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jeudi, décembre 02, 2010

Semaine en accéléré et silence de lac...


Cette semaine est de celles qui passent sans qu'on ne les voit passer. L'évènement Belles à bloguer, auquel je participe, se déroulera samedi prochain et je sens monter la pression en mon sang...

Je commence la semaine sous la neige, l'oreille pendue au téléphone entre deux appels conférences et trois coups de fil. Accrocher une heure de soleil pour respirer l'air calme du lac qui se glace. Y découvrir une atmosphère immobile. Immortelle. Ici, le temps ralentit. L'humain s'efface et la nature reprend ses droits. Le lac s'endort. Sous le soleil qui me réchauffe le visage, je souris. Le spectacle est saisissant de silence et d'éternité. J'en respire quelques bouffées alors que le soleil se couche derrière les collines saupoudrés d'hiver.

Respirer la paix puis reprendre la roue du temps qui déboule. Préparer un atelier photo avec un petit trac au ventre. Réfléchir à ce débat du midi qui m'intimide un peu. En ce débat maternel qui animera l'heure du midi, je représenterai l'investissement absolu dans la petite enfance en compagnie d'une mère "imparfaite" et d'une mère féministe. Je médite sur mon cas. Je ne me reconnais pas tout à fait dans la maman de Caillou même si c'est vrai que j'ai l'enfance bien à coeur...

Et pendant ce temps, la neige s'efface devant la pluie qui n'en finit plus de tomber. Le temps se renverse. Le déluge transforme la neige en bouillasse. L'atmosphère est morose mais le lac peut respirer un peu avant d'être prisonnier des glaces. Et pendant ce temps, je raisonne la culpabilité interne de partir 3 jours loin de ma fille. Pour la première fois depuis sa naissance. Partir 3 jours pour exister en toute individualité. Sans elle. Juste moi. C'est une sensation étrange. Une sensation que je connais peu. Ces dernières années j'ai plutôt pris le chemin inverse. En fait, je connais mieux la culpabilité de ne pas participer aux finances du foyer pour m'imprégner de son enfance que celle de la quitter...

Comme l'on ne se refait pas, demain ma Mini Miss a congé de garderie. Je la libère de sa routine enfantine pour une journée mère-fille. J'arrête le temps un instant même si cela n'est pas productif. Je lui avais promis de l'emmener chez la coiffeuse la prochaine fois que je mettrai du rouge dans mes boucles et je tiens ma promesse pour son grand plaisir. Son bonheur fait le mien. M'zelle Soleil adore aller à chez la coiffeuse (et la coiffeuse l'adore). De mon coté, Je crois que j'aime passer du temps avec elle autant qu'elle aime aller chez la coiffeuse! Même si je sais aussi combien elle aime rester avec moi. Mais pour elle, être avec moi c'est naturel. Cela fait partie de ses habitudes. En son quotidien, je suis acquise. Je sais l'importance que j'ai dans sa vie. Tout comme je sais qu'elle n'a plus autant besoin de moi qu'avant. Alors j'irai à Montréal retrouver cette individualité que j'ai mis de coté pour  mieux la regarder grandir. Une individualité que j'ai un peu oublié.

Depuis quelques temps, Juan insiste pour que l'enfant comprenne que j'ai le droit d'avoir une vie indépendante de la sienne. C'est un nouveau concept pour la Miss qui apprend que j'ai une vie sans elle. Lorsqu'elle pleurniche sur le fait que je m'en vais, l'homme lui réponds: "Liloo, arrête de chouiner pour rien! Maman peut aller à Montréal sans toi. Elle a aussi le droit d'avoir sa vie à elle! Maman travaille!". À chaque fois qu'il prononce ces mots. Je grimace. Ces mots résonnent à mon esprit comme un coup de fouet. Je me rends compte que je suis allée loin dans la dévotion maternelle. Et, si c'était à refaire, je referais pareil. La vie est pleine d'étapes, de carrefours et de chemins qui s'entrelacent. Mais un nouveau chemin se dessine à l'horizon et je chausse mes bottes à talons pour en fouler le mystérieux pavé...

Semaine en accéléré et silence de lac...

jeudi, octobre 02, 2008

Pensées terriennes...

Via Vanou, je m’éparpille. Plutôt que de travailler à la lettre de présentation qui doit accompagner le CV que je vais envoyer à la ronde la semaine prochaine. Je suis ce lien qui m’emporte en d’autres réflexions...

Maintenant que j’ai quelques journées de libre par semaine, je dois reconstruite mon individualité écrasée par cette mamamitude qui a consommé mes trois dernières années. Je suis travailleur autonome. Je suis pigiste. Je suis ma propre structure, mon propre bureau. Je représente ma propre compagnie de services. Durant trois années, j’ai abandonné la baraque pour me consacrer au bébé naissant, puis au bambin devenu enfant. Alors que je prends de nouveau rendez-vous avec mon propre chef, je ressens quelques sensations de gouffre à me tenir debout devant le vide.

Cela fait bien longtemps que je n’ai pas eu la liberté de suivre ces liens multiples qui entraînent d'autres réflexions. Ce matin, plutôt que de m’approcher trop près du vide qui m’aspire, j’ai décidé de m’asseoir au bord du gouffre. De prendre le temps de méditer. Une idée m'est passée. Depuis plusieurs jours, j’avais mis ce lien de coté. Ce matin, dans la solitude d’une grise journée pleine de pluie, je l’ai suivi…

"En 2005, EARTHLINGS a été présenté en première au festival de film d'Artivist, (où il a gagné le meilleur dispositif documentaire), suivi du festival international de film de Boston, (où il a gagné la meilleure récompense), et le plus récemment au festival de film de San Diego, (où il a gagné le meilleur film documentaire, aussi bien que la récompense humanitaire à Joaquin Phoenix pour son travail sur le film)."

Attention, ceci est un documentaire dur qui montre des vérités salées. Un documentaire qui introduit le concept de « spécisme ». Un terme que je sentais en ma conscience sans l’avoir jamais verbaliser. Le spécisme en analogie avec le racisme ou sexisme. Un terme qui désigne un préjugé, une attitude partiale envers d’autres espèces. Une attitude qui tend à traiter l’autre comme un objet sans respecter sa place terrienne. Une attitude qui renie le droit d’égalité entre l’homme et l’animal. Ceci est un documentaire qui décortique la dominance humaine sur Terre. Un documentaire qui met en lumière un aspect que l'on ignore par facilité. L’humain a une fâcheuse tendance à exploiter son pouvoir sur l’autre. La notion de pouvoir est un concept dangereux à l’être humain. Je me tourne les pensées vers les façons amérindiennes qui remerciaient l’animal chassé. L’amérindien, noble terrien qui reconnaissait le sacrifice animal, qui le considérait et qui le respectait…

Ceci me fait me fait demander s'il y a un terme pour désigner l'attitude condescendante que la race humaine entretient avec la nature? Tout comme les amérindiens avant moi, je crois qu'un arbre est vivant. Lorsque je me plonge l'âme dans le lac, je ressens son entité en mon sang. Lui aussi est vivant. Il fait tout autant partie de la terre que moi, sinon plus. Ce n'est pas un terrain de jeu. Même s'il n'a pas de sentiments tels qu'on les comprend, il n'en reste pas moins un organisme terrien. Ma vie humaine en comparaison à ce lac que j'observe est à l'égale d'une fourmi...

Collage de saison

La race humaine fait preuve de spécisme à grande échelle. Pourtant il est vrai que bien des animaux ont atteint un niveau d’existence que nous ne connaitrons jamais, ils ont développé des sens si évolués que l’on peut à peine les concevoir en notre intelligence. L’humain est encore si petit même s’il se sent si grand. Impossible de regarder ce documentaire d’une traite. Trop dur. C’est à prendre à petites doses pour mieux le digérer. Après avoir avalé les vingt premières minutes, la gorge nouée, la larme à l’œil, je dois prendre une pause. Écrire ces quelques mots. Assise au bord de mon gouffre, je contemple ce vide qui m’attire. Je vais le nourrir, y jeter de la matière pour qu’il puisse se remplir et moins m’envahir. Fabriquer un pont pour le traverser et voir ce qui se trame de l'autre coté…

Spécisme...

lundi, janvier 21, 2008

Être nordique

Sensations frileuses au réveil, point de rosée -28 degrés. Le froid enserre la maison de ses griffes de givre qui recouvrent les fenêtres. Moins 41 dans le vent prévient la chaîne météo. L'hiver retrouve un soupçon de force.

Huit heures du matin, le ciel est pervenche. Le soleil se lève, éclatant, il fait étinceler le paysage immaculé de neige fraiche. Entre les arbres de la forêt j'observe peu de courants d’air. J'habille chaudement mon enfant enchantée tandis que l'homme en retard se prépare. M'zelle Soleil a bien hâte de revoir ses petits amis. Elle gazouille gaiement. Elle se fout du temps qu'il fait. L'homme prie pour que démarre son "char"...

Neuf heures du matin, l'homme et l'enfant ont ouvert la porte, le soleil s'est mélangé à la vague de froid qui a pénétré la maison. Mes amours se sont faufilés dans l'air frigorifié. La voiture a démarré. L’air fige le temps, tout est congelé sur place, il fait plus "frette" que "frette". Sensations de faiblesses. Travailler à ces concentrations personnelles qui font avancer l'esprit coincé sous une couche de givre. La matinée est superbe, traitresse, aussi belle que gelée.

Dix heures du matin, de légers vents viennent effleurer les cimes des arbres, ceci brise le charme de suspension temporelle qui m'hypnotisait subtilement. Un soleil glacé vibre dans la pureté du ciel. De légers vents s'éveillent. Ils soulèvent la poudrerie qui scintille dans les rayons de cette vive lumière qui m'éblouit. Ce n'est pas moi qui mettrai le nez dehors aujourd'hui! Lovée en une bulle de chaleur moderne, je m'exile les idées entre deux tâches quotidiennes...

Être nordique

lundi, décembre 03, 2007

Jour de tempête tranquille

Depuis ce matin il neige encore et toujours. Ambiance floconneuse. Au lever du jour, qui peinait à s'éveiller, d’énormes bourrasques fouettaient l’air frigorifié. La tempête ne décolérait pas. Atmosphère particulière. Il a neigé toute la journée. Je ne me suis pas habillée. Avec la nuit qui tombe, les flocons se font poudrerie flottante...

M’zelle Soleil est chez sa gardienne Manon. Elle y va de bon cœur toute heureuse de retrouver sa copine « Lilicque » et cet autre espace sans moi. Elle part sereine dans les bras de son père. Je leur dis combien je les aime sur le pas de la porte que je referme prestement pour ne pas geler sur place.

Je palpe le silence ouaté de mon cocon de neige. Mon cœur a finit par accepter cette séparation de deux journées par semaine. Mon esprit prend le contrôle du jour imbibé de blanc. La maman poule s’est assez détachée pour se rappeler qu’elle est aussi une femme individuelle. Je travaille à retrouver les fils de ma vie d’antan. Les difficultés de ces journées sans elle ne sont plus maternelles. Ces journées là ne sont pas encore tout à fait matérielles mais elles sont de plus en plus constructives…

Je laisse s’empoussiérer quelques idées éparses de textes bloguesques pour mieux me concentrer à cette tâche qui occupe mes journées solitaires. Une tâche d’écriture qui me fait la vie dure. Mes neurones se réveillent, mon intellect grogne, je frissonne. Mais la brume opaque qui obscurcit mes horizons individuels se fait plus fine. J’aperçois des projets, des idées, des ambitions. Je ne suis plus que sa maman à elle, petit à petit, je redeviens « moi » aussi. Les deux états féminins se cherchent un nouvel équilibre en ma peau raffermie. Je tangue, je glisse et je m’accroche à la barre de mes raisons.

La nuit emporte le jour. La tempête s'essouffle. La température s'adoucit. Une épaisse couverture d’hiver recouvre tout mon univers. Dans la nuit sans étoile, une petite maison de galets abrite ma vie. Au bout du village assoupi, entre lac gelé et forêt enneigée brillent les lumières de nos cœurs qui se partagent le même toit d'humanité…

Home is where the light is...

Jour de tempête