mercredi, février 23, 2011

Crédit photo: Marie-Julie
Depuis le matin du 6 février dernier où je me suis réveillée avec la moitié du visage paralysé, je combats avec volonté ce virus qui attaque mon nerf facial. C'est une épreuve qui fait dérailler mon quotidien et me transforme de l’intérieur. Une épreuve que je traverserai avec bravoure malgré l'incroyable douleur physique qui m'agresse la tête et les complexités émotionnelles qui s'ensuivent.

Présentement alors que je suis dans ma troisième semaine de maladie, je vois tout de même une subtile amélioration. Hyper médicamentée, la douleur commence à être un peu mieux maîtrisée et disons que la mobilité de mon visage figé s'est améliorée d'environ 25%. Pas assez pour dire que mes traits sont de nouveau symétriques mais assez pour continuer de cultiver l'espoir qui m'anime le coeur.

Mais ce billet n'est pas pour parler de ce malheur que je combats avec la rage d'une lionne en cage. Ce billet est pour parler de ce nuage de grâce sur lequel j'ai vogué durant deux heures dimanche dernier....

Virus d'enfer...

Tout a commencé lorsque j'ai raté l'occasion d'acheter des billets à temps pour le concert de Vanessa Paradis le 20 février à Montréal. J'apprécie Vanessa Paradis pour plusieurs raisons. J'aime sa voix qui me touche l'âme et son essence humaine éveille le meilleur en mon coeur. Aussi j'étais verte de constater que les billets pour le dernier concert de sa tournée acoustique s'étaient envolés comme des petits pains chauds! Tout le mois de janvier, j'ai pleurniché sur le sujet alors que la poussière des rénos s'accumulait en ma maison.

Et, ce dimanche maudit où un méchant virus m'a dérobé la moitié du visage, Juan avait prévu une soirée en amoureux. Ces soirées sont rares car Dieu sait combien me détacher  de ma fillette ne m'est point naturel. Aussi il avait tout organisé, faire garder ma puce, un souper au resto, un ciné. Ce que je ne savais pas par exemple c'est que la soirée était dédiée à me faire une surprise qui allait révolutionner mes idées empoussiérées.

Cependant, ce matin là, le malheur a frappé à ma porte et c'est sur un lit d’hôpital que je me suis retrouvée en soirée. Perfusée, électrogrammée, ultra angoissée. Mon homme à mon chevet. L'impression que ma vie me filait entre les doigts en même temps que ce coté de mon visage refusait de bouger et que la douleur aiguë emportait ma peau crispée. Dans l'attente du taco qui allait me dire si c'était mon cerveau qui prenait le bord ou un virus qui m'emportait, les larmes n'en finissaient plus de couler. Et c'est à ce moment là que Juan m'a dit:

- Tu sais, en fait la soirée que j'avais organisée était pour te faire une surprise. Je voulais te la donner, cachée dans ta serviette au resto mais je vais te le dire maintenant. C'était mon cadeau de Saint-Valentin. J'ai trouvé deux billets pour Vanessa!

Malgré la douleur et le stress du moment, cette nouvelle a eu le don de me relever l'esprit, le don de faire sourire ce coté du visage qui fonctionnait encore. Il m'a donné un but dans le temps. Il m'a démontré l'amour que Juan éprouve pour ma pomme après 10 ans de mariage.

D'humeur presque romantique, je suis allée au taco, le coeur un peu plus léger. Dans mon malheur, j'ai eu le bonheur d'apprendre que mon cerveau était encore en santé et que ce qui m'arrivait se nommait une paralysie de Bell. Avec du temps et du courage, j'avais une chance de m'en sortir...

Et puis alors que je combattais l'horreur jour après jour, l'envie d'aller voir le concert avec mon amie Marie-Julie s'est précisée. Je sais que mon homme n'est pas le plus fan de Vanessa, pour m'en persuader je l'ai gavé de Vanessa tandis qu'il soupirait en silence. Et c'est alors que je lui ai demandé:

- Dis, cela t’embêterait que j'aille au concert avec Marie-Ju??? Tu sais comment elle aime autant Vanessa que moi. Je pense qu'on aurait vraiment du fun toutes les deux...

Presque soulagé, mon homme s'est empressé d’acquiescer! Et Marie-Ju qui avait aussi raté l'occasion d'avoir des billets a vite accepté de m'accompagner (malgré l'état de mon visage). Pour arriver à me rendre à ce concert, j'ai bataillé mon corps avec vivacité et persévérance.

Un brin de paradis...

Le jour dit, alors que l'on s'apprête à partir en trio familial pour Montréal, j'ai déposé mon orgueil féminin au fond de mon âme. Avec un look de pirate pour le moins particulier, j'ai affronté ma réalité. Mon look a charmé Marie-Ju qui a voulu le mémoriser numériquement. Comme Marie-Ju est chère à mon coeur et qu'elle arrive à faire de moi ce que personne d'autre ne peut faire, je l'ai laissée faire. Après tout, il n'y a rien qui m'énerve plus que la lâcheté alors autant assumer ce qui m'arrive.

Et c'est ainsi que dimanche soir, 15 jours précisément après cette nuit d’hôpital qui m'a transportée en un petit enfer, je suis allée faire un tour de Paradis avec mon amie précieuse. Nos places étaient loin sur le balcon mais nous étions heureuses d'y être. Ensemble. L'on surplombait la scène comme sur un nuage. Et c'est de là que la magie a opéré...

Une luciole de féerie est apparue devant nous. Avec magnificence, elle nous a transportées dans un univers d'amour qu'elle irradiait d'une incroyable sensualité. Une sensualité ondulante pleine de charme et de pureté. Sur scène, elle s'est révélée la grâce incarnée. Aguicheuse de  bonheur, enrobée de cette gentillesse qui me transperce l'âme, elle semblait illuminée de l'intérieur. Quasi divine. Durant deux heures, Vanessa avait des airs de Paradis. Elle a donné une performance sans faille. Frôlant la perfection, elle a effacé toutes mes douleurs. Elle m'a reconnectée avec mon bonheur intérieur. Cette fille est une fée.

Grâce à elle, j'ai trouvé la force de poursuivre ce combat qui fait mon quotidien de février. Elle a même planté quelques graines dans l'invisible de ce jardin où je cultive mes espoirs. Pour cela, je l'aime davantage et dans cet invisible qui nous lie, je lui en suis éternellement reconnaissante.

Généreuse, radieuse, que personne ne vienne me dire qu'elle n'a pas de voix. Celui qui ose  ce blasphème devra affronter la lionne sous ma peau! Car sa voix est empreinte d'une justesse et d'une pureté digne des anges! Gainsbourg avait tort. Vanessa ce n'est pas l'enfer. Vanessa c'est le bonheur...


Pour finir en beauté cette soirée alors que Marie-Ju me quitte pour prendre son métro, je prends le chemin de mon hôtel à deux pas et voilà pas que ma copinaute Marie-Pierre me saute dans les bras! Non sans manquer de me faire une crise cardiaque. Ma vision périphérique n'étant pas des meilleures, elle est apparue dans mon champ de vision comme une surprenante gazelle! L'on papote du concert, excitées comme des puces, lorsqu'un homme nous accoste de loin et nous demande:

- Vanessa Paradis?

En choeur l'on répond:

- Oooouuuuiiiiiiii...

Et c'est alors qu'il nous lance, à chacune, quelque chose que l'on attrape par réflexe sans trop comprendre. À peine a-t-on le temps de se rendre compte que c'est deux t-shirts du concert qu'il a déjà disparu! L'on reste surprises, médusées, bouche bée. Acceptant la magie de l'instant, l'on se serre une dernière fois dans nos bras avant de reprendre le chemin de nos vies...


- Vanessa Paradis: le grand bonheur
- Sous hypnose avec Vanessa Paradis
- Vanessa Paradis à la PdA - Moiteur de star

Un brin de Paradis dans un virus d'enfer

samedi, février 19, 2011

Ecrire sur le mépris de la mort lorsqu'on est en santé, c'est écrire sur le mépris des riches lorsqu'on est dans l'opulence.
Elie Fréron

Le plus pauvre n'échangerait pas sa santé pour de l'argent, mais le plus riche donnerait tout son argent pour la santé.

Il faut gouverner la fortune comme la santé : en jouir quand elle est bonne, prendre patience quand elle est mauvaise.
François de La Rochefoucauld

...

Réflexions sous glace...

Réflexions sous glace

lundi, février 14, 2011

Alors qu'un ennui de santé subit me force au sérieux repos, les mots se font absorber par l'épreuve présente qui s'effacera surement dans le temps. La vie est pleine de bonds et rebonds. D'autres nouvelles sous peu. Merci de votre patience et bienveillance. Et bonne Saint Valentin à tous les amoureux...

Ennui de santé

vendredi, février 04, 2011

Techno-sauvage

Sauvage [sovaʒ] adjectif étym. v. 1130 salvage ◊ bas latin salvaticus, classique silvaticus, de silva « forêt » Famille étymologique ⇨ sauvage.

Depuis que je vis au coin de la forêt, je vis en accord avec la sauvage en mon sang, je l'embrasse entre deux arbres et un lac. Mais je suis une sauvage connectée. Semi sauvage mais complètement civilisée.

Selon mon cher Robert, sauvage et forêt ferait bon ménage. Être sauvage c'est être à l'état de nature, ne pas être modifié par l'homme. Être sauvage c'est vivre en liberté dans la nature et ne pas appartenir à l'expérience familière de l'homme. S'il existe ensuite multiples nuances de ce mot utilisé à toutes les sauces, c'est cette définition qui me sied à la lettre.

Vivre au quotidien en retrait de lac me permet de prendre une distance humaine. Je suis femme numérique et j'aime vivre à l'état de nature. J'aime me fondre en elle, oublier en son sein combien je suis bêtement humaine. J'aime me connecter à ma mère, la Terre. Dès que je m'y love. Je m'y retrouve. J'y ressens la beauté de l'invisible qui nous entoure. Je me connecte l'âme sur ces vibrations qui n'ont rien d'humaines mais qui élèvent tout humain qui s'y branche. Je m'y envole.

Cela dit, je reste humaine. Je dois construire et épanouir cette vie qui est mienne. Et j'ai été assez longtemps montréalaise pour comprendre que c'est aux cotés de la nature que réside mon équilibre intérieur. L'équilibre, ce fil de vie qui me balance la trentaine presque terminée. Cet équilibre qui n'est pas synonyme de banales platitudes mais de liberté maitrisée.

En mon équilibre humain s'insère le Web. J'aime le Web. Ce qui est paradoxal en soi. Je suis techno-sauvage. C'est grâce au Web que je peux vivre à l'état semi sauvage en coin de lac. Sans le Web, cela ne serait pas possible. Le Web est une ouverture sur l'humanité, l'espace où je vais la rencontrer. J'adore cette nouvelle dimension humaine qui trouble autant qu'elle fascine.

À petites doses, j'apprécie aller en ville. J'aime étudier les courants urbains qui y résident. Je rêve d'aller passer 4 jours à New-York. Les paradoxes font partie intégrante de l'humanité. Ils en dessinent les complexités. Les comprendre fait aussi partie de l'équilibre. J'ai quitté Montréal en 1996 et je me suis connectée au Web.

J'ai fait fait mes premiers pas sur la Toile en même temps que je me suis connectée à l'excellente nature que le Québec possède. La nature et le Web m'offrent cet espace de liberté qui me plait. Aujourd'hui, c'est vendredi merci et  je suis reconnaissante à la vie de pouvoir ainsi m'ensauvager...

Techno-sauvage

mercredi, février 02, 2011

Grandir...

Cette fin de semaine une fée est passée nous voir. Une petite fée d'enfance qui, selon M'zelle Soleil, n'apporte que des choses précieuses. Une fée bien connue qui échange des pièces d'or contre des dents de lait...

Au royaume de l'enfance c'est un concept "trippant". En mon imaginaire d'adulte, cela peut vite devenir "freakant". Heureusement cette gentille fée des dents est passée comme un charme. Ceci, pour le plus grand plaisir de Miss Soleil, si heureuse de se voir grandir.

Vendredi, alors que sa dent commence à sérieusement bouger, elle m'explique: "Maman, c'est vraiment impressionnant que ma dent va bientôt tomber! Vraiment je suis impressionnée!" Elle me pose ensuite une ribambelle de questions auxquelles je réponds tout en me remémorant les temps lointains de ma propre enfance.

Je la rassure et lui explique que c'est normal que cela fasse un peu mal, qu'elle ne doit pas s'inquiéter, que cela saignera surement un peu en tombant, que la fée des dents passera par là et que sa dent repoussera. "Mais maman, il va y avoir du SANG!!! Nan... mais c'est vraiment impressionnant!"

Deux jours plus tard, sa dent bouge tant qu'elle trouve compliqué de manger et s'exclame entre deux bouchées: "J'vous dis, ma dent, elle me fait voir de toutes les couleurs! J'ai hâte qu'elle tombe! Je vais être grande..." Dimanche soir, alors que son père touche sa dent, celle-ci lui reste entre les doigts!

Il appelle. J'accoure. L'on se regarde bouche bée. Voilà, on y est! 5 ans moins une dent! L'on se regarde avec la même pensée partagée:"Maudit que cela passe vite!" Elle est impressionnée. On est traumatisé. Adieu bébé. Adieu petite enfance. Notre petite fille devient grande...

M'zelle Soleil, la bouche en sang, sourit à "pleines dents". Son bonheur de grandir nous fait vite oublier cette petite tristesse que l'on ressent à voir filer le temps. Comme il se doit, l'on met la dent en une jolie boite que l'on dépose sous l'oreiller. Et une fois l'enfant endormie, l'on coure voir ce qu'il nous reste comme monnaie dans les poches!

Le lendemain matin la Miss trouve sa pièce. Dans ses pupilles qui pétillent la vie est pas mal belle. Elle me dit avec fierté: "Maman, maintenant je vais avoir des dents d'adultes comme toi!". Je la serre contre moi. Et je me dis que j'aimerais autant ralentir le temps qu'elle aimerait l'accélérer...


À 3 ans un enfant possède 20 dents de lait (8 incisives, 4 canines, 8 molaires). Les dents "d'adultes" rongent les racines des dents de lait par pression. Les dents de lait tombent vers 6-7 ans (parfois moins  parfois plus).  À 6 ans, un enfant possède 24 dents.  À 11 ans, les prémolaires remplacent les dents de lait et à 13 ans, ce sont les canines qui tombent. À 12 ans, un enfant aura 28 dents et c'est à 18 ans qu'il aura ses 32 dents! Dans la plupart des pays francophones, c'est la petite souris qui vient chercher la dent de lait. Les pays hispanophones ont aussi leur petite souris. Mais dans les cultures anglo-saxonnes et nordiques c'est une fée qui vient chercher les dents des enfants...

Quelques traditions d'antan via mapetitesouris.com

- En Australie, les mères aborigènes écrasaient les dents de lait pour en faire une poudre "magique" qu'elles buvaient.
- Les Vikings utilisaient les dents de lait car ils pensaient que celles-ci étaient magiques : les enfants recevaient une récompense en donnant leurs dents à leurs parents qui les portaient en bijoux et pendant leurs batailles. Les Vikings pensaient que le fait de porter ces dents de lait leur apportait toute la force et le pouvoir pour vaincre leurs ennemis.
- Les Egyptiens lançaient leurs dents vers le dieu Ra (le soleil). Ils pensaient que le soleil pouvait leur donner des dents définitives solides.

Grandir...

mardi, février 01, 2011

Lorsque l'on fête en un palais de glace...


Saviez-vous que l'hôtel de glace est fabriqué grâce à 500 tonnes de glace et 15 000 tonnes de neige? Une fois construit, il possède une superficie de 3000 mètres carrés et ses plus hauts plafonds mesurent 19 pieds de hauteur (5.4 métres). En plus de ses 36 chambres et suites, il possède une salle d'exposition, une chapelle et une longue glissade. Son bar de glace, qui fait aussi office de discothèque, peut contenir plus de 400 personnes et 150 autres peuvent se retrouver au Café Glacé...

Sa matière première est évidement la neige. Elle est fabriquée directement sur le site à l'aide de canons. Cette neige ultra dense devient aussi dure que de la glace. Elle est soufflée dans des moules de métal en forme de dôme. Selon la température, il faut entre 10 heures et trois jours pour retirer les moules d'acier. Les murs de l'hôtel de glace ont une épaisseur de plus d'un mètre (4 pieds). Les blocs de glace qui sont utilisés pour les colonnes, les meubles et la décoration intérieure sont produits par Artic Glacier.

Avec une température intérieure d'environ - 5 degrés,  il faut toujours se rappeler la technique des trois couches. La recette est simple et efficace! Il suffit de l'appliquer pour déambuler en tout confort. Ainsi la première couche intérieure est composée des sous-vêtements qui permettent à l'humidité de s'échapper. Le coton retient l'humidité, il est déconseillé de le porter. Par contre les vêtements synthétiques sont recommandés. La couche intermédiaire doit isoler l'air et contrôler l'humidité. Un chandail de flanelle ou un polar sont de mise. Ensuite la couche extérieure doit couper le vent et l'humidité. Il est aussi important de se couvrir la tête avec un chapeau qui protège les oreilles. Une écharpe chaude est nécessaire et des gants sont obligatoires. N'oublions pas que les verres sont aussi en glace!

L'on sait que des dizaines de milliers de touristes visitent l'hôtel chaque année. Ce dont on sait moins c'est combien les mariages y sont populaires. Particulièrement pour ceux qui vivent dans le sud. Pour ces gens là, venir se marier à l'hôtel de glace est fantasmagorique. Comme lorsqu'un québécois va se marier sur une plage entre deux palmiers! Les employés de l'hôtel ont toutes sortes d'anecdotes à raconter lorsqu'il est question de mariages givrés.

Aussi, il n'est pas rare de croiser des caméras au détour d'une de ses chambres! Et je je parle pas des milliers d'appareils numérique qui le mitraillent tout au long de son éphémère existence! Chaque année, des dizaines de tournages s'y déroulent, du plus coquin au plus commercial...

Lorsque l'on fête en un palais de glace...

D'hiver et de féerie...

Une autre semaine glacée en perspective. L'une de ces semaines à -30 dans le vent. Une semaine à grincer des dents sous le fouet de l'air ambiant...

Le froid est mordant. Il enserre nos quotidiens de sa toute puissance. Le positif de l'histoire est que lorsque revient -10, l'on en apprécie la douceur! Et l'on se dit, qu'un jour, il fera de nouveau zéro et que l'on aura presque chaud!

Fin janvier - début février est mon temps honnis de l'hiver, celui qui semble le plus long. Celui où l'envie de fuir dans le Sud hante l'esprit qui se glace au soleil.

Et c'est aussi le temps où se forme l'hôtel de glace. Un endroit né de notre rude hiver qui a l'étrange don de me réconcilier avec la saison polaire...

Je l'ai découvert, un peu par hasard, au début de l'année 2005. Il s'érigeait de l'autre coté du lac. Durant une fin de semaine particulièrement ensoleillée, l'envie nous a pris d'aller se promener sur le lac.

Une fois sur place, l'envie de le parcourir à pied a pris possession de nos pas. Deux petites heures plus tard, nous l'avions traversé. Et de l'autre coté du désert polaire nous est apparu l'hôtel de glace! Comme un mirage givré après l'effort...

Je crois que ce jour  là, un sort m'a été jeté.  Car depuis ce jour là, je suis sous le charme à chaque fois que j'en pénètre l'antre givrée. J'oublie alors le froid et je m'émerveille de la féerie qui y règne.

D'ailleurs j'adore aller y faire un tour quand il fait -30 dehors. À cette température là, il fait doux à l'intérieur de ses épais murs de neige, l'on s'y sent bien. C'est une sensation tout à fait particulière qu'il fait bon connaitre...

Ambassadrice de glace

À la fin de l'année 2005, après que mes photos de l'hôtel aient fait un petit tour du monde sur Flickr, j'ai été contactée pour "devenir ambassadrice". Depuis, chaque année, je vais de mon objectif capturer cet endroit surréaliste.

Mais cet hiver 2011 est différent des autres. Cette année, l'hôtel n'est plus de l'autre coté de mon lac. Cette année, il a déménagé en ville. Il ne fait plus partie de mon paysage, il fait désormais partie des nombreuses attractions de Québec.

Il installe ses quartiers dans l'ancien zoo de la ville (à 45 minutes de chez moi). J'en suis tristounette. Comme toute la région d'ailleurs. L'hôtel générait quelques dizaines d'emplois par saison et mettait certainement de la vie en notre coin de brousse figée dans le frette.

Aussi, cette année, c'est avec un serrement au cœur que je me suis rendue à l'autre bout de la ville pour aller retrouver ses pénates. Cela dit, une fois sur place, j'ai réalisé que je pouvais encore m'y sentir chez moi. Je pouvais continuer de l'aimer même s'il avait quitté mon environnement sauvage.


Du coin de mon lac à l'ancien zoo de Québec

Mais je dois avouer que son nouveau site me charme moins. La nature dont il faisait partie alors qu'il s'étendait en bord de lac ajoutait à son aura surréaliste. Il s'incorporait à son environnement nordique comme aucune maison humaine ne peut le faire. En ville, ce n'est plus tout à fait  pareil...

Alors que je me ballade en ses chambres, je retrouve mes habitudes acquises au fil du temps. De tout ce temps passé à m'en imprégner. Je remarque que cette année, l'équipe a mis le paquet sur les détails! La glace (et la neige) n'en finit plus d'être ciselée, dentelée, travaillée.Comme d'habitude, c'est magnifique. En mon œil averti, je déplore le manque de colonnes en son entrée (même si je m'extasie sur les détails de celles qui sont là). La glissade manque un peu de vitesse mais elle fait certainement le bonheur des petits et des grands...

Lorsque nous y remettons les pieds pour la première fois cette année, la fête d'inauguration bat son plein. M'zelle Soleil, heureuse comme une puce, retrouve ses repères et son enchantement. Je réalise à quel point l'hôtel fait partie de sa mémoire hivernale. Alors malgré son déménagement, nous y retournerons encore et encore pour apercevoir l'hiver sous un autre jour...


Il est à noter que le secret pour apprécier cet endroit glacé est d'y aller correctement habillé! Avoir de bonnes bottes est très important si l'on ne veut pas être frigorifié en deux temps trois mouvements. Même s'il fait - 5 à l'intérieur de l'hôtel, lorsque l'on a froid, la visite peut être pénible. En cette dimension hivernale, la mode en prend certainement pour son grade...

Comme l'on sait tous que c'est par les extrémités que l'on perd sa chaleur vitale! Alors il faut vraiment bien s'habiller pour que la magie opère. Tuque, foulard et gants sont obligatoires si l'on veut bien en profiter!

D'hiver et de féerie...

samedi, janvier 29, 2011

Princesse givrée...

En mon pays, je ne suis pas une princesse. Juste une pauvre pigiste de brousse, artiste sauvage, bien mariée avec une gamine qui respire la joie de vivre.

Pourtant, si l'on compare mon sort aux femmes d'ailleurs dans le monde, je suis bien plus souvent une princesse qu'une esclave! Souvent j'en ai conscience. Souvent j'en réfléchis la chance. En mon pays d'hiver, il fait bon être femme...

Par exemple, en Afghanistan, les femmes vivent les pires traitement. Elles existent dans de grandes pauvretés (aussi matérielles qu'immatérielles). Elles sont emprisonnées pour les pires absurdités et ne connaissent aucune réelle justice.

Pour ces femmes là, il n'y a aucun doute, je suis une princesse qui vit une existence dorée! Une princesse libre qui peut dire et faire ce qui lui plait. Aimer, créer, penser dans la plus grande légalité. Vivre en un confort dont ces femmes d'ailleurs ignorent la saveur.

De bon matin givré, mes pensées féminines se tournent vers celles qui vivent l'enfer. Entre deux flocons qui virevoltent, je me rappelle à quel point je suis privilégiée. Et comment je ne suis pas la seule à l'être en mon coin de pays. Nos réalités québécoises sont aussi éloignées des leurs que la distance qui nous sépare...

Parfois je fantasme d'un autre monde où un escadron de femmes effrontées irait libérer ces femmes affligées. Évidement il faudrait mettre pas mal d'hommes en prison et en jeter la clé! Mais en étant aidées intellectuellement, ces femmes seraient alors en mesure d'élever les futures générations masculines à vivre en paix dans un climat d'égalité et de respect. Enfin ceci n'est que l'insignifiant fantasme d'une princesse au coin de son lac!

En Afghanistan, là où d'après les dires, les femmes sont dans la pire mouise. Les hommes d'ici s'y battent. Là-bas, de jeunes canadiens vont mourir ou revenir avec des morceaux en moins. Mais cela ne change pas grand chose à la réalité des femmes. D'ailleurs qui s'en soucie vraiment? La guerre des hommes est plus souvent vaine qu'efficace. Et malheureusement les amazones justicières n'existent que dans l'imaginaire collectif...

L'autre jour, je croise chez la coiffeuse deux soldats prêts à repartir pour l'Afghanistan. Évidement je ne peux m'empêcher de m'ouvrir la trappe et de creuser un peu le sujet. De leur demander ce qu'il font là-bas. Malgré le secret militaire qu'ils portent tous sous leurs cheveux raz, il est facile de percevoir qu'il n'y font pas grand chose pour les femmes! Ceux-ci sont sympathiques. Eux-mêmes ne savent pas vraiment à quoi ils servent là-bas. C'est leur travail. Je les observe, dans la fleur de l'âge, et je me dis que prendre le risque qu'ils y perdent leur vie est bien dommage.

Parait que c'est au nom de la liberté qu'ils vont faire la guerre. La nôtre, la leur. "Foutaises!" aurait dit ma grand-mère. En effet, je doute fort que cela soit le cas. Ils vont faire la guerre pour l'argent et le pouvoir. D'ailleurs à part lorsque les américains ont libéré l'Europe du joug des nazis, combien de fois les hommes se sont faits la guerre au profit de la liberté? Si l'on est franc, en toile de fond guerrière, il y a toujours l'argent et le pouvoir enrobés de violence et de haine. Et quoi qu'il arrive, c'est toujours les femmes qui payent le plus cher tribu.

Princesse givrée...

jeudi, janvier 27, 2011

Au rayon des petits bonheurs...

Sur son blogue Mamanbooh se demande: "Quels sont vos derniers petits riens qui ont mis du soleil dans vos journées? De la chaleur dans votre coeur? Du baume sur vos pensées?"

Au rayon des petits bonheurs, ma fillette m'offre régulièrement de ces petits riens qui me baument de l'intérieur, que cela soit un sourire complice, une remarque pertinente ou un rire insouciant...

Mon homme aussi me réchauffe l'humeur avec des petits riens qui font du bien; un regard gourmand où je capte son désir, un geste tendre où son affection me touche, un rire partagé qui éclate spontanément entre deux platitudes du jour...

Et puis il y a ces moments en trio. Ces doux moments où l'on se love simplement en notre bulle familiale. Comme lorsque, dimanche matin, par -40 au soleil, l'on fait le ménage de la maison en bordel à moitié à poil et que M'zelle Soleil s'amuse à ranger au lieu de râler! Dans ces moment là, le contraste entre l'azur glacial et notre chaleur familiale fait déborder d'amour mon coeur...

Au rayon des petits bonheurs..

mardi, janvier 25, 2011

Qui ne connait pas une petite Lily Têtue près de chez soi?

Comment vous croyez ne pas connaitre de Lily-Têtue près de chez vous? Impossible...

Lily-Têtue est une petite fille avec de la volonté à revendre. Elle vit avec espièglerie dans les tomes d'une série destinée aux enfants de 3 à 6 ans. Et pour découvrir cette vibrante fillette,  il suffit de lire les aventures de la petite héroïne de Marie-Julie Gagnon. Publiée aux Éditions de la Goélette c'est une série pour les petits à ne pas manquer!

Tout ceux qui connaissent des enfants dans cette tranche d'âge savent combien ils peuvent avoir du caractère et des questions en tout genre qui viennent bousculer les certitudes parentales. La charmante Lily Têtue ne fait pas exception à la règle! À noter: les illustrations d'Audrey Gauthier, qui accompagnent les aventures de Lily Têtue, sont admirablement bien réalisées, elles nourrissent joliment l'imaginaire des petits (et des grands)...

Mais ce que j'apprécie particulièrement en tant que maman c'est que ce sont des livres avec une véritable substance. Amusants, ils traitent avec intelligence de ces étapes d'enfances que tous les petits traversent...

À la maison, la lecture fait partie de notre routine de coucher et comme bien des enfants, M'zelle Soleil aime toujours étirer le moment d'aller dormir. Cela dit, je dois mentionner que lire "Lily Têtue refuse d'aller au lit" juste avant de la coucher nous a permis de faire toute une compréhension de texte avec notre petite Miss! Et le plus étonnant fut certainement de voir combien ma fillette en a capté l'essence.

Évidement le fait qu'elle partage un premier prénom commun avec l’héroïne de l'histoire a certainement aidé à ce qu'elle se sente concernée! Mais elle a si bien compris le fond de l'histoire que cela a nettement aidé à diminuer les réticences du coucher. Tout en nous donnant un bon repère de discussion lorsque l'envie de tergiverser sur le sujet prend forme. Je recommande chaudement ce tome à tous les parents qui bravent des petits couche-tards chaque soir!

M'zelle Lily Têtue évolue dans un univers qui lie le réel et l'imaginaire avec fun et finesse. Accompagnée de sa douce grand-mère Zazou, Lily apprend la vie en rêvant. Et son fidèle comparse Ananas possède une particularité des plus marrantes! De celles qui font pouffer les enfants à tout coût. Rigolade assurée! Mais pour en comprendre tous les détails, il vous faudra lire les aventures de Lily Têtue...

Je profite de l'occasion pour mentionner combien j'apprécie la plume adulte de Marie-Julie Gagnon. N'hésitez pas à croquer dans ses Cartes postales d'Asie que j'ai dévoré cet été sur la plage. Voyager en compagnie de Marie-Julie est toujours divertissant et même si je ne suis pas férue d'Asie, j'ai lu avec un réel plaisir ses cartes postales d'ailleurs.

Et si vous êtes une jeune maman, allez parcourir les pages de Mama Cool qui regroupent les chroniques qu'elle a écrites au cours des premières années de sa maternité. Un livre qui m'a fait tellement de bien au coeur qu'il a attisé une petite flamme vacillante en mon sang (alors que je me consacrais entièrement à ma mamamitude au risque d'y perdre ma coolitude). Un livre que je garderai longtemps au creux de mon esprit sauvage...

Qui ne connait pas une petite Lily Têtue?

lundi, janvier 24, 2011

Hoch 'ebmey tIjon

Une vague de froid arctique déferle sur toute la province. Il fait aussi frette qu'ensoleillé. Ce qui n'est pas peu dire en nos contrées nordiques!

Avec des nuits à -30 et des journées à -40 dans le vent, c'est l'aventure hivernale dans toute sa beauté. Une beauté extra-lumineuse sur fond d'azur. Une beauté mordante qui ne pardonne pas l'insouciance. Le soleil brille. L'air est limpide. L'atmosphère se fige. Les sapins se recroquevillent et malgré le froid intense les oiseaux chantent.

C'est ces jours là où j'écoute avec amusement la fille de la météo qui explique qu'il n'y a pas de "tuque pas belle" et qu'il faut ABSOLUMENT bien d'habiller. Mais tant que l'on s'habille c'est pas si pire au soleil! Les rares jours où Hydro-Québec appelle à la modération et où des centaines de moteurs font grève...

Je les aime bien ces jours là, tous dans le même bain d'hiver. Ils sont un peu surréalistes. Ils sont bénis d'un ciel bleu où se reflète l'infini. Ils sont synonymes de lumière vive et d'air polaire. J'aime passer ces jours-ci à l'intérieur de mon cocon et ne sortir que quelques minutes à la fois pour me gaver la face de soleil...

Mais ce mois-ci n'est pas un mois comme les autres en notre maison. C'est un mois de rénovation intense qui doublera notre espace de vie. Un gros mois de petits stress quotidiens et de projets qui se concrétisent. Un mois à part qui nous sort de l'ordinaire pour l'améliorer. En investissant dans cette vieille maison de galets entre lac et forêt, c'est au futur que nous avons rêvé. Un futur qui se construit au présent.

Mais avant de connaitre le meilleur il faut passer le pire. Et le pire est ce chantier qui m'empoussière! D'ailleurs, n'est-ce pas toute cette testostérone et le champ de bataille en mes murs qui me donne soudainement envie de parler klingon de bon matin? Kapla!


En ce lundi glacial, c'est le jour du gyprock. Un grand jour. Le jour où les murs prennent consistance et où les perceuses se font mélodie masculine. Mes oreilles vrillent. Aujourd'hui, ma concentration en prend pour son grade! Ma volonté ne suffit pas à la discipliner. Elle s'éparpille entre deux tweets. Je réalise d'ailleurs qu'il faut bien peu de concentration pour tweeter!

Aujourd'hui, à part jeter un oeil sur mes courriels, aller sur Twitter, faire un tour de Facebook, lire quelques articles à droite et à gauche, effleurer la fleur de peau d'Alexandre Jardin, niasouiller avec ma Flip et faire de la brume polaire avec de l'eau bouillante, il m'a été impossible d'aligner deux phrases cohérentes de suite! Alors que les perceuses font la fête et que je vois la poussière s'accumuler en temps réel sur les touches mon clavier, mon esprit fuit par toutes les pensées possibles. Et le klingon vient me titiller l'imagination...

Voilà bien des années que je n'avais pas pensé à parler klingon! Dans les années 90, l'idée me plaisait souvent mais le travail pour y arriver était aussi fou que l'idée! À cette époque là, il existait des dictionnaires pour en apprendre la langue guerrière mais le Net n'était encore qu'un concept flou.

Maintenant, en cette nouvelle ère numérique qui est nôtre, en quelques clics, je découvre le klingon à portée d'esprit. Pour oublier le chantier en ma maison, je me laisse glisser en une brèche spacio-temporelle. Du coup, l'envie de parler Vulcan me percute deux neurones! Je ne sais pas si c'est les perceuses qui me creusent la tête ou le froid qui m'emporte...

Enfin les ouvriers partent, ils ont bien travaillé, la poussière retombe. Demain, j'aurai tout le silence de ma brousse pour travailler en beauté. Heureuse de voir le jour s'achever pour que débute le suivant...

Hoch 'ebmey tIjon