vendredi, mai 11, 2012

Cuisine de tripes maternelles...

3 comments
Après des semaines de grisaille et de pluie où l'on a pu compter sur les doigts d'une main les jours ensoleillés, enfin la météo se fait optimiste...

Il était temps. Car la monotonie du ciel commençait à sacrément me peser sur le système. Un peu plus et je me sentais prête à hululer à la lune!

Cette fin de semaine c'est la fête des mères. Généreuse, la météo prévoit du soleil pour l'occasion. 

Et en cette occasion particulière ma tête oscille entre mon rôle de mère et ma condition de fille.

Ma condition de fille m'est douloureuse et difficile. Est-ce que mon salut se situe dans ma condition de mère?  Je sais que la douleur de l'une motive l'ambition de l'autre. Ces sensations s'entremêlent en mon cœur de femme. Mes émotions s'y noient.

Ne pas revivre ce que l'on a déjà vécu. Apprendre du passé pour construire un meilleur avenir.  

Je ressens beaucoup de  gratitude pour cette petite fille qui est mienne. L'esprit vif, en bonne santé, elle grandit en beauté. Je sais que c'est une chance. J'en suis reconnaissante. Cette émotion est enrobée de tendresse. Et cette tendresse s'enracine dans l'amour inconditionnel.

Tandis que je veille sur ses jours, je sens peser sur mes épaules le poids de ma responsabilité maternelle. Un poids qui m'est tombé dessus à partir du moment où je l'ai sentie frétiller en mon ventre.

Parfois je me demande si la sensation aurait été la même avec un fils. Sûrement. Elle aurait été différente mais pareille. Car tous les parents de la Terre ne sont-ils pas logés à la même enseigne?

Mais ce n'est surement pas un hasard si mon enfant unique est une fille. C'est l'une de ces leçons qu'aime donner la vie. Si je suis bonne élève, j'aurais peut-être la chance de réussir là où ma mère a échoué. Réussir à construire une relation mère-fille harmonieuse.

Cette année, la fête des mères fait jaillir en moi l'envie de célébrer mon enfant. Car c'est elle qui fait de moi une mère. Avec elle, je puise quotidiennement en cet instinct maternel qui me rend sensible à tous les enfants. 

Mais c'est sa maman à elle que je suis. Grâce à elle j'affronte les souffrances de mon passé pour essayer de les dépasser, pour ne pas lui léguer.

Et de là je me pose la question à savoir ce que je peux lui léguer. Vaste question. L'héritage émotionnel (et/ou spirituel) fait partie intégrante de cette responsabilité que je ressens envers elle.

J'espère arriver à lui transmettre ces valeurs qui me tiennent à cœur. J'espère arriver à lui léguer l'envie d'améliorer le monde. Car n'est-ce pas ainsi que l'humanité s'améliore, de générations en générations?

Et pendant que ces pensées m'agitent les entrailles, je regarde aller le mouvement présent des étudiants avec empathie. Cette nouvelle génération qui ose lever la voix pour affirmer ses convictions. Cette nouvelle génération qui fait front.

Je ne les regarde pas comme des enfants gâtés mais plutôt comme des jeunes qui se battent pour un monde meilleur. Je les trouve beaux...


3 commentaires:

Grimimi Sue a dit…

Bonjour Étolane,
C'est la musique de la tendresse que j'entendais en te lisant et je ressentais tes émotions. C'était vraiment touchant. Vous avez beaucoup de chance d'avoir été réunies pour jouer ensemble la plus belle symphonie d'une vie. Tant que ton coeur te parle tu n'as pas à avoir peur. Ne t'inquiète pas et profitez de votre chance.

Bisous tout doux,
grim

Julie a dit…

Belle réflexion.
Je partage
http://www.la-mere-est-calme.com/2012/05/les-potins-du-dimanche.html
(en ligne dimanche)

Looange a dit…

Moi aussi, ce côté solidaire me fascine et je comprends pas pourquoi nous ne l'avons pas fait avant !! Bravo pour l'esprit d'équipe !!!