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jeudi, février 04, 2016


Attendre depuis deux heures dans la salle d'attente et vu le monde autour de nous, on s'attend à attendre quelques heures encore. Voir mon doc de famille requiert une patience de taille. Empiler les magazines que je picore sur la chaise voisine. Dénicher le journal local et y reconnaître une binette que je connais bien. 

L'homme qui m'accompagne en profite pour parcourir le dernier article de ma mini reporter préférée. Ce qui me rappelle que je dois taper son texte du mois vu que je suis sa secrétaire attitrée! Je la guide en la composition de ses articles mais je refuse de rédiger à sa place. Son contenu lui est propre. Et il est publié chaque mois dans les pages lustrées de ce Journal aux allures de magazine local.

Ceci fait qu'il n'est pas rare que l'on nous accoste, durant nos courses, à l'épicerie ou à la pharmacie, pour nous en parler. Et tous ceux qui nous en parlent n'en reviennent pas qu'elle compose elle-même ses articles mensuels qui traitent de la vie qui se déroule en son école.

Patienter à deux c'est mieux!

Trois heures plus tard, nous attendons toujours. L'homme et ma pomme avons eu le temps de lire plusieurs magazines, de discuter en profondeur et de manquer de nous endormir sur notre chaise.

On entre dans le bureau du doc juste avant minuit. Sans même s'en plaindre car c'est le prix à payer pour passer du temps avec un docteur humain qui m'appelle par mon prénom, apprécie mon esprit et regarde mon cas médical avec compréhension. Dans les cinq dernières années, j'ai croisé toutes sortes de docteurs et spécialistes, aucun ne lui arrive à la cheville.

Bref, en nos discussions de salle d'attente est passé le sujet de la passion dans une relation amoureuse à long terme. Une discussion intéressante qui nous a permis d'explorer l'état de notre couple.

Quelques jours plus tard, une publication de Humans Of New York, sur mon fil Facebook, m'accroche le regard. Ce couple d'adolescents me fait sourire et me rappelle notre conversation de salle d'attente. J'en ponds quelques réflexions que je partage en un statut du jour.

J'apprends par la suite que ce petit couple a fait quelques vibrations de Toile. Attrapés dans les filets des trolls, ce jeune couple s'est fait lapider sur certaines places publiques. Cette nouvelle me peine quelques neurones. Comme beaucoup leur naïveté me saute aux yeux mais elle me touche aussi. Je la trouve inspirante. C'est beau d'être jeune et amoureux!

Que devient la passion lorsque les années défilent?

Avec nos quinze ans de mariage, on commence à avoir une certaine expérience sur le sujet. On s'aime encore. On a mûri. On est devenus parents, On a traversé toutes sortes d'étapes et d'obstacles. Et on appris qu'à chaque épreuve de la vie, il y a deux choix, ça passe ou ça casse. Et à date, ça passe...

La vie n'est pas rose tous les jours mais l'envie d'être ensemble persiste. On a le goût de vieillir ensemble. On possède les mêmes valeurs existentielles malgré nos différences de caractères. On ressent le même engagement en la construction de notre couple. On travaille à avancer dans la même direction.

Mais qu'en est-il de la passion? À mon sens, la passion devient harmonie. Selon lui, la passion se transforme en attentions. Cultiver l'harmonie tout en étant attentionné à l'autre serait dont le fruit de notre passion de jeunesse? Cela me plait.

L'idée de fond étant de rester en phase et de se soutenir l'un l'autre. Connectés. Le but étant de se comprendre en nos différences et d'évoluer vers un même objectif de vie. La communication est primordiale. On a un couple ultra transparent.

Affronter les problèmes plutôt que les fuir est essentiel. Rien n'est jamais acquis ni gagné en un couple. Se reposer sur ses lauriers est hors de question...

J'ai grandi dans un environnement d'humains qui se séparent et qui se déchirent. Il a grandi en un environnement d'humains qui restent ensemble et qui se déchirent. Ni l'un ni l'autre n'avons d'exemple à suivre. Mais on a tous les deux des idéaux qui se rejoignent. Ces idéaux communs sont à la base de notre fondation familiale.

C'est mon mari, mon amant, le père de ma fille mais c'est aussi mon meilleur ami. Grâce à lui j'apprends ce que c'est que d'être aimée sans condition. Et si j'y pense fort, je dirais que je l'aime avec passion...

De passion et réflexions..

mercredi, septembre 09, 2009

Reconnaissances...

J'habite un endroit privilégié. Privilégié par la beauté de sa nature, privilégié par la paix qui s'en dégage. Une paix terrestre qui vaut tout l'or du monde...

Chateau de sable

L'été, il est vrai que le village (qui tient plus de la bulle de villégiature que du concept de village) est un endroit cossu sous toutes coutures. La moitié du village est composé de chalets d'été, relativement modestes, saisonniers, mais tous assez confortable pour que les propriétaires y déménagent leurs pénates le temps des beaux jours.

Un quart du village est composé de gens aisés, les chalets deviennent alors des villas à saveur nordiques. L'argent coule à flot dans cette partie là du village. C'est la partie jet-set de l'équation. Ceux-là passent l'hiver en Floride et ne vivent point comme le commun des mortels. Ils sont aussi de passage estival. Le dernier quart est composé de ceux qui y vivent à l'année. Car même si les locaux commencent à grignoter le territoire des résidences secondaires, ceux qui vivent au lac à l'année (comme nous depuis presque une décennie) sont encore une minorité...

Sur ma rue, les chalets d'été voisinent les maisons qui sont habités durant les quatre saisons. C'est une rue qui trace sa voie dans la forêt. Une rue en périphérie du centre du village, légèrement reculée, ultra calme. Comme nous habitons à la toute fin de cette rue, aucune voiture ne passe devant chez nous. D'ailleurs, l'on connait toutes les voitures de la rue! Nous sommes dix maisons habitées à l'année. Cela créée une sorte de communauté. Deux jeunes familles (dont nous), quatre couples dont deux retraités, deux veuves, un énergumène (à qui il faudrait que je dédie un billet juste pour le présenter!). Des grands-parents qui voient régulièrement passer leurs petits enfants et un homme particulier avec beaucoup de caractère et un certain charme (sportif, manuel, avec un extraordinaire pouce vert). C'est mon plus proche voisin. Il est souvent en vadrouille ou alors il bichonne son magnifique jardin.

Ma rue est située à quelques minutes à pieds de la grande plage. Mais encore plus près de chez moi se faufilent quelques chemins où je vagabonde librement. Une vaste forêt recouvre les collines qui font le relief de cet endroit légèrement surélevé. Une forêt qui recèle plusieurs bêtes sauvages. Mais à la lisière d'où je vis, peu d'ours ou de loups se baladent au grand jour. Ils tissent cependant ces légendes que les enfants se chuchotent d'une oreille à l'autre. Des légendes parfois revisitées par l'imagination taquine des plus vieux...

Les premières années (avant que l'on achète cette maison-ci), nous vivions dans un petit chalet au milieu de la rue, un chalet d'été transformé pour la cause hivernale (avec l'énergumène comme plus proche voisin!). C'était assez folklo. Disons que, malgré les multiples rénos, j'apprécie le déménagement qui nous place entre le loup des bois, la "jeune" veuve de 80 ans et l'autre famille. J'y ai quand même gagné le citadin infernal qui passe en coup de vent quelques jours par année. Vraiment, il est si terrible (petit mafieux qui se prend pour un roi) que ses passages, aussi courts soient-il, sont toujours pénibles.

Sur ma rue, ceux qui vivent à l'année ne sont ni riches ni pauvres. Ils sont de la classe moyenne. Ils possèdent des budgets d'une grande banalité. Plusieurs se serrent régulièrement la ceinture. Ils ont simplement fait un certain choix de vie qui les dépose en ce petit coin de paix terrestre.

Le village existe depuis une cinquantaine d'année. À l'époque il n'y avait pas encore de route. À l'époque l'on ne parlait même pas de village mais juste de lac. Une ligne de chemin de fer se rendait non loin de la grande plage et un hôtel d'allure chic accueillait les villégiateurs en quête d'authenticité. Puis, petit à petit, les Hommes au teint clair se sont fait des nids dans la nature sauvage. L'homme blanc s'est installé comme il a l'habitude de le faire. Dégâts à l'appui...

Les indiens Hurons appelaient notre lac: "Grand lac des Vents". Aujourd'hui, les indiens ont disparu de l'horizon mais pas les vents. Toujours et encore, le grand lac vit aux rythmes des vents qui le caressent, le bouleversent, le congèlent...

"Sa superficie est de 11,31 kilomètres carrés, il a une circonférence de 22,4 kilomètres et son altitude est de 101,8 mètres (334 pieds) au-dessus du niveau de la mer. Traditionnellement reconnu comme étant le “poumon” de plein air et de récréation de la partie ... de la région métropolitaine de Québec, le lac "sansnom" est un des plus beaux plans d'eau à proximité de Québec. Ses environs immédiats demeurent un secteur privilégié pour la villégiature mais sont relativement fragiles, puisque sujets aux pressions du développement urbain, souvent non contrôlé ou anarchique."

Fin août 2002, Juan s'est cassé le cou en plongeant de la plage. Durant les jours qui ont précédé et qui ont suivi la délicate opération qui l'a remis sur pieds, je me suis demandée si le lac allait détruire tous mes espoirs de bonheur. J'ai eu très peur. Mais finalement l'on en aura tiré qu'une grande leçon de vie...

Parfois je me demande si je ne suis pas un peu amoureuse de cette immensité limpide. J'ai un lac dans le cœur. Depuis que je l'ai rencontré, je ne peux plus m'en séparer.

J'aime tant cette nature liquide qui m'alimente l'esprit d'une nourriture saine et solide! Élever ma fille en son sein est un privilège. C'est aussi pour cette raison que je m'active à préserver ce lac en travaillant bénévolement pour son bien. Un bien collectif que l'on se doit de léguer aux générations futures.

Ce morceau de nature est un petit joyau terrestre. Un espace que l'on se doit de protéger. Tant de personnes prennent encore pour acquis ces endroits qui se font de plus en plus rares à l'échelle de la planète. Au lac, la vie est douce comme de l'eau claire. Malheureusement, certains humains ne voient en cet endroit qu'un terrain de plaisirs où s'ébattre inconsciemment. Ceux-ci ont tendance à me hérisser le chignon. Autant les bontés du lac peuvent me faire oublier la stupidité humaine autant certains villégiateurs me la rappellent amèrement! Parfois je me prends à rêver du temps des Hurons. J'imagine les tipis sur le sable. Je soupçonne les canots d'écorces qui glissent sur l'eau. Il fut un temps où les Hommes vivaient en harmonie avec la nature. Si je me concentre très fort, je peux presque percevoir une ombre fugace glisser dans la forêt triste.

Dernièrement j'ai réalisé que si je ne devais choisir qu'une seule ambition en ma vie de maman ce serait de laisser le bonheur en héritage. Léguer le bonheur en héritage pour que les générations à venir continuent de le faire grandir. En mes utopies internes je me dis: "Peut-être qu'à force de bonheur, le malheur s'estompera assez pour la race humaine s'épanouisse sans mettre en danger la planète et tout anéantir". En ma vision pure du bonheur, il y a la présence de cette nature merveilleuse qui fait naitre en nous ce bien-être divin. Ce bien-être que viennent picorer (butiner?) tous ceux qui possèdent une résidence secondaire en ce lieu béni.

M'zelle Soleil

Mais attention, le bonheur n'est pas si simple qu'il n'y parait! En fait, il peut même se révéler aussi complexe que la tristesse. Car le bonheur n'est pas seulement une carte postale teintée de rose. C'est un état humain tissé d'efforts, de sacrifices et de satisfactions, d'acceptations et de sérénité. Pour atteindre le bonheur il faut souvent peiner. Le bonheur se gagne, peut-être même se mérite-t-il. Je ne sais pas. Mais je sais que ce n'est pas une assiette de plaisirs qui se déguste goulûment. À mon sens, mélanger plaisir et bonheur c'est ne pas faire la différence entre sexe et amour. Mais je m'égare...

Au village, il y a une phrase qui se retrouve sous tous les logos municipaux: "La vie est belle". Cela me fait toujours sourire. Mais c'est vrai qu'ici la vie est belle. Et, c'est certainement un bon endroit où élever des enfants. Un environnement sain qui leur enseigne la paix à l'état naturel.

L'autre jeune famille de la rue possède deux enfants: Raph, huit ans, jolie tête blonde qui deviendra vite une superbe jeune fille et Axou, mignon petit bonhomme qui vient de fêter ses deux ans. Axou, déjà très mâle pour son jeune âge, a développé un petit "crush" sur M'zelle Soleil. Dès qu'il la voit, il s'emballe. Lorsqu'il la regarde, une lueur pétille dans ses yeux noisettes et toutes les occasions sont bonnes pour venir faire un brin de jasette. À son âge les occasions sont rares mais il n'en rate pas une!

La couche aux fesses, il se dandine pour charmer ma fillette qui l'attend avec bonne humeur. Ils bavardent, s'apprivoisent, lancent trois ou quatre cailloux, examinent dix brins d'herbe. Puis, M'zelle Soleil, qui se sent si grande à ses cotés, finit toujours par lui prendre la main pour le raccompagner sur sa pelouse...

Jeux d'enfant

Reconnaissances...