vendredi, mars 05, 2010

Chroniques d'enfance

3 comments
Chroniques d'enfance...

À mes yeux, l'enfance est un bien précieux. Tout y est neuf, vrai, innocent.

Il y règne une force et une fragilité qui m'émerveillent. J'y vois une flamme qui brille dans l'obscurité de nos chaos adultes.

L'enfance, c'est l'humanité à l'état pur. Sans ces acquis qui la transforment et l'évoluent, de générations en générations...

Même si je suis sortie de l'enfance il y a bien longtemps, j'en conserve de nets souvenirs. Des sensations vives que je dois parfois encore maitriser.

L'enfance est un univers cru. Les émotions y sont exacerbées, la joie comme la tristesse. Les pulsions sont souvent incompréhensibles pour les petits qui les vivent. L'intelligence s'y déroule jour après jour. L'être se construit.

L'enfant s'épanouit selon les contextes qui font la fabrique de sa vie. Il apprend. Il s'adapte constamment à de nouvelles compréhensions qui le font devenir qui il sera plus tard. L'enfance me fascine, m'hypnotise. J'aime l'explorer en compagnie de M'zelle Soleil. J'aime voir la vie à travers ses yeux. J'aime la lui rendre belle...

En sa compagnie, je suis de l'autre coté du miroir, je suis le parent qui guide et discipline. Je l'observe et je me souviens de combien lorsque l'on est petit, l'on rêve en couleurs du jour où l'on vivra sans parent. Du jour où l'on sera devenu grand. Libre. Et l'ironie de la chose est qu'une fois devenu grand, l'on se met alors à rêver de devenir parent...

Être parent. Un emploi permanent qui nous fait traverser le miroir. Qui complète l'image globale. Je suis le parent que je n'ai jamais eu. Je le sais. Je suis à l'image du parent que je m'étais façonné lorsque j'étais enfant, perdue dans les bulles de mon imaginaire. Mais si le parent que je suis aujourd'hui puise sa force dans l'enfant qu'il fut, j'ai peut-être une chance de ne pas faire trop de conneries. D'être à la hauteur du défi.

Lorsque je regarde ma fille grandir, s'épanouir, si lumineuse, si vive et joyeuse, je me sens si fière d'elle que dans cet instant là, tout fait du sens. Elle a mon sang en héritage. Elle me prolonge la mémoire. Sa vie dans la mienne me rend immortelle.

Je façonne son quotidien à l'image d'un idéal qui m'habite depuis que je sais réfléchir. Ce n'est pas tous les jours facile. Mais c'est possible. Même si sur Terre, l'on atteint jamais vraiment ces idéaux que l'on porte en nos coeurs, ceux-ci peuvent nous guider vers un monde meilleur. J'écoute cet instinct maternel qui m'habite et j'essaie d'en tirer certaines logiques.

Être maman d'une fillette de 4 ans...

En ce moment, j'ai un cheval de bataille "fashion". En effet, je tiens à garder un certain contrôle sur sa façon de s'habiller. Ce contrôle maternel que j'exerce ne tient déjà qu'à un fil vu l'éducation d'expression dans laquelle je l'élève. J'en ai conscience. Surtout lorsqu'elle me tient ce discours avec fougue et passion:

- Mais maman, ze suis pas contente! Moi z'ai pas le droit de décider de mes habits. C'est touzours toi qui décides! Tu peux pas me laisser choizir mes habits??? J'ai pas besoin d'aide pour décider. Ze suis grande maintenant. Pis toi, tu décides touzours de tes habits à toi! Moi ze veux décider de mes habits à moi! Pis c'est à nous de décider de toutes les choses qu'on veut! Comme toi tu peux décider de tes habits!!!

C'est un combat de plus en plus récurrent, un combat que je sais que je perdrai mais que j'aimerais tenir jusqu'à ses 6-8 ans au moins. Comme je ne suis pas tant la dictatrice qu'elle pense, je lui laisse souvent glisser quelques libertés par ci par là mais je tiens à garder des frontières précises même si fines.

Pour l'instant la règle est que ce n'est pas maman qui décide. C'est maman qui donne le choix. Ensuite l'enfant a la liberté de décider parmi les choix proposés. Évidement, je prends en considérations ses humeurs du jour et j'essaie de lui inculquer un petit style. Un style qui se rapproche du mien en attendant qu'elle découvre le sien. Déjà, je remarque que ses goûts se dessinent. Je vois qu'elle y réfléchit...

Et puis, petit à petit, la règle évoluera. J'ai confiance. M'zelle Soleil me montrera le chemin. Elle y déposera des indices pour que je puisse agir en conséquence. Car dans le monde de l'enfance, les règles sont faites pour être pliées. Si elles ne s'assouplissent pas, elles seront obligatoirement transgressées. Cela fait partie de la nature humaine. Il ne sert à rien de le nier.

La liberté s'apprivoise. Si je lui donne tout à 4 ans, que lui restera-t-il à expérimenter à huit, douze, seize ans? Je pense qu'en mon rôle de parent, je dois gérer cette liberté qui est sienne. Je ne dois jamais la brimer mais je dois la gérer assez bien pour qu'elle puisse apprendre à la manier correctement. Et les jours de congé, je suis cool, je la laisse vivre ses envies vestimentaires. Je lui donne la permission d'être aussi grande qu'elle le pense. Je lâche un peu la bride. Même si son envie du moment est de passer en revue toutes ses robes d'été pour voir lesquelles lui vont encore...

Les refrains de M'zelle Soleil...

Bavarde comme une pie, M'zelle Soleil n'arrête pas de jacasser. Parfois tant que son père désespère. Elle a toujours quelque chose à dire. Cela me fait rire même s'il arrive que j'en aie aussi plein les oreilles. Je l'écoute discuter avec ses poupées, ses bébés, c'est aussi une façon d'apprendre à la connaitre. De comprendre sa personnalité qui éclot. Et puis elle adore chanter.

Depuis qu'elle sait parler, elle chante. Et désormais, elle s'invente des ritournelles qu'elle chantonne à tout vent de sa petite voix pure. Des chansons de bonheur et d'amour où rôdent parfois quelques méchants. Des chansonnettes qui racontent ce qu'elle pense et ce qu'elle s'imagine. Et parfois j'en accroche des bribes...

"Z'aime, z'aime ma maman, z'aime, z'aime mon papa mais z'aime, z'aime, z'aime pas ceux qui mettent les zens en prison, les zens, les zens qui ont des enfants et des familles. Mettez zuste les loups en prison, les ours, les ours et toutes les choses pas zentils, zentils". Moue dubitative de la mère de service...

3 commentaires:

Rouge a dit…

Rhâaaa le combat pour les vêtements. C'est d'une véritable guerre dont il faut parler. D'abord, il s'agit de choisir les vêtements du jour (j'ai tenu jusqu'à 8 ans tout de même), puis vient le moment fatidique de la revendication dans les magasins. Ça commence par un refus d'acheter. Mais pire, viennent bientôt les suggestions douteuses !!!
Dernière lubie de ma fille, les souliers à talon. Bien qu'il soit hors de question que j'en achète.... je n'ai pas beaucoup de contrôle sur les achats de l'autre versant parental. H.é.l.a.s
N'empêche derrière tout cela, il y a une quête d'autonomie qu'il est important d'encadrer, je pense.

Etolane a dit…

Ah! Tu ne sais pas comment ton partage d'expérience me fait du bien. Et chapeau, je peux imaginer le défi de tenir jusqu'à 8 ans. Déjà j'ai le même problème en ce qui concerne les magasins. Et j'hallucine de lui voir des gouts affirmés du haut de ses 4 ans! Oui encadrer sa quête d'autonomie me parait aussi bien importante. Je sais que j'ai de la chance de l'élever en harmonie avec son père sous un même toit. Je n'ose imaginer les difficultés que tu rencontres au quotidien! Dis au fait est-ce que j'ai fini par te répondre? Imagine toi que durant des jours, j'ai commencé des brouillons de courriels et là, je me demande si j'ai fini par l'envoyer ou non! :-(

Rouge a dit…

haha, non tu ne m'as pas répondu, mais il n'y a pas de mal :)