vendredi, mars 18, 2011

Spleen martien

5 comments
Spleen martien

an intimate affair by brookeshaden on Flickr.
Une autre semaine s’achève au coin de ma brousse givrée. Une semaine qui oscille entre pluie et flocons, entre hiver et soupçons de fonte. Une semaine qui accompagne mon douloureux processus de guérison.

Cette semaine, j'ai  repris un peu plus de mon service de pigiste. Je rédige, traduis et fais un peu de radio. Et puis, je  bataille une certaine fatigue de fond. Sensible à l'os, je me soigne le sang. Autant je suis heureuse de pouvoir travailler de nouveau, autant je réalise que je ne suis pas encore au top de ma forme.

La vie s'équilibre entre difficultés et agréables surprises. J'accepte des contrats, des collaborations, des partenariats. Je médite sur de projets futurs. Le printemps à venir s'annonce fertile. Il y aura pas mal à dire et à écrire.

Cette maladie me permet aussi de comprendre une ribambelle de choses intimes. Elle m'affaiblit en profondeur et j'en profite pour explorer des zones souterraines de mon être. En transformation je suis. Alors que mon visage retrouve sa normalité, j'apprends à prendre soin de ma peau. Je m'arme de patience pour que passent les douleurs qui m'accablent. J'avance.

Lorsque je serai sortie de ce bois lugubre où ce virus m'a emmenée, je ferai un bilan qui pourra peut-être aider d'autres personnes qui seront atteintes de cette forme de paralysie. Une paralysie particulière, temporaire mais souffrante, une paralysie qui met à vif un nerf si utile au bon fonctionnement du visage. Car le Web sert aussi à cela, ajouter des informations à cette intelligence collective qui se numérise.

Quand je suis tombée malade, une gentille docteur à l'urgence m'a dit: "Tu sais, c'est une maladie qui pose plus de questions qu'elle ne donne de réponse!" C'est le genre de phrase qui rend bien perplexe sur un lit d’hôpital! Mais au bout de six semaines, je la comprends mieux cette étrange maladie. J'ai découvert quelques réponses. Et lorsque je m'en serai libérée, j'aurai surement la force de les partager. D'ailleurs je compte sur le printemps pour renaître aussi! Recouvrer ma santé, m'épanouir de nouveau, et retrouver toute ma créativité...

5 commentaires:

tribu Monselet a dit…

Trois choses que met en évidence ta maladie :
- ton courage et ta vitalité, loin de te laisser dominer par elle, tu vas de l'avant, même si parfois la douleur te submerge;
- ta générosité. Penser aux autres, penser que ton expérience puisse leur apporter un peu de lumière, alors que tu es encore toi-même dans la souffrance c'est incroyablement humaniste.
J'espère que le printemps qui arrive t'apportera un regain de forces vives et qu'il te permettra de dire adieu à cet horrible virus. Bon courage à toi, milles pensées.

Etolane a dit…

Merci beaucoup de ce si joli message que j'apprécie du fond du coeur. Cela n'a peut-être l'air de rien mais ces messages virtuels apportent aussi de la force au courage dont j'ai besoin pour avancer...

Il est vrai que j'aime me considérer plus humaniste qu'égoïste! ;) Dernièrement j'ai répondu à la question quelles valeurs je désirerai transmettre à mon enfant: empathie et générosité. Ce sont des valeurs précieuses qui me semblent trop rare à l'échelle de notre société occidentale...

En fait j'ai été lire plusieurs témoignages et informations sur la paralysie de Bell et je me dis que c'est la moindre des choses que je partage aussi ce que j'en ai appris et vécu afin que d'autres, pris dans les mêmes angoisses, puissent y trouver de la compréhension. Pour l'instant, je me sens encore trop faible mais le moment vraiment où j'en aurai la force! ;)

Céline a dit…

Le printemps arrive et avec lui ta renaissance: j'aime cette image symbolique.
Je suis heureuse de savoir que tu sors lentement mais sûrement de ce "bois lugubre"... et je suis impressionnée de la force et de la générosité dont tu fais preuve dans l'adversité.
"Dis moi où tu as mal, je te dirais pourquoi": connais-tu ce livre?... Je pense à ça quand je lis ton dernier paragraphe sur la compréhension de ta maladie...
Plein de pensées ensoleillées pour toi! ;)

La Belle a dit…

Ce que j'admire de toi, c'est que tu as été transparente dès le début de ta maladie. En partageant ce que tu vivais, tu nous as fait voir la vie, sous d'autres angles :-)
xxx

Etolane a dit…

Merci Céline, je dépose ces belles pensées en mon jardin d'espoir. J'ai une amie qui fait un doctorat de philo et qui me parle souvent en ces termes, elle m'a même expliquée que je devais parler à mon virus... D'après le docteur ma guérison se fait millimètre par millimètre, enfin l'important c'est que guérison se fasse...

Le Belle, merci, tu me touches, tu sais la transparence fait partie de ce blogue, de ma vie, de mon être, je ne pouvais faire autrement...