mardi, octobre 13, 2020

Au Québec, la transmission communautaire fait l'actualité. Les feuilles tombent. Les dirigeants se font des cheveux blancs et une partie de la population perd le nord. Bref, c'est la vie quotidienne de 2020 en zone rouge.

Tout comme j'ai vu venir le virus en janvier, dans l'indifférence générale, j'ai vu venir ce qui est se passe présentement. Dans un peu moins d'indifférence générale et beaucoup plus de rébellion, le virus a repris de vigueur. 

Se rebeller contre un virus est futile. Même si ceux qui pensent se rebeller contre des humains pour se donner meilleure conscience, le virus s'en tape des nombrils humains! Il veut juste circuler librement dans notre système organique. 

Depuis des semaines, j'observe les comportements de mes contemporains et je désespère en silence. Je n'ai jamais vu autant de bateaux remplis comme des boites de sardines! Sachant comment s'est déroulé coté lac, je ne vois pas comment cet automne pourrait être diffèrent.


Si on ne reprend pas le contrôle de l'épidémie en faisant les efforts nécessaires, l'avant Covid ne reviendra pas avant longtemps. Plus l'on acceptera de changer ses habitudes, moins longtemps cela sera! 

Il suffirait pourtant d'un peu plus de solidarité humaine et d''un peu moins d'égoïsme collectif pour enrayer le tout.  Mais avec ce qui se passe actuellement, ne faut-il pas maintenant faire une croix sur la vie d'avant et repenser la vie d'après? L'imaginer meilleure, plus équilibrée, plus saine?

Je dois maintenant retourner m'entrainer en piscine fermée. Tout en courant aprés celles qui ouvrent et celles qui ferment. C'est un casse-tête continu en zone rouge Covid...


Quand j'arrive à trouver une piscine fermée, peu de monde s'y trouvent. Mais encore faut-il arriver à trouver celles qui veulent bien de nous! 

C'est un risque calculé que je dois prendre pour que mon état de santé ne régresse pas comme il l'a fait durant le confinement. Un risque réfléchi sachant que l'on prend peu de risque en se protégeant le plus possible avec masque, Purell et distance physique. 

Je pense que le risque n'est pas tant là que dans les rassemblements privés. Je pense qu'il se retrouve plutôt en ces comportements irresponsables, que j'ai pu voir, à maintes reprises, au lac, cet été. 

Les deux prochaines semaine s'annoncent complexes coté piscine et rééducations physiques, j'en gère le stress et les pensées sombres. Je me concentre sur les progrès que je fais pour ne pas angoisser sur les régressions possibles. Je me concentre sur ce qui va plutôt que sur ce qui ne va pas. Et j'avance. Un pas à la fois.

 


La seule bonne nouvelle de la dernière semaine est certainement celle qui a annoncé la fermeture des comptes et des groupes adeptes de QAnon, comprenant les pages Facebook de cet affreux personnage

Il y a surement de la place pour eux sur le Dark Web, ils y seront surement mieux qu'au grand jour numérique. Je refuse de croire tout ce qui sort de la bouche de Trump. Je décide de faire preuve de patience et d'attendre de voir ce qu'il en sera d'ici quelques semaines.

Ce qui est certain, c'est que si je dois vivre en un monde où Trump est le sauveur de l'humanité, je préfère aller rejoindre l'État profond de ce pas! Rendu là, ce "deep state" qu'ils craignent tant ne me fait pas peur!


Entre un pseudo dictateur et le virus de l'heure, un duel invisible est en cours...

dimanche, octobre 11, 2020



Depuis sa rentrée scolaire, Miss Soleil a décidé de porter le masque en classe. Même si cela rendait ses journées plus difficiles, elle préférait cette éventualité à celle de ramener le virus à la maison. 

Ceci était son choix, fruit de ses propres réflexions et ce qu'elle voyait autour d'elle. J'ai vu comment porter le masque ajoutait une difficulté à ses journées. Cela m'a peinée. 

J'ai fait mon possible pour l'aider à en gérer la fatigue. J'ai beaucoup discuté avec elle. Avec un père diabétique et un mère à la santé bancale, elle comprend combien il est important pour nous d'éviter le virus en notre maison. 

On a discuté beaucoup et longtemps pour arriver à la conclusion que tant qu'elle prenait toutes les mesures pour se protéger du virus, si par malheur, il devait arriver qu'elle nous le transmette, elle n'en serait pas responsable. 

Ceci dit, si elle fait tout et n'importe quoi, qu'elle l'attrapait et nous le passait, ce serait une autre histoire que l'on ne désire pas visualiser. 

Cet été, l'on a pu voir combien elle devait faire des efforts et résister à la pression sociale de ses pairs pour garder ses distances et prendre en considération la pandémie. Elle en a souffert. Je l'ai câlinée. Elle s'est renforcée. Elle n'a pas lâché. Elle a persévéré. 

Au fil des semaines à s'affirmer, je l'ai vu devenir plus forte devant la pression sociale. Je l'ai vu se tenir droite et rester intègre à ses convictions. J'ai été fière de sa force mise en pratique. 


Je l'ai confortée, encouragée, soutenue. J'ai été impressionnée et touchée par cette force qu'elle posséderait en puisant en son amour pour nous. Lorsque la rentrée est arrivée, j'avais une confiance totale en ses capacités de faire les gestes barrières. 

C'est alors qu'elle a décidé de garder son masque en classe. En observant comment se comportaient ses camarades. Comment l'en empêcher? Nous ne pouvions que la soutenir en cette sage décision...

Il fut un moment, en zone orange, où j'ai essayé de l'en dissuader afin qu'elle ait un peu de répit. Mais elle m'a expliqué que vu comment ses contemporains ne prenaient pas la pandémie au sérieux, elle se sentait plus rassurée de garder son masque. Même si c'était difficile, c'était toujours moins difficile pour elle à supporter que son angoisse de nous contaminer. 

En ses conditions particulières, elle a fait sa rentrée en une nouvelle école urbaine avec brio. Non sans efforts ni fatigues. Non sans des tourbillons d'émotions ponctués de larmes. 


À chaque jour, nous l'avons écoutée, nous l'avons soutenue, nous l'avons aimée. On a fini tous brûlés mais ainsi va la vie. 

Un mois plus tard, elle avait déjà collectionné quelques bonnes notes et intégré un groupe de copines. Malgré son masque! Malgré les invitations refusées. Malgré les distances physiques qu'elle s'impose et impose aux autres. Malgré l'intervention d'une prof pour l'inciter à ne plus le porter autant! 

Elle en a souffert mais elle a tenu bon. Elle s'est fait respecter en ce choix personnel. Pendant que je me posais de sérieuses questions sur l'éducation parentale de mes contemporains... 

Le deuxième jour de la rentrée, une petite peste lui a dit: "Si c'est pour porter ton masque, rentres chez toi!". Ce à quoi elle n'a pas répondu même si blessée. 

Trois semaines plus tard, la même fille a pris peur du virus après avoir fait le party avec des jeunes dont un connaissant un qui pensait être positif. 

Bref, elle s'est mise à porter le masque durant deux jours. Miss Soleil n'en a rien dit mais n'en a pas moins pensé! 

En fait, depuis quelques semaines, épisodiquement, elle voit un ou deux élèves de sa classe décider de porter le masque quelques heures. Ce qui rend Miss Soleil perplexe. 

En sa classe, ses camarades ont de la difficulté à se plaindre du port du masque obligatoire vu qu'elle leur donne l'exemple depuis le premier jour.

Miss Soleil m'explique que les élèves préfèrent être masqués en classe plutôt que se retrouver en mode virtuel. Cet effort là leur semble moins gros que celui d'étudier à la maison. 

Lorsque la règle s'est appliquée cette semaine, plusieurs en avaient anticipé le moment. Ils ont accepté plus facilement la contrainte obligatoire. La majorité s'y plie sans mot dire. Heureux de rester en classe. Plus résilients que certains adultes? 

Son programme Arts/Études est sans cesse chamboulé par la pandémie. Ce n'est facile ni pour les élèves ni pour les adultes. Elle s'y adapte. On l'aide de notre mieux. Ses professeurs de théâtre nous ont même soufflé qu'elle était leur révélation de la rentrée. Le tout masquée! Cool et masquée... 

En ses invisibles efforts qui nous montrent sa force, la puissance de sa bonne volonté et de sa détermination, nous l'admirons. Avec un nouveau rythme qui la lève à 5 heures du mat et qui la couche à 8 et des poussières, elle ne badine pas! 


La semaine dernière, la prof d'Histoire emmène la classe faire un rallye de photos historiques en ville. Alors qu'elle m'en conte l'aventure urbaine, le soir venu, je lui demande: 

 - Alors tu as pu enlever ton masque comme vous étiez dehors... 
 -Ah non! Tout le monde se collait et s'approchait full proche de moi, je l'ai gardé! 

Elle m'explique ensuite qu'elle a même choisi de changer de groupe de rallye car c'était trop la pagaille dans le sien! Fiers d'elle nous sommes. Manifestement tous mes efforts d'éducation ne sont pas vains. 

En cette nouvelle école citadine qui regroupe multiples disciplines (en Sports/Arts/Études), la pandémie aussi influencé la formations des classes. Ce qui fait que la sienne regroupe une équipe de hockey et une troupe de théâtre composée de filles! Ce qui fait tout un cocktail d'hormones à gérer...



Cool et masquée!

samedi, octobre 10, 2020



Je reste perplexe lorsque j'écoute mes contemporains parler de "reconfinement" en ces 28 jours de zone rouge. Un semi confinement serait plus juste puisque la vie, de base, continue bien plus qu'elle ne le faisait lorsque toutes les boutiques et écoles étaient fermées. 

L'idée de fond étant bien d'enrayer la progression du virus qui transforme le cours de nos sociétés. Non pas de nous détruire en entier. Combien de temps est-ce que la minorité arrivera à saboter les efforts et sacrifices de la majorité est la question d'actualité...

 L'abondance des dernières décennies n'est plus. Peut-être reviendra-elle un jour. Lorsque le virus ne sera plus qu'un mauvais souvenir collectif. L'incertitude a remplacé la facilité à laquelle le monde s'est progressivement habituée. Le monde perturbé se trouble.

La vie moderne tourne au ralenti. Le quotidien s'accentue de difficultés et de complications mais  la vie continue. Qu'on s'en plaigne ou pas, la vie suit son flot, comme le courant d'une rivière qui retourne à la mer...

En confinement entier, je n'ai plus eu aucun moyen d'être traitée ni de faire mes rééducations physiques. J'ai régressé et décliné. J'ai sacrifié de ma progression physique pour la cause. Et je l'ai bien senti passer! 

En ces 28 jours, je réalise que l'on vit en zone rouge depuis le déconfinement officiel puisque je n'ai toujours pas fait de hugs à personne. En fait, l'on est jamais vraiment passé en orange, jaune ou vert. Cela fait des mois que l'on s'applique à éviter le pire tout en travaillant au meilleur.

Depuis mars dernier, je ne me suis pas approchée, à moins de deux mètres, d'un autre humain. Si ce n'est pour recevoir mes traitements chiro/osteo. Depuis des mois, je ne colle et je ne touche que mari, enfants et animaux.

Vivre avec les autres en distance physique


Cet été, l'on a rencontré quelques amis proches, toujours dehors, toujours à deux mètres et ma foi, à date, on fonctionne encore. Je pense même qu'il nous reste des amis. Que même isolé physiquement, on peut communiquer de bien des façons pour garder le contact affectif.

Vu que mes traitements et médicaments avalent tout notre budget pour me garder vivante, aller au cinéma est un luxe que l'on se permet peu. Tout comme aller au resto ou sortir là où c'est payant. Et on fonctionne encore. On arrive même à s'aimer et à grandir ensemble. 


Depuis que mon dos fut gravement blessé, j'ai vu le monde autour de moi continuer d'évoluer. J'ai vu combien la norme semblait avoir oublié la facilité de ses vies modernes. Combien la norme en santé avait oublié les torts et les travers invisibles des maladies. 

Pour m'occuper l'ennui, je me suis déconnectée du numérique qui digère le présent en continu. Je suis partie explorer les multiples fois où le monde avait changé. J'ai utilisé diverses ressources du Web pour m'instruire sur toutes sortes de sujets. 

Des sumériens aux romains, en me rappelant le moyen-âge, la renaissance, l'esclavage, les colonies, la guerre de sécession. Pour combler l'ennui de l'invalidité en fatigue de douleurs et de rééducations, je me suis nourrie la mémoire.


Mais revenons au présent de cet automne, où je suis plus valide en ma santé qui s'améliore. En mes capacités physiques qui progressent, je retrouve un présent biscornu où tout semble être sens dessus-dessous, où les esprits tanguent et se renversent.

Après avoir observé le monde grimper ses différentes pentes de vie (alors que j'avais bien dégringolé de la mienne), je trouve étrange de remonter cette pente alors que tant dégringolent la leur. Je m'accroche aux roches de la mienne. Je prends même le temps d'en étudier la vue que je retrouve. À ne plus être aplatie au fond de mon gouffre!

Je m'accroche à la piscine pour effectuer mes rééducations physiques. Cela reste une complication majeure qui me casse la tête au quotidien. Qui me stresse et qui m'angoisse. Si je n'ai pas la possibilité de m'entrainer en piscine, je perds la possibilité d'aller mieux. Et je gagne la réalité de régresser...

Je me suis forcée à aller dans l'eau si froide que lorsque j'en retrouve un bassin intérieur, dit sportif, son eau chlorée me bien semble chaude. Et je prie le ciel pour pouvoir continuer de progresser au fil de ces entrainements aquatiques, tout au long des prochaines saisons.

À force de chercher et de trouver diverses options et solutions aquatiques, j'ai parfois l'impression d'être prise en un cube de Rubik bien peu sympathique. Mais on lâche pas. On apprend et on devient meilleur. L'on choisit d'accepter l'adversité pour mieux l'affronter et s'y adapter. On puise en nos ressources intérieures et on rame...

En cette pandémie, qu'on le veuille ou pas, on est tous dans la même galère. L'on doit tous ramer pour avancer. L'on devrait tous s'entraider pour faire front. Tous se soutenir pour avancer. En un monde idéal que l'on a pas encore atteint...

L'avantage d'avoir été en galère humaine pré Covid c'est d'être rodée lorsque vient le temps de ramer. J'observe bien des gens refuser de ramer et même refuser l'idée de ramer! 

Bien de ceux qui se lamentent refusent l'effort demandé. Comme s'il était plus facile de se complaindre que de se forcer. Je n'ai jamais compris ce choix de vie. Je n'en vois pas le sens constructif que l'on peut y trouver.

En ma mémoire défilent les efforts de tous ceux qui sont passées avant nous. En ma mémoire défilent tous ceux qui se sont sacrifiés pour que l'on se dise civilisé. Refuser de me plaindre au présent est ma façon d'honorer leurs efforts et sacrifices passés et oubliés. 

Avant que l'on ne soit tous obligés d'aller laver notre linge à la rivière, de rapiécer chaque morceau jusqu'à l'usure, je ne pense pas qu'il soit intelligent de tant se plaindre du présent tel qu'on le vit. 

Je pense qu'il serait plus intelligent de prendre conscience de tout ce que l'on possède encore. Surtout si la santé vient avec les conforts modernes!

Pour ne pas se laisser abattre par la morosité collective, on se pousse les fesses en foret. On en profite pour se remettre les pendules à l'heure et pour discuter de comment faire pour traverser cette crise mondiale en famille.

En cette virée automnale, on se trouve une cool activité familiale à inspirer lorsque notre exploration boisée finit par se transformer en "photoshoot rurex"

Durant le confinement, Miss Soleil et ma pomme des bois étions un peu tombées dans les vidéos YouTube d'Urbex. Assez pour lui donner l'envie d'exploration Urbex. Je lui ai alors expliqué que le mieux que l'on pouvait faire, en notre environnement, serait du Rurex. 

Si l'univers était prêt à nous envoyer des pistes à suivre...

Que diriez-vous d'aller à l'aventure d'une érablière abandonnée depuis des lustres?


Dimanche dernier, sans même chercher l'aventure Rurex, au détour d'un sentier, boom! Surprise! 

Le ciel nous récompense les efforts avec la découverte d'une érablière abandonnée. Un endroit perdu qui nous stimule l'imaginaire et le moral. On inspire et on en profite!

On l'apprécie comme la découverte d'un trésor oublié de nos humanités. Un endroit oublié empreint de nostalgie et de cette magie invisible qui nous fait repenser le passé.


Rurex : n.m. (mot anglais) Mot-valise formé des mots rural et exploration. activité clandestine consistant à visiter des lieux abandonnés en zone rurale.

Exploration Rurex en zone rouge...

vendredi, octobre 09, 2020

Lorsque je me suis retrouvée, pour la première fois, en handicap physique visible (entre 12 et 14 ans), j'ai subi la pitié dans les yeux des gens et j'en ai entendu bien des réflexions soufflées en mon dos. Ce qui faisait aussi mal que les maux en mon dos!

Il n'y a rien de plus humiliant, dénigrant, rapetissant que d'être un objet de pitié. Je n'ai jamais compris ceux qui s'y vautraient. Ceux qui la recherchaient. Car il n'y a vraiment rien de constructif à en retirer à long terme. La pitié ne rassure que celui qui la donne.

De cette pénible expérience, j'ai décidé d'éradiquer la notion de pitié en moi. Pour ne pas faire ressentir à autrui ce que l'on m'avait fait ressentir. C'est à partir de ce moment là que j'ai perçu que l'on avait le contrôle sur son mental. Je devais avoir seize ans et des poussières. À force de m'y appliquer, j'ai remplacé toutes les émotions de pitié que je pouvais ressentir par de l'empathie.

L'empathie apporte autant à celui qui la donne qu'à celui qui la reçoit. La pitié ne fait plus vraiment partie de la panoplie d'émotions qui font partie ma vie, sauf en cas de dernier recours. 

La pitié versus l'empathie

La pitié est facile, primale, superficielle, pauvre de sens. L'empathie demande plus de travail intérieur, plus de profondeur humaine, plus d'effort mental. Mais elle a aussi le mérite de développer l'esprit de compassion. L'empathie enrichit celui qui la donne et réconforte celui qui la reçoit. 

Parfois, j'ai l'impression que l'empathie et la compassion sont en voie d'extinction. À mesure que la haine gagne du terrain, l'empathie s'efface. La facilité semble avoir pris le dessus des mentalités modernes. La difficulté n'étant plus guère valorisée par les temps qui courent...

Pour arriver à contrôler le fil de ses pensées, il faut en reconnaître les sensations. Puis en contrôler l'émotion qui la suit. Et la transformer en une autre, de son choix. Meilleure à la santé mentale. 



Ainsi je prends le contrôle de ma cervelle qui fait ce que je décide du cours de mes émotions. Je prends le contrôle des instincts  primitifs du cerveau reptilien!

Au fil des années, j'ai décidé d'éradiquer d'autres émotions négatives pour me libérer l'esprit. J'ai décidé que la haine et la jalousie n'avaient pas de place en mon cœur. Qu'elles étaient toxiques à mon être et que je refusais de m'en nourrir. 

L'éradication de ces émotions en mon coeur me permet de me sentir mieux en ma tête même si mon corps me fait la guerre. En ces diverses réflexions silencieuses, j'ai trouvé que la pitié était un bon substitut pour les sensations de haine. 

La pitié versus la haine


Je n'utilise donc la pitié qu'en dernier recours. Lorsque j'ai besoin de transformer une émotion de haine qui jaillit trop fortement. Sinon j'utilise l'indifférence à cet effet. Une émotion parfaite pour neutraliser la toxicité que génère la haine. 

Et lorsque je serai très vieille, peut-être même que je pourrai transformer la haine directement en empathie, sans même y penser ni m'y forcer? 

Quant à la jalousie, j'ai décidé de la remplacer par l'inspiration. La jalousie et l'envie sont plus courantes. Presque anodines. Elles se faufilent facilement dans les pensées déprimées. Faciles à repérer. Elles peuvent aussi conduire à la haine pour ceux qui n'y prennent pas garde.

Si je ressens de la jalousie, je me pose la question du pourquoi. J'analyse le tout et je fais un travail intérieur pour comprendre comment je peux inspirer pour en transformer la trajectoire intérieure. Et je finis toujours par trouver...

Transformer la haine en pitié et la pitié en empathie...

mercredi, octobre 07, 2020

Je ne partage pas le choc de la mort de Joyce Echaquan, mais j'en partage la profonde tristesse. 

Je ne peux imaginer celle de ses enfants mais je peux en ressentir une vive compassion. Et une peine immense.

Comment pourrais-je être choquée, sachant les mauvais traitements que j'ai, moi-même, reçu à l'hôpital. Les mauvais traitements que j'ai pu y observer. 

D'ailleurs en ces moments là, souvent, j'ai pensé à ceux dont la peau n'était pas blanche. Ceux dont le sort devait être encore pire...

Je ne peux pas être choquée connaissant le racisme de fond que le Québec fait vivre aux autochtones. Le nier serait mentir.

En ma vingtaine, j'étais plus en phase avec les pow-wows que les raves. Plus en phase avec les peaux rouges que les blancs. Il ne se passe pas une saison sans que je ne médite sur les fantômes amérindiens qui hantent lac et forêt. Sans que je n'en regrette la présence, les traditions, la sagesse.

J'ai pu entendre bien des remarques désobligeantes envers les amérindiens en mes trente deux années de vie québécoise. J'ai été souvent choquée par ces remarques. En fait, le racisme le plus visible au Québec est celui-là. Celui là, en certains milieux de la société, est complètement décomplexé.

J'imagine qu'il est plus facile, pour un blanc, de dénigrer les autochtones plutôt que de repenser au génocide passé, au vol de leurs terres. Par mon passé, j'ai tellement été souvent choquée par ce racisme là, qu'il serait bien hypocrite d'être aujourd'hui choquée de ce fait tragique.


La détresse de son conjoint m'a fait verser des larmes. Des larmes versées pour Joyce et tous les autres. J'espère sincèrement que son décès fera changer des choses pour le meilleur, que cela ouvrira des consciences.

Je soutiens les paroles d''Élisapie, dont je suis tombée sous le charme, en 2004, durant en lointaine entrevue. Élisapie que j'aime entendre chanter et écouter.

Je soutiens Élisapie et toutes les femmes autochotones. 

Le problème du racisme autochtone au Québec est enraciné très profondément dans le tissu social blanc. Comme l'est le "problème noir" aux Etats-Unis. Les deux prennent leur source en des siècles passés d'injustices non assumées. D'ailleurs, les amérindiens américains sont encore moins bien lotis que les noirs américains. 

Bref, aucunement choquée mais profondément triste. Et fière d'Élisapie qui prend la parole avec cœur et intelligence...



Triste mais pas choquée...


Casse-tête de ma semaine, retrouver un plan piscine pour poursuivre mes rééducations physiques en zone rouge. Trouver les moyens de payer traitements et médicaments. Accepter ce qui fait mal en ma peau. Travailler fort aux voies de guérison de ce qui peut l'être. Gérer les maux permanents. Ne pas se laisser emporter par la nostalgie automnale. Y'en aura pas d'facile!

Avec la pluie qui fait tomber les feuilles à foison, les températures à la baisse, et les vents violents, l'automne se fait lugubre et monotone.

Durant le dernier confinement, j'ai dû passer plus de deux mois sans aucun moyen de progression physique. J'ai régressé. Frustrée. Assez pour m'acheter une wet-suit et aller au lac dès mai. 

Il devient impossible de m'entrainer en piscine extérieure vu la saison en cours. Je dois donc trouver une piscine intérieure. Et là, en zone rouge, cela devient un casse-tête de premier ordre. Mais je ne décourage pas. Je creuse les solutions, je cherche les possibles. Et je me débrouille.


Je refuse cette dépression ambiante qui fait a tendance de l'heure. Refuser le malheur, c'est trouver les solutions qui l'éloignent. Refuser le malheur, quel qu'il soit, c'est choisir de se nourrir de petits bonheurs quotidiens plutôt que de se complaindre des difficultés. C'est s'adapter à la difficulté présente jusqu'à en trouver les façons de la surmonter. 

Prendre l'habitude d'aller chercher la Miss à l'école. Une Miss brûlée par cette rentrée urbaine qui nous fait changer bien des habitudes familiales. Tandis que d'autres se forment. Tout en s'adaptant à ce contexte pandémique qui n'arrête pas de perturber ses rythmes scolaires. Y'en aura pas d'facile!

En cette pluvieuse semaine où les mieux nantis dépriment (ou contaminent autrui) tandis que les habitués aux difficultés s'adaptent, l'on se soutient mutuellement en notre bulle de lac. 

Au niveau canadien, en ce qui concerne les infections Covid, le Québec est en tête de peloton. La transmission communautaire va bon train, pas de quoi être fier!

Voir une minorité saboter les efforts d'une majorité est très frustrant à mes sens. Plus encore que les mesures mises en place pour essayer d'enrayer la propagation du virus!

En zone rouge, l'horizon est menaçant...

mardi, octobre 06, 2020


Depuis l'éclosion de Karaoké au Kirouac de Québec, je me pose, au fil de mes réflexions, quelques questions concrètes. En apprenant le deuxième décès des suites de cette éclosion, je suis peinée mais pas étonnée. Et je ne peux m'empêcher de noter que cette soirée s'est déroulée un soir de forte manifestation anti-masques. 

Quelle est en fut l'influence sur la population locale? Quelle est la responsabilité de ceux qui contaminent autrui aux droits de leurs libertés individuelles? 

Quelle est la responsabilité de ceux qui incitent à propager l'épidémie en cours avec des égoïsmes décomplexés ou des théories farfelues?

Qu'en est-il de la responsabilité personnelle de ceux qui contaminent avec insouciance au nom de leur liberté individuelle? 


Si je ne ressens aucune surprise à cette triste nouvelle, je ressens de la peine. Pour cette dame. Et pour nous tous. Aux prises avec ce virus qui, non seulement, se fout de nos égoïsmes d'enfants gâtés mais s'en nourrit. 

Et je me questionne sur le même thème. Qu'en est-il de celui qui grille un feu rouge et qui tue une famille sur le coup? N'est-ce pas le même principe qui s'applique? Celui de l'irresponsabilité civile? 

Ne le rendons-nous pas alors responsable de sa décision d'avoir grillé un feu rouge? Et personne ne manifeste pour le droit de griller les feux rouges!
 
 
Tout comme je me demande où est passé le bon sens et la responsabilité individuelle, je me demande où est passée la patience humaine? 

Au début de cette éclosion-là, les anti-masques ont refusé de la considérer, tout en clamant, haut et fort, que ce type d'éclosion était inoffensif à la santé publique. Une éclosion qui aura fini par contaminer plus de 80 personnes et fait deux morts, à date. 

 Aussi, pouvons-nous faire preuve d'un peu de patience en ce qui concerne la pseudo guérison de Trump? Si lui n'en possède aucune, n'en suivons pas le terrible exemple. Attendons donc qu'il redescende de son high de cortisone et reparlons-en dans trois semaines! 

 Avec la dose de cheval de cortisone qu'il a reçu, pas étonnant qu'il se sente invincible! Ayons de la compassion pour les médecins qui doivent soigner cet énergumène. Surement l'un des pires patients imaginables. Le tout aux frais des citoyens dont beaucoup n'auront jamais accès à de si bon soins. 

 Le virus en son corps a pas mal plus de patience que lui. Il faudra attendre au moins deux semaines avant de savoir s'il vit de réelles complications. 

Lorsque j'ai vu sa petite mine du soir en son petit show d'ego, je me suis dit qu'il n'avait vraiment rien compris et qu'il donnait de la force au virus. Autant en son corps qu'en sa nation. L'avenir confirmera ou pas, ce que me souffle mon petit doigt...

Dieu merci, il semblerait que sa secte Trumpiste commence à rétrécir. S'il finit par souffrir pour vrai plus de 3 jours de suite, je pense que je serais capable de lui donner une once de compassion, guère plus, pour le fait que c'est un humain, malgré tout. 

 Je prédis cependant qu'il est loin d'être sorti de l'auberge Covid. Je serais étonnée que son état soit aussi bon qu'il veut le faire croire et se faire croire! 

 J'ai assez d'expérience en ce qui concerne l'illusion de la santé que l'on peut donner quand on s'y force. Je vois clair en son petit cinéma et je n'y crois pas deux secondes. Ayons la patience d'attendre...


En attendant le Townhall de Biden fut excellent, il m'a redonné assez d'espoir pour tweeter un coup et voir chauffer mon compte comme je l'avais pas vu depuis longtemps!


En attendant, Miss Soleil continue de voir sa voie scolaire perturbée. Et elle ne s'en plaint point. Elle affronte. On la soutient. À savoir pour combien de temps elle pourra continuer son programme Arts/Études en zone rouge semble complexe. Un autre stress à gérer. 


Des angoisses que l'on s'applique à écouter, à comprendre, à conforter, à guider, à encadrer. Fière de ma fille je suis.


À noter qu'elle m'a dit la semaine dernière que la majorité des élèves de son école préféraient mettre le masque plutôt que de ne plus aller en classe! 

Et pendant ce temps, tant d'adultes geignent. Tant se plaignent en long, en large et en travers. J'en suis quand même stupéfaite. Mais peu étonnée. Quoi qu'il en soit, se lamenter n'y changera rien.



La Covid19 continuera de transformer nos sociétés, qu'on le veuille ou non. Qu'on y résiste ou pas. Cela se fera. Et cela se fait. Aussi, quitte à en avoir conscience, autant faire son possible pour faire partie de ceux qui cherchent des solutions plutôt que de ceux qui en empirent le problème. 

Autant muscler son cerveau dans la difficulté à traverser plutôt que d'aigrir en se regardant le fond du nombril!

Présentement, toute la société semble entrer en une sorte de douleur chronique collective. Personne n'échappe à la souffrance pandémique. Qu'elle soit physique, émotionnelle ou financière, on est tous dans la même galère! 

Tous touchés d'une façon ou d'une autre. N'est-ce donc pas le temps d'être solidaires? Le temps de se serrer les coudes, de s'entraider, de s'aimer, même si les nerfs sont à vif?



Puisque la souffrance se collectivise de diverses façons. L'on peut y appliquer différents outils mentaux pour la traverser. Il existe même certaines formules pour mieux y arriver...

Accepter ce qui est. S'y adapter. Accepter l'effort. Faire preuve de bonne volonté.  Avancer. Accepter les sacrifices. Persévérer. Ne pas lâcher. Forcer. Évoluer. Surmonter.

Trouver ces façons invisibles de transformer en forces, les faiblesses humaines et d'ainsi transformer le malheur qui nous assomme. Face à l'incontrôlable, l'on possède tous le contrôle de nos attitudes et de nos pensées. Si l'on choisit de s'y forcer...


La société effectue une mutation malgré elle. À chacun de nous, à notre échelle, de trouver les moyens de faire partie des solutions plutôt que chercher plus des problèmes.



Entre deux gouttes de pluie, plusieurs questions et réflexions

lundi, octobre 05, 2020

J'avoue ne pas être trop inquiète pour la santé de Trump à date, si on était tous soignés et traités comme lui, bien des malades trouveraient leur sort moins dur. 

Ceci dit, pour avoir déjà été oxygèné à deux reprises en ses deux premiers jours,  je ne suis pas certaine qu'il va aussi bien qu'ils le disent.

Je refuse de lui souhaiter du mal. Je refuse de souhaiter sa mort. Même si parfois une petite voix chuchote en mes neurones: "Tu trouves pas qu'on dirait la réincarnation d'Hitler?"

Okay, je l'avoue, à force de l'entendre chuchoter, j'ai vérifié les dates. Cela pourrait concorder. Mais bon, laissons de côté cette petite voix qui chuchote pour revenir à la surface des choses.

Je refuse de lui souhaiter du mal. Je refuse de lui souhaiter sa mort. Mais je peux quand même lui souhaiter une belle rééducation physique. Et que le virus lui reconnecte quelques neurones? Bref...


Le cas qui m'intéresse aujourd'hui est plutôt celui de Chris Christie. Asthmatique, reconnu pour ses problèmes d'obésité, il a passé trois ou quatre jours en contact rapproché avec Trump. Sachant qu'aucun de ceux là ne s'imposaient de règles de distanciation physique et ne portaient pas de masque...

Il a testé positif trois jours après lui. La logique semble donc indiquer qu'il a été contaminé par Trump et son entourage. Si Trump a toutes les chances de s'en sortir vu la panoplie de médecins à son chevet. Quelles sont celles de Chris Christie? Est-il aussi bien soigné?


Si Chris Christie ne survit pas au virus, quelle est la responsabilité de Trump? Est-il un homme libre ou un meurtrier? 

Entre injustices et duperies, chercher l'humain...

samedi, octobre 03, 2020

Il y a plus de vingt ans, après une dizaine d'années à vivre à Montréal, j'ai décidé de la quitter. À l'aube, sur le Mont-Royal, à regarder le soleil se lever sur la jungle urbaine, j'ai réalisé que vivre en ville était mon choix. Et j'ai choisi de la quitter. 



Depuis l'an 2000, où nous fûmes jeunes mariés. L'on vit ici, en coin de lac. On y mûrit, on y vieillit. On y cultive les racines des graines plantées avec ce début de millénaire. On y construit notre famille.

La nature a un effet apaisant sur mes nerfs. Elle me recentre l'esprit et me ressource le coeur. Elle me donne de la force de vie et le courage d'être humaine. 

Chaque mois, depuis mai dernier, je fais un journal de famille avec l'App Neveo. Ce qui me redonne une discipline photos. 

Chaque mois, je fais cinquante montages pour résumer la vie qui s'écoule. Je puise ma motivation en cet exercice précis dans l'idée de mes petits enfants. 

Car Dieu sait que j'aurais trippé d'apercevoir ainsi le quotidien de mes grands-parents, immortalisé sur papier ciré. 

Qui sait ce qu'il adviendra de nos mémoires numériques? Je ne suis plus capable de ne jamais toucher mes images... 

Cet exercice me donne aussi une "deadline" qui me fait du bien. Après l'épreuve de santé, la rééducation n'est pas que physique, elle est aussi mentale. Après avoir passé tant d'heures à contrôler chacune de mes pensées, je retrouve un peu de liberté. 


Avec ma courbe de progression qui avance, je retrouve assez de force et d'énergie pour pouvoir me donner d'autres défis intérieurs que celui de survivre à l'enfer dans lequel mon dos m'a transporté. Un enfer insoupçonnable au commun des mortels. 

Cet été, avec ma wet-suit et une tonne de bonne volonté, j'ai donné un bon coup à ma rééducation physique. Je me suis forcée et dépassée avec conviction et sans complainte. Et cela semble payer. 

Enfin, mon dos blessé donne des signes de stabilisation et de récupération. Je vois briller une lumière de guérison. Même si je me retrouve avec l'impression de devoir recommencer à zéro en un monde qui ne tourne plus rond. Bien heureuse de vivre en nature...

Journal de photos et rééducations...

vendredi, octobre 02, 2020


En zone rouge, le monde ne sait plus à quel saint se vouer. Ce virus nous confronte à nous même de façon profonde. Il transforme l'humanité en son entier. Au niveau sociologique, c'est fascinant. 

Mais ce n'est pas une rigolade. Pour personne. Que l'on soit touché physiquement, émotionnellement ou financièrement, cette année n'est facile pour personne...

Il y a 100 ans, bien des rescapés de la Covid ne seraient pas vivants. On parle beaucoup de la détresse psychologique du monde confiné. Mais qu'en est-il du traumatisme de ceux qui sont aux front du virus depuis des mois? Qu'en est-il des soignants? Ne sont-ils pas à bout de souffle, à bout de ressources? On y pense plus? Plus personne ne les applaudit? 

La détresse humaine de ceux qui soignent les infectés est pourtant bien réelle. La détresse humaine de celui qui doit faire des choix comme celui de savoir s'il doit sauver la vie d'une dame de 51 ans ou celle d"un homme de 59 ans est inimaginable. Ne serait-il pas temps de remettre les responsabilités sur les bonnes épaules? 

Pourquoi est-ce-que ceux qui se foutent du virus et de ses conséquences peuvent contaminer autrui en toute impunité? Sans en être puni? 

Je pense à l'infecté qui est allé au Karaoké à Québec et qui a contaminé plus de 80 personnes, dont plusieurs sont hospitalisées. Qu'en est-il de sa responsabilité personnelle

Si l'une des personnes contaminées par son insouciance meure, devient-il un meurtrier? Ou est-ce juste un humain libre? Cette question n'arrête pas de me trotter dans la tête...



En 1918, des anti-masques manifestaient déjà leur liberté de contaminer autrui!

Saviez-vous que durant l'épidémie de grippe espagnole (venue du Kansas) en 1918, il y eut des manifestations anti-masques? Ce qui peut faire penser que l'humanité n'a pas évoluée aussi vite que nos connaissances? Ce qui serait bien décevant... 

Parlons maintenant de statistiques de pandémie de Covid 2020. Sans parler des cas chroniques, encore trop peu étudiés, mais dont les témoignages sont de plus en plus nombreux de par le monde. En Italie, lorsque le système médical a explosé sous la pression de la Covid, le taux de mortalité a tourné autour de 5%. 

Lorsque le système de santé tient le choc, la mortalité semble tourner autour de 2/3%. Sans parler des séquelles de ceux qui s'en sortent. 20% des infectés développeraient une forme sérieuse de la maladie avec besoin d'hospitalisation. 5% de ceux là peuvent en mourir selon le niveau d'infrastructure médical du pays. 

Une pensée triste pour Nick Cordero. Cet acteur de Broadway, âgé de 41 ans, avec une forme d'athlète qui s'est battu comme un lion avant d'être emporté en l'au-delà. Désolé les éveillés, mais aucune grippe n'aurait pu ainsi le tuer! 

Comme lui ou n'importe qui d'autre qui tirera le mauvais numéro à la loterie du Covid, la mort rôde. Prête à attraper le passant. Passé 40 ans, tout le monde est à risque puisque personne ne sait comment son corps réagira devant ce virus "made in china". Certains en sont juste plus conscients que d'autres... 

Pour la ville de Québec (et sa région) dans les derniers jours, plus de soixante éclosions ont été rapportées. Une dizaine en résidence de personnes âgées. Plus d'une trentaine dans différents milieux de travail (bureaux, usines, garages ou chantier de construction), une dizaine via les bars, restaurants et cafés et une autre dizaine via les écoles. Une éclosion via un chalet, une en milieu religieux et une en milieu sportif/récréatif. Nous voilà en zone rouge pour 28 jours. Merci les covidiots et autres éveillés de service. Nous voilà tous punis! 

Au moins, les osteos et chiros restent présents. Pour les piscines, rien n'est certain. En ce qui nous concerne, cela ne changera pas grand chose à nos habitudes 2020 puisqu'on vit depuis mars comme si on était en zone rouge tout le temps. On voit quelques amis de loin, toujours dehors. On est allés deux fois au restaurant depuis mars, en terrasse. 

Je suis en rééducation/réhabilitation en continu, l'homme est en télétravail, seule Miss Soleil sort de la maison/village. On lui fait confiance. Elle décide de porter le masque en classe au vu des comportements insouciants de ses contemporains. 

Pour l'avoir vu résister à la pression sociale tout l'été, non seulement on lui fait confiance mais on est fier de sa force intérieure! Avec elle pour m'aider à cultiver l'espoir d'un monde meilleur, le futur me semble plus brillant.


Extrait de cet article à parcourir: "Sans surprise, l’histoire mouvementée de la ville avec les lois sur les masques est à l’étude pour les leçons. 

Dolan a expliqué les leçons de la comparaison – «Comme pour cet exemple historique, nous voyons qu’il est presque impossible de faire respecter complètement une mesure qui modifie radicalement le comportement social du jour au lendemain. Cependant, les tentatives pour persuader la majorité de se conformer aujourd’hui semblent donner de meilleurs résultats que par le passé pour contrôler la propagation de la maladie. C’est là que nous pouvons être réconfortés de ne pas ressembler au passé."

Nous voilà en zone rouge!


Voici venu le premier automne depuis 2017 où je me sens reprendre vie. Où je retrouve une certaine stabilité dorsale. Où je vois briller une lumière au bout du tunnel. 

Après avoir été longtemps confinée par la maladie, je me sens revivre. Après m'être battue contre le malheur en mon corps, après avoir supporté d'insupportables douleurs, je reprends des forces en notre monde déstabilisé par ce virus chinois. Un monde contaminé et semi confiné! 

Après avoir combattu maintes dépressions, maintes déceptions et maintes solitudes, je retrouve un monde bien déboussolé. C'est particulier. Quasi surréaliste!

Il n'y a plus de travail en mon domaine, plus d'arts ni de culture, plus de voyages. Si je n'avais pas le caractère si forgé, je m'arracherais bien des cheveux! 

En même temps, c'est un monde qui me montre les forces intérieures que j'ai acquises au fil des années et des difficultés. La maladie m'a ruinée financièrement bien avant que la Covid ne pointe son nez. Elle m'a ruinée mais pas tuée!

Sans les deux collectes de fond pour aider à défrayer ces médicaments qui me permettent de contrôler mes neuropathies permanentes, je n'aurais pu progresser en mes rééducations physiques. 

Ces deux collectes de fond ont aussi aidé à me redonner foi en une humanité bien blessante pour ceux qui perdent la santé. Il en faudrait surement une troisième vu l'état de nos finances actuel mais en ce contexte pandémique, c'est difficile à imaginer. Même si depuis trois ans, je ne reçois aucune aide de la part de gouvernent. À moi de me dépatouiller!

Après avoir été physiquement affectée par le premier confinement, qui a fait régresser ma courbe de progression, j'espère pouvoir continuer de progresser en zone rouge. Et pouvoir continuer de me soigner... 

La piscine, à 20 minutes de la maison, où je suis allée me rééduquer le dos durant deux années ne nous est plus accessible. Seuls les résidents de la municipalité en question y ont accès. Tant pis pour moi! 

J'ai profité de l'été pour donner un coup à cette rééducation si longue et laborieuse. Je suis pas mal fière de moi. 

Je suis allée dans le lac jusqu'à ce que sa température tape les 15 degrés. J'ai bravé l'eau froide bien des fois en ce processus où je me suis dépassée tant de fois que je n'y porte plus attention. J'ai appris à sourire dans la difficulté et l'effort. 


J'ai appris à contrôler chacune de mes pensées et à en transformer les plus négatives. J'ai appris à ne pas sombrer dans l'obscurité de la douleur. J'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup médité et prié. 

J'ai appris que l'acceptation de la difficulté était la première étape à assimiler pour la surmonter. Ensuite il faut accepter de s'y adapter... 

Tant que mon cas progresse, me forcer à m'entrainer en milieu aquatique est la seule solution. Plus je retrouve d'autonomie et de mobilité et plus mon moral est facile à gérer. Plus mes pensées s'allègent. Mais quelle étrange sensation que de retrouver mon moral en un monde si démoralisé! 

Merci à notrebami Brian qui a accepté de chauffer sa piscine plus longtemps qu'à son habitude pour que je puisse y effectuer mes exercices de rééducation physique. 

À 20 degrés, l'eau n'est pas chaude mais le risque de Covid est nul! Et c'est toujours plus cool de se dépasser en plein air. Merci à mon homme et à ma puce pour cet amour qu'il me porte. Pour leur soutien à ma vie. 

La prochaine étape est de retrouver une piscine ou poursuivre mes entrainements physiques. Si la zone rouge nous le permet! 

Tout en se demandant quel est le risque Covid. Tout en le considérant. Tout en faisant attention le plus possible. Tout en sachant que ne plus aller bouger en piscine équivaut à une régression physique pour ma pomme. Mais qu'attraper le Covid, en mon cas, n'est guère rassurant! 

S'il fallait que j'aie parcouru tout ce chemin de rémission pour me faire attraper par ce virus, je serais bien frustrée. Et s'il fallait que mon homme diabétique aille très mal ou pire encore, oh god! Je ne veux même pas y penser! 

Je veux juste retrouver cette normalité qui est acquise pour tant. Celle de pouvoir bouger sans que mes vertèbres ne se déplacent et ne m'immobilisent. Cette normalité de pouvoir marcher, celle de pouvoir travailler, malgré quelques invisibles séquelles physiques et douleurs persistantes.

Renaissance d'automne et gratitudes...