mercredi, octobre 14, 2009

Chroniques d'enfance...

Chroniques d'enfance...

Depuis la mi septembre, tous les mardis soirs, M'zelle Soleil fait de la danse. Lors de son inscription dans le cours des 4-6 ans, sachant pertinemment qu'elle ne les avait pas encore, elle s'est faite toute douce et souriante devant les responsables de son groupe. Le fait qu'elle soit grande pour son âge et qu'elle puisse tenir une conversation avec autrui a certainement aidé son cas! Et puis elle aura quatre ans le dix novembre, on ne tire quand même pas beaucoup sur la ficelle....

Arrive enfin le grand jour, je réalise vite qu'elle n'est définitivement pas la plus petite en taille! Comme je n'ai pas eu le temps de lui trouver son uniforme de petit rat, je me sens un schouïa mère indigne. En effet, tous les autres enfants possède l'uniforme demandé! La prof, aussi fraiche que jolie, m'assure que cela n'est pas grave. Je la savais mais sa gentillesse me touche pareil. Après tout ce n'est que le premier cours d'une longue année! Elle devrait bien finir par rentrer dans cette norme! Évidement M'zelle Soleil détonne un peu avec son collant mauve, sa jupette noire et son T-shirt coordonné à ses collants! Mais elle s'en fout autant que moi. C'est bien la fille de sa mère! Elle est tellement heureuse d'être là qu'elle rayonne de tout son être. C'est tout ce qui compte. Comme ce sont des petits, les parents ont le droit de rester dans la salle durant les trois premiers cours. Ceci rassure ma MiniMiss qui me dit avec sérieux: "Quand ze vais être habituée, ze vais y aller toute seule!".

Danse Collage

Une nouvelle étape d'enfance s'enclenche. La voilà devenue grande. C'est toujours le même paradoxe d'enfance, elle est grande d'être petite. Une petite fille se dessine en sa peau. Ses traits bambins que je connaissais si bien s'estompent semaine après semaine. J'ai un peu de mal à suivre son rythme! Mais j'adore ces conversations nouvelles qui nous permettent d'échanger. Chaque jour davantage sa personnalité s'exprime. Je l'écoute. Je la questionne. Je dialogue. J'essaie d'installer les fondations de ce climat de confiance qui nous sera extrêmement utile dans une dizaine d'années. Je m'applique à solidifier les bases d'une relation qui durera tout le restant de nos vies. Un parent a tellement d'influence sur les premières années de vie de son enfant, c'est un fait si puissant que l'on ne peut le prendre à la légère...

Mais qu'il est parfois difficile d'accepter que nos enfants grandissent aussi vite! Tous les six mois il faut accepter qu'ils ont encore changé, qu'ils sont subtilement différents, qu'ils ont évolué, qu'ils nous échappent. Encore et toujours, l'on doit s'adapter à ces multiples apprentissages de la vie qui feront d'eux de futurs adultes. Ces derniers temps, je réalise que lorsque je lui cherche des habits, je suis toujours tentée d'acheter du 3 ans. Je regarde le 4 ans et je me dis: "Mais non, c'est trop grand!". Je m'accroche malgré moi à la taille en dessous et puis je lâche prise. Je me raisonne et j'achète finalement le 4 ans qui lui va comme un gant. Mais lorsque vient le temps de choisir des collants, je bloque. Par acquit de conscience j'en prends un de 4 ans mais je ne peux m'empêcher d'en prendre un autre de 3 ans. En rentrant à la maison, j'enfile ce collant à la puce pour vite réaliser qu'il ne fera que quelques semaines avant d'être définitivement trop petit. C'est malin la mère! Il ne me restera plus qu'à retourner acheter le même à la bonne taille pour mieux passer l'hiver...

De retour en la classe de danse de son premier cours. Je passe cette première heure à l'observer. Dieu que je vais trouver difficile de ne plus avoir le droit de la regarder en plein apprentissage! Cette enfant m'hypnotise depuis sa naissance. En ce moment présent je fonds de la voir écouter si sagement son professeur. Dans ce temps là, je suis si heureuse de la voir grandir comme il se doit! Et je me demande si ce n'est pas dans ces moments là qu'une maman trouve son bonheur. Sa raison d'être. Cela m'émeut et me remplit de fierté à la fois. Cela se conjugue en une seule émotion qui me parcoure le cœur comme une lame de fond.

Premier cours de danse

Juan qui nous accompagne se fout un peu de ma poire. Il trouve que je suis gaga de ma fille. Il a un peu raison, je raffole de cette enfant. Mais cela ne veut pas dire que je ne conçois pas la difficulté de l'élever ni les failles de son caractère. D'ailleurs je peux voir en cette première heure qu'elle est aussi agile que je ne le pensais, qu'elle possède un certain rythme et qu'elle est capable d'apprendre rapidement un mouvement. Mais aussi qu'elle est ultra sensible et qu'elle a une petite tendance à la distraction. Et puis elle a horreur de se tromper! Cela l'insécurise autant que cela l'énerve jusqu'à la moelle. D'ailleurs cela fait des jours qu'elle se pratique dans le salon pour ce grand jour de classe. Le soir qui précède le grand jour, juste avant de s'endormir, elle me chuchote:

- Mais maman, ze sais pas danser comme le professeur, z'ai peur de pas savoir au cours de danse...
- Mais c'est normal de pas savoir ma puce, c'est pour cela que tu prends des cours, tu vas apprendre. Et puis tu te pratiqueras et tu sauras...


Durant la première demi-heure, je la vois se concentrer le plus fort possible pour ne rien manquer de ce qu'explique son professeur. À un moment donné la prof demande à une petite fille d'avancer mais tous les enfants dont M'zelle Soleil avancent de concert. La prof les renvoie tous à leur place. Je vois alors le visage de ma fille se décomposer. Je lui fais un sourire tout en me demandant intérieurement si elle va craquer. Comme par magie, son visage se recompose. Je respire. Je connais bien cette grande sensibilité qu'elle cache sous ses airs de clown. Je lui souris de loin avec toute cette affection que je ressens en mon sang.

Je remarque aussi qu'il suffit que sa voisine fasse le clown à ses cotés pour qu'elle fige sur place et qu'elle oublie ce qu'elle est en train de faire. Cependant je constate que la prof tient en main ce groupe de petits rats charmants. Je suis aussi contente de retrouver une "maman de plage" que j'ai côtoyée plusieurs fois durant l'été. Comme elle s'exclame : "Oh, c'est M'zelle Soleil, regarde Aurélie c'est M'zelle Soleil! Tu vois, tu connais des amis!", cela me permet de la replacer rapidement. L'on échange un regard complice. Les deux fillettes se sourient. Et c'est le début d'une nouvelle aventure d'enfance...

Cours de danse

5 commentaires:

Anouchka a dit…

Elles sont absolument sublimes, ces photos des petites danseuses étoiles!
Je fais comme toi pour les vêtements, je suis attachée aux 9-12! J'ai l'impression que 18 mois c'est si loin, même si elle en a déjà bientôt 14...

La Belle a dit…

C'est une belle activité la danse et à son âge elle se développe rapidement ! ;-) C'est toujours agréable de lire comment tu vis cette relation avec ta jolie fille
!

On est toujours folle de nos enfants - je crois que c'est tout simplement normale !

Et j'adore les photos, on dirait qu'il y a du mouvement.

Etolane a dit…

Merci Noushka, coté vêtements, me semble que c'est pas là que tu ne peux que constater à quel point elle grandit! :lol: Espère vous voir pour le party de fête! Passe moi un coup de fil la semaine prochaine! ;)

La Belle, elle avait tellement hâte, elle m'en parle depuis des mois! La maternité est une aventure tellement intense, c'est aussi un peu comme gravir une montagne. Et j'ai l'ambition de voir un beau paysage une fois rendue au sommet! Je trouve qu'il est important de réfléchir à notre parentalité. Il n'y a rien qui m'énerve plus que les parents qui blastent leurs enfants et dénigrent leurs défauts alors que ceux-ci sont souvent un miroir dans lequel il ferait bien de se regarder... Dans les premières années de sa vie, l'enfant est impuissant, si vulnérable et influençable...

Pour finir ma réponse sur une note plus sympa, c'est bien vrai que l'on est bien souvent folles de nos gamins, c'est tellement intense comme sentiment...

Blandine a dit…

Je m'émeus de ta phrase "elle est grande d'être petite"
tellement juste

et tellement cute ton Mini-Soleil !

Etolane a dit…

Merci Blandine, il faut que je reprenne les fils d'écriture de ma mamamitude, j'ambitionne de documenter "littérairement parlant" ses cinq premières années! ;) C'est aussi un peu une façon de photographier mentalement ses années si précieuses pour un parent, ensuite j'en ferais des albums! ;)