lundi, janvier 12, 2009

Obnubilée...

Depuis une semaine, je me plonge les idées en ce royaume glacé qui m'obnubile. En une semaine, j'ai passé quatre tranches de deux heures en cet endroit givré. J'y ai vécu quelques anecdotes humaines que je conterai peut-être en une autre occasion. Depuis une semaine, je ne pense plus qu'à lui. Ce lieu surréaliste qui se fera bientôt engloutir par des milliers de touristes. Je crois bien qu'il m'obsède un peu. J'en ai rêvé cette nuit. Sans compter les heures passées devant l'écran à traiter, trier et archiver les images frigorifiées. Suis-je plus proche de la passion ou de la folie? Est-ce que la passion est folie?

Picnik collage

L'hôtel de glace est un sujet de qualité pour explorer le HDR. Un procédé qui permet, à l'aide d'un logiciel, de fondre ensemble des photos de différente exposition. J'en ai découvert la technique il y a un peu plus de deux ans. C'est un procédé relativement fastidieux lorsque l'on possède un "ordinausaure" comme le mien.

À chaque fois que je m'y frotte, je m'y pique. Pénétrer l'univers HDR me transporte en une sorte de transe. Mes mots s'effacent. Je me dissous l'intellect. Je ne suis plus que couleurs, lumières et sensations. J'ai un rapport très viscéral avec la photographie. Un rapport qui me sublime. Je cours après une chimère qui porte le nom de perfection. Avec la lumière qui m'éclaire l'inspiration viennent les zones d'ombres, là où rampent les doutes. Je vacille. L'expérience me porte. Des questions toxiques se faufilent, comme des nuages acides, entre mes pensées envolées. Je trébuche. D'un geste mental, j'écarte ces idées qui me minent. Je me relève. Je reprends le rythme de mes images éparses. J'ai presque fini cette première étape...

Picnik collage

Obnubiler [ɔbnybile] verbe transitif (conjugaison 1) étym. xive; « couvrir de nuages » v. 1270 ◊ latin obnubilare Famille étymologique ⇨ nue.: Envelopper (les facultés mentales, les sentiments) comme d'un brouillard. ➙ obscurcir. « une sorte de fièvre qui, loin d'obnubiler sa pensée […] » (Madelin). ◆ Par ext. Obséder (qqn). Ce rêve l'obnubile. Il ne faut pas vous laisser obnubiler par cette difficulté. ▫ Il est obnubilé par cette idée.

Obnubilée...

vendredi, janvier 09, 2009

Dé-Trollée...

Je reçois aujourd'hui un courriel étrange d'un monsieur qui a eu un commentaire bizarre avec un lien menant vers mon blogue. En me penchant sur l'affaire, je remarque l'étrange comportement de mes statistiques et je constate qu'un hurluberlu de première a fait une tournée de blogosphère en y postant un commentaire incohérent avec mon Url dedans! Bon! Je me dis: "c'est un coup du troll"! Le fameux troll dont j'avais fait un billet sur le sujet il y a de cela quelques semaines. J'avais coché l'option de modérer mes commentaires, plus d'attention, plus de jeu! Je ne l'ai plus vu passer durant quelques temps et puis voilà que ce passe cet étrange manège virtuel. Coïncidences? D'après vous quel comportement adopter envers ce genre d'action? Personnellement je vote pour l'indifférence. Et je pense que la meilleure chose à faire pour ceux qui sont victimes de cet énergumène est de tout simplement effacer le commentaire inutile...

Dé-Trollée...

En une dimension parrallèle,

Purple Mood Hdr

Le temps suspend son cours et l'hiver se magnifie en une oeuvre éphémère qui surgit des rigueurs du froid pour fondre dans les redoux du printemps. Le jour, ce palace glacé se pare de mille transparences mais la nuit, grâce à ses projecteurs installés dans sa glace et ses murs, il transporte l'imagination en une autre dimension. De jour comme de nuit, les « Oh! » fusent des lèvres inconnues, les regards s'extasient, toujours cette même sensation d'émerveillement. Cet étonnant palais de glace ne laisse personne indifférent...

En une dimension parrallèle,

jeudi, janvier 08, 2009

La pensée se glace en se traduisant en phrases.
Gérard de Nerval

La vie, c'est comme un cône glacé ; il faut savourer chaque bouchée.
Charles Monroe Schulz

La gloire amène toujours la solitude. Le succès est aussi glacé et isolé que le pôle Nord.
Vicki Baum

... de glace...

mercredi, janvier 07, 2009

Contrat givré et images glacées

Cette semaine, je me givre les idées à l’hôtel de glace. C’est la première phase de mon contrat annuel.

Le palace d’hiver est en construction accélérée. La température extérieure lui est agréable et l’ouvrage prend forme. Presque la moitié de l’hôtel est déjà construit. D’ici l’inauguration du 22 janvier, les travaux iront bon train.

Chaque année le décor de l'hôtel est redessiné. Ce palace d'hiver, comme une expression contemporaine de notre milieu nordique, mélange les inspirations de châteaux de neige et d'igloo inuit. Ses voûtes de neige de plus de cinq mètres de haut abritent ses sculptures de glace cristalline. Il dégage une atmosphère surréaliste qui ne peut que sublimer notre quotidien congelé...

C’est ma quatrième année sur le sujet. Je m’y sens presque dans mon élément. J'y possède des repères. Je fais partie de l’équipe. En boutique, je me suis habituée à y voir les produits dérivés de mes photographies glacées. Cette semaine, je travaille sur un projet en particulier, j'y consacre chaque moment de libre. Cette semaine je pénètre une autre dimension d'hiver...

Je reste un peu surprise lorsque j’arrive au bureau de l’hôtel, la seule bâtisse « réelle » et chauffée de ceux qui se prêtent à l’expérience d’y coucher, et que je vois mon petit bout de chou accueillir le visiteur. Deux posters ont été tirés parmi mes images passées dont l’une de M’zelle Soleil à 18 mois. Cette année encore, j’ai droit à une suite gratuite où je pourrai « dormir » à ma guise. Je me tâte sur le sujet, en profiter ou l’offrir? Lancer un concours de blogosphère pour offrir au suivant deux entrées incluant les cocktails ou tout donner à mes amis en mon prochain "party de glace"?

Je me promène dans l’hôtel presque désert, je suis les employés de « plancher » qui préparent les chambres. À l’hôtel de glace, la température moyenne est de -5 degrés. Bien habillé c’est confortable. Pour y dormir, un sac de couchage polaire que l’on nomme « momie » est offert. Il est déposé en boule sur le lit de glace recouvert de fourrures et d’oreillers. En plus du « sac momie », ceux qui réservent une suite peuvent se voir offrir rose et chocolats. Un foyer procure l’illusion de chaleur. L’on peut y voir de vraies flammes mais la vitre qui les protégent ne laisse pas passer la chaleur. L’on peut quand même s’y coller les mains pour se les réchauffer subtilement. Chaque suite illustre un thème. Cette année, il y a une suite jazzy, une aux accents aztèques, celle qui vient avec son spa privé et bien d’autres en cours de construction. Pour ceux qui n’ont pas les moyens de la suite, il reste l'option chambre simple. Une atmosphère monacale, un lit et une table de glace entre deux voûtes de neige...

Cette année, la glissade de glace s’enroule autour du Lounge. C’est particulier. J’attends d’y emmener M’zelle Soleil pour me faire une idée de son succès. Il manque encore pas mal de bâtiments, la discothèque, la galerie d’art, la chapelle. Plusieurs couloirs sont inachevés et je me tape le nez sur des blocs de neige. En ce lieu étrange, le temps s’écoule différemment. En ce temple de saison, un silence divin étouffe le quotidien. J’y retrouve cette féérie qui me réconcilie avec le rude hiver à ma porte.

Les colonnes de glace offrent des impressions de cathédrales. L'atmosphère irréelle de cet endroit givré est à son meilleur. Je m'en imprègne. J’aime bien le parcourir seule en ma bulle d’images. J’aime le hanter lorsque les grappes de touristes ont quitté les lieux et que l’on peut ressentir toute son essence glacée. Pour ma première expérience, je suis choyée. Je n’ai même pas froid. Le secret est de se garder les pieds au chaud. Impossible de tenir en un tel endroit lorsque les pieds gèlent. Mes bottes de yéti me protègent. Je me laisse glisser dans l’expérience givrée. En silence, je chasse l’éphémère…

Picnik collage

Contrat givré

Winterland

Étrange comment les perceptions peuvent changer selon les expériences. Pour la québécoise que je suis le voile blanc que je vois sur les paysages parisiens me fait à peine penser à de la neige. Alors que je regarde par ma fenêtre, les flocons recommencent à tomber. Une petite tempête s’annonce à l’horizon qui se teinte d’ivoire. C'est comme si l’on vivait en noir et blanc. Je ne vois au delà de ma maison qu'un horizon lunaire parsemé de dunes blanches. Je tourne les yeux vers l'écran et ce voile blanc au loin me semble si fin...

Je regarde le téléjournal sur TV5, je parcoure en ligne les nouvelles fraîches d’Europe. En France, l’actualité est frigorifiée. La France est paralysée par une vague d'hiver qui attaque avec ferveur certaines régions. Les jeunes font du snowboard dans les rues de Marseille! L'on parle de grand froid, j'entends -10 et je ne peux m’empêcher de sourire. Même si je n'arrive pas à paniquer devant cette actualité (à peine si je frissonne), même si je me sens un peu blasée devant une telle situation, je leur souhaite cependant de ne pas manquer d'électricité. Pour une fois, là-bas goûte un peu d'ici. Chez nous, les vagues de grand froid caressent le -35 dans le vent. Pour ma peau gavée d’hiver -10, c'est doux, j'ai hâte que l'on y revienne...

Je lis les deux centimètres d’Akynou, j’imagine le voile blanc qui dépayse les novices. Et je regarde par ma fenêtre mon horizon lunaire. En ma contrée éloignée, il doit neiger deux centimètres tous les deux jours, c’est si anodin, que l’on n’en parle à peine. Au mieux, on le constate! Deux centimètres, c’est juste l’hiver qui nous ensorcelle à petits flocons.


Whiteness Originally uploaded by imapix
Ici, rendu au creux de la saison, avant quinze à vingt centimètres de précipitations, l’on ne fait plus guère attention à la neige. Elle est l’hiver. Elle fait partie de notre univers comme l’air que l’on respire. D’ailleurs l’air y est givré. L’air cristallise les narines, il se fait substance de saison. Il glace tout sur son passage. Mais l’on ne parle pas de grands froids avant -30. En moyenne, la température tourne autour de -15, -20 dans le vent. Rien d’alarmant. L’air ambiant se transforme en volutes d’hiver, visibles à l’œil nu. Mais c’est dépassé -25 que cela se corse, dépassé -25 dans le vent, le congélateur extérieur carbure à plein régime. Pourtant la vie continue, même par -30, les gens sortent dans les rues pour faire la fête...

Depuis le début de la saison, l’on est déjà passé au travers deux vagues bien frette! Parce-que passé -20, ce n’est plus froid qu’il fait, c’est frette! Lorsque tu sors trois minutes sur ton balcon et que t’as l’impression d’être entré dans un congélateur. Que le congélateur a avalé l’atmosphère depuis plusieurs jours déjà (parfois des semaines avant une journée douce), et qu’encore une fois, le froid intense pince la peau et picote les yeux, l’hiver te prend alors à la gorge. Il est si présent qu’il en devient concret, palpable, il devient une entité en soi. Et l'on en fait des chansons...

Chez moi, les bancs de neige ont dépassé le mètre depuis quelques semaines déjà. Tout est blanc comme neige! La nature s'est suspendue au rythme polaire. Est-ce que j'habite encore sur la Terre? Suis-je sur une autre planète? Ma pelouse est un désert de dunes enneigées. Le lac est un pré immaculé sur lequel l'on peut se balader. Même si les gens grognent de temps en temps au sujet du déneigement. On est « calicement » bien déneigé! Une fois la routine d’hiver enclenchée, les machineries de combats, lourdes et légères, pénètrent le cycle des jours. L’armée humaine se met en branle et nous fraie un passage d’hiver. Les déneigeuses, les tracteurs armés de leur pelle mécanique et autres bestioles du genre font autant partie du quotidien que les bus jaunes qui desservent les écoles. C’est l’hiver qui nous met en conserves...

"AVERTISSEMENT DE NEIGE: Québec a 04H16 HNE LE MERCREDI 7 JANVIER 2009
DES ACCUMULATIONS DE 15 A 30 CENTIMÈTRES SONT ATTENDUES SUR CES RÉGIONS. LE SYSTÈME DÉPRESSIONNAIRE JUSTE AU SUD DES GRANDS LACS CE MATIN ATTEINDRA LE SUD DU QUÉBEC CE SOIR. UN SECOND SYSTÈME PRENDRA ALORS LA RELÈVE SUR LA COTE DU NORD-EST DES ÉTATS-UNIS PUIS POURSUIVRA SON CHEMIN, TOUT EN S'INTENSIFIANT, POUR FINALEMENT ATTEINDRE TERRE-NEUVE JEUDI SOIR. LA NEIGE DÉJÀ PRÉSENTE SUR LE SUD-OUEST DU QUÉBEC CE MATIN SE PROPAGERA SUR LE CENTRE AUJOURD'HUI PUIS SUR L'EST DE LA PROVINCE CE SOIR ET CETTE NUIT. LES PRÉCIPITATIONS ABONDANTES COMBINÉE AUX VENTS MODÉRÉS OCCASIONNERONT DE LA POUDRERIE PAR ENDROITS. LA NEIGE POURRAIT ETRE BRIÈVEMENT MÊLÉE DE GRÉSIL ET DE PLUIE VERGLAÇANTE PRÈS DE LA FRONTIÈRE AMÉRICAINE EN APRÈS-MIDI OU EN SOIRÉE AUJOURD'HUI. D'AUTRES RÉGIONS POURRAIENT S'AJOUTER A CET AVERTISSEMENT AU FUR ET A MESURE QUE LA DÉPRESSION POURSUIVRA SA ROUTE VERS L'EST JEUDI."

Winterland

lundi, janvier 05, 2009

Voici une autre année qui débute. Journée grise de poudre neige. Températures à la hausse, l'on rejoint le -15. Après les fêtes consommées, le train train quotidien se remet en marche. Je ne sais trop quoi penser de 2009. Ce sera certainement l'année de Barrack, l'année de la crise financière qui fera surement cracher beaucoup d'encre sur les papiers et engendrera des sueurs de claviers. Ce sera aussi l'année où M'zelle Soleil deviendra "grande fille", l'année de mon retour à la vie "active"...

Comme les années précédentes, je vais essayer de conserver une certaine discipline virtuelle, et poursuivre ma tradition d'expressions choisies au fil des saisons qui s'égrèneront...

EXPRESSION via expressio.fr
« Il ne faut jamais dire : fontaine, je ne boirai pas de ton eau »

SGNIFICATION
Il ne faut pas jurer que l'on n'aura jamais besoin de telle chose ou de telle personne, que l'on ne fera jamais telle chose. Il ne faut jurer de rien.

ORIGINE
Personne ne peut garantir et donc affirmer mordicus ne pas faire un jour quelque chose qui lui semblait totalement impensable auparavant, que ce soit suite à un changement de situation ou d'opinion, ou bien sous la contrainte. C'est bien ce qui est arrivé à un ivrogne dont l'histoire est racontée dans un fabliau du Moyen-Âge. Dans cette histoire, notre joyeux soulard avait juré ses grands dieux que jamais, au grand jamais, il ne boirait une goutte d'eau, même pas de l'eau ferrugineuse. Pourtant, un soir de beuverie où il avait forcé encore plus que d'habitude sur la bouteille, alors qu'il en tenait une bonne et qu'il rentrait très difficilement chez lui, complètement bourré, cuité, pété, il chuta dans le bassin de la fontaine du village et y but une telle tasse, qu'il s'y noya. Bien entendu, ses compagnons, lorsqu'ils découvrirent le drame, se dirent que ce pauvre bougre n'aurait finalement jamais dû jurer qu'il n'ingurgiterait jamais la moindre goutte d'eau. C'est de cette bien triste histoire qu'est née notre expression.

EXEMPLE
« Je m'étais juré, si jamais je le rencontrais, de l'éviter, de ne pas lui serrer la main. Quand je suis rentré au pays après décembre '89, je l'ai rencontré, je ne l'ai pas évité, je lui ai serré la main et je l'ai même revu plusieurs fois "dans le monde"... Il ne faut jamais dire "fontaine, je ne boirai pas de ton eau !" Et là, c'était vraiment une eau saumâtre. » Neagu Djuvara - Bucarest-Paris-Niamey et retour

Il ne faut jamais dire : fontaine, je ne boirai pas de ton eau

Basse température enfantine

Une première semaine de janvier qui débute avec la petite mine blafarde de M'zelle Soleil. Sa peau est translucide et ses grands yeux bleus sont humides.

- Mman, z'ai mal au fond de goge! Pis ze tousse. Ze crois que z'ai acrapé une maladie deyors pake cé crès froid!

La maman de service couve le petit bout de chou tout en espérant ne pas attraper ce virus cuvée 2009. La petite a une si petite forme que je décide de la garder prés de moi plutôt que de l'envoyer à la garderie. Ceci me semble plus raisonnable. Elle n'en est point malheureuse. Tant pis pour mes plans de travail, ils devront encore se mettre en points de suspension. Je croise les doigts pour ne pas tomber sur le champ de bataille gripal...

Ce soir, une fois l'homme rentré, je vais aller me givrer les idées avec un safari d'images à l'hôtel de glace. Une nouvelle saison débute avec la nouvelle année et comme à mes habitudes, je suis de la partie photographique...

De légers flocons de neige virevoltent dans une percée de soleil. M'zelle Soleil se râcle le fond de la gorge. Toute congestionnée, elle me fait un peu pitié. Je lui tâte le front, histoire de me rassurer. Je la trouve fiévreuse. Je lui prends sa température. Maintenant qu'elle est grande fille, elle rechigne à peine. Le résultat me déconcerte 35.7. Je recommence le processus avec un autre appareil, même résultat 35.7. En consultant Internet Juan découvre que la "sous fièvre" peut aussi faire partie des symptômes d'une infection...

La morve lui coule du nez, c'est le festival de la "gnacke". Cela me fait penser à une gripette. M'zelle Soleil est mollassonne mais comme elle mange bien, je décide de ne pas trop m'angoisser les nerfs maternels. N'empêche, je ne peux m'empêcher de me poser toutes sortes de questions et mon estomac silencieusement se noue. Espérons que la sieste, difficilement atteinte, régénère la petite fille à plat et que demain soit un meilleur jour...

Basse température enfantine

Brève de parentitude

La notion parentale avale facilement le concept de couple qui se fond dans la nouvelle équation familiale. Les années passent et les parents prennent plus de place que le couple qui somnole dans son coin empoussiéré. Avec la nouvelle année et la croissance de l’enfant, mettre davantage la priorité sur le couple est d'actualité. Un défi plus grand qu’il ne peut y paraître.

Vingt quatre heures sans l’enfant chérie. Ces moments seuls sont si rares qu’ils en deviennent incroyablement précieux. Des moments d'émotions entrecroisées qui peuvent parfois ressembler à des montagnes russes. Durant une bouffée de vide, je m’exclame :

- Quand elle est pas là, je me sens mère indigne…
- Et moi, là je me sens père libre…

Me répond-t-il avec un petit sourire. Je soupire. Il s’approche. Je vois en ces yeux une étincelle qui réveille mes sens engourdis. Ses bras se referment sur mon coeur parcouru de frissons. Je ferme les yeux et j’aspire la bouffée de liberté qu’il me souffle...

Brève de parentitude

samedi, janvier 03, 2009

Dans le cadre de "400 ans 400 blogues"...

La fin du 400ième de Québec me rend un peu triste. Il faut dire que cette année passée fut si riche en événements et activités que j’aurais eu besoin de cinq années pour pouvoir pleinement en profiter. Ce 400ième anniversaire a démontré tout le dynamisme de Québec et combien les gens ont a cœur de sentir vibrer la ville. Ceci m’a touchée…

Et puis Québec est si jolie, il parait qu’elle compte plus de 700 000 habitants avec ses banlieues. C’est un centre urbain des plus respectables. C'est une grande cité qui posséde encore une échelle humaine. Son quartier historique est magnifique. Le climat social y est cordial. Les enfants y sont bien. Les artistes multiplient leurs visites. La ville est propre. À Québec la vie est belle. Lorsque je la compare avec d’autres endroits sur la planète où vivre, je me dis souvent que c’est une place privilégiée où résider. J'aime sa créativité, son authenticité. Si ce n’était de l’hiver pour mettre un peu de rudesse dans la sauce, la vie y serait presque trop facile.

Si l'on m'avait dit, du temps de ma jeunesse montréalaise, qu'un jour je tomberai un peu amoureuse de Québec, jamais je ne l'aurais cru! Cela a pris quelques années mais j'ai fini par capituler. Les montréalais se pensent souvent si cools qu'ils en réduisent la vieille capitale à des préjugés de dame âgée. Cela dit Québec est pleine de charmes, elle rayonne. Aprés un ravalement de façades et malgré un été des plus exécrables (coté météo), les cieux n'ont pas réussi à entacher la gloire de son 400ième anniversaire...

Personnellement même si je ne suis pas une citadine au quotidien, même si je vis en périphérie de la grande ville (depuis presque une décennie), les 40 kilomètres qui m’en séparent me permettent presque d’en profiter davantage. Québec est l’endroit où travaille Juan. Sur son campus universitaire, j'ai étudié. En sa culture j'ai travaillé. C'est à Québec que se passe la majorité de notre vie sociale et de nos sorties. Le lac me repose, Québec m'instruit et me divertit.

Durant cet anniversaire urbain j'ai parfois un peu regretté l'absence d'un accent prononcé sur le coté historique, ce qui nous aurait permis de mieux réfléchir sur les siècles passés. Mais le coté bien contemporain de ces festivités aura peut-être dynamisé le tout. Québec n'est pas prisonnière de son histoire. Elle célèbre son passé tout en se tournant vers l'avenir...

Cette dernière année, Québec fut si divertissante que cela me peine de voir s’estomper la fête au rayon des souvenirs. Tant d’activités gratuites furent proposées que les spectacles payants furent boudés. Le choix était si vaste que tout le monde en avait pour son moral. Cependant, il restera plusieurs traces de cette année mémorable, le boulevard Champlain revampé est de mes préférés. Et l’idée que Québec est bien vivante habitera encore longtemps les esprits…

Picnik collage

De tout ce que je vis à l’occasion du 400ième, c’est surement le moulin à images de Robert Lepage qui me transporta le plus. Celui-ci y intégra d’ailleurs la notion historique du projet global. J’aurai voulu le revoir une autre fois mais comme je le mentionne plus haut, pour vraiment profiter à fond des festivités, j’aurai eu besoin de cinq étés ! Je dédie donc ce billet à cette initiative et je le boucle avec quelques images du moulin à images…

Dans le thème de 400 ans 400 blogues

jeudi, janvier 01, 2009

Happy New Year

Bonne année 2009

En vrac de fête...

J'avale mes 36 ans sous les -30 dans le vent. De retour de la grande ville. Petites vacances virtuelles. Bouffées urbaines. Visites et rencontres amicales. Chaleurs humaines. Deux nuits au coeur du Plateau. Quelques jours passés à Montréal pour expérimenter pluie, températures douces, trottoirs patinoires, bourrasques infernales et fourmilière moderne. L'aventure est de la partie...

Un soir, alors que Juan fait prendre le bain à la petite, je descends chercher des trucs dans l'auto garée sur la rue. Le vent est si puissant qu'il absorbe les bruits de la ville. J'entends un crack-boum étouffé. Je me retourne et reste bouche bée. La façade temporaire d'un magasin en rénovation vient d'être arrachée. Emportée par une rafale elle s'est disloquée sur deux autos. Je suis à dix mètres du fracas. J'écarquille les yeux. Un passant, lève à peine la tête. Il parle au téléphone collé à son oreille. Je l'entends dire:

- Ouais, j'ai des champignons. Non, l'acide c'est impossible, on peut plus en trouver...

Il se penche et enjambe les trucs qui encombrent le trottoir sans même se poser de questions. Deux habitants de l'immeuble au dessus du magasin éventré sortent explorer les dégâts. Je reste clouée su place. Je regarde le trottoir en face et constate que notre voiture est juste de l'autre coté. Si le vent se décidait de soulever ce qu'il reste de la façade, c'est sur notre voiture qu'il atterrirait. J'ouvre de nouveau la bouche. La referme. M'approche. Sort mon objectif de ma poche et mitraille l'action. Au loin le hurlement des sirènes de police se fait entendre. Les pompiers arrivent aussi. J'observe la scène. Rassurée, les pompiers sont déjà à l'œuvre, mon "char" ne se fera pas écrabouiller ce soir. Ni moi d’ailleurs…

Je ne peux m'empêcher de sourire lorsque je remarque que les policiers sur place sont deux grandes blondes, bien jolies ma foi et un grand black aux fesses bien fermes! Durant quelques secondes folles un scénario "porno police" se glisse entre mes pensées. Me voilà amusée! L'une des blondes m'accoste et sur un ton de doberman me demande de reculer. La rue est bloquée, l'urgence est sous contrôle...

Picnik collage

Dire que quelques heures auparavant, alors que nous mangions tranquillement une crêpe dans un petit resto sympa. Notre voisine de table mit le feu à son journal. Juan se leva d'un coup pour l'aider à étouffer les flammes. Et la pauvre madame fut secouée par son expérience. Montréal me fait la fête. Plein d'action pour animer ma calme soirée de maman...

Le soir d'avant, nous avions mangé dans une petite boite de jazz qui avait ravit note petit soleil. Depuis des jours, nous la couchions trop tard pour son propre bien et ce soir là nous avions décidé de lui donner l'occasion de se reposer en rentrant sagement à l'hôtel. Je remonte retrouver mes amours. Par la fenêtre qui surplombe la scène, l’on peut voir se dérouler l’opération de rescousse. M’zelle Soleil se couche et l’on se plonge dans la pénombre pour l'aider à trouver le sommeil…

En cette nouvelle année, aprés une escapade urbaine pour nous changer les idées quotidiennes, nous voilà de retour en notre brousse congelée. Comme tous les « premier janvier » depuis ma naissance, la nouvelle année dénombre mon existence. Juan me choie aujourd’hui, petit déjeuner au lit, amour d’après-midi, puis après la sieste de l’enfant qui retrouve son rythme de croisière, gâteau, bougies et cadeau…

En vrac de fête...