous sommes les maîtres si insouciants. Pendant toutes ces heures où j'ai dû "faire statue" entre quelques vertèbres déplacées et remises, j'ai observé le monde tourner. J'ai observé le monde se replier sur ses nombrils avec une fierté inégalée. 

Ce que j'en ai vu n'était pas bien beau. Alors je me suis repliée sur la beauté de la nature et sur celle de l'amour porté à ceux en mon cœur. 

Tandis que j'observais toutes ces dérives du penser à soi, c'est en pensant à l'autre que je m'accrochais à ma vie. Tout en me demandant qu'elle était la leçon à tirer de ce cauchemar. 

Pourquoi devais-je revivre la déchéance de mon squelette? N'avais-je pas assez donné la première fois? Combien de fois, la vie voulait m'apprendre à marcher en ce corps? 

Bref, en ces milliers de questions sans réponses, je me suis accrochée à mon devoir de mère et d'épouse. Celui qui consistait à rester en vie grâce à l'amour des miens, sans penser à moi. En ne pensant à moi qu'à travers eux. À mériter cet amour en me battant comme une lionne pour aplatir la putain de courbe qui m'empêchait de vivre "normalement"? 

Le sourire est un anti-stress qui orne notre visage, atténue les conflits et soulage les cœurs souffrants.
– Mofaddel Abderrahim 

Celui qui sourit au lieu de s’emporter est toujours le plus fort. 
– Proverbe Japonais –

Au pire de mon malheur, j'ai souvent forcé le sourire sur mon visage afin d'envoyer d'autres signaux en mon cerveau que ceux intenses de douleurs physiques. Le sourire est un outil pour se programmer la cervelle dans le bon sens, c'est une forme de résistance au négatif. Le malheur déteste le sourire!

La paralysie faciale m'a volé cette capacité de sourire en février 2011. Profondément perturbée par la défiguration de mon visage, je ne pouvais imaginer une vie sans la capacité de sourire. Je pouvais, difficilement, imaginer une vie de douleur physiques... mais pas sans sourire! 

Les neuropathies sont permanentes mais le sourire est revenu. Et j'ai appris, avec conviction, à sourire dans la douleur. Ainsi j'ai appris à #souffrirenbeauté.  Et j'ai compris combien sourire dans la douleur renforce l'esprit.

J'aurais aimé revenir de ce long apprentissage en un monde "normal". Mais la Covid en a décidé autrement. Ce virus a décidé nous apprendre quelques leçons de vie et de mort sur son passage. Et peut-être même répondre à quelques unes de mes silencieuses questions? 

Par exemple, je constate être moralement armée pour affronter ce nouveau monde. Un monde où penser à l'autre est maintenant la norme imposée? 

Whaou! Je confesse la légère fracture du crâne lorsque je réalise que tout le monde doit maintenant apprendre à #souffrirenbeauté puisque la souffrance sociétale est collective. 


Sourire pour mieux contrôler le fil de ses pensées et émotions...


Quand la vie se durcit, chouiner qu'elle est dure ne fera que la rendre plus difficile à vivre. Pourquoi se la compliquer davantage en s'en lamentant? S'il vaut mieux rire que pleurer, alors il vaut mieux sourire que faire la moue!

Quand la vie se durcit, il faut en accepter la réalité afin de s'y adapter et continuer d'avancer. Aussi difficile que cela soit. Il devient essentiel de puiser en ses forces intérieures dans la difficulté en cours. Il devient important d'en comprendre les sagesses à inspirer. De celles qui enrichissent de l'intérieur. Il devient vital de comprendre ce qui nous fait sourire en ce monde.

Quand la vie se durcit, c'est le temps de sourire, même si ça fait mal par où ça passe. Parce-que ça fait du bien quand même. Parce-que tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir. Et tant qu'il y a de l'espoir, il y a de quoi sourire. Et tant que l'on est capable de sourire, on est vivant! 

En fait, il est même prouvé par la science que le fait de se forcer à sourire envoie des signaux positifs au cerveau. Il comprend juste le "geste" du visage et réagit en conséquence. Sourire est bon pour la santé mentale!

"Sourire entraîne des réactions biochimiques dans le cerveau, libérant des endorphines qui soulagent la solitude et la dépression, en plus d’apaiser la douleur et le stress."

Chaque coup de colère est un coup de vieux ; chaque sourire est un coup de jeune. – Proverbe Chinois 

Un sourire est une courbe qui révèle tout. – Phyllis Diller 

Trouver la force de sourire dans la difficulté est important. À long terme, c'est beaucoup plus constructif que de cultiver la complainte. 

Choisir, consciemment, de cultiver la capacité de sourire dans l'épreuve afin d'en adoucir la dureté, c'est choisir de faire de la résistance. Le malheur cherche toujours à annihiler les sourires. Sourire, c'est aussi lui résister. J'encourage chacun à combattre ses malheurs, un sourire à la fois. 

Qui est prêt à sourire avec moi, entre deux grimaces de vie pas facile? Qui est prêt à sourire en ses douleurs et difficultés présentes?

Résister au malheur, un sourire à la fois...

lundi, septembre 16, 2019


Février 2011, une paralysie faciale m’amène dans le monde des douloureux chroniques avec des séquelles neuropathiques permanentes. En tant que pigiste, s’arrêter est une hantise sans nom. Alors je m'accroche et je réussis même quelque bons coups.

J'apprends à gérer les douleurs physiques et je remplis d'outils mon expérience de vie. Je fais quelques burnouts en cours de route. Cela fait partie de l’apprentissage de vivre en douleurs persistantes. Je ralentis le rythme mais je ne lâche pas le morceau jusqu'à ce que...

Les épreuves de santé s’enchaînent mais ne se ressemblent pas

Été 2015, une tumeur dans le bras me fait traverser l'horreur. J'en traverse l'épreuve sans trop broncher. Je garde l'espoir de vite reprendre du service, même si ralenti.

Remise à l'hiver 2016, Miss Soleil revient de l’école avec une sévère commotion cérébrale. Ce qui me met sur le pied de guerre. Toute mon énergie vitale s'y concentre.

Avril 2016, mon utérus me déclare la guerre. C'est un autre parcours du combattant à affronter. J'en comprends que je ne gagnerai cette autre bataille qu'en m'en débarrassant.

Mais je ne sais pas encore qu'il faudra que je surmonte bien d'autres épreuves de santé avant de pouvoir y arriver. Je ne sais pas que je croiserai la mort en face...

Août 2016, mon genou explose. C'était une bombe à retardement. Je le savais. Le médecin aussi. Opérée en urgence. Six mois de guérison et rééducation sont requis pour remarcher normalement. je traverse et surmonte une autre fois.

Pendant ce temps, je découvre enfin un traitement pertinent pour soulager mes neuropathies permanentes, séquelles de la paralysie de Bell. C'est une réelle victoire sur six années de batailles. Je reprends l'espoir de pouvoir retravailler, presque normalement.

En fait, j'accumule les victoires sans jamais pouvoir les savourer, ou me reposer, puisque les guerres ne cessent point de se déclarer. Je sais que la prochaine étape est de faire enlever mon utérus devenu meurtrier. Je m'y prépare. Rendu là je ne compte plus tous mes allers et retours au bloc opératoire!

Printemps 2017, la physio qui me traite depuis deux ans pour mes neuropathies faciales, reçoit une formation sur le dos. Comme mes neuropathies faciales vont mieux, elle me persuade d'examiner celui-ci. Sachant très bien que je garde des séquelles d'un sévère accident qui me paralysa à l'âge de douze ans.

Elle y retrouve la D3 figée. Elle décide de la défiger. Je lui fais confiance. Elle en a abuse. Cette D3 figée l'était pour mon bien. Elle faisait partie des séquelles avec lesquelles j'avais appris à vivre.

Réactiver une sévère blessure

À douze ans, j'ai perdu la capacité de marcher. À 13 ans, j'ai appris de nouveau. À quatorze ans, j'ai repris ma vie, en marche, à Montréal.

Lorsque cette physio a manipulé cette D3. Elle y est va trop fort. Bien trop fort. Deux séances de suite. Sans jamais accepter d'en prendre la responsabilité.

C'est le chiro, un mois plus tard, qui m'a sauvée, en me récupérant à moitié morte, et en acceptant d'en réparer les dégâts

Avec ses manipulations en profondeur, la physio a permis à mon dos d'exploser. Et ma vie avec! Ma colonne s'est courbée à 17 degrés entre la D4 et la D8. Ce qui n'est pas une coïncidence, juste la suite malheureuse de ces manipulations peu conscientes de sa part.

Rendu là, mon corps n'a plus su comment fonctionner. Ma colonne a pris feu. Elle s'est enflammée comme un feu de paille. J'ai vu la mort arriver. Comme une lionne enragée, je lui ai résisté.

A peine capable de bouger sans me mettre à vomir et convulser, je suis devenue invalide. Je ne pouvais plus ni m’asseoir sur une chaise, ni marcher plus de 2 minutes sans que je ne me mette à vomir et convulser.

J'ai vu la mort veiller. L'on a pas mal conversé. Il a fallu environ six mois pour arriver à me remettre la colonne assez droite pour que j'arrête de vomir et de convulser. Pour que la mort commence à s'éloigner. Six mois d'enfer pour enfin arriver à un état où m'enlever l'utérus était possible. Cet utérus toujours aussi meurtrier en son coin de chair.

Octobre 2017, je repasse sur le billard pour mon utérus foutu. Rendu là, je perds la notion des mois, je perds la notion du temps, et je perds ces amis pour qui je ne suis plus divertissante. Pour qui je deviens déprimante. J'en encaisse méchancetés, abandons et déceptions. J'en apprends bien des leçons.

Janvier 2018, je commence un début de rééducation dorsal en piscine. C'est mon Everest personnel, je commence à grimper. Les séances, pré infiltrations de cortisone, ne sont rien d'autre que de la torture physique mais je me l'inflige en connaissance de cause.

Tout en attendant, impatiemment, The rendez-vous avec le spécialiste qui me prescrira des injections pour désenflammer ma colonne, devenue instable dans la foulée. Quatorze injections sur une durée de neuf mois.

Bref, depuis août 2016, je n'ai pas arrêté de traverser des épreuves de santé. Je suis tombée. je me suis relevée. Je suis tombée. J'ai rebondi. Je suis tombée, j'ai rampé, j'ai sangloté. Je suis tombée. Sans répit, j'ai souffert à en effleurer la mort. Mais toujours je me suis relevée.

Un peu plus forte, un peu plus sage, un peu plus droite à chaque fois.

Devenir invalide et se battre pour rester en vie

Toutes ces épreuves de santé conjuguées m'ont emprisonnée le corps et parfois même l'esprit. Durant des années,je ne suis sortie de ma chambre que pour des rendez-vous médicaux, des traitements et de la rééducation. Isolée. Résiliente. Déterminée.

Entourée de mon mari, ma fille et de quelques amis. Sans aucune famille extérieure pour nous aider, pour nous soulager. Par instinct de survie, nous nous sommes repliés sur ce noyau familial que nous construisons. Pour mieux lutter, nous avons affronté ensemble.

Je me suis accrochée à la vie par amour pour mon homme et ma fille. J'ai refusé de lâcher prise. J'ai affronté. J'ai ramé comme un galérien en pleine tempête. J'ai dépassé mes limites et j'ai surpassé mes forces en continu. J'ai souffert comme peu de mots peuvent l'exprimer. J'ai souffert comme peu d'oreilles peuvent l'entendre.

La mère en mon sang a tenu la femme en marche. En cette rééducation qui est devenu travail à temps plein, s'inscrivent mes devoirs maternels. Même à moitié vivante, je suis restée entièrement mère. J'en ai puisé des forces insoupçonnées. J'en ai compris toute la puissance intérieure...


Revenir de là où certains ne reviennent pas

Été 2019, je recommence à me sentir un peu mieux. un peu moins ravagée par ma colonne enflammée. En mon chemin de rééducation, doivent maintenant s'incorporer de nouvelles activités.

En plus de mes routines d’exercices physiques et de mes routines maternelles, je dois progressivement introduire des routines sociales. Avec l'objectif ultime de pouvoir retravailler. L’ultime désir de retrouver ma place dans le monde des valides malgré mes handicaps invisibles à l'oeil nu.

L'été 2019 est celui de la renaissance. Je commence par aller côtoyer ce lac qui participe à mes équilibres intérieurs. Je force et je force encore. Je retrouve le plaisir d'y chasser ses couchers de soleil. Je me force à les apprécier malgré les maux en ma peau.

Je reviens un peu plus sur Instagram. Une amie nous offre la possibilité d'aller voir un spectacle en ville. Ma puce me fait prendre la route pour un concours de chant en région. Mon homme nous organise une sortie  romantique en ville. Je travaille fort pour apprécier ces moments malgré les douleurs physiques à gérer.

En juillet, une quatrième ronde d'injections dorsales me remettent à terre. Mais dès que les douleurs me le permettent, je reprends le fil de ces rééducations qui me ramènent à la vie, qui conjurent le malheur, qui cultivent l'espoir.

À force de gagner des batailles, je gagne du terrain. Entre injections, médications, méditations, traitements de chiro et d'osteo, je poursuis mes efforts avec volonté et persévérance.


Blogueuse vétérante toujours en vie

Septembre 2019, le temps est revenu pour Etolane de reprendre vie. J'en cogite les idées durant l'été. Instagram décide de m'en faire une page définie, que je découvre un mois plus tard. Je me prends au jeu. Je nourris la bestiole numérique. J'y réfléchis davantage. Puis je me dis qu'à partir de cent abonnés, il n'est plus question de reculer. À partir de cent abonnés, je retourne sur Blogger!

Un autre mois passe et les abonnés atteignent la centaine. Si une centaine de personnes s'abonnent à cette page Facebook, sensée représenter mon identité de blogueuse, je ne peux l'ignorer. Sachant combien je me suis déconnectée pour mieux avancer.

Je ne peux ignorer le soutien subtil. Et l'intérêt? Ce qui est particulier est que ce chiffre est atteint juste au bon moment en mon contexte de rééducation. J'ai atteint ce niveau de rémission qui me permet d'envisager plus de liberté personnelle. Revenir de loin prend du temps. Revenir de si loin est mêlant. Par où reprendre les fils? Par ici, par là ou là-bas?

Méditer sur le sujet. Avec toujours le même feeling qui revient. Retourner à la source. Reprendre le blogue à la base de mon existence numérique. J'estime être physiquement remise à environ 55%. Juste assez pour me redonner la capacité d'envisager de nouveau une discipline d'écriture quotidienne.

En ce dur et long chemin de rééducation physique, de rémissions et de de douleurs chroniques, bloguer est une autre de ces étapes de rétablissement qui me rappelle à ma vie...


Revenir de très très très loin...