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mercredi, février 12, 2014



Soyons francs je préfèrerais prendre le volant pour aller voir à Key West si j'y suis plutôt que d'affronter l'hiver, ses monts de neige et ses vortex polaires. Mais comme on ne fait pas ce que l'on veut tous les jours, autant prendre l'hiver par le bon bout et s'amuser un coup...

Invitée par Telus, je prends mon "winterblues" en mains pour aller faire un tour du Carnaval de Québec dès son week-end d'ouverture.

Alors que je m'ouvre l'esprit pour mieux en effacer ses complaintes hivernales, je me laisse captiver par l'ambiance particulière de ce festival qui célèbre cette saison qui fait notre pays. C'est pas moi qui le dit, c'est Vigneault!


Sur les Plaines, je ne peux m'empêcher de comparer le contraste de mes multiples souvenirs de Festival d'été avec l'atmosphère polaire dans laquelle je erre. Entre les cris de bonheurs de ceux qui glissent gaiement et les couleurs multicolores de la grande roue, nous nous posons dans la zone d'enfance Telus où les petits (et aussi les grands) peuvent s'amuser à sculpter l'hiver... un bloc de neige à la fois...

Il fait doux en ce premier dimanche de Carnaval, un gros -5 qui repose les nerfs après les -30 à répétition des derniers mois. J'inspire les Plaines d'hiver et je sens la sérotonine vibrer en mes neurones. Je me laisse captiver par les bonheurs de cette rude saison. Par l'aventure qu'elle exhale en ses extrêmes. Je fonds peu à peu et mon cœur bat alors un peu plus fort quand passe Bonhomme...


Aller faire un tour de l'anneau de glace et apprécier l'incroyable vue sur les glaces du St-Laurent ou les lumières qui illuminent les Plaines. Se dire qu'on se prendrait bien une petite queue de castor en arpentant les différentes zones qui animent le cœur du Carnaval. Voir les sourires des gens qui réchauffent l'humanité givrée.

Miss Soleil déguste une tire fraîche avec enthousiasme et me voilà vendue. Je "carnavale"! Quelques glissades se suivent et la nuit est plus douce entre les enfants qui s'éclatent et les copains avec qui l'on se lance sur une tripe pour dévaler la butte en criant sa vie

L'on repart à la maison le corps en pleine forme et le cœur débordant de cette subtile joie qui fait la magie du Carnaval de Québec...


On y revient le mardi suivant entre 6 et 8 heures du soir pour faire quelques glissades sans devoir faire la file. Idem pour la grande roue! Les soirs de semaines, les Plaines sont si tranquilles que l'on peut définitivement en profiter au maximum. 

Dans la foulée on y découvre le coin de la pêche blanche et l'on revient à la maison avec deux truites fraîchement pêchées. Qui eut cru que l'on attraperait des truites sur les Plaines d'Abraham!!!

À noter que toutes ces activités sont gratuites une fois sur le site. Nul doute qu'il y a là de quoi mettre à profit son effigie...


Le dimanche suivant, on y retourne en fin d'après-midi avec la meilleure amie de Miss Soleil. Et c'est reparti pour des tours de Grande Roue multicolore. L'occasion d’apprécier les lumières de la ville (et de se geler un peu les fesses mais rendu là c'est pas comme si on était pas habitué).

Sans oublier d'aller faire un tour du château de Bonhomme puis de dévaler la glissade de glace! Et de dévorer une autre queue de castor...


Les filles trippent comme des folles. La vie est belle au royaume de l'hiver. Encore une fois la magie du Carnaval nous emporte. Le fun est définitivement de la partie! 

Tant et si bien que l'on en oublie le froid qui sévit. Prochaine virée pour le défilé...

Aller faire des tours de Carnaval...

mercredi, juillet 10, 2013

L’été à Québec est magnifique. Et l’été à Québec, durant le Festival, c’est divin!

Quiconque aime la musique ne peut qu’être entrainé dans le tourbillon estival généré par le Festival d'été de Québec.

Pour ma part cela fait des années que je me laisse porter par les courants musicaux qui prennent source sur les Plaines d’Abraham, Place d’Youville ou au Parc de la Francophonie qui longe Grande Allée.

Jamais je ne marche autant en ville que durant le Festival d'été!

Cette habitude pédestre fait partie intégrante de mon expérience festivalière. Toujours avec le même bonheur, je parcoure la ville de long en large. Quand il me reste du courage et de l’énergie (ou que je suis particulièrement attirée par un artiste qui y joue), je me retrouve au Cercle ou à l’Impérial.

Et c'est sans parler de nos visites traditionnelles Place de la Famille et des Arts de la Rue qui divertissent les pavés ou investissent le Théâtre de la Bordée!

Depuis notre QG, situé chez nos amis rue de la Tourelle, l'on vogue d’un endroit à l’autre, les pieds en feu, le cœur en liesse. Marcher sur St-Jean. Monter sur les Plaines. Arpenter les rues de haut en bas et vice et versa. Suer. Sourire. S'impregner de l’été qui fait tant de bien au corps et danser ici et là...

Les grosses vedettes sur les Plaines ne sont qu’une facette du Festival, je ne pourrais simplement m’en contenter. Car ce que que j’aime par-dessus tout, c’est inspirer ces différentes musiques qui transportent la ville en une dimension parallèle.

Une dimension musicale qui rassemble toutes sortes de foules. Des foules qui se conjuguent en d'immenses marées humaines. Des marées humaines qui se dispersent dans les artères de la ville dans la paix et la joie commune.

Dans ces moments-là, j'ai toujours la sensation qu'il n’y a pas meilleure place où vivre sur Terre et mon cœur déborde d'affection pour Québec!

Partir du QG, entendre le Festival en bruit de fond. Suivre ce brouhaha qui devient musique au fur et à mesure que l’on s’approche de la scène Hydro-Québec Place d’Youville...


Je découvre Coyote Bill sous le soleil brûlant de la Place d’Youville. L'endroit est transporté par les rythmes de ce groupe funky. Le cadre est superbe. La musique enivre les sens. Des spectateurs lézardent sur les remparts. D'autres profitent du spectacle bien installés devant le Palais Montcalm. Le tout a un petit goût de paradis.

Les soucis s’effacent pour laisser toute la place au moment présent. Les musiciens s'en emparent et le pouvoir de la musique pénètre le sang. Le bonheur se reflètent sur tous les visages que l'on croise. Que peut-on demander de plus?

À noter que c’est aussi l’endroit idéal pour profiter du Festival avec des enfants en bas âge. Ici, les bouts de choux se dandinent gaiement et les souvenirs de ma puce à cet âge affluent en ma mémoire...

Sans oublier que c'est aussi l'endroit en ville où le macaron est facultatif pour profiter de l'ambiance qui fait vibrer la Place! Même sans entrer dans le périmètre de la scène, on peut très bien profiter des groupes qui viennent y jouer.

 

Découvrir de nouveaux artistes est aussi une importante facette du Festival d’été. J’adore craquer pour des artistes dont je n’avais jamais entendu parler. Ainsi, chaque été, je découvre toute une ribambelle de musiciens qui s'ajoutent à mon répertoire musical. C'est définitivement l'un de mes plaisirs de Festival.

Je tombe vite sous le charme du jazz/funk/psychédélique de ce groupe inconnu à mon bataillon. Je sens monter la fièvre du Festival en mes veines. Une subtile transe m'emporte en un petit nirvana. Coyote Bill est définitivement en lice pour ma sélection perso de coups de cœur 2013!

 

Inspirer des airs de Festival

lundi, juin 17, 2013



Quelques premières belles journées appellent l'été qui s'installe tant bien que mal. Des soubresauts pluvieux font grogner la population locale en manque de soleil. Ainsi commence la saison des festivals à Québec.

Et c'est avec le Festival Grand Rire de Québec que je commence ma ronde de ces différents Festivals qui animent Québec tout l'été.

Le Grand Rire se déroule du 12 au 23 juin et amuse la ville avec ses spectacles en plein air ou en salle. On peut se procurer un macaron pour toute la durée du Festival Grand Rire ou pour la journée. À noter aussi que plusieurs spectacles sont gratuits...

Invitée avec ma puce au spectacle d'Eric Antoine, c'est toute la famille (belle-mère française comprise) qui se retrouve au Cabaret du Capitole de Québec ce samedi après-midi. À la découverte de cet "humoriste/magicien" (pas mal déjanté selon la rumeur)...

Le spectacle commence à 14 heures et la salle est pleine. Toutes les générations sont présentes. Miss Soleil attend, le regard pétillant, tandis que je sirote un cocktail azur qui me fait oublier le temps grisou.

Ma belle-mère, en visite annuelle, nous apprend qu'Éric Antoine est bien connu en France. Il parait que c'est habitué des émissions de télévisions.

C'est aussi ce que je comprends avec les commentaires que je reçois sur les réseaux sociaux en tweetant et instagrammant le moment.

Commence le spectacle qui nous fait découvrir tout un énergumène. Il n'y a pas à dire, il déménage cet Eric Antoine!

Aussi électrique que sa coupe de cheveux, il entraine la salle en sa magie peu conventionnelle. Il dessine en l'imaginaire collectif un univers clownesque qui oscille entre l'illusion et la réalité. Le tout enrobé d'un humour acéré. Bien tranché. Ça éclate!

Pour un spectacle familial, c'est d'ailleurs limite. La maman en ma peau se serait passée de la litanie de "merde" et des quelques vulgarités dispersées au fil du spectacle. Mais ces écarts n'en rendent cependant le spectacle que plus drôle pour ma puce. Elle écarquille grand les yeux et éclate de rire, de concert, avec la salle amusée.



Nul doute que l'humour et la magie font certainement un bon cocktail à déguster en ce samedi après-midi! L'homme sur scène est marrant, attachant. Il interagit avec les spectateurs et entraine le public en son distrayant sillon. Plusieurs spectateurs se retrouvent dans la trame du spectacle et assistent les différents coups du magicien.

Son acolyte, tout de noir vêtu, est dans l'illusion de son invisibilité. Il ajoute une touche comique aux numéros farfelus d'Éric Antoine. Fusent les éclats de rire qui accompagnent les sympathiques pitreries de l'illusionniste timbré.

D'ailleurs, je commence moi-même à ressentir quelques crampes de joues...


Eric Antoine nous fait pénétrer ses dimensions non-monolithiques et capte l'attention de son public avec brio. On ressort de la salle le moral en pleine forme. Il requinque l'humeur ce garçon! De la grand-mère à la fillette, toute la famille est sourire.

Et comme un plaisir n'arrive jamais seul, le ciel s'est dégagé et le soleil brille de nouveau. Que du bonheur! Le Festival Grand Rire fait vibrer le cœur de Québec et nous rappelle les joies à venir du Festival d'été.

La rue St-Jean grouille de monde et l'ambiance Grand Rire accentue le charme naturel de la ville. L'on en profite pour en inspirer l'ambiance estivale en se baladant gaiement.

On pousse la curiosité jusqu'à la scène extérieure qui voisine le château Frontenac. L'occasion de croiser des hordes de touristes et de se rappeler qu'on est définitivement pas les seuls à profiter des charmes de Québec!


Au pied du monument Champlain, qui fait face au château, on découvre la troupe Commedia Dell'Arte. Le cadre est superbe et le divertissement est au rendez-vous!


Cette troupe d'humour fait craquer Miss Soleil qui m'explique combien elle adore ce style de comédie non verbale. Elle ne demande qu'à y retourner. Et plutôt dix fois qu'une! Ma belle-mère, très étonnée par l'ambiance qui règne au coeur de la ville, est subjuguée..

On accroche la fin du spectacle d'Anthony Kavanagh sur la Place d'Youville avant de repartir. Sous les étoiles, Kavanagh est en feu.

Subtilement mordant et grinçant, quelques sourires deviennent jaunes. La puce s'assoupit sur les épaules de son père qui rigole...

Cette première exploration de ce festival humoristique nous aura définitivement donné le gout d'y revenir. Le goût de rire et d'en reprendre. Action! Réaction?

Le goût d'aller découvrir quelques nouveaux talents du monde de l'humour, d'hésiter entre Michel Boujenah et Pierre Richard et d'avoir follement envie de Martin Petit?

Au final, d'Éric Antoine à Anthony Kavanagh, c'est une superbe journée passée dans les vibrations de Québec et c'est un vrai coup de cœur pour le #grandrire!

À la découverte du Grand Rire de Québec

lundi, juin 06, 2011

Le long de la rivière Saint-Charles à Québec...

Le parc linéaire de la rivière Saint-Charles à Québec est long de 32 kilomètres. La piste cyclable est, quant elle, longue de quelques kilomètres. Elle est idéale pour faire du patins. Lisse à souhait, cette piste se déroule en beauté avec des côtes et des descentes. Parfaite pour du cardio! Elle offre aussi une vue remarquable sur le centre-ville de Québec et fait voir la basse-ville sous un tout autre angle...

Les berges de la rivière Saint-Charles revivent depuis quelques années déjà. C'est véritablement un petit joyau de nature en pleine ville. Depuis deux ans l'on y revient régulièrement. C'est un magnifique endroit où patiner. L'un des plus beaux que l'on connaisse dans les environs.

Cette année, M'zelle Soleil enfourche son vélo rose. La poussette n'est plus d'actualité. L'enfance évolue et l'on est fier de la voir rouler devant nous. Ensemble, l'on peut alors atteindre un bon rythme. L'on suit le cours de la rivière qui s'écoule et l'on découvre des paysages urbains qui côtoient une nature apprivoisée. À ne pas manquer lorsque l'on visite la ville l'été!

Le long de la rivière Saint-Charles à Québec

lundi, juillet 26, 2010

J-10 (jour prévu de déplâtrage de puce de maison)

Vue de Québec

Hier soir, alors que s'achève ma bronchite, nous sommes allés faire une petite virée en roller du coté de Lévis. Nous en avons profité pour découvrir la piste cyclable qui longe le fleuve et qui découvre une superbe vue sur la ville de Québec. Là, nous avons récolté des dizaines de sourires étrangers alors que l'on roule en ce petit train familial qui fait notre spécialité sur roues: Mon homme qui pousse ma pomme qui pousse la poussette! Une spécialité qui nous fait filer à belle vitesse, les cheveux dans le vent. En nous élançant sur la piste, nous avons aussi réalisé que nous n'avions pas fait de roller depuis 3 semaines. Depuis ce temps où M'zelle Soleil s'est fracturée le tibia chez la voisine...

L'inspiration photographique

Depuis quelques jours, M'zelle Soleil m'étonne en me disant:

- Maman, je crois que c'est le temps de ta photo!
- ???!!!???
- Ben oui, regarde le ciel derrière toi!

Je me retourne et découvre les couleurs qui illuminent le soir d'été. Je soupire. Il est vrai que ce mois passé à l'ombre de la blessure de ma fille a quelque peu aspiré mes élans (et habitudes) photographiques. Il me fait bien plaisir que ma fillette solaire me les remette en tête...

Colère maternelle

Depuis quelques jours, je macère un billet qui expliquerait les détails de "l'accident" de trampoline (et ma colère noire envers mon arrogante voisine). Pour l'instant ma colère est telle que je préfère l'absorber pour mieux la maitriser. Je n'aime pas les sensations humaines qui accompagnent la colère. Je médite sur cette nuance émotionnelle qui se trouve entre colère et révolte. Autant j'ai l'impression que la révolte est constructive autant je peux trouver la colère destructive. Négative. Laide. Venimeuse.

La colère est un poison que je sens couler en mes veines à chaque fois que je regarde la maison d'en face. Un poison que je soigne à coups d'amour familial et de réflexions personnelles. Dans la nuit blanche de cette pleine lune qui éclaire la nuit me guette l'insomnie. Une insomnie qui se nourrit de cette colère que je ressens au plus profond de mon être. Je la laisse refroidir dans la clarté lunaire. Je me désintoxique en oubliant de dormir. Je veux contrôler la puissance de cette émotion qui me ravage de l'intérieur. Ensuite, j'irai faire la fête à la voisine qui se cache de mes regards meurtriers...

Force d'enfance 

Et, pendant ce temps, je ne peux qu'admirer le courage de mon enfant qui démontre une bien bonne attitude face à sa désagréable situation. Je découvre chez elle une force humaine que je soupçonnais mais qui m'est apparue clairement ces dernières semaines.

M'zelle Soleil, débrouillarde et peu "plaignarde", crapahute sa patte immobilisée à droite et à gauche. Elle commence même à marchouiller sur le bout de ses orteils plâtrées. Ce que nous lui déconseillons fortement même si parfois je ferme les yeux par pur plaisir de la voir debout. Nous n'aurons guère vu le superbe soleil de ce mois de juillet. Pour lui éviter de suer en son plâtre, nous avons passé l'été à l'ombre. Inspirés par le rythme du Festival d'été, nous avons quelque peu chamboulé sa routine pour la rendre plus nocturne...

Mais ce qui est certainement le plus anecdotique de ce juillet plâtré, c'est la réaction de tous ceux que l'on rencontre sur notre chemin de vie. Ceux-ci, devant son plâtre en fibre de verre ultra fashion, s'exclament tous la même chose. Les gens qui nous croisent nous abordent avec un: "Whaou, mais il est trop beau ton plâtre!" Plusieurs ajoutent ensuite dans la lancée "T'es don' ben chanceuse d'avoir un si beau plâtre!". En ce qui concerne la chance, c'est assez relatif à mon goût mais au moins ce plâtre multicolore a le don de d'alléger l'atmosphère quotidienne...

J-10

samedi, novembre 28, 2009

En escapade gourmande...

Matinée sucrée

Samedi matin, nous sommes partis en escapade gourmande chez Paillard sur la rue St-Jean. Ayant eu vent virtuel qu'une dégustation de buches de Noël gratuite aurait lieu en matinée, j'ai tout de suite pensé que cela serait une bonne activité familiale.

Nous avons découvert ce café-boulangerie durant le festival d'été. Cela sentait le neuf avec un petit parfum d'Europe. Puis je suis tombée nez à nez avec le comptoir à macarons et mes papilles ont sauté de joie! Depuis je ne rate pas une occasion d'aller y faire un petit tour de gourmandise...

Alors que je savoure un thé Chai tout en picorant le petit déjeuner parisien de Juan, ma curiosité m'emporte et je pose à la dame qui me semble être la propriétaire quelques questions qui me picotent les idées. Très gentille, Rebecca répond à quelques-unes de mes interrogations avant de me présenter son mari Yves.

Celui-ci m'apprend alors être un "natif" de mon "lac". Âgé de soixante quinze ans, il se rappelle celui-ci à l'état nature sauvage. De cette belle époque dont parlent les vieux du village avec une larme au coeur. Cette époque bénie de nature sauvage juste avant que la civilisation ne l'ait apprivoisé (et que notre association essaie de le protéger ce qu'il en reste)!

Bref, j'en connais bien toute l'histoire. D'autant plus que ma voisine favorite Yolande, âgée de quatre vingt ans, m'a souvent raconté cette époque dorée où l'on ne pouvait se rendre qu'en chemin de fer au lac. Ou le lac ne possédait ni village, ni route, ni électricité. Ou les poissons étaient si nombreux que l'on pouvait les nourrir à la main. Ou l'eau était claire comme l'air. À cette époque, l'eau du lac était si pure qu'elle était exportée vers la ville sous la forme de blocs de glace. D'un coup, étrangement, en compagnie de ce vieux monsieur charmant, en cette ambiance américaine à saveur européenne où je croque dans une baguette beurée, j'ai l'impression d'être revenue au lac. De voir avec netteté cette époque sauvage où l'on devait sérieusement se soucier des ours et où l'on voyait des originaux se promener par ci par là.

Les souvenirs de Monsieur Simard sont si denses que j'y pénètre en sa compagnie. Il nous raconte ses excursions à pécher des petits poissons dans les ruisseaux de la forêt avec des cannes de jonc. Il nous explique que sa famille venait vivre là durant l'été et qu'elle possédait l'un des rares bateaux de l'époque. Son sage paternel n'autorisait d'ailleurs son utilisation qu'une fois par semaine pour une ballade dominicale! Le reste du temps, la barque était de rigueur et il se souvient encore de combien il avait dû ramer lorsque sa grand-mère prenait l'envie de tricoter au fil de l'eau...

Je souris. Je connais si intimement ce lac que je peux facilement imaginer cette époque disparue. Régulièrement lorsque les vacanciers sont partis mais que les beaux jours persitent, je peux encore percevoir cette formidable zénitude que décrivent ces gens qui ont vécu ici au début du siècle dernier. Cela fait si peu de temps que le lac s'est transformé en ce qu'il est aujourd'hui, qu'il reste encore de solides vibrations naturelles dans l'atmosphère limpide. Lorsque les vacanciers ont repris leur routine citadine, il subsiste ici une sorte de paix universelle...

Ce charmant monsieur nous fait voyager dans le passé. C'est aussi délicieux que mon petit déjeuner! Mais l'on en revient au présent et il m'explique alors qu'il n'est plus capable de revenir au lac. Que son exploitation humaine le peine assez pour qu'il refuse d'y venir reposer ses vieux jours. Qu'il préfère garder ses souvenirs intacts pour ne pas entacher leur pure beauté. Ce point me fait me demander si je ressentirai la même sensation à 70 ans? Si revenir au lac me sera trop douloureux pour que je puisse l'envisager. Si celui-ci aura tant changé que j'aurai peine à le reconnaitre. Si c'est le cas, alors cela sera vraiment bien triste pour nos enfants...

...

Pendant ce temps, M'zelle Soleil croque de bon cœur dans une tartine croustillante de baguette dorée. Le propriétaire charmant retourne vaquer à ses obligations et nous en profitons pour déguster les fameuses buches de Noël. Exquises. Même si je ne suis pas vendue aux buches de Noël, j'ai succombé à celles-ci. J'ai particulièrement aimé "La paillard", une buche "crème légère au caramel à la vanille avec des morceaux de poire infusées et un biscuit Joconde aux amande". M'zelle Soleil, par exemple, a englouti "L'équinoxe" tout chocolat en trois coups de langue! D'ailleurs, la demoiselle s'est chocolatée le bec en beauté tout au long de cette matinée passée chez Paillard...

En discutant de nouveau avec Rebecca Simard, je comprends mieux l'idée qui se cache derrière ce café-boulangerie. Restaurateurs à la retraite, son mari n'aimait guère l'idée de ne rien faire. Depuis toujours, il désirait ouvrir à Québec une sorte de café qui combinerait l'Europe et l'Amérique en une ambiance contemporaine...

Et en effet, chez Paillard rien n'est laissé au hasard. L'on s'applique à raffiner l'endroit jusque dans ses moindres détails. L'ambiance est branchée mais ultra conviviale. Les produits proposés sont tous excellents. En quelques mois seulement, Paillard est certainement devenu l'un des endroits tendances sur la rue St-Jean...

Et puisque l'on est ici, même si je me suis gavée en avance de délicieuses buches de Noël, je ne peux repartir sans ma dose de macarons! J'apprends d'ailleurs que le pâtissier à fait un stage chez Pierre Hermé à Paris l'année dernière (l'un des gourous de Marie-Julie Gagnon, une véritable experte en passion macaron). Et il vrai que les macarons de chez Paillard sont si bons que l'on n'y résiste point!

Alors que l'on s'apprête à partir, un boulanger installé en chemin, fait gouter ses dernières prouesses afin d'en récolter l'avis du public. Juan homme salive sur sa fougasse salée, heureusement qu'il n'y en a pas à vendre car l'homme n'y résisterai pas! Enfin, on part déjà avec des macarons, une baguette et une miche, je ne suis pas sure d'avoir besoin d'une fougasse en plus! L'on sort alors marcher dans le Vieux-Québec afin de dépenser les quelques calories que l'on aura récolté avec toutes ces gourmandises que l'on a mangé ou que l'on mangera...

Un samedi matin chez Paillard

samedi, janvier 03, 2009

Dans le cadre de "400 ans 400 blogues"...

La fin du 400ième de Québec me rend un peu triste. Il faut dire que cette année passée fut si riche en événements et activités que j’aurais eu besoin de cinq années pour pouvoir pleinement en profiter. Ce 400ième anniversaire a démontré tout le dynamisme de Québec et combien les gens ont a cœur de sentir vibrer la ville. Ceci m’a touchée…

Et puis Québec est si jolie, il parait qu’elle compte plus de 700 000 habitants avec ses banlieues. C’est un centre urbain des plus respectables. C'est une grande cité qui posséde encore une échelle humaine. Son quartier historique est magnifique. Le climat social y est cordial. Les enfants y sont bien. Les artistes multiplient leurs visites. La ville est propre. À Québec la vie est belle. Lorsque je la compare avec d’autres endroits sur la planète où vivre, je me dis souvent que c’est une place privilégiée où résider. J'aime sa créativité, son authenticité. Si ce n’était de l’hiver pour mettre un peu de rudesse dans la sauce, la vie y serait presque trop facile.

Si l'on m'avait dit, du temps de ma jeunesse montréalaise, qu'un jour je tomberai un peu amoureuse de Québec, jamais je ne l'aurais cru! Cela a pris quelques années mais j'ai fini par capituler. Les montréalais se pensent souvent si cools qu'ils en réduisent la vieille capitale à des préjugés de dame âgée. Cela dit Québec est pleine de charmes, elle rayonne. Aprés un ravalement de façades et malgré un été des plus exécrables (coté météo), les cieux n'ont pas réussi à entacher la gloire de son 400ième anniversaire...

Personnellement même si je ne suis pas une citadine au quotidien, même si je vis en périphérie de la grande ville (depuis presque une décennie), les 40 kilomètres qui m’en séparent me permettent presque d’en profiter davantage. Québec est l’endroit où travaille Juan. Sur son campus universitaire, j'ai étudié. En sa culture j'ai travaillé. C'est à Québec que se passe la majorité de notre vie sociale et de nos sorties. Le lac me repose, Québec m'instruit et me divertit.

Durant cet anniversaire urbain j'ai parfois un peu regretté l'absence d'un accent prononcé sur le coté historique, ce qui nous aurait permis de mieux réfléchir sur les siècles passés. Mais le coté bien contemporain de ces festivités aura peut-être dynamisé le tout. Québec n'est pas prisonnière de son histoire. Elle célèbre son passé tout en se tournant vers l'avenir...

Cette dernière année, Québec fut si divertissante que cela me peine de voir s’estomper la fête au rayon des souvenirs. Tant d’activités gratuites furent proposées que les spectacles payants furent boudés. Le choix était si vaste que tout le monde en avait pour son moral. Cependant, il restera plusieurs traces de cette année mémorable, le boulevard Champlain revampé est de mes préférés. Et l’idée que Québec est bien vivante habitera encore longtemps les esprits…

Picnik collage

De tout ce que je vis à l’occasion du 400ième, c’est surement le moulin à images de Robert Lepage qui me transporta le plus. Celui-ci y intégra d’ailleurs la notion historique du projet global. J’aurai voulu le revoir une autre fois mais comme je le mentionne plus haut, pour vraiment profiter à fond des festivités, j’aurai eu besoin de cinq étés ! Je dédie donc ce billet à cette initiative et je le boucle avec quelques images du moulin à images…

Dans le thème de 400 ans 400 blogues

dimanche, décembre 02, 2007

Atmosphère nocturne...
De neige et de lumières...

Snowy Quebec city

Autour de minuit au coin de la place d'Youville. Soupçons d'une rare escapade nocturne au coeur de la ville. Une sortie cinéma qui ravigote le couple et les idées. Et toujours la neige qui continue de tomber...

Atmosphère...