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mardi, mai 03, 2016

Les quatre derniers mois ont été rudes entre mes ennuis de santé et la commotion cérébrale de la Miss.

Pour me revitaliser le coeur meurtri, l'homme nous organise une soirée surprise. Docile, je suis son sillon. Alors que j'arrive en ville avec la nuit qui tombe, je réalise que j'ai passé les quatre derniers mois cloîtrée avec ma puce maganée.

Je n'ai mis le nez dehors que pour des rendez-vous médicaux et des passages à l'hôpital! Lorsque je vois le nom du chanteur du concert auquel il m'amène, mon cœur bondit de joie! Yes! Avec Yann Perreau, il tape en plein dans mon mille intérieur.

L'on se souvient de la fois où on l'a vu, au Grand Théâtre, au printemps 2005, lorsque j'étais enceinte de la Miss.

L'on se remémore la première fois qu'on l'a vu durant le Festival de Tadoussac, du temps de son mohawk, il y a des lustres de cela...

L'on a aussi le sentiment de l'avoir revu au Festival d'été sans trop nous resituer. Après coup, c'était Place d'Youville qu'il nous avait fait danser...

C'est cool de le revoir à l'Impérial. J'aime bien cette petite salle. Voilà que tout cela me rappelle combien la musique peut me faire vibrer et sentir vivante.

Trop contente de sortir, trop contente d'être dehors. Ce soir, je ne suis pas maman, je suis juste femme. Juste moi.

En cette soirée qui se déroule dans le cadre des NuitsFEQ, l'on apprend que c'est Yann Perreau et invités. Une jeune femme que je ne connais ni d'Ève ni d'Adam entre sur scène. Yep, je ne regarde pas la Voix! Je l'apprends après coup. Je capte son prénom mais, sur le vif, son nom m'échappe.

Via Instagram un utilisateur m'apprend qu'elle se nomme Charlotte Cardin. En quelques chansons, elle m’envoûte les sens. Toute mignonne, toute jeune, toute neuve, elle est charmante lorsqu'elle annonce qu'elle fera partie du Festival d'été 2016. Le même soir que Sting pour ceux que cela n’intéresse pas...

C'est un véritable coup de cœur musical pour ma pomme fraîchement sortie de sa brousse! Sa voix veloutée, rauque et chaude, me fait penser à un délicieux mélange de Feist et Lou Doillon. Ses mélodies me charment, son style me plait, bref, je craque pour cette Charlotte musicale!


Arrive ensuite le groupe Pandaléon que je ne connais pas non plus. Le même abonné Instagram éclaire ma lanterne en temps réel. Je craque moins que pour Charlotte mais leur rock atmosphérique est sympa. Assez sympa pour me faire onduler sur place...

Et voilà le temps de Yann! Il débarque sur scène avec la même énergie survoltée dont j'ai le souvenir. Il a pris un petit coup de vieux depuis la dernière fois qu'on s'est vu. Nous aussi! Le voilà jeune papa et nous voilà vieux parents!

Cela fait du bien de retrouver son énergie électrifiante. Il rend la soirée intime et chaleureuse en s'adressant au public, en étant authentique et en partageant des anecdotes de sa vie et de son amour pour sa femme (maman d'un tout nouveau poupon qui assiste au concert à deux pas de nous).

Je réalise que ce qui me plait tant chez lui, c'est non seulement sa musique que j'apprécie mais aussi cette mystérieuse sensualité sentimentale qui me touche. Il est aussi sensuel que sentimental et c'est le genre de mélange qui me fait tomber à tout coup. Surtout en chansons!

Et voilà que je me retrouve à danser sans tout à fait m'en rendre compte. J'ai les boucles qui s'éclatent. Je reconnais ces chansons (que j'ai connu par coeur). Je me laisse glisser dans la musique (et les bras de mon homme) qui m'emporte dans la nuit...



Cette soirée douce et électrique nous régénère joliment les esprits et nous remplit d'espoir en la vie. Il fait bon nous retrouver en couple en cette #nuitsfeq.

On est toujours pas sortis du bois avec la commotion de notre puce mais ce soir, on prend une pause de parentitude. On respire, on danse, on s'embrasse, on se câline et on s'allège l'esprit grignoté par les soucis. Pas de doute, la soirée surprise de l'homme est un succès à mon coeur!

Pour plus de vidéos, c'est par là...

Plonger au cœur d'une nuit FEQ

vendredi, février 05, 2016


Recevoir en courrier recommandé une grosse enveloppe brune du Ministère de la Justice au nom de mon mari. Allons bon!

Je signe et j'ouvre l'enveloppe brune pour y découvrir la photo de sa voiture et une contravention de 78$. Merci robot radar! Voilà pas que le bougre s'est fait prendre à 85km/h sur l'autoroute Robert Bourassa!?! #WTF

Sauf qu'à cet embranchement là de l'autoroute, au détour de l'université, avec cinq voies, il y a un panneau pour une zone à 70km/h sur une courte distance. La photo en noir et blanc est claire et nette. Elle montre bien qu'il en plein milieu d'une autoroute vide! On ne peut pas vraiment parler de conduite dangereuse. Je reste perplexe plusieurs minutes devant cette photo qui m'a atterri entre les mains ce matin là.

Je comprendrais l'amende s'il avait fait un tel excès de vitesse en un quartier résidentiel mais sur une autoroute à cinq voies, cela me fracasse un coin de cervelle! Le dossier en plusieurs feuilles mentionne qu'il était à cette vitesse "rapide" 500 mètres passé le panneau qui stipule 70km/h. J'en reste bouche bée. Mouais, me semble surtout qu'il a pas eu de chance sur ce coup là!

Le pauvre est dépité lorsque je l'appelle pour lui apprendre la nouvelle. Il roule comme un pépé depuis qu'il a perdu quelques points par ci par là avec des contraventions de vitesse niaiseuses dans les dernières années. Et je l'ai vu apprendre de ses leçons...

Mais manifestement l'univers l'a à l’œil. Ou les robots. Big Brother ne l'a pas raté sur coup là!

Bref, aucun écart ne lui semble permis. La bonne nouvelle c'est qu'il ne perd aucun point sur son permis. Lorsque c'est le robot qui attrape le coupable, il ne peut prouver l'identité du conducteur. Il récolte alors une contravention à payer mais aucun point ne saute.

Et pour la première fois, je n'arrive pas à être fâchée de cette autre contravention qui nous fera jeter notre argent par la fenêtre. J'en profite pour réaliser que je ne suis même pas sûre d'avoir jamais remarqué ce panneau de ralentissement de vitesse lorsque j'ai roulé dans ce coin là. J'y ferai maintenant plus attention...

Dans l’œil des radars routiers...

mardi, février 12, 2013

Miss Soleil fait l'école buissonnière. Mal de ventre de bon matin pour la puce, son père capitule. Enfance au repos et parents en cybertravail...

Tandis que je me concentre sur mes textes du jour en mon bureau de maison, l'homme fait ses tâches d'analyste informaticien en son coin.

Autant cela me fait plaisir de l'avoir à mes cotés pour répondre aux besoins de l'enfance en repos autant lui marmonne (affectueusement) sa grogne de travailler à la maison. Autant ma condition de pigiste me sied autant il apprécie son bureau universitaire...

La puce regarde un film inspirant. Les chats roupillent. La neige fraîche enrobe le calme de la fôret qui nous entoure. Sous un ciel gris virevoltent quelques flocons. L’on travaille sagement en cette atmosphère qui fait mon bureau de cyberpigiste.

Comme à mon habitude, j’écoute l’une de ces listes de chansons que j’affectionne sur Songza. Lorsque passe cette chanson, l'homme s’exclame :

- Hé chérie c’est déprimant ta musique! 
- Ben c’est mon atmosphère de travail. J’ai besoin d’espace mental… 
- Ouf! Ben là y’a trop d’espace!

Brève de cybertravail

lundi, juin 11, 2012

Le mois dernier, l'homme, en une poussée romantique, a décidé de me faire passer une soirée surprise en ville...

Une initiative qui n'est pas vraiment dans ses habitudes masculines et qui m'a laissé quelque peu perplexe!

N'ayant pas l'habitude d'autant lâcher prise, j'ai joué le jeu et l'ai suivi avec moults questions à l'appui.

On a donc joué aux devinettes tout au long du chemin. Premier arrêt au Cochon Dingue. Cela donne le ton de la soirée. Douce et amoureuse...

Une fois par année, j'ai envie de moules frites. Depuis quelques jours, l'idée revient régulièrement sur le tapis.

Tout de suite je fais le lien entre l'endroit et l'idée lancée. Il n'y a pas tant d'endroits à Québec où se taper un moule frites! Il a choisi celui sur le boulevard René Lévesque (non loin de Cartier) et j'en suis contente, c'est mon préféré...

L'endroit est tout à fait propice à un moment intime. L’atmosphère est celle d'un bistro parisien. Elle change les idées de brousse.  Mais ce qui m'est le plus romantique est certainement la pensée derrière tout cela. Il s'est demandé ce qui me ferait plaisir et il a matérialisé l'envie. Voilà comment le romantisme devient moule frites!

Bref, on savoure ce moment de couple autant que les moules qui finissent dans notre bouche et donnent lieu à quelques blagues salaces. J’apprécie l'ambiance non bruyante. Le service est sympa. Le dessert est cochon à souhait. Tout est parfait.

Mais la suite de la soirée commence à sérieusement m'intriguer. Qu'est-ce qu'il a bien pu mijoter? Impossible de lui tirer les vers du nez! On reprend l'auto en direction du centre-ville, nous voilà sur la rue St-Jean. Il s'arrête devant le Fou Bar. Je suis perplexe...

N'étant pas très portée sur la boisson, l'envie d'un bar ne m'excite pas particulièrement. Je grimace. Mes moules-frites se baladent en mon estomac. Il insiste en souriant. Au milieu de la place, un petit groupe de musique. Une jolie fille. Une ambiance chaleureuse. Un sourcil froncé, je m'assois à une table libre. Il passe un bras autour de mes épaules.

Il faut avouer que ces moments seuls sont rares. Ces moments là où l'on est couple plutôt que parents.

La musique commence et là je craque. J'aime le jazz. J'aime toutes sortes de jazz, le Fusion, le Groove, le Funky, le Ragtime, le New Orleans, le Jazz Gitan, la Bossa Nova, le Soul Jazz, l'Acid Jazz, le Trip hop jazz, le Nu Jazz, etc. Mais j'ai aussi un gros faible pour le vieux jazz, celui des années 20...

Et ce soir là, c'est une soirée jazz "antique" avec le quatuor Tea for 20's. Quatre collaborateurs de longue date qui offrent un répertoire typique des années 20, avec des arrangements à trois voix, guitare, piano, contrebasse et percussions. C'est l’époque des Années folles du charleston.

Accompagnée de musiciens expérimentés, la voie envoûtante de Lily Thibodeau a tôt fait de ramener le romantisme au gout de l'heure. Je suis aussi charmée qu'impressionnée par l'organisation de cette soirée. Attaque romantique!

Portée par les mélodies d'un siècle passé, je me laisse glisser dans l'instant présent. Je fredonne. Il me sourit. Mon coeur bat la chamade. Dans le mille Émile!

Évidement je ne résiste pas à croquer la chanteuse de mon iPad (au grand désespoir de l'homme). Mais là encore il me sourit en disant:

- Ouais, c'est une déformation professionnelle... Tu es incorrigible!!!
- Allez, elle est trop bonne, je prends juste trois photos et deux vidéos. Pis justement je dois tester une app vidéo! J'te jure que j'ai fini...

Il soupire. Je lui souris. Il me pardonne. Nos émotions se conjuguent. Main dans la main. Il me regarde avec des yeux doux. Je fonds. Je sais qu'il ne trippe pas autant jazz que moi. Douze ans de mariage et toujours cette flamme qui nous unit. Parfois elle vacille mais jamais elle ne s'éteint.

Pendant que nos coeurs battent à l'unisson, Lily Thibodeau chante son Tea for Two. La nuit est douce et je me sens soudainement ultra choyée. Mais toute bonne chose a une fin. On rentre bien avant minuit. À temps pour récupérer l'enfant et secrètement j'espère qu'il recommencera bientôt.

Une mention spéciale à Lily Thibodeau qui, de sa voix veloutée a enrobé de charme cette soirée pas comme les autres. Une chanteuse locale à découvrir. Définitivement ma découverte musicale locale du mois...




Un soir en ville...

mercredi, octobre 27, 2010

Parlons girolles...

Aujourd'hui, le temps était tout simplement sublime, il est bien possible que l'on ait frôlé les vingt degrés en plein soleil. Une température divine.

Aujourd'hui, les services de gardes en milieu familial faisaient grève. Alors la mère que je suis a pris la relève, mis de coté ses pains sur sa planche et a fugué avec son enfant au bord de l'eau.

Une journée bien remplie avec des jasettes de voisinage, des rencontres fugaces et des humeurs de lac. Une chasse photographique réussie et une M'zelle Soleil qui est allée se coucher en chantonnant "Grève, grève, c'est très très l'fun, très l'fun, très l'fun, la p'tite grève..."

Une fois l'enfant couché, je vais faire un tour sur Twitter voir ce qui s'est déroulé durant la journée.

Il ne me faut guère de temps pour comprendre que le mot du jour est "vaginite". Michelle Blanc, de son franc parler, fait jaser Twitter qui gazouille à tout vent...

Mais une question se pose. Est-ce que le mot vaginite est tabou chez les femmes? Peut-être. En public tout du moins. Ce qui est certain c'est qu'il fait vite s'hérisser le poil des hommes!

En fait, c'est un sujet délicat et inconfortable que l'on discute entre copines. À l'intime. Car lorsque le contexte s'y prête et que les langues féminines se délient alors il n'y a plus rien de tabou à ce sujet. Il se transforme plutôt en une ribambelle de blagues, de confidences et des grimaces...

Aussi, je réalise que de mon coté, vaginite n'est certainement pas mon mot de prédilection pour aborder le sujet. En effet, je crois bien que je préfère encore parler de champignons, c'est plus champêtre. Cela me met plus à l'aise. Quitte à y penser, je lance l'idée sur Twitter. L'idée fait mouche. Ce faisant, j'en parle à mon homme qui travaille devant son écran. Je lui résume la chose et lui explique mon concept perso:

- Non mais c'est vrai, tu dis vaginite, instinctivement tu fais isssshhhhhh mais si tu dis champignons ça ouvre l'appétit!

Il me regarde à moitié amusé, à moitié dégouté et me répond:

- Ouf, quand même pas sur! Ça a plus tendance à me couper l'appétit! Mais c'est la même chose?
- Ben oui, généralement c'est des vaginites à champignons que les femmes ont. C'est les plus courantes me semble, c'est la flore qui fait des champignons comme dans la forêt...

Il me regarde avec effroi. À moitié morte de rire, j'enfonce le clou en continuant la discussion à savoir si cela ressemble vraiment à des champignons sous un microscope. Cela part à la dérive. L'homme renchérit en plaisantant girolles. L'on déraille un bon coup pour finalement éclater de rire en choeur devant l'ampleur de nos niaiseries.

Alors, ma foi, cette vaginite 2.0 aura certainement eu le mérite de réveiller l'humour nocturne en ma maison. Et puis c'est bientôt Halloween, la fête où il fait bon se dégouter et se faire peur! À savoir si c'est vraiment un sujet tabou chez les femmes, je me pose la question. En privé, entre copines, je ne pense pas vraiment que cela soit le cas. En public, par exemple, c'est une autre histoire...

Parlons girolles...

lundi, septembre 27, 2010

Oxymoron et grincement d'oreilles

Lundi, entre deux nuages, reprend la routine du quotidien. En nos mémoires une autre fin de semaine à ranger dans un tiroir.

En ses souvenirs, s'insère la chaleur de nos amis,  les sourires d'un nourrisson, les moments partagés à trois ici et là, de jolis paysages, une certaine douceur de vivre...

Le ciel se dégage sur le coup de midi. Même si l'envie de fuguer en pleine nature me tenaille, je travaille plutôt sur une entrevue matinale que j'ai effectuée avec un sociologue français de renom. L'échange fut stimulant et je me concentre à mettre en lignes les idées accrochées.

Le téléphone sonne. Mon homme pense à moi. Il me demande:

- Pis il était gentil?
- Oui.
- Il était intelligent.
- Très. Mais tu sais que j'ai vraiment un petit faible pour les sociologues...
- Oh oui! Je le sais bien. Tu les adores...
- En effet, c'est un faible prononcé!
- On pourrait même dire que tu as un fort faible!
- Ahah! Oxymoron! Okay oxymore si tu préfères...

Éclat de rire partagé. Juan déteste le mot "oymoron". Il le trouve si laid que ses oreilles sont agressées à chaque fois que je le prononce. Quant à moi j'adore le concept qui a le don de me divertir l'esprit et la langue en un même cocktail. C'est un mot bizarre qui m'amuse. Du coup, je saute sur toute occasion de pouvoir l'exprimer! J'entends Juan qui  grogne, pianote et s'exclame:

- Mais le pire c'est tu as raison on peut dire oxymoron!
- Ben oui, et là, nous avons produit un magnifique spécimen. Yé!

L'homme disserte une autre fois sur la laideur du terme tandis que je rigole en mon chignon. Mais il est temps de reprendre mes concentrations. L'on raccroche et je retrouve la solitude de mon écran. Un jour peut-être j’écrirais un billet sur le silence bruyant de ma brousse...

Source Wikipédia: "En rhétorique, un oxymore ou oxymoron, du grec ὀξύμωρος (oxúmōros - de ὀξύς, « aigu, spirituel, fin » et de μωρός, « niais, stupide », mot qui en grec signifie « malin stupide, spirituel sous une apparente stupidité », lui-même un oxymore) est une figure de style qui vise à rapprocher deux termes (un nom et un adjectif) que leur sens devrait éloigner, dans une formule en apparence contradictoire. Exemple : un silence éloquent. L'oxymore permet de décrire une situation ou un personnage de manière inattendue, suscitant ainsi la surprise. Il exprime ce qui est inconcevable. Il crée donc une nouvelle réalité poétique, il rend compte aussi de l'absurde."

Oxymoron et grincement d'oreilles

lundi, avril 26, 2010

Montréalisée...

Downtown Montreal

De retour de Montréal. Montréal où le plateau fourmillait de vie, où les feuilles verdissaient les arbres des rues et où la vue depuis notre chambre d'hôtel était superbe. Cette fin de semaine dernière, il faisait un temps magnifique à Montréal. Les terrasses étaient pleines, le soleil plombait la ville qui se donnait des airs d'été. Et M'zelle Soleil, les yeux grands ouverts, assimilait toute cette vie urbaine qui grouillait autour d'elle...

Poser nos sacs au coeur de la ville

Par la magie d'Hotwire, je nous dégote l'un de ces hôtels qui fait du bien au moral. Il n'y a rien comme un quatre étoiles à petit prix pour retrouver le sourire! Se lover dans une bulle de confort luxueux. Une bulle ouatée qui fait s'estomper les soucis de sa vie. S'alléger l'esprit. Apprécier la vie. Trois jours d'urbanité pour passer ensemble du temps de qualité. L'on savoure. M'zelle Soleil adore la piscine, l'ascenseur et son grand lit moelleux. Elle sautille comme une puce. Sa joie pure me nourrit de l'intérieur. Elle me rappelle à ces sensations d'enfance que j'oublie au coin de mon adultitude.

De notre chambre, au 33ième étage, la vue est géniale. Le centre-ville s'étale à nos pieds, à l'horizon se perdent des montagnes, le fleuve nous fait de l'oeil et le Mont-Royal bourgeonne. Debout sur le rebord de la fenêtre, les mains contre la vitre, M'zelle Soleil examine la ville à ses pieds. Elle s'exclame gaiement: "Maman, regarde y'a des personnages en bas!". Je souris. Petits comme des fourmis, les "personnages citadins" vaquent à leur vie entre deux sirènes et une multitude de lumières...

......

L'on retrouve Ves, mon amie depuis l'adolescence, marraine de ma puce. Elle gardera notre mini Miss lors de notre sortie de couple. Spécialement pour l'occasion, elle a organisé une soirée avec l'une de ses amies et sa fillette du même âge que la mienne. Au programme: maquillage, vernis à ongles et film de princesses. M'zelle Soleil est plus ou moins satisfaite de cet état de fait mais comme elle adore Ves (qui la traite comme une petite reine), je ne suis guère inquiète. Je suis en confiance et me sens bien chanceuse de pouvoir autant l'être.

Comme à chaque fois que je retourne en ville, il ne me faut guère de temps pour me "remontréaliser". Ves aidant, les repères urbains reviennent vite. Mais je garde ma zénitude de lac au coin de mes idées calmes. Je n'ai pas vraiment le goût de revivre ici mais je suis contente d'y retrouver une partie de ma peau. Me promener sur Mont-Royal en compagnie de ma puce me met le temps qui passe dans la face. M'zelle Soleil adore l'expérience nouvelle. Et il fait si bon que l'on ne peut qu'être heureux! Je réalise que la douceur du présent efface les douleurs du passé...

Arrive le temps de laisser M'zelle Soleil entre bonnes mains pour s'octroyer l'un de ces rares moments de couple. L'un de ces moments précieux que l'on compte sur les doigts d'une main depuis que l'on est parents. Lorsque l'on se retrouve seuls pour profiter de l'air du temps, il y a toujours cet étrange instant où l'on se regarde un peu perdus sans elle. Et puis l'on se sourit. L'on se prend la main. L'on se retrouve. Et l'on prend le temps de nous. L'on s'arrête un moment sur la montagne qui vibre d'humanité. Juan aime découvrir Montréal. Quant à moi, c'est toujours un peu comme revenir à la maison.

"S'encharlotter" une soirée

L'on se gare à quelques pas de la salle de concert. L'on est en avance. L'on se promène avant de rentrer dans la salle. En première partie se produit un groupe californien inconnu à mon bataillon. L'atmosphère musicale est agréable. L'on se bécote. Amoureux. Dix ans de mariage et la flamme brule encore...

Arrive Charlotte. C'est son deuxième soir à Montréal et j'ai tendance à croire qu'elle n'en sera que moins gênée. Alors qu'elle entame sa première chanson, je ne peux m'empêcher de la trouver de pareille qu'à la télé! Elle dégage cette même vibration si particulière. Forte et fragile à la fois. Timide et fonceuse. Je lui trouve plus d'assurance que je ne l'avais imaginé. Juan m'en fait aussi la remarque. Il faut dire que je l'ai un peu trainé dans mon sillon de Charlotte. Mais finalement il est content d'être là. Il s'attendait au pire. Il est surpris. De mon coté, je la trouve parfaite, éthérée, intemporelle. Je l'absorbe.

Je fredonne et je danse. Sympathique même si toujours timide, elle remercie les gens d'être là. Elle partage quelques gouttes de sa vie. Lorsqu'elle interprète une chanson de son père, quelques frissons me parcourent l'échine. L'espace de quelques minutes, j'ai l'impression que Serge l'habite toute entière. Elle le canalise d'une manière si intime qu'elle me bouleverse. Ma carte mémoire est vite pleine et c'est en ma mémoire organique que je capte ces instants émouvants.



À l'écouter prendre possession des mots de son père, j'ai envie d'en entendre davantage. L'envie subite de la voir faire un album de chansons tirées du répertoire de son paternel me traverse les idées musicales. Le concert s'achève. Charlotte s'éclipse mais revient vite sous la clameur du public. Elle enchaine avec le chat du café des artistes de Ferland. J'adore cette version live qu'elle présente. Je m'éclate au milieu de personnes immobiles. Et, lorsque pour clore le tout, avec une étonnante énergie, elle embarque sur "couleur café", je me laisse complètement emporter. Résultat, je sors de la salle complètement encharlottée...

Heureuse d'avoir assisté à sa deuxième représentation montréalaise. J'apprends que le premier soir fut plus timide, accompagné de quelques blancs de mémoire. Elle était hyper gênée semble-t-il. Pour ma part, je retiens de ce concert la sensation d'avoir eu le meilleur de Charlotte. Juan est aussi sous le charme. Lui qui venait à reculons a apprécié sa soirée...

Charlotte à Montreal

Mais il est bientôt temps de rentrer se coucher. L'on récupère M'zelle Soleil qui a aussi passé une bonne soirée. De retour dans notre chambre en hauteur, la puce tombe de sommeil. L'on attend qu'elle s'endorme pour mieux se coller. Les draps sont soyeux. La nuit est sensuelle. Les lumières urbaines illuminent l'horizon nocturne qui s'étire par la fenêtre. M'zelle Soleil ronfle doucement.

Reprendre le chemin du lac

Une dernière excursion à la piscine pour M'zelle Soleil suivi d'une petite balade dans le Mile-End en compagnie de nos amis. Un détour par Laurier coté Outremont pour trouver des macarons du Point G. Gourmande, je salive devant les choix colorés. La température nous fait la fête. Les rues sont envahies par la fourmilière humaine qui s'active. Montréal se dore la pilule au soleil.

L'on termine notre escapade urbaine avec la visite d'une copine virtuelle qui se révèle tout aussi charmante au réel. Et puis l'on reprend la route. Un coucher de soleil romantique accompagne nos kilomètres qui défilent. En chemin, M'zelle Soleil décide de pratiquer son écriture. Elle écrit son nom avec fierté. Une fierté que je partage en mon sang de maman. Elle s'amuse à écrire des" texxes" et s'imagine à l'école. Je souris au coin de ma fenêtre. Pas tout à fait "décharlotée", je regarde les arbres se dénuder. Plus l'on se rapproche de la maison et moins les arbres verdissent. Je sais bien qu'il n'y aura pas de feuilles aux branches de ma brousse! La nuit tombe sur la route qui nous ramène chez nous.

Reposés et régénérés, l'on retrouve nos pénates silencieuses. Prêts pour continuer la construction de cette micro famille que nous formons. Au coin de mon bureau virtuel, une pile invisible m'attend. Concentrée, je passerai les prochains jours à pianoter, les yeux rivés sur l'écran et le nez dans la Toile.

Montréalisée...

dimanche, septembre 27, 2009

Un papa, une maman, une fillette et Oedipe...

Les samedis matins, il n'est pas rare qu'Oedipe se glisse sous nos draps pour prendre place entre nos deux corps. En effet, chaque câlin que l'on se fait en compagnie de M'zelle Soleil réveille Oedipe en notre maison...

En fait, il suffit que l'on se rapproche amoureusement pour que la minimiss nous saute dans les bras. Elle n'accepte que l'on se câline en sa présence que si elle est coincée entre nous deux! Étonnement, je n'en ressens aucune menace.

Il faut dire que Juan a, depuis le début de l'arrivée d'Oedipe en nos vies (la demoiselle venait à peine de fêter sa première année), toujours mis les choses au clair. Je suis sa femme. Elle est sa fille. Un point c'est tout. Il n'y a pas de tergiversation sur le sujet.

Ceci n'empêche pas la demoiselle de tergiverser, de contester et de régulièrement essayer de lui faire changer d'idée. Cet été, elle me dit par exemple: "Maman, moi z'appelle mon papa sséri parce-que c'est mon mari!". Je l'embrasse tendrement et je lui explique une autre fois, patiemment, que son papa est mon mari et que c'est ainsi.

En ses jeux de fillette, elle l'appelle "mari", toujours elle désire se marier avec lui. Cela reste une idée fixe qui trotte dans sa petite tête. J'avoue que cela fascine la petite fille sans père qui sommeille au fond de ma peau. Est-ce que le destin a réussi à ce que je lui trouve le papa que j'aurais rêvé d'aimer? Est-ce que je suis devenue la maman que j'aurais aimé avoir? Peut-être...

Ce matin, M'zelle Soleil regarde son père avec des étoiles dans les yeux et elle lui dit:

-Viens-t-en mon papa sséri-mari!

Il lève les yeux au ciel. Je souris. Elle poursuit:

- Non mais, est-ce que tu peux être mon mari pour semblant?
- Non, je ne crois pas ma fille, je peux être juste ton papa, un jour tu te trouveras un mari mais cela ne peut pas être moi.

Comme elle ne démord pas, elle insiste. Toujours sur le même ton calme, il lui répond encore une fois:

- Liloo, je suis ton papa, je ne suis pas ton mari. Je suis le mari de maman et je peux juste être le mari d'une seule femme! Ah non! Deux c'est trop dur!!!

Dans mon coin de salon, je me tais et je lui souris. Nos regards se croisent en une même émotion partagée. Une émotion toute conjugale teintée d'amusement parental. Et, à ce moment précis, je ne peux que profondément l'aimer car je sais bien, du fond de mon cœur, que c'est aussi son attitude envers "Oedipe en notre maison" qui fait que je ne ressens aucun malaise devant cet amour si féminin que ma fille éprouve pour lui.

Dans le fond de mes entrailles, je suis contente pour elle, elle vit là l'une de ces sensations banales de petite fille en adoration devant son père. Et pour moi qui n'en ai jamais eu, cela parfait mon bonheur de mère...

Quelques heures plus tard, M'zelle Soleil s'arrête entre deux activités, elle s'approche de Juan et elle lui affirme avec un grand sourire:

- T'es un très bon papa!

L'homme qui est mon mari fond sur place. Je vois son cœur faire de la confiture tandis qu'il dépose un petit bec sur sa joue d'enfant chérie...

Un papa, une maman, une fillette et Oedipe

jeudi, mai 21, 2009

Fille à papa

- Maman, moi z'appelle mon papa "sssséri" parce-que c'est mon mari!
- ...

J'ignore le soupçon d'Oedipe qui me picote les narines. Je sais qu'elle vient tester mes réactions sur le sujet. Je n'en tiens pas compte. Je refuse que la rivalité fasse partie de notre relation.

"Mère-fille" c'est un cocktail qui peut devenir molotof si l'on ne le dose pas comme il faut. Je soupire et laisse glisser. Au mieux je fais juste lui répéter d'un ton las: " Non, c'est mon mari et c'est ton papa. Tu as de la chance d'avoir un papa comme ça! Moi je suis contente de l'avoir comme mari!" Depuis quelques mois, elle a clairement réalisé que je ne possédais pas de "papa" en ma vie. Je crois que cela lui a fait percevoir un peu de la chance qu'elle a. Subtilement je fais vibrer cette corde sensible et Oedipe dérive en quelques limbes d'inconscient enfantin...

Quelques jours plus tard, Juan revient de faire l'épicerie avec M'zelle Soleil toute pimpante. Il me raconte alors cette petite histoire: Pendant qu'il suit la liste de courses à acheter, M'zelle Soleil s'aventure au large dans le IGA. Il l'appelle régulièrement pour toujours l'entendre répondre: " Oui papa, z'arrive, z'arrive!". À ce moment là de l'histoire j'ai tendance à grincer des dents. Il me certifie ne jamais la perdre de vue. Je respire bruyamment sans rien dire. Il poursuit:

- Alors là je la "checke" de loin et je la vois qui "spotte" deux petits garçons.
- Deux garçons de quel âge?
- À peu près 6-7 ans. Là elle les voit et elle fige net! Complètement hypnotisée! Je l'appelle et elle m'entend même pas! Je me rapproche et elle me voit même pas! J'existais plus! Y'avait plus que les deux garçons qui comptaient! J'te dis, un jour, elle va me briser le coeur...
- Bah, t'en fais pas mon chéri, je serai là pour le ramasser...

Fille à papa

mardi, février 03, 2009

Tranche de vie

Dans le creux de l'hiver, les flammes humaines réchauffent l'âme en peine. Juan a eu 29 ans samedi dernier. Du haut de mes 36 ans, je ne vois guère ces sept ans de différence qui nous séparent. Parfois je les sens en mes expériences mais rarement j'y pense. Sauf peut-être lorsqu'il souffle ses 29 bougies...

Pour son anniversaire, j'ai organisé une petite fête. Juan était content. M'zelle Soleil pétillait comme une étincelle à l'idée du gâteau éclairé. Elle adore les anniversaires et chanter "bonne fête" en français (ou en anglais). Depuis des jours elle en répétait la rengaine. Elle a regardé son père allumer le gâteau avec une extrême concentration. La présence des jeunes enfants renverse nos habitudes. Elle nous rend plus souple. L'on s'adapte à leur rythme, l'on s'ajuste en fonction. De retour à la maison, l'on commence donc par dévorer le gâteau pour ensuite attaquer les fromages, les pâtés, la salade, pour finalement finir la soirée sur une quiche fumante!

Au menu, une quinzaine d'adultes, quelques enfants, des amis que l'on connait depuis longtemps, depuis le temps où l'on n'avait pas d'enfant en nos partys. Cela fait du bien de se retrouver. Avec l'âge les occasions de se réunir se font plus rares, nos quotidiens respectifs nous absorbent le temps qui nous efface, les partys deviennent de plus en plus compliqué à organiser. Heureusement il reste encore de ces soirées pour nous rapprocher, pour ne point s'oublier l'amitié. Avec les années qui nous avalent, ces soirées se font plus précieuses. La fête commence au palais de glace puis l'on se retrouve en la chaleur de notre maisonnée enjouée. Malgré la grippe qui sévit en nos blanches latitudes, les sourires sont au rendez-vous et la soirée est chaleureusement bonne...

Le lendemain, alors que nous avons des têtes de déterrés et que la grippe prend sa revanche pour nous accrocher la morve au nez, l'homme sort faire une course. Deux minutes après je l'entends revenir. À peine a-t-il traversé le pas de la porte qu'il m'appelle:

- Etol, Etol, mais qu'est-ce que tu as fait de la voiture???
- Hein?

Je le croise dans la cuisine. Il ne rigole pas. Il répète:

- Non, mais sans jokes, tu as fait quoi de la voiture???
- Hein, mais de quoi tu parles ?!!!?
- Ben la voiture est pas dans le tempo!
- Comment ça?

Je nage en pleine incompréhension. Il est tout simplement impossible que la voiture se soit envolée. Et encore moins que quelqu'un puisse l'avoir volé! J'insiste...

- Mais voyons, tu me niaises? Comment ça la voiture est pas dans le tempo?
- Ben elle est pas là, t'en as fait quoi?

Une lumière s'allume enfin en mon cerveau embrumé.

- Mais, je suis revenue de l'hotel de glace avec Kay et Alex! Tu nous a même accompagné! C'est toi qui devait revenir avec le char. Tu es revenu avec qui?
- Ohh Sh...! Je suis revenu avec Phyl et Dine! J'avais bu deux cocktails, j'ai complètement oublié que t'avais pas pris le char!!!

Entre deux quintes de toux, j'éclate de rire.

- Ben c'est ça, c'est TOI qui a oublié l'auto là-bas!!!!

L'été de ses 22 ans, Juan s'est cassé le cou en sautant dans le lac. La chance régnait dans sa malchance et il n'en garde que peu de séquelles si ce n'est la balafre sexy qui lui barre le cou. Les docteurs l'ont réparé en lui insérant une plaque de titane pour maintenir en place ses vertèbres. Depuis ce grave accident, sa tête est définitivement bien attachée à son corps! Ce qui ne l'empêche pas de parfois la perdre dans les nuages...

Souvent lui et moi, nous nous retrouvons sur un nuage d'idéal. D'ailleurs c'est de là qu'a germé l'amour que nous cultivons aujourd'hui. Un amour qui ne se fane pas avec les années qui défilent, un amour qui fleurit aux rythmes de la vie, au fil de nos rides. Cela fera bientôt dix ans que cela dure et j'espère que cela durera encore et toujours. Bon anniversaire à l'homme qui comble mon coeur...

Tranche de vie

lundi, janvier 05, 2009

Brève de parentitude

La notion parentale avale facilement le concept de couple qui se fond dans la nouvelle équation familiale. Les années passent et les parents prennent plus de place que le couple qui somnole dans son coin empoussiéré. Avec la nouvelle année et la croissance de l’enfant, mettre davantage la priorité sur le couple est d'actualité. Un défi plus grand qu’il ne peut y paraître.

Vingt quatre heures sans l’enfant chérie. Ces moments seuls sont si rares qu’ils en deviennent incroyablement précieux. Des moments d'émotions entrecroisées qui peuvent parfois ressembler à des montagnes russes. Durant une bouffée de vide, je m’exclame :

- Quand elle est pas là, je me sens mère indigne…
- Et moi, là je me sens père libre…

Me répond-t-il avec un petit sourire. Je soupire. Il s’approche. Je vois en ces yeux une étincelle qui réveille mes sens engourdis. Ses bras se referment sur mon coeur parcouru de frissons. Je ferme les yeux et j’aspire la bouffée de liberté qu’il me souffle...

Brève de parentitude

mardi, avril 15, 2008

Carburer à l'amour

Il voit ma mine grise. Je me recule en ma coquille d'invisible. Cela ne le décourage pas. Il s’approche de moi jusqu’à ce que je sente mon nez toucher sa poitrine. Il m’entoure de la force de ses bras et m’enserre en un étau de tendresse. Enveloppée de son énergie je fonds contre son cœur. Sa chaleur me régénère l'esprit. Il me rappelle à la vie. Une lumière éclaire mes idées noires. D'un coup, je trouve la solution à un problème qui m’énerve. Il me lâche. Je mets en marche ma solution et prends sur le champ une décision qu’il approuve. J'enclenche le processus de réalisation. Il s’exclame : « T’es quand même drôle, il suffit de te donner une bouffée d’amour et pouf! te voilà repartie pour un tour… »

Brève

vendredi, avril 11, 2008

Peau contre peau

Depuis presque dix ans j’aime Juan qui m’aime. Même si ce n’est pas tous les jours roses, que certaines semaines sont grises, ce n’est jamais les ténèbres. Nos ténèbres personnelles n’arrosent jamais les racines de notre amour. Depuis huit ans que nous sommes mariés, j’aime toujours autant le contact de sa peau contre la mienne. La passion qui nous emportait lorsque nos corps se rencontraient à nos débuts ne s’est pas dissipée. Elle s’est cependant transformée en une sensation ultra douce qui me fait du bien chaque soir où je m’endors à ses cotés. Nos jambes s’entrelacent et la sensation de sa peau contre la mienne est aussi divine que le souffle d’un ange qui passe. La chaleur de sa peau pénètre mon cœur, avec lui je me sens bien, contre lui je suis heureuse.

Par amour je sacrifie d’un peu de mes nuits en subissant les assauts de ses ronflements incessants. Avec amour je supporte le revers de ma médaille même si parfois au creux de la nuit alors qu’il me sort pour la dixième fois de mes songes onctueux en me ronflant bruyamment dans l’oreille, ma raison bascule quelques secondes durant. Il m’arrive alors de ressentir une bouffée de haine primitive et violente qui me donne vivement envie de l’étrangler sur place. Dans ses moments là, je lui donne un coup violent dans les côtes! Il grogne et se tourne, je grogne et me retourne. Nos pommes de fesses se disent bonjour, sa peau apaise le feu de ma colère tandis que je me plonge la tête dans l’oreiller. Au petit matin, parfois, l’homme a des bleus. Ces matins là, j’ai souvent la gueule enfarinée. Lui ne se rappelle de rien, il a dormi comme un loir. Ces matins là, je ne me sens pas des plus amoureuses! Mais dans la chaleur de nos draps, il me sourit et me cajole, peau contre peau, la magie opère, j’oublie toute ma rancœur nocturne. Et je dois avouer qu'au bout de huit ans de vie commune, c'est la seule véritable rancœur que je connaisse à cet amour qui fait de moi sa femme...

Peau contre peau

jeudi, mars 27, 2008

Zeste temporel

Il neige au soleil! Alors que d’un coté de ma vue un ciel bleu se dessine et m'offre une belle lumière ensoleillée, de l’autre coté de l’horizon, un ciel grisou fait tomber de gros flocons. Devant ma maison les deux extrêmes se conjuguent en irréelle d’atmosphère…

Depuis quelques temps j’ai la sensation étrangement claire de voir le temps s'écouler à travers mon brin de fille. J’en parle avec mon homme entre deux oreillers:

- C’est bizarre, quand je regarde Lily, j’ai l’impression de voir un sablier…

Il me répond alors le plus sérieusement du monde:

- Ah! Moi j’ai plutôt l’impression de voir une hypothèque!
- Hein? Comment cela?
- Ben je la vois comme un investissement sur vingt ans!!!

Zeste temporel

mardi, mars 18, 2008

Brève de couple

Laisser la petite chez sa grand-mère et filer à l'anglaise profiter du soleil qui brille dans le ciel bleu. Marcher à deux dans la vieille ville, main dans la main, harmoniser nos pas, laisser battre nos coeurs à l'unisson. Profiter du temps qui passe. Une petite heure de liberté. Ensemble. J'éprouve une certaine culpabilité à me détacher ainsi de l'enfant. Elle me manque. Je partage avec lui mon désarroi. Il me dit :

- Etolane, il y avant un "nous" avant et il y aura un "nous" après…
- Tu crois?
- Oui.
- Alors c’est sûr, tu as raison, il faut aussi un "nous" pendant…

Brève de couple

dimanche, janvier 06, 2008

Brève de lui

Je discute avec lui de ces concepts abstraits qui font rouler mes idées sauvages. Il m'écoute d'une oreille distraite avant de me répondre avec assurance.

- L'équilibre est un effort. Le déséquilibre est un état...
- Oh! Hummm....


La justesse de sa répartie me laisse sans voix. Je l'observe du coin de l'œil. Je médite quelques secondes sur ce point qui m'accroche la cervelle. En silence j'apprécie sa présence. Il possède cette sagesse intérieure qui le rend si beau à mon coeur. Je sens vibrer les raisons de mon amour en ma tête, j'en savoure la sensation. L'aimer est un état qui me demande bien peu d'efforts...

...

jeudi, janvier 03, 2008

Ainsi va...

Revenue de la grande ville en mon coin de brousse où règne le silence et la quiétude. Dans la paix qui m’entoure, je retrouve mes obligations de maison, les courriels à répondre, les correspondances à nourrir, les projets à avancer, les trucs à signer et organiser, les idées à épanouir…

À notre retour, une fois la petite couchée, alors que les sacs encombrent la cuisine, nous nous asseyons côte à côte dans le salon. Quelques minutes passent avant qu’il ne s’exclame :

- Whao, la sainte paix….

J’acquiesce avec un sourire, il poursuit :

- J’avais presque oublié la puissance du silence. N’empêche lorsque tout ce que tu entends, c’est le bourdonnement sourd de tes oreilles, c’est que c’est silencieux à fond...

J’éclate de rire. Mon rire se répercute dans la profondeur du silence qui nous enrobe. La conversation s’emballe. La nuit glaciale nous enserre de ses forces gelées. Il fera plus de -25 selon les experts. Juan va se coucher. Je traîne entre mes quatre murs. Je me pousse les fesses au coin de minuit et je prends une douche bien méritée. J’y découvre quelques idées coquines. Je les attrape sans mot dire. Je le rejoins sous la couette. Il dort, sensuelle, je le cherche. Il chuchote :

- Je ne t’attendais plus…

Il m’embrasse et les étoiles nous embrasent. Le petit matin se lève dans le givre des fenêtres et des rayons du soleil qui allument un ciel pur. L’on reprend nos habitudes matinales. L’enfant couraille, je baille, l’homme se force la vie malgré ce diabète qui l’accompagne depuis ses 15 ans, cette chose sombre qui insiste de sa présence au fur et à mesure que les années passent. Je sens l’angoisse et l’amour former un cocktail d’émotions alors que je le regarde déjeuner…

Il reprend ses routines de bureau. M’zelle Soleil est chez sa grand-mère pour la journée. Il ne me reste plus qu’à vaquer à mes diverses occupations, à trancher ces différentes miches de pain qui m’attendent sur mes planches de travail. L’année recommence une fois encore, elle se déguise d’un autre chiffre qui nous vieillit (particulièrement ma pomme givrée de 35 années) et la vie s’en fout. Un jour d’hiver est un jour d’hiver, la nature ne compte pas le cours de ses journées. Le soleil éclaire les vagues de froid qui se suspendent au dessus de la neige scintillante. Je me calfeutre et me dissous dans le temps qui s'efface.

Ainsi va...

dimanche, décembre 02, 2007

Brève dominicale

Plantée dans l’allée devant une rangée d’étagères bien fournies, j’hésite entre deux gels douches. Du coin de l’œil je vois Juan arriver. Il s’approche. D’un sourire conquis il me complimente sur ma (mes) forme(s). Je grimace et fais ma difficile. Ma grossesse me hante. Insatisfaite chronique de cet état corporel, je grogne. Il insiste. Je réplique :

- Oh! Tu crois? Mais je voulais aller m’entraîner aujourd’hui, je n’y vais pas assez à mon gout, cela ne va pas assez vite, ragnagnagnagna, non, non, tu te trompes…

Il enchaîne sourire sur sourire et rétorque en posant sa main à l’endroit qu’il lui plait:

- Mais quand même regarde-moi ce c… bombé! C’est quand même beaucoup mieux…

Manifestement il apprécie les fruits de mes sueurs nocturnes. Indécise, je me trouble. J’en oublie mes tergiversations de gel douche et je prends le premier qui me tombe sous la main. Il me poursuit d’un œil langoureux tandis que je pousse mon caddie du coté des détergents. D’un air convaincu, il m'affirme :

- Tu vois pas comment je suis gourmand de toi…

Je plonge mon regard dans le sien. Oh! Oui, je crois que je commence à voir. L’étincelle qui brille au fond de ses yeux me dit que je ne vais pas faire long feu. Dès la première occasion, il me croquera…

Brève dominicale

jeudi, novembre 08, 2007

free music


Le petit déjeuner attend sur la table. Elle choisit un style de musique particulier pour accompagner l'atmosphère de ce petit matin gelé. Elle lui dit :

- En ce moment, je suis dans une phase "erotic lounge", c’est trop bon!


Curieux, il lève la tête, son regard pétille et il lui répond d’un ton coquin:

- Est-ce que cela veut dire que je peux te faire l’amour quand tu as envie de ce genre de musique?

Elle éclate de rire. Elle le titille du regard. Il lui sourit à pleines dents. Dans le petit jour qui se lève, le soleil monte dans le ciel bleu. Ses rayons puissants font fondre le gel nocturne qui blanchit le paysage. Elle chantonne des airs sensuels entre deux bouchées. Il la regarde d'un air gourmand. Au coin de la table, l’enfant mange tranquillement sans se préoccuper de ses parents qui se regardent intensément.

Musique érotique

mardi, octobre 23, 2007

Un terra de connerie humaine

Un couple regarde le petit écran. Ensemble sur le sofa, ils partagent le flot des actualités qui les submergent. Bush demande une rallonge, elle marmonne :

- Mouias, lui, c’est tout ce qu’il sait faire celui-là!!! Demander des rallonges pour son armée…

L’actualité continue de se faire décortiquer sous l’œil acéré des journalistes français lorsqu’une nouvelle en particulier les estomaque tout les deux. Elle s’exclame :

- 750 milliards de dollards!!!!

Ils se regardent l'un l'autre, soufflés par cette triste réalité qui les assènent d'un coup d'acuité humaine. Il répond:

- Man, j’en reviens pas, on arrive au Terra…
- Hein, c’est ça l’unité de mesure qui vient après?!? J’avais même jamais pensé à compter jusqu’à là! 750 milliards de dollards…


Il ne s’en remet pas:

- Presque un terra c’est complètement débile! Google vient de faire 3 milliards en un trimestre, c’est des peanuts à coté. Un terra….

Elle ne l’avale pas :

- 750 milliards de dollards pour faire la guerre et foutre le chaos alors que tout son pays s’appauvrit, tu te rends compte tout ce qu’il aurait pu faire de bien avec cet argent au lieu d'envoyer sa patrie en enfer!!! Il aurait pu révolutionner son système de santé. Il aurait pu affiner les disparités sociales. Reconstruire New Orleans! Sans compter toutes les avancées spatiales que l’on pourrait imaginer! 750 milliards de dollards! Cela m'écoeure! Quel gâchis! C’est quand même incroyablement con…

Un terra de connerie