mercredi, août 11, 2010

Sur deux jambes...

10 comments
Sur deux jambes vacillantes...

Lorsque j'étais enceinte, je me concentrais souvent sur ce petit être qui poussait en mon ventre. Je savais que mes émotions étaient liées à ce bébé qui se formait en ma chair.

Aussi, je cultivais mes émotions afin qu'elles soient le plus douces possibles, enrobées d'amour et de paix. Et, en mettant au monde M'zelle Soleil, mon instinct maternel a pris forme avec elle. Un instinct qui s'est révélé plus puissant que je ne pouvais me l'imaginer. Un instinct quasi animal qui m'a transformée en maman louve...

Cet été, en m'occupant de ma puce blessée, j'ai réalisé toute la force de ce lien invisible qui nous unit. La voir traverser cette épreuve a été bien difficile à mon coeur. Un peu comme si je pouvais ressentir tout ce qu'elle ressentait. Comme si je devais vivre mes émotions et les siennes en un même paquet quotidien.

Lorsqu'enfin elle a pu enlever ce plâtre qui handicapait ses jours, la voir marcher avec difficulté a été une nouvelle souffrance intérieure à gérer. En essayant de la lui montrer le moins possible, je l'aide et l'encourage. Jour après jour, elle réapprend à marcher. Pour l'instant elle boite encore pas mal. Même si cela me fait souci, je m'évertue à penser positivement en espérant qu'elle n'en gardera aucune séquelle. J'imagine que d'ici un autre mois, elle sera complétement remise et qu'elle pourra de nouveau courir...

Tandis que l'on retrouve une normalité familiale, l'après-coup de cette blessure enfantine me fouette le sang. La fatigue cumulée en des dizaines d'insomnies m'abat les idées. Mes nuits furent toutes rongées par une sourde inquiétude maternelle. Mes jours furent dédiés à soutenir cet état plâtré qui diminuait sa qualité de vie. Travailler là au milieu ne fut pas évident. Je médite en silence sur cette douloureuse expérience. J'ai désormais une nouvelle compréhension de ce que peuvent vivre les parents d'enfants malades. En effet, il nous est facile d'éprouver de la compassion pour un enfant souffrant, mais combien de fois pensons-nous à ses parents?

Il semble qu'il nous soit souvent difficile de comprendre les choses que l'on ne vit point. Peut-être est-ce relié à cet apprentissage de la vie que nous devons tous effectuer de notre vivant. Présentement, ce que je retire de cet été est une nouvelle connaissance parentale. Maintenant, il me faut l'absorber, l'assimiler et poursuivre ce chemin maternel qui est mien...

10 commentaires:

Beo a dit…

Je souhaite de tout coeur que ta puce ne conserve que les souvenirs de ce plâtre bien coloré, particulièrement grâce à tes belles photos.

allez, il este encore un peu d'été pour te remettre de toutes ces émotions et fatigues accumulés. Bises de Suisse!

La Belle a dit…

Heureuse de l'a voir s'amuser dans l'eau même si elle n'est pas remise à 100 %.

Je crois que lorsque l'on devient parent, nous ne savons pas tout à fait dans quoi nous nous embarquons du point de vu des émotions, sentiments, compassion... On apprend à tous les jours.

Je te souhaite de belles nuits de sommeil afin que tu puisses récupérer les nuits d'insomnies xxx

Maman pieuvre a dit…

En tant que mère d'une fillette nouvellement diabétique, l'insomnie, l'angoisse et les palpitations cardiaques font maintenant partie de mon quotidien. Et aussi la colère, le désespoir et surtout, surtout l'impuissance.

Votre puce va au moins profiter du reste de l'été. La mienne s'était cassée la jambe à 16 mois, elle a marché vers la gauche pendant 3 semaines après que le médecin l'ait enlevé. Les enfants sont faits forts (plus que nous!!) et se remettent facilement sur pieds (désolée pour le jeu de mots).

Karocreations a dit…

Elle est vraiment très forte ta petite fille. En te lisant je me suis rappelée le retrait du miens il y 20 ans! Je me souviens encore combien ca avait été douloureux. Par contre je sais aussi qu'avec beaucoup de détermination, ca revient très vite.
L'été n'est pas fini, elle va encore pouvoir se baigner...

A mon tour d'aller caresser le sable!

Francois et fier de l'Être a dit…

Etre parent n'est pas une sinécure, on crains bien souvent et l'on ne peut le montrer. On se dit : Cela ira mieux demain. Mais ne t'illusionne pas toute notre vie on craindra pour nos enfants. C'est ainsi, il faut vivre avec.

Bises et bon rétablissement à ton petit soleil.

Valérie de Haute Savoie a dit…

Elle va très vite reprendre ses marches aisées, et oubliera tout à fait qu'un jour elle a eu un plâtre. Pour toi, ce n'est qu'une des nombreuses brèches d'angoisse, qui elle laissera l'infime marque fragilisante. Mais heureusement nous sommes faits pour effacer en surface toutes ces angoisses, qui resteront sagement tapies, pour nous permettre de vivre pleinement :)

Blandine a dit…

Votre Lily Soleil a fait sienne le courage, la philosophie et le positivisme qui sont en vos genes

Anonyme a dit…

Tu retranscris très bien les émotions d’une maman, avec plein de tendresses. La jambe de ta petite fille, est peut-être une rencontre avec toi-même ! Pour la jambe de ta petite, ne pas trop angoissés elle se rétablira très vite !
julio

S. a dit…

très belle écriture

Etolane a dit…

Merci à tous de ces petits signes de vie qui me réchauffent l'âme. Je vous partage mes meilleures pensées...