mardi, mars 08, 2005

Flickr a disparu dans le champ!


Et moi qui avais une tonne de photos à « uploader » me voilà bien frustrée! Bénabar dans les oreilles. Minuit heure des sorcières! Cela dure tant que je n'ai plus qu'à aller me coucher! Les singes derrière les ordinateurs travaillent fort. Les junkies des images se gratouillent la couenne. Lorsque Flickr aura fini de se faire masser la cervelle, j'aurais surement oublié ce petit désagrément...

lundi, mars 07, 2005

De l’azur à la tempête

Ce matin, l’on décolle pour le campus sous un ciel d’azur, un univers de neige pure, un soleil éblouissant et un froid de chien. La luminosité est incroyable, la visibilité parfaite, l’on arrive sans troubles en territoire urbain. Un gentil camionneur me fait un signe du haut de sa tour. Je n’ai pas oublié mon extension numérique. Juan, lui, a oublié de remplir le lave-glace! Arrêt obligatoire sur le bord du chemin, je grogne, il rigole. Le froid dessine ces volutes et colonnes de fumée invisibles le reste du temps. Une brume d’hiver enrobe l’horizon bleuté, 8 heures du matin, pas un nuage à l’horizon urbain, la journée est magnifique

Quebec-Skyline

Sur le campus frigorifié, les humains bien emmitouflés vaquent à leurs obligations. Avant de monter les escaliers pour aller dans ma salle de cours, je jette un œil sur la cafétéria. Un homme à terre! Je cligne des yeux, curieuse, je m’approche et découvre un étudiant en révolte passive. La grève fomente parmi les étudiants présentement, difficile d’avaler le tour de salaud de Charest. Des actions de part et d’autres vomissent leur rancœur. Ce matin c’est le coup de l’étudiant scotché au plancher! Je ne suis pas sure d’avoir bien compris le symbole, mais cela m’a permis de prendre quelques étonnantes photos. Celui-ci tout content que je le photographie me fit même un petit sourire pour la cause. Pas le temps de niaiser, je monte en quatrième vitesse les escaliers et j’arrive essoufflée pour m’écraser à ma place habituelle. Bonne note au réveil. Traduction de John Irving. Le cours se passe sans heurts. Durant la pause, je descends voir si l’étudiant scotché a décollé. Il a déjà disparu, un peu déçue, je remonte avec un café. Le cours reprend. Mes idées se réchauffent. Mon stylo coule, je me barbouille sans trop m’en rendre compte. Miss Combat, toute joyeuse d’avoir rendu sa thèse de doctorat, rayonne comme le soleil matinal. Les phrases se déroulent. Le cours s’achève…

On-the-road-againImmersion-dans-la-villeManifestant-scotchéRévolte-étudianteSortie-de-cours-11hres30Fumeur-solitaire

Je sors voir à quoi ressemble le début d’après-midi. Je découvre un ciel lourd, grisâtre, chargé de menaces hivernales. L’atmosphère dense a complètement avalé le soleil qui n’est plus! La lumière est transformée. L’air est glacé. Y fait frette en tabarouette!!! Je rentre dans la chaleur de ma civilisation moderne. Révision et discussions diverses. Conversations coquines. Musculation grammaticale stylistique et différentielle. J’ai bien hâte que cela se passe! Encore un petit effort. Dehors le temps continue de se dégrader. L’hiver fait le malin. C’est l’heure de l’examen. Yes! Cela se passe enfin! Je ne peux m’empêcher de faire démarrer mes neurones au quart de tour, histoire que cela finisse vite, histoire que je ne me fasse pas exploser les idées à trop ruminer sur des notions trop carrées pour ma pomme givrée!

Je retrouve Juan et l’on part voir Petite Clo dans le soir couchant. Il a commencé à neiger sérieusement. Du bien mauvais temps à l’horizon, visibilité réduite, la route devient bataille en deux-temps, trois mouvements. Les bourrasques se lèvent, violentes, elles transportent la poudreuse folle qui excite la tempête en fête! Le temps que l’on aille casser la croûte, que l’on ramène la petite en son antre et la tempête fait rage au-dessus de nos têtes! La visibilité est nulle, parfaitement nulle! La route est si enneigée que l’on risque de s’embourber dés que l’on s’arrête. Enfer blanc. C’est un véritable combat routier! Une bonne dose d’aventure hivernale, de celle qui fait serrer des fesses et palpiter les émotions entre deux bancs de neige (devenus vivants sous des rafales d’hiver déchaîné). Rentrer à la maison ne se fait pas sans risque. C’est donc au ralenti que l’on reprend ce chemin si ensoleillé ce matin mais bien cotonneux en cette nuit sauvage…

Stormy-rideOn-the-winter-roadVisibilité-nulleAlmost-Home

dimanche, mars 06, 2005

Sans Titre

Une secousse dans la nuit. Hélène seule dans son grand lit regarde vibrer ses meubles. Elle ose à peine bouger. Les secondes lui semblent interminables. L'atmosphère se calme enfin. Sa maison a résisté à l'assaut inconnu. Elle se lève pour aller inspecter les lieux. Elle ramasse quelques pots cassés. Elle regarde par ses fenêtres la petite ville endormie. Les lampadaires clignotent un instant. Hélène se frotte les yeux. Tout semble normal. Elle secoue la tête, caresse le chat qui se frotte contre ses jambes nues, et retourne s’enfouir dans la chaleur de ses draps tièdes.

Elle se réveille avec les premiers rayons du soleil. Elle s’étire langoureusement avant de se lever pour enfiler une jupe sombre et un t-shirt usé. Elle fait son lit, comme à son habitude, elle prépare le café. Elle fait griller ses deux tranches de pain et s’assoit, silencieuse, pour grignoter son petit déjeuner. Le chat vient quémander sa pâtée. Sans un mot, elle ouvre la boite métallique et dépose la nourriture dans son assiette. Le chat se gave en ronronnant. Elle soupire, essuie ses miettes et lave sa tasse. Elle ramasse l’assiette sale et la passe sous l’eau sans y penser…

Hélène s’apprête à sortir lorsqu’elle remarque un objet insolite devant le garage de son voisin. Elle s’approche de la porte vitrée et aperçoit un drôle d’engin garé à la place de la vieille Cadillac du vieux Georges. Elle fronce les sourcils et agrippe son sac tout en se mordillant la lèvre inférieure. Elle échappe un cri lorsqu’elle aperçoit le vieux Georges sortir de l’engin. Il lui manque un bras et sa tête s’articule étrangement sur ses épaules. Une main sur la poignée, elle ferme les yeux sans se décider à déverrouiller cette porte qui la sépare de l’extérieur. Elle ouvre les yeux tout en se baissant derrière le battant de bois. Elle lève la tête et regarde timidement ce qui se passe chez son voisin. Le vieux Georges se dodelinant de façon surnaturelle entre chez lui et ferme sa porte. L’engin vibre et semble se suspendre dans l’air. Hélène, inconsciemment, se glisse sous l’évier. Elle ose à peine respirer. Elle entend des pas pesants dans son allée. Son cœur manque d’exploser. Le chat trouve son chemin sous sa jupe et se colle contre ses jambes humides. La vibration s’accentue comme si l’engin se posait sur son gazon. Elle se fait toute petite dans sa cage d’acier.

Un rayon lumineux traverse, sans bruit, la maison. Du coin de l’œil, elle aperçoit une lueur mauve enrober tout sur son passage. Son intérieur propre comme un hôtel déserté ne montre aucun signe de vie apparent. Hélène se replie sur elle-même, le chat au creux de ses jambes, elle frissonne. La lueur mauve ne semble pas pénétrer l’endroit où elle se terre. La vibration diminue soudainement. Le danger s’éloigne. Hélène ose à peine étirer ses jambes sillonnées de crampes, le chat sort le bout de son nez. Il avance timidement sur le plancher de bois. Rien ne se passe. Hélène rampe hors de sa cachette, à quatre pattes, elle descend au sous-sol. Dans la pénombre elle ouvre la porte de son gymnase personnel et allume le petit écran sur le mur. Elle baisse le son au maximum et regarde avec horreur défiler les nouvelles en couleurs…

Charlevoix, zone à risque...

Via les archives de Radio-Canada, un reportage trés intéressant sur tout ce que l'on ne sait pas ou ce que l'on a oublié avec le temps. Je bâillonne la pirate en moi. À découvrir par là...

5.4 sur l’échelle de Richter…

Une grosse secousse dans la nuit. Le lit tremble comme une feuille. Je pousse l’homme qui se réveille d’un coup. Les murs vibrent avec force et douceur. Étrange moment. Sensation de danger troublant. L’on se retrouve nus comme des vers dans le salon, secoués, l’on se regarde sans comprendre, je demande :

- Tu crois que c’était un tremblement de terre?
- Je sais pas, mais c’était intense!


Il se frotte la tête, écarquille les yeux et déclare :

- En tout cas, j’ai eu peur! Je me demandais ce qui se passait, c’était bizarre, en plus comme je dormais, j’ai juste eu la fin!
- Ça secouait quand même fort! J’ai jamais senti la terre vibrer aussi fort…
- Oui, ou c’était un tremblement de terre ou c’est les militaires qui font de grosses conneries! Il est une heure de demie, on va voir ce qui va se dire demain…

L’angoisse se transforme en excitation passagère. Petite frayeur. L’on se recouche. Juan se rendort aussi vite qu’il s’était réveillé. Collée contre sa peau, j’écoute la nuit calme, encore fébrile de cette sensation aussi puissante que fugace…

Ce matin, dès que j’ouvre les yeux, j’allume l’écran noir pour y voir les nouvelles de la veille. Si l’on n’a pas rêvé complètement, l’on devrait apprendre quelque chose. L’Irak, le Liban, L’Italie, les mauvaises nouvelles défilent, je patiente. Enfin au bout de trente minutes arrive l’information que j’attendais : Cette nuit un tremblement de Terre d’une magnitude de 5.4 sur l’échelle de Richter secoua le Québec. Les vibrations furent ressenties jusqu'à Boston. L’épicentre se trouve dans la région de Charlevoix, prés de Rivière-du-Loup, la faille sismique est cachée sous le St-Laurent…

Un scientifique à l’allure sympathique explique en détail le phénomène. Il encourage tous ceux qui ont pu ressentir cette secousse de remplir le questionnaire ici. Le plus gros ayant eu lieu en 1925! L’on n’avait rien ressenti de tel depuis 1939! Ouf, ainsi nous ne sommes point fous sous la lune…


samedi, mars 05, 2005

Goom s’anime…

Goomastella

Depuis plusieurs semaines déjà, je sais que Goom prend vie de pâte à modeler quelque part aux alentours de Montréal. Ceci pour les besoins d’un projet d’animation dirigé par Astella. J’ai eu l’honneur de rencontrer la douce dernièrement et d’en savoir plus sur ce petit moment d’une minute qui donnera vie à ce personnage que j’aime beaucoup. Je suis touchée de savoir que durant quelques secondes, quelque part à Concordia, Goom s'animera...

Librement adapté pour les besoins de la cause, il n’en reste pas moins qu'un fragment de mon imagination se modèle subtilement sous les doigts de fée d’Astella (et de l'aide précieuse de son comparse d'aventure). Climat de confiance. Un grand plaisir que de voir mon ogre préféré ainsi interprété, un grand plaisir que de les rencontrer tout les deux!

Avec tout cela, il va bien falloir que je finisse de remanier cette histoire! Voilà plusieurs mois que le pauvre bougre végète dans quelques recoins de mes idées. Sage comme une image, il s’en plaint à peine. Cependant, je crois bien qu’avec le printemps, tout comme l’ours affamé après une longue hibernation, il ressortira de la tanière de mes pensées pour retrouver le fil de mes journées…

Juan qui est fan de Wallace et Gromit (que je ne connais absolument pas) est extrêmement enthousiaste à l’idée de voir mon ogre ainsi développé. Du bonheur en boite de pâte à modeler! D’ailleurs j’apprends chez Alex Lauzon qu’il y aura bientôt Wallace et Gromit le film, j’en connais un qui va être aux anges…

Winter Splash

Snow-Game

Petite sœur de passage, Chanelle s’installe, l'homme travaille. L'homme s'amuse avec deux plaques de neige. L'hiver se prélasse sous un soleil éblouissant. Le mois de mars, tout de blanc vêtu, réchauffe peu à peu nos journées glacées. L’espoir du printemps serait-il déjà en route pour caresser les bourgeons givrés ?

Il y a quelques jours se déroula le lancement du deuxième roman de Pierre-Luc Lafrance. Le tout animé par une petite troupe des plus amusantes et ma pomme transformée en journaliste de circonstance pour une entrevue publique du héros de la soirée. Quelques photos volées pour un bon moment passé.

La lune éclaire mes rêves particulièrement sombres et étranges. D’univers en ruines aux champs de cadavres dénudés, mon esprit erre dans quelques limbes que je ne comprends point. Les jours avalent mes mots. Nostalgie immaculée d’hiver. Textes avortés d’idées non fécondées. La semaine de lecture se termine avec un gros travail de grammaire qui me pèse sur les nerfs. La semaine de cours commence avec un examen de grammaire stylistique qui m'atomise petit à petit les neurones...

vendredi, mars 04, 2005

Champ de bataille hivernal...

L'hiver sévit. Chanelle sommeille. Les chats s'ennuient.
Espiègles, ils se querellent avec fougue sous mon objectif amusé...

Cat-Fight-Mosaique

La haine, c'est l'hiver du coeur.
Victor Hugo

L'hiver, cette saison de silence froid, mais aussi d'attente féconde.
Danièle et Stefan Satrenkyi

L'hiver mon jardin s'ennuie de moi... C'est pourquoi il préfère s'endormir pour quelque temps...
Céline Blondeau

mardi, mars 01, 2005

Variations de langue

J’aime toutes les variations de la langue, j’aime connaître les différents niveaux de langue. Les expressions, transgressions, disgressions et autres variations de tout style m’excitent. Tout n'est qu'une question de mesure aprés tout! Les patois, régionalismes, archaïsmes et autres semi-barbarismes m’attirent subtilement. Cela m'assouplit la langue qui se raidit de discipline et cela divertit l'esprit trop sérieux. En farfouillant un peu la Toile, il ne m’est pas difficile de nourrir mon vice...

Via TERMES REGIONAUX DE SUISSE ROMANDE ET DE SAVOIE, je découvre ce petit mot rigolo: Baboler [v. intr.] Raconter des baboleries, grommeler, bafouiller, bredouiller. Latin babulus, « hâbleur, babillard », babire, se vanter, grec babazein, « parler de manière inarticulée », sanscrit balbala, « bégaiement ». Regardez ce bambin qui commence tout juste à marcher et à baboler. (Sur la Toile).

Via le patois des Romands,
j'accroche: Barjaque: personne bavarde. Un petit saut sur ce site qui recense multiples pléonasmes comme celui de "surprendre à l'improviste" que je trouve comique. Je pêche ici, une petite expression savoyarde qui me fait doucement sourire: La bize ninre a tan koru ke le polâlye on sarâ lo ku : La bise noire (glaciale) a tant couru que les poules ont serré le cul (n¹ont pas pondu). Je découvre un autre petit dico québécois. Par hasard, je retrouve cette expression qu’une copine de collège avait l’habitude d’utiliser à tort et à travers : Avoir le cul bordé de nouilles (Etre très chanceux). Je tombe sur une liste qui réfère plusieurs sites sur les argots de tous genres et leurs traductions. Via Accent grave, j'apprends que se déroulera bientôt la : 1ère Semaine de la résistance internationale de la langue française ...

Mais le clou de ma ballade se trouve dans ce petit site de Cobra le Cynique découvert ici qui me rappelle ces petits mots de verlan qui m'amusent. Ces expressions sans queue ni tête que je peux trouver très drôles à utiliser lorsqu'il me prend l'envie de pimenter une langue trop sage...

Caillera, nom féminin. Verlan de racaille. Jeune voyou, loubard : « Des guns, des keufs, des histoires de caillera \ mais comment veux-tu faire kiffer les tera ? » Doc Gynéco

Tassepé ou taspé, nom féminin. Verlan de pétasse. Femme d'allure vulgaire, provocante, aguichante : « Dans la cage d'escalier, y a écrit taspé avec ton nom sur mon palier » Doc Gynéco

À walpé, locution. Verlan de à poil. Tout nu : « Matte sur l'écran du chef, y a des meufs à walpé

Pause Tori

En furetant quelques sites de « videocodes » je m’arrête sur Tori Amos. Elle vient de sortir un nouvel album « The Beekeeper », c’est de circonstance ! Je l’écoute depuis des années, par phases, suivant le cours d'humeurs fragiles et volages. J’aime bien ce qu’elle fait, l’atmosphère qu’elle dégage…

Dans ce clip plutôt étrange, l’on peut remarquer la présence d’Adrien Brody, célèbre depuis son Oscar pour sa performance dans le film « The Pianist » de Roman Polanski.

Langue logique

Après m’être plongée dans la logique selon Delisle : « Les erreurs de logique émaillant les traductions des apprentis-traducteurs confirment que la simple connaissance des langues ne suffit pas pour produire une traduction valable. Il faut aussi l’intelligence des langues. » Heu! Okidoki!

Les causes d’illogismes sont multiples : mauvais usage des prépositions et des conjonctions, le télescopage ou la combinaison d’expressions non compatibles, la méconnaissance des expressions, l’anachronisme, l’imprécision du vocabulaire, l’inattention et la réflexion insuffisante! Ouf, en gros cela coure les rues ces bêtes là…

Petit exemple d’exercice de logique : Interroger le contexte pour trouver le mot manquant. Un même mot doit convenir aux trois contextes.

- L’auteur de notre être avait d’abord notre boue d’un souffle d’immortalité.
- Souvenez-vous que celui qui commande doit être le modèle de tous les autres ; son exemple doit toute l’armée
- Alphonse Daudet la table de sa verve éblouissante et gaie, de ses amusants souvenirs, de ses observations si justement humaines

En conclusion, je ne peux m’empêcher de partager en ce jardin de mots ces petites perles d’illogismes extraites de rapports de police. (p 535, La traduction raisonnée, Jean Delisle).

- Face à face avec son adversaire, l’homme le prit en traître par derrière.
- L’arrestation s’est opérée sans infusion de sang.
- L’homme s’est pendu après s’être tranché la gorge.
- Dés que l’homme fut abattu, nous avons pu procéder à son interrogatoire