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mardi, mars 24, 2020

Chroniques de Covid



Le premier ministre Legault annonce que nous entrons en mode de confinement. Durant son point de presse journalier, il demande de la solidarité et du courage. Il compte sur la bonne foi et la collaboration de la population québécoise. Le Québec est officiellement en pause jusqu'à Pâques.

Chaque geste compte. Chacun doit respecter les consignes d'isolement collectif. Il explique à la population que pour vivre en paix, tout le monde doit faire son effort individuel afin de garder la paix sociale.

J'ai espoir que l'on en est capable. L'optimisme québécois persévère en ces arc-en-ciels qui fleurissent aux femetres pour symboliser le slogan de l'heure, #çavabienaller

En 2020, l'esprit de collectivité revient en force. Un esprit qui semble renaître de ses cendres. Un esprit qui tombe à point vu que la transmission communautaire est mondiale.

Depuis des semaines, je suis la progression du Covid19 dans le monde. Ultra informée, j'ai poussé ma famille à se préparer dès la semaine de relâche. Sachant que celle-ci sonnerait le glas de notre insouciance collective.

Nous avons commencé à nous organiser en vue de ce que je nommais "la grande quarantaine" bien avant que le Québec se soucie du virus.

Début mars, je m'amusais à bousculer les esprits en parlant de ce concept tout en désinfectant tout sur mon passage. Et je prenais soin de m’imprégner de cette facilité de vie quotidienne que tous prenait pour acquis.


Durant le mois de janvier, Miss Soleil a eu l'Influenza, cela l'a mis à terre. Elle a voulu retourner trop vite à l'école. Elle s'est épuisée. Elle est retombée malade avec une sinusite aiguë qui l'a de nouveau arrêtée juste avant la relâche.

Nous avons débuté l'année avec gastro pour ma pomme et virus locaux pour la puce. Entre nos divers rendez-vous médicaux, nous en avons donc profité pour récupérer quelques masques. Au cas ou...

Le/la Covid est parmi nous

Dès que les écoles et universités ont été fermées, nous nous sommes volontairement mis en isolation. Nous nous sommes organisé avec nos médicaments. Nous avons fait des provisions raisonnables, avant la folie du papier toilette...

La semaine dernière, nous avons mis en place une routine de base pour harmoniser nos relations à l'intérieur de la maison. En cette organisation, nous avions prévu d'aller à l'épicerie aux dix jours pour les produits frais.Je suis de service. Je n'ai pas de barbe pour laisser passer l'air sous un masque et je suis habituée à ne pas me toucher le visage en des lieux publics.

J'apprends, en y allant une dernière fois, que le service en ligne est désormais accessible en notre coin de brousse. Et en plus, ils livrent! Nous n'irons plus au IGA, désormais nous commanderons en ligne, les quelques produits frais dont l'on pourrait avoir besoin.


L'atmosphère dans le magasin est étrange.  Décalée. Il y règne un mélange de calme plat et d'actions en toile de fond.

Il y a plus d'employés que de clients. Entre ceux qui remplissent les étagères et ceux qui remplissent les caddies des commandes virtuelles, c'est comme une petite armée qui travaillent sans répit.

La farine est arrivée. Il n'y a plus de pénurie de papier toilette. Juste les oeufs manquent, j'imagine que c'est provisoire. Je ne pense pas que l'on manquera de faim au Québec!

On risque de manquer de lits d’hôpital avant de manquer de nourriture. Espérons que le Québec ne suivra ni la voie de l'Europe, ni celle des États-Unis. La fermeture des frontières me rassure.

On désinfecte toutes nos courses. Merci lingettes Clorox! Et je mets mes vêtements à la laveuse en rentrant. Les semaines à venir seront difficiles, dangereuses. Elles sortiront le Québec de ses zones de confort.

S'adapter pour continuer d'évoluer

J'entends parler ceux qui ne se croient pas à risque et qui se sentent atteints en leur liberté. Si j'étais à leur place, je ne sous-estimerais pas tant ce virus.

Mais que sait de la maladie celui qui vit en bonne santé et qui la prend pour acquise? Celui qui ne sait pas ce qu'il en est de réellement souffrir physiquement?

Je sais que je suis à risque. Que mon homme l'est aussi. Chaque matin, une ribambelle de maux se réveillent avec moi. Et je me demande si ce mystérieux virus ne pourrait pas se cacher là dedans. C'est stressant.

J'en contrôle les émotions le temps qu'agissent les médicaments qui font ma routine quotidienne. En me disant que si je devais l'attraper alors mon régiment de médicaments agiraient différemment et que je le sentirais en milieu de journée.

Chaque matin, je contrôle mon cerveau pour l’empêcher de mal penser. Le fait que la société québécoise prenne le virus au sérieux me rassure. Au fil des médicaments qui œuvrent et contrôlent les douleurs diverses, je me relaxe et je m'adapte.

Hier, j'apprends que mon ostéo de replacement est lui aussi en quarantaine. Je prie pour que mon chiro tienne la route et qu'il puisse continuer de pratiquer en sa clinique. Garder une continuité de soins et de rééducation physique est ma crainte et mon défi.

Il ne reste plus que le chiro comme prise de risque mais elle est nécessaire. Sans ses services, je pourrais retrouver de mes invalidités physiques plus vite que je n'ai travaillé à les retrouver.

Je vais le revoir demain. Il n'y a plus que les cas d'urgence dont je fais partie qui sont traités. La clinique est ultra propre. Elle fait son possible pour nous protéger. Je porte quand un masque et des lunettes pour y aller. Je me protège. Nous nous adaptons à la routine de confinement en coin de lac congelé.

Nous avons aussi décidé de sortir chaque jour de la maison, à la même heure. C'est une nouvelle discipline familiale que l'on instaure. Soit pour faire un tour de forêt, soit pour marcher sur le lac gelé.

Nous ne voyons plus personne depuis une bonne semaine déjà, si ce n'est notre ami voisin qui, parfois, nous accompagne durant nos marches, tout en gardant en tête les règles de distanciation sociale. Lui aussi est en mode d'isolation volontaire et de télétravail.


Lutter contre le virus en se nourrissant les cervelles

Malgré le manque de consignes pour les élèves en secondaire, Miss Soleil décide de travailler un peu chaque jour, pour ne pas trop rouiller en ses matières.

La culture faisant partie de mon éducation de base, je pense qu'elle pourra continuer de nourrir sa cervelle malgré l'isolement. C'est toujours un plaisir que de lui transmettre mes connaissances.

Dans la foulée, un idée me vient, possiblement plantée par Christie qui se demande comment se rendre utile.

Je réalise que j'ai les capacités d'aider quelques enfants en leurs leçons. Durant mes études universitaires, je vivais en donnant des cours de français aux élèves en difficulté du village.

Vu que je donne déjà de ce service à ma propre fille, je pourrai en donner un peu à d'autres. Cela soulagerait quelques parents et cela me donnerait l'occasion de nourrir quelques jeunes cervelles.

Le Français est plus que ma langue, c'est ma patrie. C'est en en transmettant la passion aux plus jeunes que je me sens patriotique. Une liste d'élèves se profile à l'horizon. Je commence à organiser une mini classe virtuelle avec quelques amies de Miss Soleil et d'autres plus petits.

Je me dis que cela leur donnera aussi l'occasion de retrouver quelques repères de socialisation. La semaine prochaine, l'on en commencera le cycle...

S'adapter aux nouvelles réalités...

lundi, mai 30, 2016



Par un dimanche gris et pluvieux, je trouve l'inspiration pour nous sortir les idées en cette journée morose. On embarque l'amie chère de la Miss dans l'aventure et l'on prend la direction de la maison des Jésuites à Sillery.

Miss Soleil a un faible pour les maisons historiques et l'exposition du moment traite des relations entre les amérindiens et les européens au cœur de la Nouvelle France.

On tape en plein dans le programme d'univers social de sa quatrième année de primaire. C'est pas parce-qu'elle ne va plus à l'école qu'elle ne peut apprendre et s'instruire!


Le temps que l'on arrive en ville et la pluie a cessé. Le vent est frisquet. Le ciel n'en finit pas de "griser". Il nous reste une heure avant la fermeture.

L'exposition estivale n'est pas encore terminée et nous explorons le deuxième étage avec curiosité. L'on apprend qu'ici se sont installés les jésuites afin de communiquer avec les tribu nomades qui venaient pécher dans l'anse au foulon.

À une époque lointaine et révolue...


Une époque pacifique durant laquelle les tribus locales ont reçu les blancs étrangers de façon amicale sans savoir qu'ils ouvraient alors la porte aux loups qui allaient les dévorer!

L'exposition Kapak finit par un documentaire touchant et poignant qui nous en apprend plus sur l'horreur et la cruauté des pensionnats qui ont arraché tant de générations innocentes à leurs parents en cet objectif silencieux de génocide culturel.

L'on découvre aussi la valise de l'un de ces enfants forcés au pensionnat et le témoignage qu'il a écrit sur cette petite valise, symbole de tant de peines et de douleurs fait bien mal au coeur. Cependant la conclusion est remplie d'espoir et de croissance intérieure.


L'on apprend qu'en ce nouveau millénaire où nous vivons s'enclenche un processus de réconciliation et de pardon qui s'inscrit aussi dans le cours de cette exposition gratuite.

Bref, une heure bien pensée pour changer les idées de l'enfance en notre responsabilité.


Au coin d'un bureau antique, les filles sont fascinées par le plumier et l'encrier. L'on répond à leurs questions au fur et à mesure qu'elles fusent.

À tour de rôle, elles lisent les informations affichées avec les artefacts. L'employée de service, seule avec nous dans la maison, répond à toutes nos questions avec patience et connaissances.

L'on finit cette sortie culturelle avec un petit tour de parc pour défouler les jambes des filles avant de reprendre la route. Ce petit parc à l'arrière de la maison des Jésuites explose de verdure.

Les arbres fruitiers fleurissent. Les filles s'amusent à suivre le petit sentier qui borde la falaise et sur laquelle on aperçoit quelques maisons modernes.

Au final, une super activité gratuite à réserver pour les journées grises et semi pluvieuses...


Cette petite sortie dominicale aura aussi eu le mérite d'inspirer les idées de ma puce commotionnée. Son esprit s'est nourri de quelques connaissances supplémentaires. Elle a aimé imaginer le passé en les murs de cette maison ancestrale et l'on aura récolté plusieurs sourires en salaire parental.

Du point de vue adulte, j'ai été très touchée par cette exposition qui commence avec la présentation de l’accueil convivial des amérindiens envers les européens fraîchement débarqués et finit avec l'horreur des pensionnats et l'espoir d'une possible réconciliation.

Comme je connais bien ce pan de l'histoire, j'ai pu approfondir quelques notions personnelles. Mon homme, qui en connait peu, en a appris beaucoup et a aussi été bouleversé par ce qu'il appris.

Le tout nous aura permis d'avoir quelques discussions enrichissantes avec les filles en ce qui concerne la méchanceté humaine, les cruautés du passé, la réconciliation, la richesse du pardon...


Construite vers 1730 sur le lieu de campements remontant à la préhistoire (3 500 ans) et à l’endroit de la première mission jésuite visant à convertir les Amérindiens, la maison fait découvrir l’histoire du site et de Sillery. 

L’exposition permanente invite à revivre la période de rencontre entre les missionnaires, les Européens et les Amérindiens. Le site permet de découvrir un campement amérindien, des vestiges archéologiques et un jardin avec une abondante flore indigène. 

L'’arrivée des Européens en Amérique peut se raconter différemment selon le point de vue de ces nouveaux venus ou celui des Amérindiens qui les ont accueillis. En présentant des récits, l’histoire des alliances et des politiques, le parti pris des livres d’histoire à différentes époques, l’exposition dépeint la relation unissant les Québécois et les membres des Premières Nations au regard de l’histoire et du territoire qu’ils partagent. 

La maison des Jésuites est située au 2320 chemin du Foulon à Québec. Du 31 mai au 2 octobre, elle est ouverte au public du mardi au dimanche entre 11 h à 17 h.

Cultiver l'enfance un dimanche pluvieux...

mardi, mai 03, 2016

Les quatre derniers mois ont été rudes entre mes ennuis de santé et la commotion cérébrale de la Miss.

Pour me revitaliser le coeur meurtri, l'homme nous organise une soirée surprise. Docile, je suis son sillon. Alors que j'arrive en ville avec la nuit qui tombe, je réalise que j'ai passé les quatre derniers mois cloîtrée avec ma puce maganée.

Je n'ai mis le nez dehors que pour des rendez-vous médicaux et des passages à l'hôpital! Lorsque je vois le nom du chanteur du concert auquel il m'amène, mon cœur bondit de joie! Yes! Avec Yann Perreau, il tape en plein dans mon mille intérieur.

L'on se souvient de la fois où on l'a vu, au Grand Théâtre, au printemps 2005, lorsque j'étais enceinte de la Miss.

L'on se remémore la première fois qu'on l'a vu durant le Festival de Tadoussac, du temps de son mohawk, il y a des lustres de cela...

L'on a aussi le sentiment de l'avoir revu au Festival d'été sans trop nous resituer. Après coup, c'était Place d'Youville qu'il nous avait fait danser...

C'est cool de le revoir à l'Impérial. J'aime bien cette petite salle. Voilà que tout cela me rappelle combien la musique peut me faire vibrer et sentir vivante.

Trop contente de sortir, trop contente d'être dehors. Ce soir, je ne suis pas maman, je suis juste femme. Juste moi.

En cette soirée qui se déroule dans le cadre des NuitsFEQ, l'on apprend que c'est Yann Perreau et invités. Une jeune femme que je ne connais ni d'Ève ni d'Adam entre sur scène. Yep, je ne regarde pas la Voix! Je l'apprends après coup. Je capte son prénom mais, sur le vif, son nom m'échappe.

Via Instagram un utilisateur m'apprend qu'elle se nomme Charlotte Cardin. En quelques chansons, elle m’envoûte les sens. Toute mignonne, toute jeune, toute neuve, elle est charmante lorsqu'elle annonce qu'elle fera partie du Festival d'été 2016. Le même soir que Sting pour ceux que cela n’intéresse pas...

C'est un véritable coup de cœur musical pour ma pomme fraîchement sortie de sa brousse! Sa voix veloutée, rauque et chaude, me fait penser à un délicieux mélange de Feist et Lou Doillon. Ses mélodies me charment, son style me plait, bref, je craque pour cette Charlotte musicale!


Arrive ensuite le groupe Pandaléon que je ne connais pas non plus. Le même abonné Instagram éclaire ma lanterne en temps réel. Je craque moins que pour Charlotte mais leur rock atmosphérique est sympa. Assez sympa pour me faire onduler sur place...

Et voilà le temps de Yann! Il débarque sur scène avec la même énergie survoltée dont j'ai le souvenir. Il a pris un petit coup de vieux depuis la dernière fois qu'on s'est vu. Nous aussi! Le voilà jeune papa et nous voilà vieux parents!

Cela fait du bien de retrouver son énergie électrifiante. Il rend la soirée intime et chaleureuse en s'adressant au public, en étant authentique et en partageant des anecdotes de sa vie et de son amour pour sa femme (maman d'un tout nouveau poupon qui assiste au concert à deux pas de nous).

Je réalise que ce qui me plait tant chez lui, c'est non seulement sa musique que j'apprécie mais aussi cette mystérieuse sensualité sentimentale qui me touche. Il est aussi sensuel que sentimental et c'est le genre de mélange qui me fait tomber à tout coup. Surtout en chansons!

Et voilà que je me retrouve à danser sans tout à fait m'en rendre compte. J'ai les boucles qui s'éclatent. Je reconnais ces chansons (que j'ai connu par coeur). Je me laisse glisser dans la musique (et les bras de mon homme) qui m'emporte dans la nuit...



Cette soirée douce et électrique nous régénère joliment les esprits et nous remplit d'espoir en la vie. Il fait bon nous retrouver en couple en cette #nuitsfeq.

On est toujours pas sortis du bois avec la commotion de notre puce mais ce soir, on prend une pause de parentitude. On respire, on danse, on s'embrasse, on se câline et on s'allège l'esprit grignoté par les soucis. Pas de doute, la soirée surprise de l'homme est un succès à mon coeur!

Pour plus de vidéos, c'est par là...

Plonger au cœur d'une nuit FEQ

lundi, octobre 19, 2015

Il y a environ deux semaines, j'ai été invitée à assister à une représentation de L’ÉVEIL au Théâtre Périscope (en collaboration avec La Rotonde).

Même si la pièce est recommandée pour les treize ans et plus, je demande s'il est possible que ma puce, de presque 10 ans, puisse m'y accompagner.

On me répond qu'il n'y avait rien d’extrême en soi dans le spectacle et que si l'enfant est habitué à l'Art, il n'y aurait pas de problème...

Curieuse je suis de découvrir ce type de théâtre dont je ne sais pas grand chose. Si ce n'est que le sujet de fond de cette pièce traite d'émotions adolescentes et qu'elle est composée de danse contemporaine.

Vu que la Miss devra bientôt passer par cette étape existentielle et qu'elle apprécie la danse, j'ai espoir que cela puisse nous donner l'occasion d'en discuter plus en profondeur.

Je suis sensible à toutes formes d'Art. Depuis qu'elle est minuscule, instinctivement, j'essaie de la sensibiliser à l'Art sous toutes ses formes...

Au fil de mes explorations artistiques à Québec, j'ai souvent entendu parler de la troupe "Le Fils d'Adrien danse" et d'Harold Rhéaume. Je n'en ai entendu que du bien. C'est donc confiante que je nous lance à l'aventure artistique, en mode mère/fille, un doux samedi après-midi d'octobre...


Je tombe sous le charme de ce mélange de jeu et de danse qui se déroule en un décor minimaliste. J'apprécie la qualité de l'écriture et le jeu des danseurs/comédiens. L'ajout visuel d'images sur un écran en toile de fond et la musique qui lie le tout me plait.

Je me laisse entraîner par le rythme décalé de cette représentation de danse/théâtre. La poésie qui s'en dégage me touche en plein cœur. Dans le mille! Ce faisant, je déconnecte de l'extérieur pour me reconnecter de l’intérieur.

Durant l'ÉVEIL, les tranches de vies défilent. Avec elles, s'illustrent ces émotions que l'on ressent tous à l'adolescence. Alors que je ne m'y attendais point, me voilà replongée en mes souvenirs d'adolescence. Une époque rendue bien lointaine en cette quarantaine que j'apprivoise.

Du coin de l’œil, j'observe ma puce qui absorbe. Cela m'émeut. Par ces moments remplis d'intensité humaine, elle pose sa tête sur mon épaule et je profite de l'intimité de l'instant. Je repense à mon premier amour avec une distance adulte et mature. Je repense à mon début de vingtaine révoltée. Je sens remonter des émotions que j'avais presque oubliées. Des émotions qu'il me fait du bien de ressentir. Des émotions que j'analyse avec le recul de l'âge.

Et, alors que les comédiens me replongent en mon passé qui s'efface, ils projettent ma fille en son futur qui se dessine. En ce présent, où l'on s’imprègne d'art moderne, se conjugue nos temps de vie. Étrange sensation qui me bouleverse un peu...


Au sortir de cette pièce, je demande à Miss Soleil ce qu'elle en a pensé. Ce qu'elle me répond me flabersgaste! Elle me dit: "Maintenant que j'ai vu le spectacle, j'ai remarqué que quand on regarde l'amour en surface, genre ark ils s'embrassent, c'est dégoûtant. Mais quand on ressent l'amour qu'ils ont pour faire ces gestes, on voit que l'amour n'est pas quelque chose de dégoûtant mais plutôt une relation sincère entre deux personnes. J'ai réalisé que l'amour, c'était une relation mentale entre deux personnes..."

Au final, l'expérience s'est non seulement révélée à la hauteur de mes attentes mais elle les a largement dépassées! Durant les jours qui suivent, l'on en discute encore un peu et je réalise à quel point cette pièce moderne lui a permis de mieux comprendre certaines émotions humaines.

Je suis heureuse qu'en cette société hyper-sexualisée dans laquelle elle grandit, elle puisse se construire d'autres repères. Envisager d'autres perspectives de l'amour que celle de la relation physique. Et si cette pièce a marqué ses sentiments d'enfance, c'est par le fait qu'elle lui a appris que l'amour n'est pas tant physique que mental....

Depuis ses 7 ans, âge où elle m'a appris que l'expression qui tournait dans la cour d'école était "faire le sexe" et que j'ai dû lui expliquer que chez nous on faisait l'amour pas le sexe, je lui explique qu'il ne suffit pas de se coller les fesses, il faut aussi se coller le cœur!

Grâce à l'EVEIL, je crois bien qu'elle a compris ce sens que j'essaie de lui inculquer. L'importance des sentiments. Bref, je me doutais que cela nous ouvrirait l'esprit mais je ne me doutais pas à quel point cela nous révolutionnerait l'esprit. Franchement comblée la mère!

Enfin, c'est exactement pour cela que je suis sensible à toutes formes d'Art. Pour me garder l'esprit ouvert et le révolutionner dans le bon sens des choses. En tant que mère, c'est tout naturellement que je partage cet instinct artistique avec ma fille qui grandit...

Nota Bene: Une fillette qui grandit et qui blogue ses impressions de spectacle par ici...



Synopsis: Au carrefour de la danse et du théâtre, L’ÉVEIL écrit avec le corps et bouge avec la parole. Célébration des premières fois, le spectacle est construit sous forme de cartes postales : bribes, pulsions, instants de vie sans plus de mise en situation, pas d’avant ni d’après, seulement le présent avec l’adolescence comme point d’ancrage. Il témoigne de l’intensité d’un âge qui, si tout y est à la fois inconnu et possible, nous définit pour le reste de nos jours. Librement inspiré de L’éveil du printemps de Frank Wedekind écrit en 1881, la proposition fait état de l’éveil des sens, des émotions, de tout, de nous seul, mais surtout de nous ensemble. De tout ce que nous sommes, de qui nous sommes, de qui nous voulons être, de ce qui nous entoure et de ceux qui nous entoure.

À noter que suite aux représentations de L’ÉVEIL au Théâtre Périscope de Québec, l’équipe prend une pause méritée de quelques semaines avant de diriger vers Longueuil pour présenter la pièce lors d’une représentation scolaire au Théâtre de la Ville, le 17 novembre.

Ensuite les comédiens s'envoleront vers la France pour présenter la pièce dans le cadre du festival NovAdo à Rodez (2 représentations – 20 novembre 2015) et au Théâtre du Pilier à Belfort (2 représentations – 26 novembre 2015). Surveillez leur page Facebook pour en savoir plus...

S'éveiller les idées grâce au «Fils d’Adrien danse» !

jeudi, août 13, 2015

Il y a de ces invitations qui tombent à pic.

Celle que je reçois cette semaine, gracieuseté de la financière Sun Life qui sponsorise le labyrinthe géant d'Expo Québec, m'emballe carrément...

J'y découvre non seulement l'occasion d'assister à la cérémonie d'ouverture d'Expo Québec en famille mais aussi l’opportunité d'aller boire un cocktail dans les airs. J'adore!

Avec cette invitation vient aussi la possibilité d'assister au concert de Wyclef! Irrésistible. Bref, j'accepte l'invitation sans l'ombre d'une hésitation...

J'apprends que l'on pourra aller boire un cocktail au 7ième ciel même accompagnés d'enfants. Ce qui me surprend un peu et me fait d'autant plus tripper!

Les enfants n'auront qu'à boire un jus d'orange tandis que je surmonterai mon vertige avec un Mojito! Car pour y arriver, je devrais dépasser mes vertiges et ma peur du vide. Mais c'est justement là où réside tout le piment de l'aventure!

Ne dis-t-on pas que la magie se trouve lorsque l'on sort de sa zone de confort?

Ce concept de s'envoler les papilles en l'air m'a toujours attirée, intriguée, fascinée. À Expo Québec, on parle de boire un cocktail à 50 mètres au dessus du sol (plutôt que de manger un repas de chef) avec la montée du bar nommé le 7ième ciel. C'est presque pareil que de manger dans les airs et je capote!

Marième et Miss Soleil dans les coulisses
du Théâtre St-Denis en mars dernier
durant l’événement WeDay
Sans compter que ma puce saute de joie à l'idée de revoir Marième sur scène durant la première partie du spectacle de Wyclef .

Mentionnons que j'ai un gros faible pour cet artiste haïtien que j'avais adoré voir au Festival d'été, il y a tant d'années...

Une nouvelle qui la rend folle de joie. La puce saute sur le lit. Sa joie est contagieuse, je n'y résiste pas! Chez nous, on aime Marième...

Elle adore cette chanteuse qu'elle a rencontré personnellement dans les coulisses de #WeDay et dont elle connait cette chanson par cœur qu'elle se met à chanter à tue-tête.

Alors que la joie la rend folle, mon coeur sourit. Une cool journée en perspective. Une journée où je partagerai sensations et impressions en temps réel via Twitter et Instagram via le mot clic #ExpoQuébec

Espérons maintenant que la météo grognonne nous sera clémente.. #lifegoeson

Un gros merci d'avance à la Financière Sun Life pour nous permettre de nous changer les idées tout en partageant le bonheur d'une belle journée à Expo Québec!







Expo Québec, nous voilà!

vendredi, juillet 10, 2015


Hier on a commencé le Festival d'été en mode mollo avec les Arts de la rue sur Cartier. Mollo mais trés cool...

Le Festival d'été, c'est plein de petits bonheurs au cœur de la ville, une parenthèse musicale urbaine et toutes sortes de compromis, raisonnements et organisations. Et les Arts de la rue sont une source de petits bonheurs gratuits!

Un peu tristounets d'avoir manqué Vance Joy et Milk & Bone mais bienheureux de cette divertissante expérience sur la rue Cartier.

Après mon dernier safari photo par -35 sur Cartier, il fait bon savourer un 25 degrés dans le soir couchant. Car le Festival d'été c'est un tout. C'est non seulement des artistes sur toutes sortes de scènes mais c'est aussi une transformation subite des ambiances urbaines de Québec...

J'ai un petit faible pour le rockabilly et les années 50. Du coup, les performances marrantes de cette troupe musicale, nommée Balthazar et Jimmy a fait mon bonheur et celui de l'homme et l'enfant durant une petite heure sur la rue Cartier fermée pour l'occasion du #FEQ.


En effet, le festival d'été prend la rue Cartier d'assaut avec ses animations musicales gratuites et pour tous. Si vous passez par là, inspirez à plein coeur et oreilles!


"Une bande de jeunes qui veulent faire la fête alors qu’un vieux policier tente d'empêcher les festivités afin de ne pas troubler le calme de la population… « Milkshakes », patins à roues alignées, danse et voitures d'époque sont au rendez-vous."

Nous avons donc débuté le #FEQ en suivant le sillon de cette amusante troupe composé de d'enfance, de petits chiens et personnages caricaturés...

Cette troupe plonge le pavé de Cartier dans les années ‘50 alors qu’on y célèbre la fin des classes. Les personnages déjantés et marrants du spectacle Rock’n Rolla envahissent la rue en musiques et danse. On a adoré ça!


Avec le temps et l'expérience, on sait que le Festival d'été c'est aussi un défi d'endurance.

Pour tenir la route, il ne faut pas partir en feu.

Commencer le Festival d'été en allant faire un tour de la rue Cartier s'est révélée une bien bonne idée...

La miss a adoré, l'homme a sourit, et j'ai apprécié absorber cette atmosphère fantaisiste et entendre ces chansons qui font les classiques des années 50.

On a fini cette expérience avec un Ginger Beer que l'on s'est partagé sur la terrasse de Picardie en regardant passer les passants. Bref, le bonheur simple d'un soir de juillet au coin du Festival d'été de Québec!

Ce soir, au menu musical, on se la joue filles sur scènes avec Pascale Picard et Salomé Leclerc. Deux shows parfaits avec une mini festivalière...

Débuter le Festival d'été de Québec en se plongeant les idées follement sages dans les années 50...

lundi, juin 29, 2015

Cette année encore, j'ai le bonheur d'associer mon blogue avec le Festival d'été de Québec. J'en profiterai pour en faire une chronique particulière à l'émission de radio Parentem à laquelle je collabore tout l'été.

J'aime le Festival d'été depuis si longtemps déjà que j'ai l'impression qu'il fait complètement partie de la texture de nos étés. Car même les rares années où je prends une pause, j'y vais au moins une ou deux fois. Un été sans #FEQ n'est pas un été...

Je ne compte plus combien de fois j'ai trippé au Festival d'été. Le Festival d'été c'est ma bouffée d'air annuelle. C'est mon camp de danse en plein air. C'est la vie qui palpite en mes veines.

Nous festivalions avant d'être parents et nous avons continué de festivaler en devenant parents. Nous avons incorporé cette habitude humaine à nos traditions familiales. D'ailleurs l'un des premiers mots de la puce fut "Pestival".

J'ai blogué et capturé les atmosphères du Festival d'été avant que le Festival d'été de Québec ne s'intéresse à la blogosphère. Puis j'ai blogué pour le Festival, lorsque le Festival s'est ouvert un blogue.

Dan Auerbach / The Black Keys sur les Plaines. Festival d'été de Québec 2013

Prendre des photos de Festival est l'un de mes dadas. Au fil des années à collaborer avec le Festival d'été, j'ai pondu des dizaines de textes et j'ai pris des milliers de photos.

J'ai fait diverses rencontres enrichissantes mais je dois dire que celle qui m'a le plus chamboulée fut celle avec Francis Cabrel. Si humble, charmant, humain...

Au Festival d'été, j'aime parcourir le pavé de Québec et croiser les Arts de la rue pour m'enchanter les idées nocturnes. Des performances inusitées, qui chaque année, font le bonheur des petits et des grands. J'ai tant de d'excellents souvenirs de Festival en ma mémoire humaine (et numérique)!

Il y a, par exemple, la fois où j'ai attrapé la fièvre du loup, la fois où j'ai rencontré un vieux lion, la fois où j'ai eu un coït interrompu, la fois où Gaëtan Roussel m'a enivrée...

Sans oublier ce souvenir inoubliable de Lhasa de Sela en spectacle place d'Youville durant l'été 2005... alors que j'étais enceinte...

Lhasa de Sela. Place d'Youville. Été 2005

L'année dernière, pour des raisons de santé, j'ai pris une pause. Couvrir le Festival d'été, c'est du sport! L'occasion d'un voyage de presse qui m'a fait prendre le large des Maritimes alors que le Festival battait son plein. Mais cette année, je reprends du service de Festival avec grand plaisir.

Replonger en mes souvenirs de #FEQ

Un Festival d'été auquel j'ai beaucoup pensé en allant faire un tour du Moonsplash Festival en mars dernier à Anguilla.

Je crois même y avoir réalisé que mes années à tant aimer le Festival d'été ont fait de moi une festivalière chevronnée qui a développé un petit vice pour tout ce qui se festivale!

Durant le Festival d'été de Québec, je déconnecte de la routine et je me reconnecte de l'intérieur. Je laisse la musique emporter le flot de mes inspirations. Je blogue, j'instagramme, je tweete, je nourris Flickr et YouTube et je m'amuse comme une folle!

Alors que je me replonge en mes archives et Google mes souvenirs, je tombe sur un billet de Mario Asselin, compère blogueur de Festival, via le Huffington Post Québec, où il mentionne mes blogueries de festival en de termes fort élogieux. Une douce émotion me parcoure le coeur alors que je relis ses mots:

"Ma lecture préférée demeure celle des billets d'Étolane du blogue Vol de mots. Collègue carnetière depuis longtemps, sa prose est rafraîchissante et ses reportages photos toujours éblouissants. Sandra aime passionnément les artistes qu'elle couvre !"

J'aime le Festival d'amour musical. J'aime le Festival pour cette dimension humaine parallèle dans laquelle il emporte le cœur de Québec.

Il n'y a rien de comparable, à ces vagues nocturnes de foules humaines, qui se dispersent et déambulent, dans le calme et la bienveillance, pour apprécier combien il fait bon vivre ici.

J'aime le Festival qui fait vibrer mes soirées de juillet et qui ouvre toutes sortes d'horizons à ma puce qui nous suit en nos pérégrinations...


Cette année, je veux mettre l'emphase sur le fait de "festivaler" en famille. Et à cette occasion, Miss Soleil et moi explorerons une fois encore la Place de la Famille Le Lait. Depuis toute petite, elle s'y amuse comme une folle...

D'ailleurs cette année, sera notre première année de Festival d'été avec enfant, mais sans poussette!

Nous explorons chaque année, la Place de la Famille Le lait. Cet espace, ouvert à tous gratuitement, est conçu pour évader les idées enfantines. Il se situe en un superbe cadre urbain et les activités qu'on y retrouve sont toujours amusantes et inspirantes.

J'ai d'ailleurs encore en mémoire un excellent spectacle de Luna Caballera, entre autres souvenirs accumulés au fil des années...

Cette année, je suis intriguée par le Jardin mythologique, l'atelier de graffiti et celui du musée des Beaux-Arts. À noter aussi une grande nouveauté: il y aura un manège pour les amateurs de sensations fortes!

Ainsi, j'ai le plaisir de collaborer avec la Place de la Famille Le lait pour faire tirer une paire de passes pour le Festival d'été de Québec!

Ne manquez pas l'émission de radio Parentem sur CKRL les mercredis entre 17:30 et 18:30 pour tenter votre chance.  Je donnerais les détails de ce tirage ce mercredi, en même temps que Miss Soleil et ma pomme parleront du Festival d'été en mode famille... 



À cette occasion, j'en profite pour vous mentionner que vous pouvez participer au concours
Vachement Trippant organisé par la Place de la Famille le Lait afin de tenter le hasard et gagner une fin de semaine de Festival en mode VIP, hôtel chic compris. Ça donne envie! 

Suivez ce lien (ou l'image) pour participer. Vous avez jusqu'au 3 juillet pour vous y inscrire. Bonne chance! 





Trips de Festival d'été de Québec...

dimanche, juin 07, 2015

Avec le printemps qui se fait été quand il n'a pas des humeurs d'automne, je me joins à l'équipe radio de l'émission Parentem sur les ondes de CKRL, 89.1.

Parentem, veut dire parent en latin. En ce qui nous concerne, c'est un magazine radio composé des chroniques et d'entrevues sûr la famille, la parentalité et les enfants qui se déroule tous les mercredis, de 17h30 à 18h30,

Non seulement j'y concocterai des chroniques estivales sur divers sujets mais je chroniquerai aussi avec Miss Soleil qui m'accompagnera durant quelques sujets...

Une sympathique aventure estivale qui a bien commencé avec une première émission où j'y ai parlé applications mobiles. Une émission où, spontanément, Miss Soleil s'est intégrée à l'équipe et du coup, sur le vif du moment, a participé à ma chronique du jour.

Miss Soleil, mini chroniqueuse en devenir. En bonne maman que je suis, je lui ai partagé avec plaisir deux minutes des sept minutes de ma chronique. Je n'ai pas eu le temps de finir ma chronique mais la puce a fait son baptême de micro...

Ainsi, Miss Soleil et sa mère parleront ensemble de voyage au Saguenay où nous irons découvrir les meilleures activités à faire avec des enfants cet été. L'on parlera aussi de mieux-être et d'enfance en testant le Festival de Yoga #Wanderlust au Mont Tremblant.

En solo, je prépare un mystérieux reportage sur mes papas du midi et j'explorerai divers sujets comme la mortalité maternelle ou l'abnégation parentale...

Je suis très heureuse de me joindre à cette cool équipe estivales pour discuter de parentalité. De quoi stimuler mon été et me dégourdir les idées!

Je vous invite à en écouter les podcats qui seront en ligne durant trois semaines après chaque émission et à vous abonner à la page Facebook ou au compte Twitter de l'émission pour ne rien manquer de nos pérégrinations radiophoniques...


Durant la première de l'émission qui s'est déroulée mercredi dernier, Sandra Lalancette a piloté ‪#‎Parentem‬ avec une main de maître et l'attitude zen d'un grand sage.

Deux secondes avant que ne débute la première émission, elle fait preuve de grand calme. Sandra a eu un bébé cette année. En mettant au monde son petit homme, elle a pris conscience de la profondeur de cet univers parallèle qu'est la parentalité.

Inspirée, elle a pensé cette émission de radio estivale afin d'explorer les multiples nuances de la parentalité en 2015.


Entourée d'une équipe ultra cool, elle animera ce magazine sur la parentalité tout l'été les mercredis de 17h30 à 18h30 sur les ondes de CKRL,89.1. Soyez à l'écoute!

Quant à moi, je serai de retour le 17 juin sur #Parentem pour un reportage rempli d'émotions paternelles...

Un été de chroniques pour Parentem sur les ondes de CKRL...

dimanche, mars 01, 2015


Cet hiver est le plus froid depuis 115 ans, c'est pas moi qui le dit, c'est les experts! Et je l'avais bien remarqué. Merci!

Cet hiver déchire sa mère avec des -30 à répétitions. Des grands froids qui ne lâchent pas. La dimension dans laquelle on évolue est définitivement polaire. Et... pas le choix, on apprend à vivre avec puisqu'on vit dedans!

À noter que lorsque l'on apprend à vivre avec une difficulté ajoutée, il faut aussi apprendre à s'amuser. Malgré la difficulté! C'est un défi en soi.

J'avoue que sans l'enthousiasme de Miss Soleil pour Bonhomme et le Carnaval, je ne sais pas si j'aurais eu le courage de m'aventurer sur les Plaines d'Abraham par l'une de ces autres journées à -35!

De ces journées qui font du quotidien une aventure. Une aventure car le danger, aussi contrôlé soit-il, rôde dans le frette qui congèle tout sur son passage...

De ces journées où il faut ramasser toutes ses forces en un même élan pour affronter l'extérieur! Ce faisant, je réalise que le Carnaval a définitivement le don de changer les idées congelées. De les sublimer.

Partir à l'aventure d'un après-midi sur les Plaines

En se plongeant dans le Carnaval, on accepte le froid. Les plus assidus l'encenseront. Ce qui n'est pas mon cas...

En ce festival hivernal, on prend cependant le parti de se réchauffer les idées en s'amusant dehors. Et ça marche!



On part cultiver le bonheur hivernal des enfants. On embarque avec nous une amie de la puce. Les deux ont un fun noir! On y retrouve des amis et on s'amuse du froid. En souriant parfois jaune...

On dévale les collines glacées, on dévore une queue de castor, on s’imprègne de cette atmosphère de fête givrée qui règne sur les Plaines. On congèle sur les bords mais cela fait partie du jeu.

Le Carnaval de Québec a le subtil pouvoir de transformer le frette en fun, Mine de rien, ça réchauffe le cœur. Perceptiblement. Les gens y retrouvent le sourire, il y règne une bonne humeur de fond qui fait du bien au cœur. Les plus extrêmes en profitent même pour sortir leurs bikinis!


De retour à la maison, je m'accroche à ces perceptions tout en grelottant sous ma couette. Le temps que ma chair se réchauffe. Il a fait frette en maudit! Un après-midi sur les Plaines par -35, ça fouette! Et j'ai survécu.

Et c'est là où l'aventure prend tout son sens. En cette force qui émerge et se rappelle à nous. Quand on part à l'aventure et que l'on en revient sain et sauf, on en revient toujours plus fort...

Et quand l'aventure a des allures de Carnaval, il devient bien facile d'accumuler quelques grammes de force et de fun!

Toutes les photos de l'aventure par là...




À l'attaque du Carnaval!

samedi, février 21, 2015

Inscrite durant la semaine sur la liste d'attente pour une conférence des Creative Mornings, je reçois un billet numérique le jeudi soir.

Vendredi, de très bon matin, je prends la route en direction du quartier général du Carnaval de Québec.

Une route longue et jonchée de trafic matinal. Une route où je dois gérer maintes émotions.

Dont celle, effrayante, de manquer de lave glace, sur l'autoroute. Quiconque en connait les affres me comprendra facilement. Ahhhhh....

Étant déjà subtilement à la bourre, m'arrêter est hors de question. Je raisonne l'émotion qui me panique les pensées à mesure que mon pare-brise s’obstrue. Gérer l'émotion laisse la place à une idée que je trouve absolument géniale sur le moment.

Profiter du ralentissent routier pour ouvrir ma fenêtre et asperger mon pare-brise avec la bouteille d'eau en mon sac. Yes, Ça marche! Bon, c'est artisanal et plutôt original mais cela dépanne. J'arrive enfin à destination. Saine et sauve.

Il fait un froid sibérien et je trouve marrant l'idée d'aller jeter un œil dans les coulisses du Carnaval. De plus, la conférence du jour est animé par David Desjardins. Connaissant l'énergumène, elle ne peut être qu'intéressante...

En prenant un chaï offert par Monsieur T, je papote avec un copain et en salue un autre. Je m'amuse de voir un étrange Narval (aperçu durant le défilé du Carnaval). Et c'est parti!

S'inspirer les idées matinales

Le thème du jour, dirigé par David Desjardins, porte sur le climat anxiogène de nos sociétés modernes.

Il explore ainsi le thème de la peur. Celle qui se transforme en anxiété. De ces peurs qui forment les multiples angoisses de nos sociétés modernes. Des peurs souvent irraisonnées, générées par l'émotion qui oublie de réfléchir.

Pour illustrer sa pensée, il propose l'image d'un parc rempli d'enfants et de parents branchés, un beau jour d'été. Arrive un inconnu louche dans le décor. Instinctivement, comme des chiens de prairies, les parents se mettent à renifler l'inconnu. Embarque la peur. Invisible. Collective. Les adultes ne perdent pas de temps à imaginer le pire. Des forces invisibles conspirent pour leur inspirer cette peur instinctive qu'ils ressentent.

Bombardés d'actualités toujours plus catastrophiques les unes que les autres, nous sommes programmés à cultiver les peurs. Des peurs souvent irrationnelles...

En effet, il est bien rare qu'un inconnu kidnappe un enfant, en plein jour, dans un parc. Mais si les circonstances s'y prêtent alors la peur se faufile. Et le parent frémit. Réagit. Sans réfléchir.

Ce qui me rappelle à l'esprit un documentaire vu dernièrement. Il y était question de la peur de prendre l'avion déclenchée par l'effondrement tragique du World Trade Center. Ironiquement, en cette vague de peur, moins de gens ont pris l'avion pour privilégier la voiture et l'on remarqué une augmentation des accidents routiers!

Selon David Desjardins, l'on vit dans une société anxieuse. Une société qui semble cultiver la volonté du risque zéro. Ne plus vouloir prendre de risques. Laisser la peur contrôler l'action. S'immobiliser. Car avancer dans la vie, c'est aussi apprendre à gérer les risques...

Gérer la peur du risque

La peur est un phénomène de survie qui se révèle utile en certaines situations mais le reste du temps elle est inutile sinon futile. Et comble d'horreur, elle paralyse!

Pourtant jamais l'on a vécu d'époque plus confortable. La vie n'a jamais été aussi simple et facile!

Comme je le crois aussi personnellement,  David Desjardins nous rappelle combien nous vivons aujourd'hui à une époque sécuritaire. Peut-être même la plus sécuritaire de notre histoire humaine...

Le monde est plus sûr qu'avant et pourtant les enfants d'aujourd'hui obtiennent à 14 ans l'autorisation de faire les choses que des enfants de 8 ans faisaient auparavant. En poursuivant cette volonté du risque zéro, on perd l'habitude de prendre des risques. Et cela nous nuit!

On perd l'habitude d'apprendre ce que le risque enseigne. Paradoxalement on vénère de plus en plus ceux qui prennent des risques et les sports extrêmes sont de plus en plus populaires...

Ah! la débilité humaine! Souvent je me dis que si la connerie humaine était mortelle, il y aurait hécatombe. Et si je pousse l'imaginaire en cette direction, je me demande comment évoluerait une humanité où la connerie est mortelle?

Par instinct de survie, l'humain apprendrait obligatoirement à contrôler ses conneries. Arriverait-on plus vite à un monde meilleur? Comme je m'y attendais, la pertinence de ce garçon me stimule les neurones.

Il explique combien il est bon de prendre des risques pour en apprendre les leçons, je souris intérieurement.  Selon ses sources, les pires délinquants sont des gens à qui on a jamais appris à prendre de risques...

Anecdote Alligator!

Mais s'il est bon de prendre des risques intelligents, prendre des risques imbéciles est bien con. Ce qui, d'un coup, me fait penser à la peur collective des alligators.

À chaque fois que je suis allée faire un tour en Floride, ou encore en Louisiane, j'ai creusé cette peur primitive du crocodile. Je suis passée au travers lorsque j'ai réalisé que la majorité des décès d'humains par alligators étaient causés par la connerie humaine. Cela m'a tant rassurée que j'ai complètement éradiqué cette peur niaiseuse de mon système...

Maintenant non seulement je n'ai plus peur mais je me régale du risque à chaque fois que je m'approche d'un alligator! Un risque raisonné et conscient. Jamais oh! grand jamais, je n'irai patauger bêtement en leur territoire. Mais explorer leurs contrées sur un aéroglisseur, j'adore!

Alligator croqué sur les rives du lac Trafford (dans les Everglades) lors d'une expédition avec Airboats et Alligators durant l'hiver 2013.

Je suis donc tout à fait d'accord avec le point matinal de David. Il faut être apte à prendre des risques qui peuvent nous faire avancer et reconnaître les risques que l'on peut prendre sans grand danger.

Il faut réfléchir et oser prendre du recul. Déterminer les peurs irraisonnées et les éradiquer. Penser autrement est l'une de mes activités favorites. Avec l'effort de se fracturer le crâne afin de se garder l'esprit ouvert. Et l'audace de sortir de sa zone de confort pour accrocher la magie de l'univers. Y'a pas, il m'éveille la cervelle de bon matin ce garçon!

Oser affronter le danger de nos émotions

David Desjardins évoque avec clarté ce climat anxiogène qui paralyse notre époque. Une époque avec peu de prises de risques, peu de projets fous.

Il termine cette conférence matinale en affirmant qu'il faut repenser l'échec. Ne pas croire que l'échec est une fin. Ne pas s'enliser dans l'échec. Encore une fois j'approuve le cours de ses réflexions.

Car l'échec n'est-il pas qu'échec si celui qui le vit n'en apprend rien? Dès qu'il surmonte, s’élève et apprend, l'échec s'efface. Malheureusement, on valorise trop peu les leçons de l'échec en notre société anxieuse.

David Desjardins croit que le climat social actuel, rempli de peurs irraisonnées, nous empêche d'imaginer le monde autrement. Selon lui, l'audace paie. Non pas l'audace folle mais l'audace raisonnée. Raisonner le risque, calculer intelligemment les avantages et inconvénients pour évoluer différemment.

J'acquiesce mentalement à ses propos. Il est tellement facile de se créer un problème imaginaire. Un problème imaginaire qui devient plus grand que l'obstacle imposé par le réel. Il est si facile de se laisser emporter par l'émotion ressentie plutôt que de se sortir la tête de l'émotion éphémère pour aller dans le sens de sa raison.

Apprivoiser le risque en apprivoisant l'émotion. Ce qui, à mon sens, revient à dire que la gestion des émotions est à la source de l'apprentissage conscient de la prise de risque!  Voilà ce que je retiens de cette conférence au cœur des ateliers de Bonhomme.



Bref, La pertinence de David Desjardins de bon matin, ça fait du bien. Ça nourrit délicieusement le mental englué...

Un vendredi matin inspiré avec David Desjardins dans les ateliers de Bonhomme!

samedi, février 14, 2015


Alors que les grands froids sévissent, semaine après semaine, l'avenue Cartier de Québec nous réchauffe l'ambiance givrée avec ses étranges lanternes.

Le parcours Lumière sur l'art met en place 34 luminaires géants qui illustrent les œuvres d'Alfred Pellan et de Fernand Leduc. Ainsi l'art moderne du Musée national des beaux-arts du Québec sort dans la rue pour illuminer les idées des passants.

Cette exposition, hors du commun, s'inspire des œuvres qui sont actuellement présentées au Musée. Cette initiative artistique offre au grand public l'occasion d'observer l'art autrement. Et ça marche!

En se promenant sur l'avenue Cartier, en pleine nuit, par - 35 degrés, on s'égare le regard dans les formes et couleurs qui tapissent ces étranges abat-jour et... on oublie un peu l'air glacé qui nous mord la peau.

L'esprit s'égaie. Le coeur s'échauffe. C'est la magie de l'art en pleine action!

Du chemin Sainte-Foy à la Grande allée, on se laisse porter par cette merveilleuse atmosphère surréaliste que dégagent ces gigantesques luminaires. Bref, Pellan et Leduc en plein air, c'est cool...

J'étais venue y faire un tour en plein jour, subjuguée, je m'étais jurée de revenir de nuit.


L'occasion s'est présentée lorsque l'homme m'a proposé une sortie sur Cartier pour la Saint-Valentin.

Même par -1000, enfin -35 pour être franche. Un énième -35 qui donne facilement un ressenti de - 1000! Le froid mordant croque chaque millimètre de peau exposée. Il traverse les couches et vient caresser l'échine qui grelotte. C'est l'hiver extrême. Par -35 degrés sous la lune, j'hulule. Je me lance en un safari photos sauvage en condition extrême.

Surtout quand t'as eu l'idée saugrenue de sortir en jupe et collant! Aussi longue soit la jupe, aussi poilues soient les bottes, il y a de ces courants d'air qui se faufilent. Ce qui selon l'homme amusé, fait de moi une gazelle de 20 ans, qui gambade dans la rue. Il y a de la Saint-Valentin dans l'air...

Quand la passion fait bouillonner l'esprit, cela réchauffe le sang qui se découvre des trésors de courage pour capturer l'inspiration de ces étranges lanternes nocturnes... géants abat-jour qui transforment l'atmosphère polaire.

L'art qui les décore m'élève les pensées qui ne désirent plus que les croquer! Moins charmée par Leduc, je confesse un faible manifeste pour Pellan. Magnifiques sont ses lanternes...

Un élan silencieux me donne l'envie subite d'aller me replonger les idées en son exposition. J'ai accompagné au musée la classe de la Miss, l'année dernière, et je suis tombée sous le charme de cet artiste québécois.

Je craque pour le surréalisme fantasmagorique de Pellan. Je rêve éveillée. Ses lumières m'illuminent les sens congelés.


Et c'est ainsi que je me congèle les fesses et manque de perdre quelques doigts, pour le seul plaisir d'accrocher ces images éphémères en ma mémoire numérique.

Des images, qui dans l'intimité, me rappellent une douce soirée amoureuse. Une soirée de parents libres comme l'air... un air coloré ultra frette qui fait de la nuit une aventure...


À noter: L'application mobile interactive d'Alfred Pellan du MNBAQ que je découvre et télécharge gratuitement...

Quand l'art moderne réchauffe l'hiver et emporte l'esprit...

mardi, juillet 15, 2014

De la Louisiane au Nouveau Brunswick en passant par le Festival d'été, les semaines ont défilé à vitesse grand V. Miss Soleil a fini avec brio une autre année de primaire. L'été est venu nous changer les idées en coin de lac. À nous la plage et les pique-niques sur sable chaud!

Bref, je n'ai pas blogué!

En juin, j'ai inspiré la Louisiane avec cœur. J'ai toujours voulu aller voir la Louisiane. Depuis aussi longtemps que je m'en souvienne. Et je n'ai pas été déçue! Aller faire un tour de bayou, explorer la culture cajun, naviguer les marécages, voir quelques alligators et se faire envouter par la Nouvelle Orléans.

Entraînée en un voyage de presse où chaque jour comptait pour trois, j'ai parcouru Lake Charles, Lafayette et la Nouvelle Orléans en un marathon d'activités et de saveurs. Quel caractère et quelles richesses humaines recèle la Louisiane!

J'ai aussi enquêté sur la présence du français. J'ai enrichi mes connaissances et je suis rentrée au Québec avec une nouvelle perspective de la francophonie américaine dans laquelle je baigne. Maintenant il ne me reste plus qu'à trier mes photos et à rédiger...


Revenue à temps pour fêter la St. Jean, j'ai bouclé un article techno avant de reprendre la route avec homme et enfant pour un reportage dans la baie de Fundy.

Nous y avons découvert une adorable ville à l'orée du Maine qui se révèle une excellente destination familiale. À suivre dans les prochaines semaines sur le Huffington Post Québec...


Du coup, j'ai pas mal raté le Festival d'été. Avec un pincement au cœur. Après tant d'années à le bloguer et lui donner de mon âme, difficile de ne pas en manquer l'énergie. Mais c'est aussi l'occasion de me ressourcer. De prendre une pause. Pour mieux l'apprécier l'été prochain....

Enfin pas tant raté que cela car j'ai quand même été voir Soundgarden sur les Plaines. Je m'en suis même prise plein les oreilles. Le son, incroyablement for,t m'a traversé le corps et a fait rejaillir les souvenirs de ce temps où j'avais 20 ans. Mes années grunge sont remontées à la surface de ma peau...

J'adore l’énergie de la ville de Québec durant le Festival. Et Miss Soleil n'envisage pas un été sans aller y faire un tour! Le Festival d'été fait définitivement partie du tissu de son enfance. Nous avons aussi attrapé La Centaurée sur la rue Cartier et fait un tour de la Place de la Famille...

En écoutant Jill Barber du coté de la place d'Youville, j'ai ressenti le même type de vibrations qu'en parcourant la Nouvelle Orléans. Tout comme j'avais ressenti des vibrations de Québec en me promenant dans le "French Quarter".

Si Québec n'a pas la passion musicale de la Nouvelle Orléans, elle en possède l'affection. Et si la Nouvelle Orléans n'a pas la passion francophone de Québec, elle en possède sûrement l'affection. Étrange parallèle qui me saute à l'esprit alors que la voix suave de Jill Barber enrobe la foule qui se met à danser joyeusement entre deux averses de pluie...­ 

De la Nouvelle Orléans à Québec en passant par la Baie de Fundy...

lundi, septembre 03, 2012

Ma rentrée est ponctuée de ces petits ennuis de santé qui pourrissent la qualité d'une vie. Inutile d’en déblatérer. Ainsi va la vie qui va ah!

Bref, en milieu de semaine je vois passer  le statut FB d’une amie qui laisse à prix d’ami une paire de billets pour le gros show de Madonna sur les Plaines.

Lorsque les billets ont été mis en vente, le budget pour y aller ne faisait pas vraiment partie de l’équilibre financier familial. Petit serrement de cœur à rater telle occasion mais bon!

Cela dit, lorsque j’avais 13 ans, j’adorais Madonna. Et que n’aurais-je pas donné pour la voir en concert!

Pour me faire plaisir, l’homme propose quand même d'acheter un billet. En son milieu de travail, un collègue s’improvise revendeur et lui propose un billet à deux fois le prix. Je me rebelle, il est hors de question que je me ruine pour le bonheur de ceux qui achètent des billets à la pelle dans l’espoir de faire du profit!

Aussi, je lui dis : « Si l’univers veut que j’aille voir Madonna alors il me montrera la voie ». Les semaines passent, l'envie de mes 13 ans subsiste en fond de scène quotidienne.

Aussi lorsque je vois passer le statut, je me dis que c’est peut-être un signe de l’univers. J’écris à mon amie. Elle est prête à me les vendre à perte.Elle a acheté les billets pour des membres de sa famille qui lui ont fait faux bonds. Elle préfère me les vendre à moi plutôt qu’à un inconnu. Je n’y résiste pas...

Célébrer nos noces de soie

Entre temps, je bataille ces ennuis de santé qui m'ennuient et ainsi va la vie qui va... 

Le jour venu, j’hésite. Est-ce que je prends le risque de sortir même si pas super en forme? J’en parle avec mon amie. D’un autre côté cela ne peut que me faire du bien au mental! Et puis quitte à être maganée, autant se changer les idées! En plus c’est le fameux jour où l’on doit souligner nos douze ans de mariage…

Nous nous sommes mariés deux fois, une fois civilement, en France, à Besançon,en juillet 2000. Une deuxième fois au Québec, en la charmante église de notre village en bord de lac, alors que j’étais enceinte de 7 mois.

L’idée est donc que si l'on rate le premier anniversaire de mariage, il reste celui de la fin de semaine du travail pour se rattraper.

Douze ans cette année depuis le début officiel de notre union. Sept ans depuis celui qui débuta notre parentitude…

Pour nos dix ans de mariage, l’homme m’avait surprise avec un vol d’hélicoptère qui nous avait bien envoyé en l’air au-dessus de Charlevoix. Mémorable. Magique.

L’année dernière, paralysie faciale, ovaire enlevé  et compagnie, on était plus en mode survie que célébration. Cette année, la première date est tombée durant le concert de Leloup sur le Plaines...

On s’est alors dit: " C’est sympa comme soirée, on se reprendra pour passer un moment ensemble pour la deuxième date!" Leloup fut festif mais pas vraiment romantique. 

Aussi lorsque je dis à mon homme que je pourrais peut-être avoir une paire de billets pour Madonna, il grimace. Il avait pensé à une soirée spéciale. Romantisme oblige.

En plus, il n’est pas particulièrement fan de la Madonne.

Finalement il me dit : « Si tu as envie d’y aller, cela me fera plaisir de t’accompagner, c’est pas ce que je pensais faire pour notre anniversaire de mariage mais cela peut quand même être une belle soirée! »

Arrive le jour dit. Je ne suis pas au top de ma forme. Mais bon, il faut bien vivre...

En discutant avec mon amie puis en renseignant sur le déroulement du concert, je décide de me mettre en repos forcé toute la journée.

Prendre les médicaments nécessaires pour gérer les maux et aller au concert une fois la première partie passée. L’important n’étant pas comment l’on est placé mais plutôt de participer!

Étonnement les dilemmes de gardiennage de la puce se résolvent comme dans du beurre et la pleine lune appelle à sortir. Tous les morceaux du puzzle de la soirée s'emboitent avec une déconcertante facilité.

L’idée est d'aller garer la voiture sur le parking de l’Université pour ensuite aller en bus récupérer les billets sur Cartier et puis filer au concert.

On part le cœur léger, avec le bonheur simple de passer un moment ensemble, seuls, en amoureux. Sur le chemin la pleine lune rousse est magnifique...

Le soir expire encore des bribes de chaleur d’une superbe journée ensoleillée. L’on attrape le bus sans problème, quasi vide. On arrive sur Cartier alors que la première partie du concert est déjà bien commencé.

Pénélope et Instagram, pique et pique et colégram

Alors que l’on marche sur la rue Cartier, je remarque deux têtes blondes qui « s’instagramment » sur une terrasse lounge. 

Du coin de l’œil, je reconnais Pénélope McQuade qui est dans mon réseau Instagram, Twitter et Facebook. Je remarque que l’autre tête blonde est Geneviève Borne. J’en prends note et le dis à mon homme qui n’a aucune idée de qui est ni l’une ni l’autre…

Deux coins de rue plus loin, on récupère les billets dans la boite aux lettres de mon amie. J’ouvre l’enveloppe scellée et y découvre deux billets. Magique. C’est le temps de notre moment Instagram!

Par chance, je capte le Wifi libre d’un resto non loin,  l’on s’instagramme instantanément. Par curiosité, je vais voir le fil de Pénélope et réalise que je passais bien par là au moment de leur instant Instagram. Un instant qu’elle tweete au même moment! 

Amusée, je lui réponds en riant que je venais de passer là au même instant. Elle me retweete sur le champ en me disant que j'aurais dû m'arrêter!

Mais je ne suis pas groupie de nature, je n’aime pas déranger. Si elle avait été moins connue, peut-être me serais-je arrêtée plus facilement mais le fait qu'elle le soit autant me bloque. Enfin si l’on m’y invite, je ne résiste pas! 

J’en parle à mon homme qui, habituée à mes virtuelles réalités, me dit : « Ben vas la voir si tu en as envie » 

Okay, d’abord, j’en ai envie. Je l’aime bien Pénélope et pas parce-que c’est une célébrité locale mais parce-que derrière l’image connue, je perçois une réelle humanité qui me touche. À chaque échange virtuel que nous avons eu, j’ai toujours eu cette sensation particulière que c’était une fille bien. 

Pendant que l’on rebrousse chemin, l’homme me dit : « Mais c’est qui encore? ». Je soupire et hausse les épaules en souriant. J’arrive au coin de la rue et à peine ai-je le temps de penser que Pénélope ouvre ses bras en me disant « Etolane! ». Je la serre dans mes bras avec grand plaisir. 

Elle me dit qu’elle sait que Madonna n’entrera pas en scène avant 10hrs. Il est passé 9hres et on prend ça tranquillo. La nuit est douce sur Cartier. On y respire encore les douceurs de l’été qui se partagent au coin d’une terrasse.

C’est donc parti pour un peu de papotage virtuel/réel/humain.  Un papotage entrecoupé par des fans qui viennent la saluer. Alors qu’un couple d'un certain âge s’arrête et que la dame ouvre son cœur. L'émotion qui vibre dans sa voix est si intense que j'en ai des frissons.

L’homme, à mes côtés, écarquille les yeux. « Mais c’est qui encore cette fille? » semble-t-il me demander d'un regard surpris? Je le sens aussi ému que moi par la dame qui explique avec tant de cœur pourquoi elle adore Pénélope. C’est vraiment touchant. 

À peine a-t-elle fini, qu’une autre fille arrive. Celle-ci explique que sa mère, malade, est une grande fan de Pénélope. Je commence à réaliser que Pénélope est une sorte d’ange...

Via le Web, je n’avais vu que la fille mais là, au réel, je commence à en percevoir la magie en elle. L’inconnue, iphone en main, lui dit qu’une photo ferait le bonheur de sa mère qui a pleuré toute la journée. Mais si seulement Pénélope acceptait de lui passer un coup de fil pour égayer la tristesse de sa soirée, ce serait le comble du bonheur.

Avec pure gentillesse, Pénélope prend le téléphone pour parler à cette mère malade pendant que la fille, les larmes aux yeux, sourit. 

Rendu là l’émotion est à son paroxysme, je pense que l’homme est conquis. Tant d’amour universel en cet instant éphémère. Impossible de ne pas y succomber. L’homme n’a plus dans le regard cette interrogation : « Mais c’est qui cette fille? ». De mon côté, je ne peux que constater combien cette fille est lumineuse...

L’on papote encore un coup, de tout, de rien, de Québec, du lac, de santé, de virtualité, d’humanité, de cette soirée qui souligne nos douze ans de mariage. Elle est cool Pénélope. On se quitte avec le sourire et je ne résiste pas au plaisir d’Instagrammer l’instant. 

Après tout, cela me semble logique puisque que c'est Instagram nous a réuni. Et puis, elle peut bien être magique Pénélope car il est bien rare que je m’instagramme avec quiconque!

En route vers la grande messe de la Madonne 

Il est passé 9 et demie. L’on prend le chemin des Plaines d'Abraham. L’on entre sur le site un peu avant dix heures. Nous sommes seuls. Main dans la main. Les cadavres de bouteilles d’eau vides jonchent l’herbe que nous foulons. 

Nous entrons en un étrange labyrinthe de barrières. La nuit est douce. La première partie est finie. On sent la foule au loin. L'atmosphère est pleine d'humanités qui attendent le gros show.

Par hasard, on s’engage dans un couloir et, en toute innocence, l’on descend en direction de la scène. Au bout de cinq minutes, sans trop comprendre ni comment ni pourquoi, l'on se rend compte que l’on a atterri à dix mètres de la scène!

On se regarde bouche bée! On se chuchote : « Ohoh, je pense qu’on est pas dans la bonne zone! »

À moins que justement l’on soit dans la bonne zone! Après tout cette nuit est remplie de magie humaine. Et puis c'est quand même nos noces de soie! Peut-être est-ce tout simplement l’univers qui nous guide vers le meilleur possible...

On est ensemble, sans Miss Soleil à choyer, mariés depuis douze ans et on s’aime encore. Elle est pas belle la vie?

On s’avance un peu, presque timidement, personne ne se préoccupe de nous. Une gang de gars chauds s’amuse non loin. Autour de nous, beaucoup de têtes grises attendent sagement. La vue sur la scène est imprenable. La lune veille.

À l’horizon, une marée humaine tapisse les Plaines. Il y a définitivement un petit goût de Festival d’été dans l'air. Ne manquent que les macarons pour faire scintiller l’atmosphère nocturne!

Étant habituée à couvrir le Festival, j’ai l’habitude de me trouver là où je suis. Si près de la scène, en cette section qui manque souvent d’ambiance mais qui a le mérite d’être aérée et d’être à une dizaine de mètres de l’artiste. Cela dit, je n’ai pas l’habitude d’y être avec mon homme! Et ça là, juste là, c’est magique.

C'est l’occasion de se serrer et de se bécoter sans se soucier de ce qui nous entoure! On se laisse aller à un peu de romance. Une quinzaine de minutes plus tard commence le show, et quel show!

La Madonne se donne sur les Plaines d’Abraham

Comme je m’y attendais, Madonna présente beaucoup de titres de son nouvel album. Un album que je connais bien peu. La mise en scène artistique qui frise l’art performance me séduit d'emblée.

Et que dire de l’artiste! 54 ans, un corps d’enfer et une énergie divine. Des danseurs talentueux, des chorégraphies intéressantes, un décor soigné. Tout un show visuel! De ci et de là, entre ses nouveautés, il y a ces quelques succès qui font vibrer la foule.

Évidement là où je me trouve, cela ne bouge pas beaucoup. Enfin j’y suis habituée. Étant toujours celle qui danse comme une folle au milieu de statues faites de chair et de sang.

Je laisse  les beats me glisser sous la peau et je me déhanche le corps collé à celui de mon homme. C’est pour cela qu’on est là après tout! Il faut toujours rendre honneur au bonheur quand il passe…

Au fur et à mesure du show, le bonheur m’emporte. Je flotte. Même la Madonne semble de bonne humeur.

Je craignais qu’elle soit froide et je la trouve plus chaleureuse que je m’y attendais. Souriante. Okay, je ne peux aussi qu’envier la fermeté de ses fesses! T’as beau avoir 54 ans quand t'as de telles fesses d’acier, tu peux définitivement les montrer! Et puis je trouve sa sexualité assumée plus épanouie que vulgaire. Cela me plait.

En fait, étonnement, je trouve même qu’il y a une certaine douceur à cette sexualité qu’elle contrôle depuis des décennies. J’apprécie. En tant que femme, j’admire cette sensualité qu'elle dégage. Je remarque aussi que mon homme est loin d'être indifférent aux charmes de la Madonne! On en rigole un peu.

Contre toutes attentes, l'homme est charmé de sa soirée. Il craque même sur la version dépouillée (et déshabillée) de "Like a virgin" que j'ai du mal à reconnaitre.

La Madonne finit par s’adresser à la foule en un petit discours qui aurait eu le mérite d’être mieux écouté par ceux qui m’entouraient. Bref...

Elle prêche pour la destruction de l’intolérance. Pour l’abolition de la haine. Elle lance l’idée que nous sommes tous égaux. Elle parle d’amour et de sa mère si tôt disparue. Elle en profite même pour respecter le drapeau québécois qu’on lui offre. Elle mentionne Jeanne d’Arc en passant.

Y’a pas, quoi qu’on en en dise quoi qu’on en pense, elle est encore du chien la Madonne…


Elle professe un message auquel j’adhère complétement. Et puis elle évoque ce principe qui fait que je ne suis guère groupie. On est tous que des humains après tout…

Après presque deux heures de show, pas de rappel en perspective.C’est plate. Mais bon, c’est le style de la Madonne. On ne la refera pas et puis on ne peut pas dire qu’elle ne s’est pas donnée! On reste un moment collés, amoureux, alors que la foule se disperse autour de nous. C’est alors qu’un gentil couple gay nous accoste.

Adorables, ils nous expliquent avec émotion comment ils ont été heureux de nous voir danser au milieu de gens plates. Combien ils nous ont regardé durant le show et combien ils nous ont trouvé mignons! Craquant! C’est notre fête! Mais oui, c’est notre fête de mariage! Nous les avons touchés. Manifestement on l’a encore l’affaire...

On leur sourit, eux même sont en couple depuis 17 ans. On papote joyeusement du concert. J’apprends qu’ils ont adoré le show, ils ne sont pas du tout déçus de leur soirée. Juste tristounets que la foule n'ait pas plus embarquée.

Grands fans de Madonna, ils savaient eux aussi que cette tournée avait pour but de promouvoir son nouvel album et non pas de ressasser des vieilleries...

Tout comme nous, ils trouvent bien qu’elle continue de créer, d’évoluer, d’avancer. D’ailleurs n’est-ce pas ce qui fait sa force?
Une soirée de noce de soie sous le signe de l'univers

Au sortir du spectacle, je me doute que les avis seront mitigés sur ce show. C'est le propre de l'humanité. Et puis Madonna est tellement un personnage en soi...

Mais en ce qui nous concerne, Madonna a tout à fait assuré! Elle nous a donné l'occasion de passer un moment ensemble qui fut tout aussi divertissant que romantique. Un moment empreint de magie. Le tout enrobé de la sensualité provocatrice de l'artiste. Mémorable.

Il est passé minuit et la lune brille haut dans le ciel. L'on suit la foule dense qui s'éparpillent dans les rues. Comme tout semble parfait en cette soirée où les étoiles s'alignent avec la lune pour que l'on soit bien. On sourit aux anges. L'on attrape un bus sans aucune difficulté.

Arrivés à Sainte-Foy, main dans la main, l'on savoure l'air de la nuit. L'univers m'est alors si doux qu'il semble me chuchoter au coin de l'âme :"Accroches toi, lâches pas, i'm here!"

Madonna et noces de soie...