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mercredi, avril 23, 2008

Un chien dans la mouise...

Chanelle-médite

Avec les beaux jours qui s'installent je reprends mes routines de plein air, cela fait un bien fou que de respirer à nouveau les odeurs de la nature. Mardi soir, nous recevons des amis à diner. Marie est la première arrivée, alors que nous relaxons sur la terrasse, l'on en vient à discuter de la neige qui nous entoure. Je lui dis:

- Encore une semaine et on devrait voir l'herbe de la pelouse...

Elle éclate de rire et s'exclame:

- Mouais, compte quand même deux semaines vu l'épaisseur qu'il reste!

Je soupire. Ici, le printemps est une histoire de patience...

Ce matin, Vanou se joint à notre excursion de lac matinale. Le soleil brille de plein feux, c'est une journée magnifique. Lorsqu'elle comprend que l'on part en ballade, Chanelle sourit à pleines babines, M'zelle Soleil gazouille sous le ciel bleu, nous voilà en route...

Quelques minutes plus tard nous arrivons en cette partie du lac où l'on peut se frayer un passage à travers l'épaisse couche de "sloche" blanchâtre qui recouvre la plage. Le lac commence à dégeler, l'on peut y voir des poches d'eau qui se libèrent de leur prison d'hiver. L'on arrive à avancer jusqu'au quai entreposé en un coin de sable imaginaire. Chanelle s'aventure sur la glace tandis que l'on papote sous le soleil. Vanou s'inquiète un peu de la voir s'éloigner. Je suis si habituée à la sagesse de ma chienne que je n'y fais pas trop attention. M'zelle Soleil fait des siennes. Je détourne mon regard du lac pour m'occuper d'une demande enfantine. D'un coup, Vanou s'exclame:

- Oh! My God, Chanelle est tombée dans le lac!

Je lève la tête et quelle n'est pas ma surprise de voir Chanelle dans l'eau! La pauvre essaie de s'agripper à la glace qui s'effrite sous ses griffes. Elle n'arrive plus à remonter sur la banquise. Un petit vent de panique souffle sur notre coin de plage. Vanou s'avance pour vite se rendre compte qu'on ne peut la sauver sans se mouiller. Je me propose pour y aller. C'est mon chien il est donc de mon devoir d'aller la chercher. J'estime que pour l'atteindre il faut entrer dans l'eau jusqu'à la taille puisque la surface est trop friable pour ne pas nous enfoncer directement dans une soupe de glace pilée. Vanou me dit:

- Mais non tu as la gamine, je vais y aller...
- Attends, on va lui donner une chance, elle va peut-être y arriver!

Chanelle lac

Tandis que l'on tergiverse, Chanelle essaie de se sortir de son pétrin sans succès. Nous l'encourageons de notre mieux. En duo, l'on crie à plein poumons:

- Allez Chanelle, t'es capable, pousse, grimpe, allez, vas-y, vas-y Shanie, tu vas y arriver...

Un petit air de peur souffle en nos coeurs. M'zelle Soleil, silencieuse, ne sait trop quoi penser. La minute est grave. Chanelle est en bien mauvaise posture. Allons-nous devoir entrer dans l'eau? Nous cherchons d'autres solutions en vain. Nous l'encourageons davantage. Se passe le petit miracle. En un ultime coup de reins, Chanelle arrive à se hisser sur la glace qui ne se dérobe pas sous ses pas. La mine piteuse, elle nous rejoint rapidement. La panique se transforme alors en soulagement. Ouf! L'on aura pas eu à se mouiller les fesses dans l'eau glacée pour sauver un chien de sa bêtise. Je me dis que je vais la garder plus à l'œil même si je suis certaine qu'elle vient d'apprendre sa leçon. Sacrée Chanelle qui vient de nous donner une belle frousse! Douce Chanelle qui s'est incrustée dans notre quotidien, douce Chanelle qui s'est fait une niche dans nos vies, j'espère que nous pourrons la garder encore quelques années à nos cotés...

Chanelle-lac

Bêtises canines

mardi, février 05, 2008

Autre jour de neige.

Chanelle ronfle à mes cotés tandis que l’enfant roupille dans sa chambre. Zora se frotte à mes jambes. Je résiste à l’appel de la sieste qui se dégage de cette ambiance est si moelleuse. Il neige encore...

Tout est enseveli sous une épaisse couche blanche. Les bancs de neige deviennent des monts. J’ai l’énergie au niveau zéro. J’ai somnolé toute la matinée. M’zelle Soleil en a profité pour me faire un joli bordel de maison mais elle m’a bien divertie avec ses petites histoires, ses câlineries et ses petits jeux d’enfance. Le niveau de la neige commence à dépasser certaines fenêtres. L’impression d’être emmitouflée par la saison m’emporte irrésistiblement. Je ferais bien comme les ours qui dorment des jours durant. Je les comprends. Avec cette sensation presque douce, je crois que je viens d’atteindre mon pic d’hibernation optimal! Je me rapproche d’un certain état animal. Ce n’est pas une sensation désagréable, c’est plutôt une sensation à part.

J’enclenche le pilote automatique. Répondre aux courriels, travailler à peaufiner de nouvelles fictions, organiser des activités sociales pour ne pas s’endormir complètement. Je me rapproche de mes chats sauvages qui s’apprivoisent au creux de l’hiver. Les étés derniers ont emportés tant de mes chats domestiqués que cela m’a un peu désensibilisée. J'ai perdu quelques miettes de cœur avec certains d'entre eux que je porte toujours en ma mémoire. Avec cette portée que je protège de la rudesse du climat, j’ai décidé de changer de technique, j’ai décidé d’inverser l’ordre établi en attendant de me laisser apprivoiser par eux autres.

Sur quatre chatons habitués à vivre dehors et manger dedans, deux chats devenus adultes ont démontré une réelle envie de se faire apprivoiser par notre race humaine. Henri s’est mis en tête de pénétrer mon cœur. C’est un véritable pot de colle qui s’incruste sous mes draps. Zouzou s’est prise d’affection pour l’enfant. C'est du miel de chat, toute douce et gentille, elle me cherche et me trouve. Zora n’est pas trop sure de ce qu’elle veut et Ajtme (nommée de ce mot à coucher dehors par mon ado de sœur) est définitivement sauvage. Celle-ci ne voit aucun intérêt à interagir avec nous. Les seules fois où elle me regarde et tient compte de ma présence c’est lorsque sa gamelle est vide et que la chasse est médiocre. C’est d'ailleurs la seule qui passe encore du temps dehors à cette époque de l'année. Mais c'est aussi c'est qui colle le plus Chanelle!

Nous hibernons tous ensemble, l’hiver nous enserre de ses griffes givrées, des liens se tissent entre nos trois espèces embarquées sur le même bateau. Les hivers blanchissent le poil de notre chien qui vieillit. Au creux de l’hiver Zora est sur le point de capituler, elle se fait de plus en plus à l’idée que l’humain peut se révéler intéressant. Elle m'observe du coin de l'œil et se frotte à moi lorsque manque les croquettes. C'est une expérience féline intrigante. Je jette un regard par la fenêtre. Une éclaircie change les flocons en pluie verglaçante (yerk!), cela ne devrait pas durer. Avec la nuit à venir le froid reprendra ses droits. La neige n'en a encore pas fini de tomber...

Je réalise que toute la maisonnée est endormie, il n'y a que ma pomme d'adulte qui résiste. Dès que la petite se réveille je pense me lancer dans un dessert en chocolat pour mettre un peu de pep dans cette journée mollassonne. Mais vous qui passez par là comment se vit votre hiver?

En suspension hivernale