dimanche, janvier 03, 2010

Virtuel hommage

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Virtuel hommage - Lhasa en ma vie et mon coeur,

J'ai rencontré la voix chaude de Lhasa en même temps que j'ai rencontré Juan. En 1999. J'avais 26 ans, il en avait 19. Le destin a fait croiser nos chemins et ceux qui viennent picorer mes mots depuis quelques lunes en connaissent la suite...

Ainsi au printemps 1999, à Besançon en France, j'ai rencontré un beau et jeune garçon qui s'est mis en tête de me recoller le coeur morceau par morceau. Et c'est avec Lhasa qu'il a recollé le premier morceau. En sa chambre d'étudiant, à écouter inlassablement le premier album. Absorbant chacune des chansons de cet album tout en tombant irrémédiablement amoureuse. Tout en adoptant une chanteuse en mon âme. La voix de Lhasa symbolise tant de choses en mon cœur cicatrisé...



La chanson "De cara a la pared" revenait en boucle alors qu'il me serrait dans ses bras, cette chanson a accompagné nos premiers baisers, nos premiers émois. Aujourd'hui encore, maintenant, tout de suite, cette chanson me transcende l'âme.

Ce fut LA chanson sur laquelle mon cœur flancha. Encore aujourd'hui, lorsque je l'écoute, je peux retourner dans le temps et ressentir ce présent qui façonna ma vie actuelle. Ce présent devenu passé qui construit toujours mon avenir. Ce premier album de Lhasa imprègne notre amour. Il symbolise cette union que nous vivons aujourd'hui. Il fait partie de ma vie. En cette raison précise Lhasa fait complètement partie de mon cœur.

À Tadoussac en 2004, nous l'avons enfin découvert en concert. Nos coeurs unis ont palpité à l'unisson durant ce spectacle si intimiste dans le sous-sol de l'église. Juan en est encore bouleversé lorsqu'il y repense. Un moment d'émotions intense relaté en cet espace virtuel qui n'en finit pas de se se dérouler...

En 2005, en plein deuxième trimestre de ma grossesse, je "faisais" comme à mon habitude le festival d'été avec mes amis. Le deuxième album de Lhasa en mes oreilles depuis sa sortie, c'est avec joie que j'ai appris qu'elle était du festival. En amoureux, nous nous y sommes retrouvés. Je me souviens encore de comment j'ai bercé ma bedondaine sur la place d'Youville. Il y avait ce bébé qui poussait en mon ventre et qui me chatouillait le dessous de la peau. Mon ventre bien présent, rempli de vie ondulait au son de sa voix si particulière, une voix qui le faisait frissonner d'émotions. Un vrai bonheur. Un souvenir inoubliable....

Et puis hier soir, en rentrant d'une excellente escapade urbaine à Montréal, à trois heures du matin, après cinq heures de route dans une mini tempête, je consulte Twitter. Déconnectée depuis une petite semaine, j'apprends alors la terrible nouvelle qui n'est encore qu'une rumeur. Une fumée virtuelle qui fait des signaux indiens dans le ciel numérique. Sachant qu'il n'y a pas de fumée sans feu, mon coeur se serre. Il est tard. J'assimile la nouvelle non officielle. Mon cœur est serré. Très serré. La tristesse s'insinue en mes veines. Je me couche sur celle-ci tout en gardant au chaud de ma tête le bonheur des jours passés...

Ce matin, je me branche sur Twitter et, par ci par là, tout au long de la journée, je regarde aller la polémique des rumeurs et des réseaux sociaux. Je regarde ceux qui s'emballent, ceux qui se défendent, ceux qui s'écrient, ceux qui expliquent. Rien n'est encore concret mais cela se dessine perceptiblement. Et pendant ce temps la réalisation de la nouvelle que je sens réelle continue de s'insinuer en ma cervelle. Mon cœur pleure. Sur le coup de midi, je dis à Juan (à qui j'en parle depuis que je suis la "gimmick Twitter")

- Mais elle avait pas mon âge Lhasa?

- Je sais pas, peut-être un peu plus vieille non?

- Je sais pas, me semble qu'elle avait pas mal mon âge...

Alors la réalisation de sa mort, si proche de ma peau, me frappe de plein fouet. Je reste silencieuse. Au fur et à mesure que la nouvelle se dessine cette réalisation se précise. Lhasa est décédée de complications d'un cancer du sein, le premier janvier. Jour de mes 37 ans. À l'âge de 37 ans (elle n'avait que quelques mois de plus que moi), elle s'est éteinte.

En fin de journée, alors que je suis sous le choc intérieur de sa disparition, j'apprends qu'elle est morte peu avant minuit, chez elle, à Montréal. Effarée, je réalise qu'à cette heure, j'étais moi aussi à Montréal dans un super hôtel et je faisais l'amour avec cet homme qui est mien. Alors qu'une fois encore nos corps s'unissaient en un seul être, son âme s'envolait vers l'au delà. J'en perds quelques secondes de souffle. Reconnaissante d'être en vie je suis.

En fin de soirée, la nouvelle est enfin officielle. Alors que je lis les articles qui se succèdent sur son décès, c'est à chaudes larmes que je pleure. Indicible tristesse qui me parcoure les entrailles. M'zelle Soleil, de ses grands yeux écarquillés, me demande pourquoi je pleure. Je lui explique les grandes lignes de mon émotion. Et puis je vais sur Twitter. À mon humble échelle je lui rends un dernier hommage personnel (que je partage en cette fin de billet). Sur Facebook j'écris: "En espérant que là où elle soit, elle soit bien. Si l'on pense que la mort n'est pas une fin alors je ne peux que lui souhaiter un merveilleux voyage vers cet inconnu qui nous hante la vie et manquer ce talent de femme qui disparait..."

Je n'ai pas l'habitude de pleurer les artistes. Je crois même que c'est la première fois que je verse de véritables larmes en un tel cas. Mais Lhasa avait une telle résonance en ma vie qu'elle en faisait, à sa manière, partie. Il y a des ces artistes qui nous touchent l'âme, qui pénètrent nos entrailles, qui nous transportent les émotions. Ce sont des perles nacrées dans le chaos de notre infernale humanité. Aujourd'hui c'est l'une de ces perles qui s'efface, paix à son âme...


Lhasa de Sela - Pa'Llegar a tu Lado (festival d'été QC 2005)

- se reconnecte après quelques jours in real life only, apprend cette triste nouvelle née de rumeurs qui secoue mon fil Twitter...

- si la mort n'est pas une fin alors je lui souhaite le plus merveilleux des voyages. Pensées et respect pour les proches de Lhasa...

- se souvient d'avoir délicieusement bercé sa bedaine de grossesse cet été là. Hommage à Lhasa

- indicible tristesse... partie à 37 ans le jour de mes 37 ans... Aura désormais une pensée pour elle avec chaque année qui passera....

- Lhasa fait partie de mon histoire sentimentale depuis que je suis tombée en amour avec sa musique en fond de vie. En mon coeur elle restera...

-ne peut que verser de sincères larmes en son honneur. Liens à suivre ici, et là...

- @ChristneLemieux sa musique continuera de vivre en nous mais la femme que je suis pleure la femme qu'elle était...

- via @NicolasRoberge RT @mimonette: Chez Claude André: Bonne route Lhasa

- n'oubliera jamais le bien que la voix de Lhasa m'aura fait depuis 1999 en tant d'étapes de ma vie. Triste nuit en mes idées...

-
@dominiquehardy sa voix pénétrait l'âme et le coeur...

-
@dominiquehardy c'est toute la beauté de l'artiste, savoir éveiller, ouvrir, toucher le coeur d'autrui pour le transporter, l'élever...

- dernier tweet sur Lhasa. Plus serait trop. Respect et émotions.
Have a good road between the stars dear Lhasa...

16 commentaires:

Michel Monette a dit…

Hélas je ne l'ia pas vue en spectacle mais j'ai toujours eu un faible pour cette chanteuse. Très beau ton texte :-)

Marie-Julie a dit…

Je suis allée au lancement de son premier album. Me souviendrai toujours de l'engouement des gens présents... Impossible de ne pas craquer. Elle avait non seulement un talent fou, mais aussi une présence et un charisme indéniables.

Nicolas a dit…

Très bel hommage. C'est très touchant de voir comment cette artiste a été présente dans ta vie.

Blandine a dit…

J'ignorais qu'elle n'était plus de notre monde.
Je suis effondrée à mon tour, moi aussi elle m'était particulière
Tendres pensées

Jean-Luc R. a dit…

Très bel hommage. Sincèrement touchant. Je garde le souvenir merveilleux d'un concert émouvant de Lhasa tout près de Paris, il y a quelques années avec une musique portée au cirque puis en récital, le même soir. Très rarement, j'ai vu autant de grâce et de sensation d'infini sur scène. Son départ si soudain et si jeune me glace.

Mijo a dit…

Ce n'était donc pas une rumeur...
De Cara a la pared. Je n'ai pas de souvenirs aussi forts que vous deux associés à la chanson "De cara a la pared" mais ça reste ma chanson préférée de Lhasa. Elle m'avait stoppé net tellement j'avais été transporté par sa voix.

Anne a dit…

Je l'ai découverte par Akynou, et ça a été une vraie rencontre... alors merci de cet hommage, qui lui fait tout l'honneur qu'elle mérite...

luciole a dit…

Tu me l'apprends ... Étrange nouvelle... Elle a bercé ma première mise en scène, j'avais l'habitude de mettre son premier album en ambiance, tandis que les comédiens se préparaient à jouer...

Nicole a dit…

Pour ma part, c'est peut-être triste à dire, mais c'est grâce à Twitter et à son départ hâtif que j'ai eu l'occasion de découvrir une très belle voix et de magnifiques chansons.

Je n'avais jamais entendu parlé de Lhasa avant samedi soir 20:00...

Elle n'est peut-être plus ici avec nous physiquement, mais sa musique, sa voix et ses paroles demeurent et c'est un très beau cadeau que nous avons reçu d'elle. Peut-être aurions-nous aimé mieux l'entendre encore et encore avec de nouvelles chansons et de nouveaux spectacles. Toutefois, j'aime me dire que les gens qui partent, même si très tôt, voire trop tôt selon nous, c'est qu'ils avaient à leur manière accompli ce qu'ils devaient accomplir dans leur vie, aussi courte ou longue aura-t-elle été.

Bel hommage que tu lui as rendu en écrivant ces passages de ta vie... Lhasa aura marqué bien des gens de son vivant et continuera à le faire même par la suite.

Jacques Rancourt a dit…

Magnifique hommage! Bravo!

Venise a dit…

Je comprends que c'est un réel deuil, il y a trop de similitudes, de concordances, de correspondance pour ne pas le vivre à fond. Tu as vraiment réussi à nous le communiquer, elle n'en est que plus grande à mes yeux.

J'imagine que son âme en sachant tout cela ne te demanderait qu'une chose : profites au maximum de ta vie et de ton amour.

Etolane a dit…

Merci à vous tous pour ces commentaires partagés.

J'avoue avoir un peu hésité avant d'écrire ce texte très émotif mais je me suis dit que Lhasa le méritait amplement et que dans le fond c'était la moindre des choses de le faire. Vu comment elle m'avait imprégnée en cette dernière décennie. C'est une véritable tragédie que de voir une femme à l'essence si touchante s'éteindre un premier janvier dans la fleur de l'âge...

L'on oublie à quel point le cancer du sein fait encore des victimes...

Son départ m'a aussi fait réalisé plusieurs choses sur moi-même. En tant que femme, vieillir n'est pas hyper agréable. Mais pour vivre il faut vieillir alors c'est inévitable. Cependant ces anniversaires qui me rapprochent de la quarantaine ont tendance à m'effrayer. Et là, je réalise combien je suis chanceuse d'être vivante. Combien désormais chaque chiffre que je célébrerai les premier janvier seront un chiffre que Lhasa n'aura pas connu et que c'est bien triste. Et que pour cela, pour l'honorer à ma façon, je ne devrai pas trop me plaindre de devenir vieille! Surtout lorsque j'ai un mari charmant et une fillette qui éclairent ma vie...

Francois et fier de l'Être a dit…

Même si cette année commence bien mal par la mort d'une part de ta mémoire amoureuse, je te souhaite une année 2010 pleine de joie de bonheur et d'amour.
Bises.

Beo a dit…

Alors-là, c'est ton billet qui me fait pleurer! Je ne la connaissais que de nom.

J'ai écouté tes extraits et De cara a la pared me touche beaucoup.

Dommage de partir si jeune. Pour le reste, je comprends tout à fait ton émoi avec ces rencontres en pointillé avec ce grand tournant de ton destin!

Etolane a dit…

Merci François et je fais de même en te souhaitant le meilleur pour l'année à venir! Meilleures pensées! :)

Beo, oui cette nouvelle m'a secouée le coeur et cela m'a fait du bien de partager ma peine en ces mots. Lhasa était vraiment une femme de grande qualité...

Candy Froggie a dit…

ton texte, je l'ai lu l'autre jour... j'y ai souvent repensé... il m'a vraiment remué tout l'intérieur, fallait que je te le dise en passant... je t'embrasse ma belle Etolane