mardi, mai 25, 2010

De lac et d'humanitude

2 comments
Humeurs d'eau tourmentée...

Les jours de la semaine dernière se sont écoulés sans que je ne les vois passer.

Comme une anguille, cette semaine de mai m'a filée entre les doigts. Entre un WebCamp, des ogres en 3D, des sourires et disciplines d'enfance, une traduction, quelques articles, un homme...

Cette fin de semaine, Juan est allé à la porte de la Gaspésie pour un tournoi de Volley. Avec sérénité, je me suis fondue en ma mamamitude de lac. Pendant ce temps, le village s'est transformé en un Club Med local à quatre étoiles.

La plage s'est bondée dans le temps d'y penser! Même si j'en connais le principe, je suis restée bouche bée devant la rapidité avec laquelle le village s'est empli d'humanité.

Contre toute attente, cette fin de semaine, les températures ont grimpé jusqu'à dépasser les 30 degrés. Assommée par cet assaut de chaleur, je souris et j'ouvre grand toutes les fenêtres. Puis l'on va griller au soleil qui brûle pour la première fois depuis des mois.

D'un coup, l'eau fraiche du lac devient divinement rafraichissante. Elle pince la peau puis elle resserre les pores. Elle donne un coup de fouet au moral. Les enfants s'y lancent en riant. La vie est belle...

Avec la chaleur qui nous caresse l'âme, l'on reprend nos routines de sable. L'on sort la "brouette" de plage et l'on prend le chemin du lac. Sur sa surface, les bateaux s'installent. Ils s'incrustent dans le paysage. M'zelle Soleil est toujours joyeuse de voir les bateaux revenir. Pour elle, c'est un symbole de plage animée et d'été léger. Elle aime la plage remplie d'enfants qui courent et rigolent tandis que les adultes se détendent au coin de l'eau fraiche...

Pour ma pomme, au fil des années, les bateaux deviennent synonymes de malaise, de révolte et de honte conjugués. Si je ne m'en détourne pas consciemment  les idées, je peux ressentir les mêmes sensations que lorsque je regarde s'échapper en direct la fuite de pétrole sous-marine (qui s'inscrira dans les mémoires des générations futures). La culture humaine qui se cache derrière cette débandade de hors-bords ne me détend pas du tout. Elle m'irrite de plus en plus. Cela m'inquiète un peu. Alors je m'efforce de reconnaitre des visages derrière ces moustiques mécaniques. Je me fracture le crâne pour ne pas entrer en guerre. Juan me dit:

- Etolane, si tu n'arrives plus à supporter les bateaux, il faudra déménager car il ne disparaitront pas du jour au lendemain...

...

Je sais qu'il a raison. Ou je les supporte ou je pars. Ou je les bataille. Avec dans le coeur le sort des générations futures. Et je m'écartèle les neurones qui déraillent. J'ai des utopies internes pleines de voiles et de canots. Pendant que je me torture l'esprit, les citadins insouciants reviennent se détendre au lac. Et ils amènent avec eux toutes sortes de pollutions humaines. Des pollutions biologiques et des pollutions auditives. Je soupire. L'humain est un étrange spécimen. Fascinant. Déconcertant. En perpétuel équilibre entre l'acte de construire et celui de détruire. Étant même capable de faire les deux à la fois.

Il me faut toujours un temps acclimatation pour intégrer le fait que le Club Med débarque en mes eaux tranquilles. Évidement il y a pire épreuve au monde! Comment s'en plaindre? Vu d'en haut, c'est un paradis terrestre. Vu d'en bas, de l'angle de la fourmi sauvage qui y vit, il est difficile de ne pas maugréer après les bateaux qui bourdonnent! Et, chaque été davantage, je prends conscience que je fais partie d'un problème "humano-écologique" qui me dépasse...

Alors pour achever cette lourde pensée, je choisis une expression qui me rappelle à mes ancêtres. Une expression que j'aime et qui a toujours fait partie de mon enfance. Une expression qui reflète un état d'esprit dans lequel j'aime baigner...

Picnik collage

EXPRESSION via Expressio.fr
« Appeler un chat un chat »

SIGNIFICATION
Appeler les choses par leur nom. Être franc et direct

ORIGINE
À notre époque où le politiquement correct outrancier impose des circonvolutions langagières parfois difficiles à comprendre, on a de plus en plus de mal à appeler un chat un chat. Et, dans le cas de notre expression, ce serait pourtant nécessaire, voire indispensable, car, bien qu'on l'ait maintenant oublié, cette expression a son origine en-dessous de la ceinture, ce qui est profondément choquant, n'est-il pas?

En effet, ce qu'on appelle aujourd'hui argotiquement une chatte, s'appelait autrefois un chat au XVIIIe siècle, en désignant d'abord la toison pubienne au XVIIe, car il ne faut pas oublier que c'est un endroit qui, comme le félin, est velu et se laisse volontiers caresser, sans négliger la très probable influence de l'homonyme 'chas', comme celui de l'aiguille, qui désignait un trou ou une fente.

S'il a existé une vielle locution qui disait déjà "il entend chat sans qu'on dise minon" (il comprend chat sans qu'on dise minet), locution jouant volontairement sur le sens équivoque des deux désignations du petit félin, c'est Boileau qui a figé la forme actuelle dans un vers de sa première Satire "J'appelle un chat un chat et Rollet un fripon" (ce Rollet était un procureur véreux).

EXEMPLE
« La fonction d'un écrivain est d'appeler un chat un chat. Si les mots sont malades, c'est à nous de les guérir. Au lieu de cela, beaucoup vivent de cette maladie. » Jean-Paul Sartre -

2 commentaires:

La Belle a dit…

Je comprends un peu comment tu te sens pour le paradoxe de l'être humain ;-) Nous sommes paradoxale !

Nous aimons les endroits calmes, mais nous aimons aussi en profiter en faisant du bateau :-S

J'adore aller à la plage en bateau avec mes parents - mais rendu là bas, je suis dérangé par les bruits des bateaux et des radios trop fortes...

Trouver l'erreur !

Etolane a dit…

Au début que j'habitais les bateaux était aussi synonyme d'été pour moi et puis au fil des années et de leur multitude, j'ai réalisé que le fun n'en valait pas la chandelle!:-(

Même si je garde une petite affection pour les pontons qui ne sont pas bruyant et qui remue bien bien les sédiments en se déplaçant...

C'est l'excès je crois qui fait que l'on finit par vraiment être dérangé...