dimanche, janvier 16, 2005

Je re-revisite cette histoire déjà gribouillée une autre fois pour la polir, la remanier et la maîtriser toujours un peu plus, en espérant faire un peu mieux à chaque fois, en espérant que 2005 donnera des ailes à cet ogre qui s’attache à mes jours…

Goom (épisode I)

Au fond d’une forêt dense, aussi sauvage qu’ignorée des hommes, vivait un ogre noble. Goom était une étrange créature massive, aux oreilles pointues et avec des pieds aussi longs que trois péniches alignées. Gentil et différent, il était ce que les autres ne sont pas. Au cœur de la forêt de ses ancêtres, les arbres majestueux devenaient des villages animés. Leurs troncs, aussi gigantesques que des gratte-ciel naturel, servaient de maisons pour la plupart des familles du royaume d’Ogronum.

Un seul arbre pouvait abriter jusqu'à trois familles à la fois. L’on creusait des étages dans l’écorce solide. Toutes sortes d’étranges escaliers s’agrippaient aux branches pour disparaître dans le feuillage touffu. Le jour, l’on entendait partout le brouhaha du quotidien des Ogres, quelques hurlements d’enfants jaillissaient parfois dans l’indifférence générale et les routines de leurs existences se répercutaient jusque dans la nuit noire, illuminée par des centaines de lanternes à la fois et le chant des Ogresses en rut.

Sur les rives du cours d’eau qui bordait sa cabane, Goom se souvenait parfois avec douceur de ce temps lointain où il vivait encore avec les siens. Cette période révolue était le seul souvenir qu’il connaissant en son cœur de bougre. Désormais, bien caché à la frontière de la contrée des gnomes maudits, sa maison posée au bord de la rivière damnée, il habitait là où aucun ogre n’osait s’aventurer…

Depuis quelques siècles déjà il vivait une existence de reclus, il existait principalement grâce à ses souvenirs chéris. Il subsistait avec peine, ne sachant quoi attendre de sa vie, il vivait sans y réfléchir. Lorsqu’il contemplait son reflet sur la surface de l’eau, il ne reconnaissait pas cet Ogre sans gras qui lui faisait face. Il se laissait flotter au gré des jours améliorant son domaine de mille petites choses souvent inutiles. Il chassait peu, se nourrissant seulement quelques fois par semaine et passait le reste de son temps à rêver ou bricoler. Il n’avait pas d’amis, pas de voisins, les quelques rares créatures des environs l’évitaient. Il ne cherchait pas d’autres contacts que le sien. Souvent lorsque la lune devenait mauve et qu’il entendait chanter les grenouilles venimeuses, il se repassait en boucle ces instants incompréhensibles qui, malgré lui, déterminèrent le cours de son existence solitaire.

Tout s’était déclaré si vite, en quelques lunes seulement sa vie avait été bouleversée, ruinée, déchirée par cette soudaine sensation qu’il ne comprenait guère. Pourquoi lui? Pourquoi sa vie? Comment avait-il pu mériter un tel sort?

Il se rappelait très bien de ce matin où il se réveilla pour ne plus jamais être le même. C’était le lendemain d’un énorme banquet qui avait fait vibrer la forêt durant toute la nuit. Il se souvenait encore très bien de sa dernière bouchée. Ayant bu plus que de raison, imbibé de liqueur d’abeille sirupeuse et d’humeur mal léchée, il avait erré jusqu’aux baraquements des garde-manger et sans s’en rendre compte, il avait croqué en trois coups de dents cette petite Kaelle qu’il connaissait si bien. Sur le coup, il avait simplement cédé à cette impulsion commune à la plupart des ogres du royaume. Ce puissant besoin de manger qui retourne l’estomac en un instant, bloque la réflexion, et pousse à des actes aussi impulsifs que gratuits. Cependant cette petite Kaelle, pas très belle, lui avait laissé un drôle de goût aigre sur le palais. Un goût amer, désagréable, définitif. Un goût qui lui avait envahi toute la bouche comme une étrange maladie. Après avoir jeté les restes de la petite dans la fosse à poubelles, il était retourné se coucher sans se douter de ce qui l’attendrait le lendemain.

Avec le temps passé, il avait réalisé que c’était certainement ce soir là qu’il avait perdu le goût de la chair humaine. Pire encore, c’est certainement à partir de ce soir là que celle-ci avait commencé à le dégoûter profondément. C’était à partir de ce soir là qu’il avait commencé à se transformer…

Le matin qui suivit, il se leva plus tard qu’à son habitude, il ne se sentait guère en forme sans trop en comprendre la cause. Son crâne nu était ultra sensible aux moindres courants d’air et une subtile fièvre ralentissait chacun de ses gestes. Il décida de passer outre ces sensations désagréables et prit le chemin des cuisines pour surveiller le bon travail de ses apprentis. Il avait toujours eu à cœur les responsabilités de son travail et s’en acquittait chaque jour que Talka lui donnait. Renommé pour ses plats aux saveurs délicates dans toute la contrée, sa gastronomie était réputée pour être la plus fine du royaume. C’était là sa plus grande fierté.

En passant devant les baraquements du garde-manger, l’odeur des enfants frais et en santé lui donnèrent la nausée. Il essaya de ne pas y penser. La mine bleuâtre, il rencontra son frère Tsum sur le pas de l’énorme salle à manger, celui-ci s’informa de sa forme, il ne lui répondit que par un grognement inaudible avant de s’engager dans le passage obscur qui serpentait jusqu'à la salle des épices. Il s’assit sur une caisse bourrée de sauge séchée. Il huma tendrement les différents sacs à portée de sa main. Il finit par s’endormir la tête posée sur une épaisse gerbe de lavande fraîche.

Pratiquement tous les Ogres et Ogresses de la région étaient partis pour l’autre dimension. Ils étaient partis surtout pour chasser des bambins au sang jeune. Des têtes blondes, brunes, rousses, tout était bon à cuisiner. Ils ramenaient aussi avec eux quelques adultes mâles pour la reproduction. Plusieurs femelles étaient attrapées pour renouveler les élevages. Celles-ci étant réputées pour leur chair savoureuse et juteuse, elles étaient abondamment cuisinées durant la grande fête annuelle qui devait se dérouler sur plusieurs lunes. Il était donc nécessaire pour les Ogres du village de ramener chaque jour de la chair fraîche afin de renouveler les réserves durement entamées.

Pour ce faire, il fallait marcher longtemps avant d’arriver au sommet de la montagne sacrée d’où se tenait l’immense portail de glace qui menait directement au monde des hommes. Ce lieu magique était connu des Ogres depuis la nuit des temps. C’était l’unique moyen pour pénétrer l’univers des humains, l’unique lien vers cette autre réalité. La coutume voulait que l’on passe toujours son seuil à quatre pattes. Il fallait s’incliner pour prouver son respect à la déité Talka sculptée même cette glace bénie des Dieux.

Goom, lui, n’avait jamais aimé chasser. Il n’était jamais parti en expédition dans l’autre monde. Depuis son plus jeune âge, il avait développé un goût prononcé pour la cuisine et ses subtilités. Il avait été enrôlé très tôt au service du vieux Grout, l’un des meilleurs cuisiniers du royaume. Il avait naturellement pris sa place à la mort de celui-ci qui s’était éteint dans son sommeil à l’age de deux mille ans. Normalement Goom vivait ces périodes fastes dans une sorte de transe joyeuse. Ce jour là, pourtant, il ne se sentait vraiment pas à son aise. Il émergea de son somme en début d’après-midi, se sentant encore plus mal, il donna les instructions nécessaires à ses apprentis et décida de retourner se coucher jusqu’au retour des habitants du village.

Au soir tombé, Goom finit par sortir de sa chambre pour rejoindre sa famille sur la place centrale où se tenait un autre banquet gigantesque. L’odeur des dizaines de corps en pleine cuisson dans l’énorme marmite commune, la vue des gigots marinés sur le feu lui devint vite insoutenable. Sans être capable de se retenir, il commença à vomir, à pleurer, à frissonner. Tous les Ogres du village le regardaient, bouche bée, ne sachant que faire devant une telle situation. Les énormes pieds de Goom semblaient danser et martelaient le sol en une cadence effrayée. Il suffoquait de tout son être et personne n’osait l’aider. Il se releva un instant, péniblement il arriva à se tenir debout, mais en un incroyable hoquet qui fit frémir toutes les feuilles et les plantes du village, il s’effondra sur un plateau d’enfants prêts pour le four qu’il broya, dans sa chute inconsciente, en une énorme purée...

Ses frères le portèrent jusqu’à la cabane éloignée qu’ils possédaient prés de la rivière damnée et retournèrent festoyer. Les Ogres, débordés, devaient travailler toute la journée pour remplir les quartiers du garde-manger. Dotés d’une mémoire incroyablement courte, guidés essentiellement par leur instinct, ils oublièrent vite l’esclandre nocturne de Goom.. Son frère aîné, lui aussi très doué, repris son service aux cuisines. L’on parla d’une étrange maladie qui avait forcé Goom à se retirer et la fête continua. Les plats furent à peine moins bons. Tsum connaissaient par cœur toutes les recettes de son frère au grand soulagement de ses plus proches parents, très inquiets de voir diminuer le respect de leur lignée pour les générations. Personne ne mentionna l’absence de Goom avant la fin de l’automne.

Durant cette première période d’isolation, le temps s’écoula très lentement pour Goom, peu habitué à une si grande solitude. Ce malaise qui ne le quittait plus l’empêchait de retourner parmi les siens. Au début ses frères lui amenaient encore ces petits plats qu’ils savaient être ses préférés. Mais dés que Goom sentait la nourriture offerte, il se convulsait en d’horribles spasmes et semblait incapable de fonctionner normalement. Il comprenait peu à peu qu’il avait désormais une réaction à la chair humaine. Il ne comprenait pas ces nouvelles sensations qui l’envahissaient ni ces impressions bizarres qui les accompagnaient. Alors que les Ogres du village vaquaient à leurs occupations sans plus penser au triste sort de Goom, l’ogre en détresse n’arrêtait de penser à eux. Sans s’en rendre compte, il commettait là un acte irréversible, il développait sa mémoire et d’Histoire d’ogres, cela n’était jamais arrivé! Il réfléchissait intensément et cela aussi était un fait étrange pour sa race de joyeuses brutes.

Il commençait à comprendre qu’il ne supportait plus ni la vue, ni l’odeur, ni le goût de la chair humaine. Étant donné que celle-ci était l’aliment de prédilection du royaume, il apercevait la source de ce problème qui assaillaient chacune de ses pensées sans arriver à en faire du sens. Son petit cerveau d’ogre énorme, qui n’avait jamais pensé à autre chose dans sa vie qu'aux nuances infinies de la gastronomie, se tordait d’anxiété. Abruti par sa souffrance sans nom, il restait prostré au fond de sa cabane durant des lunes et des lunes, aussi perdu qu’il était dans le fil de ses réflexions douloureuses.

samedi, janvier 15, 2005

Vet Story

Il fait un froid de chien, l’on sort du vet, le moral dans les talons. Je marmonne mes sensations noires quant à devoir perdre un autre chat, il rumine en silence sa mauvaise humeur. De retour dans l’auto, on grelotte en attendant que la chaufferette embarque et nous réchauffe les émotions. Hypérion sage comme un moine en pleine méditation n'émet aucun son. Au premier feu rouge, Juan se tourne vers moi et me dit :

- C’est quand même la galère à chaque fois qu’on sort du vétérinaire!!! Vraiment ça m’écœure!

Je lève un sourcil sans mot dire, il enchaîne:

- Sans jokes, toi tu te fais du mauvais sang pour ton chat et moi pour mon compte en banque, résultat on sort toujours de là tous les deux sérieusement angoissés!

Il est déjà midi. On s’arrête casser la croûte au Tim. Difficile d’avaler la centaine de piastres disparus dans les poches de la clinique ultra chic. Hypérion a un ganglion sous la gorge hyper enflé et des problèmes de gencives assez étranges. Comme il a à peine un an, le vet a lancé ces deux petits mots si terrifiants, "leucémie et sida"! Alors avec les antibios la prise de sang, cette conscience aiguë de ne pas voir périr le dernier descendant de ma colonie disparue et la note de frais qui enfle autant que le ganglion mystérieux qui nous amène là!

À peine rentrés à la maison, le téléphone sonne et l’homme répond. C’est le vet qui a déjà les résultats des analyses. Les résultats sont négatifs! Ouf, je respire un peu mieux avec la nuit naissante et l’homme soulagé est aussi content de savoir que ce n’est pas l’un des deux cas mortels. La journée finit mieux qu'elle aura commencé même avec un portefeuille allégé!

Secrètement, je penserais presque qu’Hypérion est en pleine transition hormonale, il a des couill… gigantesques alors ça doit le démanger tellement qu’il lui en pousse une troisième dans le cou! Sur le chemin bucolique qui nous méne jusqu'aux abords de Loretteville, j’expose ma théorie à Juan qui faillit ne pas s'en remettre et nous envoyer au fossé! Il se tourna vers moi aussi outré qu’amusé et ne put s’empêcher d’en rire sur plus d’un kilomètre! Mais je niaise pour ne pas pleurer car j’aurais été extrêmement peinée d’apprendre qu’il était atteint d’une maladie si grave. Cela ne semble pas être le cas, ( merci les anges des chats ) y’a plus qu’à lui donner ses pilules pendant 28 jours, croiser les doigts pour que cela soit suffisant et attendre que Pimprenelle soit prête! Quant à nous, on n’a plus qu’à se serrer la ceinture en attendant les beaux jours, m’enfin tant qu’on a de l’amour et un peu d'eau fraîche…


Regards de femmes // Traductions libres
Extrait de Baghad Burning...

Alors que je lis le quotidien de Riverbend, cette jeune femme irakienne que je ne connais point, je ne peux m’empêcher de traduire sur le champ ce court extrait tiré de son excellent carnet virtuel. J’ai trop adoré lire sa réaction à l’image de Bush dans sa télé. J’ai moi-même une certaine irritation qui se manifeste obligatoirement dès que je le vois sur mon petit écran, alors s’il devait être l’envahisseur de mon pays en ruines, je pense que j’aurais à peu prés le même style de réaction épidermique! La traduire fut un plaisir ou comment transformer un outil de travail en une petite passion. Pour tous les francophones qui ne peuvent la lire en anglais, un petit morceau d'humanité à se mettre sous la dent…

Extrait tiré de l'entrée datant du 24 septembre 2004

Hier soir alors que j’étais en train de zapper, essayant de trouver quelque chose d’intéressant à regarder, je passe sans faire attention sur Al-Arabia. Le sourire bête de Bush apparaît à l’écran. Normalement, dés que je lui vois la face, je change automatiquement de chaîne et j’essaie de trouver quelque chose qui ne me mette pas en colère. Cette fois, je me suis arrêtée pour regarder ce grassouillet d’Allawi entrer en scène. C’est toujours quelque chose à voir, Bush avec l’un des prétendus membres du nouveau gouvernement Irakien.

Je me suis préparée à avoir la nausée pour quelques minutes dès que Bush a commencé à parler. Il m’irrite comme aucun autre ne peut le faire. Imaginez de longs ongles parcourant la surface d‘un tableau noir, du styrofome frotté entre les mains, des hurlements perçants de bébés, des chiens qui aboient, des dents qui grincent, des robinets qui gouttent, des bruits de klaxons, tout cela ensemble tout à la fois, et vous pourrez imaginer l’effet de sa voix sur mes oreilles.

Je me suis assise pour l’écouter, essayant de ne pas trop fixer mon attention sur son visage, mais plutôt sur les âneries qu’il était en train de réitérer pour au moins la millième fois depuis la guerre. Je n’ai pas l’habitude de répondre à la télévision mais je ne peux vraiment pas m’en empêcher lorsque Bush est à l’écran. J’étais assise là à lui répondre, en le traitant de menteur et d’abruti, en me demandant comment il avait réussi à se rendre si loin et comment ils l’autorisaient à se présenter une autre fois à l’élection présidentielle. E. était assis sur le sofa à coté de moi, irrité, il me demande : « Pourquoi est ce qu’on regarde ça? » Il fait un saut vers la télécommande(que j’agrippai solidement pour la remuer devant la télévision afin d'accentuer quelques points en particulier). Une brève lutte s’en est suivie et Riverbend en est sortie victorieuse. (...) River.

Shaking my Booty

En attendant l’heure d’emmener Hypérion chez le vétérinaire, je surfe des Vidéoclips en vagues. Etolane’s in the house! Remuer son “booty” pour oublier ses soucis sur une suite de videos soigneusement choisis…

Un soleil brillant monte haut dans le ciel bleu poudre, après une petite remontée autour du zéro, l'on redescend en vitesse vers un -20 et quelques poussières. L’air est limpide, le manteau de neige qui recouvre le paysage éblouit mon regard qui se détourne…

Les différences de températures que l'on peut connaître ici m’impressionnent vraiment. L’hiver l’on peut facilement ( et cela arrive de plus en plus régulièrement) gagner ou perdre une trentaine de degrés en quarante huit heures, et c’est sans compter le facteur vent! Surtout ne pas se souvenir des +30 qui sévissent au cœur de l’été (sans compter le facteur humidité!). C’est bien particulier pour le corps qui s’en prend plein les sensations pour par un rond!

En une année l’on expérimente tant de températures extrêmes, que parfois je me sens toute mêlée! Alors pour oublier que je comprends rien à la nature qui m’entoure, je n’ai plus qu’à me trémousser le derrière pour mieux me moquer de l'hiver. Danser pour la Terre qui m’héberge, pour ce soleil qui m’éclaire, pour mon homme qui ronchonne, pour la vie qui vibre en mes veines transies…

vendredi, janvier 14, 2005

Pause Video...

Au fil du hasard de la Toile, j'ai découvert ce petit site qui permet le plus bêtement du monde d'insérer des vidéos dans son blog, je teste le truc. Voilà bien longtemps que je voulais essayer! Mon seul problème, c'est qu'il n'y a pas de commande "stop" ou "play"! Toute suggestion sera bien appréciée... (Update, Yé! j'ai trouvé le truc toute seule, je suis trop fière! Il ne manque plus qu'à trouver comment faire pour qu'il ne démarre pas automatiquement mais sur commande! Eureka, i've found it all by myself! Alors pour regarder la vidéo ci-dessous, il suffit d'appuyer sur la touche lecture, yes indeed! ) Est-ce que la page est beaucoup plus longue à charger???

Sur ce site en question, beaucoup de hip-hop, pas tant de choix mais c'est si simple que je vais quand même pas me plaindre et puis ce n'est pas comme si j'en écoutais jamais! Quelques vidéos que j'aime bien, celle-ci pour ma petite soeur si elle passe par là. Quelques bonnes "tounes", pas mal de chansons "mainstream". Celle-ci spécialement pour mon homme...

C'est facile comme bonjour et franchement je suis un peu épatée. Il suffit de copier le code pré-mâché et le tour est joué! (Update, aute site du même genre ici...)

Envie de sable chaud, d'océan bruyant et de douceur d'être, je choisis donc Ben pour me changer durant trois grosses minutes mes idées hivernales, puis je change d'idée et fidéle à mes sens, je me tourne vers Erykah pour me remonter le moral et m'allèger le coeur, mais comme cela ne marche pas ici, je reviens à ma première envie, à moins que...

Diamonds on the Inside ~ Ben Harper
Video code provided by MusicVideoCodes.com

Petite phrase lancinante...

Une petite voix, anglophone de surcroît, parle régulièrement dans ma tête, elle répète toujours la même phrase comme une amère litanie : « I miss my cats, i miss my cats, Atlantik, Gaia, Patapouf, Petite Crevette, Sumiko, Yoda, i miss ya! »

Une subtile tristesse de fond enrobe mes émotions silencieuses. Et la vie quotidienne continue sans rien pour trahir la normalité des jours. En français s’énonce la colère, entre deux regards elle végète, elle rejaillira certainement avec le dégel où la recherche interrompue reprendra son fil. Nourrie de cette petite phrase anglaise qui n'arrive pas à s’éteindre dans le gouffre du temps supposé pourtant tout effacer…

mercredi, janvier 12, 2005

Générateur intéreactif de bonnes résolutions...

Via Ailleurs, la page de liens de ST, un nouveau générateur de résolutions version2005. Tout comme l'année dernière je m'amuse deux minutes au hasard de quelques phrases follement poétiques:

- Oublier amoureusement de s'invectiver bêtement
- Essayer héroiquement de combattre pour de vrai
- Commencer avec brio à voir les choses en apnée...

Ma pomme…

Souvent dans les entrées que je cultive en ces lignes je me compare la poire à une pomme. Ceux qui viennent régulièrement en ces lieux connaissent bien mon dada pour cette expression que je cuisine à toutes les sauces. Ceci me donna même quelque fois l’occasion d’échanger à ce sujet derrière les coulisses de ce jardin-potager public.

Je sais que c’est une façon de me distancer du processus « live » de la chose qui s'expose. Cela va de pair avec le fait que je ne divulgue jamais mon visage en ligne. Une autre façon de me protéger, anonyme dans la foule j'aime rester. Je trouve personnellement que ce carnet dévoile assez de ma vie privée. Une certaine intimité contrôlée enrobe les murs invisibles de cet endroit et je trouve que c’est assez! Mon coté sauvage ne peut en donner plus sans avoir la désagréable impression d'y laisser trop de sa peau dans l'arène futuriste des nouvelles communications...

Car j’ai bien conscience que j’en montre déjà beaucoup en cette virtualité apprivoisée, un peu de mon âme, un peu de mon être, un peu de ma tête, un peu de mon cœur, c’est suffisant pour que je puisse garder mon corps pour moi toute seule! Et puis, je suis superstitieuse sur les bords, tout comme les amérindiens de l’ancien temps, je crains pour le salut de mon essence, si je donne de l’intérieur et de l’extérieur alors j’aurai l’impression de me faire avaler toute entière par l’inconnu qui erre et je n’aime pas du tout cette sensation. Juste l'envisager me fait frissoner les neurones! Je crois dans le pouvoir des images (autant que dans celui des mots). Pour une raison mystérieuse, je crains donc d’y perdre un peu de mon esprit si je m’y donne corps (visage) et âme (pensées)...

Mais comme dans tout le déroulement de ma vie, il y a certains paradoxes à ce fait. Puisque j’assume totalement le coté public de ce jardin de mots et d’idées, plusieurs personnes qui me connaissent la face viennent aussi, je crois, visiter cette aire mentale. Cela ne me dérange pas, si l’on s’est rencontrés dans la réalité visible, dans ce cas, l’on ne parle plus de réels inconnus. J’assume sans troubles le coté public de ce jardin de mots car une fois la barrière du réel franchi, le processus change et évolue. Évidemment toute règle a ses exceptions, et il m’est arrivé d’envoyer ma photo à quelques rares personnes avec qui j’avais exploré en coulisses une relation de correspondance et de confiance.

Alors lorsqu’il est question de danser une étrange ronde avec le parfait étranger, je préfère garder ma pomme privée. Une sauvagerie timide m'emporte et je ne désire rien d'autre que de rester anonyme dans cet incroyable étalage virtuel qui s’expose au monde entier. L’on peut la choisir et la croquer gratuitement si on le désire, cela me fait toujours plaisir (tant que l’on ne crache pas par terre), de plus comme par magie, le panier sorcier se renouvellera de fruits frais régulièrement, ceci jusqu'à une date présentement indéterminée…

Apple-Experience

Instant Polaroid

Hypérion fait le pied de grue devant son bol d’eau. Je ne comprends pas son trip, il peut rester ainsi bloqué des heures à la fois, à croire qu’il y contemple son reflet et médite sur sa condition féline! Le soleil se lève sur notre monde immaculé d’hiver. Quelques lueurs dorées paressent à l’horizon. Les fenêtres givrées m’indiquent que l’air doit être glacé à souhait. J’appelle l’homme endormi qui se réveille et s’étire avant de s’habiller en coup de vent pour disparaître dans le jour naissant…

mardi, janvier 11, 2005

Paroles de prof inspirée

- Bon alors mettons les choses au clair, la lecture c’est essentiel! C’est votre cardio dans votre programme d'exercices! Pour ce cours on va surtout faire de la musculation, alors n’oubliez pas votre cardio et vous serez en pleine forme pour les examens du printemps!

5iéme renne (suite et fin)

Une lumière d’une clarté divine, de l’air qui pince la peau malicieusement, un soleil étincelant, un paysage scintillant, du blanc, du blanc, du blanc…

Et comme un petit renne bondissant dans le vent cristallin, bravant le froid, prenant mon courage à quatre pattes, forte de mes nouvelles résolutions, gorgée de lumière éclatante, je vais voir le monsieur dans la maisonnette de Poste Canada. Avec les nouvelles virtualités, je n’y étais point descendu depuis des mois, toute timide, j’entrai dans le mini royaume de la reine et du fédéral. Je sais pas pourquoi le bureau de poste a toujours un petit effet sur moi, ce sont toutes ces lettres qui voyagent, je pense à St-Exupéry, une fascination de petite fille dans la tête. Sur mon chemin, des visions de poudre d'hiver, un homme sur un énorme toit et des gerbes de plaisir photographique!

Prés de –20 à l’extérieur, j'ai les doigts qui rougissent douloureusement, avec plaisir je pénètre dans la chaleur du bureau de poste local du village voisin. Un trés gentil monsieur s’occupe de mon grelot de pomme ainsi que de mon petit colis surprise pour ce carnetier anonyme perdu quelque part dans blogosphère. Seul indice, nous restons dans les territoires de la Reine!

Le postier débonnaire pose même avec ma lettre (partie avant midi) devant mon petit objectif réjouit. Ok, j’ai juste un jour de retard, pas de quoi en faire un plat, et puis j’ai pris par avion pour que cela arrive plus vite. Excellente idée d'inconnus imaginés, une étonnante initiative qui me fit dégourdir les fesses givrées, d'aventure virtuelle en réel enneigé, une pincée de gentillesse et l'on laisse le tout s'envoler…

Balles d'hiverAt-the-Post-office