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lundi, juin 21, 2004

Blogue ta musique : Coup de cœur au féminin...

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En ce dernier jour du projet BTM, je tiens à féliciter Jean-Luc et son équipe pour leur beau travail. Bravo à vous, chers inconnus, qui donnez un peu de votre temps pour la cause musicale et humaine. Une pensée et un sourire pour tous les participants de ce petit projet musical sur fond de monde et de notes partagées...

Pour la deuxième année consécutive, la musique a brillé au fil des divers carnets virtuels. Humanité commune et différences, tous ensemble pour la musique...

L’année dernière, j’avais posté une petite comptine « Fa », qui a ensuite été retravaillée et publiée au printemps, dans la revue littéraire l’Écrit Primal. Cette année, c’est Tadoussac et cette combinaison mots et images qui m’emporta l’inspiration...

L’événement Blogue ta musique se déroula sur plusieurs jours, ce qui me permit de faire quatre billets, tous en rapport avec Tadoussac et son petit festival de la chanson (au grand coeur), qui se conjugua par le plus grand des hasards, avec BTM et ma pomme.

Il est donc de mise que je finisse cette seconde édition de "BTM" avec un billet sur mon coup de cœur de ce festival : Dobacaracol...

Ambiance chaleureuse, vibrations ensoleillés, paroles lucides, espoir atmosphérique, percussions enchantées. J’ai tout simplement craqué pour ces deux filles à la voix douce, exotiques québécoises. Blanches rastas entraînant ma tête dans d’étranges mélodies aux saveurs d’Afrique (et du Monde)...

Je les ai trouvées au coeur de Tadoussac. Comme l’on ramasse un coquillage sur le sable, je les ai croquées de ma boite à images. Puis j’ai ramené leur musique avec moi. Le "calme-son" est un petit bijou que j'ajoute délicatement à mon boite à (musique) trésors...

Je suis tombée en amour avec Bora Kan. Ne pouvant résister à cette magie combinée au talent perceptible qui vibre avec les "djembés" de Dobacaracol. J’ai adopté en mon quotidien ces deux filles d’ici et d’ailleurs. Je me suis laissée emporter dans ce petit plaisir. Simple bonheur procuré par deux gazelles chantantes...

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Tadoussac juin 2004

À découvrir sans tarder...

Prochaines dates de spectacle au Québec :
(concert en ligne: Coup de coeur francophone - Club Soda, Mtl)

19 juin: St-Jean-de Matha
8 juillet: Festival d'Été de Québec: 16h30, scène Place Métro (Place d'Youville)
10 juillet:
Aux Berges du Lac Castor (Doba Acoustique) avec Polémil Bazar
16 juillet:
Festival International de Percussions de Longueuil
17-18 juillet: Mont Orford, Estrie
6 aout: À l'anse St-jean
13-14 août: Anse-de-Roche (Tadoussac), Manoir de la lune

Ce billet se conjugue avec Blogue ta musique

jeudi, août 30, 2007

Histoire de baleine

Baleine-en-mer-de-fleuve

Notre ami Moukmouk est un adepte des baleines, je le soupconne même d'être amoureux de ces créatures extraordinaires. De mon coté, j'ai eu l'occasion en ce mois d'aout qui s'achève, d'aller voir des baleines à Tadoussac, l'occasion pour mon petit Soleil et son petit cousin de découvrir ces étonnants mammifères. Il y en avait des dizaines. Ce fut un incroyable spectacle. Majestueuses, elles impressionnent, elles coupent le souffle de ces milliers de visiteurs qui viennent les contempler. Difficile d'échapper à la fascination de ces énormes bêtes. Ah! Si seulement on pouvait les laisser brouter en paix sans jamais nuire à cet environnement qui est le leur...

Via le carnet de Moukmouk: " (...) La Tête du chenal Laurentien est une machine à produire de la nourriture. Le courant marin très froid et riche du Labrador coule du Nord vers Tadoussac, alors que le courant du Saint-Laurent plus chaud, et faible en sel coule vers le Nord en surface. Devant Tadoussac, de très hautes falaises sous-marines forces le courant du Labrador a remonté en surface amenant avec lui les sels minéraux nécessaire au développement du plancton.

La haute mer est un désert parce qu'il manque les éléments nécessaires, surtout des nitrates et des oxydes de fer pour que le gazon de la mer, le plancton se développe. Parfois, quand un grand fleuve connait une crue soudaine, où qu'un tempête emporte de grande quantité de sable sur la mer, on voit l'océan verdir. J'ai déjà décrit le truc ici. Je ne sais pas pourquoi, peut-être un été un peu plus pluvieux mais j'en doute, toujours est-il qu'il y a beaucoup beaucoup de plancton dans le partout de Tadoussac jusqu'à Terre-Neuve, et donc il y a beaucoup de baleines.(...)"

Histoire de baleine

mercredi, juillet 06, 2005

Coups de cœur musicaux...

Dans la brume des excès du Festival de Tadoussac se sont dégagés trois phares pour illuminer une superbe fin de semaine ensoleillée.

Tout d’abord notons l’émergence du groupe Caiman Fu, né d’un périple musical généré par l’amitié et le hasard. Une formation aux tendances rock, funk et jazz, composée de la comédienne Isabelle Blais (que l’on a pu remarquer entre autres dans Québec-Montréal et Un crabe dans la Tête) et de plusieurs musiciens émérites. Le résultat est un petit bijou pour s’envoler l’esprit et les sens. Isabelle est aussi lumineuse que pétillante et avec sa joyeuse troupe, elle a entraîné son public en des transes quasi psychédéliques qui ont embrasé le café du Fjord plusieurs soirs de suite…

Caiman-Fu-VIIsabelle-Blais-VIIIsabelle-Blais-IVIsabelle-Blais-V

Sur un autre ton, Jamil s’est démarqué du lot grâce à son verbe malicieux et son humour un peu fou. Acrobate de mots, il a réussi l’exploit d’enflammer la sage salle de l’endroit le plus chic de la place : L’Hôtel Tadoussac. Un maître accompagné d’un jeune guitariste et d’un percussionniste d’expérience, ce trio infernal a transporté la foule vers des sommets de rires et de rythmes conjugués, donnant ainsi un étrange plaisir à des âmes habituellement bien tranquilles…

Et pour finir ces coups de cœurs festivaliers, comment ne pas mentionner le feu de Marco Calliari! Québécois d’origine italienne, véritable hybride musical qui passe du heavy-metal (membre du groupe Anonymus) au folklore ancestral avec une aisance toute particulière. Un phénomène qui a même profité de son passage à Tadoussac pour charmer les enfants innocents en un spectacle très bien joué d’après les échos que j’ai récoltés. Un tour de force pour ce guitariste-chanteur expérimenté aux influences aussi riches que multiples. Il a su durant deux soirs endiablés réveillés les esprits épuisés à l’heure où sortent les sorcières en partageant son délire italien avec une chaleur et une humanité incroyable. Un magicien des petites heures du matin pour un festival survolté en un cadre enchanteur…

Marco-CalliariMarco-Calliari-IIPut-your-hands-in-the-air

Avant de m'effacer une note spéciale pour Amélie-les-crayons dont je ne vis que deux chansons mais qui me fit drôlement sourire par son style détonnant et ses paroles à la fois fragiles et humoristiques...

jeudi, juin 17, 2004

Matin communauté
La musique s'assemble et rassemble...


Sortis de l’ombre des pages de mon cahier vert...

Rewind in time. Juan prépare sa crêpe dans la cuisine de l’auberge de jeunesse. Dee dort encore. Assise, tranquille au soleil, je relaxe sur la terrasse couleurs légo. Une madame, voisine de table, me complimente sur mon T-Shirt arborant une voyante étoilée . Un sourire, un merci, une p’tite jasette entre cafés et bouilles enfarinées...

La madame me dit: "Y doit y avoir des cadavres dans les tentes à matin!". Je ne peux m'empêcher de m'esclaffer!

Saveurs hippies, allures décontractées, l’air respire le calme après la fête. Le soleil monte à l’horizon. Il est presque midi, le monde émerge des vapeurs de la nuit. Ambiance bon enfant, Tadoussac vibre sous le signe de la chanson. Quelques nuages flottent dans un ciel marin.

Les garçons à barbichettes, les filles bariolées, les madames grisonnantes, les vieux rockers et les messieurs bien sous tous égards, se mélangent sans bruits lorsque scintillent les étoiles. Tous entraînés dans la même ronde. Les genres (et les gens) se rencontrent et s’harmonisent en une douce euphorie (utopie?)...


Chanter avec un musicien égaré aux petites heures du matin. Rires étouffés, cris amusés, charmeuse de feu et guitares enflammées. Bateau abandonné. Braises joyeuses. Aller regarder le soleil se lever sur la baie de Tadoussac. Là où l'eau lactée embrasse l'indigo qui colore le nouveau jour...

Se perdre dans les pastels du jour qui se lève. Espérer entrevoir le souffle d'une baleine ou d'un beluga. Observer, patiente, marées, mouettes et goélands. Retrouver le village et sa folie musicale. S'endormir à l'heure où d'autres se réveillent.

J’écris au soleil de midi, derrière moi, cette drôle de cabane qui branle son âme. J’écris à midi dans un calme de nuit. Un jongleur se détend à mes cotés. La crête aplatie, Perreau joue à la pétanque. Drôle d’atmosphère toute en petits bonheurs.

L’on danse au ciel de minuit et l’on se repose l’esprit à midi. Bonne humeur générale. Pique-niques sauvages. Simplement un samedi musique à l'auberge de jeunesse de Tadoussac (aux airs de festival)....



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lundi, mai 28, 2007

Un samedi soir à Québec

Samedi dernier nous sommes allés voir Fred Pellerin au Grand Théâtre de Québec. Cette soirée était mon cadeau de St-Valentin pour l'homme qui voulait voir le conteur depuis des lustres (depuis un show à Tadoussac, l'année où Fred Fortin faillit dégobiller sa gueule de bois sur scène, la conséquence visible de trois jours de beuverie!). Après l’avoir raté à différentes occasions, Juan n'y croyait plus, pour lui faire plaisir, je me suis procurée deux places en même temps que se passait la Valentin et hop, d’une pierre deux coups…

C’était un cadeau de rire et de patience. Il fallait la patience d’attendre la date du spectacle pour pouvoir rire des pérégrinations verbales de l’artiste. Juan est un fan. Personnellement je suis plus froide, je souris, c’est amusant, mais je ne suis pas transcendée. Je me prépare l'humeur mi-figue mi-raisin. Je ne sais pas trop ce que je vais en penser. J’espère tenir durant les trois heures du spectacle sans trop souffrir. L'on dépose l'enfant chez sa Mère-Grand. L'on se prend un souffle de liberté bien mérité. Dans la douceur du soir qui se couche, il me sourit, il est content. L’on se gare à deux pas. L'on entre dans le Grand-Théatre. L’on s’assoit à nos places..

Fred Pellerin est un maître en son genre, avec son drôle de conte « abracadabranquesque » intitulé « comme une odeur de muscles », en quelques tours de langue, il emporte la salle qui s’esclaffe joyeusement. Il personnifie son spectacle en apostrophant régulièrement "Québec". Sans malice, il se moque de Rimouski tout en faisant remarquer que ce sera notre tour une fois qu'il sera rendu à Sherbrooke! Je remarque qu'il n'a pas changé de pantalon depuis Tadoussac, son style pyjama me divertit malgré moi. Mon homme, qui connaît bien le conte en question, rigole de bon cœur. Je me laisse bercer par la bonne humeur générale qui m’enrobe toute entière.

Je découvre que j’apprécie sa verve plus que je ne le pensais. Sa riche personnalité dégage une "humanitude" qui m'accroche l'esprit. Cela fait du bien. La linguiste en moi s'adapte à la saveur du soir et s’amuse en silence des barbarismes qui la choque. Je me trémousse sur mon siège. Fred Pellerin avec sa bouille de gentil mariole génère les bons sentiments, il nous touche de l'intérieur, sur le fil de sa langue, l’on se régale. Les oreilles écarquillées, l'on se marre tout en se plongeant les idées dans un folklore riche en couleurs. L’entracte procure un temps de calme. La salle se vide. L’on reste sur place. L'on se câline. Il fait bon se retrouver ainsi, ensemble, en couple, en ville. Bientôt le spectacle reprend et les rires fusent de nouveau dans la salle en délire.

En ce qui me concerne une subtile tristesse m’entraîne inexorablement vers des contrées lointaines. Le conte de Fred tourne autour de sa grand-mère. Mes pensées, en décalage, se tourne vers la mienne, disparue depuis plus d’un an. Mon cœur se serre. Mes pensées rejoignent la profondeur de ma tristesse. Plus il évoque l’image de sa grand-mère (ce qui est régulièrement) et plus je pense à la mienne qui n’est plus. Je sens monter les larmes. J’entends rire la salle. Je déconnecte. Je pense à elle qui aimait tant me conter toutes sortes d'histoires croustillantes en son langage si expressif. Elle me manque viscéralement. Ma chère Mère-grand que je n'entendrais plus de mon vivant. Je laisse couler ma tristesse au compte gouttes sur mes joues. Le spectacle s’achève. Les lumières se rallument, les yeux pleins d’eau, je m’essuie subrepticement le visage. Je baisse la tête.

J’entends commenter les inconnus qui m’entourent. Plusieurs s’extasient sur leur soirée. Certains s'étonnent de lui découvrir un si grand talent d'humoriste. L’humeur est à la satisfaction commune. Les critiques sont bonnes. Grâce à son charme clownesque vibrant d'intelligence savamment maîtrisée, Fred Pellerin a réellement conquis son audience. Une douce odeur de bonheur flotte dans l'air.

Je retiens ses paroles de clôture qui parlent d'exode rurale. Je retiens qu'en habitant dans un petit village, je fais un choix social que l'artiste appelle "un geste de rêve". L'expression me plait, je m'accorde à ses sages paroles. Je renifle discrétement. Juan me serre contre lui. En un simple geste, il m'aime. Je me laisse porter par son cœur. L’on marche avec la foule. La lune brille. La nuit est douce, je laisse flotter ma peine entre deux étoiles…

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Fred Pellerin au Festival de Tadoussac 2005

Samedi soir à Québec

lundi, mars 19, 2007

Entre lune et soleil ...

Insomnie d’une nuit sans lune. Je n’aime pas les nuits sans lune. Les saveurs nocturnes de la pleine lune me laissent froide même si sa beauté me fascine toujours l'imaginaire. Au pire, elle m'indiffère, au mieux, je la trouve divertissante. Cependant les nuits sans lune m’affectent belles et bien. Je les sens transpercer mes angoisses. Elles réveillent les dangereuses créatures endormies au fin fond des gouffres de mon âme. Troublantes, elles me cherchent peine et misère. De mon fort vaillant, je les attends toujours de pieds fermes et que s’engage la bataille au creux de la nuit noire...

Nuit sans lune. Le jour joliment bleuté se lève, accompagné de flocons bien dodus, il respire la profondeur de mes silences. Les précipitations de neige ont laissé une douce couverture fraîche sur le paysage. L’ambiance cotonneuse baume mes idées ténébreuses. L'homme et l'enfant émergent de leurs songes, je me laisser bercer la vie dans leurs sourires lumineux.

Début de semaine sous le soleil, après la neige, le beau temps… et le frette… On n’est toujours pas remonté au dessus de zéro et les nuits glaciales tournent autour de -15.

Toute la fin de semaine, j’avais Yann dans la tête, pour me rendre compte trop tard qu’il était de passage à Québec avec sa lune. Voilà qui m’aurait été un bon remède. Ma vie culturelle séche sur la place polaire. Mais je l’ai manqué une autre fois! Tout comme je l'avais déjà raté au dernier festival de Tadoussac ( il faut dire que sur ce coup là, c'est carrément le festival que j'ai raté!), je compte cependant bien l'attraper à la prochaine virée à Tadoussac où je vais courir me rafraîchir l'humeur en bonne compagnie, (ce qui me rappelle que la première fois que je l'ai croisé c'était dans la cour de l'Auberge de jeunesse de Tadou). La dernière fois que je l’ai vu sur scène, je venais d’apprendre que j’étais enceinte, presque une autre vie…

Yann, mon cher Yann, symbolisera donc mon humeur vidéo du jour…


Perreau et la lune: Grande brune (live)

Vrac de liens: Le petit vidéoblogue de Yann, Ma vie, my life: Yann Perreau, sur Myspace, sur YouTube, Yann Perreau, homme de la Lune, Funambule made in Québec...

Entre lune et soleil....

mardi, octobre 10, 2006

Survol de réel

Sur plusieurs jours gris, l’automne monotone effile ses jours voilés. La pluie intermittente alourdit les feuilles colorées que les coups de vents font tomber, une douce mélancolie de saison flotte entre deux averses.

Je materne mon petit Soleil sur pattes. Si mon p’tit bout fait des un ou deux petits pas toute seule peut-on considérer qu’elle marche ? Lorsqu’elle n’y pense pas, qu’elle est occupée avec quelque chose dans les mains, alors elle fait des petits pas toute seule comme une grande ! Elle parle aux animaux, elle possède deux sortes de "parlure" une pour le chien ou une autre pour le chat. Lorsqu’elle leur raconte sa vie, le chat la regarde de ses gros yeux ahuris: "Heu c’est du lard ou du cochon ton truc ?" Elle lui rigole au nez et continue son discours aux sonorités aiguës tandis qu’il lui tourne le dos pour essayer de se rendormir. Le chien se défile et se trouve un petit coin où se faire oublier.

Dans mon salon, une p’tite puce qui se trémousse sur des airs de hip-hop. L’on n’écoute que trés peu de musique enfantine toutes les deux. En fait, elle écoute plutôt les musiques qui se déroulent selon mes humeurs du jour. Elle s'imprègne de toute une panoplie de saveurs musicales. Parfois je me demande si je ne suis pas une mère indigne à ne pas vouloir ainsi plier mes oreilles mais plutôt exercer les siennes ?

Dites donc c’est quoi la job d’un bambin ? Ben foutre le bordel voyons!

Je la regarde se mettre debout, capte son regard et lui dit :

- Tu sautes ?

Il n’en faut pas moins pour qu’elle sautille sur ses petites pattes, en équilibre précaire, super fière ! Elle me fait craquer le cœur ! M’zelle Soleil rêve de grimper, les hauteurs l’attirent elle s’accroche à tout ce qu’elle peut trouver. Elle lève les pieds, essaie de s’agripper, c'est un défi permanent. Je suis présentement en train de me faire pousser des yeux dans le dos pour la suivre du regard lorsqu’elle file comme l’éclair pour aller examiner l’un des quatre coins de la maison. Elle a encore la marche hésitante mais gambade librement à quatre pattes. De plus en plus autonome, aventurière, téméraire, elle se construit avec le temps qui passe, bientôt une année d’existence…

Enfin la saison se dévoile et le soleil apporte en son sein l’été indien ! Les journées sont magnifiques de nature en fête. Les couleurs des arbres enchantent, subliment, elles vibrent de milliers de sensations fugaces dignes de cet unique paradis automnal.

Micah et Jibé débarque en notre auberge. Notre auberge n’a qu’un seul thème: rétro. Une suite modeste nommée Loft Vintage et une petite chambre avec un lit simple imaginée par Petite Clo. Le tout avec cable sur Tv rétro, toilettes et salle de Gym ! Plutôt confortable dans son style, sous nos pieds, le Loft Vintage accueille un ami d’adolescence de Juan et l’un des amis d’université dudit copain. Micah, témoin de l’homme à notre premier mariage à Besançon, il y a six ans de cela. Jibé, jeune homme en année plus ou moins sabbatique au Canada. Juan et Micah retrouvent leurs marques masculines, un petit groupe se forme. L’auberge familiale est en plein éveil.

Tadoussac-Octobre

Bébé Soleil passe quelques jours chez sa Mère-Grand en ville et l’on file dans l’horizon du grand St-Laurent. Une petite fuite dans la douceur de Tadoussac, une impression de voyage qui enivre les idées et le corps. Pour la première fois depuis presque vingt ans que je suis ici, enfin l’occasion de découvrir les baleines. L’occasion de voguer quelques instants sur le grand fleuve majestueux, solennel, authentique. Le St-Laurent dans toute sa splendeur, nature à l’état pur, le rêve limpide…

Reflets-de-St-Laurent

Apercevoir quelques baleines, sentir son corps s’arquer en leur direction, envie de communier avec la pureté qui se dégage de cet moment précis. Cette dernière année a exacerbé mes sensibilités, je le constate une fois de plus lorsque mon regard s’embue d’émotions à la vision de ces étonnantes créatures. L’air du large s’engouffre dans mes poumons. Je me perds dans la toute puissance du présent. Savourer. Simplement. Dans l’émotion de l’instant, j’oublie cette humanité qui m’entoure, j’oublie le troupeau de touristes qui me colle, j’oublie la menace humaine et je me fonds dans cette beauté naturelle qui m’absorbe toute entière. Des taches blanches de bélugas dans le Fjord et le voyage s'achéve avec une gaufre au sirop d'érable à la terrasse du café la Bohème. Sous la lune rousse qui se mire dans le St-Laurent, l'on reprend la route...

Le lendemain c’est direction Wendake avec bébé. Une petite visite du site historique des Hurons, la tribu amérindienne urbaine de Québec. Les Hurons qui, depuis trois cent ans, évoluent au rythme de la ville qui les englobe. Comme toujours cette même tristesse qui m’emporte devant ce passé décimé. Mélancolie teintée de cette douce sérénité intérieure qui surgit à chaque fois que je me plonge dans les entrailles de ces peuples natifs de ce continent qui me voit vivre. Je trouve sur le site historique une liane de sauge tressée que je m'empresse de rapporter. Bouffées de sacré...

Avec Micah, nous goûtons tous les deux pour la première fois à un burger au Caribou, je lui demande :

- Tu trouves pas ça super goutu?
- Ouais, c’est pas mal fort comme viande ! On sent bien le gibier…
- Indeed, mais c’est la forêt qui m’étonne le plus.
- Hein ? Tu sens la forêt dans la viande ?
- Ben oui, pas toi ?!?
- Heu, non moi, je sens pas la forêt…

Ballade-d'automneLe-retour-de-Pierre

Entre sourires, réminiscences, rigolades et reconnaissances, les jours s’effacent. Les années ont passé, la vie a évolué mais l’amitié reste intacte. L’on rentre se coucher en notre cocon de maison. Ce matin, Juan reprend le chemin du bureau et les invités partent faire un tour de Lac St-Jean avant de revenir en fin de semaine pour d’autres moments intimes. Je reprends ma routine maternelle.

Je regarde par ma fenêtre la rousseur du paysage. L’automne sera bientôt passé, les feuilles sont presque toutes tombées et malgré quelques rayons de soleil timides, la fraîcheur n’en finit pas de s’installer. Rien qu’une nouvelle semaine qui commence entre lac et forêt….

Feuille-d'eau

Survol de réel

mardi, juin 15, 2004

Les saltimbanques du dimanche ont pris quartier à Tadoue.



Les musiciens se mélangent avec les spectateurs.
L'air est chaud. Le soleil brille.
L’on se fait griller sur le sable.
Les gens sont heureux.

L’on se perd les yeux dans le bleu du fjord qui fusionne avec l’infini du ciel.
L’on se laisse flotter entre deux sensations, deux émotions...
L’on sourit aux inconnus juste parce-que l’on est bien,
juste parce-que cela fait du bien.



Au cœur du village trône cette étrange église
qui vibre de toutes sortes de musiques lorsque tombe la nuit.
Les anges sont à Tadoue, ils écoutent chanter la vie avec nous.



Les saltimbanques passent le temps en jouant,
ils divertissent les passants qui se laissent porter par ces petits bonheurs.

La musique rassemble les hommes en une ronde de joie. Danse collective.
Pourtant, plus tard, il faudra repartir et oublier nos Volkswagen Blues.



En attendant, cette fin de semaine est superbe en ce petit coin de juin.
L'ambiance est excellente, les paysages sont sublimes.
Tadoussac et son petit festival se mêle au courants divers,
Tadoussac nous enrobe de sa drôle de magie,
c'est en musique que l'on communie avec l'univers...

Ce billet se conjugue avec Blogue ta musique

lundi, juin 14, 2004

Ménage-méninges

La pluie a cessé de tomber tandis que j’essaie d’organiser mes idées, par quel bout commencer? Tant de sensations à enregistrer, tant de mots qui tournent, sautent et s’effacent en une ronde grotesque et silencieuse, mon cerveau, quelque peu fatigué, légèrement dépité fait du « sur place ». Mélange de musique, d’humanité et de nature grandiose, par quel chemin trouver les mots qui se cachent derrière tout cela?

J’écoute des artistes, je ressasse mes pensées. Après un concert qui m'a fait vibrer l’être tout entier (Lhasa), écouter la version cd en cherchant encore cette intensité partagée. J’ai eu l’occasion de découvrir plusieurs artistes québécois qui m’ont entraîné dans l’immense fête du festival de Tadoue. Chacun a droit à son petit coin de mots en mon album des souvenirs, mais par lequel commencer?

Tant d’anecdotes qui se baladent dans mes idées, commencer par la fin pour retrouver le début (tiens donc, c’est le principe du blog ça!). Je repense à Ginette qui a fait rire en racontant une citation de ce qu’elle a pu entendre dans la rue au petit matin en parcourant les rues de Tadoussac...

J’en ai aussi entendu de toutes sortes, la première fut d’ailleurs relevée par Dee (Miss Didine), elle était drôle mais je l’ai oublié, il était question de deux madames et de bobettes...

Lorsque l’on arpente les rues de ce petit village pittoresque, en pleine nuit, entre deux concerts dans toutes ces petites salles qui respire la fête, alors que tout le village vibre en chœur avec les auditeurs de passage, on peut entendre des morceaux de conversations, qui font jaillir des sourires amusés.

Le matin se lève tôt à Tadoussac. Quelle surprise que de voir les étoiles s’effacer dès 4 heures du matin pour laisser place au bleu d’un ciel infini! Pour en revenir à mes moutons, la citation que Ginette partagea avec l’audience était pas mal typique, je vais essayer de me la remémorer ici :

Vers 4hres du matin, deux gars titubent en se tennant l’un l’autre. L’un dit à l’autre : « Man, j’pense que j’suis trop chaud (saoul)!» Et l’autre de lui répondre : « Ben, non on a bu que des p’tites bières, tu vas voir on va en boire une autre et ça va aller. De toutes façon on peut pas être malade sur d’la p’tite bière... »

Dans le même genre, l’anecdote qui me marqua se passa aussi vers 4hres du matin, je retournai voir ce qui mijotait du coté de la cour de l’auberge de jeunesse, captivante sous ses airs de fête, j’étais seule, j’allais retrouver Juan.

Je vois arriver un grand gars qui titube subtilement en essayant de sortir une cigarette de son paquet. Alors qu’il arrive à ma hauteur, il me regarde droit dans les yeux et me dit d’une voix gluante : « Ça y est j’arrête de fumer! Il m’en reste plus que deux... » Je pouffe de rire en continuant ma marche, sans vraiment m’arrêter, alors que le fumeur à la mauvaise conscience s’allume une cigarette dans mon dos...

jeudi, juin 16, 2005

Fatigue extraordinaire et jours de pluie

Des journées entières de pluie pour dormir comme un loir et récupérer de la fête passée. On pourrait presque dire que le temps fait bien les choses! Merci tempête tropicale Arlene de déverser tes restes sur nos têtes, de nous plonger dans cette semi pénombre tout à fait adaptée à mes songes. J’apprends donc à respecter cette fatigue qui crée la vie en mon corps étonné. J’apprends à l’apprivoiser, à la gérer, à ne pas trop lui en vouloir de m’aspirer mes journées. Après tout ce n’est pas la fin du monde, juste un peu de retard dans mes écrits, dans ces histoires qui se languissent, dans mes réponses de courriels et dans toutes ces petites choses qui attendent patiemment que je me réveille de la cervelle…

Par contre, il y a ce Cv que je dois absolument fignoler et qui me rebrousse le poil, cette lettre de motivation que je dois préparer pour un contrat référé par Miss Didine qu’il me plairait de décrocher (faire cela d’ici lundi). Mettre toute mon énergie de ce coté des choses, finir ces quelques traductions en attente, finir de ranger mes photos de Tadou.

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Demain rendez-vous à l’hôpital pour résultats des tests sanguins, inscrire bébé à ce programme pilote pour rejeton de parent diabétique. Espérer que tout se passera bien. Petite Clo de passage en fin de semaine, petite Clo qui croise les doigts pour revoir le soleil et avoir une chance de se plonger dans le grand lac avant de devoir disparaître dans les landes hexagonales de son paternel. Essayer de ne pas avoir mauvaise conscience de vivre la moitié du temps au ralenti. Respecter les besoins de mon corps que j’ai un peu poussé en fin de semaine dernière pour le baigner dans un climat de musique intense.

D’ailleurs à Tadoussac, j’ai vu trois femmes enceintes, trois femmes différentes avec chacune des vibrations particulières. J’en ai rencontré une au passage (la dernière) qui m’a fait le plus grand bien. La première était une hippie pure laine rasta à l’appui, avec copain non loin et un petit blondinet comme gamin qui semblait bien épanoui. Elle promenait avec fierté son bedon dénudé et Papa trimballait le gamin sur son dos. Ils rayonnaient de simplicité volontaire et de liberté bien consommée, l’on s’est souri en se croisant, j’ai pensé qu’ils étaient émouvants. Et puis il y a eut celle qui ressemblait à une baleine hors de l'eau, triple menton à l’appui, celle-ci ne m’inspira guère, surtout lorsque je la remarquai tard dans la nuit, verre de bière à la main et l’air sacrement éméchée. La bedaine presque à terme, son allure me révolta légèrement l’âme lucide. Moi qui aie utilisé des trésors de volonté pour profiter de ce festival en toute sobriété, entourée de toutes sortes de paradis artificiels, dont certains ne sont pas toujours pour me déplaire! Ainsi celle-ci m’a subtilement écœurée, je pouvais imaginer son fœtus nager dans des vapeurs d’alcool, de fumette ou pire encore (mais là j'exagére peut-être un peu!), bref cela m’a peinée! Enfin, chacun fait bien ce qu’il peut de sa vie, right!?! Qui suis-je pour juger les attitudes d’autrui comme me le fait gentiment remarquer ma moitié à la morale d’or. C’est avec raison, après tout cette fille ne me regardait pas mais Dieu qu’elle ne m’inspira point!

Le lendemain matin ou plutôt le lendemain aux abords de midi, sur la terrasse de ce petit café nommé « La Bohème » repaire central des artistes et festivaliers épuisés, mon regard tombe sur la table d’à coté où une très jolie fille, la bedaine épanouie sirote son chocolat au lait et son jus de fruits. J’aime ce qu’elle dégage et je l’accoste doucement tandis que j’attends ma salade césar. Je lui demande à combien de temps elle en est. Elle me répond, gentille et souriante, nous engageons une conversation typique de femmes enceintes. Elle m’apprend qu’elle est à huit mois et demi, qu’elle a senti son bébé se retourner pendant un concert, qu’il est prêt à faire son entrée dans le monde. Elle est d’une sérénité qui me désarçonne. Elle m’apprend qu’elle accouchera avec une sage-femme, qu’elle n’a fait qu’une seule échographie et que c’est son deuxième. Je lui partage ma peur d’accoucher, elle me conseille entre autres choses un livre d’Isabelle Brabant (que je vais me faire un plaisir de dénicher), elle est douce comme une pleine cuillère de miel et jolie comme une rose, la bouche en cœur, le regard d’azur, elle me charme les idées. Elle m’explique les principes qu’elle a de faire confiance à son corps et ses paroles résonnent en moi comme une volée de cloches divines. Elle m’inspire, me rassure, je me retiens pour ne pas l’embrasser et me contente de la remercier chaleureusement…

Depuis je réfléchis à ses sages paroles et me rends compte de leur justesse. Plus que jamais j’essaie d’écouter mon corps, de lui faire confiance, de croire que c’est encore là que le bébé est le plus à l’abri. Tant que je continue à manger de façon équilibrée, à faire de l’exercice aussi souvent que je peux et à ne rien faire qui puisse mettre en danger son bon développement, je dois faire confiance à cette vie qui se déroule en moi. Accepter mes facultés affaiblies, accepter ces transformations que mon corps subit et laisser couler les ruisseaux du temps avec quiétude et espérance. Tout un défi pour ma petite pomme anxieuse…

Crossing-the-Fjord
Homme sur le traversier qui mène au village de Tadoussac

mardi, août 05, 2008

Mariage pluvieux, mariage heureux (et nuit blanche de circonstance)…

Cette fin de semaine nos avons quitté le cocon de notre exil doré pour nous rendre au mariage de nos amis Dee et Phil à Tadoussac. Mon ado de sœur était de la partie et nous avons pris la route sous un soupçon de ciel bleu. La réception se tenait au Grand Hôtel de Tadoue et « l’after party » à l’auberge de jeunesse. Du coup, la plupart de ceux qui comptaient faire l’après party avaient pris résidence à l’auberge de jeunesse. Une trentaine d’invités y établirent donc quartier. Nous étions en terrain connu.

Pour nous qui n’avons pas encore pu rentrer en nos pénates après 3 semaines en vadrouille, l’auberge de jeunesse était un méchant contraste avec notre chambre spacieuse en cette auberge luxueuse (à l’ambiance feutrée) cachée en la seule baie de ce lac que je chéris. Je vis les yeux dans ce lac qui me nourrit le cœur et l’esprit. Même si j’habite à un petit vol d’oiseau de là, ma maison est à l’orée du bois et je ne possède pas cette vue là pour me noyer le quotidien. Si je veux voir le lac, je dois me déplacer un peu, me rapprocher. J’ai « mes spots secrets » je ne suis pas en reste. Mais à l’hôtel, la vue est comme une compagne du jour. J’ai juste besoin de lever la tête pour la regarder.

À Tadoue, l’auberge de jeunesse est une bulle d’anarchie à l’atmosphère hippie, des gens de tous horizons s'y retrouvent. Pour ma pomme qui aime les contrastes d’humanité, l’expérience est stimulante. Je connais l’auberge de jeunesse pour l’avoir arpentée durant nos escapades au Festival de la Chanson. Je n’y ai dormi qu’une fois, il y a de cela plusieurs années (habituellement le Festival rime avec camping mais une fois n’est pas coutume). Arrivés en notre chambre, je me prends en pleine face ce contraste, une différence que j’absorbe de plein fouet. Autant j’apprécie l’ambiance bon enfant, autant je ne suis pas fan des matelas de l’endroit. Plus « chochote » que snob je suis. Nous installons le lit de l’enfant. Mon ado de Clo grommelle comme il est de bon ton de faire à quinze ans. Elle installe sa couette sans enthousiasme. Je réprime mes aversions à la vue des cheveux oubliés sur l’oreiller. Je ne désire point traumatiser ma troupe ! Juan s’en fout, c’est un homme, il ne rechigne pas devant mes obstacles de princesse au petit pois. J’envisage l’option de ne pas me coucher, après tout on est là pour faire la fête pas pour dormir ! Cela me rassure. Nous retrouvons les copains de longue date, Gab et Julie ont la chambre à coté de la nôtre, ils ont laissé leur petite Anouk chez une cousine (depuis neuf mois, c’est la première fois qu’ils se séparent de la petite). L’on est content de se retrouver pour une si belle occasion. Quant à M’zelle Soleil, elle est toujours prête à savourer de nouvelles expériences et cette histoire de mariage la travaille depuis des semaines.

Dee et Philou à Tadoue
Au fil du temps. Mosaïque Dee et Philou à Tadoue

Nous arrivons au Grand Hôtel où tout le monde est sur son trente et un. Cent cinquante invités, la famille du marié est gigantesque, celle de la mariée, d’origine française est en petit comité. Les amis font légion, l’on en connaît beaucoup, facilement nous nous fondons dans la foule tout en sirotant un cocktail. M’zelle Soleil se lèche les babines en repérant les serveurs et leurs plateaux d’hors d’œuvre. Finalement arrive la mariée. Dee est superbe, évanescente en sa robe de tulle. Devant la foule qui se recueille, les mariés échangent leurs vœux. C’est touchant, l’émotion s’échappe et se diffuse parmi les personnes présentes. M’zelle Soleil est en charge de donner les alliances. Elle effectue sa tache avec autant d’aisance que d’innocence.

Pour la suite, un envol de papillons est prévu sur le balcon de l’hôtel qui offre une vue imprenable sur le fleuve. Il ne pleut pas mais le soleil se cache malicieusement sous un ciel de nacre. Au loin, l’horizon du fleuve se teinte d’une couleur argentée presque iridescente. Les filles se retrouvent sur ce balcon qui surplombe le reste des invités. L’on ouvre les boites, l’on fait des vœux. Malheureusement les papillons endormis n’ont pas trouvé assez de rayons de soleil pour se réchauffer les ailes, ils ont un peu de mal à s’envoler. Ils s’accrochent à l’épaule de la mariée, c’est une jolie image que plusieurs appareils captent de leur objectif. Heureusement il ne pleut pas durant ce temps là même si un petit vent frisquet nous fit vite rentrer en la salle de réception où nous attendent nos tables décorées avec goût. Durant la réception je discute avec la conjointe d'un ami du marié lorsque je vois ma clo de sœur me faire des signes. Je ne comprends pas le point qu'elle essaie de me montrer et puis elle me dit:

- La robe!

Et je percute. La fille avec qui je discute à la même robe que moi, pareille. Ah ben! Et dire que j'avais même pas remarqué! Comme elle est aussi gentille que mignonne, cela me fait plaisir que nous ayons les mêmes gouts! Elle est quand même un peu dépitée et je suis plutôt amusée, l'on en rigole de bon coeur. Vient le temps de s'assoir pour manger. J’apprécie la douceur de Perry la sœur de Dee, j’ai apprécié rencontrer son aimé. À notre table, la sœur de la mariée et son copain fraîchement débarqués de France, Gab et Julie nos fidèles compères, mon homme et notre puce de fillette heureuse comme pas deux.

M’zelle Soleil adore Dee. Elle n’en finit pas de regarder la mariée avec des yeux conquis, de papouiller sa robe fluide, de faire des sourires. Elle me dit « Dee elle é belle comme un cœur maman ». Oui, c’est vrai, elle est féerique aujourd’hui mon amie. La tradition veut que lorsque l’on fait tinter la vaisselle, les mariés s’embrassent, du coup, la vaisselle n’en finit plus de tintinnabuler et les mariés de se bécotter. À chaque fois que cela recommence, M’zelle Soleil écarquille ses grands yeux et dès que les mariés s’embrassent, elle fond comme une crème glacée sur le plancher, c’était royalement adorable. Le repas riche en conversations diverses est aussi sympathique que délicieux. Sur le coup de onze heures, des musiciens viennent nous entraîner pour la fin de soirée en l’auberge plus haut sur la colline. Nous rattroupons notre brin de fille, mon ado de soeur et nous filons dans l’action. Une fois sur place, la fête est déjà bien commencée. M’zelle Soleil, bien fatiguée, commence à somnoler sur l’épaule de son père (même si elle aimerait bien rester éveillée). Les musiciens sont bons, l’ambiance festive est à son meilleur. Sur le coup de minuit il nous faut coucher l’enfant. Nous montons la déposer dans son lit de voyage coincé entre deux lits rudimentaires. M’zelle Soleil n’est guère satisfaite d’être ainsi écartée de la fête. Après quelques chansons douces de son père, le tout enrobé d’une bonne dose de volonté parentale, elle finit par capituler.

Passé minuit l’enfant ronfle doucement et nous commençons nos tours de garde. Clo qui a récolté quelques regards salaces (c’est fou comment y’a toujours un « mâle famé » pour renifler la chair fraîche de jeune fille) ne me lâche pas d’une semelle. Je la protège avec affection. Quiconque oserait s’approcher de ma petite soeur avec de mauvaises intentions ne ferait pas long feu ! Elle finit par choisir la tranquillité (théorique) de la chambre puisque la fête traverse le plancher et se déverse dans les couloirs de l’étage en petits foyers de bavardages. Avec Juan, nous « dealons » les chansons. « Ok, je descends pour cinq et quand je reviens t’y vas pour cinq ! ». Pas question de laisser une minute ma fillette sans supervision de son sommeil profond ! Clo est en mode texto sur son lit. Mon ado de sœur a un petit copain, c’est l’amour adolescent. Le deejay qui a remplacé les musiciens est excellent. Julie, qui commence à somnoler accepte de se reposer en notre chambre, elle adhère ainsi à notre équipe de garde, elle m’octroie deux chansons pour que je puisse rejoindre mon homme le temps d’une danse amoureuse sur Mano Solo. C’est divin. Comme une bulle d’air dans un univers de maman-papa. L’espace de quelques minutes, le temps s’efface et nous voilà vibrants comme à nos premiers émois ! Durant mes espaces de liberté je danse comme je ne l’ai pas fait depuis des années. Le deejay est vraiment bon ! Enfin au bout de cinq chansons, je suis en sueur et mon entorse m’engueule douloureusement ! Alors je calme mes ardeurs et me ballade joyeusement.

Pendant ce temps qui file la nuit, nous avons créé notre petit party de chambre dans la pénombre de l’enfant qui ronfle. Mon ado de sœur grommelle, tout va bien, Gab et Julie accompagnent nos devoirs parentaux en pensant à leur petit bout qui découche à Chicoutimi et en profitant de leur liberté nocturne. Je fais des allers retours de haut en bas, j’attrape ma mariée au vol, l’on se balade dans la fête, je retrouve toutes sortes de faces connues, elle s’éclipse, je couraille de bas en haut, je papote, je m’amuse. C’est décidé, je ferai nuit blanche, cela sera bien plus facile que d’affronter le matelas qui ne m’inspire absolument pas ! Je me fonds dans la faune sans difficulté aucune. Sur le coup de trois heures du matin, nous nous retrouvons avec nos compères de palier sur le coin de notre porte. Par la magie de la nuit, nous empruntons des chemins de discussions philosophiques qui nous entraînent dans la question suivante : Est-ce que l’être humain peut atteindre un état de non jugement, un état d’abstention complète de jugements sans défi ? Julie et ma pomme sommes convaincus de ce fait, Gab est plus sceptique, Juan oscille. Nous creusons le sujet avec passion. Personnellement j’ai pour théorie qu’il est possible de comprendre sans juger et que c’est là que s’effectue le début du travail. Clo s’est endormie et nous discutons à bâtons rompus mais sans effusion. Nous voyons tomber comme des mouches les invités bien imbibés.

Arrive quatre heures du mat, il ne reste plus que les incorrigibles de la fête. La pluie est de la partie mais c’est à peine si l’on s’en rend compte. C’est l’heure des croissants et du jour qui se lève sous un voile gris. Les mariés finissent par retrouver le chemin de leur hôtel quatre étoiles. Juan, Gab et Julie vont se coucher. Il ne reste plus que quelques incorruptibles au séjour de l’auberge et ma pomme bien décidée à ne pas se coucher. Je sais que je vais enterrer le party, cela m’amuse, voilà longtemps que je n’avais pas fait telle nuit blanche. Le secret est de consommer avec modération et d’avoir un matelas inhospitalier pour garder une ferme volonté de ne pas dormir. Je tairai les frasques du frère de la mariée, bien imbibé et trop belliqueux pour l’ambiance de la place, seul bémol de la soirée. Disons que celui ci a eu bien de la chance que j’adore sa sœur et que je sois plus bouddhiste que guerrière ! Je le croise lorsque je descend au séjour. Dans le dernier groupuscule de la fête qui s'achève, il y a l’un des triplés. Un vrai triplé conçu par la nature, l’une de ces exceptions humaines. Avant de tomber de fatigue, il nous conte la surprise de son père lorsque lors de l’accouchement il avait vu sortir trois fils identiques au lieu d'un! Aussi drôle que sensationnel. Une bien bonne histoire pour accueillir l’aube grise…

À presque cinq heures du matin, tout le monde est tombé, il ne reste plus que moi et Naveen qui ne semble pas plus chaud que moi à l’idée de dormir. Nous voilà donc embarqués sur une riche discussion qui nous fait creuser notre humanité et partager quelques confessions dans le silence du jour levant. Il est cool ce garçon, je le connaissais plus de vue que d’esprit avant que nous nous devenions « amis de l’aube », il est entré dans mon cœur à mesure que le jour s’est levé. Et il finit par tomber lui aussi ! Voilà j’ai officiellement enterré la fête du mariage. Je suis la seule survivante de la noce. Il est six heures et quart du matin et des trombes d’eau arrosent Tadoussac. Dehors c’est le déluge. Je suis heureuse d’avoir un toit sur la tête et je plains ceux qui sont sous la tente. D’ailleurs voilà une âme en peine qui se fraie un chemin sous la pluie torrentielle. Il entre et je l’observe sans mot dire. C’est un homme dans la cinquantaine. Il va se chercher un café. Je l’observe sans bouger. Au bout de dix minutes, je décide d’aller voir où sont cachés les cafés. Je lui demande :

- Y’a tu du sucre et du lait
- Non c’est juste du café noir !
- Oh ! Je crois que je vais plutôt me rabattre sur la caféine à bulles alors !
- La caféine à bulles ?

Pendant que flotte sa question dans l’air humide qui nous entoure je me dirige vers la distributrice de sodas et fait tomber un Coke Diet. L’homme rigole. Il a un petit accent provençal qui m’intrigue. Je ne résiste pas à l’envie d’aller à la pêche à l’humain. Faut bien que je me garde l'esprit occupé en cet espace temps qui respire les rêves d’autrui. J’apprends rapidement qu’il vient de Provence, qu’il est une sorte de routard SDF, jusqu’à là ça va. Il veut aller à Saint Pierre et Miquelon faire refaire son passeport qu’on lui aurait volé il y a quelques jours. En attendant il fait l’homme à tout faire à l'auberge, il dort dans un hamac sous les bois. Je flaire une légère odeur de trouble. J’accroche cependant si bien mon hameçon que je commence à ramener le poisson dans mes filets de curiosités. Il s’ouvre rapidement et commence à se confier : « En fait, j’ai eu des problèmes en France en 89, tout a commencé là, lorsque j’ai osé devenir président de la République ! » Oh ! Voilà que cela se corse je me dis tout haut dans ma tête. Le poisson en question est plus endommagé que je ne l’avais envisagé. Subtilement je commence à détacher mes filets tandis qu’il s’enfonce dans les explications de sa psychose. Il me raconte les services secrets à ses trousses et tout le tralala. J’obtempère avec prudence avant de lâcher le poisson libre tout en prétextant une envie urgente qui me fait remonter à l’étage. À l’étage tout le monde dort. Je trouve un petit balcon d’où regarder la pluie tomber. Je regarde les puissantes trombes d’eau fouetter la montagne et le village. Une quinzaine de minutes passent avant que je ne redescende voir ce qui se trame en bas. Quelques âmes ronflent sur les divans, « l’ancien président en cavale » me fait un sourire tandis que je garde une distance soigneusement étudiée. Descend une jeune black qui va consulter ses courriels sur Internet, il est presque sept heures. Sur la table à coté de ma chaise une brique de livre est posée. Je me lève pour en lire la couverture. La fille me dit :

- Oh ! C’est vraiment bon, tu peux le consulter si tu veux.
- Merci, est-ce que tu as étudié les enseignements de Voltaire ?
- Non mais je suis très cérébrale et je m’intéresse à plein de choses. En fait ce livre décrit de manière intellectuelle qu’il n’y a pas que l’intellect dans la vie mais qu’il faut aussi compter sur le cœur…

La fille est bien cool, s’en suit une super conversation sur les questions de sociétés et ses absurdités, les valeurs multiples, une discussion qui traite aussi des différences humaines et qui contribue à me tenir éveillée. Je la laisse faire ses affaires tandis que je file m’installer un coup sur la terrasse, histoire de humer l’air matinal incroyablement frais et mouillé. Arrive un papa aux cheveux longs et une petite fille d’à peu prés l’age de la mienne. Mon sang de maman ne fait qu’un tour et me pousse à me rapprocher. Il ne faut guère plus pour que s’engage une conversation amicale. La petite fille est mignonne, elle me parle de ses désirs d’école, j’embarque dans la conversation sous les yeux confits de tendresse de son père. J'ai la chance de parler couramment le langage des enfants, je trouve que ce sont les plus jolis esprits avec qui échanger. C'est alors que par le plus merveilleux des hasards passe devant nous un homme charmant qui se révèle être maquilleur pour enfants ! Oh ! J’accroche mon trophée de maman. M’zelle Soleil a rêvé tout l’hiver de se faire maquiller comme dans le vidéo du spectacle de Carmen Campagne ! Je vais ce matin lui faire la surprise du siècle !

- Oh ! Super, ma petite fille dort encore, elle adorerait se faire maquiller, je peux prendre contrat ?

L’homme charmant s’illumine et du coup, le papa l’engage aussi pour maquiller son bout de fille qui pétille sur sa chaise. La fillette rayonne de plaisir sous la pluie. Le maquilleur me dit :

- Ah bien, alors on va dessiner deux soleils pour deux petites filles qui vont nous éclairer le ciel.

Je réponds

- Oui et de leurs ondes enfantines, elles vont attraper des rayons de lumière qui chasseront la pluie.

Avec le papa, l’on parle un peu de maternelle et d’éducation mais surtout de la magie qui irradie des tous petits. Il a sa femme et un petit bébé qui dorment à l’étage. Il est sympa comme tout. Je rentre voir où en est le sommeil de ma petite famille. Naveen qui vient de se réveiller m’accroche au passage :

- Dis tu parlais au gars avec les cheveux longs ?
- Ouais il a une petite fille toute cute
- Il t’a pas parlé politique ?
- Heu non pourquoi ?
- Ben ça d’lair que c’est un militant connu de Limoilou, de l’un de ceux qui ont été actifs au Sommet des Amériques, c’est un communiste convaincu.
- Ah ! Ben, j’sais pas, tsé on a juste parlé de trucs de petites filles, pis y’était super normal.

Naveen semble rassuré, je file à l’étage. Tout le monde dort encore à poings fermés, je redescends. L’odeur des crêpes se répand. Il y a un air de commune palpable, la cuisine est ouverte à tout en chacun qui veut se faire une crêpe. Je m’installe à une table libre. Une jeune fille installée à coté de moi me sourit. Une conversation s’engage. J’apprends que c’est une anglaise qui fait du tourisme, elle ne vit plus en Angleterre mais à Paris où elle étudie. Plus gentille que jolie, elle possède un certain charme que je goûte comme la crêpe qu’elle déguste. Passe Naveen qui me demande

- Tu veux une crêpe ?
- Ben ouais, okay, merci…

Je continue de discuter avec l’anglaise, arrive une jeune fille qui s’installe prés de nous. Une jeune française qui ne tarde pas à se joindre à la conversation. Elle doit avoir un petit début de vingtaine et une assurance presque masculine. Elle étudie en foresterie à l’université, c’est la seule française de son département. Elle apprend que je suis hybride culturelle, pas vraiment française, pas tout à fait québécoise. Elle n’entend guère les accents de mon origine, elle a du mal à dépasser mon présent d’adoptée, elle peine à comprendre que nous avons les mêmes racines et puis soudainement elle s’ouvre :

- Non mais toi qu’est là depuis hyper longtemps, tu trouves pas les québécois un peu moutons ???

Même si je connais très bien l’angle de conversation qu’elle exprime, je n’aime pas le jugement gratuit qui s’en dégage.

- Heu non, pas vraiment…
- Mais quand même, ils sont hypermoutons moi je trouve..
- Ah tu trouves…

Elle se tourne vers l’anglaise qui boit chacun de nos mots pour lui expliquer :

- Nan mais tu vois, c’est comme quand il attendent le bus, tous l’un derrière l’autre, à la queue leu leu, c’est un peu débile…

Je reprends le fil de la conversation, je fais attention à mon ton, nous allons bientôt entrer en terrain miné mais à huit heures et demi du matin, c’est plus rigolo que dangereux. Je réponds :

- Mais c’est une question de civisme…

Elle me relance :

- Non, mais avoue y sont quand même hyper moutons, tu trouves pas ?
- Ben non, en fait je peux trouver le français autant mouton !
- Non mais là tu pousses…
- Ben non, je peux le trouver hypermouton mentalement, c’est juste un angle différent, les cultures et les contextes, ça change les choses. Les jugements de valeurs c’est très subjectif. Je trouve que le français même si réactionnaire peut être pas mal plus mouton de l'intérieur. Le québécois intérieurement il est vachement plus libre...

Et là à ma grande surprise, l’anglaise qui habite à Paris s’implique dans la conversation pour valider mon point de vue de son expérience personnelle. La jeune française en reste bouche bée. Elle arrive quand même à me sortir : « Mais quand même ils sont naïfs les québécois, tu trouves pas ? ». Je retiens ma verve juste assez pour exprimer mon désaccord sans essayer de la froisser, je retiens ma verve qui pourrait devenir acide si je lui expliquais comment, du haut de mes 35 ans, je la trouve bien naïve la petite fille, comment je pense que la vie a encore bien des choses à lui apprendre. Mais je me tais et préfère rester civile, (c’est le privilège de ma maturité et peut-être aussi de ma québecité.) Naveen arrive avec ma crêpe. Je passe à un autre sujet. Descend Gab qui me dit qu’ils sont sur leur départ. Croise le maquilleur qui attend gentiment le tour de ma fille. Arrive une dame très sympathique, parisienne d’origine bretonne, qui s’assoit à la table des jeunes filles (et qui se révèle être la maman de la jeune fille aux opinions très marqués) ainsi qu’une autre madame bien québécoise qui s’assoit à la table où nous sommes installés avec Naveen. La conversation tangue et roule, nous sommes embarqués sur un bateau verbal en pleine croisière humaine. Nous sommes entraînés en une conversation vivante qui se joue à plusieurs voix. Le concept de l’’être hybride revient entre Naveen (qui est moitié français, moitié hindou, québécois de naissance) et ma pomme qui commence à trouver difficile de réfléchir clairement. Je force ma cervelle et repart pour un tour. L’on parle d’Ingrid Bétancourt, du malade qui a décapité un garçon dans le bus au Manitoba. Les conversations sont amicales et souvent approfondies. L’ambiance est excellente. Tous ceux que je rencontre me vantent les talents du Deejay de la veille. Les conversations vont bon train lorsque je décide d’aller voir où en est ma famille endormie.

Dans la chambre, se réveille M’zelle Soleil. Clo et Juan dorment encore. Je dis à mon brin de fille :

- Tsé quoi, en bas, j’ai trouvé un maquilleur pour toi.
- Oh ! Un mquilleur ! pou moi ?

L’expression de son visage comblé me touche si profondément que j’en ai la chair de poule. Je la prends dans mes bras. Elle est encore toute chiffonnée de sommeil mais l’idée de se faire maquiller comme elle en a rêvé tout l’hiver fait pétiller ses beaux yeux. Je la croquerai de tendresse gourmande si je le pouvais. Le maquilleur est un magicien d’enfance, il entoure mon petit bout de douceur. Très sérieuse M’zelle Soleil ne bouge pas d’un poil pendant que celui-ci transforme son visage bambin en un soleil multicolore. Ma fille irradie de contentement, ses yeux brillent de bonheur, tout son visage rayonne. Mon cœur bouillonne. C’est pour elle une incroyable façon de commencer sa journée et pour moi une fascinante façon de terminer ma nuit blanche, il est neuf heures et demi du matin dans une grosse heure nous serons partis…

Mariage pluvieux, mariage heureux (et nuit blanche de circonstance)…

dimanche, août 12, 2007

En suspension

Invasion de la belle-famille, débarquement d’outre-atlantique de mes beaux-parents, de ma belle-sœur, son mari et leur petit qui n’a que quelques mois de différence avec M’zelle Soleil. Juan en vacances pour quelques jours. La routine se fond dans un nouveau tourbillon qui m'aspire le quotidien. En apnée, je me laisse couler. "Amphibienne" je deviens..

Un zeste des fêtes de la Nouvelle France pour s'évader le temps. Danser le menuet avec des inconnus, anachronique sensation. Creuser le sujet de mon article sur les bateaux pour l'asso, subtile politique. Une rencontre avec la ministre de l’environnement sous le feu des médias. Des heures de lac bleuté en mode familial. Assister au mariage d'amis que l'on voit trop peu souvent. Une visite de fjord et observation de douzaines de baleines. Tadoussac au soleil...

Deux cousins découvrent leur filiation au rythme des jours qui défilent. Une grand-mère aux anges savoure ces moments aussi rares que précieux. La belle-fille que je suis se retire régulièrement au creux de sa bulle, respirer profondément. Entre sourires et nerfs à vif, l’effort produit les bases des constructions pour une vie meilleure, pour le bonheur des petits et des vieux…

My creation

En suspension

mardi, mai 03, 2016

Les quatre derniers mois ont été rudes entre mes ennuis de santé et la commotion cérébrale de la Miss.

Pour me revitaliser le coeur meurtri, l'homme nous organise une soirée surprise. Docile, je suis son sillon. Alors que j'arrive en ville avec la nuit qui tombe, je réalise que j'ai passé les quatre derniers mois cloîtrée avec ma puce maganée.

Je n'ai mis le nez dehors que pour des rendez-vous médicaux et des passages à l'hôpital! Lorsque je vois le nom du chanteur du concert auquel il m'amène, mon cœur bondit de joie! Yes! Avec Yann Perreau, il tape en plein dans mon mille intérieur.

L'on se souvient de la fois où on l'a vu, au Grand Théâtre, au printemps 2005, lorsque j'étais enceinte de la Miss.

L'on se remémore la première fois qu'on l'a vu durant le Festival de Tadoussac, du temps de son mohawk, il y a des lustres de cela...

L'on a aussi le sentiment de l'avoir revu au Festival d'été sans trop nous resituer. Après coup, c'était Place d'Youville qu'il nous avait fait danser...

C'est cool de le revoir à l'Impérial. J'aime bien cette petite salle. Voilà que tout cela me rappelle combien la musique peut me faire vibrer et sentir vivante.

Trop contente de sortir, trop contente d'être dehors. Ce soir, je ne suis pas maman, je suis juste femme. Juste moi.

En cette soirée qui se déroule dans le cadre des NuitsFEQ, l'on apprend que c'est Yann Perreau et invités. Une jeune femme que je ne connais ni d'Ève ni d'Adam entre sur scène. Yep, je ne regarde pas la Voix! Je l'apprends après coup. Je capte son prénom mais, sur le vif, son nom m'échappe.

Via Instagram un utilisateur m'apprend qu'elle se nomme Charlotte Cardin. En quelques chansons, elle m’envoûte les sens. Toute mignonne, toute jeune, toute neuve, elle est charmante lorsqu'elle annonce qu'elle fera partie du Festival d'été 2016. Le même soir que Sting pour ceux que cela n’intéresse pas...

C'est un véritable coup de cœur musical pour ma pomme fraîchement sortie de sa brousse! Sa voix veloutée, rauque et chaude, me fait penser à un délicieux mélange de Feist et Lou Doillon. Ses mélodies me charment, son style me plait, bref, je craque pour cette Charlotte musicale!


Arrive ensuite le groupe Pandaléon que je ne connais pas non plus. Le même abonné Instagram éclaire ma lanterne en temps réel. Je craque moins que pour Charlotte mais leur rock atmosphérique est sympa. Assez sympa pour me faire onduler sur place...

Et voilà le temps de Yann! Il débarque sur scène avec la même énergie survoltée dont j'ai le souvenir. Il a pris un petit coup de vieux depuis la dernière fois qu'on s'est vu. Nous aussi! Le voilà jeune papa et nous voilà vieux parents!

Cela fait du bien de retrouver son énergie électrifiante. Il rend la soirée intime et chaleureuse en s'adressant au public, en étant authentique et en partageant des anecdotes de sa vie et de son amour pour sa femme (maman d'un tout nouveau poupon qui assiste au concert à deux pas de nous).

Je réalise que ce qui me plait tant chez lui, c'est non seulement sa musique que j'apprécie mais aussi cette mystérieuse sensualité sentimentale qui me touche. Il est aussi sensuel que sentimental et c'est le genre de mélange qui me fait tomber à tout coup. Surtout en chansons!

Et voilà que je me retrouve à danser sans tout à fait m'en rendre compte. J'ai les boucles qui s'éclatent. Je reconnais ces chansons (que j'ai connu par coeur). Je me laisse glisser dans la musique (et les bras de mon homme) qui m'emporte dans la nuit...



Cette soirée douce et électrique nous régénère joliment les esprits et nous remplit d'espoir en la vie. Il fait bon nous retrouver en couple en cette #nuitsfeq.

On est toujours pas sortis du bois avec la commotion de notre puce mais ce soir, on prend une pause de parentitude. On respire, on danse, on s'embrasse, on se câline et on s'allège l'esprit grignoté par les soucis. Pas de doute, la soirée surprise de l'homme est un succès à mon coeur!

Pour plus de vidéos, c'est par là...

Plonger au cœur d'une nuit FEQ

vendredi, mai 23, 2008

Partir sur les fonds marins à la recherche d'airs acadiens

Je voulais aller voir un palmier ou observer le surréalisme de Gaudi à Barcelone. Je voulais me griller la couenne à Key-West ou explorer les arrières cours de Provence. Je voulais me perdre dans la jungle costaricaine ou me reposer sur la plage d’une île tropicale aux eaux turquoise. Mais surtout je voulais partir en vacances avec ma petite famille, mon homme, mon brin de fille, ensemble dans une aventure qui nous mènerait ailleurs.

Nous avons commencé par penser rentrer un coup en France, le mariage d’un ami de Juan, les retrouvailles d’une copine d’enfance, le patrimoine culturel, rencontrer mes amies de blogosphère, aller pleurer sur la tombe à ma grand-mère, la belle famille. Au final, entre les embrouilles à coucher dehors de la belle famille et notre minuscule budget, nous avons pris la sage décision de rester en ce continent. Nous avons décidé de prendre le "temps de nous", à trois, sur la route, version beatniks (nuances parents). Cela fera huit ans que nous nous sommes mariés à Besançon, je n’ai pas remis les pieds en France depuis. Cela fait vingt ans que je n'y habite plus. J'ai désormais vécu une plus grande partie de ma vie ici. Ici plutôt que là-bas. Je suis une hybride épanouie. En me mariant, Juan a quitté son pays pour construire un couple ici. Aujourd'hui nous sommes l’un de ces exemples d’intégration qui ne font pas les manchettes des journaux. Depuis sept ans, entre lac et forêt, nous habitons la même rue. Durant ce temps nous n’avons guère voyagé, nous avons mis la priorité sur l’idée de construire une famille, sur l’idée de bâtir de solides fondations que nous avons plantées en ce coin de brousse. Ici, j’ai enraciné ma bohème. Ici, je suis devenue maman. Ceci n’empêche pas que souvent j’ai des fourmis dans les pieds. En huit ans, nous sommes allés une fois à New-York, quelques fois à Tadoussac, et plusieurs fois à Montréal pour humer les souffles urbains et retrouver des copains.

Cette année, pour la première fois, Juan a trois semaines de vacances payées. Il est devenu papa en même temps qu’il finissait ses études, il a commencé à travailler en même temps que Lily-Soleil expérimentait ses premiers babillements. Maintenant qu’elle n’arrête plus de papoter, il peut enfin prendre « le temps de nous ». Ce sera nos premières vacances ensemble en tant que parents. La première fois qu’il aura l’occasion de passer autant de temps en notre compagnie. Au programme, le Festival d’Été de Québec pour se divertir les idées, pour passer du bon temps avec les amis entre ciel ouvert et musiques en fêtes. Puis vient le temps de se raisonner et de s’organiser un « road trip » sensé. Je voulais aller en Louisiane mais avec notre voiture c’est assez loin pour ne pas être sur d’en revenir! Nous avions pensé à la Virginie, mais en juillet se retrouver au milieu d’une marée dégoulinante d’américains ne nous a pas paru si réjouissant! Avec le prix de l'essence qui n'en finit plus de grimper, il nous fallait sagement réfléchir. Finalement c’est en discutant avec Miss Dee que j’ai trouvé la solution sensée, une idée raisonnable qui a plu à Juan. Aller en vacances dans le Nouveau Brunswick! Ouais, pas aussi excitant que tout le reste mais un projet qui a le mérite de ne pas aggraver nos dettes. Un projet réalisable qui nous fera sortir de notre brousse pour un périple de quelques deux mille kilomètres sur une semaine. Un voyage qui sera aussi l'occasion de stimuler notre enfant (en de bonnes conditions) à la différence des paysages, l'occasion pour Lily de prendre la route avec ses deux parents et de voir pour la première fois l'océan...


Baie de Fundy - Nouveau Brunswick

Le Nouveau-Brunswick posséde, paraît-il, les plus belles plages canadiennes aussi chaudes que celles de la Virginie! Le Nouveau Brunswick qui cache en son sein l’Acadie. Je voulais découvrir la Louisiane mais l’Acadie est à la source du tout. Juan s’est parfois fait prendre pour un acadien, un jour lointain il revient à la maison et me demande :

- Dis c’est quoi L’Acadie?
- ??? Hein???
- Ben oui y’a un gars aujourd’hui qui m’a dit que j’avais l’accent acadien!!! Pis j'sais même pas c'est quoi l'Acadie!


Je le niaise un peu avant de lui faire un résumé d’histoire et la vie continue son chemin. Les années passent, avec ce voyage à saveur familiale, nous aurons donc l’occasion d’aller faire un petit tour d'Acadie pour y explorer ses saveurs oubliées. Dans le fond, nous passerons peut-être plus de temps en pays acadien qu’en "territoire anglais"! L’idée est intrigante. Je farfouille le site, très riche, de l’office du Tourisme, j'y découvre quelques perles. Au creux de la nuit, grâce à la magie de la Toile, nous organisons un trajet qui nous plait. Je suis toute émue, Juan me fait les yeux doux. Nous organisons un trajet qui pique nos curiosités avec des noms comme Bocabec, St-John, Kouchibouguac ou Bouctouche qui, paraît-il, possède de superbes plages de sable blanc. Pas de palmiers à l'horizon mais un souffle de liberté qui m'aère les pensées troubles. Un souffle à suivre quelque part dans le mois de juillet…

Partir sur les fonds marins à la recherche d'airs acadiens

lundi, juin 11, 2007

Blessure d'enfance bis...

Lily-SoleilLily-Soleil-II
Lily-So-IILily-et-Golden

Tous les matins de la semaine, emmener l’enfant pour un changement de pansement. Premier jour de cette désagréable routine. Elle chante sur le chemin de l’aller, enjouée, mon cœur se serre mais je souris quand même à ses pitreries. La nuit a été difficile, la blessure s’imprime dans le quotidien. Dans le cabinet du docteur, ses pleurs de douleurs me font monter les larmes aux yeux. L’infirmière est douce mais le contexte est ne l’est pas.

À date, sa plaie est belle. Sur le chemin du retour, elle ne chante plus. Elle me regarde d’un air tristounet comme je ne lui ai jamais vu. Silencieuse au fond de son siège, elle se perd le regard dans le paysage qui défile. Je réalise qu’elle vit là sa première véritable douleur, sa première vraie souffrance. J’ai le cœur qui peine. J’essaie d’être un paquebot de tendresse dans sa tempête. Je l’enrobe. Je la câline. Je me dédie. Je la chéris.

J’ai du mal à ne pas me sentir mère indigne, à vrai dire je ne me sens guère digne. J’ai relâché mon attention et le mal est arrivé. Juan s’en veut plus que moi, je le vois qui cogite l’humeur sombre. Il l’enrobe de toute son attention, il la cajole et elle ne se lasse pas de poser le poids de sa peine sur son épaule. Les parents apprentis que nous sommes apprenons notre leçon chacun à notre façon. Nous partageons le flot nos émotions au creux de la nuit. L’homme a le diabète dans le plafond et j’ai l’herpes buccal en feu! J’ai lu que cette lésion réagissait aux chocs émotionnels, me voilà bien en phase avec cette théorie. À peine douze heures après l’accident le feu sauvage s’installe au coin de ma lèvre. Je me précipite sur la pommade miracle dès les premiers symptômes. Je devrais en avoir pour une petite semaine. Quant au diabète, l’émotionnel joue un rôle certain sur son contrôle, mais c’est une longue histoire…

Il n’y a rien de plus horrible que de voir souffrir son enfant. Cela va toucher le fin fond des entrailles, cela remue tout l'intérieur qui se tord de douleur. En rentrant de cette première expérience de soins, je ne peux m’empêcher de penser à tous ceux qui vivent ceci au quotidien, à l’année longue. Je ne pense pas que j’avais jamais réalisé toute la portée que cela peut avoir sur l’âme et le cœur...

Sur la route du retour, l'on se sent coupable, l'on tergiverse. Devra-t-on remettre en question notre fin de semaine prochaine à Tadoussac? L'homme y pense. J'y résiste. Voilà des semaines que j'attends ce temps de festival hors de ma routine maternelle, j'ai tant besoin d'air et de musique. Ce serait notre première fin de semaine ensemble sans bébé, depuis... depuis si longtemps que je ne sais même plus quand! L'infirmière pense que si tout continue d'aller bien chaque visite devrait être moins douloureuse. L'on verra vendredi où en est la blessure. En attendant la semaine à venir s'annonce coriace.

...

dimanche, janvier 03, 2010

Virtuel hommage - Lhasa en ma vie et mon coeur,

J'ai rencontré la voix chaude de Lhasa en même temps que j'ai rencontré Juan. En 1999. J'avais 26 ans, il en avait 19. Le destin a fait croiser nos chemins et ceux qui viennent picorer mes mots depuis quelques lunes en connaissent la suite...

Ainsi au printemps 1999, à Besançon en France, j'ai rencontré un beau et jeune garçon qui s'est mis en tête de me recoller le coeur morceau par morceau. Et c'est avec Lhasa qu'il a recollé le premier morceau. En sa chambre d'étudiant, à écouter inlassablement le premier album. Absorbant chacune des chansons de cet album tout en tombant irrémédiablement amoureuse. Tout en adoptant une chanteuse en mon âme. La voix de Lhasa symbolise tant de choses en mon cœur cicatrisé...



La chanson "De cara a la pared" revenait en boucle alors qu'il me serrait dans ses bras, cette chanson a accompagné nos premiers baisers, nos premiers émois. Aujourd'hui encore, maintenant, tout de suite, cette chanson me transcende l'âme.

Ce fut LA chanson sur laquelle mon cœur flancha. Encore aujourd'hui, lorsque je l'écoute, je peux retourner dans le temps et ressentir ce présent qui façonna ma vie actuelle. Ce présent devenu passé qui construit toujours mon avenir. Ce premier album de Lhasa imprègne notre amour. Il symbolise cette union que nous vivons aujourd'hui. Il fait partie de ma vie. En cette raison précise Lhasa fait complètement partie de mon cœur.

À Tadoussac en 2004, nous l'avons enfin découvert en concert. Nos coeurs unis ont palpité à l'unisson durant ce spectacle si intimiste dans le sous-sol de l'église. Juan en est encore bouleversé lorsqu'il y repense. Un moment d'émotions intense relaté en cet espace virtuel qui n'en finit pas de se se dérouler...

En 2005, en plein deuxième trimestre de ma grossesse, je "faisais" comme à mon habitude le festival d'été avec mes amis. Le deuxième album de Lhasa en mes oreilles depuis sa sortie, c'est avec joie que j'ai appris qu'elle était du festival. En amoureux, nous nous y sommes retrouvés. Je me souviens encore de comment j'ai bercé ma bedondaine sur la place d'Youville. Il y avait ce bébé qui poussait en mon ventre et qui me chatouillait le dessous de la peau. Mon ventre bien présent, rempli de vie ondulait au son de sa voix si particulière, une voix qui le faisait frissonner d'émotions. Un vrai bonheur. Un souvenir inoubliable....

Et puis hier soir, en rentrant d'une excellente escapade urbaine à Montréal, à trois heures du matin, après cinq heures de route dans une mini tempête, je consulte Twitter. Déconnectée depuis une petite semaine, j'apprends alors la terrible nouvelle qui n'est encore qu'une rumeur. Une fumée virtuelle qui fait des signaux indiens dans le ciel numérique. Sachant qu'il n'y a pas de fumée sans feu, mon coeur se serre. Il est tard. J'assimile la nouvelle non officielle. Mon cœur est serré. Très serré. La tristesse s'insinue en mes veines. Je me couche sur celle-ci tout en gardant au chaud de ma tête le bonheur des jours passés...

Ce matin, je me branche sur Twitter et, par ci par là, tout au long de la journée, je regarde aller la polémique des rumeurs et des réseaux sociaux. Je regarde ceux qui s'emballent, ceux qui se défendent, ceux qui s'écrient, ceux qui expliquent. Rien n'est encore concret mais cela se dessine perceptiblement. Et pendant ce temps la réalisation de la nouvelle que je sens réelle continue de s'insinuer en ma cervelle. Mon cœur pleure. Sur le coup de midi, je dis à Juan (à qui j'en parle depuis que je suis la "gimmick Twitter")

- Mais elle avait pas mon âge Lhasa?

- Je sais pas, peut-être un peu plus vieille non?

- Je sais pas, me semble qu'elle avait pas mal mon âge...

Alors la réalisation de sa mort, si proche de ma peau, me frappe de plein fouet. Je reste silencieuse. Au fur et à mesure que la nouvelle se dessine cette réalisation se précise. Lhasa est décédée de complications d'un cancer du sein, le premier janvier. Jour de mes 37 ans. À l'âge de 37 ans (elle n'avait que quelques mois de plus que moi), elle s'est éteinte.

En fin de journée, alors que je suis sous le choc intérieur de sa disparition, j'apprends qu'elle est morte peu avant minuit, chez elle, à Montréal. Effarée, je réalise qu'à cette heure, j'étais moi aussi à Montréal dans un super hôtel et je faisais l'amour avec cet homme qui est mien. Alors qu'une fois encore nos corps s'unissaient en un seul être, son âme s'envolait vers l'au delà. J'en perds quelques secondes de souffle. Reconnaissante d'être en vie je suis.

En fin de soirée, la nouvelle est enfin officielle. Alors que je lis les articles qui se succèdent sur son décès, c'est à chaudes larmes que je pleure. Indicible tristesse qui me parcoure les entrailles. M'zelle Soleil, de ses grands yeux écarquillés, me demande pourquoi je pleure. Je lui explique les grandes lignes de mon émotion. Et puis je vais sur Twitter. À mon humble échelle je lui rends un dernier hommage personnel (que je partage en cette fin de billet). Sur Facebook j'écris: "En espérant que là où elle soit, elle soit bien. Si l'on pense que la mort n'est pas une fin alors je ne peux que lui souhaiter un merveilleux voyage vers cet inconnu qui nous hante la vie et manquer ce talent de femme qui disparait..."

Je n'ai pas l'habitude de pleurer les artistes. Je crois même que c'est la première fois que je verse de véritables larmes en un tel cas. Mais Lhasa avait une telle résonance en ma vie qu'elle en faisait, à sa manière, partie. Il y a des ces artistes qui nous touchent l'âme, qui pénètrent nos entrailles, qui nous transportent les émotions. Ce sont des perles nacrées dans le chaos de notre infernale humanité. Aujourd'hui c'est l'une de ces perles qui s'efface, paix à son âme...


Lhasa de Sela - Pa'Llegar a tu Lado (festival d'été QC 2005)

- se reconnecte après quelques jours in real life only, apprend cette triste nouvelle née de rumeurs qui secoue mon fil Twitter...

- si la mort n'est pas une fin alors je lui souhaite le plus merveilleux des voyages. Pensées et respect pour les proches de Lhasa...

- se souvient d'avoir délicieusement bercé sa bedaine de grossesse cet été là. Hommage à Lhasa

- indicible tristesse... partie à 37 ans le jour de mes 37 ans... Aura désormais une pensée pour elle avec chaque année qui passera....

- Lhasa fait partie de mon histoire sentimentale depuis que je suis tombée en amour avec sa musique en fond de vie. En mon coeur elle restera...

-ne peut que verser de sincères larmes en son honneur. Liens à suivre ici, là et là...

- @ChristneLemieux sa musique continuera de vivre en nous mais la femme que je suis pleure la femme qu'elle était...

- via @NicolasRoberge RT @mimonette: Chez Claude André: Bonne route Lhasa

- n'oubliera jamais le bien que la voix de Lhasa m'aura fait depuis 1999 en tant d'étapes de ma vie. Triste nuit en mes idées...

-
@dominiquehardy sa voix pénétrait l'âme et le coeur...

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@dominiquehardy c'est toute la beauté de l'artiste, savoir éveiller, ouvrir, toucher le coeur d'autrui pour le transporter, l'élever...

- dernier tweet sur Lhasa. Plus serait trop. Respect et émotions.
Have a good road between the stars dear Lhasa...

Virtuel hommage