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vendredi, septembre 28, 2007

Un zeste émotionnée…

Nos amis voyageurs prennent la route pour leur long périple qui les mènera de la Gaspésie à New-York, de New-York à Vancouver. Après une semaine passée à se ressourcer les batteries en notre Retro Loft zen, ils partent détendus et souriants pour leur aventure transcontinentale. Après une semaine de bonne compagnie, d’échanges humains, de conversations et de rires partagés. Je les regarde partir avec un petit serrement au cœur, sans savoir lorsque nous nous reverrons, je suis émue. J’avale cette petite peine qui m’effleure l'esprit et me serre l’estomac.

M'zelle Soleil qui a adopté les voyageurs de bon cœur dit « ba-bye » bien joliment. Iza s’exclame : « Oh! Hé bien! Cela se sent que tu as l’habitude des "au revoirs", tu dois voir beaucoup de gens passer, tu as l'habitude... ». Je sais que je vais entendre durant deux jours des « Elle est où Izza Maman? Izzaaaa? Izzzaaa? Vromvrom patie? Izah, kah yaoupapoulemou? En bas Maman? Yiens, yeins en bas! Maman ?» et que je devrai lui expliquer les mouvements de la vie qui nous entraînent…

Ce qui me fait constater une fois de plus que si nous ne voyageons guère, nous recevons sur une base régulière toute une panoplie de personnes différentes. Lily-Soleil voit le monde par le Retro-Loft qui s’anime lorsque passe le visiteur d’ailleurs. Micah et Iza m’ont réconciliée avec la fonction première de cet étage particulier, de cet espace qui s’ouvre aux autres en attendant les rénovations qui agrandiront notre intérieur. Je crois que lorsque le moment viendra de fermer le Retro-Loft, nous serons un peu triste comme nous le sommes un peu à chaque fois que nous refermons sa porte sur une agréable visite. Lorsque nous habiterons les deux étages et qu’il n’y aura plus qu’un futon dans mon (futur) bureau pour accueillir les visiteurs de passage, il nous sera moins facile de recevoir « in style ». Lorsque ces "instants communauté" seront chose du passé, nous ressentirons certainement une nostalgique sensation. Car c’est quand même drôle d’offrir à nos amis un service « couette et café » avec entrée et espace privés. D'offrir un espace spacieux avec matelas confortable, sofa et petite table à diner (qui ne sert guère mais rend le tout fonctionnel), draps propres, toilettes, cable et wifi, le tout dans un emballage si kitch qu'il en devient presque branché. Le Rétro-Loft est un havre de paix au cœur de nos pénates boisées! Dans ces conditions, recevoir les amis est toujours un plaisir, ils ajoutent une touche de bonne humeur à notre quotidien et nous partageons notre cuisine avec bonheur…

Avec cette visite sympathique, j’en ai oublié ma belle-mère revêche qui y a passé le meilleur mois de l’année. Le Retro-Loft a retrouvé sa « coolitude ». Micah et Iza y ont laissé un bouquet de bonnes vibrations. Leur « Redfort » parée pour les grands chemins, je les regarde partir avec un sourire dans le cœur. J’ai pris soin de leur donner de la bonne musique à profusion, de la lecture et une chaude couverture, la « mama qui couve en moi » est rassurée. Ils peuvent affronter tous les dangers. Ils sont organisés et spontanés, ils feront surement un bien beau voyage. Peut-être les retrouverons nous ailleurs, un jour, sous un palmier mexicain, un cocktail à la main…

L’enfant fait sa sieste, le ciel est bas, c’est un jour gris d’automne, je ferme ma qualité d’hôtesse pour retrouver les petits défauts du quotidien. Shni, petit génie du ménage de plus en plus discret, se fait tout doux. Je retrouve ma routine des jours qui défilent. Lily-Soleil m’illumine ces petits moments du quotidien qui peuvent paraître si plats de monotonie. De sa bouille coquine, elle m’éclaire le moral, elle m’entraîne vers un meilleur que je vois briller au fond de ses pupilles. Que j’aime la petite enfance et sa fraîche innocence, une innocence qui fait tant de bien aux « blasitudes » adultes qui noircissent les tableaux humains…

La petite enfance est un moment si précieux, presque magique lorsque l’on a la chance de bien pouvoir la vivre. La petite enfance absorbe l’énergie des adultes qui l’apprécient pour la recycler en un étrange sentiment de bien-être. Lily-Soleil me remplit d’un bien-être maternel qui me construit, qui me grandit. Elle transforme nos vies et les enrichit de sa présence lumineuse. Elle nous force à grandir tout en élargissant nos cœurs, c’est un phénomène étrange, l’étrangeté de la « parentitude »....

En regardant partir Micah et Iza, je ne peux m’empêcher de ressentir l’envie de connaître leurs enfants. Une envie sûrement plus nette que celle qu’ils ressentent de devenir parents!!! Je leur souhaite une belle route et je retourne à mes moutons…

J'entends l'enfant gazouiller dans son lit, j'entends ma routine maternelle m'appeler de plus en plus bruyamment. Je me lève chercher ma douce enfant qui se fait si câline après sa sieste. Une fine bruine tombe de la grisaille du ciel, je vais m'occuper de mon brin de fille, cet après-midi mélancolique aura une saveur bambine de sablés à la lime...

Un zeste émotionnée…

lundi, septembre 24, 2007

D’automne et de morve

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Mercredi dernier, M’zelle Soleil sort à la maison cette petite cochonnerie qu’elle a attrapé ailleurs. Je me demande si c’est le contact avec les autres enfants chez la gardienne, tout le monde me répond que ce n'est pas grave, que c’est bien, qu'elle fait son système immunitaire, qu’il faut qu’elle le pratique avant l'école! Gnagnagna ragnagna! À l’intérieur de ma peau, la maman poule est en rogne, elle jacasse en mes entrailles. Il n’aura donc fallu que deux semaines de cette nouvelle routine enfantine pour qu’elle me ramène une cochonnerie! Il paraît que c’est normal, blablabla, cette normalité là m’énerve. C’est plus fort que moi. C’est un énervement intérieur qui ne cadre pas avec la mentalité de mes pairs, je le sais, je le contiens pour qu’il ne déborde pas comme le nez de ma puce qui ruissèle aux quatre vents.

La cochonnerie raccourcit douloureusement nos nuits. L’automne raccourcit malicieusement les jours. J'attrape un coucher de soleil par la peau des fesses. Je profite de la saison douce tout en passant mes journées à moucher M'zelle Soleil. Je la cajole, je me plie à quelques caprices, je la couve de très près. Je me dis qu’il serait bien étonnant que l'on résiste à cette cochonnerie qui a pris place en notre maisonnée. Je dois avouer qu’elle ne semble pas des plus vilaines, elle est juste bien chiante, c'est une banale cochonnerie de virus niaiseux! L'on essaie d’affaiblir la bête à coups de suppositoires. Lily-Soleil se débat vivement à chaque fois, ce n'est pas la joie. Je m’inquiète. L'homme marmonne. J’essaie de ne pas trop m’inquiéter, après tout il est vrai qu’elle n’a pas de fièvre, qu’elle n’est pas amorphe et que malgré son état de morve, elle joue de bonne humeur à m’asservir le cœur. Je n'y résiste pas. Il y a de ces débordements d’amour auquel on ne peut résister. L’amour que je ressens pour cette petite fille que j’ai mise au monde est de ceux qui débordent…

Les journées sont magnifiques, toutes plus belles les unes que les autres avec ce spectacle d’automne qui s’enclenche en beauté. Les feuilles translucides irradient leur couleur sous les rayons de soleil qui les transpercent. La forêt devient magique, féérique, elle me cajole de son paysage qui flamboie sous mes yeux en extase. Équilibre. Les températures réchauffent l’atmosphère musquée qui exulte ses odeurs de saison. Tout est calme. Zénitude. Les feuilles tombent sous le soleil qui les grille. J’oscille entre morve et automne.

Vendredi matin, la petite n’est pas si mal en point, l’on part rejoindre Miss Dee en ville pour notre séance commune de « Ponyta Love ». Miss Dee et Ponyta au cœur de la campagne. Lily-Soleil en excursion à l’écurie. Lily-Soleil, les boucles dans le vent, le sourire jusqu’aux oreilles qui chevauche la petite jument est une image que je garderai longtemps gravée en mes pensées. L’une de ces images de bonheur tellement forte qu’elle se tatoue en un coin de mémoire. J’examine l’éventuel futur de parents à l’écoute des passions de leur progéniture. Une nouvelle perspective s’ouvre devant mes yeux. J’en profite pour recueillir des informations éparses. Je crois qu’il faut être à l’écoute des passions qui éveillent les enfants, cela fait partie du rôle parental dont je m’inspire pour construire la mère que je serai demain.

Lorsque l’enfant aura grandi, lorsqu’elle sera sorti de mes jupes, lorsqu'elle ne régira plus mes jours, lorsque l’école et ses camarades de classes seront son quotidien et que j’aurai repris les fils de ma vie individuelle en pantalon. Lorsqu’il faudra que je ramène de l’argent sur la table pour payer les frais de ses passions. Lorsque... Dans l'instant présent, je me contente de moucher à répétition son petit nez bloqué et de changer d’effrayantes couches "verdasses" dignes d’Halloween à venir. Après notre matinée à l'écurie en compagnie de Miss Dee et Ponyta, je dépose M'zelle Soleil chez sa Mère-Grand et je pars vaquer à mes affaires. La ville luit sous la superbe lumière d’automne en fête, il fait chaud, je monte le son, les fenêtres ouvertes, les cheveux dans le vent, je souris à l'air du temps…

Le temps d'aller rechercher l’enfant, de retrouver l’homme à sa sortie de bureau, de faire ces petites courses et de rentrer en nos pénates, la soirée est déjà bien entamée et la petite bien fatiguée. Nous attendons la visite d’amis pour le soir même, c’est le retour de Micah, un ami de longue date. Nous essayons de coucher Lily-Soleil qui couine. Elle tousse, elle geint, elle a le nez qui dégouline, bon c’est reparti pour un tour de cochonnerie! En même temps que je vois poindre la lumière des phares dans la rue obscure, j’entends l’homme s’exclamer de dégoût. Il sort de la chambre, la petite sur un bras et l’épaule de sa chemise imbibée de vomi! Il grimace de plaisir! Je ne peux m’empêcher de remercier en silence l’enfant qui vomit toujours sur Papa. Si je peux survivre à l’horreur des pires couches, je vis plus mal les régurgitations massives! Juan lui prend cela avec une résignation philosophe. Je récupère ma fille au teint laiteux que je pose sur ma hanche, elle dégage une petite odeur mais elle a retrouvé son sourire. Elle observe avec curiosité l’arrivée des nouveaux occupant du Retro-Loft. Bienvenue chez nous!

C’est bon de revoir Micah qui nous présente sa copine. Fraîchement débarqués du vieux continent, Micah et Iza sont en pleine aventure. Ils ont chacun quitté un bon emploi à Grenoble, liquidé leurs affaires courantes pour se lancer dans l’inconnu canadien. Après une semaine à Montréal où il en ont profité pour acheter une voiture qu’il ont baptisé la « Redford ». Ils se lancent dans une année d'exploration canadienne. Ils se posent quelques jours chez nous, avant d’aller découvrir la Gaspésie avec ensuite l’idée de redescendre sur New-York pour ensuite traverser le continent afin d’atteindre Vancouver avant l’hiver. De là, ils veulent se trouver un travail et s’installer quelques mois là-bas ou ailleurs, là où le destin les portera...

My creation

J’envie un peu cette liberté qu’ils dégagent. En hôtesse accueillante, je les laisse monopoliser mon ordi pour organiser les détails de leur périple, je leur montre des trucs pour organiser leurs photos, je partage mes connaissances virtuelles, la Toile deviendra ce fil qui le reliera aux autres, à leurs proches, à tous ceux qui les manqueront. J’envie le zeste d’aventure qui me pique le nez à leur contact. La nervosité palpable d’Iza me rappelle pourquoi j’aime bien présentement la sécurité de mes pénates. « Tout vient à point à qui sait attendre ma cocote » chuchote ma grand-mère disparue au creux de mon humeur. Je m’amuse à constater que je nourris mes pulsions d’aventures en recevant régulièrement des aventuriers de passage. Mais quand même, ils m’énervent tous avec cette fascination pour "Vancouver, la plus cool, Vancouver la plus belle de toutes", c’est pas l’Eldorado non plus Vancouver! Y'en a des masses qui en reviennent (et d'autres qui y restent)! Pfff! Y'a pas que l'ouest dans la vie! Un souffle beatnik me secoue les puces agitées. Hum! Moi, j’ai des envies de Mexique qui me gratouillent le sang, années après années, cela grouille...

J’avais mis de coté un orignal pour Micah, clin d’œil souvenir de sa première visite chez nous. Il adore mon présent même s'il persiste à appeler caribou l'animal en toc! Iza approuve mon choix et me remercie. Vite, ils nomment "Robert" cet orignal ultra kitch qui trouve facilement sa place aux première loges de leur « Redford » qui ronronne. Il se fond à merveille dans le décor. Désormais, l’orignal vit, il partira en voyage, il se fera baroudeur des grands chemins. Etolane continuera de construire le bien-être de ses pénates en attendant de reprendre la route, comme dans le temps mais différemment, comme lorsqu’elle avait 20 ans mais plus mûre. «Tout vient à point à qui sait attendre » L’orignal opine du chef sur le tableau de bord qui voit défiler la route. Nos amis adoptent de bon gré l'animal qui partira avec eux. Je souris à le voir bringuebaler du museau sous le pare-brise. Nous faisons un petit tour pour nous perdre la tête dans le festival des couleurs que nous offre la forêt. L’amitié sourit au soleil qui brille.

L’enfant reprend du poil de la bête en même temps que ses parents commencent à ressentir les effets de la cochonnerie qui les a rattrapés. Ils se lèvent le matin, l’un dit à l’autre :

- Ouais, ben ça y est j’ai le nez bouché! J'ai super mal dormi! Pis tu ronfles comme un sonneur, c'est l'enfer!!! La petite a bien dormi, on dirait...
- Mouais, je sais, moi aussi, j'ai le nez pogné! Pis t’as-tu aussi la gorge irritée?
- Yep, itou…


La semaine débute avec une autre de ses magnifiques journées qui font les merveilles de cette saison de transition, entre ciel de poudre d’azur et couleurs éclatantes, le jour se réchauffe. Je renifle un coup, attrape un kleenex pour me moucher bruyamment, racle ma gorge râpeuse. M’zelle Soleil est partie chez la gardienne un peu moins enjouée que les dernières fois. La goutte au nez, je ravale ces émotions qui me perturbent l’être maternel. Je pense à l’organisation des heures à venir. Je vois virevolter Shni le petit génie du ménage dans un coin de cuisine. Je l’ignore un peu. J’éteins les nouvelles. Ils annoncent vingt cinq degrés cet après-midi. La journée sera belle…

Zestes d'automne Autumn sensations

D’automne et de morve

lundi, février 19, 2007

Lundi Soleil

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- 30 sous le ciel bleu, journée plein soleil où le froid ondoie sur un tapis de neige fraîche, les branches du gigantesque pin voisin semblent se rétracter sous la lumière vive qui le transperce. Le pauvre peine en ce début de semaine frigorifiant. Mon petit bout endormi, les chats qui errent, le chien en vadrouille, ma plume aux vents…

J'ignore ce petit Shni de génie qui se dépose sur le coin de mon clavier pour me concentrer sur ces touches qui cliquètent sous mes doigts. Après une fin de semaine comblée d’échanges humains et de conversations en tout genre, je retrouve le silence serein de mon petit coin sous la neige. Vendredi nuit, nous ouvrons la porte de notre Rétro Loft à un couple d'amis montréalais, blogueurs d’expérience, les Insulaires sortis de leur île montréalaise pour venir goûter à notre brousse choyée d’hiver. En prévision de leur arrivée, Juan doit sculpter un couloir de neige pour nous permettre d’accéder à cet étage oublié. Étage en attente de rénovation qui se perd en une dimension presque surréaliste avec son escalier qui ne mène plus nulle part. Notre Rétro Loft est une capsule de temps préservé en une bulle anachronique qui fait la joie de la visite. De la moquette au plafond, c’est un exemple kitch des (mauvais) goûts d’antan, chaleureux en son genre, il accueille nos amis qui peuvent y résider en toute intimité...

Dre Papillon fut l’une de mes premières connaissances virtuelles, au cours des années et de quelques rencontres, une relation s'est dessinée. En traversant la barrière du réel, nos hommes se rencontrent, une bonne dynamique s’installe. Je découvre son cœur, elle distingue le mien. Et plus le réel nous enlace, plus j’apprécie cette relation humaine née de la Toile…

Lily-Soleil charme Stéphane qui se laisse prendre dans son filet mignon. Elle adopte Dre Papillon en un sourire et sagement elle nous accompagne dans nos promenades de village, du musée à l’hôtel de glace. Petite fille en devenir qui fait des naître des dizaines de sourires au fil de nos rencontres fortuites. Au bout de deux jours sous notre toit, Dre Papillon partage avec ma pomme un concept qui me déstabilise autant qu'il me réjouit. Ainsi, semblerait-il que Lily-Soleil posséderait l'art de cette astuce enfantine qui lui permettrait d'être facilement adoptée en cas de malheur familial. Réflexe de survie, très utile dans la détresse, c'est une sorte de charme que seuls possèdent les jeunes enfants, charme qui leur permet d'accrocher les adultes qui les sauveront de situations périlleuses. Elle nous confie le cas d'un jeune bébé rencontré durant l'un de ses stages de médecine qui n'avait pu développer ce réflexe, ceci dû à de longs séjour d'hôpitaux et un manque d'attention parental. L'enfant mal-aimé avait, à l'inverse, développé un réflexe de rejet qui l'éloignait des autres et le rendait difficile et bien peu sympathique. Il y a tellement d'enfants malheureux sur terre, mon coeur se serre. Et puis il s'étend à l'infini dès que je regarde ma petite puce qui me sourit. Hum, plus j'y pense et plus je réalise que ce petit charme dévoilé est extrêmement puissant sur ma pomme. Souvent, je regarde ma fille qui pétille, elle me fait un sourire et je suis à moitié gaga, assurément scotchée et complètement dévouée.

Je me demande s'il n'y a pas aussi un charme qui marche sur les chats. Car à chaque fois que Lily pleure avec ferveur, de colère ou de douleur, entre un désir non assouvi, une chute ou une frayeur, les chats rappliquent en quelques secondes. Ils forment une ronde féline autour d'elle, se frottent, la tripotent et lui apportent tant d'attention qu'elle en oublie tous ses malheurs et rigole à travers ses larmes...

Chambre-de-glace

Mais revenons à amis citadins, équipés de leurs chaussures de ville, qui se gèlent le bout des orteils sans se plaindre. L'hôtel de glace inspire magnifiquement l'hiver malheureusement la floppée de personnes qui le respire en ce dimanche après-midi est un peu étouffante. Le temps s’est radouci et l’on frôle les -10. Un vrai bonheur pour ma pomme qui hiberne. La nuit s'approche, nos amis reprennent la route. En bref, une très belle fin de semaine qui m’a réchauffée le cœur en plus de quelques neurones.

Lorsque arrive le moment du départ, il nous faut nous battre un tout petit peu pour garder notre fille, deux chat et le chien que nos invités ramèneraient bien en leur cocon urbain. Le soir venu, entre deux confidences avec l’homme, je développe :

- En fait, avec Dre Papillon comme on a un lien virtuel depuis plusieurs années maintenant, de par la blogosphère et tout le tralala, il se crée une certaine familiarité qui facilite le contact humain lorsque l'on franchit la frontière virtuelle et parfois ça peut aussi amener l’amitié sur une sorte de plateau invisible...

Winter-RingIce-Door

Lundi Soleil

lundi, août 07, 2006

Visite appréciée...

Ves and Keisuke en visite de Montréal pour la fin de semaine nous ont pas mal changé les idées. Par un temps capricieux, entre violents orages et soleil de plomb, ils ont redécouvert ces petits bouts de nous. Passer du temps avec Ves, que je connais depuis mes 14 ans, est toujours apaisant. Nous nous tournons peu vers la passé, nous essayons plutôt de profiter de ces rares instants que le présent nous offre, tout en papotant du futur. La vie nous coure sur la peau...

Keisuke et Juan s’entendent pour le mieux, entre le japonais et le français, tous deux exilés de leur terre natale par amour pour la femme à leur cotés, le courant passe avec juste un peu d’efforts de langue. En anglais, ils échangent, ils se cherchent, et depuis le temps qu’ils essaient, ils finissent par jaser comme deux « chums ».

L’on vogue entre deux langues, au fil des conversations le français entrelace l’anglais et Lily-Soleil gazouille en son langage universel. Moments de sable, moments de plage, moments de village. Il est bon de voir nos amis s’intéresser à notre fille. Ils s’adaptent à cette transformation quotidienne qui fait de nous des parents. Ils questionnent, ils profitent de l'expérience bambine. Les changements qui surprennent le plus Ves ne sont pas les plus évidents et pourtant, ce sont souvent les plus importants. Illustration d'exemple:

- Mais Etol, tu n’as plus de Tv dans ta chambre?
- Non, je fais un compromis avec mon mari, j’ai accepté une chambre sans Tv.
- Mais, mais, tu adores la Tv dans ta chambre! Depuis aussi longtemps que je te connais! Combien de fois n’as-t-on pas « chillé » dans ton lit devant un film!
- Ouais, je sais, c’est terrible! J’adore regarder la Tv au lit! D’ailleurs j’en chie avec le principe, mais j’ai accepté le compromis…
- Mais, mais depuis combien de temps tu avais la Tv dans ta chambre?
- Hum, depuis mes 12 ans, je crois, ouais c’est une habitude de 21 ans…
- Wooo, je suis impressionnée, tu as laché ta Tv pour Juan, j’en reviens pas!
- Ouais, je trippe pas non plus, mais bon pendant 6 ans, il a eu la Tv et n’aimait pas super ça alors bon! Cependant, j't’avoue, j'sais pas trop combien de temps je vais tenir! Au moins, si j'en avais juste une petite! J’accepte une pause mais j’ai pas non plus dit que j’acceptais le truc à vie! On est en tergiversations sur le sujet…

Le lendemain, on se rebranche une discussion sur le couple, le regard et les nouvelles normes de la société, les compromis qu’il faut assumer. Juan enchaîne en passant prés de nous :

- Quand t’es en couple, tu fais des compromis, pis quand t’es parent ça devient des sacrifices!!!

Cette vérité me fait sourire et la discussion se poursuit sur cette longueur d’onde. Bébé est aux anges. Il y a 8 oeils pour la regarder. Il y a une multitude de mains pour la chérir, la tâter, la papouiller, la faire marcher, la stimuler. C’est le festival des sourires. Keisuke étudie notre nouvelle vie de parents, il passe du temps avec Lily-Soleil, il l’observe. Au bout de deux jours, il me dit :

- In fact having a baby is a lot of wait. It’s a bit like being at a bus stop, or like having to go through lots of transits…

Son interprétation citadine du rythme de bébé m’amuse. Car il est vrai que bébé à un rythme particulier et que nous en sommes un peu à sa merci. Ce qui est, dans le fond, est pour le mieux puisqu'en respectant une certaine routine, nous avons la chance d’apprécier un bout de chou souriant qui ne pleurniche pas souvent, ce qui est bien reposant pour les nerfs des nouveaux parents!

Après des séances de lac, des silences boisés et des dîners « en famille », Ves doit repartir à Montréal pour reprendre le travail. Keisuke, en vacances, décide de passer quelques jours de plus à l’air pur de notre brousse apprivoisée. Ce matin, les deux hommes partent ensemble pour la ville, Juan va au bureau et Keisuke part à la recherche de disques rares pour sa collection.

Je reste seule avec bébé dans ce début de semaine. Le ciel est couvert et l’atmosphère est très zen. Bébé fait sa sieste tandis que coulent ces phrases. Schni, le petit génie de ménage me fait de l’œil. Je lui jette un regard avant de me plonger dans mon fouillis d’images attrapées durant ces derniers jours empreints de tendresses.


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Ves and K.

mercredi, juillet 19, 2006

Charlotte fait du stop…

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Charlotte, une amie jurassienne de longue date de Juan, amie qu’il n’avait pas vu depuis presque sept ans, est venue visiter notre petit coin de pays. L'année dernière, Charlotte a passé plusieurs mois en Alberta. Férue de ski et d’hiver, elle s’est gavée de montagne et de neige. Charlotte s’est fait un « chum » allemand dans les Rocheuses. De retour en France, elle profite quelques mois de sa famille avant de décider de reprendre les chemins canadiens. Entre-temps, Marcus, son ami allemand s’est trouvé une job près de Vancouver. Plutôt que de le rejoindre directement, elle décide de se poser à Halifax et de traverser le Canada en stop afin de mieux comprendre le peuple qui l’habite. Sur son parcours, elle en profite pour rendre visite à ses amitiés qu'elle cultive de par le monde.

Gourmande d’humanité, ouverte sur les autres, Charlotte savoure avec bonheur ces petits morceaux de quotidien qu’elle grignote au contact des gens que le destin met sur sa route. « Lorsque je suis rentrée en France, tout le monde me demandait comment c’était le Canada. Je me suis rendue compte que je ne connaissais pas vraiment le Canada mais juste Lake Louise mon petit coin d’Alberta! Cela m’a un peu énervée alors j’ai décidé de prendre l’occasion de retrouver Marcus pour parcourir le Canada. J’aime bien faire du stop parce que cela permet de se donner aux fils de coïncidences qui font découvrir les gens de l’intérieur. Tu discutes, tu apprends,c’est vachement riche… » explique jolie Charlotte qui me ramène en mémoire la jeune femme que j’étais durant ma vingtaine, avide d’expériences et libre comme l’air…

En bas, Clo dort dans la seule chambre habitable (le reste de l’étage est encombré de cartons remplis de choses à trier, ranger, donner ou jeter) notre vieux sofa est rendu sur la galerie. Charlotte bohème est super à l’aise avec l’idée de squatter notre balcon. Charmée par Bébé Soleil, elle s’imprègne de notre façon de vivre, met la main à la pâte, s'intéresse à tout. Curieuse, elle creuse notre terreau d’existence avec entrain. Elle sait traverser ma sauvagerie présente pour se glisser dans ma bulle. L’on papote jusqu’aux petites heures de la nuit. Cela fait du bien de partager ainsi, c’est comme un ruisseau d’amitié dans lequel il fait bon se rafraîchir lorsque la canicule menace de nous étouffer. Juan est très heureux de retrouver des morceaux de son passé au gré de leurs discussions diverses. Elle nous souffle: «Il fait bon vivre chez vous. »

Ces trois jours passent à la vitesse de l’éclair. Lorsqu’elle nous quitte lundi soir, c’est avec un petit pincement au cœur que je la regarde s’éloigner, sachant très bien que nous ne la reverrons pas avant quelques années. Durant ces quelques jours en notre compagnie, elle nous a insufflé un courant d’air frais qui nous a inspiré toutes sortes de petits bonheurs. Merci Charlotte et que les anges te protégent durant cette aventure…

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Par ces jours-ci, elle devrait être aux alentours d’Ottawa, ensuite Toronto et d’ici quelques semaines, elle devrait retrouver son homme, sur une petite île aux alentours de Vancouver, là-bas, de l’autre coté de ce continent qui est le nôtre. Après son départ, Juan expire un petit soupir de tristesse. Il me dit :

- Tu vois, elle nous a pas jugé, n’a émis aucune critique, aucun commentaire sur notre façon de vivre, sur mon accent, sur notre manière d’élever notre fille. Elle a juste essayé de mieux nous connaître. C’est quand même rare dans la mentalité française.

J’opine du chef, sachant très bien ce qu’il ressent. Malheureusement le français moyen n’a pas toujours la côte à l’étranger et c’est souvent pour de bonnes raisons. Des raisons qui délimitent le coté obscur de l’Hexagone, un coté que je ne développerais point en ces lignes mais que je ne connais que trop bien, pas tant pour l’avoir vécu que pour l’avoir subi.

Intimement, je crois que la beauté de côtoyer plusieurs cultures se cache dans cette magie humaine qui offre à celui qui s’en donne la peine l’occasion de s’ouvrir les yeux, le cœur et la tête. Car comme le chante Ariane : « L’ouverture de l’esprit n’est pas une fracture du crâne… »

Charlotte fait du stop…