dimanche, juin 29, 2008

En bataille

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EXPRESSION via expressio.fr
« En bataille »

SIGNIFICATION
En désordre

ORIGINE
Avez-vous déjà quelqu'un portant un bicorne ? Je veux parler de ce couvre-chef ayant deux extrémités ressemblant à des cornes, chapeau que l'on voit régulièrement au sommet des bustes de Napoléon, par exemple (mais les militaires le portaient déjà pendant la révolution française). Car ces choses-là sont encore portées de nos jours ! Et pas par n'importe qui, puisque aussi bien les membres de l'Académie Française que les élèves de Polytechnique en portent. Toujours est-il qu'un tel couvre-chef pouvait se porter de deux manières : les cornes vers l'avant et l'arrière, port qu'on disait "en colonne", ou bien les cornes au-dessus des épaules, port qu'on disait "en bataille". On peut aussi noter qu'une armée pouvait passer de l'ordre "en colonne", "en carré" ou "sur le flanc" à l'ordre "en bataille" lorsqu'elle se déployait pour affronter l'ennemi. Tout cela est bel et bon, me direz-vous, mais quel rapport avec le désordre de notre expression ? Eh bien il semble que ce soit parce que le fait que le chapeau ne soit pas mis dans le bon sens[1] a finit par faire utiliser "en bataille" pour désigner tout chapeau placé de travers ou de manière négligente sur la tête. De là, le "de travers", symbole de désordre, a donné la signification actuelle de notre expression. Alain Rey indique aussi le calembour "en mêlée" (donc "en désordre") pour "emmêlé", puisque l'expression s'applique aujourd'hui principalement au système pileux, cheveux, sourcils ou barbe.

[1] Mais quel est réellement le bon sens quand on sait qu'Alphonse Daudet indiquait que les hommes mariés et les gendarmes portaient le bicorne en bataille alors que les célibataires ou veufs le portaient en colonne ?

EXEMPLE
« Sur le front, les soldats voyaient apparaître un vieil homme au feutre en bataille, qui brandissait un gourdin et poussait brutalement les généraux vers la victoire. C'était Georges Clemenceau. » André Maurois - Terre promise

« Elle s'agite frénétiquement sur moi, s'agrippe à mes épaules en me griffant. Je la regarde faire, elle est belle, esthétique, hystérique, presque animale. Elle transpire, crie encore, toujours. Je caresse ses cheveux en bataille pour la recoiffer un peu ce qui a pour effet de ralentir ses mouvements. Elle me regarde et me sourit. » Hervé Buschard - Bailar

1 commentaires:

FDF a dit…

Bonjour,
Je suis Hervé Buschard. Je suis très flatté de voir que vous citez un passage de mon roman "Bailar" sur votre blog. Bonne continuation.
Hervé Buschard.