mardi, mai 01, 2012

Joli mois de mai et âge de raison...

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Les jours filent. Défilent. Avril monotone. Morose grisaille. Temps de m...

Grisaille, grêle, neige et froid mordant font le quotidien d'avril. Le soleil se fait fugace. Il agace.

Dieu merci voici mai qui se pointe le nez! Joli mois de mai? À quand les feuilles sur les branches nues des arbres?

Au fil des saisons, je tisse ce quotidien qui est mien. Les années passent et la vie continue...

Petit à petit la maison reprend vie. Une finition par ci, une finition par là, un coup de peinture. Pièce par pièce, avec conviction et détermination, on remet à neuf le passé. Investir dans l'avenir.

Piges, mamamitude et douleurs chroniques font le rythme des semaines. Inutile de parler des douleurs faciales. Invisibles de l'extérieur, elles n'existent que de l'intérieur. À chacun ses fardeaux d'existences.

Trouver l'équilibre nordique sous un ciel bougon. Se geler les fesses. Attendre l'été. Prendre son mal en patience. Avancer. Penser. Exister.

Regarder les manifestations étudiantes du coin de l'écran. Soutenir en silence. Du coin de ma brousse espérer que les étudiants arrivent à changer le monde. Partager un lien ou deux. Penser à ces prêts bourses qui nous grugent les finances et grommeler.

Croire que l'éducation enrichit un pays et penser qu'il serait juste que tous puissent en profiter. Les riches comme les pauvres. Croire en la culture et le savoir. Détester la politique et le pouvoir de l'argent et ses turpitudes.

Trop souvent l'argent pourrit l'humanité. Et que dire de la politique? De ses dérives. Et que dire des gaspillages en tout genre? L'argent, gaspillé par la mauvaise gestion des universités, est rarement mentionné dans les débats sur le sujet...

Rêver d'un monde ou le troc serait roi et où le savoir et la culture seraient valorisés à leur juste valeur. Utopies et fantasmes intellos.

La misère financière est une chose et la pauvreté mentale en est une autre. Si l'on parle souvent de l'une, on mentionne beaucoup moins l'autre. Pourtant la misère intellectuelle fait des ravages et me révolte souvent.

Bref, arrive le jour où Miss Soleil me demande ce que je regarde sur l'écran. Je regarde le lipdud des étudiants qui manifestent contre la hausse.

La Miss s'approche. Elle reconnait la chanson "Le bruit des bottes". Elle veut savoir ce qui se passe. Je lui explique le principe.

Son visage se durcit. Elle veut comprendre. On en discute...

Elle réalise que la vie coûte bien des sous. J'en profite pour lui expliquer que l'on met de l'argent de coté depuis sa naissance pour qu'elle puisse aller à l'université.

En effet, si l'on économise pas pour nos vieux jours, on le fait pour son avenir à elle. Je lui explique que les étudiants se battent aussi pour elle.

Avec cette conversation, elle réalise que l'école est longue et coûteuse. D'ailleurs du haut de ses 6 ans et demi, elle réalise de plus en plus de choses. Je la vois entrer dans l'âge de la raison. J'ajuste mon rôle maternel à cette nouvelle équation d'enfance.

Ses goûts sont de plus en plus prononcés. Ses réflexions sont de plus en plus approfondies. Je mets un point d’honneur à les écouter et les comprendre. À les considérer.

Je sais qu'un jour l'apprentissage sera commun. J'apprendrai d'elle autant qu'elle aura appris de moi.

Selon les livres, 7 ans est l'âge de la raison. Le moment crucial où l'enfant entre dans la "grande enfance".

Avec cette étape l'autonomie s'affirme et l'enfant approfondit ses raisonnements. Il n'est plus la continuation de ses parents, il s'individualise.

Libertés et angoisses vont souvent de pair. L'enfant tire ses propres conclusions sur le monde qui l'entoure. Il commence ce long chemin qui mène vers l’âge adulte. Un chemin périlleux autant pour l'enfant que pour les parents...


1 commentaires:

Shandara a dit…

Mon fils vit la grève en ce moment, nous supportons le mouvement et avons de longues discussions sur ce sujet. Par contre, quelles prises de tête quand nous devons en discuter avec d'autres gens... j'espère vraiment que les étudiants vont tenir le coup. Jusqu'au bout.