lundi, octobre 11, 2004

Conquête territoriale…

Les écureuils envahissent les arbres et la pelouse. Des chats, qui ne sont pas les miens chassent sur les terres de mon cher Atlantik. Feu Atlantik…

L’autre jour, j’ai vu un mulot argenté courir dans l’herbe, il en a même profité pour faire un petit tour de terrasse, juste sous mon nez! J’étais outrée! Pauvre Hypérion solitaire qui ne peut tenir le flambeau de ses ancêtres. La nature prend sa revanche, c’est l’invasion…

Je regarde passer sous ma fenêtre ce chat qui n’est pas le mien, mon cœur se serre. Comment comprendre qu’une si jolie bête puisse déranger quelqu’un au point de le faire disparaître, c’est quand même aberrant…

Celui qui a tué mes chats est certainement le même qui tue et viole impunément en temps de guerre, un barbare verni! Un lâche de la pire espèce qui m’a poignardé en plein coeur. Une colère froide ne me lâche pas. Je constate qu’intérieurement une barrière s’est construite en mes gestes. Je suis un peu moins sympathique, un peu moins souriante avec les humains de ma rue. C’est plus fort que moi, c’est ce petit doute qui va et vient entre deux idées. Il trouble mes pensées. Instinctivement, je me recule la patte…

Stillness

Stillness of the day
Stillness of a season
Stillness of the soul
Warmth in my heart

Thank you Life for what I got
You can be a tough cookie
But today, that’s okay



In Touch with Stillness ~ John Kleinhans

dimanche, octobre 10, 2004

Batailles invisibles,

J’ai la gorge en gréve et le corps qui semble perdre la bataille engagée! Je vérifie quel était le jour où je suis allée chez le docteur: yep, 6 jours! Pile poil, le temps que cela sorte et se manifeste sous son vrai jour. Je parierais pour une angine! J’ai plus qu’à retourner voir la madame on dirait…

Ah! Cher Automne! Comme à chaque année, tu me fais tourner la tête….

Il faut dire que tu es superbe. Fugace comme un coucher de soleil, tu illumines la Terre avant de nous offrir la nuit hivernale. Le portail féerique avant le chemin de neige et de glace…

Automne
, j’aime voir tourbillonner tes feuilles dans l’air du temps. C’est une exquise tristesse, un sentiment indéfinissable qui me ravit malgré moi. J’aime tes couleurs vives et tes lumières douces, de tant de beauté tu nous enveloppes, merci…

Mais tes arbres se déplument si vite! Un coup de vent, un peu de pluie et les pelouses se recouvrent de ton tapis d’Halloween. Pourquoi partir si vite? Parce-que l’hiver te botte les fesses? Parce-que sa majesté impériale désirerait installer ses quartiers au plus vite? Ne te laisse pas faire joli automne, résiste tant que tu pourras, nous sommes tous derrière toi…

samedi, octobre 09, 2004

Réjean brûle l’automne…

Odeur de pin grillé, fumée qui s’envole dans la petite brume de cette journée, notre voisin de droite fait le ménage de son terrain. Le vent souffle, les feuilles volent, elles tapissent de couleurs les pelouses fraîches. C'est l'époque de l’année où Réjean en profite pour faire de véritables feux de joie, tout comme celui qui nous attendait en rentrant hier nuit…

L’on s’approche, l’on « jase » deux minutes. J’observe le feu énorme, les flammes qui grignotent la nuit et j’attrape le moment dans ma boite à images. Aujourd’hui, en regardant de prés ces flammes, je crois presque y voir un visage, mirage de saison qui se meurt en grosses chaleurs…


Début de la fin de semaine de l’Action de grâce…

Depuis deux jours le temps retrouve des airs d’été, il a fait si beau et chaud qu’on aurait presque pu croire que les anges en avaient profité pour déménager du paradis et s’installer chez nous! Hier midi, nous avons même eu le plaisir, en plein mois d'octobre, de manger notre bagel sous le soleil brûlant. Les terrasses ouvertes invitaient à la détente, la chaleur humide, si douce et confortable, soufflait un petit vent de bonheur sur toute la ville…



Alors que l’homme dort encore à poing fermés, je passe par la machine « avale-temps » avant de commencer mes tâches ménagères. Les petits minous font un bordel monstre, la maison reprend vie, Pimprenelle se love au creux de mes jambes croisées, je laisse quelques mots couler…

En début de semaine, Juan rentre à la maison, il m'embrasse tout en me disant :

- Tu sais quoi?
- Nope!
- Chez Futureshop, vendredi, comme spécial de Thanksgiving, y’a des lecteurs DVD à 40 piastres!
- Oh! Étonnant…
- Ben si on est intelligent, on s’en rappellera vendredi…

La semaine passe. Arrive vendredi après-midi, je me retrouve à passer près de Futureshop, lorsqu’un éclair de lumière me frappe le cerveau. Je retourne chercher Juan au bureau, lui rappelle son idée et quelques heures plus tard, nous voilà de retour à la maison avec un « Dvd player »! Sans oublier le truc qui permet de le brancher sur notre antique télé! L’homme m'explique :

- Tu vois bien où ils ont coupé coté cash, c’est minimaliste comme boite. Elle est relativement laide! Y'a aucun boutons...
- Ah! Tu trouves, ben moi je vois pas vraiment de différence, je la trouve pas laide, je la trouverait même plutôt "slick"!
- Tu vois, y’a pas de bidule qui montre le temps qui défile et y’a pas de gadgets, y’a juste les trucs nécessaires pour que cela fonctionne!
- Ah! Ben! Non, je suis pas choquée! Anyway, vu que j’ai jamais eu de Dvd, les différences m’échappent! J’suis juste contente d’en avoir un...

Nous commencions à être sacrément en retard sur la norme. Quasiment plus de VHS à louer au village voisin, il fallait faire 50 kilomètres aller-retour pour se louer un film décent. L’on a accumulé si souvent les retards, que nous avions décidé, avec le début de 2004, de « laisser faire » cette option. Juan, tout content, joue avec son nouveau gadget, je souris tendrement, il reprend:

- N’empêche pour 39.99 même avec le cordon, je suis sur que c’est presque autant d'argent que l’on a payé en retard au vidéo l’année dernière! D’ailleurs c’est vraiment la promotion marketing pour t’attirer au magasin…
- D’habitude, il compte combien?
- 70.
- Et c’était vraiment juste aujourd’hui, pas hier, ni demain?
- Non, one time deal, pour Thanksgiving…
- Hummm...

Nous descendons au Ultramar du village d’en bas avec rires et niaiseries après tout c’est quand même vendredi! Nous finissons par louer Mean Girls, Kill Bill vol. 2 et Monster…

jeudi, octobre 07, 2004

Nous sommes six milliards de bipèdes à tenir miraculeusement debout sur de fragiles petits pieds, en équilibre sur une boule de magma en fusion. Un véritable numéro de cirque !
Professeur Choron

J'étais malheureux de n'avoir pas de souliers, alors j'ai rencontré un homme qui n'avait pas de pieds et je me suis trouvé content de mon sort.
Meng-Tsen

Les écrivains devraient mettre plus souvent les pieds dans la société civile.
Tahar Ben Jelloun

Moi Itou!

Comme tant d'autres qui se reposent...
Je dépose mes pieds sur le bureau,
Sur le coup,
Hypérion décide de prendre la pose,
Et la souris!
Je le laisse faire en riant...

freaky-shoes-screen-and-cat

mercredi, octobre 06, 2004

Qui n’a jamais rêvé de se transformer en Fantomette!

Le blog d’Emmanuelle est l’un des premiers carnets que j’ai découvert en pénétrant la blogosphère. C’est qu’elle est trop cool la fille, entre la vie à L.A, les stars et tout le tralala, j’y peux rien, je suis restée scotchée! Puis elle est partie pour de longues vacances…

Depuis quelques mois la revoilà qui vient me redonner ces p’tits zestes de jalousie que je m’octroie quand j’ai deux minutes. C’est pas mal innocent, c’est que je trouve sa vie vraiment cool! Même si dans le fond, la sauvage que je suis au fond de mon bois ne supporterait pas son rythme urbain plus de dix jours! J’aime la lire et j’aime trouver sa vie cool! Cela me rafraîchit les idées. C’est niaiseux, totalement humain...

Cependant là, elle dépasse les bornes la belle Emmanuelle! La voilà pas qui est en train de vivre mon fantasme ultime! Et voilà que je me retiens pour ne pas hurler mon envie! Prendre des cours de détective privé, juste pour le kick, c’est mon fantasme le plus marquant. Déjà à 20 ans, je faisais chie… tous mes copains avec mon trip! Quoi tu sais pas que Etolane P.I, c’est moé!!! Vas-y donne moi une mystère que je me farfouille la tête. J’enquêtais toute seule, je traquais les mensonges, comme on traque le crime…

Je n’ai pas gros fantasmes sexuels mais j’ai une grosse commode intérieure bourrée de fantasmes existentiels, être détective amateur étant en pôle position…

La magie de la blogosphère c’est aussi ça, découvrir des gens sur la planète qui durant dix minutes semblent vivre la vie de nos rêves, et du coup, on rêve avec, on se construit quelques châteaux en Espagne avant de replonger dans les banales réalités de nos quotidiens…

Parce-que tout le monde sait bien que l’herbe est toujours plus verte chez le voisin! M’enfin si j’y réfléchis bien, j’aime bien ma pelouse quand même... Je ne changerais de terrain d'existence que le temps de quelques divagations virtuelles! Et puis, qui sait, si j’avais un diplôme de détective, l’enquête sur le tueur de chats de ma rue avancerait pas mal plus vite…

De l’ombre des commentaires au grand jour…

Candy, je me suis souvent posée la question du pourquoi notre société a si peur de la mort. J'imagine que cela va de pair avec le phénomène de jeunesse éternelle qui se propage partout sur la planète, et dont, je suis, il est vrai, aussi atteinte. Je regarde arriver les rides avec mauvaise humeur, mais si vieillir physiquement m'angoisse, vieillir pour acquérir de la sagesse, être plus expérimentée, devenir plus "savante" me "botte" énormément. Cela dit, voir tous ces enfants décédés en bas âge m’émeut aussi beaucoup. C’est une réalité de mortalité infantile qui n’existe plus dans nos sociétés modernes et c’est tant mieux pour nos cœurs.

Ayant été élevée durant mon enfance par ma grand-mère dans un climat relativement "vieille France", ayant toujours été curieuse et bavarde, je m’amusais souvent à creuser la mémoire de ma Mère-Grand, je voulais connaître sa vie, son enfance, ses expériences…

Très tôt, j’ai appris que sa mère (mon arrière-grand-mère) avait perdu trois enfants en bas-age dont une petite fille qui devait avoir à peu prés deux ans et demi et qui semble être morte subitement, causant une très grande douleur à toute la famille. J’ai senti, très tôt, comment cela avait affecté ma grand-mère sans être capable d’en mesurer toute la portée. Ma grand-mère, selon nos traditions jurassiennes, s’occupait beaucoup des tombes de ses proches, l’entretien de la pierre, mettre des fleurs fraîches, faire une prière…

Lorsque j’eus vingt-cinq ans, un après-midi ensoleillé, alors que je fouillais ses souvenirs, elle me raconta en détail le jour de la mort de cette petite fille, plus de cinquante ans auparavant….

Ayant commencé le trajet de ces mots, je me rends compte que je ne sais plus le nom de ces petits êtres si vite disparus. J’en profite pour passer un coup de fil à ma Mère- Grand sur le vieux continent. Gentille Grand-Mère qui ne s’offusque guère de mes élucubrations mentales et qui, comme toujours, m’ouvre son cœur même si je la remue tendrement….

- Dis, je repensais là, comment elle s’appelait encore la petite sœur qui est morte toute jeune?
- Colette, oui, c’était Colette.
- Et y’a eu un petit garçon aussi?
- Oui, deux Roland…

- Deux Roland? Mais il sont venus à la suite?
- Non, le premier Roland est venu avant le Paul mais il est mort pas vieux, un mois peut-être. Le deuxiéme Roland est venu avant la Jeanine…
- Il est mort à quel âge?
- Hum, je sais pas trop, il devait avoir 14 ou 15 mois…
- Mais eux, tu les as pas connus?
- Non, moi je n’ai connu que la petite, d'ailleurs je m’en rappelle encore comme si c’était hier…

À cet instant, l’émotion de ma Mère-Grand me parcoure, familière, poignante, je continue à remuer gentiment le couteau dans la plaie.

- Mais la Petite Colette est venue après toi? Tu m’as déjà racontée comment ta mére l’avait mal pris…
- Oui, elle l’a jamais vraiment avalé, je crois…
- Ça l’a changée?
- Et bien, cela l’a marquée c’est sur, mais tu sais comment c’était la vie dans le temps, elle a pas eu le choix d’avancer, fallait travailler, on n’avait pas le choix de passer au travers!
- Mais la petite Colette devait être toute mignonne?
- Oui, et tu sais, comment c’était, on s’en occupait tous, on était tous après elle…
- C’était un peu comme un ange qui est passé…
- Oui, c’est tout à fait cela, d’ailleurs elle était comme l’ange que tu m’as ramené la dernière fois, tu sais, celui que je t’ai dit qui ressemblait tellement à ceux que l’on avait mis dans sa tombe…

En effet, il y a quelques années de cela, j’avais ramené un joli chérubin en plâtre à ma grand-mère, acheté à Québec dans un quelconque magasin de "Bondieuseries". Quelle n’avait pas été ma surprise de voir l’émotion qui l’inonda lorsqu'elle découvrit la mine de ce petit ange innocent! Sans le savoir, je lui avais trouvé une réplique exacte de cet ange qui lui rappelait tant sa petite sœur et ce moment fatidique de son enfance. J’en étais restée moi-même stupéfaite, et encore une fois j’avais pensé très fort à cette petite fille avalée par notre passé. Avant de raccrocher, j’explique que je suis en train d’écrire l’histoire de la petite Colette, une sorte de témoignage...

- Tu sais, pour le Carnet d’écritures que je fais sur Internet… Vous aviez pas de photos de la petite?
- Ah non, on n’a rien….
- Y’a pas eu le temps, j’imagine…

Comme ma grand-mère n’a qu’une conscience très vague de ce que peut être l’Internet, elle vit dans un autre temps et c’est aussi ce qui fait que je l’aime tant. Je lui dis…

- Tu sais quoi? Après que je l’aurais écrit, je te l’imprimerais et je te l’enverrais comme tu n’as pas d’ordi…

Je la sens sourire derrière le combiné et je ressens comme toujours ces mêmes vagues d’amour à mon égard, ces vagues d'affection qui malgré le temps et la distance, sont toujours aussi fortes et puissantes. Je l’embrasse télépathiquement et reviens à ces mots qui s’échappent de ce clavier bruyant…

Ma grand-mère a eu une vie bien difficile, une vie au contact de la Terre. Chère Thérèse, dotée d’une intelligence vive et d’une certaine malchance. Née à une époque bien différente de la nôtre. Sa vie est un long combat, mais cette force intérieure qui l’anime malgré les douleurs, autant physiques que morales, m’inspire depuis ma plus tendre enfance…

Mais je m’égare ces mots ne sont pas ceux de Thérése, ces mots sont pour Colette. Petite fille pétillante, qui traversa l’après-guerre, juste assez longtemps pour y disperser sa minuscule lumière…

Elle mourut un après-midi d’été. Ma grand-mère me raconta qu’elle était malade depuis la veille, elle faisait de la fièvre, le docteur était venu, n’avait rien pu faire. Elle s’est affaiblie, heures après heures, entourée de son frère et de ses trois sœurs. Sa mère, Berthe, était visiblement très inquiète, trés émotive. La petite mourut gentiment, entourée de l’amour des siens, choyée jusqu’au dernier souffle. Lorsque sa petite âme toute douce se fut envolée au ciel, l’on déposa son petit corps sur la table de la cuisine et c’est à ce moment que Berthe perdit la tête...

Ma grand-mère a encore les larmes aux yeux, lorsqu’elle repense à l’image de sa petite sœur, tant aimée, inanimée sur la table de la cuisine. C’était fini, elle était partie…

Elle me raconta que sa mère se mit alors à hurler comme une louve blessée, elle se rua par la porte, et courut en hurlant à perdre haleine, se sauver dans les champs. Urbain, son mari, finit par la retrouver, en loques, en larmes, il la ramena à la maison. Les préparatifs du deuil se mirent en branle et après quelques jours à errer dans un état de léthargie profond, Berthe finit, par la force des choses et de la vie, par retrouver sa tête et ses esprits. Mais comme le dit encore aujourd’hui Thérese, cette perte semble l’avoir marquée à vie…

C’est une histoire qui me fut racontée par morceaux tout au long de ma courte vie, c'est une expérience vécue de cette réalité de mortalité infantile que nous ne connaissons plus. Étrangement si l’on a éradiqué multiples douleurs et épreuves de l’existence, il semble qu’il s’en forme toujours des nouvelles pour rétablir la balance des souffrances sur Terre…

Souffre-t-on moins aujourd’hui qu’il y a cent ans, je n’en suis pas si sure, je crains que nos souffrances n'aient tout simplement évoluées, tout comme le reste de la vie qui, dans le fond, me paraît immuable, quoi que l’on fasse, quoi que l’on pense, quoi que l’on vive…

Ainsi ce qui commença comme une réponse à Candy et Lithium dans les commentaires finit par ce petit instant d’histoire de mon sang. Étrange cours de l’écriture sauvage…

Je réalise avec ces mots que c’est peut-être tout simplement Colette qui me fit regarder les photos de Memento Mori sans grande gêne, ni choc de valeurs intérieures. Sans trouver ces images poétiques ou artistiques, je les trouve vraies et je crois que c’est ce qui me plait. Il y a là une vérité que l’on s’essouffle à cacher, la mort peut aussi être douce…

Dans deux mois j’aurais 32 ans et je n’ose imaginer combien de meurtres et de cadavres fictifs ou réels, j’ai peu avoir sous les yeux, peut-être bien des millions…

Les photos du massacre de Belsan m’ont énormément choquée, je suis d’ailleurs régulièrement choquée de voir ces vrais cadavres d'humains explosés (et exposés) dans un piteux état, je regarde et comme le reste de la planète, j’avale…

Si j’y pense, je me dis que cela va bien avec cet air du temps qui nous aère le cerveau. De nos jours, la mort est quelque chose dont il faut avoir peur, la mort est horrible, atroce et donne envie de pleurer, de vomir... Elle fait mal et c’est normal! Je crains la mort de mes proches plus que la mienne. La douleur fait partie intrinsèque de tout deuil. Pourtant, et c’est une réflexion, que je me fais depuis très longtemps, la mort est le lot de chacun, qu’on le veuille ou non, l’on finira tous par y passer! Ne vaudrait-il pas mieux se préparer davantage à ce passage obligé de la vie, plutôt que de s’effrayer inutilement, puisque l’on y sera tous un jour confrontés? Beaucoup jouent avec, d’autres dans les désespoirs, la recherchent, mais jamais l’on en parle calmement, simplement, avec cette douceur que reflètent ces étranges images d’antan…

Est-ce que je peux finir un si long discours sur un sujet si peu apprécié sans parler de religions? Oui, je le peux! Mais puis-je le faire sans parler de la foi? Là c’est plus difficile. Il est vrai que je possède une étrange Foi. Elle m’est personnelle, libre et formée comme un patchwork d’humanité. Je crois que les religions ne sont que les images humaines de la Foi. La foi en soi est universelle, elle est comme le sang qui coule en nos veines. De l’intérieur, elle est pareille pour tous, de l’extérieur, elle revêt multiples apparences et croyances. Cependant dés que l’on farfouille un peu, il n’est pas difficile de se rendre compte que toutes les religions disent à peu prés la même chose, elles le disent juste de façon différente, ce qui est, je pense, un trait particulier à la race humaine. On est plus souvent d’accord les uns avec les autres qu'on le croit, l'on s'en rend peu compte car incapables de communiquer, de par les multiples différences humaines qui créent ces incroyables interférences et divergences qui remuent la planète dans tous les sens…

mardi, octobre 05, 2004

Cat family

Quelques mots pour donner quelques nouvelles de mon petit monde de chats. Je n’évoquerais pas le manque ou la peine que je ressens depuis ma tragédie féline estivale. Mon cœur se fane dès que j’y pense trop fort. Pas la peine d’en parler si ce n’est au passé. Parlons donc du présent et de Pimprenelle, Tenzin et Hypérion.

Je les ai finalement nommés, après un mois en notre maisonnée, ça y est j’y suis attachée! Ils doivent avoir à peu prés deux mois et si Tenzin a encore des bouts de vie pas faciles, Pimprenelle pète la forme! Je ne sais pas pourquoi mais après avoir étudié sa personnalité, c’est le seul nom qui me vint à l’esprit. D’ailleurs faudrait que j’aille rechercher d’où cela vient, je sais qu’il y a là un souvenir enfoui qui s’échappe dés que je le regarde.

Ainsi la p’tite femme s’appelle Pimprenelle et le p’tit mâle: Tenzin. Ce p’tit bout de matou souffre trop, son karma me semble bien lourd, inévitablement cela a tourné tibétain! Hypérion est devenu un vrai chat, un petit chef, plein de grâce et pourvu de grandes tendresses, il baume mon cœur écorché…

Tenzin a toujours quelque problèmes de pénis. Pimprenelle ne semble plus le téter! Hé oui, j’ai conscience de l’ambiguïté de ces quelques mots qui ne reflètent cependant qu’une simple réalité. Le geste innocent de deux chatons orphelins qui m'aura donné bien du fil à retordre. Pauvre p'tit mâle. Il semble pourtant aller mieux, son outil rétrécit et même s’il pleure encore lorsqu'il doit uriner, j’ai bon espoir pour sa survie. Tout ce que je désire c’est qu’il ne devienne pas incontinent. Je fais de mon possible pour que cela ne s’infecte pas. Mon possible cependant reste minime puisque qu’il ne s’agit que de lui passer le derrière au robinet! Franchement c’est pas un cadeau! Et pourtant il est si mignon, attachant et vocal « pas à peu prés ». J'espère que notre poisse féline s'éteindra avec l'été. Hypérion, qui ne sort plus de nuit, semble les avoir, lui aussi, adoptés…

fraternité-féline

Memento Mori
(Attention âmes sensibles,
ne suivez pas les liens ci-dessous...)

Depuis plusieurs mois, je cherche un site traitant de ce sujet peu connu et légèrement perturbant. Ayant déjà entendu parler du phénomène à la télévision, j’avais surfé le Net à la recherche de ses antiques photos sans jamais réussir à trouver ce que je cherchais. Les photos de personnes décédées ne courent pas vraiment les rues, ni même le Net! Il faut dire que c’est légèrement morbide, la photographie de morts, l'on s'accorde pour penser que, de nos jours, ce n’est pas pour tous les regards. Pourtant, du temps de cette mystérieuse mode, il n’y avait rien de bien choquant à ce principe, j’imagine que la mort était moins taboue qu'aujourd'hui…

C’est en passant par chez Marc, alors que je ne cherchais plus vraiment, que je trouve la perle rare, un site entier dédié aux « Memento Mori », et un terme pour désigner cette réalité photographique qui m’avait échappé. Un terme qui sonne étrangement à ma cervelle et qui pourra m'être utile pour des recherches ciblées sur ce concept de "mortalité partagée". Comme quoi les blogs regorgent d'informations aussi diverses qu'inattendues…

Ce qui me touche, dans ces images jaunies et maltraitées par un siècle passé, c’est l’arrangement de la personne éteinte, les poses, le décor, je ressens l’affection des proches dans ce geste aujourd’hui bien déplacé. Cela m’accroche malgré moi. Je me perds les yeux et les idées avec ce site aux saveurs d'outre-tombe. Beaucoup d’enfants en bas âge (réalitée oubliée), quelques hommes, femmes (et même une famille apparemment assassinée!), des gens d’une autre époque (même des animaux domestiques!), des images étonnantes qui peuvent réellement déranger ou intriguer. Les poses sont parfois bien difficile à comprendre (avec notre mentalité des années 2000), d'autres fois émouvantes. Ce sont vraiment des images qui ballottent l’imaginaire. Des images qui racontent un temps perdu, un temps où l’on côtoyait les morts fréquemment, un temps où la photographie prennait d’ autres formes...

Memento mori is a Latin phrase that means "Remember that you must die." It names a genre of artistic creations that vary widely from one another, but which all share the same purpose, which is to remind people of their own mortality. Memento Mori est une phrase issue du latin qui signifie "Rappelle-toi que tu dois mourir". Cette formule désigne un genre de créations artistiques d'une large variété, avec toujours le même objectif, celui de rappeler la mortalité de chacun...

À la pêche aux Habitus…

J’ai découvert dernièrement, avec la personne de Bourdieu, le concept de ce petit mot : Habitus…

Depuis, cela me travaille. Cela fait cogiter ma petite tête qui se dissèque elle-même à essayer de retrouver et comprendre ses propres « Habitus ». Petite tête de linotte qui refuse d’autre contrôle que le sien.

D’après mes notes, « Les habitus sont les gestes, les pensées, les manières que l’on a acquis et incorporé au point d’en oublier l’existence ». Ainsi pensais-je l’on touche ici une partie d’inconscient. Intéressant se dit la petite bête dans ma tête. « Ce sont des routines mentales, devenues inconscientes qui nous permettent d’agir sans y penser » Là, cela commence à sérieusement m’intriguer, est-ce que ce carnet de mots serait devenu l’un de mes habitus? «L’habitus ne signale pas simplement une routine et donc un conditionnement. Il est aussi ressort de l’action. » D’ailleurs, c'est étrange, mais depuis que j’ai enregistré ces mots en classe, mon conscient n’a cesse de me gratouiller l’inconscient, à la soudaine recherche de ses Habitus enfouis sous la surface de mes jours. Une fois repérés, ils sont ramenés à la surface et examinés à des fins de meilleures compréhensions internes…

« Une des fonctions majeures de la notion d’habitus est d’écarter deux erreurs complémentaires (…) : d’un coté, le mécanisme, qui tient que l’action est l’effet mécanique de la contrainte de causes externes; de l’autre le finalisme qui, notamment avec la théorie rationnelle tient que l’agent agit de manière libre, consciente » Méditations pascaliennes 1994

Mais vous, qui passez par ce jardin invisible à peine tangible, avez-conscience de quelques Habitus? Question soufflée aux vents invisibles de vos regards vitrés...